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samedi 28 mai 2016

Top 10 des plus grandes villes de l'Azerbaïdjan avec leurs blasons

Voici un nouveau volet à cette série consacrée à la découverte de l’héraldique civique, à travers divers pays du Monde. Le principe du "Top xx" très répandu dans les médias et sur Internet, pour recenser ce qui est le plus remarquable dans un domaine particulier est ici adapté à cette thématique. Il nous permettra de découvrir ou réviser la géographie d'un pays choisi de manière aléatoire et dans le même temps de s'intéresser à sa diversité en matière de blasons et emblèmes municipaux.

  Nous allons cette fois découvrir un pays d'une région charnière située entre Europe et Asie, plus exactement dans le Caucase oriental :  l'Azerbaïdjan.







Voici donc les 10 plus grandes villes en terme de population, en-dehors des agglomérations (chiffres de 2014).




1 - BAKOU / Bakı   *

capitale de l'Azerbaïdjan - 1 217 300 habitants
Cette ville a fait l'objet d'un article plus détaillé dans la série des capitales → ICI 





(*) comme je le fais habituellement : je donne en second l'orthographe exacte des villes dans la langue et avec l'alphabet du pays étudié : ici c'est donc en azéri .



2 - SUMQAYIT

- autre nom : Sumgait .
ville de la région d'Abşeron - 294 500 habitants









3 - GANDJA / Gəncə

- anciens noms : Yelizavetpol (Empire russe), Kirovabad (Union soviétique).
ville principale de la région de Gandja-Qazax - 282 400 habitants









4 - MINGACHEVIR / Mingəçevir

ville principale de la région d'Aran - 100 600 habitants







5 - XIRDALAN

- autres noms : Khyrdalan, Khurdalan .
ville de la région d'Abşeron - 95 200 habitants









6 - QARAÇUKUR

- anciens noms : Kaganovich, Serebovski (Union soviétique).
ville de la région d'Abşeron, dans l'agglomération de Bakou - 93 800 habitants










7 - ŞIRVAN

- anciens noms : Zubovka (avant 1938), Ali Bayramli ou Əli-Bayramlı (de 1938 à 2008).
ville de la région d'Aran - 77 000 habitants








8 - NAKHITCHEVAN / Naxçıvan

capitale de la République autonome de Nakhitchevan (enclavée entre l'Arménie et l'Iran) - 76 700 habitants







9 - BAKIXANOV

- ancien nom : Stepan Razin (Union soviétique) - autre nom : Bakikhanov .
ville de la région d'Abşeron, dans l'agglomération de Bakou - 72 700 habitants








10 - SHAKI / Şəki

- ancien nom : Nukha (Union soviétique) .
ville principale de la région de Shaki-Zaqatala - 64 500 habitants









  • Avec ce sujet, il est certain que les puristes diront qu'on est très loin d'une héraldique académique, normalisée, et qu'on est davantage dans le domaine du logo. Il est vrai que certaines de ces prétendues "armes" sont pratiquement impossibles à blasonner avec le langage conventionnel que nous connaissons, en raison de présence de figures ou de formes inhabituelles, et aussi par l'association de couleurs de même type mais avec des nuances: clair, foncé, etc... une particularité qui n'existe pas en héraldique classique.
  Mais soyons indulgents et ouverts :  nous visitons un pays qui a une histoire et une culture très différente de la nôtre, en tant qu'occidentaux, et géographiquement il est situé à la limite de la pratique de cette science / discipline. C'est un "bout du monde" pour l'emploi de l'héraldique en quelque sorte. Au-delà c'est l'Iran, le Moyen-Orient, l'Inde, où la création d'armoiries municipales n'existe pas, mis à part pour quelques rares métropoles.

