Affichage des articles dont le libellé est Chevaliers de la Table Ronde. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Chevaliers de la Table Ronde. Afficher tous les articles

dimanche 4 juin 2017

La Quête du Graal dans les manuscrits français - Chapitre #07 : les rois Galegantin de Norgalles, Aguisant d'Écosse, Malaquin, Léodagan et quelques autres encore, à la Table Ronde

Le roi Claudas se présentant devant le roi Arthur, miniature extraite
 du roman en prose de Lancelot du lac par Gautier Moap  - XIVe s.
manuscrit français 16999 - folio 9r. -  BNF  Paris
uelques mois se sont écoulés depuis le dernier volet de cette "Quête du Graal" virtuelle et documentaire.
  Je rappelle qu'elle consiste à explorer quelques-uns des plus importants manuscrits et premiers livres imprimés français relatifs au cycle arthurien. Je vous invite à revoir le premier chapitre (voir ici → #01 ) qui résume toute la démarche initiale.
 Du moins nous privilégions ceux dont la légende est illustrée par de pures merveilles que sont les enluminures et plus spécialement les dessins ayant un intérêt du point de vue de l'héraldique.

 Voici donc le septième volet de la série. Je rappelle que j'ai pris comme base référentielle deux armoriaux manuscrits : et plus particulièrement, cette fois, pour cet épisode consacré aux rois alliés de la maison d'Arthur,celui coté "Français 5233" de la Bibliothèque Nationale de France (Paris) daté du XVIe siècle, et le manuscrit coté "Ms 5024" de la Bibliothèque de l'Arsenal (Paris), du XVe siècle. C'est le premier qui décide de l'ordre de présentation des chevaliers, précédés d'un chiffre romain. En raison de leur notoriété, ou de leur réelle participation à la Table ronde, certains personnages ainsi que leurs blasons, sont en effet présents dans tel manuscrit, mais absents dans un autre.

Vous pouvez aussi revenir au chapitre précédent : → #06


 • Les blasons :
  1.  Le Roy Gulyamis de Norgalles / le roi Galegantin de Norgalles
  2.  Le Roy Aguisant descorse / le roi Aguisant d'Écosse
  3.  Le Roy Malarquin oultre les marches de galonne / le roi Malaquin d'outre les Marches de Gallone
  4.  Le Roy Claudas de la déserte / le roi Claudas de la Déserte
  5.  Bauduyer le conestable / Bédoïer le Connétable
  6.  Agoval de galles / Agloval de Galles






• Les blasons avec leur légende au-dessus :
  1. Le roy aguisant descosse dargent a 1 lyon de gueulles armé de sable une cordeliere au tour/ Aguisant d'Écosse: "d'argent au lion de gueules, armé et lampassé de sable, une cordelière à nœuds de gueules en orle".
  2. Brunor de la fontaine escartelé dor et de sable a une fontaine dargent sur le tout/ Brunor de la Fontaine: " écartelé d’or et de sable, à la fontaine d’argent brochant sur le tout"(il sera développé dans un futur chapitre).
  3. Lenfant du plessit de gueulles a troys roses dargent / L'Enfant du Plessis: " de gueules à trois roses d'argent" (il sera développé dans un futur chapitre).
  4. Le roy malaquin doultre les marches de galonne dor a 1 teste de morien couronne dar-gent / Malaquin d'outre les Marches de Galonne: "d’or à la tête de maure de sable, couronnée d’argent".
  5. Persides dargent se-mé de tour---teaux dazur/ Persides le Gent: "d'argent semé de tourteaux d'azur" (il sera développé dans un futur chapitre).
  6. Kalahart le petit de sable a ung orle de troys pieces dor/ Kalahart le Petit: "de sable à l’orle d’or de trois pièces"(il sera développé dans un futur chapitre).



XXXV. Le roi Galegantin de Norgalles

 


Galegantin de Norgalles, roi quêteur du Graal, selon le Tristan en prose, sans reconnaître dans ce nom, une erreur pour Galehodin le Gallois, confusion compréhensible du fait d'un autre chevalier, nommé Galegantin le Gallois. Le qualificatif « de Norgalles » est ici conservé pour bien distinguer les deux personnages. Norgalles voulant dire "le pays au nord de Galles", tout simplement. Galehodin est en vérité roi de Sorelois, fils de Balienne, neveu et filleul de Galehaut des Isles Lointaines.



