dimanche 22 novembre 2020

Capitales du monde : Bogota










  🛡  Le blasonnement des armes de Bogotá est : « D'or, à l'aigle couronnée de sable tenant dans chaque patte une grenade de gueules, à la bordure d'azur chargée de neuf grenades d'or ».
 Le blason de la ville de Bogotá date de 1548. Il fut à l'origine concédé par le roi d'Espagne et empereur Charles Quint pour le Vice-royaume de la Nouvelle-Grenade (voir historique détaillé plus bas). Il a été utilisé jusqu'à l'indépendance, époque où la nouvelle république de Grande Colombie a adopté de  nouvelles armoiries; cependant, il a continué à être le symbole non officiel de la ville. Il a été ensuite adopté officiellement par la ville de Bogotá par un arrêté municipal en 1932.
  ⛊ Le graphisme actuel (ci-dessus), qui est normalisé, fait partie de l'image institutionnelle de l'administration du Distrito Capital ou D.C. (district de la capitale) de Bogotá, son nom officiel complet. C'est pourquoi il est présent dans les actes protocolaires, dans la papeterie officielle, sur le mobilier urbain ou dans les travaux publics. Par ailleurs, l'archidiocèse de Bogotá a adopté comme emblème officiel les armoiries de la municipalité, auxquelles la croix de l'archevêque a été ajoutée en timbre (voir plus bas).

📷 Pour son image numérique, la ville et ses multiples services administratifs se sont naturellement dotés de logos dont la charte graphique est évolutive, comme souvent, selon les époques et selon la couleur politique des élus. Voici quelques spécimens officiels en service en 2020, dont certains intégrant les armes de la ville de façon stylisée. Voir ce site, pour un inventaire plus complet →  ICI .











Bogota se situe à une altitude moyenne de 2 600 m au-dessus du niveau de la mer (et donc plus près des étoiles !), dans la Cordillère Orientale des montagnes du nord des Andes.




 ⚑  Le drapeau de Bogotá a quant à lui été adopté comme symbole de la ville le 9 octobre 1952 par le décret n°555 du District spécial. Il est composé d'une bande horizontale jaune qui occupe la moitié supérieure et d'une bande horizontale rouge qui complète la partie inférieure. Il est parfois chargé au centre des armoiries de la ville, avec le titre de "Muy noble y muy leal" (Très noble et très fidèle). La couleur jaune signifie la justice, la vertu et la bonté; et la couleur rouge symbolise liberté, santé et charité. Ce drapeau est le même que celui utilisé par les patriotes dans la lutte pour l'indépendance du 20 juillet 1810, c'est la justification officielle qui a été choisie par les autorités pour l'adoption du drapeau; car, en effet les couleurs "amarillo y rojo" (or et rouge) sont aussi paradoxalement les couleurs historiques du drapeau du colonisateur (l'Espagne) et du Royaume de Nouvelle-Grenade.
drapeaux de la Colombie (au centre) et de la capitale hissés dans le cadre de la célébration du 479ème  anniversaire de Bogotá en 2017
© Photo : Comunicaciones Alcaldía de Bogotá / Diego Bauman
célébration de la victoire aux élections de 2019 de la maire Claudia López, brandissant le drapeau de "sa" ville conquise.
celui-ci porte les armes de la ville au centre (la version 1932, non stylisée, voir plus bas)

capitale n° 33 - Bogota

Bogota, en espagnol : Bogotá, anciennement Santa Fe de Bogotá, est la capitale de la Colombie et également celle du département de Cundinamarca.

Population  :  7 743 955 habitants en 2020 (estimation).

  Fondée en 1538 par le conquistador espagnol Gonzalo Jiménez de Quesada, près du site de Bacatá, foyer des Indiens muiscas (Chibchas), Bogotá a été baptisée par son fondateur Santa Fe de Bogota. En 1549, la ville est devenue le siège de l'audiencia (gouvernement colonial) de la Nouvelle-Grenade, puis la capitale de la vice-royauté espagnole de Nouvelle-Grenade (1598-1819). Conquise par Simón Bolívar en 1819, après la victoire de la bataille de Boyacá, elle est devenue la capitale de la République de Grande-Colombie, nation indépendante de l'ancien colonisateur espagnol (comprenant l'actuelle Colombie, l'Équateur, le Panamá et le Venezuela), de 1821 à 1830. En 1863, le pays a pris le nom d'États-Unis de Colombie, avant de redevenir une république unitaire. En 1948, la ville a connu un violent tremblement de terre qui a détruit en partie le centre historique de la ville.
 Capitale du département de Cundinamarca, sur un vaste plateau de la cordillère orientale des Andes, à 2 640 m d'altitude, dans une région de plaines fertiles ( l’Altiplano), Santa Fe de Bogota est surplombée par les monts de Montserrate (3 152 m) et de Guadalupe (3 250 m). La ville n’a cessé de s’agrandir depuis les années 1940, le pays souffrant d’un fort exode rural. La température de la capitale avoisine tout au long de l’année 14-15° C. Bogotá, officiellement appelée Santa Fe de Bogota depuis la Constitution de 1991 ainsi qu’elle s’appelait lors de sa fondation, est la plus importante ville de Colombie et l'une des plus vastes métropoles d'Amérique du Sud. Elle connaît aujourd’hui la plus forte expansion démographique du pays, sa population ayant doublé en deux décennies.
Vue panoramique de la plaza de Bolívar, la place principale de Bogotá, avec au centre : la Cathédrale Primada et le palais
archiépiscopal , le Capitole national de Colombie ; à gauche, le palais de Justice ; à droite : le Palais Liévano
 