• C'est l'héritage de la Russie et de l'Empire soviétique qui ont conquis et administré successivement ces territoires caucasiens au XIXe siècle et jusqu'en 1990, qui fait que cela existe dans cette partie du monde, au bord de la mer Caspienne. Par conséquent il faut savoir apprécier à sa juste valeur la production très intéressante de ces emblèmes venus de loin, d'autant plus qu'une grande majorité des villes importantes de ce pays en sont pourvues (voir → ICI), ce qui n'est pas forcément le cas dans certains pays occidentaux, comme par exemple : la Grèce.

armoiries de la ville de Sabir (Samaxi)
avec en cœur un écusson aux couleurs
 du drapeau de l'Azerbaidjan et donc :
- deux nuances de vert / sinople ... aïe !
- règles d'association des couleurs
non respectée ... re-aïe ! 
• Quelques-unes de ces armoiries sont des évolutions d'anciennes d'origine russe, mais plus fréquemment ce sont des créations récentes pour ce jeune pays devenu indépendant en 1991, sauf deux villes (n°6 et n°9) qui datent de la période antérieure, sous le régime de l'Union soviétique. Les machines à coudre du prolétariat laborieux en sont le témoignage insolite.

 • L'économie de l'Azerbaïdjan est fortement dépendante de l'exploitation du pétrole en mer Caspienne, qui représente 70 % de ses exportations et 50 % du budget national. Cette ressource est connue dans ces lieux depuis l'antiquité. Le naphte et le gaz sortent naturellement du sol et brûlent de manière permanente. La religion du zoroastrisme vénère le feu, considéré de native divine, un culte lui est dédié avec les temples de feu. Les flammes des villes n°1 et 5, la couleur brune en pointe de la ville n°1, les trois gisements de pétrole souterrains grossièrement dessinés pour la ville n°6  et les puits (derricks) de la ville n°7 en sont la manifestation symbolique.

  • Le pays possède d'autres ressources comme l'énorme station hydroélectrique dessinée sur le blason de ville n°4, la pêche (les poissons) sur ce même blason, l'agriculture, avec le coton (ville n°7).

 •  Enfin, certaines traditions, légendes, et l'histoire de la région se manifestent, avec l'Arche de Noé posé sur le sommet du Mont Ararat (ville n° 8), symbole de l'ancienne province russe du Caucase. Le cheval cabré ornait les pièces de monnaie de l'ancien Khanat de Shaki.(ville n° 10). L'art traditionnel est présent dans les motifs décoratifs des villes n° 3 et 10 . L’art moderne est lui aussi représenté, avec le monument de la "colombe de la paix" de la ville n°2.





Si vous désirez en savoir plus sur le pays : l' Azerbaïdjan et ses emblèmes, c'est → ICI


A bientôt, pour un nouveau pays ... ICI
Et pour revoir le pays précédent ...  → ICI





          Herald Dick
 







mercredi 31 décembre 2014

Nouvel an 2015 : H -3

Le Tour du Monde du Nouvel An en 24 heures :



Nous sommes encore le 31 décembre et il est 21h 00 à Chambéry (France), mais :

à Erevan (Arménie)
il est 00 h 00 le 1er janvier 2015



Շնորհավոր նոր տարի !! 
(Bonne Année ) en arménien



mardi 25 mars 2014

Capitales du monde : Bakou

 P    remière capitale du Caucase à entrer dans cette série,  et troisième issue de l'ancienne Union Soviétique, cette ville dont le nom est associé à l'exploitation pétrolière et à l'industrie de la chimie, mérite qu'on s' y intéresse davantage pour ses vrais charmes. Son surnom littéraire est "la Cité des Vents". Le toponyme de Bakou dérive de l'ancien nom persan de cette localité: بادکوبه (Bādkube, "vents battants "). Il y a deux vents réguliers à Bakou: l'un froid et rugueux soufflant de la Mer Caspienne : le Khazri et l'autre doux et agréable venant des terres chaudes : le Gilavar , ce dernier est associé au Bien, et le premier par conséquent relié au Mal.



Voici les armoiries actuelles et leur adaptation sur drapeau. Le blason est "d'azur à trois flammes d'or mal ordonnées 1 et 2, soutenues par une champagne formée de cinq burelles engrêlées  d'or et de sinople en alternance brochant sur une plaine de couleur "marron pétrole",  le tout bordé d'une filière d'or.
 C'est une évolution graphique moderne des armoiries réalisées pendant la période soviétique, en 1967, elles-mêmes inspirées par celles créées en 1875 sous l'Empire russe (voir plus bas).




19 - Bakou

Bakou, ou Baku en anglais, en azéri : Bakı, est la capitale de l'Azerbaïdjan. Elle se trouve dans l'est du pays, sur la rive sud de la presqu'île d'Abşeron, au bord de la mer Caspienne.

