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mercredi 7 janvier 2015

Hommage à François Fénelon

Aujourd'hui le 7 janvier 2015, on célèbre le 300e anniversaire de la mort du célèbre homme d'église, évêque et écrivain français, également philosophe, pédagogue, théoricien politique et théologien mystique :


blason de la famille Salignac de la Mothe Fénelon :
"d'or à trois bandes de sinople"
portrait anonyme de Fénelon,  daté de 1603
Musées du Château de Versailles

François Fénelon

(• Sainte-Mondane 1651 - † Cambrai 1715)

chromo publicitaire (début XXe siècle) montrant le château familial en Dordogne dans la commune
 de Sainte-Mondane et en photo aérienne ci-dessous, il date du XIVe siècle :


François de Salignac de La Mothe-Fénelon
• né au château de Fénelon à Sainte-Mondane, en Dordogne, le 6 août 1651
• mort à Cambrai, dans le département du Nord, le 7 janvier 1715.

blason de la famille ( avec l'orthographe : "Salagnac", qui est plus ancienne ) , enregistré à l'Armorial Général 
de France (1696-1711) - Généralité de Limoges - registre n° 16 - page 15
armoiries de la famille de Salignac de La Mothe-Fénelon (date 1844)  
avec deux sauvages  en supports , couronne de marquis,  
cimier : une aigle issante d'or, surmontée d'une croix pommetée du même.
  devise (tirée du huitième épilogue de Virgile), placée entre les lettres 
Alpha et Oméga : "A Te Principium, Tibit Desinet".

  Né au château de Fénelon, dans une famille noble du Périgord, François de Salignac de La Mothe-Fénelon est plus connu simplement sous le nom de Fénelon. En tant que cadet de la famille, il choisit une carrière ecclésiastique. Il fait ses études au séminaire de Saint-Sulpice, à Paris. 
blason du Séminaire de Saint-Sulpice à Paris - Armorial Général de France (1696-1711), registre n°23 - Paris Vol. I (BNF Paris) -
image restaurée par Herald Dick  ( voir original → ICI , sur le site gallica.bnf.fr )

Excellent prêtre, il est nommé en 1678 directeur des Nouvelles Catholiques, toujours à Paris, une institution œuvrant à l’instruction des jeunes protestantes récemment converties au catholicisme. En 1685, après la révocation de l’édit de Nantes, on l’envoie diriger des missions de conversion des protestants.
 L’aidant et le secondant dans tous ses travaux de controverse et de philosophie, il devient le protégé de l’évêque Jacques Bossuet.
armes des Salignac ornant une fenêtre du château de Fénelon (commune de Sainte-Mondane - Dordogne - France) et ci-dessous : deux fenêtres armoriées du même château, vues de l'extérieur (donc blasons inversés !)
armoiries de la famille de Salignac peintes sur les poutres du plafond foisonnant de motifs décoratifs et de blasons,
 Salle d'apparat du château des Doyens (XVIIe s.), à Carennac (Lot) - Le château abrita François Fénelon de 1681 à 1695, où il fut doyen du prieuré, et aurait choisi cet endroit pour y écrire "Les Aventures de Télémaque" (voir → )
   Pour s’être brillamment illustré dans le genre didactique avec la publication de son Traité de l’éducation des filles (1687), qui lui a valu la faveur de la Cour (cet essai développe l’idée nouvelle que l’éducation doit tenir compte des dispositions naturelles de l’enfant et s’adapter au rôle qu’il tiendra dans le monde), Fénelon est nommé, en 1689, précepteur de Louis, duc de Bourgogne, petit-fils de Louis XIV. Il écrit alors pour son élève des ouvrages variés : des Fables (1690), des leçons d’histoire comme les Dialogues des morts (1712), des Essais philosophiques et les Aventures de Télémaque (1694, publié en 1699). Ce récit didactique, pastiche homérique en prose, retrace le voyage de Télémaque, à la recherche de son père Ulysse. Il permet à Fénelon, dans la richesse d’un style baroque et dans la floraison d’exercices de rhétorique et d’exposés culturels, de donner à son élève une « agréable » leçon de morale politique et d’éloquence, en cherchant à lui apprendre son métier de souverain.


 "Les Aventures de Télémaque" roman de Fénelon ornées de figures
 gravées d'après les dessins de C. Monnet, peintre du roi, par Jean Baptiste Tilliard,
couverture d'une édition du XVIIIe s.
timbre émis par la Poste en 1947
d'après le portrait peint par Joseph Vivien
En 1695, Fénelon devient archevêque de Cambrai ; peu de temps après, il s’oppose violemment à Bossuet sur la question mystique du quiétisme. En effet, depuis 1688, Fénelon est influencé par Madame Guyon, qui fait de l’abandon à Dieu le centre de la religion, et de l’extase le critère de l’union à Dieu. Son Explication des maximes des saints sur la vie intérieure (1697), où il entreprend de démontrer que la doctrine du « pur amour par abandon » n’est pas hérétique, est attaquée par Bossuet dans plusieurs écrits (en particulier Instruction sur les états d’oraison et Relation sur le quiétisme, 1698), et certains passages du livre sont condamnés par le pape Innocent XII en 1699, sous la pression de Louis XIV.



Fénelon se soumet immédiatement, car au même moment paraissent les Aventures de Télémaque dans lesquelles Louis XIV voit une critique de l’absolutisme royal. Fénelon y prône en effet une forme de monarchie éclairée, cherchant la paix et le bien de ses sujets, où le pouvoir du roi doit être équilibré par celui de la noblesse.



Statue de Fénelon par David d'Angers (1826), placée sur son tombeau
dans la cathédrale de Cambrai, dont il fut l'évêque.

   Fénelon est exilé dans son diocèse, à Cambrai, où, luttant contre le jansénisme, il se consacre à l’instruction religieuse de ses fidèles tout en poursuivant activement ses travaux littéraires, tant politiques que spirituels. Il publie le Traité de l’existence de Dieu (1712-1718), dont les principes, hardis pour un dévot, inspireront Rousseau et Chateaubriand, et rédige sa célèbre Lettre à l’Académie (1714, publiée en 1716), où il oppose au formalisme de Versailles une rhétorique inspirée, voire extatique, avant de s’éteindre à Cambrai des suites d’un accident.


château des Doyens , détail du plafond  - Carennac (Lot)

   Fénelon était donc issu d'une famille noble du Périgord, ancienne mais appauvrie. Il est le fils de Pons de Salignac (1601-1663), marquis de La Mothe-Fénelon et de la seconde épouse de ce dernier, Louise de La Cropte. Plusieurs des ancêtres de Fénelon s'étaient occupés de politique, et sur plusieurs générations certains avaient servi comme évêques de Sarlat. Comme il était un cadet (son père ayant eu neuf enfants de sa première épouse, Isabeau d'Esparbes de Lussan, et trois de sa seconde, dont Fénelon), il fut destiné de bonne heure à une carrière ecclésiastique, tout comme son demi-frère homonyme issu du premier lit, François Pons de Salignac comte de La Mothe-Fénelon, sulpicien et missionnaire au Canada ( voir → ICI) .
 
armoiries de la ville de Dorval au Québec (Canada) 
on remarque que les quartiers 2 et 3 du blason écartelé 

sont aux armes de la maison de Salignac, 
chargées d'une aigle de sable armée et lampassée de gueules.


  La famille de Salignac (ou anciennement de Salagnac) apparaît à la fin du Xe siècle avec Geoffroi de Salignac, né vers 980, qui possédait la châtellenie de Salignac, des fiefs dans le Quercy et les vicomtés de Turenne et de Gimel. L'origine de la famille de Salignac pourrait être une branche cadette des vicomtes de Turenne de la famille de Comborn. Bertrand de Salignac n'ayant eu que des filles de ses deux mariages, la seigneurie de Salignac passa à la famille de Gontaut par le mariage, en 1545, de Jeanne de Salignac avec Armand de Gontaud, seigneur de Madaillan, qui a fondé la branche des Gontaut-Salagnac (ou Salignac). Le château est passé au XVIe siècle aux Montmège et au XVIIIe siècle aux Noailles. Le château est racheté en 1912 par la famille Salignac-Fénelon.

   Outre cette curiosité trouvée au Canada, quelques communes françaises ont adopté un blason composé avec les armes familiales de la maison de Salignac :

château de Salignac, commune de Salignac-Eyvigues (Dordogne)
blason de l'ancienne commune de
 Salignac (Dordogne) qui
fusionné avec Eyvigues en 1965


blason de la commune de
 Salignac-Eyvigues (Dordogne)
 "d'or à cinq cotices parties de sinople
 et de gueules". Ce blason pourrait être 
une fusion des armes de Salignac 
avec celles de Turenne (à vérifier).
blason de la commune de
 Saint-Martin-l'Astier (Dordogne)
armes de Florent de Buade, à dextre 
(d'azur à trois pattes de griffon d'argent) 
marié à Isabeau de Salignac (partie senestre)
provenance : château de la Roche.

blason de la commune de
 Saint-Éloy-les-Tuileries (Corrèze)
écartelé : en 1 et 4 : famille Dumas
en 2 et 3 : famille de Salignac 
blason de la commune de
 Noailhac (Corrèze)
parti, au 1er : famille de Salignac
au 2nd, coupé, en 1 : famille de Maschat
et 2 : famille de Pompadour








              Herald Dick

vendredi 25 avril 2014

25 avril 1214 - 2014 : 800ème anniversaire de la naissance de Louis IX de France

Figure majeure du Moyen Âge, Louis IX a joui d’une considérable popularité de son vivant et est passé à la postérité — sous le nom de Saint Louis — comme la personnification même du «roi chrétien », du « roi justicier », du « roi pacificateur » et du « roi croisé ».
blason de France ancien :
 "d'azur semé de fleurs de lis d'or".

 

 

 

 

.

Louis IX ou Saint Louis



Louis IX ou Saint Louis (•1214 - †1270),
Roi de France (1226-1270).

Poissy (Ile-de-France - Yvelines)
 "d'azur au poisson d'argent posé en fasce
 accompagné de deux fleurs de lys d'or,
 l'une en chef et l'autre en pointe, adextré
 d'une autre fleur de lys défaillante du même
 mouvant du flanc"
fragment remanié : Armorial de La Planche (1669)

Né au château royal de Poissy, ville située 30 km à l'ouest de Paris, très probablement le 25 avril 1214, Louis n’a que 12 ans à la mort de son père, le roi Louis VIII le Lion. Sa mère, Blanche de Castille, fille d’Alphonse IX de Castille, assume la régence jusqu'à sa majorité. Énergique et austère, Blanche sait s’appuyer sur une équipe de remarquables administrateurs ainsi que sur le légat du pape, Romano Frangipani, qui devient son conseiller le plus proche. Dès le début de la régence, elle doit faire face à l’hostilité des grands féodaux qui s’opposent à un gouvernement féminin. Aussi, afin d’annihiler toute velléité d’indépendance des barons, le premier geste politique de la régente est de faire couronner Louis à Reims, le 29 novembre 1226.
Naissance de Louis IX - Blanche de Castille, sa mère.
 Grandes Chroniques de France de Charles V (1370-1379)
MS français 2813 - BNF Paris

Appuyée par Pierre Mauclerc, duc de Bretagne, et Henri III d’Angleterre, elle parvient à mater une première révolte qui se conclut par la signature du traité de Vendôme, mais doit bientôt affronter une seconde coalition (1228-1229). Elle réprime également la révolte des Albigeois en Languedoc — conférence de Meaux et traité de Paris (1229) — et, grâce à sa victoire sur le comte Raymond VII de Toulouse, impose une alliance entre le frère de Louis IX, Alphonse II, et l’héritière du comté, préparant ainsi le rattachement définitif du territoire à la Couronne (1271).

portrait du peintre Achille Leboucher (début XIXe siècle)
Musée Louis-Philippe , château d'Eu (Normandie)
Le 25 avril 1234 est proclamée la majorité de Louis IX qui épouse, en mai de la même année, Marguerite de Provence (fille de Raymond Bérenger V) avec laquelle il aura onze enfants. Néanmoins, Blanche de Castille reste associée au pouvoir et dirige les affaires du royaume jusqu’en 1244. De nouveau, les barons de l’Ouest et du Midi se soulèvent et, en 1242, Louis IX vainc leur allié Henri III d’Angleterre à Taillebourg et à Saintes.

À cette date, le roi jouit d’un prestige et d’une autorité indiscutables, que ses victoires successives et sa personnalité, sa bonté, sa justice et sa très grande piété ont contribué à forger. Attentif au sort de chacun de ses sujets et notamment des plus humbles, il est l’objet d’un véritable culte et ses vertus de thaumaturge sont déjà louées de son vivant.
la Bataille de Taillebourg (1242) - bataille de la première Guerre de Cent ans contre les rois Plantagenêts (1159-1259) -
reproduction sur faïence de Sarreguemines - fin XIXe siècle - collection de la manufacture de Sarreguemines
gravure du XIXe siècle 
Musée Danicourt - Péronne

 Louis IX, le roi croisé


Roi pieux et chrétien, Louis IX confie de nouveau le gouvernement à sa mère et, en août 1248, se croise contre les musulmans. Septième du nom, cette croisade part d’Aigues-Mortes pour l’Égypte, que le roi atteint le 5 juin 1249. Quatre jours plus tard, le 9 juin, il prend Damiette mais est vaincu et fait prisonnier à Mansoura (6 avril 1250). Après avoir été libéré contre une rançon et la restitution de Damiette, il séjourne quatre ans en Syrie, où il établit des camps fortifiés et rachète un très grand nombre de captifs. En 1252, la mort de Blanche de Castille le contraint à rentrer en France.
La septième Croisade - prise de Damiette (1249), ville située aujourd'hui en Égypte - Le roi Louis IX est accompagné du Seigneur de Joinville (d'azur à trois broyes d'or, et chef d'or au lion de gueules issant) , de ses frères Robert d'Artois à gauche, et Charles d'Anjou à droite au pied des murs, et du Duc de Bretagne, au second plan. 
La Vie de Saint Louis , manuscrit MS 13568 (~ 1360) texte écrit par Jean de Joinville - BNF Paris.

enluminure représentant Louix IX sur le trône
encadré par deux anges - manuscrit du XVe siècle -
 Trésor de la Sainte Chapelle à Paris
Louis IX ou la consolidation du pouvoir royal

sceau de Louis IX
Malgré l’échec de la croisade et la destruction de son armée, le roi n’a rien perdu de sa grandeur. Conseillé par de nombreux clercs (franciscains et dominicains), il affirme de plus en plus son pouvoir, aussi bien dans les limites du royaume qu’à travers l’Europe. Par le traité de Corbeil (1258), il reçoit du roi Jacques Ier d’Aragon la Provence et le Languedoc en échange de la Cerdagne et du Roussillon. L’année suivante, il met un terme à la longue lutte entre Capétiens et Plantagenêts par le traité de Paris : il échange avec l’Angleterre le Quercy, le Limousin et le Périgord contre la Normandie, le Maine, l’Anjou, la Touraine et le Poitou, réglant ainsi durablement un conflit engagé depuis Philippe II Auguste et Jean sans Terre ; Henri III redevient alors l’homme lige du roi de France en tant que duc d’Aquitaine. En janvier 1264, le roi arbitre d’ailleurs (« mise d’Amiens ») en faveur de ce dernier dans un différend qui l’oppose aux barons anglais révoltés.
Saint Louis et son page, tableau de El Greco
 fin du XVIe siècle - Musée du Louvre - Paris

À l’intérieur du royaume, l’œuvre de Louis IX n’est pas moins remarquable. Son règne est marqué par un développement du pouvoir royal et par l’émergence d’un État qui se veut au service de tous, comme en témoignent les célèbres Enquêtes de 1247 et l’ordonnance de réformation de 1254. Son action en matière judiciaire contribue également au prestige de Louis IX, qui institue la « Quarantaine-le-Roi », imposant aux belligérants un délai de réflexion propice à l’ouverture de négociations afin de limiter, voire supprimer, les guerres privées. En conséquence, l’ordonnance de 1260 substitue à certaines coutumes médiévales des formes de justice plus modernes et plus équitables. D’autre part, Louis IX introduit la possibilité, pour tous les justiciables, d’en appeler au roi. Le monopole et la puissance des féodaux en sont amoindris d’autant.
Statue de Saint Louis (sculpteur Adolphe Mony, 1906)
devant les murs et les fossés du château de Vincennes
à l'endroit où la légende veut qu'il rendait la justice,
 sous un grand chêne.



De fait, il est peu de domaines dans lesquels Louis IX n’est pas intervenu. Les ordonnances de 1263 et 1266 assurent la diffusion de la monnaie royale sur tout le territoire. Le roi réforme aussi l’antique cour féodale en dissociant sa fonction de règlement des affaires judiciaires de celle de contrôle de la gestion des officiers et de tenue de la comptabilité. Il est ainsi à l’origine du Parlement et de la Cour des comptes. Enfin, par l’intermédiaire de la nomination d’Étienne Boileau à la prévôté de Paris en 1261, il favorise l’organisation et la codification des métiers de la capitale.




 





Louis IX et la huitième croisade ou la mort à Tunis

Le roi Louis IX en route pour Tunis lors de la Huitième Croisade ,
miniature extraite du manuscrit " Comment le Roi de France
Louis alla la seconde fois outre-mer" du Maître de Cambrai
 ( entre 1332 et 1350) - British Library - Londres
Pour venger le fiasco de la septième croisade et contrer la puissance des mamelouks égyptiens, Louis IX engage une nouvelle campagne contre la Tunisie en 1270. Dès le 24 mars 1267, il prend la décision de se croiser et, durant trois ans, déploie dans les préparatifs la même activité inlassable que lors de la précédente expédition. Cette fois, l’objectif visé est Tunis afin, semble-t-il, de venger la défaite de Mansoura. Le 2 juillet 1270, les croisés embarquent à Aigues-Mortes et arrivent le 17 devant Carthage, qui ne tarde pas à se rendre. Mais, plutôt que de s’acheminer en direction de Tunis, le roi préfère attendre les renforts de son frère Charles d’Anjou. À la fin du mois de juillet, la peste se déclare dans les rangs de l’armée et Louis IX meurt le 25 août, avant l’arrivée de son frère. Son fils aîné lui succède sous le nom de Philippe III le Hardi.



Huitième Croisade - La mort de Saint Louis à Tunis (1270) - enluminure de  Jean Fouquet -
 les Grandes Chroniques de France (~.1455-1456)  - manuscrit de la BNF Paris
La mort de Saint Louis , fenêtre de l'église Saint-Médard de
Thouars (Deux-Sèvres)


De Louis le neuvième à Saint Louis,
pour la postérité.

Le 11 août 1297, Louis IX, monarque et chrétien fervent, est canonisé par le pape Boniface VIII. Entre 1305 et 1309, quelque trente ans après la mort du roi, Jean de Joinville rédige une hagiographie de celui que le peuple a vénéré de son vivant pour sa noblesse et sa sainteté. Dans cette Vie de Saint Louis au récit empli de vénération, de nombreux épisodes favorisent la popularité du roi — le roi rendant la justice sous le chêne, lavant les pieds aux lépreux, etc. — et font du souverain un mythe fondateur de l’histoire de France.




De fait, l’époque de Saint Louis représente incontestablement un apogée dans l’histoire médiévale française. Après les révoltes seigneuriales du début de son règne, le roi a su trouver un équilibre quasi parfait entre la monarchie et l’organisation féodale. Ses réalisations, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du royaume, ont été subordonnées à une exigence de modération et de justice.
La mort de Saint Louis , un des vitraux de la collégiale Notre-Dame de
Poissy (Yvelines), conçus au XIXe siècle à la manière du Moyen-âge.

