Affichage des articles dont le libellé est Louis XIV. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Louis XIV. Afficher tous les articles

mardi 1 septembre 2015

1er septembre 1715 - 2015 : Tricentenaire de la mort de Louis XIV

 Souverain au règne exceptionnellement long (le plus long de l’histoire de France), Louis XIV a laissé l’image d’un monarque absolu : sa majesté royale mise au service de la grandeur du pays, sa volonté sans cesse réaffirmée de moderniser l’administration et les structures économiques, son souci de garantir les frontières et de protéger la France des agressions extérieures ont largement imprégné l’Europe du Grand Siècle. Les crises financières et la persistance des inégalités ont témoigné des difficultés qu’a ressenties une grande partie de la population. Mais le règne du « Roi-Soleil », par ailleurs marqué par un remarquable épanouissement de la culture française, constitue, au-delà des jugements dont il continue de faire l’objet, l’un des épisodes fondateurs de l’État moderne.

grandes armoiries du Royaume de France
au XVIIe siècle et jusqu'à la Révolution.
portrait équestre de Louis XIV par Réné-Antoine Houasse
(vers 1679) - Musée du Château de Versailles
  Timbre de la poste française émis en 1970
portrait de Louis XIV devant le château de Versailles









figure symbolique et emblème du Roi-Soleil :
 grilles du château de Versailles, fonte avec dorures.

Louis XIV dit " le Grand" ou "le Roi-Soleil"



Louis-Dieudonné de France (•1638- †1715)
Roi de France (1643-1715)
(dynastie des Bourbons)

armoiries de la ville de
Saint-Germain-en-Laye (Yvelines)
le berceau, les fleurs de lys et la date rappellent 
la naissance du futur Louis XIV au Château Neuf
de Saint-Germain-en-Laye, édifice vendu comme
bien national pendant la Révolution et démoli
 presque entièrement. 


Fils de Louis XIII et d’Anne d’Autriche, né à Saint-Germain-en-Laye le 5 septembre 1638, Louis reçoit pour deuxième prénom Dieudonné, tant sa naissance est inespérée, vingt-trois ans après le mariage de ses parents, jusqu'alors resté infécond. Âgé de quatre ans et demi lors de la mort de son père (14 mai 1643), il est placé sous la régence de sa mère, confirmée dans ce rôle par le Parlement de Paris. La reine continue à gouverner avec Mazarin, qui a eu toute la confiance de Louis XIII et qui, déjà parrain du jeune roi, est chargé de superviser son éducation.

L’éducation du roi est prise en charge par Mazarin, lequel influence considérablement le jeune enfant. Il lui trouve plusieurs grands précepteurs, mais Louis XIV n’est pas un élève très assidu et préfère des activités plus concrètes, telles que la danse, l’art ou la stratégie militaire.

D’un point de vue général, l’enfance du Roi n’est pas très heureuse, car profondément marquée par les événements de la Fronde : à partir de 1648, le parlement et la haute noblesse, puis le prince de Condé se révoltent contre le pouvoir, obligeant la famille royale à fuir sans cesse, sous les affronts et la violence. Anne d’Autriche regagne finalement la capitale en octobre 1652, puis rappelle Mazarin en 1653, mettant un terme aux insurrections.

pièce d'or à l'effigie de Louis XIV jeune, datée de 1670, avec monogramme sur le revers.
 Témoin des événements, le jeune Louis XIV en est quelque peu traumatisé. C’est sans doute la raison pour laquelle il mènera plus tard un règne absolutiste, affaiblissant toujours le pouvoir de la noblesse. Le 7 juin 1654, il est sacré roi à Reims mais préfère, pour l’instant, laisser les rênes du royaume entre les mains de Mazarin. Pendant ce temps, il parfait son initiation militaire auprès de Turenne. En 1659, la guerre franco-espagnole prend fin avec la signature du traité des Pyrénées. En respect de l’une des closes de cet accord, Louis XIV épouse Marie-Thérèse d’Espagne.

Le roi danse - Ballet royal de la Nuit - Louis XIV en Apollon, le dieu du soleil
 et des arts (1653) - Portrait anonyme - C'est après ces ballets de cour exécutés
 par le roi lui-même, qu'il fera du soleil son emblème personnel favori. 
Mazarin meurt en 1661, laissant au roi toutes les ficelles du pouvoir. Ce dernier décide alors, désormais, de régner seul, sans Premier ministre. Cette décision d’un pouvoir absolu ne l’empêche pas de s’appuyer sur des hommes de confiance, dont il sait s’entourer et qui sont principalement issus de la bourgeoisie. Plusieurs conseils, tels que celui des finances, à la tête duquel sera placé Colbert, guident ainsi le jugement du roi. Comme pour montrer sa détermination et inspirer le respect parmi ses hommes, Louis XIV fait arrêter et condamner le surintendant des finances, Fouquet.

De même, le roi s’applique à organiser un réseau d’intendants afin d’être informé de tous les événements du royaume, tant économiques qu’humains. Les parlementaires perdent également leur pouvoir d’autrefois, désormais limité au simple enregistrement des édits. Poursuivant cette politique de centralisation, Louis XIV prive les états provinciaux de leur autorité, ou va même jusqu’à les supprimer.
carte postale illustrée , série 1370 "Oriflammes, bannières, fanions et drapeaux de l'Histoire de France" , carte n°1370 I -
signée Pierre Albert Leroux - Éditions Barré et Dayez , milieu du XXe siècle. On remarque la (modeste) devise de Louis XIV : "NEC PLURIBUS IMPAR" (voir explications → ICI) - A noter l'erreur grossière faite sur les dates de règne attribuées au Roi-Soleil : c'est 1643-1715 qu'il faut lire et non pas 1643-1661  !
Le roi se lance par la suite dans de grandes réformes et édits. Le Code Louis, pouvant s’assimiler à un code civil, est promulgué en 1667, le Code criminel en 1670, le Code forestier en 1669, l'ordonnance de commerce en 1673 et le Code noir, portant sur l’esclavage, en 1685.

Outre l’organisation de son règne, Louis XIV est un homme qui attache une importance capitale à l’image du royaume. Ce n’est donc pas par hasard qu’il a choisi le Soleil comme emblème. D’une prestance exceptionnelle, il veut que le pays rayonne à tous les niveaux, autant que lui-même.
 Le soleil couronné et la devise : NEC PLVRIBUS IMPAR (Non pareil à la multitude). Plafond de la Galerie des Glaces, Château de Versailles - décoration de Charles Le Brun.
Depuis son enfance, il s’est toujours passionné par l’art et la culture, bien que n’étant pas un grand intellectuel. Aidé de Colbert, il s’applique ainsi à valoriser ce domaine au sein du pays, en fondant tout d’abord l’Académie royale de peinture et de sculpture (1655), puis la Petite Académie (qui deviendra l’Académie des inscriptions et belles-lettres), l’Académie royale d’architecture, l’Observatoire et bien d’autres encore. Louis XIV se fait également le mécène de nombreux artistes, tels que Lully, Racine ou Molière.

monogramme ou chiffre de Louis XIV : deux L opposés et entrelacés :
panneau de bois avec dorures - Château de Versailles
Parallèlement, il applique son désir de grandeur et de rayonnement culturel à l’architecture. C’est ainsi que naissent, entre autres, la colonnade du Louvre, l’hôtel des Invalides et la future place Vendôme. C’est aussi dans cette optique qu’il fait agrandir le château de Versailles et lui donne ainsi une splendeur sans pareille. Il en fait d’ailleurs le centre du royaume en y installant définitivement la Cour en 1682.
armoiries de la ville de Marly-le-Roi (Yvelines)
le soleil des quartiers 1 et 4 représente Louis XIV
 qui y fit construire un château de plaisance à partir de
1679. Il ne reste aujourd'hui plus rien de cette demeure
sauf le parc. Les quartiers 2 et 3 du blason sont aux armes
 des Montmorency qui ont été seigneurs de Marly au Moyen-âge.
Louis XIV ne conçoit pas son règne sans conquête. Tout commence avec la modernisation de l’armée française, placée sous la responsabilité de Le Tellier puis de son fils, Louvois. Cette totale réorganisation militaire accroît considérablement la force et l’enthousiasme de l’armée. Avec elle, le roi marche tout d’abord vers les Pays-Bas, déclenchant la guerre de Dévolution (1667-1668). Grâce à cette première entreprise, il obtient Lille et une partie de la Flandre. Le conflit est suivi de la guerre de Hollande, qui commence dès 1672 et se conclut en 1678 par la paix de Nimègue. Le roi détient désormais la Franche-Comté, mais s’est trouvé un ennemi en la personne de Guillaume d’Orange.

Louis XIV ne s’en tient pas là. La politique des "réunions" qu’il applique, et par laquelle il annexe Strasbourg et le Luxembourg, fait naître de nouvelles tensions internationales. De plus, lorsqu’il révoque l’édit de Nantes, il se met à dos l’Allemagne et les puissances protestantes. C’est dans ce contexte que débute la guerre de la ligue des Augsbourg (1688), qui ne s’achève qu’en 1697, avec la signature des traités de Ryswick.
Louis d'or daté de 1691, avec blason du Royaume de France au revers
Malgré l’affaiblissement du royaume, lié au coût des campagnes militaires, Louis XIV approuve le testament de Charles II et provoque la guerre de Succession d’Espagne. Cette fois, le conflit, qui prend fin avec le traité d’Utrecht en 1713, finit de vider les coffres du pays.

Après plus d’un demi-siècle de rayonnement, le royaume sombre peu à peu. Afin d’assurer la succession au trône, le roi a décidé de légitimer ses enfants bâtards, qu’il a notamment conçus avec Mme de Montespan. La mort du Grand Dauphin, en 1711, suivie de celle de son petit-fils, le duc de Bourgogne l’affecte profondément et complique la situation. Après plusieurs jours d’agonie, Louis XIV s’éteint en 1715 à l'âge de 72 ans. C’est finalement son arrière-petit-fils de cinq ans, le duc d’Anjou, qui accède au trône, sous la régence du duc d’Orléans.
portrait de Louis XIV avec le manteau de sacre,  par Hyacinthe Rigaud (1702) -
Musée du Château de Versailles.

Au cours d’un règne personnel de 54 ans, Louis XIV a su apporter à la France un immense prestige au sein de l’Europe. Malgré les guerres et les crises financières, il s’est toujours efforcé de protéger et d’enrichir son royaume, tant sur le plan économique, géographique que culturel. Le "Roi-Soleil", grand monarque absolu, laisse le souvenir d’une France rayonnante, comme en témoigne le splendide château de Versailles.

Voici quelques autres exemples de la trace du Roi-Soleil directe ou indirecte dans l'Héraldique municipale française, mais pas seulement en France. Ce n'est qu'un échantillon. :

armoiries de la ville de
Mont-Louis (Pyrénées-Orientales)
Ce blason est parti, aux armes de France et de Navarre
et sommé (timbré) d'une couronne d'or.
(avec une erreur : les fleurs de lys devraient être d'or)
La ville de Mont-Louis est une des neuf villes fortifiées
créées ex-nihilo par Vauban à partir de 1679 pour protéger la
nouvelle frontière avec l'Espagne suite au Traité des Pyrénées (1659).
La cité est baptisée d'un nom dédié au roi Louis XIV et
ses armoiries sont celles du Royaume de France. Située à 1600 m.,
Mont-Louis est toujours la forteresse la plus haute de France.
vue aérienne de la citadelle de Mont-Louis édifiée par Vauban inscrite
 sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO
armoiries de la ville de
Neuf-Brisach (Haut-Rhin)
Ces armoiries ont été créées au XIXe siècle.
Le soleil et la fleur de lis évoquent Louis XIV qui a
 fait  bâtir ce village fortifié par Vauban en 1698/1706
 pour défendre l'Alsace récemment conquise, situé face
 à  Vieux-Brisach de l'autre côté du Rhin (aujourd'hui :
Breisach am Rhein,  en Allemagne). On a parfois
 donné un mauvais blason à Neuf-Brisach à cause de
  l'Armorial Général de France qui  a attribué des armoiries
 à Vieux-Brisach restée quelque temps française avant que
 la ville soit  rendue  à l'Empire germanique en 1700.
 (en  application du Traité de Ryswick) voir ci-dessous.
source texte : Archives départementales du Haut-Rhin
armoiries de la ville de
 Saint-Louis (Haut-Rhin)
ces armoiries créées vers 1901/1902 pour orner un vitrail du  tribunal cantonal de Mulhouse, ont été choisies en souvenir de Saint Louis dont la ville porte le nom, et de Louis XIV qui lui avait donné ce nom par ordonnance du 28-11-1684, lors de  sa création. On s'était
inspiré des  armes royales "d'azur à trois  fleurs de lys d'or"
(L'Alsace est en 1902, sous administration du Reich allemand),
mais on a commis une erreur en mettant sur des lys d'argent
 juste un trait d'or au lieu de lys tout entiers d'or. Par la suite
ces armoiries aux lys d'argent sont devenues  officielles pour
la commune, mais sans les traits d'or erronés.
source texte : Archives départementales du Haut-Rhin 
armoiries de la ville de (Vieux-) Brisach dans l'Armorial Général de France (1696/1711), Généralité d'Alsace, page 28. Aujourd'hui cette ville s'appelle Breisach am Rhein, et est située dans le land de Bade-Wurtemberg, en Allemagne
le site du village fortifié de Neuf-Brisach : autre chef-d’œuvre de l'architecte Vauban
.
armoiries actuelles de la ville de
Saarlouis (Sarre -Allemagne) 
le soleil symbole de Louis XIV ci-contre,  est resté,
accompagné d'une nuée d'argent à dextre et de la devise :
 "DISSIPAT ATQUE FOVET"
qui signifient que la puissance et la sagesse du roi Louis XIV
(le soleil)  dissipent les craintes, les  inquiétudes (les nuages)
 et réchauffe la terre de son rayonnement.
anciennes armoiries (1683) de la ville de Sarre-Louis
  (ancien département de la Moselle)
fondée sous Louis XIV et portant son nom, fortifiée par
 Vauban pour protéger les territoires de la Lorraine
 récemment acquis. (aujourd'hui : Saarlouis est dans le
 land de Sarre en Allemagne).
 Le soleil d'or est montré mouvant du flanc et de la pointe
 senestre sur un champ de gueules, au chef de France.
Armes reprises en 1815 par lettres patentes au nom du roi
 Louis XVIII (période de la Restauration).
.

























.
armoiries de la ville de  Saint-Vit (Doubs)
adoptées en 1985 : "De gueules à la bande d'argent
chargée d'une lionne bondissant de sable accompagnée
d'un soleil d'or mouvant de l'angle du chef et, en pointe,
d'une roue à six rais aussi d'or". Ces armoiries symbolisent
le martyre de saint-Vit : le feu, le sang, la roue. La lionne
 est une interprétation  plus moderne et dynamique rappelant
 le lion des armoiries  de la Franche-Comté. Le soleil,
 symbole du roi Soleil  rappelle son passage ici le 25 mai 1674,
 lors d'opérations militaires en Franche-Comté et 
 un peu avant le rattachement définitif  de la  Franche-
Comté à la France en 1678  (Traité de Nimègue).
armoiries de la ville de Versailles (Yvelines)
curieusement le blason de cette ville, tellement emblématique
 de l'Ancien Régime aurait été créé en septembre 1789 ! soit
 quelques semaines après la Prise de la Bastille à Paris et
quelques mois avant la suppression de l'usage des armoiries
 par l'Assemblée Constituante,  le 19 juin 1790.
 Le champ d'azur à trois fleurs de lys d'or évoque bien
entendu la royauté installée ici dans le Palais de Versailles
 par la volonté de Louis XIV. Le coq bicéphale en chef a
 suscité de nombreuses interprétations ; on suppose qu'il s'agit
 d'un symbole de vigilance, dirigé sur deux fronts...
Ces armoiries ont été ré-officialisées par la municipalité en 1944.






Sites intéressants sur les commémorations du Tricentenaire :
www.chateauversailles.fr/annee-louis-xiv
presse.chateauversailles.fr
www.saintgermainenlaye.fr/loisirs/tricentenaire-louis-xiv
www.marlyleroi.fr
www.facebook.com/yannsinclair




                        Herald Dick
 

.

mardi 12 mars 2013

Hommage à André Le Nôtre

Aujourd'hui le 12 mars 2013, on célèbre le 400e anniversaire de la naissance du célèbre jardinier du roi Louis XIV à qui l'on doit entre autres l'agencement du parc du Château de Versailles.

André Le Nôtre

"de sinople au chevron d'or accompagné de trois
 limaçons d'argent, deux en chef , un en pointe".
Cimier : un chou au naturel
Portrait  d' André  Le Nôtre en 1680, par  Carlo Maratta
blason enregistré dans l'Armorial Général de France (1696-1711) - Généralité de Paris volume 20 - page 185
Conseiller du Roi - Contrôleur Général des Bâtiments de sa Majesté; Jardins, arts et manufactures - Chevalier de l'Ordre de Saint-Michal . ( blason restauré par HD)



  André Le Nôtre (né à Paris le 12 mars 1613 - mort à Paris le 15 septembre 1700).
Petit-fils de Pierre Le Nôtre, jardinier des Tuileries en 1592, et fils de Jean, jardinier en chef de Louis XIII, il se forme dans l'atelier de Simon Vouet et dans celui de François Mansart. Dès 1637, il est nommé jardinier en chef des Tuileries et, en 1638, premier jardinier du Luxembourg, dont il sera directeur en 1646. Gendre en 1640 de François Langlois, sieur du Hamel, conseiller ordinaire de l'artillerie de France, il est promu dessinateur des plans (1645), contrôleur général des Bâtiments du roi (1656) et anobli en 1675. Urbaniste, il conçoit pour Paris un axe directeur allant de Vincennes à Saint-Germain-en-Laye, plante les boulevards, aménage les Champs-Élysées.
jardins de Vaux-le-Vicomte

 Son parc de Vaux-le-Vicomte (1656-1661) reste une composition à perspective fermée ; les transformations des jardins de Versailles et des Tuileries (à partir de 1661) marquent la seconde étape de son style, par la création des perspectives ouvertes à l'infini. Ses travaux à Chantilly et à Sceaux ont fait aussi de ces parcs des créations originales, et les transformations de Fontainebleau, de Saint-Germain-en-Laye, de Saint-Cloud, de Meudon témoignent de sa faculté d'adaptation. Invité par le roi d'Angleterre, il se rend à Londres en 1662. Ses conseils sont sollicités par le landgrave de Hesse pour Kassel, par les souverains de Suède et de Hollande. Il se refuse au travail à distance, mais délègue souvent certains de ses élèves, tel son neveu Claude Desgots, pour diriger des travaux. En 1679, il se rend en Italie.
Parc de Versailles
Timbre émis en 1959
  Jardinier, architecte, urbaniste, voire ingénieur, Le Nôtre sait tirer parti des découvertes scientifiques de son temps, soumettant ses travaux aux lois de l'optique et de l'hydraulique. Pénétré d'esprit classique, il adopte le thème du « Grand Canal », issu du Canope des jardins de Tibur, comme motif essentiel de ses compositions à Vaux-le-Vicomte, à Versailles, à Chantilly et à Sceaux. Dans l'esprit de son temps, il fait de ces plans d'eau une source de lumière : canaux, bassins ou miroirs réfléchissent les rayons lumineux et donnent aux paysages une qualité incomparable. Il règle la proportion des différentes parties en fonction des lois de l'optique, qui, selon les cas, lui permettent d'allonger ou de raccourcir ses perspectives. Conçues en fonction de la demeure à laquelle elles servent de cadre, ses réalisations sont toujours à la mesure de l'homme. Enfin, grâce à la maîtrise des eaux que lui apportent des techniciens liégeois (l'industrie des conduites d'eau est une spécialité de Liège depuis le Moyen Âge), il ajoute au décor de ses parcs un caractère de féerie par l'introduction du spectacle des eaux jaillissantes, tel que les « grandes eaux » de Versailles.    ( source  : Larousse)

autres versions du blason de Le Nôtre proposés par les sites internet.

Page 185 du Registre n° 23 de l'Armorial Général de France (1696-1711) établi par Charles René d'Hozier  -
où sont regroupés tous les Officiers Jardiniers du roi Louis XIV.          (cliquer sur l'image pour l'agrandir)
doodle de Google


       Herald Dick

lundi 7 novembre 2011

Tintin et l'héraldique


Si vous l'ignorez, c'est que vous habitez sur une autre planète !
 Le 26 octobre 2011 est sorti au cinéma le nouveau film signé de Monsieur Steven Spielberg : Tintin et le Secret de la Licorne. 
 Ce film en animation 3D est certainement le top du top des techniques de l'animation , et pour cela il bénéfie d'un budget sans limite pour attirer un maximum de spectateurs.  Déjà en France il dépasse au jour où j'écris cet article, les 3 millions d'entrées.
 Mais on a le droit de penser que c'est encore un hold-up magistral de l'industrie américaine sur le patrimoine littéraire européen ...  dans la lignée de Disney et l'exploitation qu'il a fait des oeuvres de Perrault , Grimm , Andersen , Jules Verne , etc... Bien sûr , tout cela est parfaitement légal car les droits d'auteur ont été bien négociés. Mais je ne suis pas certain que Georges Rémi ( Hergé) de son vivant, aurait permis cela. *

(*) en fait,  suite à l'interêt que S.Spielberg portait pour Tintin, dès 1981 ( après la sortie d'Indiana Jones auquel la référence à Tintin était souvent rapportée par les journalistes, et ce,  malgré que les américains ne connnaissaient absolument rien sur le sujet !), Hergé , agé et fatigué par la maladie avait accepté le principe d'une nouvelle transposition de son héros au cinéma ( voir les commentaires d'un internaute plus bas).  Les deux hommes devaient se rencontrer à Bruxelles en mars 1983.  Mais Hergé est décédé le 3 mars. Malgré cela,  le tout puissant Spielberg a maintenu son rendez-vous à cette date et rencontré sa veuve et son secrétaire Alain Baran pour discuter sur un contrat.  Toutefois l'affaire ( trop américanisée ) n'a pas abouti et le projet fut rangé dans les tiroirs.  Après il a eu Jurassic Park etc...  Entre temps Spielberg a muri  et s'est résolu a étudier mieux l'oeuvre d'Hergé puis  s'est engagé avec les ayants-droits à mieux respecter l'esprit de la BD. C'est donc le résultat maintenant sur nos écrans. HD


 Au début du film une scène montre Tintin arrivant devant la porte du château de Moulinsart ( image ci-dessus),  et observe le blason de la façade. Il représente un poisson et une couronne .  Et Tintin  s'exclame  alors : " Un haddock, c'est donc bien le château de la famille de Haddock ! " 
Et voilà donc où je voulais en venir.  Je me rappelle avoir déjà remarqué dans un album : les 7 Boules de Cristal , en page 2 ( et en page 50 également) , la présence d'armoiries sur le tympan de la porte du célèbre château de Moulinsart. On y voit assez bien dans un ovale encadré de deux volutes, le fameux "poisson" qui bien sûr est un dauphin , du point de vue héraldique, et surmonté d'une couronne. L'écu est accosté semble-t-il par des gerbes de lauriers et deux angelots adossés sont assis sur l'arc du tympan.

 Que veut nous dire l'auteur avec ce signe ? Est-ce dans son esprit tout simplement des armes parlantes ?



 Hergé aurait-il été conseillé par une personne ayant quelques notions d'héraldique, car le dessinateur ne voyageait pratiquement  pas , et utilisait beaucoup de documentation écrite et illustrations (photos, gravures) pour y puiser son inspiration et ses modèles de dessin : livres, revues, etc...  Il a donc compris que le modèle le plus orthodoxe et raffiné pour représenter un poisson était le dauphin.

d'azur au dauphin d'or surmonté 
d'une couronne du même
devise du Chevalier de Hadoque
(suggestion de reconstitution ) 
( image modifiée origine 
 site :  http://moserm.free.fr/moulinsart/ )

  Rappelons que le domaine de Moulinsart avait été donné en propriété, en 1684,  par le Roi de France Louis XIV,  au titre de récompense pour les bons et loyaux services du grand marin :  François de Hadoque , fait chevalier en 1680 à l'âge de vingt ans. L'ancêtre du Capitaine Archibald Haddock avait en effet de manière héroïque débarrassé les mers des pirates et notamment le terrible Rackham le Rouge.  Au passage, le bon Chevalier  lui avait aussi confisqué son trésor de pirate, et sans rien redonner à son roi ,  alors que les finances du royaume n'allaient pas bien ( eh oui , déjà !!) , à cause des sommes énormes englouties dans les guerres et aussi  pour la construction du domaine royal  de Versailles.
   Le château,  après être sorti de la famille quelque temps est tombé dans les mains de malfrats peu recommandables : les frères Loiseau . Enfin grâce au trésor retrouvé dans ses caves , il est racheté par son propriétaire légitime : le Capitaine Haddock, qui va en faire sa résidence principale et celle aussi des aventures de Tintin pour le reste des épisodes.

 Mais de quel modèle  Hergé a t-il pu s' inspirer pour dessiner les armes de Hadoque / Haddock ? En Belgique , sa patrie ,  cette figure héraldique est pratiquement inexistante , alors vient-elle de notre Dauphiné , du Forez ? Le village de Robion  qui présente un dauphin surmonté d' une couronne en est le plus approchant ...
Robion ( France - Vaucluse)
Comté du Forez
Dauphiné du Viennois
(avant rattachement à la France)














(image modifiée , origine :  http://moserm.free.fr/moulinsart/ )
 





Une théorie plus hasardeuse a été soumise par d'éminents tintinophiles 
(ou tintinologues , voire tintinopathes) ,
en particulier dans  le livre :
La vie quotidienne à Moulinsart "
de Thomas Sertillanges , 2006,
éditions Hachette. 


Le dauphin étant la marque d'une filiation royale ( le premier fils du Roi avait le titre de Dauphin de France ), augmenté de la couronne,  royale également,  signifierait que François de Hadoque est en fait un fils caché de Louis XIV,  d'où les largesses du roi envers lui pour l'octroi des titres et propriétés .


Voici d'ailleurs un arbre généalogique →
expliquant en même temps : la filiation
du Capitaine et du Chevalier, et son origine royale :








Pour la suite des aventures : cliquez sur le lien ci-dessous :