Population  :  2 045 815  hab. (estimation pour 2011)

Bakou devient la capitale d'un khanat (pays soumis à l’autorité d’un khan, soit un souverain mongol) indépendant au XIIe siècle. Occupée par les Turcs avant de passer sous contrôle perse entre 1509 et 1723, date à laquelle elle est prise par les Russes, la ville est successivement rendue à la Perse en 1735, de nouveau rattachée à la Russie en 1806, puis occupée tour à tour par les Britanniques et les Turcs pendant le XIXe siècle. La ville connaît par la suite une phase de croissance économique rapide grâce à l’accroissement de la production d'hydrocarbures. Entre 1918 et 1920, Bakou, qui abrite le gouvernement de la république indépendante d’Azerbaïdjan, est l'un des centres de la résistance antibolchevique. Après la victoire de l'Armée rouge sur les armées blanches, Bakou devient la capitale de la république fédérale socialiste soviétique de Transcaucasie, proclamée en 1922, puis celle de la république socialiste soviétique d'Azerbaïdjan entre 1936 et 1991, dans le cadre de l'URSS. En 1991, elle est devenue la capitale de l'Azerbaïdjan indépendant.
 Le vieux quartier de Bakou, datant du IXe siècle, abrite notamment la vaste forteresse d'Icheri-Shekher (avec ses rues étroites, ses mosquées et son minaret datant de 1078) et le palais des chahs de Chirvan (XVIIe siècle), aujourd'hui transformé en musée.
vue de Bakou de nuit avec les tours des Fairmont Baku Flame Towers , un hôtel de luxe. Ces tours symbolisent trois flammes comme dans le blason de la ville.
    Ville portuaire donnant sur la mer Caspienne, Bakou bénéficie d’une situation géographique stratégique à proximité de très importants gisements de pétrole, près de la frontière avec l'Iran. La ville est le point de départ d'un pipeline qui conduit le pétrole à Batoumi en Géorgie, sur la mer Noire. Ces gisements aujourd’hui en voie d’épuisement ont fait de Bakou le quatrième centre pétrolier soviétique et permis à la ville de disposer d'une forte industrie pétrochimique, spécialisée en particulier dans le raffinage. Toutefois, la diminution des réserves et de la production ainsi que la forte pollution réduisent le taux de croissance de la population et de l'économie.
    Outre la prédominance des activités pétrolières, le tissu industriel de Bakou témoigne d’une grande diversité : construction et maintenance navales, métallurgie, constructions mécaniques, industrie chimique, textile et agroalimentaire. Bakou réalise ainsi 80 % de la production industrielle de l'Azerbaïdjan.


Le blason de Bakou, ses origines et son évolution dans le temps :

ancienne carte postale russe montrant le Temple de feu de Surakhany, près de Bakou.
Ces monuments religieux, typiques de la région ont inspiré le motif des flammes comme symbole de la ville.
emblème de la société pétrolière Branobel,
gérée par un membre de la famille Nobel et
qui exploitait le pétrole caucasien vers 1900

Bakou et sa région flottent  sur une immense réserve de pétrole. Les zoroastriens ont utilisé l'huile magique (le naphte comme on le nommait jadis) dans leur culte pour alimenter leurs temples du feu. Surakhany a longtemps été un centre des adorateurs du feu et il est également un centre de tissage.
superbe timbre de 1919 illustré par un Temple de feu

Ces toutes premières armoiries de Bakou datent de 1843
Tous les blasons territoriaux de l'Empire russe
à cette époque  sont formés de façon similaire : 
il sont divisés en deux parties, les deux quartiers supérieurs
représentent la région : ici la Région (oblast) de Caspienne,
avec ce "tigre" qui est en fait une panthère du Caucase
et les trois flammes sortant de terre (pour le pétrole)
 qui resteront attachées à la symbolique de Bakou;
les deux quartiers inférieurs caractérisent la ville :
un chameau chargé de ballots de safran, la culture locale
et une ancre déposée au sol qui signifie que Bakou
est une bonne escale pour les  navires.
projet d'armoiries au cours du XIXe siècle,
mais finalement non adoptées; le quartier supérieur
 est cette fois chargé d'un vrai tigre.
nouvelles armoiries  de Bakou en 1883
la couronne murale et les épis de blé nous attestent
qu'il s'agit bien de la ville.
les trois flammes d'or provenant des Temples de Feu,
elles sont maintenant bien fixées comme symboles de la cité. 

