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samedi 27 août 2016

Histoire parallèle : 27 août 1916-2016 -
la Roumanie déclare la guerre à l'Autriche-Hongrie

  Des combats  meurtriers font rage sur tous les fronts en Europe : sur la Somme ou à Verdun, en France, sur l'Isonzo, entre Italiens et Austro-hongrois, sur les fronts de l'est entre Allemands, Austro-hongrois et Russes, dans le Moyen-Orient avec les Turcs contre les troupes de l'Empire britannique venant de tous les continents et même encore en Afrique de l'Est, et sur toutes les mers du globe, naturellement.
  Un autre foyer très actif depuis le début de la Guerre se trouve dans les Balkans. Cette région est même à l'origine du conflit , rappelez-vous : Sarajevo, 28 juin 1914. Comme on peut le voir sur la carte géopolitique ci-dessous, dans cette région : deux pays sont encerclés par les belligérants : la Grèce et la Roumanie. Et malgré leur souhait de rester neutres dans le conflit, la Grèce, par exemple laisse passer de nombreuses troupes alliées via le port de Salonique, pour rejoindre le front bulgaro-serbe et donc on ne peut plus parler de neutralité, mais plutôt d'alliance passive.

drapeau d'état du royaume de Roumanie en 1916
drapeau de guerre de l'Empire austro-hongrois en 1916

   En Roumanie, qui est une monarchie parlementaire, le roi Carol Ier (1839-1914) monte sur le trône le 26 mars 1881. Ce roi issu de la dynastie allemande des Hohenzollern-Sigmaringen se met sous la protection de l'Allemagne par un accord secret qui n'est révélé qu'en août 1914 au moment de l'entrée en Guerre. Cependant,  le conseil de la couronne refuse de s’engager aux côtés des puissances centrales et opte pour la neutralité.

portrait du roi Charles / Carol  Ier de Roumanie (1839-1914) de la Maison de Hohenzollern-Sigmaringen  - son palais à Bucarest et  ses armoiries -   chromo publicitaire d'époque
• 10 octobre 1914 :  Carol Ier, décède, et c'est son neveu : Ferdinand Ier qui monte sur le trône. Bien que faisant partie de la même dynastie germanique que son oncle, il est davantage imprégné de culture roumaine et tend à rejoindre les causes de l’Entente. La Roumanie reste pourtant neutre pendant deux ans. Les négociations avec l’Entente sont longues et secrètes, elles ne permettent pas à l’Armée roumaine de se doter des équipements et des armements nécessaires non seulement à sa défense mais surtout à sa victoire.


 17 août 1916 :  Le chef du gouvernement Ion I. C. Brătianu signe deux conventions, politique et militaire qui placent la Roumanie dans le camp de l’Entente. En cas de victoire elle espère récupérer la Transylvanie, occupée par la Hongrie pour reformer "la Grande Roumanie". Le succès apparent de l’offensive russe lancée en Galicie par le général Broussilov et l'apport régulier de troupes par Salonique, au sud, ont semble-t-il convaincu la Roumanie de choisir le camp de l’Entente et de franchir le pas. Mais cette opération des russes se révèlera rapidement sans lendemain.

Traité de Bucarest du 4/17 août 1916 entre la Roumanie, la France, la Grande-Bretagne, l'Italie et la Russie.
Ce traité porte la signature de Ion I. C. Brătianu alors Président du Conseil des Ministres de Roumanie. (cliquer sur l'image pour agrandir)

• 25 août 1916 :  Des troupes russes franchissent amicalement la Dobroudja pour assister la Roumanie.

• 27 août 1916 :  La Roumanie rejoint officiellement l'Entente et mobilise son armée pour entrer dans le conflit avec les Puissances centrales.