Capitale politique, commerciale, industrielle et culturelle de la Colombie, elle concentre à la fois des activités des secteurs secondaire et tertiaire. Bogotá bénéficie d’importantes infrastructures routières (autour de la route Panaméricaine), ferroviaire et aérienne (avec l'aéroport international d'Eldorado).
Appelée parfois l’« Athènes d’Amérique du Sud », Bogotá est une métropole culturelle et touristique, alliant à la fois les anciens quartiers coloniaux (la Candelaria) aux gratte-ciel du centre des affaires. Elle abrite de nombreux monuments historiques et artistiques, comme le musée de l'Or (crée en 1939), abritant une collection d'œuvres d'art précolombien, le Musée national, l'église San Francisco (1567) et la cathédrale, construite sur le site d'un ancien temple et intégrant une partie de la première église bâtie à Bogotá (1565).

Video Youtube : Hymne, drapeau et blason de Bogotá D.C. - auteur : Hadronio  (muchas gracias !)

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samedi 14 novembre 2020

l'Armorial de La Planche - 1669 - Gouvernement de Provence - Sénéchaussées d'Aix et de Brignoles

 S  uite de la visite d'un des plus anciens manuscrits répertoriant des armoiries de villes et de villages de France, dessinées à la plume et peintes à l'aquarelle, antérieur de trois décennies à l'Armorial Général de France de Charles d'Hozier ! Voir la description initiale : →

  Nous avons quitté, il y a quelques mois, l'exploration du manuscrit au dernier chapitre du Gouvernement de Champagne, plus précisément dans le Rethelois (voir l'épisode précédent → 🔖). Nous allons maintenant nous transporter dans une autre région, tout au sud-est de la France, mais toujours à la fin du XVIIe siècle : ce sera avec le Gouvernement général de Provence. L'ancien comté de Provence a été rattaché à la couronne de France en 1481, peu après le décès du "Bon Roi" René d'Anjou, avant-dernier souverain d'un état indépendant de Provence (voir →ICI). 
  A l'époque de notre manuscrit, les contours de la province de Provence étaient bien différents de ceux que nous connaissons aujourd'hui avec la région de Provence-Alpes-Côte-d'Azur (ou PACA). Pour faire simple, elle se composait alors de la totalité des trois départements actuels des Bouches-du-Rhône, des Alpes-de-Haute-Provence et du Var, augmentés de la partie occidentale des Alpes-Maritimes (arrondissement de Grasse, limité à l'est par le fleuve du Var), de quelques cantons au sud-est de l'actuel département du Vaucluse (Sault, Gordes, Apt, Pertuis, Cadenet) et pour finir de quelques enclaves, vestiges des fiefs gagnés ou perdus au cours de l'histoire, éparpillés dans les départements actuels du Vaucluse (Mondragon), de la Drôme (Grignan, Séderon, Rémuzat), et même des Hautes-Alpes (Barcillonnette). Ces territoires étaient à l'époque enclavés dans les anciennes provinces du Dauphiné, du Comtat Venaissin et de la Principauté d'Orange. Nous reviendrons très prochainement sur ces deux dernières entités, au niveau du déroulé du manuscrit.

    Cette nouvelle région administrative de la France de l'Ancien régime, fait donc l'objet du onzième livre (section) du manuscrit, qui sera divisé en cinq chapitres, consacrés chacun à une ou deux sénéchaussées. La sénéchaussée est une subdivision administrative intermédiaire en vigueur plutôt dans le sud du pays, dirigée par un sénéchal. Dans le nord de la France on parle plutôt de bailliages qui sont leurs équivalents. Et pour clore ce livre, nous aurons un bonus (une addition, selon les termes de l'auteur) composé de deux chapitres supplémentaires pour couvrir d'autres territoires voisins, rattachés symboliquement au Gouvernement de Provence, mais je ne vous en dis pas plus, pour le moment.
  Voici donc le premier de ces chapitres, consacré aux sénéchaussées d'Aix et de Brignoles, un territoire situé à cheval sur les départements actuels des Bouches-du-Rhône, du Vaucluse et du Var.