Par charité, il a fait construire l’hospice des Quinze-Vingts à Paris en faveur de trois cents aveugles. Par piété, il s’est engagé à corps perdu dans les croisades, ce en quoi il demeure la personnification du « roi croisé ». Cette conviction religieuse l’a également amené à écraser les cathares languedociens (1229), à introduire le tribunal de l’Inquisition dans son royaume (1231), et à manifester une extrême rigueur à l’encontre des communautés juives.
estampe fin XVIIIe ou début XIXe siècle - collection du  MUCEM de Marseille

Saint Louis , vitrail moderne de l'église Saint-Louis
de Brest (Finistère)
Le règne de Louis IX coïncide avec une certaine plénitude de l’art : construction de la Sainte-Chapelle (1257) — dont les vitraux retracent la vie de Saint Louis —, sculptures de la façade de la cathédrale de Reims, édification ou rénovation des grandes cathédrales (Paris, Rouen, Amiens, Beauvais, Auxerre, Bourges, Clermont, etc.), toutes réalisations auxquelles le roi a apporté une attention personnelle. C’est enfin durant son règne qu’est fondée l’université de la Sorbonne par Robert de Sorbon (1257), que saint Thomas d’Aquin enseigne à Paris, que Guillaume de Lorris rédige la première partie du Roman de la rose, et que Vincent de Beauvais publie l’encyclopédie Speculum majus.

Saint Louis , vitrail de la cathédrale Saint-Louis de
Versailles (Yvelines)
Tableau de Émile Signol (1839) - Musée du Château de Versailles




Pour compléter votre information :
le site du jubilé Louis IX à Poissy :  saintlouis.airgames.fr

la Poste française a également émis un timbre qui est officiellement mis en service ce jour : 25 avril 2014.
voir le site : Ville de Poissy.









Je vous donne rendez-vous bientôt pour la célébration d'un autre grand monarque français,  dans quelques mois ...









                       Herald Dick
                     

dimanche 20 avril 2014

20 avril 1314 - 700e anniversaire de la 1ère manifestation de «la Malédiction des Templiers»

Le 18 mars 1314, Jacques de Molay, dernier Grand Maître du Temple entend le jugement de la commission pontificale devant Notre Dame de Paris qui le condamne, ainsi que ses compagnons à la prison à perpétuité. Furieux, épuisé, après sept ans d'interrogatoires incessants, d'emprisonnements et de sévices, alors qu'il attendait un verdict plus léger,voire une libération de la part du Pape, il conteste le jugement et remet en cause tout ce qu'il avait avoué, en arguant qu'on lui a extorqué par la force, par la ruse et dénonce les machinations à l'encontre de son Ordre. Grosse erreur: il devient ainsi relaps (coupable de retour à l'hérésie qu'il avait d'abord abjurée ) pour la justice séculaire : celle du roi Philippe IV, qui n'attendait que cela pour se débarrasser des Templiers et s'emparer de leur trésor, détenu au Temple de Paris !  Le soir même, il est emmené de force sur l'île aux Juifs, tout au bout de l'île de la Cité, est attaché sur le bûcher où il mourra en compagnie d'autres dignitaires Templiers.

C'est alors que, commençant à brûler vif, il se serait écrié : "Pape Clément, Roi Philippe, avant un an je vous cite à comparaître au tribunal de Dieu pour y recevoir votre juste châtiment ! Maudits ! Maudits ! Tous maudits jusqu'à la treizième génération de vos races".
Certains chroniqueurs précisent même : "Toi Clément à 40 jours, et toi Philippe dans l'année".
 Cette invocation a-t-elle été vraiment prononcée, personne ne peut plus en attester. Mais c'est en tout cas le point de départ d'une fantastique légende qui va passionner toutes les générations qui suivront et parmi eux: historiens, écrivains, peintres, cinéastes, pendant des siècles jusqu'à aujourd'hui encore à la télévision ou dans les jeux vidéo.

La première "victime" désignée par Molay dans les flammes est le Pape, il décède 33 jours seulement après la sentence de mort ! Troublant ...