27 août 1916 : La Roumanie déclare la guerre à l’Autriche-Hongrie.

armoiries et drapeaux de la Roumanie en 1916
   carte cadeau publicitaire d'époque

portrait d'un officier de Cavalerie roumain 
carte postale illustrée par Émile Dupuis, série "Nos alliés"

carte géopolitique au 27 août 1916  avec la Roumanie comme nouveau belligérant


portrait d'un officier d'Infanterie autrichien 
carte postale illustrée par Émile Dupuis, série "Leurs caboches"






jeudi 21 avril 2016

Top 10 des plus grandes villes de Croatie avec leurs blasons

Voici un nouveau volet à cette série consacrée à la découverte de l’héraldique civique, à travers divers pays du Monde. Le principe du "Top xx" très répandu dans les médias et sur Internet, pour recenser ce qui est le plus remarquable dans un domaine particulier est ici adapté à cette thématique. Il nous permettra de découvrir ou réviser la géographie d'un pays choisi de manière aléatoire et dans le même temps de s'intéresser à sa diversité en matière de blasons et emblèmes municipaux.


 Nous allons cette fois à la rencontre d'un de ces pays des Balkans où l'actualité nous emmène souvent, et qui est récemment entré dans l'Union Européenne :  la Croatie






 Voici donc les 10 plus grandes villes en terme de population, en-dehors des agglomérations (chiffres de 2011). La Croatie est divisée en 20 comitats (županije en croate), équivalents de nos départements, auxquels on rajoute le territoire autonome de la capitale : Zagreb..




1 - ZAGREB

capitale de la Croatie, chef-lieu du Comté urbain de Zagreb (Grad Zagreb) - 688 160 habitants







2 - SPLIT

capitale (chef-lieu) du comitat de Split-Dalmatie (Splitsko-Dalmatinska županija) - 167 120 habitants






3 - RIJEKA

- ancien nom : Fiume (italien ou hongrois)
capitale (chef-lieu) du comitat de Primorje-Gorski Kotar (Primorsko-goranska županija)  - 128 380 habitants







4 - OSIJEK

capitale (chef-lieu) du comitat d'Osijek-Baranja (Osjecko-baranjska županija) - 84 100 habitants









5 - ZADAR

capitale (chef-lieu) du comitat de Zadar (Zadarska županija) - 74 470 habitants








6 - PULA

-  ancien nom : Pola (Italien)
ville du comitat d’Istrie (Istarska županija) - 57 460 habitants








7 - SLAVONSKI BROD

capitale (chef-lieu) du comitat de Brod-Posavina (Brodsko-posavska županija) - 53 530  habitants








8 - KARLOVAC

- anciens noms :  Karlstadt (allemand) -  Károlyváros (hongrois)
capitale (chef-lieu) du comitat de Karlovac (Karlovačka županija) - 46 830 habitants







9 - VARAŽDIN

- anciens noms : Warasdin (allemand)  -  Varasd (hongrois)
capitale (chef-lieu) du comitat de Varaždin (Varaždinska županija) - 38 840 habitants








10 - ŠIBENIK

capitale (chef-lieu) du comitat de Šibenik-Knin (Šibensko-kninska županija)  - 34 300 habitants







• On notera encore une fois l'utilisation fréquente des murs, portes de ville, tours et enceintes de fortifications, que l'on nomme improprement "châteaux" y compris dans le langage héraldique (villes n° 1,2, 5, 8 et 9). Ils sont une caractéristique très présente dans l'héraldique municipale en Europe centrale, héritée des anciens sceaux de villes qui circulaient au Moyen-Âge (voir un de mes anciens articles → ICI). On peut rajouter encore à ces murailles ou châteaux, le pont roman sommé d'une tour à créneaux de la ville n° 4.
ancien blason de Split (origine : XIVe s.)
dessin de Jiří Louda

• Le curieux format rectangulaire de l'emblème de Split (n°2) qu'on a du mal à considérer comme héraldique, est issu d'un bas-relief présent sur les vestiges du célèbre Palais romain de Dioclétien, sur l'actuel Hôtel de Ville (voir →ICI) . Il a remplacé depuis 1969 l'ancien blason plus classique (ci-contre).  

