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mardi 31 mai 2022

l'Armorial de La Planche - 1669 - Parlement de Metz (dernières Additions) - le Duché de Lorraine

 S uite (et FIN !) de la visite d'un des plus anciens manuscrits répertoriant des armoiries de villes et de villages de France, dessinées à la plume et peintes à l'aquarelle, antérieur de trois décennies à l'Armorial Général de France de Charles d'Hozier ! Voir la description initiale : →

  Nous arrivons à la fin du "livre" (c'est l'appellation donnée à une section d'un manuscrit, qui est lui-même divisé en chapitres) consacré au Parlement de Metz, qui est de surcroît le dernier du manuscrit.   Dans les trois précédents articles de mon blog, nous avons parcouru l'ensemble des bailliages relatifs à l'acquisition récentes de territoires par la couronne de France :  Trois-Evêchés (Metz, Verdun, Toul), l'ex-Principauté de Sedan, les places fortes du val de Meuse (la pointe de Givet), et le duché de Carignan. Nous avons également commencé à évoquer les "Additions", dénommées ainsi de façon diplomatique par La Planche, qui sont en fait des villes et des terres étrangères conquises et occupées par l'administration militaire de Louis XIV, en attendant leur réel rattachement à la France, qui ne sera effectif qu'en 1766, concernant le Duché de Bar et le Duché de Lorraine.

  Du point de vue géographique, la carte est réduite prudemment par La Planche, comme il le précise dans sa courte introduction au chapitre (voir ci-dessous): au territoire du "Barrois non mouvant" (capitale: Saint-Mihiel) et les terres provenant exclusivement du Duché de Lorraine, situées autour des villes principales que sont Nancy, Saint-Nicolas-de-Port, Pont-à-Mousson, Lunéville et Mirecourt.
   Mais, le Duché de Lorraine historique est (était) à l'époque beaucoup plus vaste (il en sera d’ailleurs tenu compte pour le recensement fait par Charles d'Hozier dans son Armorial Général de France, quelques années plus tard). En effet: ses limites sont la Champagne à l'ouest, la Bourgogne et la Franche-Comté au sud, l'Alsace à l'est, et l'Empire des Habsbourg au nord. Par ailleurs, il faut retirer de cette carte les possessions des Trois-Evêchés (Metz, Verdun, Toul) enclavées dans le Barrois et la Lorraine, qui sont elles bien françaises, officiellement depuis 1648, et qui ont déjà été traitées dans ce blog, précédemment.
  Pour ce qui est de la cartographie actuelle : nous couvrons une petite partie résiduelle du département de la Meuse, la presque totalité des départements de la Meurthe-et-Moselle et des Vosges, les deux tiers est de la Moselle et même une petite région débordant sur le land de Sarre, donc en Allemagne.
  Voici donc le quatrième et dernier chapitre (de mon blog) consacré à cette région de Lorraine, occupée mais pas encore rattachée au royaume de France. Et ce sera également le dernier chapitre clôturant l'exploration de ce précieux manuscrit de La Planche.
      Revenir à l'épisode précédent →


   Voici l'extrait d'une carte datant de la fin du XVIIIe s. , donc postérieure d'un siècle, mais sur laquelle j'ai reconstitué les limites administratives de notre région :
 Vous pouvez cliquer sur toutes les images pour les agrandir  :

La zone colorée en bleu clair est actuellement un territoire allemand


 

 

 






Les fragments de manuscrits proviennent à nouveau du Volume II. Pour enrichir l'étude, j'ai mis en bonus l'extrait équivalent dans l'Armorial Général de France* (1696-1711), établi par Charles-René d'Hozier, et comme auparavant, j'ai placé le blason actuel en-dessous, pour comparer les différences ou au contraire la constance des figures dans le temps.

(*)  Armorial Général de France  -  volume XVIII  -  Lorraine  (BNF Paris)


  Cet élégant blason "de sable à la croix d'or cantonnée de quatre alérions du même",  a été inventé par Charles d'Hozier pour représenter la "Province" de Lorraine, une entité provisoire résultant des conquêtes et des ambitions expansionnistes de Louis XIV. Il est là donc pour se distinguer, politiquement parlant, du Duché de Lorraine historique, vassal du Saint Empire, qui étaient des ennemis de la France à l'époque. Il demeure anecdotique dans l'histoire de l'héraldique et dans l'Histoire tout court, car il n'a jamais vraiment fait, à ma connaissance, l'objet d'utilisations sur le terrain ou sur les actes officiels.