magnifique bas-relief portant les armoiries de la ville, sur les murs de fortifications


 armoiries de la province, ou gouvernorat (Goubierna) de Bakou en 1875, dans l'Empire de Russie
représenté par la couronne impériale  et les rameaux de chêne.
carte postale datée de 1903 avec une place de la ville et ses armoiries : avec un champ de gueules maçonné de sable

différents supports  : billet de banque et  timbres datés de 1918 portant les armes de Bakou pendant sa brève autonomie

à gauche : drapeau de la Commune soviétique de Bakou (1917-1918) - à droite celui du Directoire Centro-Caspien (août-septembre 1918) soutenu par les Britanniques en réaction aux bolchéviks , entités politiques locales qui ont précédé la création de la République autonome d'Azerbaidjan en 1920.

armoiries "soviétiques" de Bakou créées en 1967
timbres et feuillet émis en 2012 par la République d'Azerbaïdjan
ci-dessous la forteresse d'Icheri-Shekher



emblèmes de clubs de football de la ville de Bakou

le Baku United FC est un club de football  de Londres





capitale précédente  →  Bagdad
capitale suivante     →  Bamako


 

jeudi 20 février 2014

Russie / Nord-Caucase : ses divisions administratives, ses blasons et emblèmes -
3ème partie : le District fédéral du Nord-Caucase

 T  oujours dans le cadre des Jeux Olympiques d'Hiver qui se déroulent depuis une semaine à Sotchi, j'en profite pour compléter mes fiches "pays" que vous pouvez consulter dans l'onglet ci-dessus " Emblèmes pays". Voici donc la suite du précédent volet, voir ICI .

drapeau de Pyatigorsk / Пятигорск, ville siège de
l'administration du District fédéral du Nord-Caucase.
 Au niveau fédéral, la Russie est divisée en 8 Districts fédéraux, eux-mêmes divisés en "sujets fédéraux" : les principaux étant les oblasts (les plus communs, qui sont des unités administratives avec un gouverneur fédéral désigné et un pouvoir législatif élu localement) et les républiques (très autonomes et possédant leurs propre constitution, un président et un parlement). Il existe également des kraïs, des districts autonomes, deux villes fédérales (Moscou et Saint-Pétersbourg) et un oblast autonome juif. Enfin, aux niveaux inférieurs figurent encore les raïons , les villes et les districts urbains ou ruraux. Nous allons nous arrêter avant ces derniers là ....
  Tenant compte de l'immensité du pays composé de 83 sujets fédéraux, je vais limiter l'exploration -pour cette fois, j'y reviendrai plus tard-  à la région du Nord Caucase jusqu'au Don et à la Volga (cercle rouge,ci-dessous), où se situe en particulier l'évènement sportif international des Jeux Olympiques d'Hiver. Cette zone est composée de deux Districts fédéraux : 
• le District fédéral du Sud (en rose sur la carte ci-dessous)
• le District fédéral du Nord-Caucase (en violet sur la carte ci-dessous)


Dans ce dossier nous examinerons les emblèmes :  armoiries, sceaux, drapeaux des oblasts, kraïs, républiques ainsi que leurs capitales.

Nous poursuivons avec le District fédéral du Caucase-Nord qui est donc composé de sept sujets fédéraux : 1 krai et 6 républiques. Nous en avons déjà parcouru quatre la dernière fois : 




Bon voyage....