• Historiquement, la Croatie était depuis le XIIe siècle une ancienne province du royaume de Hongrie, puis de l'Empire austro-hongrois et ce jusqu'en 1918 avec la défaite de celui-ci pendant la Première Guerre mondiale. L'ancienne Hongrie sera alors démantelée et la Croatie sera réunie à la Yougoslavie.
Cette ancienne dépendance hongroise est visible avec le "fascé de gueules et d'argent" du champ de la ville n° 9, qui sont les couleurs de la Hongrie médiévale et de la dynastie des Árpád.
  Toutefois le blason "échiqueté d'argent et de gueules" de l'ancien royaume de Croatie, apparu un peu avant son absorption par la Hongrie a traversé les siècles pour représenter la province hongroise (ville n° 8). Depuis 1990 et l'indépendance de la Croatie, après l'éclatement de la Yougoslavie, les armes croates ont été réactualisées : toujours l'échiqueté, mais avec les points inversés : désormais "de gueules et d'argent". Elles sont présentes dans un des écussons des armoiries de la ville n°2. 
 Autre réminiscence austro-hongroise : le blason de la ville n°3, datant de 1653, avec cette aigle bicéphale autrichienne posée sur un vase symbolisant la source d'un fleuve : l'ancien nom de la ville : "Fiume" signifie d'ailleurs "le fleuve" en italien.

• La Croatie est un pays à majorité de confession catholique. Les saints patrons des cités sont présents sur beaucoup de blasons, mais certains peu connus : l'évêque Saint Domnius (ou Duje en croate) pour la ville n°2, le cavalier Saint Chrysogone (Krševan en croate) pour la ville n° 5 et Saint Michel pour la ville n°10.

• La croix de Pula (ville n° 6) rappelle les nombreuses "armoiries à croix" des villes italiennes (voir → ICI). La cité portuaire d'Istrie a d'ailleurs appartenu à la République de Venise, du XIVe au XIXe siècle.






Si vous désirez en savoir plus sur le pays : la Croatie et ses emblèmes, c'est → ICI


A bientôt, pour un nouveau pays ... ICI
Et pour revoir le pays précédent ...  → ICI




          Herald Dick
 








Varazdin Sibenik .

lundi 19 octobre 2015

Histoire parallèle : 19 octobre 1915-2015 -
l' Italie et la Russie déclarent la guerre à la Bulgarie

La ronde des alliances continue : "nouveaux joueurs , nouvelles parties". Mais malheureusement sur les "terrains de jeu" :  ce seront morts, blessures et destructions.



drapeau du Royaume d'Italie en 1914
drapeau du Royaume de Bulgarie en 1914


drapeau de l'Empire de Russie en 1914



 • 15 et 16 octobre 1915 :  Le Monténégro, le Royaume Uni de Grande-Bretagne et la France ont déclaré la guerre à la Bulgarie à la suite de l'invasion de la Serbie, dans le respect des termes des traités de la Triple Entente.

 19 octobre 1915 : L' Italie, suivie de la Russie, liés par les mêmes traités, déclarent à leur tour la guerre à la Bulgarie.

• 28 octobre 1915 : la Roumanie, pays neutre pour le moment, refuse le passage des troupes russes sur son sol pour rejoindre le front bulgare, à l'inverse de la Grèce qui s'est mise ainsi dans une position délicate.


carte postale patriotique avec symboles de quatre des pays alliés dans la Triple Entente : France, Italie, Royaume-Uni et Russie avec leurs drapeaux et portraits des chefs d'état ou monarques.
carte postale d'époque : drapeau et femme soldat
italienne en uniforme militaire,
  signée de l'illustrateur italien M. Cherubini
carte postale d'époque : drapeau et femme soldat
russe en uniforme militaire,
  signée de l'illustrateur italien M. Cherubini

carte géopolitique d'Europe au 19 octobre 2015
carte postale de langue allemande : " Nous allons vers la justice !" 
la nouvelle alliance des Empires centraux : Turquie, Allemagne, Autriche-Hongrie et Bulgarie avec leurs dirigeants
carte postale humoristique montrant le roi de Bulgarie en gros bourdon transpercé par un sabre
pavillons, pennon  de l'armée et de la marine de guerre de la Bulgarie - page extraite du livre en anglais
 "Drawings of the flags in use at the present time by various nations" (Londres-1916)