Nancy (Meurthe -et- Moselle)

  Si Pierre de La Planche, en bon historien, publie le vrai blason du moment de la ville de Nancy, bien connu et toujours actuel, avec son chardon emblématique et les armes du Duché de Lorraine en chef , il n'en est pas de même pour Charles d'Hozier qui a inventé un blason "d'or à deux fûts de canon d'azur passés en sautoir", pour le même motif politique, que celui de la Province de Lorraine, vu plus haut.
   Le blason de la ville de Nancy s’est constitué au fil du temps et de son histoire princière. Il est composé d’un chardon surmonté des armes pleines de la famille de Lorraine. Lui-même tient son origine de la famille d’Alsace dont les ducs de Lorraine sont issus depuis la fondation de la ville par Gérard d’Alsace. Sur un écu d’or sont représentés trois alérions en vol (trois aiglons sans bec ni pattes). La légende raconte qu’au XIe siècle, Godefroy de Bouillon aurait réussi à embrocher les trois oiseaux d’une seule flèche à la prise de Jérusalem.
   Le blason va considérablement évoluer au XVe siècle sous l’influence de la famille d’Anjou. En 1420, Isabelle de Lorraine épouse René Ier d’Anjou, prince capétien, comte de Guise, duc de Bar, de Lorraine, d’Anjou, roi de Naples et roi titulaire de Sicile, Hongrie, Jérusalem et d’Aragon. Aux alérions, il associe les fleurs de lys angevines et les poissons du duché de Bar. Plus tard, il ajoute les fasces d'argent et de gueules hongroises, les fleurs de lys barrées d’un lambel de Sicile et la croix de Jérusalem. Enfin, en 1443, à la mort de sa mère, Yolande d’Aragon, René ajoute les pals d'or et de gueules d’Aragon.
Après la bataille de Nancy en 1477, l’emploi du chardon comme emblème du Duc René II se multiplie. Par la suite, les lorrains s'approprièrent cet emblème de leur souverain.
 Au cours du XVIe siècle, Antoine, fils de René II et de Philippe de Gueldres, ajoute au blason les lions noir et or, symboles respectifs de Gueldres et de Juliers, dont sa mère était héritière. En 1575, Le blason fut octroyé définitivement à la Ville de Nancy par lettres patentes du duc Charles III. À la fin du XVIe siècle, apparaît pour la première fois la devise « Nul ne s'y frotte » remplacée ensuite par la version latine « Non Inultus Premor » que l’on peut traduire par « Qui s’y frotte, s’y pique ».
source texte : www.nancy.fr/culturelle/patrimoine-1000-ans-d-histoire/ressources-2198.html

 


Saint - Nicolas -de- Port
(Meurthe -et- Moselle)

  Ce sont les armes octroyées le 4 juin 1546 à la ville de Saint Nicolas par Christine de Danemark, veuve du duc François 1er, et Nicolas de Lorraine-Vaudémont, son frère, co-régents du duché de Lorraine à sa mort. La duchesse douairière de Lorraine donna ces armes (à savoir : "un champ d'or, à un navire maillé, huné, voilé et cordé de sable, flottant sur des ondes d'azur et d'argent de cinq pièces, au chef de gueules à l'alérion d'argent"; voir → ICI ), pour remercier les habitants de la bonne réception qu'ils firent à la dépouille mortelle de son mari, le duc François. Les émaux du blason de Saint Nicolas de Port ont souvent varié. On rencontre ailleurs un champ d'argent à la nef voilée au naturel voguant sur une mer d'azur ou d'azur au navire d'or voilé d'argent, ou encore tout le navire d'argent, comme le montre ici le manuscrit de La Planche. Le navire est un attribut de Saint Nicolas, invoqué par les voyageurs en péril. L'alérion indique l'appartenance de la ville au duché de Lorraine. Incendiée et pillée par les Suédois en 1635, la cité ne se releva jamais complètement de ses ruines, mais garda néanmoins sa superbe basilique.
  A noter que d'Hozier n'a gardé que le navire, chargeant une fasce d'azur sur un champ d'argent, exit l'alérion ducal lorrain: encore une fois c'est un blason fictif de circonstance, attribué d'office par l'officier royal.
sources ducumentaires : Armorial des villes, bourgs et villages de la Lorraine, du Barrois et des Trois-Évêchés par Constant Lapaix (1877) - BNF Paris ;  et ancien site de l' U.G.C.L.


Saint - Mihiel (Meuse)

  Dans son "Armorial des villes, bourgs et villages de la Lorraine, du Barrois et des Trois-Évêchés" (1877), l'auteur, Constant Lapaix se demande où certains auteurs du XIXe siècle ont trouvé le blasonnement qu'ils indiquent: « De gueules, à un saint Michel d'argent, surmontant un dragon de sinople. » (voir → ICI). Le manuscrit de La Planche, s'il en avait eu connaissance, lui aurait fourni l'explication... Ce sont des armes parlantes et on peut regretter qu'elles aient été oubliées. En effet, la ville doit son origine et son toponyme, a un monastère fondé au VIIIe siècle et dédié à Saint Michel qui, par altération, est devenu : Saint Mihiel.
  Mais Lapaix lui préfère en effet les armes actuelles : « D'azur, à trois rochers d'argent, posés deux en chef et un en pointe » et la devise : « Donec moveantur » (jusqu’à ce qu’ils bougent) qui se réfèrent à une légende ancienne.
  Le lieu, un hameau, s'appelait encore vers le VIe siècle Godonécourt ou Godincourt du nom de son propriétaire : Godon. Selon la légende et sans que la raison de leur courroux soit connue, sept fées maléfiques avaient pris la décision de détruire le village de Godonécourt, l’actuelle Saint-Mihiel. Pour parvenir à leurs fins, elles prirent chacune un gros bloc de pierre qu’elles alignèrent de façon à bloquer la Meuse. Les eaux montantes menacèrent d’inonder le village qui ne dut son salut que grâce à l’intervention de l’archange Saint Michel (nommé parfois roi ou prince Michel). Les fées vaincues durent enlever les roches du fleuve et les placer sur la berge, où elles se trouvent encore aujourd’hui. Pour remercier Saint Michel, la ville adopta son nom. Le blason communal consiste en trois roches d’argent sur un fond d’azur. La devise « Donec moveantur » ( = jusqu’à ce qu’elles bougent), lie le sort de Saint-Mihiel à ces « Dames de Meuse » : tant qu’elles ne seront pas déplacées, la ville subsistera. Les Sept Roches sont des falaises pittoresques situées à la sortie nord de la ville. Elles sont constituées de sept blocs de roches calcaires, hauts de plus de 20 m.
   Dans l'Armorial Général de France, ne figure que le blason de la Prévôté, administration en général dédiée à la justice et à la police. Aucun n'a été enregistré pour représenter la ville et ses habitants.
source partielle du texte : saint-mihiel.fr/histoire-de-la-ville-de-saint-mihiel/


Pont -à- Mousson
(Meurthe -et- Moselle)

  Ce sont des armes parlantes, qui figuraient déjà sur un sceau de tabellionnage (notaires) au XVe siècle (voir → ICI) et qui représentait un pont à trois arches, flanqué de deux tours couvertes avec au milieu un personnage en armure, tenant en bouclier chargé des armes de Bar. Le manuscrit de La Planche reprend globalement  cette configuration mais avec quatre arches et une rivière plus importante, et l'homme en armure disparait, seul l'écusson aux armes de Bar reste en suspens, entre les tours du pont fortifié.
  Ce pont qui a donné son nom à la ville et qui est à l’origine de son développement, est un pont construit dès le XIe siècle sur la Moselle, au pied du château de Mousson, berceau des comtes de Bar. L’écusson est celui des comtes de Bar qui furent aussi seigneurs de Mousson, puis marquis de Pont-à-Mousson. La ville devint en 1355 la capitale d'un marquisat d'Empire et fut rattachée au duché de Lorraine en même temps que le duché de Bar. Le duché de Bar et duché de Lorraine sont donc gouvernés par le même souverain jusqu'à leur annexion par la France en 1766. En 1572, Charles III, duc de Lorraine, y fonda une Université célèbre qui fut transférée à Nancy en 1768.
   Ici encore, hélas, l'Armorial Général de France ne nous apporte pas d'aide significative, avec un blason totalement fabriqué par Charles d'Hozier, qui n'a jamais eu d'utilisation réelle.


Mirecourt (Vosges)

  Curieusement, le père de La Planche, pour illustrer cette ville, nous a dessiné un blason sans couleurs, alors qu'il donne en marge à gauche son blasonnement : "De sinople à une fasce d'or" !  Nous sommes à la toute dernière page qu'il a rédigé pour ce manuscrit. Alors, une interrogation se pose : n'aurait-il pas eu le temps de terminer son ouvrage ? Ou avait-il un doute sur la source d'information sur cette armoirie et donc sur les émaux ? Nous ne le saurons jamais. Notre héraldiste lorrain Constant Lapaix, déjà cité, ne nous aide pas davantage, en confirmant bien ce blasonnement, mais en formulant cette réserve : « Les historiens sont tous d'accord sur les anciennes armoiries de Mirecourt. Les armes de 1608 sont également représentées avec une fasce, mais les émaux ne sont pas indiqués ; il est, cependant, très probable qu'elles n'ont point varié, et qu'elles subsistèrent ainsi jusqu'à l'époque de la Révolution. » (voir → ICI). Au final, cela n'a pas beaucoup d’importance, car la municipalité n'a pas conservé ce blason après la Révolution, qui a entre temps supprimé l'usage des armoiries.
  C'est Napoléon 1er, qui, quelques années plus tard, au début de son règne, rétablira les titres de noblesse pour les personnes de haut rang, et progressivement l'usage des armoiries, mais avec une codification très spécifique à cette période de l'Empire. Le 17 mai 1809, il étend la permission aux villes qui le souhaitent et le demandent, de créer, non pas rétablir, mais créer de nouvelles armoiries (voir → ICI), en respectant une codification du dessin héraldique et une hiérarchie en trois classes, selon l’importance de la ville : 1/ les Bonnes villes d'Empire - 2/ les Villes de 2e classe - 3/ les villes de 3e classe.
  Et donc, notre ville de Mirecourt, le 2 Août 1811, à la demande expresse du conseil municipal dirigé par le Sieur Thirion, maire de la ville, se verra octroyer ses nouvelles armes, par lettres patentes, en tant que ville de 3e classe (voir copie aux Archives Nationales → ICI), caractérisée par le franc quartier à senestre, de gueules chargé d'un N surmonté d'une étoile d'argent. Les ornements extérieurs étaient eux aussi réglementés et la ville de Mirecourt a conservé ceux réservés aux villes de troisième ordre, à savoir: une corbeille d'argent remplie de gerbes d'or pour cimier, à laquelle sont attachés deux festons servant de lambrequins, l'un à dextre d'olivier, l'autre à senestre de chêne de sinople, noués de bandelettes de gueules.
  Mirecourt est une des rares villes de France à avoir conservé, encore aujourd'hui, son "blason impérial", au lieu de restaurer ses anciennes armes "de sinople à la fasce d'or". Elle aurait aussi pu demander à simplement charger cet ancien blason du franc quartier des villes de troisième ordre durant l'Empire, pour respecter les normes impériales, et le supprimer à la Restauration, comme l'a fait sa voisine vosgienne: Neufchâteau.


Lunéville
(Meurthe -et- Moselle)

  La ville de Lunéville est la dernière localité décrite dans ce manuscrit édité en deux volumes intitulé à l'origine : "La Description des Provinces et Villes de France" rédigé par Pierre de La Planche. Elle clôt à la page numérotée 606, le treizième et dernier livre et le sixième et dernier chapitre de ce livre. La fiche est d'ailleurs inachevée, son descriptif s'arrêtant d'un coup sans raison, et est donc très incomplète pour une ville de cette importance. Par ailleurs, contrairement à son habitude, l'auteur ne donne pas en titre, ni le nom en latin de la cité, ni l'intitulé du diocèse dont elle dépend.
  Ces armes font allusion au nom de la ville et peut-être au culte que l'on rendait à Diane (la lune) près de la fontaine du Léomont.  Il ne faut pas confondre le blason municipal à la bande d'azur avec celui des anciens comtes de Lunéville, d'ancienne chevalerie, qui eux, portaient le même blason mais avec une bande de gueules  (celui que La Planche nous propose, par erreur). Le blason des comtes prenait d'ailleurs modèle sur le blason ancien du duché de Lorraine (d'or, à la bande de gueules, chargée de trois alérions d'argent). La ville a donc adopté une forme de brisure des armes de ses anciens seigneurs, officialisées par l'usage, et non par un acte quelconque de concession, qui en tout cas n'a jamais été documenté dans les archives régionales.

 

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  Aucune autre ville ou lieu de la Lorraine, pourtant très vaste, n'a fait l'objet d'une étude plus poussée du père jésuite Pierre de La Planche, bibliothécaire à l'Oratoire de Paris. Décédé en 1684, il n'a peut-être pas eu le temps matériel d'achever son œuvre, et personne ne lui a succédé dans cette tâche. Par ailleurs, je le répète encore, la Lorraine n'était pas encore officiellement une province française, il faudra attendre presque un siècle de plus (1766).
  Ce décès prématuré de l'auteur expliquerait sans doute aussi pourquoi l'Alsace, en particulier la Haute-Alsace (globalement notre département du Haut-Rhin + Belfort), officiellement annexée par le Royaume de France en 1648, par les traités de Westphalie, et pour le reste (la Basse-Alsace) conquise et occupée en 1680, n'a pas été du tout traitée dans ce manuscrit par de La Planche.


 # Quelques années plus tard, Charles René d'Hozier, conseiller et grand héraut d'armes de Louis XIV, ne s'embarrassera pas avec cette équation géopolitique et rajoutera quelques autres villes lorraines dans son Armorial Général de France, dédié à cette Province. La plupart , malheureusement ont reçu un blason attribué d'office, comme le prouve la comparaison avec les blasons actuels :

Briey (Meurthe-et-Moselle)

Étain (Meuse)

Conflans -en- Jarnisy
(Meurthe-et-Moselle)

Trognon était en fait un château
et une ancienne seigneurie du Barrois,
qui ont disparu, situés sur le territoire
de la commune actuelle de
Heudicourt -sous- les - Côtes (Meuse)

Nomény
(Meurthe-et-Moselle)

Dieuze (Moselle)

Saint - Avold (Moselle)

Neufchâteau (Vosges)

Épinal (Vosges)

Rambervillers (Vosges)

Bruyères (Vosges)

Remiremont (Vosges)


  C'était donc le dernier volet de cette longue, très longue série (depuis 2012 !) dédiée au manuscrit en deux volumes : "La Description des Provinces et Villes de France" rédigé par Pierre de La Planche, daté de 1669 dans les notices bibliographiques, mais en réalité, il a sans doute été régulièrement enrichi par son auteur jusqu'à sa mort en 1684.

  Pour ma part je vous promets de prendre un moment prochainement pour étudier et confectionner un index général pour retrouver tous ces fragments de ce précieux manuscrit, que malheureusement la Bibliothèque du Musée Condé à Chantilly ne peut plus mettre à disposition du public, ayant été trop abimé par les nombreuses manipulations. Il a besoin d'une grande restauration et de mécènes pour la financer !
J'espère néanmoins que les responsables du  Musée remettront un accès aux documents qui avaient déjà été numérisés, très prochainement sur leur nouveau site officiel →

 

Crédits :

les blasons "modernes" sont empruntés  à : armorialdefrance.fr/

les extraits des manuscrits proviennent de :
- Bibliothèque et Archives du Musée du Château de Chantilly :
   . www.bibliotheque-conde.fr
- Bibliothèque nationale de France à Paris : 
   . gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k111469d/f1.item
 
   

             Herald Dick  

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jeudi 21 avril 2022

l'Armorial de La Planche - 1669 - Parlement de Metz - Bailliages de Sedan et de Bar

   S  uite de la visite d'un des plus anciens manuscrits répertoriant des armoiries de villes et de villages de France, dessinées à la plume et peintes à l'aquarelle, antérieur de trois décennies à l'Armorial Général de France de Charles d'Hozier ! Voir la description initiale : →

image d'illustration composée par Herald Dick

   Nous poursuivons avec la découverte du "livre" (c'est l'appellation donnée à une section d'un manuscrit, qui est lui-même divisé en chapitres) consacré au Parlement de Metz, et qui est de surcroît le dernier de cet ouvrage. Après les premiers chapitres consacrés aux bailliages de Metz, de Toul et de Verdun, couvrant eux-même l'ancien territoire des Trois-Évêchés, récemment intégré au royaume de France (1648), nous partons vers d'autres fiefs récemment annexés ou en cours de conquête. Ce sont les fameuses "additions" que Pierre de La Planche nous gratifie en fin de sections. Le premier bailliage nous emmène dans les terres  des Ardennes champenoises avec l'ancienne principauté de Sedan , elle-même regroupant d'ancien fiefs féodaux à Mouzon, Raucourt. Rattachée officiellement à la France en 1651, elle est mise sous administration du Parlement de Metz sous la dénomination de "Frontière de Champagne". Dans cette zone géographique, l'auteur adjoint quelques autres petites "additions" comme le minuscule duché de Carignan dont nous parlerons plus bas, ainsi que les villes et places fortes de la vallée de la Meuse, situées plus au nord, prises par Louis XIV, telles que Charlemont (aujourd'hui fusionnée avec la ville frontalière de Givet).
   Dans la seconde partie de ce sujet, qui correspond au cinquième chapitre de notre livre consacré au "Parlement de Metz", nous allons aborder des territoires (Barrois, Lorraine) conquis ou soumis, mais pas encore officiellement rattachés à la couronne de France. Ce ne sera effectif qu'en 1766, soit presque un siècle après la publication de notre manuscrit. Ces chapitres, La Planche les dénomme de façon diplomatique des "Additions". Le premier d'entre eux correspond au Duché de Bar ou Barrois et plus exactement le "Barrois mouvant" également appelé Barrois royal, qui est la partie occidentale du duché (limitée à l'est par le fleuve Meuse), et qui était dans la mouvance du royaume de France depuis des siècles, capitale: Bar-le-Duc. De l'autre côté de la Meuse, il y avait le "Barrois non mouvant" qui lui, faisant allégeance au Saint Empire, avec comme capitale Saint-Mihiel, et nous verrons cela dans le prochain sujet.
   Du point de vue géographique, nous suivons du nord au sud plusieurs régions et territoires traversés ou bordés par le cours de la Meuse : dans le nord-est de l'actuel département des Ardennes, dans le sud du département éponyme de la Meuse et encore plus en amont au sud, quelques communes de la Haute-Marne et des Vosges, à cheval sur la limite de ces deux départements.

  Voici donc le troisième chapitre (de mon blog) consacré à ces deux entités et leurs dépendances, réunies en un seul sujet.
      Revenir à l'épisode précédent →

Voici l'extrait d'une carte datant de la fin du XVIIIe s. , donc postérieure d'un siècle, mais sur laquelle j'ai reconstitué les limites administratives de notre région :

 Vous pouvez cliquer sur toutes les images pour les agrandir
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 






  

 

 

 


   Les fragments de manuscrits proviennent à nouveau du Volume II. Pour enrichir l'étude, j'ai mis en bonus l'extrait équivalent dans l'Armorial Général de France* (1696-1711), établi par Charles-René d'Hozier, et comme auparavant, j'ai placé le blason actuel en-dessous, pour comparer les différences ou au contraire la constance des figures dans le temps.

(*)  Armorial Général de France  -  volume X  -  Champagne - Généralité de Châlons  (BNF Paris)
    
- Armorial Général de France  - volume XII  -  Flandres
(BNF Paris)
     - Armorial Général de France  -
volume XVIII  -  Lorraine   (BNF Paris)

Sedan (Ardennes)

  Voici, pour débuter une belle preuve de constance d'un blason dans le temps (450 ans), pour cette bonne ville de Sedan. On pense que c'est le seigneur souverain de la principauté de Sedan, Henri-Robert de La Marck qui donna ses armes à la ville de Sedan, vers 1568. Le blason faisait référence à quatre de ses ancêtres surnommés « Sangliers des Ardennes » :  Jean de La Marck (v. 1406 – 1469 ou 1470); Everard seigneur d’Arenberg ( - 1496), le sanglier apparaît sur une de ses monnaies en 1488; Guillaume de La Marck dit Guillaume à la Barbe ( ? - 1416, 1485 ?), maimbourg (gouverneur) de Liège, parfois qualifié, peut-être à tort ( ?) de « Sanglier des Ardennes » et Robert II (1460 ou 1465 – 1536), « Robert-le-Diable » ou « Le Grand Sanglier des Ardennes ». On le retrouve encore en 1614, sur des pièces de monnaies battues par les princes: un sanglier, accosté d’un chêne. Le sanglier, dans l'imagerie celtique et ardennaise est un symbole de force et d’intelligence guerrière.
  Le blason, supprimé durant la Révolution, sera rétabli à la demande de la municipalité et confirmé le 10 mai 1817 par lettres patentes signées par Louis XVIII (voir copie aux Archives Nationales → ICI). source documentation: gite-la-tour.com/files/Sedan_1570_Armoirie.pdf


Mouzon (Ardennes)

  La ville et les défenses de Mouzon, longtemps disputées entre le royaume de France et l'Empire, sont finalement conquises en 1653 par les armées de Turenne et rattachées au royaume de France en 1659, par le Traité des Pyrénées. C'est donc peu de temps après, à partir de 1696, que Charles d'Hozier enregistre ce blason dans l'Armorial Général de France, avec ce château rouge surmonté de drapeaux aux couleurs de la France. Malgré l'évocation de ce symbole militaire, toutes les fortifications de cette ancienne ville frontière seront démolies. Les armoiries ont été confirmées par lettres patentes en 1823 (voir copie aux Archives Nationales → ICI).


Carignan (Ardennes)

  L'ancienne ville et prévôté d'Yvois, aussi orthographiée Yvoi, Yvoy, Yvoix, Ivois, Ivoi, Ivoix, dépendait du duché de Luxembourg, et des Pays-Bas habsbourgeois. Elle changea de nom, en 1662, lorsque Louis XIV l'érigea en duché en faveur d'Eugène-Maurice de Savoie, prince de Carignan / Carignano, en Piémont. Par ailleurs, le territoire avait été annexé par la France, en application du traité des Pyrénées (1659). Pendant la Révolution, la municipalité reprendra temporairement le toponyme d'Yvoy. À l'inverse de la ville de Rethel qui avait pris le nom de Mazarin pendant quelque temps (voir → ICI), durant le même règne de Louis XIV, mais l'avait ensuite abandonné, Carignan a rétabli officiellement et gardé son nouveau nom en 1801.
   Mais revenons à nos manuscrits : comme à son habitude, La Planche ne nous donne aucune source ni information sur le blason à trois chevrons qu'il nous propose. S'agit-il d'un blason seigneurial, comme c'est très probable, nous l'ignorons. Peut-être un internaute me soumettra une proposition, documentée. Sans doute de bonne foi, l'auteur aura été mal renseigné, car ce blason semble erroné et n'a en tout cas pas été adopté par la municipalité. C'est donc Charles d'Hozier qui, lors de l'enregistrement de la ville dans l'Armorial Général de France, a créé de toute pièce le blason "d'azur à une fasce d'or chargée d'un cœur d'azur" à l'aide de son système de génération de figures aléatoire qu'il affectionne. Ces armoiries ont été néanmoins été confirmées telles quelles, par lettres patentes le 10 juillet 1824 (voir copie aux Archives Nationales → ICI). Ce qui prouve que la municipalité de Carignan de l'époque a adhéré totalement au concept.
  Plus récemment, la municipalité a adjoint et fait accoler au blason de d'Hozier, un second blason supposé représenter l'ancienne cité d'Yvois, avant l'annexion française: "Écartelé: aux 1er et 4e d'argent au lion de gueules, la queue fourchue et passée en sautoir, aux 2e et 3e burelé d'argent et d'azur au lion de gueules" (armes écartelées de Luxembourg ancien [Limbourg] et de Luxembourg moderne), qui aurait été accordé à la ville en 1341 par Jean Ier,  l'Aveugle, comte de Luxembourg, roi de Bohème (source: Wikipedia, voir → ICI). Constant Lapaix, auteur héraldiste du XIXe s. , dans son "Armorial des villes, bourgs et villages de la Lorraine, du Barrois et des Trois-Évêchés" (1877), voir → ICI , affirme que ce blason écartelé reproduit l'image d'un "écusson" qui apparaissait sur les sceaux de l'ancienne prévôté d'Yvois, en 1419 et 1627.


Givet (Ardennes)

  Au milieu du XVIe siècle, l'empereur Charles Quint ordonne de construire un fort pour protéger Givet, et la vallée de la Meuse en aval vers Dinant, des attaques françaises contre les Pays-Bas espagnols. Cette citadelle sera nommée "Charlemont" (= le mont de Charles) en l'honneur du souverain Charles Quint et parce qu'elle est située sur une hauteur juste en amont de Givet, sur la rive gauche de la Meuse. Les fortifications seront sans cesse renforcées, et doublées par les espagnols, durant un siècle et une petite cité de garnison se développera aux alentours. En 1678, la cité est conquise par Louis XIV. Après quoi la citadelle et la ville de Givet sont rattachés au royaume de France en exécution du traité de Ryswick, en 1697. À la même époque, Vauban reprend les plans et améliore encore les défenses de Givet et de Charlemont, cernant la ville d'une enceinte et en transformant tout le village de Charlemont en forteresse.
  Intervenant trop tôt dans l'histoire, La Planche n'a pas trouvé de blason à nous proposer pour la cité de Charlemont et par ailleurs il ne mentionne même pas la voisine et pourtant plus ancienne Givet. C'est donc Charles d'Hozier qui enregistre le premier les armoiries respectives des deux cités jumelles dans son Armorial Général de France, au volume 12 consacré à la région des « Flandres ». On remarquera que le blason de Charlement : "D'azur au sautoir d'or, au fusil de gueules brochant ", montre une ancienne figure héraldique appelée fusil (synonyme de briquet), qui était une petite pièce d’acier avec laquelle on battait un silex pour en tirer du feu, afin d'allumer la mèche et la poudre des toutes premières armes à feu, notamment. Le fusil (ou briquet, l'accessoire) est devenu par la suite, par l'évolution de la langue française l'arme à feu elle-même, telle qu'on la connait aujourd'hui. Le briquet héraldique était par ailleurs une figure au symbole fort du Duché de Bourgogne (voir → ICI), ce qui explique peut-être sa présence sur ce blason pour une ville créée par Charles Quint, héritier des Pays-Bas bourguignons, suite au démantèlement du Duché de Bourgogne en tant qu'état indépendant, à la fin du XVe siècle.
   Les armoiries de Givet-et-Charlemont "réunies sous une même municipalité" ont été confirmées par lettres patentes le 16 octobre 1817 (voir copie aux Archives Nationales → ICI). C'est donc à ce moment que la fusion des blasons des deux cités s'est effectuée, sous la forme d'un "coupé", avec plus tard quelques variations des émaux: azur/gueules pour le quartier supérieur et surtout l'arrivée d'un fusil, l'arme à feu à la place du fusil / briquet anciennement représenté. Est-ce une vraie volonté des édiles ardennais de simplifier ou actualiser le symbole par rapport à l'époque, ou bien est-ce une malencontreuse erreur de sémantique due à l'ignorance des représentants de la ville, sans doute de braves chasseurs, et qui est restée en l'état encore aujourd'hui ? Je n'ai pas trouvé d'explication documentée à ce sujet...

 

Bar -le- Duc (Meuse)

