samedi 14 avril 2012

Histoire parallèle : 14 et 15 avril 1912 - 2012 : Atlantique Nord 41° 46' N - 50° 14'O

     imanche 14 avril 1912 : 546 milles ont été parcourus depuis la veille. Le RMS Titanic (c'est son nom complet) a même accéléré sa progression. Audacieux, alors que l' océan charrie des glaces ! Mais le Directeur de la White Star Line : Joseph Bruce Ismay souhaite montrer que sa ligne est la plus performante : la concurrence est rude, notamment avec l'autre grande compagnie britannique : la Cunard.

pièces de monnaie commémoratives (Canada et Royaume-Uni)


Cape Race (timbre de 1943)
La date d'arrivée du paquebot est prévue dans la matinée du 17 avril à New York . Tous les préparatifs sont prêts pour l'accueillir y compris les formalités administratives contraignantes pour les immigrants. Pour le moment, il est à quelques 400 milles au sud-est du Cap Race dans la pointe sud de l'Île de Terre-Neuve. C'est le premier point terrestre et la station radio qui s'y trouve avec lesquels les transatlantiques communiquent en venant d'Europe.
Avec le Titanic , ce sera un message de détresse. 


armoiries de Terre-Neuve / Newfoundland (Canada)
Ecu "De gueules à la croix d'argent, cantonnée au 1er et au 4e quartier d'un léopard couronné d'or,
 au 2e et au 3e quartier d'une licorne passant d'argent, armée, crinée et onglée d'or, colletée d'une
 couronne et attachée d'une chaîne passant entre ses pattes de devant
et une autre sur le dos, tout d'or également.
 Cimier : sur une couronne d' or et de gueules, un élan (ou orignal) passant au naturel.
  Supports : de chaque côté un guerrier indien Beothuk, vêtu d'habits et armé pour la guerre.
Devise : QUARITE PRIME REGNUM DEI - Cherchez d'abord le royaume de Dieu
    Toute la journée du 14 , une dizaine de navires circulant dans la zone signalent par radio la présence de nombreuses glaces dérivantes et d'icebergs. Dans la soirée , l'un d'entre eux , le Californian, est même bloqué par la banquise et lance un message alarmant vers 23 h 00 . Mais l'opérateur radio  du Titanic : Jack Phillips, le renvoie ballader ! il essaie d'entrer en communication avec la station du Cap Race, ayant accumulé du retard avec les messages privés, à cause d'une panne de sa radio TSF.
La température extérieure de l'air est tombée en-dessous de 0°C. et celle de l'eau est aussi de 0°C. Le ciel est dégagé et la nuit est noire, sans lune.
À 23 h 40, par 41°46' N et 50°14' O, alors que le Titanic avance à 22,5 nœuds (41,7 km/h), dans le mât de vigie : le veilleur Frederick Fleet aperçoit la masse d'un iceberg droit devant et le signale à la passerelle.
Le 1er officier William Murdoch, alors officier de quart, essaie de faire virer le navire vers bâbord et fait stopper les machines (ou demande une marche arrière). Quelque 37 secondes plus tard, le navire vire mais heurte l'iceberg par tribord et le choc fait sauter les rivets, ouvrant ainsi une voie d'eau dans la coque sous la ligne de flottaison. Les portes étanches sont alors immédiatement fermées par Murdoch afin d'éviter une voie d'eau plus importante. Mais l'eau commence à envahir les cinq premiers compartiments du bateau. Or, le Titanic ne peut flotter qu'avec au maximum quatre de ses compartiments remplis d'eau. Les ingénieurs n'avaient pas imaginé ce cas si extrême !

Après que les marins aient tenté de sauver en vain le bateau , la proue s'enfonce irrémédiablement dans l'eau et les compartiments se remplissent les uns après les autres, comme quand on penche le bac à glaçons d'un réfrigérateur : les cloisons étanches ne sont pas assez hautes ! Le navire est perdu. 
 00 h 10 : le premier message de détresse est envoyé par radio , puis le premier S.O.S. de l'histoire de la marine suit, à 00 h 45. Des fusées de détresse sont tirées. Le commandant Smith ordonne l'évacuation des passagers dans les canots de sauvetage. Mais il n'y en a pas assez pour tout le monde, tout juste pour la moitié des naufragés ! De plus l'équipage n'a aucun entraînement et tout est improvisé. La suite on la connaît : on fait monter les femmes et les enfants d'abord, mais quelques hommes parviendront quand même à prendre place, à la fin, dont le grand patron Mr. Ismay lui-même. Les 1eres classes auront plus de chance, sans être particulièrement favorisées ...  Les premiers canots sont très peu occupés et les derniers surchargés , on repêche quelques personnes qui ont osé sauter dans l'eau glacée. La  dernière embarcation est mise à l'eau à 2 h 05. Mais on n'a pas rempli les 1100 places possibles, 420 personnes auraient pû être encore sauvées. Puis les lumières du navire s'éteignent et il coule à  2 h 20 après s'être coupé en deux parties, avec la plupart de l'équipage, le commandant, en tout  : 1490 personnes mourront noyées.

badge d'une Société gardienne de
l'héritage mémoriel du Titanic
(Irlande du Nord)
  C'est un paquebot de la compagnie concurrente,  la Cunard : le RMS Carpathia , dont son capitaine qui a reçu le S.O.S., qui réagit immédiatement et se déroute. Malgré la distance de 58 milles, il arrive à toute allure à 4 h 00 sur les lieux, et tombe sur le premier des 16 canots et des 4 radeaux. Malheureusement personne d'autre n'a pu survivre dans l'eau glacée, deux heures après le naufrage. Par chance,  le Carpathia qui venait de New-York, était très peu chargé, un pont était même pratiquement vide.  Il recueillera les 719 naufragés des canots. Le dernier sera récupéré à 8 h 00 du matin.  Une équipe médicale et les passagers du Carpathia vont donner les premiers réconforts.


le Carpathia (peinture de Colin Campbell Cooper)




Le Californian, déjà cité, un cargo pourtant beaucoup plus proche du naufrage, mais cerné par les glaces, avait coupé sa radio après le dernier contact infructueux avec le Titanic et donc n'entendra pas le S.O.S.  Il verra bien après des feux de détresse mais il arrivera trop tard  :  plus personne à sauver. Tout a été englouti ou pris dans les glaces : aucun cadavre, aucun débris visible. D'autres bateaux étaient aussi très proches à l'ouest mais le champ de glaces leur faisait barrage , eux aussi arriveront trop tard.
 Le jour se lève,  avec pour l'époque , le plus grand désastre humain de l'histoire de la marine commerciale...   L'heure sera bientôt au bilan.  Il sera très lourd de conséquences. La nuit du 14 au  15 avril 1912 deviendra une date historique fixée à jamais dans la mémoire collective de l'humanité, un peu comme notre génération avec  le 11 septembre 2001.



 Prochain point le 18 avril pour le débarquement des survivants...


                      Herald Dick

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire