Affichage des articles dont le libellé est Grèce. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Grèce. Afficher tous les articles

mardi 27 juin 2017

Histoire parallèle : 27 juin 1917-2017
la Grèce déclare la guerre à l’Autriche-Hongrie, à l’Allemagne, à la Bulgarie et à la Turquie

  Lorsque éclate le conflit, en août 1914, le Royaume des Hellènes (nom officiel de la Grèce) proclame d’abord sa neutralité. Cependant, les pressions des grandes puissances, et surtout de la France, obligent peu à peu le pays à prendre parti dans le conflit. Plutôt germanophile, de par son ascendance dynastique, et convaincu de la supériorité des empires centraux, le roi Constantin Ier se retrouve bientôt en conflit ouvert avec son Premier ministre, Eleftherios Venizélos, beaucoup plus favorable à la Triple-Entente. Le 3 octobre 1915, ce dernier autorise les troupes alliées, mises en déroute dans les Dardanelles, à débarquer à Thessalonique. En réaction, le roi démet Venizélos de ses fonctions, creusant ainsi le fossé dans l'opinion publique grecque entre partisans vénizélistes et monarchistes. La crise grecque va désormais durer deux ans.
vignette de charité (1914) imprimée aux U.S.A.



drapeau  de la Grèce en 1917


drapeau marchand de l'Autriche-Hongrie en 1917
drapeau  de l'Allemagne en 1917

.
drapeau  de l'a Bulgarie en 1917
drapeau  de l'Empire ottoman en 1917


carte éducative publicitaire d'une marque de chocolat
 (postérieure à la Première Guerre mondiale, vers 1930)
portrait d' Eleftherios Venizélos
 • octobre 1916 : Elefthérios Venizélos, ex-premier ministre dissident, débarque à Thessalonique, sous la protection des forces de l'Entente, et organise un gouvernement provisoire rival de celui mené par Spyrídon Lámpros à Athènes.

 • 10-11 octobre 1916 : L'Entente lance un ultimatum au gouvernement d’Athènes lui demandant la reddition de sa flotte. Celui-ci cède à la pression.

 • 23 octobre 1916 : Le roi Constantin de Grèce propose la participation de son pays à la guerre mais uniquement contre la Bulgarie rivale dans la région.

 • 11 novembre 1916 : Le gouvernement dissident de Venizélos déclare la guerre à la Bulgarie.



carte postale grecque d'époque représentant le Roi
 des Hellènes : Constantin Ier

  
• 23 novembre 1916 : Le gouvernement dissident de Venizélos déclare la guerre à l'Allemagne.

 • 1er- 8 décembre 1916 : L'Entente place de nouveau la Grèce sous blocus naval. Des soldats de l’Entente débarquent à Athènes pour s'emparer de pièces d'artillerie promises par le souverain deux mois plus tôt. Mais des réservistes hellènes se mobilisent secrètement avant l’intervention et fortifient Athènes. Les Français sont donc accueillis par un feu nourri et leur massacre est surnommé par la presse de l’époque les « Vêpres grecques ». Après l’événement, le roi félicite son ministre de la guerre et le général Doúsmanis. En face, l'Entente réagit assez mollement. La flotte française bombarde le palais royal d'Athènes et le gouvernement d'Aristide Briand propose aux alliés la déposition de Constantin.

carte postale grecque d'époque représentant le Roi
 des Hellènes : Alexandre Ier
  
• 14-15 décembre 1916 : Nouvel ultimatum de l'Entente en direction de la Grèce pour évacuer l'armée grecque en Thessalie. Athènes cède mais demande l’arrestation de Venizelos pour trahison. Les alliés refusent et en réaction reconnaissent officiellement le gouvernement dissident.

  • 28 mai 1917 : Conférence franco-britannique à Londres pour discuter du sort de la Grèce et envisager sérieusement la déposition du roi Constantin, trop favorable aux Empires centraux.

  • 12 juin 1917 : Le roi Constantin cède à la pression franco-britannique et abdique. La famille royale fuit et s'installe en Suisse alémanique. Le champ est libre aux partisans de l'Entente. Le deuxième fils du roi Constantin, le prince Alexandre succède à son père et devient un "roi fantoche", au service des venizélistes et de la politique de l'Entente, qui désormais reprennent en main le pays.

 27 juin 1917 : Après presque deux ans de crise et d'atermoiements, la Grèce bascule cette fois entièrement dans le camp de l'Entente quand Eleftherios Venizelos, nommé Premier ministre, rompt les relations diplomatiques avec les Puissances centrales et rend effective pour le pays la déclaration de guerre "dissidente" de novembre 1916.