  Armes : de pourpre au lion d’argent, armé et lampassé de sinople.
Cimier : une tête de lion d’argent, lampassée de sinople (ou d'or bouclée du même).
Supports : deux lions d’argent, armés et lampassés de sinople.
Devise : NORGALLES




• Il y a eu un réel problème pour attribuer à ce personnage, d'un manuscrit à un autre, et lui plus que d'autres encore, une orthographe correcte à son nom !  Gulyamis sur la première planche de ce sujet, Gallegunneis, Galganeis, Gallegantis (avec 1 ou 2 l), Gallegantins, etc... Sans le blason : impossible de s'y retrouver.

texte original en vieux français  : "Cy devise Le roy Galegantis de norgales -
 Le roy Gallegantis de Norgalles estoit homme de moienne taille les cheveux eut noirs et non mue grant plante Tout le corps eut bien fait. Fors que les jambes estoient ung peu trop grossetes  Moult estoit fort homme honeste et hardy et voulentiers demouroit entre ses hommes.."

• Comme avec les armes d'autres chevaliers, vus précédemment, les enlumineurs ont du mal à donner une teinte précise à l'émail "pourpre". Encore une fois les nuances vont du gris au marron, et même très foncé (ci-dessus) ! 
 
.

XXXVI. Le roi Aguisant d'Écosse

Le roi Aguisant est le fils de Caradan (Beradam), neveu et cousin éloigné du roi Arthur, père de Cadret, Coi et Archemais, oncle de Gaudin et Galien. Ses armes ressemblent à celles portées historiquement par les rois d’Écosse dès le début du XIIIe siècle. Il trouve la mort lors de la bataille de Salesbieres contre le traître Mordret.

Armes : d’argent au lion de gueules, armé et lampassé de sable, à l’orle noueux de gueules.
Cimier : une hure de sanglier de sable, couronnée d’or (ou un dragon issant d'or).
Tenants : deux sirènes au naturel, chevelées d’or et tenant un miroir d’or vitré d’azur.
Devise : SANS PAOVR AVOIR

• Les armes d'Aguisant sont fort ressemblantes à celles, primitives et authentiques, du royaume d'Écosse, à la seule différence que l'orle fleurdelisé (ou trescheur) est ici remplacé par un orle noueux, en fait une corde avec des nœuds réguliers aussi appelée "cordelière". Sur certains écus cette cordelière est posée en bordure et dans un des cas elle est même externe à l'écu, comme un chapelet autour des armoiries.
.

XXXVII. Le roi Malaquin 
d'outre les Marches de Galonne

Le roi Malaquin d'outre les Marches de Galonne est le cousin et le sénéchal de Galehaut, il est Roi des Cent Chevaliers, mais le nom de son royaume est variable, seigneur d'Estrangorre, roi d'Outre les Marches, roi des Marches, de Sorelois, de Malahaut ou bien roi d'Escoce. Les armoriaux lui donne une origine danoise, qui peut survenir à cause d'une confusion avec un roi saxon homonyme, mentionné dans la Vulgate.


Armes : d’or à la tête de maure de sable, couronnée d’argent.
Cimier : une tête de maure de sable, couronnée d’argent (ou un dragon issant d'or).
Supports : deux ours de sable, emmuselés de gueules.
Devise : DANOIS SVYS

.


.

XXXVIII. Le roi Claudas de la Déserte

• Nous terminons ici la série des rois de pays amis, associés à la Table Ronde, tels qu'ils ont été énumérés dans le manuscrit Français 5233. La série a été ouverte avec le roi Ban de Bénoïc et les armoiries de chacun sont facilement identifiables, car surmontées (timbrées) d'une couronne royale. Mais, nous avons déjà vu avec le roi Rion, oublié dans le manuscrit de référence, et que j'avais rajouté en fin de chapitre, que les auteurs avaient commis quelques omissions assez impardonnables : il en est de même avec le roi Léodagan que je vais insérer tout de suite après celui-ci. A l'inverse, il est curieux de faire apparaître le roi Claudas dans cet armorial, lui qui n'a jamais été membre de la Table Ronde, et pour cause, il était l'ennemi farouche du roi Arthur et de la plupart de ses lieutenants.