Pape Clément V

Château de Villandraut ( France, Gironde), possession de la famille de Goth,  forteresse construite entre 1306 et 1312 à l'époque du pontificat du pape Clément V qui était né dans l'ancien château familial, en 1260.

Clément V (v. 1260-1314), pape de 1305 à 1314, né Bertrand de Got, en France, il étudia le droit canon à Orléans et à Bologne. Après avoir été nommé évêque de Comminges (1295-1299), puis archevêque de Bordeaux (1299-1305), il fut élu pape grâce aux manœuvres politiques du roi de France Philippe IV le Bel. Il est connu pour avoir été le premier "pape d'Avignon".
"d'or à trois fasces de gueules"
blason de la famille de Got ou Goth

Carte Premier Jour en l'honneur de Clément V (armoiries épiscopales dans le cachet) pour son passage à l’évêché de Saint-Bertrand-de-Comminges .  En 1304,  il lance la construction de l'actuelle église gothique et en 1309 en tant que pape, il y transporte lui-même les reliques de saint Bertrand. Il favorise ainsi le culte du saint, faisant de son tombeau le centre d'un grand pèlerinage en Europe.
timbre de 2009 montrant le nouveau Palais des Papes d'Avignon, qui a été construit quelques décennies après la mort de Clément V. Mais c'est lui qui avait décidé d'installer la papauté à Avignon, dans un couvent, afin d'éviter Rome qu'il craignait à cause des intrigues et violences entre Guelfes et Gibelins. Avignon, avait l'avantage d'être rattachée en 1348 au Comtat Venaissin (Carpentras, Vaison-la-Romaine, Cavaillon, etc...)  qui appartenait déjà à l’Église,
Après avoir siégé un moment à Poitiers, en 1309, Clément prit la décision de s'installer en Avignon afin d'échapper aux troubles politiques qui agitaient Rome. Cette situation eut pour conséquence de placer Clément V sous la coupe de Philippe IV. Les nominations aux postes ecclésiastiques qui suivirent, surtout celles des cardinaux, furent ainsi particulièrement favorables aux Français. De plus, en 1312, Philippe IV, qui avait besoin d'argent pour mener la guerre en Flandres, força Clément V à dissoudre l'ordre des Templiers, dont il convoitait les biens, lors du concile de Vienne (1311-1312). En revanche, Clément s'opposa à la tentative de Philippe le Bel de déclarer Boniface VIII hérétique de manière posthume pour le seul motif qu'il lui avait résisté avec force.
Le Pape Clément et le Roi Philippe IV devant les Templiers -  
enluminure du Maître de Boucicault - XVe siècle - BNF Paris
armoiries pontificales de Clément V
Feuillet philatélique émis en 2012 par la Bulgarie pour commémorer le 700e anniversaire
de la bulle papale « Vox in excelso » actant la dissolution de l'Ordre du Temple.

Par ailleurs, Clément V fonda l'université de Pérouse en 1307 et institua des chaires de langues orientales à Paris et à Oxford. Il promulgua en 1311 les Constitutiones Clementinae, un ensemble de décrétales qui marquèrent le développement du droit canon.
le Demi-gros, monnaie du pape Clément V : 1305-1314
gravure sur la page de garde d'un livre ancien
 Malade depuis plusieurs années, il désire se rendre dans sa Guyenne natale. Ses médecins décident alors d'avoir recours à l'ultime remède capable de le sauver, connu, à l'époque, pour son efficacité : un plat d'émeraudes pilées, destiné à le guérir. Malheureusement, Clément V s'intoxique avec son "remède".

Le pape Clément V meurt le 20 avril 1314 à Roquemaure (Gard) , dans la demeure du chevalier Guillaume de Ricavi qui l’avait hébergé, soit un mois après l'exécution de Jacques de Molay, le grand maître de l'Ordre du Temple. Son tombeau se trouve dans l'église collégiale à Uzeste , près de Bordeaux (Gironde).



Nous reviendrons certainement sur d'autres personnages dans le courant de l'année. 


           Herald Dick