                 Herald Dick

vendredi 16 octobre 2015

Histoire parallèle : 15 et 16 octobre 1915-2015 -
le Monténégro, le Royaume-Uni puis la France déclarent la guerre à la Bulgarie

   Il y a dix jours, la Bulgarie, forte d'une alliance "en béton armé" avec les Empires allemand, austro-hongrois et ottoman attaquait sans scrupules la petite Serbie désormais prise en tenaille. Mais rappelons-nous que fin juillet 1914, la première agression de la Serbie par l'Autriche-Hongrie avait déclenché, par le jeu des alliances le conflit mondial où nous sommes plongés. Et bien les mêmes causes produisent les mêmes effets.
Le petit royaume des Balkans entraîne dans la mêlée ses alliés, déjà tous en guerre sur plusieurs fronts à travers la planète, mais avec désormais un nouveau belligérant à contenir. 

drapeau du Royaume du Monténégro en 1914
drapeau de l'Empire britannique en 1914




drapeau marchand du Royaume de Bulgarie en 1914
drapeau de la République française en 1914



• 27 septembre 1915 : La Grèce, qui n'est pas engagée dans le conflit, se prépare à accueillir un débarquement d'une force de l'Entente à Salonique. Le gouvernement grec réaffirme néanmoins sa position de neutralité.

• 3 octobre 1915 : Les premières troupes alliées de l'Armée d'Orient débarquent effectivement dans le port grec de Salonique. Objectif visé : la Bulgarie et accessoirement Constantinople en Turquie.

• 6 octobre 1915 : La Bulgarie attaque la Serbie dans une opération conjointe avec l'armée austro-hongroise.

 • 13 octobre 1915 : premiers accrochages entre troupes françaises et bulgares sur le front de Macédoine. 

 • 14 octobre 1915 : Alors que les deux armées sont déjà engagées dans les combats, la Serbie et la Bulgarie se déclarent mutuellement et officiellement la guerre !

15 octobre 1915 : Le Monténégro déclare la guerre à la Bulgarie, suivi par le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande.

16 octobre 1915 : La France déclare la guerre à la Bulgarie.

carte postale d'époque : drapeau et femme soldat
du Montenegro en uniforme militaire,
 signée de l'illustrateur italien M. Cherubini
carte postale d'époque : drapeau et femme soldat
britannique en uniforme militaire,
  signée de l'illustrateur italien M. Cherubini

carte postale d'époque : drapeau et femme soldat
 française en uniforme militaire,
signée de l'illustrateur italien M. Cherubini
carte géopolitique d'Europe au 16 octobre 2015

image publicitaire éducative belge d’époque  : carte, drapeau et portrait du roi Ferdinand Ier de Bulgarie
La carte montre les frontières d'avant la Première Guerre des Balkans de 1912/1913, durant laquelle l'Empire ottoman perdra
 une grande partie de ses possessions dans cette région appelée "Roumélie" (notée "Turquie d'Europe" sur la carte ci-dessus), qui sera partagée entre la Grèce, la Bulgarie, la Serbie et le Monténégro, par le traité de Londres signé en 1913.
carte postale humoristique française  avec une caricature du roi de Bulgarie :
"C'est moi que j'suis le Tsar... pas des Russians... des Bulgares..."
étendard et pennons de la famille royale de Bulgarie  - page extraite du livre en anglais
 "Drawings of the flags in use at the present time by various nations" (Londres-1916)
drapeaux des officiers commandants de l'armée et de la marine de guerre de la Bulgarie - page extraite du livre en anglais
 "Drawings of the flags in use at the present time by various nations" (Londres-1916)




                 Herald Dick