Belle carte postale grecque d'époque en couleurs avec portrait du roi Constantin Ier
et symboles nationaux
carte géopolitique de l'Europe en date du  27 juin 1917
carte postale humoristique française d'époque imprimée à
 Alger montrant un soldat grec de façon très caricaturale
l' illustrateur signe sous le pseudonyme de :
 Drack Oub avec la mention "Salonique 1917"


carte éducative publicitaire d'une marque de chocolat
 (postérieure à la Première Guerre mondiale, vers 1930)
armoiries et drapeau




La ville de Thessalonique (nommée aussi Salonique) est détruite en août 1917 par un gigantesque incendie qui n'a rien
 à voir avec la guerre. Carte postale d'époque et explication de la mention "Salonique 1917" plus haut.
carte postale caricature de la série "Masques de Guerre" avec le portrait de l'ex-roi
 de Grèce Constantin Ier -  Dessin signé par l'illustrateur et caricaturiste français,
 connu sous le pseudonyme de Weal (1878-1962)
drapeaux d'état de la Grèce, page extraite du livre en anglais
 "Drawings of the flags in use at the present time by various nations" (Londres-1916)
drapeaux militaires de la Grèce, page extraite du livre en anglais
 "Drawings of the flags in use at the present time by various nations" (Londres-1916)





                 Herald Dick

lundi 23 février 2015

Heraldique analogies #05 - les blasons de l'alphabet grec

 ßien évidemment, il était logique de donner une suite à la série formée à partir de l'alphabet latin dans les précédents chapitres → . Si les initiales ou groupes de lettres latines ne sont pas très rares en héraldique, elles ne sont pas forcément cataloguées parmi les figures les plus nobles dans le domaine du blason. Elles dénotent plutôt une tendance à la facilité et au manque de créativité de son auteur ou de son propriétaire (voir mes sujets précédents).
  A contrario, les alphabets étrangers : grec, cyrillique, hébreu, arabe, chinois, etc..  sont beaucoup plus rares et exotiques, sauf bien entendu quelques exceptions dans les pays d'origine utilisant couramment ces alphabets. Utilisés dans certaines configurations, ils apportent un peu de saveur dans le domaine austère des figures artificielles. 




Voici donc les 24 lettres de l'alphabet grec avec pour la plupart leur réutilisation comme meuble héraldique. Pour garder une certaine homogénéité, mais aussi parce qu'ils ont ma préférence, je ne me sers dans l'illustration du sujet que de blasons de collectivités territoriales : régions, villes, communes, localités diverses d'Europe.  Mais très certainement d'autres exemples pourraient être illustrés avec des armoiries de familles, de personnes ou d'institutions diverses, surtout religieuses ou universitaires.


blason de la ville de Marsala
(Italie, région de Sicile)
lettre Alpha majuscule et minuscule
lettre Bêta majuscule et minuscule

Au-dessus du portrait d'Apollon et de son instrument : la lyre, figure l'inscription grecque : "ΛΙΛΥΒΑΙΤΑΝ" (Lilýbaitan), qui emploie nos deux lettres. Ce nom fait référence à l'ancienne cité antique fondée par les grecs : "Lilibeo" et située à l'emplacement de l'actuelle Marsala.




blason de la localité de Rauental
(Allemagne, land de Bade-Wurtemberg)
lettre Gamma majuscule et minuscule

blason de la commune de Kurtzenhouse
(France, département du Bas-Rhin)
blason de la localité de Rohrbach
(Allemagne, land de Rhénanie-Palatinat)
lettre Delta majuscule et minuscule
 Les trois blasons précédents montrent des "marques de village". Particularité dans ces régions bordant le cours du Rhin, ces marques étaient notamment gravées sur des bornes de pierre pour délimiter les terres appartenant au domaine foncier de ces villages.

Les deux écus suivants sont chargés d'une initiale "héllénisée" en remplacement de l'initiale latine:

blason de la localité de Ellmendingen
(Allemagne, land de Bade-Wurtemberg)
lettre Epsilon majuscule et minuscule


blason de la commune de Bad Zurzach
(Suisse, canton d'Argovie)
lettre Zêta majuscule et minuscule
blason de la ville de Squillace
(Italie, région de Calabre)
lettre Êta majuscule et minuscule

lettre Iota majuscule et minuscule
 lettre Nu majuscule et minuscule
 Au-dessus d'une quadrirème grecque voguant sur la mer et surmontée de la tête du dieu Mercure figure l'inscription grecque : “ΣΚΥΛΛHΤΙΩΝ” (SKILLETION) qui emploie nos trois lettres, le nom antique de la cité de Squillace.


blason de la localité de Zaisenhausen
(Allemagne, land de Bade-Wurtemberg)


lettre Thêta majuscule et minuscule


Ici encore, ce signe est une "marque de village" que l'on peut assimiler visuellement à une lettre grecque.


blason de la commune de Casacalenda
(Italie, région de Molise)


lettre Kappa majuscule et minuscule




Le curieux "K" de la ville italienne de Casacalenda vient de son nom antique, d'origine grec : Kalena. C'est donc une lettre "kappa".
source info: http://www.casacalendamontreal.com/associazione/?page_id=1026


blason de la commune de Ghedi
(Italie, région de Lombardie)


lettre Lambda majuscule et minuscule




  Voici à nouveau une curiosité de l'héraldique civique italienne : elle est partie  d'un écu "de gueules au chevron d'argent" pour des armoiries remontant au XVe siècle. Puis ce chevron s'est métamorphosé à la fin du XIXe siècle, alésé, en "V inversé" ou en lettre grecque "lambda" selon l'interprétation des historiens qui se sont penchés sur cette affaire sans qu'on ne sache vraiment la raison. En tout cas la lettre grecque n'a aucune signification en tant qu'initiale, qui correspondrait à la lettre latine "L".
source info: brochure "Il bianco scaglione, lo stemma del Comune di Ghedi nell’araldica civica lombarda delle origini" - auteurs :  Matteo Ferrari - Marco Foppoli.