Le roi Claudas donnant ses directives à son armée, miniature extraite
 du roman en prose de Lancelot du lac par Gautier Moap  - XIVe s.
manuscrit français 16999 - folio 32v. -  BNF  Paris
Le roi Claudas, roi de la Terre Déserte, est l'un des ennemis du jeune roi Arthur. Il s'empare des pays de Bénoïc et de Gaunes, royaumes respectifs des deux frères Ban et Bohort. Ce n'est que bien plus tard, à l'occasion de l'enlèvement d'un cousin de Guenièvre par Claudas, que les deux fils du roi Bohort récupèreront ces terres avec l'aide d'Arthur. Le roi Claudas vaincu et vieillissant sera ensuite envoyé à Rome en disgrâce.
• Le personnage de Claudas pourrait avoir été inspiré par l'Empereur de Rome Claude ou encore par les rois Francs Clodion le Chevelu et Clovis. En effet, outre la ressemblance phonétique, les conquêtes territoriales de Claudas sont assez semblables à celles de Clovis. Selon la légende, un fils de Claudas nommé Claudin, serait devenu un chevalier plein de vertu et aurait été parmi les huit autres chevaliers à rejoindre Bohort l'Essillié, Perceval et Galaad dans l'achèvement de la quête du Graal.

• La présence de ce personnage dans quelques rares armoriaux est peut-être le fait d'une confusion avec son fils Claudin, qui rejoint la Table Ronde pendant la quête du Graal.

Armes : d’azur à un pin d’or.


.

XXXIX. Le roi Léodagan de Carmélide

Le roi Léodagan, souvent orthographié Léodegan, est le père de la reine Guenièvre et de la Fausse Guenièvre, il reçoit du roi Arthur, son gendre par conséquent, la seigneurie de Boulogne, lors de la conquête de la Gaule, et il décède peu de temps après, mort au combat selon le Brut ou de vieillesse selon la Vulgate.

Armes : de sable au léopard d’or, armé et lampassé de gueules.
Cimier : une tête de léopard d’or, lampassée de gueules (ou une aigle d'argent issant).
Supports : deux léopards d’or.
Devise : ASSES TOST




.

XL. Bédoier le Connétable

Bédoier le Connétable est le fils de Corneus, frère de Lucan et cousin de Girflet. Les sources anglaises et Malory semblent avoir dédoublé ce personnage avec la figure de Baldwyn (Baudwyn of Britain), qui n'apparait dans aucun texte français. Bédoïer trouve la mort contre les Romains peu de temps avant la Bataille de Salesbieres.

Armes : d’or au gonfanon de gueules.
Cimier : un gant d’argent (ou un dragon d'argent issant).
Supports : deux pigeons d’argent, becqués et membrés de gueules.
Devise : PREIST A VOLER


• En tant que meuble héraldique, le gonfanon est une bannière verticale à trois pendants, aux extrémités arrondies et sommée de trois annelets, qui évoquent la possibilité d'une suspension sur une tige de bois ou métallique, non représentée. Il peut être bordé ou frangé. Les armes d'Auvergne sont les plus représentatives de cette figure, dans le monde réél. On peut être donc être perplexes en voyant les diverses interprétations de nos illustrateurs. Les deux premiers dessins montrent plutôt des lambels à trois pendants. Dans ceux qui suivent trois d'entre eux comportent quatre pendants et non trois, et les annelets ne sont pas figurés. Si le dessin de Jérôme de Bara dans la première édition de 1581 à gauche est parfaite, celui de l'édition de 1628 est ahurissante: un griffon a été représenté, pour coller phonétiquement au terme approximatif de "gauffaron" pour gonfanon. Armoiries imaginaires, d'accord, mais là, c'est plus : armoiries totalement délirantes !
• Encore une fois le nom de notre personnage est orthographié diversement : Bauduyer, Bedoier, Bedonier, Baudoyer, etc...


Bédoïer le Connétable , peinture
sur parchemin, XVe siècle
Bédoïer et Agloval réunis, fragment du feuillet du Ms Fr 5024, folio 5v
 déjà vu dans le chapitre #04


XLI. Agloval de Galles

Agloval est le fils du roi Pellinor et de la Veuve Dame, frère de Mélodiam, Alain, Dorian, Perceval et Lamorat de Galles, demi-frère de Tor le fils d'Arès, et neveu de Lamorat de Listenois. Agloval meurt pendant la quête du Graal des mains de Gauvain.


Armes : de pourpre semé de croisettes d’or, au léopard d’argent, armé et lampassé de gueules brochant.
Cimier : une tête de léopard d’argent, lampassée de gueules.
Supports : deux léopards d’argent armés et lampassés de gueules.
Devise : DE GALLES DE GALLES

.




Le combat d'Agloval de Galles et de Griffon del Mal Pas - miniature extraite du manuscrit Français 115 - Lancelot en prose -
 folio 413v. (XVe siècle) - Bibliothèque National de France - Paris.

.

  Vous pouvez retrouver et consulter tous les armoriaux et manuscrits cités dans les infos bulles accompagnant les images (en passant votre souris dessus) en vous connectant aux réserves numériques des bibliothèques nationales ou municipales, ou sur les serveurs où ils sont stockés, tels que :
numerique.bibliotheque.bm-lille.fr
-  www.themorgan.org


Enfin, je vous recommande de visiter ces réalisations modernes en dessins vectoriels de très grande qualité  :

   
         à bientôt.....
 
.

samedi 10 décembre 2016

La Quête du Graal dans les manuscrits français - Chapitre #06 : les rois Urien, Pellinor, Pharamond et quelques autres encore, à la Table Ronde

miniature : "Le tournoi du Pin du Géant" - manuscrit "Guiron le Courtois"
d'Heli Boron (XVe s.) - Ms fr 338 - folio 89r - BNF Paris
uelques mois se sont écoulés depuis le dernier volet de cette "Quête du Graal" virtuelle et documentaire.
  Je rappelle qu'elle consiste à explorer quelques-uns des plus importants manuscrits et premiers livres imprimés français relatifs au cycle arthurien. Je vous invite à revoir le premier chapitre (voir ici → #01 ) qui résume toute la démarche initiale.
 Du moins nous privilégions ceux dont la légende est illustrée par de pures merveilles que sont les enluminures et plus spécialement les dessins ayant un intérêt du point de vue de l'héraldique.

 Voici donc le sixième volet de la série. Je rappelle que j'ai pris comme base référentielle deux armoriaux manuscrits : et plus particulièrement, cette fois, pour cet épisode consacré aux rois alliés de la maison d'Arthur, celui coté "Français 5233" de la Bibliothèque Nationale de France (Paris), daté du XVIe siècle. En raison de leur notoriété, ou de leur réelle participation à la Table ronde, certains personnages ainsi que leurs blasons, sont en effet présents dans tel manuscrit, mais absents dans un autre.

Vous pouvez aussi revenir au chapitre précédent : → #05


 • Les blasons :
  1.  Le Roy Urien / le roi Urien
  2.  Le Roy de Clares / le roi de Clares
  3.  Le Roy Pelinor / le roi Pellinor
  4.  Le Roy Ryon / le roi Rion *
  5.  Le Morhoult d Irlande / le Morhault d'Irlande
  6.  Le Roy Pharamond de gaules / le roi Pharamond de Gaule

(*) la légende du manuscrit au-dessus du blason nous oriente sur le roi Rion (voir ce personnage, déjà traité précédemment, en cliquant sur le lien), mais ces armes aux trois têtes de lion, sont par principe attribuées au roi Ydier (voir développement plus bas).



XXIX. le roi Urien

  Urien devient Urien de Gorre, un royaume mythique. Sous le règne d'Uther Pendragon, il épouse la sœur d'Arthur, Morgane. Il s'oppose d'abord à l'accession d'Arthur au trône après la mort d'Uther et complote avec d'autres rois voisins. Après sa défaite, il devient son vassal et allié. Il est le père d'Yvain le Grand et d'Yvain l'Avoutre, l 'oncle de Baudemagu et de Gauvain. Il se retire ou meurt avant la quête du Graal.
.
 
Armes : d’azur au lion d’or, armé et lampassé de gueules.
Cimier : une tête de lion d’or, lampassée de gueules.
Supports : deux cygnes d’argent, becqués et membrés de sable.
Devise : A TOVT


• On notera que Urien et Yvain, son fils légitime ont bien le même blason, ce qui paraît normal dans le système héraldique de la chevalerie. Ce principe est donc aussi parfaitement appliqué pour cette héraldique imaginaire, ce n'est d'ailleurs pas le premier cas que nous observons. Les différences sont dans les ornements extérieurs : la couronne d'or timbrant l'écu, et le manteau d'hermine, marquant le statut de souverain, les supports: deux cygnes pour Urien, deux lions pour Yvain. Et la devise également, est différente.





XXX. le roi de Clares

Claris de Clermont, plus connu sous le nom du roi de Clares, ou de Clarés (quelque part en Gaule Aquitaine), de Gascogne et d'Espagne. Il est le fils du duc Edaris. Il fait également partie des Compagnons Errants. Les sources anglaises le font mourir pendant la Bataille de Salesbieres ou bien après s'être retiré auprès de Lancelot devenu ermite. 
 Certains textes comme celui ci-dessous situent son royaume près d'une cité (fictive) nommée Clarence, qui pourrait être rapprochée de la petite ville de Clare dans le Suffolk, en Angleterre, berceau supposé des ducs de Clarence, un titre porté par les pairs du royaume d'Angleterre, créé en 1362.

Armes : d’or à une croix potencée de gueules.
Cimier : une croix potencée de gueules.
Supports : deux corbeaux de sable.
Devise : CLARES
.




XXXI. le roi Pellinor de Listenois

Pellinor de Listenois est un roi gallois, fils du roi Pellehan, frère de Lamorat (de Listenois) et de Pellés, père d'Agloval, de Tor, de Lamorat de Galles et de Perceval. Il est tué par Gauvain.

Armes : d’or semé de croisettes d’azur.
Cimier : une aigle issante de sable (ou un singe d'argent issant)
Supports : deux aigles de sable.
Devise : PAR LA CROIX
.

• Le "semé de croisettes" est l'ADN héraldique de cette famille galloise, puisqu'on retrouve ce motif sur tous les blasons de la plupart des personnages cités plus haut : les deux Lamorat, Agloval, Tor et Perceval ... Seuls les émaux de champ ou des croisettes varient, et deux d'entre eux sont chargés d'un léopard brochant.





XXXII. le roi Ydier

Ydier ou Yder est un cousin éloigné du roi Urien, oncle d'Yvonet, il est parfois difficile de distinguer dans les textes ce roi de Cornouaille avec Yder, le Fort tirant, le fils de Nu. La Cornouaille dont il est ici question, est probablement la terre de Bretagne continentale, et non les Cornouailles de Grande-Bretagne, où règne le roi Marc.

Armes : de gueules à trois têtes de lion d’or, lampassées de sable.
Cimier: une tête de lion d’or, lampassée de sable.
Supports : deux lions d’or, armés et lampassés de sable.
Devise : OR BIEN
.


• Avec le roi Yder/Ydier est apparu dans certains manuscrits semble-t-il une erreur initiale d'identification, qui s'est propagée par la copie de manuscrit en manuscrit. En effet le blason "de gueules à trois têtes de lion d’or, lampassées de sable" se trouve parfois associé au nom du roi Rion ou Ryon (comme ci-dessous), alors que celui-ci a pour armes : "d’or au léopard d'azur" (voir → ICI, le n° XXVIII). C'est le cas aussi pour le feuillet complet du début de ce sujet.




XXXIII. le Morhault d'Irlande

Le Morhault (également appelé Morholt, Marhalt, Marhault, Morold, Marhaus et encore d'autres variantes) est un guerrier irlandais qui exige le tribut au roi Marc de Cornouailles jusqu'à ce qu'il soit tué par Tristan. Il apparait dans presque toutes les versions de Tristan et Iseult, à commencer par les œuvres de Béroul et de Thomas d'Angleterre. Plus tard, les auteurs de romans élargissent le rôle du Morhault: il est un chevalier de la Table ronde avant de rencontrer Tristan. Dans de nombreuses versions, le nom de Morhault est précédé par un article défini "le" comme s'il s'agissait d'un grade ou d'un titre.
Morhault et Gauvain (de pourpre à l’aigle bicéphale d’or, becquée et membrée d’azur) au pied de la Roche
 aux Pucelles où celles-ci les mettent en garde sur les dangers mortels qu'ils encourent.
Armes : burelé d’argent et d’azur, au lion de gueules brochant.
Cimier : une tête de lion de gueules lampassée de sinople.
Supports : deux lions de gueules, armés et lampassés de sinople.
Devise : YBERNYE
.

• La devise de Morault : Ybernye,  vient de Hibernia, qui est le nom ancien en latin de l'île d'Irlande.

Le combat fatal de Morhault contre Tristan (de sinople au lion d’or, armé et lampassé de gueules)
 texte en rouge: " Comment messire Tristan de Leonnois et le Morhault d Irlande se comba
tirent et messire Tristan loultra et luy fit playe mortelle dont il mourut après.."



XXXIV. le roi Pharamond

Pharamond présente une particularité : il est commun à deux mondes, celui purement légendaire du cycle de la Table Ronde et un autre, le reliant à la mythologie païenne des rois antiques précurseurs de notre histoire occidentale. Dans le premier cycle, Pharamond est un parent de Claudas de la Déserte et fils d'un serf affranchi. Il parvient à conquérir la Gaule et à en devenir le roi. Il devient le vassal du roi Uther Pendragon. Puis, il se rebelle  plusieurs fois contre celui-ci ou contre le roi Arthur, mais rejoint à la fin la Table Ronde. Il disparaît ensuite des textes avant la Quête du Graal.

Armes : de sable à trois crapauds d’or, ou : d'or à trois crapauds de sable.
Cimier : une tête de tigre de sable.
Supports : deux tigres de sable.
Devise : GAVLE GAVLE
.

remarquez les termes curieux (à la fin du texte) employés pour désigner les crapauds : " Et portoit en ses armes d or --- a troys regnes tarrestres de sable."  le mot "regne" vient du latin "rana" : la grenouille : ce sont donc des grenouilles terrestres !!

• Malgré sa nature légendaire, Pharamond fut longtemps présenté par les historiens et les écrivains, durant le Moyen-Âge et l'Ancien Régime, comme étant le tout premier roi des Francs et l'ancêtre des Mérovingiens. Il occupe en quelque sorte le "chaînon manquant" entre la Gaule celtique non romaine et les premiers rois Francs qui ont régné sur la Gaule, après la chute de l'Empire romain.
  Présenté pour la première fois comme un roi des Francs dans une généalogie anonyme du début du VIIe siècle, cette affirmation est reprise à nouveau en 727 dans le Liber Historiae Francorum. Il y est dit qu'il est le fils de Marcomir et le père de Clodion le Chevelu. Il fut donc par la suite, longtemps considéré comme le premier roi Mérovingien. Les historiens le faisaient régner au début du Ve siècle, aux alentours de 420. Ses qualités de roi des Francs et d'ancêtre mérovingien sont depuis rejetées par la critique historique et son historicité est également mise en doute. Il est considéré depuis lors comme un personnage essentiellement mythologique.
 Dans les nombreux recueils et autres œuvres littéraires ou artistiques, au niveau des arbres généalogiques, il figure souvent en tête comme étant le premier de la lignée des rois de France. Et ses armes "aux trois crapauds", avec des émaux variants d'un manuscrit à à l'autre, sont souvent attribuées à la dynastie mérovingienne dans son ensemble. J'y avais déjà fait allusion  dans ce blog, avec un sujet ancien illustré, sur Clovis (voir → ICI).
Portrait de Pharamond, roi de Gaule, dessin et gravure de Nicolas de  Larmessin (1632-1694)
  extraite  de "Les augustes représentations de tous les rois de France, depuis Pharamond
 jusqu'à Louis XIV..." (1690)  - Bibliothèque nationale de France, Na-12-4 - Paris.
détail des armoiries de Pharamond,  dessinées  par Larmessin





• Au titre des personnages de l'histoire antique, le blason de Pharamond, premier roi des François, abandonne les crapauds, pour trois couronnes à l'antique. Peut-être faut-il y voir un parallèle symbolique avec les armes supposées du roi Arthur de Bretagne (d'azur à trois couronnes d'or).



.

  Vous pouvez retrouver et consulter tous les armoriaux et manuscrits cités dans les infos bulles accompagnant les images (en passant votre souris dessus) en vous connectant aux réserves numériques des bibliothèques nationales ou municipales, ou des serveurs où ils sont stockés, tels que :
numerique.bibliotheque.bm-lille.fr
-  www.themorgan.org/


Enfin, je vous recommande de visiter ces réalisations modernes en dessins vectoriels de très grande qualité  :
 Pour découvrir les rois Galegantin de Norgalles, Aguiscant d'Écosse, Malaquin d'oultre les Marches de Galonne, Claudas, Léodagan, Bédoïer le Connétable et Agloval de Galles, c'est au Chapitre #07 → ICI
   
         à bientôt.....