Affichage des articles dont le libellé est Japon. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Japon. Afficher tous les articles

vendredi 9 juin 2017

Top 15 des plus grandes villes du Japon avec leurs blasons

Voici un nouveau volet à cette série consacrée à la découverte de l’héraldique civique, à travers divers pays du Monde. Le principe du "Top xx" très répandu dans les médias et sur Internet, pour recenser ce qui est le plus remarquable dans un domaine particulier est ici adapté à cette thématique. Il nous permettra de découvrir ou réviser la géographie d'un pays choisi de manière aléatoire et dans le même temps de s'intéresser à sa diversité en matière de blasons et emblèmes municipaux.

Nous quittons provisoirement l'Europe, à la rencontre d'un pays très intéressant à plusieurs titres, et surtout parce qu'il possède un système héraldique différent de celui que nous connaissons, né en Europe, mais aussi ancien que lui, et même précurseur de quelques siècles, c'est: le Japon.




 Le Japon est un archipel de 6 852 îles, dont les quatre plus grandes sont : Hokkaido, Honshu, Shikoku, et Kyushu. Dans ce sujet la plupart des villes sont situées sur l'île d'Honshu. Dans le cas contraire: ce sera précisé. Le pays est divisé administrativement en 47 préfectures, équivalentes à nos départements. Il existe aussi un découpage plus large, en 8 régions, mais il n'a qu'une valeur géographique et statistique.  
Voici donc les 15 plus grandes villes en terme de population (chiffres : 2015 / 2016).



1 - TOKYO / Tōkyō  /  東京市

- ancien nom : Edo (avant 1868)
capitale du Japon depuis 1868, et de la Préfecture métropolitaine de Tokyo - 13 622 270 habitants


ancienneté du mon : 1889



2 - YOKOHAMA  /  横浜市

capitale de la Préfecture de Kanagawa - 3 732 620 habitants



ancienneté du mon : 1909




3 - OSAKA / Ōsaka  /  大阪市

capitale de la Préfecture d'Osaka - 2 663 100 habitants


ancienneté officielle du mon : 1894, mais déjà connu vers 1830/1844



4 - NAGOYA  /  名古屋市

capitale de la Préfecture d'Aichi - 2 283 290 habitants


ancienneté du mon : 1907



5 - SAPPORO  /  札幌市

capitale de la Préfecture d'Hokkaido, dans l'île d'Hokkaido - 1 948 260 habitants


ancienneté du mon : 1911



6 - FUKUOKA  /  福岡市

capitale de la Préfecture de Fukuoka, dans l'île de Kyushu - 1 550 630 habitants


ancienneté du mon : 1909



7 - KOBE / Kōbe   /  神戸市

capitale de la Préfecture de Hyōgo - 1 536 500 habitants


ancienneté du mon : 1907



8 - KAWASAKI  /  川崎市

ville de la Préfecture de Kanagawa - 1 496 035 habitants


ancienneté du mon : 1925




9 - KYOTO / Kyōto  /  京都市

ancienne capitale impériale du Japon jusqu'en 1868, capitale de la Préfecture de Kyoto - 1 475 180 habitants


ancienneté du mon, sous sa forme actuelle : 1960,
mais son origine (sans le cercle) remonte au XIXe siècle





10 - SAITAMA  /  さいたま市

capitale de la Préfecture de Saitama - 1 266 660 habitants


ancienneté du mon : 2001



11 - HIROSHIMA  /  広島市

capitale de la Préfecture de Hiroshima - 1 196 275 habitants


ancienneté du mon : 1896



12 - SENDAI  /  仙台市

capitale de la Préfecture de Miyagi - 1 084 615 habitants


ancienneté du mon : 1933



13 - CHIBA  /  千葉市

capitale de la Préfecture de Chiba - 972 860 habitants


ancienneté du mon : 1921



14 - KITAKYUSHU  /  北九州市

ville de la Préfecture de Fukuoka, dans l'île de Kyushu - 952 130 habitants


ancienneté du mon : 1963



15 - SAKAI  /  堺市

ville de la Préfecture d'Osaka - 838 541 habitants


ancienneté du mon : 1895




Emblème de Tokyo en 1915 (extrait du livre de Haruo Kondo)
• Première réaction du lecteur, qui est tout à fait logique, quand on ne connaît pas grand chose de la culture japonaise : ces emblèmes apparaissent comme de banals logos ! Eh bien c'est inexact, même si, comparé aux symboles actuels utilisés par certaines marques commerciales, la modernité du graphisme de ces symboles est stupéfiante. Appelés 'mon' (紋) ou 'monshō' (紋章) en japonais, ce sont des signes découlant d'une tradition millénaire (voir quelques-uns de mes sujets qui en parlent → ICI ou ICI ) que les occidentaux ont nommé "héraldique japonaise", tellement elle présente de similarités avec l'héraldique originaire d'Europe, la lourdeur des règles en moins.