  Pour La Planche ce sont les armes historiques du duché de Bar qui font fonction d’emblème pour la ville de Bar-le Duc, auxquelles il a rajouté la devise: "Plus pense que dire" (voir l'inscription dans la marge gauche du manuscrit ci-dessus). Charles d'Hozier les a reproduites également dans son Armorial Général de France (édit royal de 1696), mais pour identifier deux entités administratives du royaume de France: le bailliage et la prévôté de Bar. Pour la ville elle-même, il a à nouveau inventé un blason typique de son système de création aléatoire:"Coupé: au 1er recoupé de sable et d'or, au 2e d'argent plain", qui est totalement anecdotique.
    Ce blason aux bars n’a pas toujours été représenté de cette façon: au XVIIe siècle l’écu était d’argent avec une pensée et un chef aux armes des ducs de Bar (voir représentation dans l'ouvrage de C. Lapaix, déjà cité plus haut, → ICI) , cependant il comportait déjà la devise. Le premier écu parti (et non pas coupé) ne serait apparu que vers 1630 (selon le site de l' U.G.C.L.), 1680 pour d'autres sources. Au final, avec toutes ces incertitudes sur sa chronologie, il semble que les armes de Bar-le-Duc telles qu'on les connaît actuellement : " Parti au premier, d'azur, semé de croix recroisetées au pied fiché d'or, à deux bars adossés de même, brochant sur le tout ; au second d'argent, à trois pensées, feuillées et tigées au naturel, posées 2 et 1 " ont été pérennisées par l'usage y compris par la municipalité, mais n'ont jamais été validées par un quelconque acte officiel. Selon Robert Louis, les armes de Bar-le-Duc sont parlantes (les poissons sont des barbeaux),  le blason des anciens ducs de Bar est associé au symbole floral de la ville, révélé par sa devise : "Plus penser (= pensées) que dire". 


Ligny -en- Barrois (Meuse)

  Ligny-en-Barrois est l'ancienne capitale d’un comté qui passa successivement des Comtes de Champagne aux Ducs de Bar, puis au Comte de Luxembourg qui le gardera jusqu’en 1719, date à laquelle la région fut incorporée aux terres du Duc de Lorraine, avant d’être annexée à la France en 1766, à la mort de ce dernier. Ses armoiries " d’azur à trois têtes de chardons d'or et à l’entrelacs de trois croissants d’argent en chef"sont répertoriées dans de nombreux armoriaux anciens sans qu'on trouve l'explication sur son origine. Les figures semblent se rapporter par un jeu de mots à la devise de la cité, qui est  :  "En mes peines, je vais croissant ", comme rapportée sur le manuscrit. 


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D'autres villes ou lieux sont juste décrits par le texte :

• Pour le bailliage de Sedan,  sans blason ni mention s'y rapportant :
 Raucourt (-et-Flaba), Donzy (Douzy).

• Pour le bailliage de Bar, sans blason ni mention s'y rapportant :
 La Mothe (village fortifié, détruit par la guerre au XVIIe s., voir → ICI , vestiges sur les communes d'Outremécourt et Soulaucourt-sur-Mouzon, dans le département de la Haute-Marne).

    Il apparait qu'aucune de ces communes n'a été recensée ni blasonnée dans l'Armorial Général de France en tant que communauté d'habitants.
 # Toutefois, on peut quand même citer ces dernières localités qui dépendaient à priori de ces deux bailliages, devenues aujourd'hui des communes importantes, et qui n'ont pas été mentionnées dans le manuscrit de La Planche :
Revin,  Fumay,  Rembercourt-aux-Pots (commune actuelle de Rembercourt-Sommaisne), Pierrefitte (-sur-Aire).

et leurs blasons respectifs sont pour certains encore d'actualité, à quelques détails près:

Revin (Ardennes)

Fumay (Ardennes)


Rembercourt - Sommaisne
(Meuse)


Pierrefitte -sur- Aire
(Meuse)

 # enfin, pour aller plus loin et terminer avec l'Armorial Général de France, voici un dernier lieu, mentionné par Charles d'Hozier et qui se situe logiquement dans le Barrois, qu'il nomme "Montier-sur-Javy", siège d'un bailliage et d'une prévôté. Ces blasons sont d'ailleurs totalement inventés par d'Hozier, comme de nombreux autres. Le toponyme "Javy" , parfois répertorié "Jarny" par certaines documentations, est probablement erroné (je n'ai rien trouvé à ce sujet). La seule localité qui corresponde à cette référence, est la ville de Montiers-sur-Saulx, En effet, Constant Lapaix, auteur du XIXe s. , dans son "Armorial des villes, bourgs et villages de la Lorraine, du Barrois et des Trois-Évêchés" (1877), voir l'exemplaire numérisé → ICI., confirme que Montiers-sur-Saulx était bien, jusqu'en 1750, le chef-lieu d'une châtellenie baroniale du Barrois, et le siège d'un bailliage et d'une prévôté. 

Montiers -sur- Saulx
(Meuse)

 

A bientôt pour une nouvelle série ...→ ICI

 

Crédits :

les blasons "modernes" sont empruntés  à : armorialdefrance.fr/ 

les extraits des manuscrits proviennent de :
- Bibliothèque et Archives du Musée du Château de Chantilly :
   . www.bibliotheque-conde.fr/ressources-en-ligne/
- Bibliothèque nationale de France à Paris : 
   . gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k111469d/f1.item
   . gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k111464h/f2.item

   . gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1105894/f2.item


             Herald Dick  

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