lettre Mu majuscule et minuscule
lettre Omicron majuscule et minuscule









lettre Xi majuscule et minuscule
Les trois lettres précédentes n'ont pas trouvé de correspondances (pour le moment, mais je cherche...). J'ai bien évidemment voulu éviter la facilité en trichant avec les majuscules latines M ou O.

blason de la commune de Printzheim
(France, département du Bas-Rhin)


lettre Pi majuscule et minuscule



blason du municipio de Buñuel
(Espagne, province de Navarre)
Lettre Rhô majuscule et minuscule

Lettre Chi majuscule et minuscule

 Le blason ci-dessus porte un "chrisme d'or", ou "chi-rhô", symbole chrétien formé des deux lettres grecques Χ (chi) et Ρ (rhô), la première apposée sur la seconde. Ce sont les deux premières lettres du mot grec Χριστός (le Christ) Il est reconnu universellement comme le monogramme du Christ et est souvent représenté dans les arts. Ici il est accompagné des lettres A (Alpha) et ω (Oméga). Ces lettres, qui encadrent l'alphabet grec, symbolisent la totalité : le commencement et la fin.




blason de la ville de Vitebsk
(Biélorussie)


Lettre Sigma majuscule et minuscules
  Le blason de Vitebsk a la particularité de représenter le profil du Christ (depuis le XVIe siècle), soutenu par une épée en fasce dont la lame de gueules signifie qu'elle est ensanglantée. C'est une image plutôt rare en héraldique civique et qui serait difficilement envisageable ailleurs, comme par exemple dans une commune de France, avec ses lois et principes républicains de laïcité très sensibles politiquement.
  Les initiales mises de part et d'autre du portrait sont une autre forme du monogramme christique, composé des premières et dernières lettres des termes grecs  "ΙΗΣΟΥΣ ΧΡΙΣΤΟΣ" (Jésus Christ). Le signe : ~ (appelé titulus), posé au-dessus est une technique ancienne d'écriture abrégée pratiquée couramment dans les manuscrits médiévaux pour remplacer une ou plusieurs lettres dans un mot sans altérer sa compréhension en lecture (une antique forme de langage SMS bien avant notre époque, en quelque sorte !).

  
blason de la ville de Toul
(France, département de la Meurthe-et-Moselle)


Lettre Tau majuscule et minuscule





blason de la commune de Fegersheim
(France, département du Bas-Rhin)


Lettre Phi majuscule et minuscule

Pour les communes de Printzheim, Toul et Fegersheim ci-dessus, l'initiale de chacune a été "héllénisée".

blason alternatif de la commune de
Ruvo di Puglia (Italie, région des Pouilles)
lettre Upsilon majuscule et minuscule

lettre Psi majuscule et minuscule
 Selon l'historien local Giovanni Jatta, le blason actuel de la ville italienne de Ruvo di Puglia (d'azur à l'amphore en terre cuite au naturel) serait dû à une mauvaise interprétation étymologique du nom de la ville de Ruvo (voir → ici). Jatta proposa donc de remplacer ce blason par une image provenant de monnaies grecques trouvées sur place et portant entre autre le nom antique de Ruvo : Ρυψ (Rhyps ; prononcer: "Roups"). Cependant cette proposition n'a jamais été validée par le conseil municipal, qui a donc gardé l"amphore. Elle nous permet néanmoins d'illustrer ce sujet avec trois lettres grecques : P (rhô) décrite précédemment, Y (upsilon) et Ψ (psi).


blason de la commune d' Arveyres
(France, département de la Gironde)
Lettre Oméga majuscule et minuscule







Dans le blason d'Arveyres, fautif au niveau des couleurs (émaux sur émail), la lettre "oméga" n'a pas d'autre signification que de représenter visuellement un méandre de la rivière Dordogne qui borde la commune et dans laquelle nagent des aloses : les deux poissons d'argent qui chargent la figure. La grappe de raisin évoque le vignoble, nous sommes dans la région de Bordeaux, et la croix rappelle l'existence d'une ancienne commanderie des Templiers rattachée à l'Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem et dont il reste des ruines.

Le chapitre suivant des analogies sera aussi surprenant, à bientôt... voit → ICI


Crédits :
•blasons :
 http://commons.wikimedia.org/wiki/
 http://armorialdefrance.fr (dessins Daniel Juric)
 http://www.labanquedublason2.com/  ( dessin Jean-Paul Fernon)
 et les livres :
 L'armorial des communes du Bas-Rhin - Archives départementales Bas-Rhin (1995)
 Blasons des communes de la Gironde - Jean-Jacques Déogracias, Les Dossiers d'Aquitaine (2003)



•lettres grecques :
http://fr.wikipedia.org/


      Herald Dick