Emblème de Yokohama (1915)
• Les 'mon', blasons spécifiques qui ont été attribués aux villes et aux préfectures (les préfectures étant des départements, ou des provinces dans la nomenclature japonaise) ne sont pas très anciens, comme on peut le vérifier avec les dates mises en dessous des dessins. On peut seulement dire qu'un petit nombre d'entre eux, existent déjà à la fin du XIXe siècle, et beaucoup ont été créés dans le premier quart du XXe siècle. Pour preuve, c'est dans un recueil édité en 1915, écrit par un certain Haruo Kondo ( 近藤春夫 ) qu'ont été répertoriés une centaine de ces symboles concernant des villes importantes de l'Empire du Soleil levant. Le titre du livre original (都市の紋章 : 一名・自治体の徽章 ) peut se traduire par "Les emblèmes des villes et des gouvernements locaux (du Japon)". En marge, je vous en donne quelques spécimens, qui correspondent à ceux de quelques villes de ce Top 15 et qui n'ont pas changé.
○ Voir l'intégralité de ce livre numérisé, en diaporama (langues : JA / EN) → 📑  ← il est la propriété de la Librairie de la Diète du Japon (le Parlement).

Emblème de Kobe (1915)
• Selon Bernard Marillier, auteur du livre 'Mon, Héraldique japonaise' sorti en 2000 dans la collection "B.A-BA" chez l'éditeur Pardès, c'est à partir de l'ère Meiji (1868) que les 'mon', hérités de la féodalité japonaise, avec ses 'shoguns' et ses 'samouraïs', se sont "démocratisés". Ainsi, à partir de cette époque, n'importe quelle famille, ainsi que les villes, les corporations, les institutions, les sociétés commerciales et les groupes industriels peuvent porter un 'mon' comme emblème personnalisé. Les formes des 'mon' ont parallèlement et progressivement évolué avec les temps modernes. Jadis ils étaient en majorité inscrits dans une forme géométrique basique et harmonieuse : cercle, carré, triangle, hexagone, etc...qui servait de bordure et presque toujours monochromes.
Emblème de Sapporo (1915)
 Les 'mon' actuels sont désormais capables d'adopter des formes plus complexes et élaborées, mais en restant harmonieux visuellement : c'est la condition sine qua non. Et enfin, depuis quelques décennies, avec l'ère du numérique, ils sont aussi passés à la multiplication des couleurs.

• Ces symboles sont-ils totalement abstraits ou ont-ils une signification cachée ? La réponse est : oui pour la dernière proposition. Comme tous les symboles, ils évoquent soit quelque chose de concret, objet, animal, végétal, mais avec un dessin stylisé, simplifié à l'extrême, organisé dans un contour géométrique. Cela peut être aussi, mais plus rarement, une idée, un concept, matérialisés par une métaphore visuelle. Les armes parlantes sont également très en vogue au Japon.
Emblème ancien de Kyoto (1915)
  Par exemple : le 'mon' de Tokyo (n°1) s'inspire de l'image du soleil avec six rayons, celui de la ville n° 5 : un cristal de neige,  celui de la ville n°7 : deux moustiques (très stylisés) croisés, celui de la ville n°8, des rivières, celui de la ville n°13, des astres : lune et étoiles, celui de la ville n°14 : une fleur de prunier, etc... (je n'ai pas pu tout décrypter : lost in translation ! 🎎). Le symbole de la ville n°6 représente "la bonne fortune", celui de la ville n°10, l'initiale S stylisée, et en bichromie (c'est le plus récent de la série). Le signe à triple fourche de la ville n°15 indique que la ville est à la frontière de trois régions. Enfin, le symbole de la ville n° 11 découle lui, c'est une particularité, d'un mon familial (le clan Mitsu) mais avec des lignes courbes : une forme de brisure, en quelque sorte.

• source dates et interprétations des symboles: https://ja.wikipedia.org/wiki/東京都の区市町村章一覧 (et pages des autres préfectures)





Si vous désirez en savoir plus sur le pays : le Japon et ses emblèmes, c'est → ICI


A bientôt , pour un nouveau pays ...→ ICI

Et pour revoir le pays précédent ...  → ICI



          Herald Dick
 





.

mercredi 31 décembre 2014

Nouvel an 2015 : H -8

Le Tour du Monde du Nouvel An en 24 heures :



Nous sommes encore le 31 décembre et il est 16 h 00 à Mâcon (France), mais :


       à Osaka              et                à Kobe (Japon)
il est 00 h 00 le 1er janvier 2015

明けましておめでとうございます !! 
(Bonne Année ) en japonais




dimanche 9 novembre 2014

Histoire parallèle : septembre-novembre 1914-2014
la première Bataille du Pacifique en 1914 et dans l'Océan Indien également

 C'est le grand navigateur portugais Fernand de Magellan (1480-1521) qui avait baptisé «Pacifique»  le nouvel océan inconnu qu'il venait de découvrir en novembre 1520, à cause du temps calme qu'il rencontra pendant sa traversée. 
 Mais voilà que 400 ans plus tard, ce terme de "pacifique" n'est plus tellement approprié à la situation. En effet, nous avons déjà vécu depuis la fin du mois d'août 1914 : l'attaque des colonies allemandes de Tsingtau, en Mer de Chine , puis des îles Samoa, et de la Nouvelle-Guinée, ainsi que le bombardement de Tahiti par le vice-amiral allemand von Spee. Et comme on l'entend souvent depuis quelques semaines dans les médias : "... et c'est pas fini !".


drapeau du gouverneur de la colonie allemande
 en Chine, en 1914
pavillon de la marine de guerre allemande en 1914
pavillon de la marine britannique en 1914
drapeau du Raj britannique en Inde  en 1914
drapeau de guerre du Japon en 1914
drapeau de l'Australie en 1914


drapeau de la Fédération des États malais en 1914,
sous contrôle de l'Empire britannique 
drapeau du Chili en 1914
(pays non belligérant, mais qui a accueilli amicalement la
 flotte allemande dans le port de Valparaiso, après la bataille
 de Coronel, qui eut lieu à quelques dizaines de milles de ses côtes)

6 Septembre 1914 : raid allemand sur l'île anglaise de Tabuaeran ( aujourd'hui dans les Kiribati).


affiche de propagande allemande : "l'Allemagne sur les mers"
22 Septembre 1914 : bombardement du port de Madras en Inde par le croiseur allemand SMS Emden.

3-4 octobre 1914 : Débarquement japonais en Micronésie, combats.
vignettes de propagande des colonies allemandes dans les archipels du Pacifique .
Octobre 1914: Débarquement australien aux îles Salomon (possession allemande).

Octobre - 9 novembre 1914 : la flottille allemande du Pacifique Sud coule 18 navires marchands, 1 croiseur japonais, et 1 destroyer australien.

 
blason de la ville d'Emden



28 octobre : Combat de Penang opposant le croiseur allemand SMS Emden à des navires français et russes, dans le port de Penang, île de la côte ouest de la péninsule malaise alors sous contrôle britannique (aujourd'hui Malaisie), dans le détroit de Malacca.

1er novembre Bataille de Coronel : au large des côtes du Chili, une escadre britannique est sévèrement battue par la marine allemande commandée par le vice-amiral Maximilian von Spee, composée des deux croiseurs cuirassés SMS Gneisenau  et Scharnhorst qui ont détruit Papeete le 22 septembre précédent, et qui ont été rejoints par les SMS Dresden, Leipzig et Nürnberg. Les adversaires : les cuirassés britanniques HMS Good Hope, Monmouth sont coulés, le croiseur léger HMS Glasgow parvient à s'éloigner. Ce fut la première grande défaite subie par la Royal Navy depuis 1812 et elle eut donc un retentissement énorme au début de la guerre.

blason de la ville de
Dresde (Dresden)

 (cliquer sur les images pour les agrandir )

estampe montrant le HMS Good Hope sombrant dans les eaux glacées du Pacifique sud
blason de la ville de Leipzig
armoiries navales des navires SMS Monmouth et Glasgow de la Royal Navy
blason de la ville de
Nuremberg (Nürnberg)

7 novembre : reddition de Tsingtao (de nos jours : Qingdao) et du territoire de Kiautschou (Jiaozhou), colonie allemande en Chine, suite au siège de l'armée japonaise commencé en octobre. 
carte postale humoristique allemande (1898) : "Gruss aus Kiautschau" =  Bienvenue à Kiautschau (Jiaozhou)
sceau du gouverneur impérial
du territoire de Kiautschou en Chine
vignette de propagande pour le territoire chinois
la flotte allemande du Pacifique était basée dans le port de Tsingtao
superbe estampe japonaise relatant le siège de Tsingtao en octobre 1914 


9 novembre : Combat des îles Cocos : le croiseur allemand SMS Emden est coulé par le croiseur australien HMAS Sydney. Les marins allemands survivants, naufragés au milieu de l'Océan Indien, sans secours, vont alors vivre une des aventures les plus extraordinaires du XXe siècle pour revenir dans leur patrie, lire →   !  
bloc-feuillet commémoratif des Îles Cocos (1993) célébrant la bataille navale fatale pour l'Emden.

armoiries navales du croiseur australien
HMAS Sydney
le croiseur allemand SMS Emden avec en médaillon le commandant Karl von Müller qui deviendra un héros national.

les marins allemands rescapés de l'Emden , débarqués au Yémen, sont en route pour rejoindre
 les territoires sous contrôle ottoman, allié des allemands ; ici ils sont aux prises
avec les bédouins dans le désert d'Arabie. 

carte géopolitique allemande des nations présentes dans le Pacifique et l'Asie orientale en 1914.
et en-dessous les principaux faits de guerre dans les Océans Pacifique et Indien



                   Herald Dick