Région n° 5 - République d’Ossétie-du-Nord-Alanie  -  Республика Северная Осетия-Алания(russe) - Республикӕ Цӕгат Ирыстон-Алани (ossète)



L'Ossétie est une région du Caucase, qui se situe de part et d'autre de la ligne de crête du massif montagneux du Grand Caucase. Les Ossètes eurent pour ancêtres les Alains venus d'Asie centrale qui furent, vers la fin du VIIe siècle, repoussés de la région du Don vers le Caucase. La région du nord porte d'ailleurs le nom d'Alanie (pays des Alains). On se souvient que les Alains sont venus "visiter" la Gaule et l'Espagne, au Ve siècle. Politiquement, l'Ossétie est actuellement divisée en deux entités : l'Ossétie du Nord, qui est une république membre de la Fédération de Russie et l'Ossétie du Sud, un ancien oblast autonome de la Géorgie, avec laquelle elle est en conflit depuis la chute de l'Union Soviétique et qui a donc proclamé unilatéralement son indépendance dès 1992.
Le sceau (emblème) de l'Ossétie du Nord montre dans un cercle de gueules une panthère de Perse (Panthera pardus saxicolor) passant, d'or tacheté de sable. A ce propos, beaucoup de sites internet, parlent au sujet de cet emblème, de léopard des neiges, c'est une erreur, car ce félin n'habite que les montagnes d'Asie centrale (Afghanistan, Mongolie) et l'Himalaya, mais en aucun cas le Caucase. Notre panthère, très rare dans la nature est représentée devant sept montagnes enneigées d'argent (les monts du Caucase) et posée sur un mont d'or à cinq coupeaux.  Le dessin original a été conçu par le prince érudit et grand scientifique géorgien Vakhushti Bagrationi en 1735 (voir plus bas).
Je vous invite à revoir le sujet que j'avais réalisé sur l'autre partie, l'Ossétie du Sud, voir →

armoiries de la capitale : Vladikavkaz / Владикавказ
le nom russe de la ville signifie en gros "Possession du Caucase"
ou la porte du Caucase, symbolisé par la clé et  cette porte d'or fortifiée
 ouvrant sur les sommets du Caucase et en blanc, au second blanc,
le Mont Kazbek, cinquième sommet le plus haut du massif avec 5 047 m.


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Histoire de la République d' Ossétie du Nord


bannière de l'Ossétie - armorial
du Prince Bagration (XVIIIe siècle)
sujets repris dans l'emblème actuel
drapeaux de la République autonome Socialiste Soviétique d'Ossétie du Nord :
à gauche,  en 1 : 1937 , en 2 : 1938 , à droite de 1954 à 1981
emblème de la République autonome Socialiste
Soviétique d'Ossétie du Nord (1937-1991) :
Drapeau alternatif de la république d'Ossétie du Nord
post-soviétique (1991-1993) avec une bande centrale "magenta"



Région n° 6 - Kraï de Stavropol  -  Ставропо́льский край













Le Kraï de Stavropol englobe la partie centrale des contreforts du nord du massif du Grand Caucase. La population est concentrée dans les plaines des rivières Kouban et Kuma qui était autrefois les terres traditionnelles des cosaques.  Les Cosaques du Kouban sont maintenant généralement assimilés à la population d'origine russe de religion chrétienne orthodoxe, même si il existe encore des minorités importantes du groupe ethnique d'origine. Les autres groupes ethniques notables incluent notamment des Arméniens et des Grecs qui se sont installés ici depuis au moins le XVIIIe siècle..Le recensement de 2010 comptait trente-trois groupes ethniques de plus de 2.000 personnes chacune , ce qui en fait l'un des sujets fédéraux l'un des plus multiethnique de Russie.
Les armoiries du Kraï combinent en chef les armes traditionnelles de la province russe de Stavropol remontant à 1878, et en pointe, le contour actuel du territoire avec l'emplacement de la capitale pointé par une croix latine, sur le 45° parallèle. La croix comme celle du drapeau illustre le nom de la ville qui est d'origine grecque : "stavros" signifiant "la croix" et "polis", "la ville". Le tout est surmonté des grandes armoiries de la Russie et encadré (soutenu) de branches de chênes,d'épis de blés et de rubans aux couleurs du drapeau.

armoiries de la capitale : Stavropol  / Ставрополь
la  ville a été fondée en 1777 sur la base d'une forteresse (quartier n°4)
dans le pays des Cosaques (quartier n°2) ;  son nom vient de "stavros" et "polis",
qui signifie "croix" et "ville" en grec, c'est la croix d'or qui partage l'écu ,
 et celle du christianisme symbolisé par cette église orthodoxe (quartier n°3)
la flamme éternelle et le segment de roue d'engrenage (quartier n°1)
viennent du blason de l'époque soviétique (ci-dessous)

armoiries de la ville de  Pyatigorsk / Пятигорск,
siège de l'administration du District fédéral du Nord-Caucase
et située également dans le Kraï de Stavropol.
C'est une ville thermale dans la chaîne du Caucase
comme le montrent les symboles.


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Histoire du Territoire de Stavropol

Armoiries de la Province (Goubierna) de Stavropol
dans l'Empire de Russie - 1878




Région n° 7 - République tchétchène  -  Чеченская республика(russe) - Нохчийн Республик (tchétchène)


La République tchétchène ou Tchétchénie, est également nommée "Itchkérie" par les indépendantistes. Nous avons vu, dans le volet précédent ( voir → ) que les Tchétchènes et les Ingouches ont des ancêtres communs. Sous le régime soviétique, les deux peuples ont été réunis en une seule unité (république autonome socialiste). Lorsque l'U.R.S.S. a cessé d'exister en 1991, chacun a repris son chemin, l'Ingouchie restant dans le giron de la Russie. Mais la Tchétchénie, à l'instar des autres anciennes républiques soviétiques (Géorgie, Arménie, etc..) a tenté de proclamer son indépendance totale de la Fédération de Russie dans laquelle elle demeurait liée après l'éclatement du bloc soviétique. Cette décision, non négociée politiquement, a provoqué deux guerres (1994-1996 et 1999-2000), plus de 160 000 morts civils et militaires, et quantité d'épurations des opposants, pour que la Russie garde le contrôle sur le territoire. Dès lors, le ressentiment est très fort des deux côtés, la paix est précaire dans la région, maintenue par la force avec un gouvernement téléguidé par la Russie. Les indépendantistes, désormais en exil maintiennent la pression par le terrorisme, soutenus désormais par des tendances islamistes radicales (application de la loi de la Charia, etc...).
version de l'emblème sur écu

  L'emblème officiel de la République tchétchène, ci-dessus, date de 2008, il montre au centre une de ces anciennes tours de défense vainakh (photo ci-dessus) déjà observées en Ingouchie et un derrick pour l'exploitation du pétrole encadrant un motif décoratif traditionnel tchétchène et surmontés par un sommet du Caucase. Dans les cercles externes : des épis de blés pour l'agriculture, le croissant et l'étoile symboles de l'Islam et encore des motifs décoratifs typiques que l'on retrouve aussi sur le bord du drapeau, côté hampe.

armoiries de la capitale : Grozny /  Грозный
un concours lancé en 2010 a permis de sélectionner
ce beau blason "de sinople chargé d'une mosquée d'argent
essorée d'azur , les sommets des quatre minarets et du dôme
 central terminés par une pointe d'or et un croissant du même;
terrassée de gueules à une fasce d'argent".
ci-dessus la grande mosquée "Cœur de Tchétchénie" à Grozny


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Histoire de la République de Tchétchénie

drapeaux de la République autonome Socialiste Soviétique de Tchétchénie-Ingouchie :
à gauche,  en 1 : de 1937 à 1944 , en 2 : de 1957 à 1978 , à droite de 1978 à 1991

emblème de la République autonome Socialiste
Soviétique de Tchétchénie-Ingouchie (1937-1991) :
Le 28 octobre 1991 , est apparu l'emblème de la République tchétchène
d'Itchkérie avec le symbole du loup ( les tchétchènes s’identifient au loup)
 sous la lune, soutenu par un ornement typique  national nommé " Tutta "
et  inscrit dans un croissant d'or chargé de neuf étoiles à cinq branches .
 Le loup désigne la fierté, le courage et la liberté du peuple tchétchène ;
le croissant est le symbole de la fidélité des  tchétchènes à l'Islam.
 Les neuf étoiles symbolisent les neuf principaux clans tchétchènes.
Drapeaux de la République tchétchène d'Itchkérie ( sans et avec emblème),  symboles des indépendantistes depuis 1991.
(l'auteur du dessin , qui était l'épouse du leader tchétchène Djokhar Doudaïev,  se serait inspiré pour le loup d' un portrait d'Akela,
 le vieux loup décrit dans le "Livre de la Jungle" de Rudyard Kipling , ci-dessous)
Le chef des loups Akela dans "Le Livre
 de la Jungle", film des Studios Disney (1967)
Drapeau de l'opposition, ou des loyalistes pro-russes
 (selon le côté politique où l'on penche),  avant 2004
  (les bandes rouges et blanches sont inversées par rapport
au drapeau des indépendantistes)















Emblème de la République tchétchène loyaliste adopté en 2004.
nous retrouvons, en traits plus grossiers, les symboles actuels.
Drapeau de la  wilaya (région administrative dans les pays arabo-musulmans)
de Nokhchicho (correspondant à la Tchétchénie) dans l’État islamiste
autoproclamé en 2007 appelé :  l’Émirat du Caucase (voir plus bas).



Régions 1 à 7 réunies - Le Caucase du Nord (Ciscausie) Северный Кавказ

drapeau de la  Confédération des Peuples du Nord Caucase
 qui est une organisation politique militarisée composée de militants
 venus des Républiques de Ciscaucasie (Nord-Caucase) appartenant à la
 Fédération de Russie. Elle réunit toutes les régions vues dans ce dossier
ainsi que l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud, territoires inclus dans la Géorgie.
carte géopolitique de la région actuelle montrant les principaux foyers de tensions politiques et militaires
carte de l'Émirat du Caucase : revendications territoriales de l'état autoproclamé
 en 2007 par l'ex  "président de la République tchétchène d'Itchkérie (CRI)"
 en exil : Dokou Oumarov.
drapeau de l'Émirat du Caucase ( depuis 2007)  mettant en évidence
 les liens avec les jihadistes d'Al Qaïda.

______________________________
Histoire de la Ciscausie (Caucase du Nord)

armoiries de l'Oblast du Caucase dans l'Empire Russe (1809-1849) , dessin original et reproduction actuelle ;
 on y observe déjà le sujet récurrent dans l'héraldique caucasienne : l'aigle ( ici l'aigle impériale russe bicéphale)
survolant les montagnes et en-dessous un cavalier cosaque en action .
 ci-dessus carte géographique reproduite sur le dos d'une carte à jouer d'époque ( capitale : Stavropol / Ставрополь)
 
drapeau de l'Imamat du Caucase (1829-1859) qui était un petit état théocratique
établi dans plusieurs régions  du Nord Caucase et en grande partie au Daghestan.


armoiries de l'Oblast de Terek  (Empire de Russie ; 1860-1917)
la capitale était Vladikavkaz, aujourd'hui en Ossétie du Nord
drapeau de la République montagnarde du Nord-Caucase
 (1917-1920) - état provisoire constitué à la suite de la Révolution russe
à partir du territoire du Terek, vu précédemment.

emblème et drapeau de l'Émirat du Nord-Caucase (1919-1920), nouvel état islamique constitué après
la Révolution russe sur les territoires actuels de la Tchétchénie et du Daghestan.
drapeau de la République montagnarde autonome Socialiste 
Soviétique du Nord-Caucase (1921-1924) qui a remplacé les
 deux entités précédentes,  plus tard découpée en oblasts intégrés dans
 la République socialiste soviétique de Russie et dans l'URSS.
A noter la curieuse combinaison des signes du Communisme (rouge)
 et de l'Islam ( croissant-étoiles-couleur verte) !
 




Cette fois , c'en est bien terminé, avec cette région "patchwork" de peuples et de nationalités, d'une complexité à donner des migraines, mais vraiment passionnante à étudier. Un patchwork bien illustré par les motifs décoratifs qui ont servi de visuel permanent pendant ces Jeux Olympiques de Sotchi (ci-contre). 
 J'espère ne pas avoir trop trahi la vérité historique, à partir des textes en russe ou au mieux en anglais qui m'ont servi de base documentaire. Si j'ai pu contribuer à l'éclairage des internautes qui ont voulu sortir des pistes de Sotchi pour faire un peu de tourisme local, j'en serai très heureux.



Et donc à bientôt pour de nouvelles aventures en Russie ou ailleurs ... ICI
до свидания ! (do svidania : au revoir).


Crédits :

www.heraldicum.ru
http://geraldika.ru
http://dic.academic.ru
http://ru.wikipedia.org/wiki



           хералд дихк