   Voici l'extrait d'une carte datant de la fin du XVIIIe s. , donc postérieure d'un siècle, mais sur laquelle j'ai reconstitué les limites administratives de notre région :

 Vous pouvez cliquer sur toutes les images pour les agrandir  :
 



 

 
 
 
 Les fragments de manuscrits proviennent à nouveau du Volume II. Pour enrichir l'étude, j'ai mis en bonus l'extrait équivalent dans l'Armorial Général de France* (1696-1711), établi par Charles-René d'Hozier, et comme auparavant, j'ai placé le blason actuel en-dessous, pour comparer les différences ou au contraire la constance des figures dans le temps.

(*)  Armorial Général de France  -  volume XXIX  -  Provence 1ère partie  
       Armorial Général de France  -  volume XXX  -  Provence  2e partie  (BNF Paris).
 
  Le blason du pays (la province) de Provence, est une brisure des armes de la maison capétienne d'Anjou-Sicile, les derniers maîtres de la Provence avant l'annexion française de 1481. On a gardé le champ d'azur et le lambel de gueules; le semé de fleurs de lis a été réduit à une seule fleur. C'est une création apparue durant le règne de Louis XIV. Jusqu'à cette époque, c'était encore l'écu d'or aux quatre pals de gueules (Barcelone/Aragon) qui représentait le comté de Provence. L’imposition de ce blason à la Provence était un signe du centralisme des Bourbons, d’autant que la France était souvent en guerre avec l’Espagne où flottait aussi l'étendard "sang et or" provençalo-catalan... 
source info : www.collectifprovence.com/IMG/Les armoiries de la Provence.pdf
 
 
 

Aix -en- Provence
(Bouches-du-Rhône)


   La tradition veut qu'Alphonse II, roi d'Aragon, comte de Barcelone et de Provence aie concédé à la ville d'Aix, en 1184, l'usage de ses armes (d'or à quatre pals de gueules). En 1423, les Aixois venus prêter main forte à leurs voisins Marseillais attaqués par les armées du roi d'Aragon, découvrent avec stupeur que ces envahisseurs ont les mêmes étendards qu'eux. Pour échapper à cette confusion, le conseil de la ville demanda au souverain Louis III d'Anjou, comte de Provence, l'autorisation de faire surmonter l'écu d'or aux pals de gueules, par des fleurs de lys. C'est ainsi que le chef, qui combine les armes de Jérusalem, de Naples et d'Anjou, fut accordé, par privilège royal, en 1434, en reconnaissance aux habitants d'Aix. C'était juste quelques décennies avant que la ville d'Aix, capitale du comté de Provence ainsi que toute la Provence elle-même, ne soit réunie à la couronne de France, en 1481. En effet Charles V d'Anjou, dernier comte en titre, faible et malade, sans descendance directe, avait légué par testament en 1481, au roi de France Louis XI, sa souveraineté sur la Provence, mais aussi celle sur les provinces d'Anjou et du Maine. 
source texte : vexil.prov.free.fr/ et Armorial des communes de Provence de Louis de Bresc (1866), p.2-3-4.

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mardi 3 novembre 2020

La Vuelta a España 2020 - le Tour d'Espagne en blasons - 3e semaine, de la côte de Galice à l'arrivée à Madrid en passant par Salamanque.

Logo officiel de l'administration
provinciale de La Corogne en Galice
   Nous voici de retour pour la dernière fois de cette année bien singulière sur les routes d'Espagne (voir le précédent chapitre → ICI). Oui: singulière et anxiogène. En effet, la situation sanitaire mondiale et en particulier en Europe occidentale que l'on connaît et que l'on vit, fait planer depuis plusieurs semaines des menaces sur le bon déroulement de la Vuelta, car l'Espagne est un des pays les plus touchés par la pandémie du Covid-19. La décision est à la main des gouvernements de chaque Communauté autonome pour les actions à mener afin de protéger les populations. Et donc à tout moment: telle ou telle étape, voire une succession d'étapes, pouvaient être amputées, ou tout bonnement annulées et l'épreuve ne même pas parvenir à aller jusqu'à la ligne finale sur la Plaza de Cibeles à Madrid ! Au jour où j'écris ces lignes il n'en est rien. Peut-on s'en féliciter, alors que des millions de personnes subissent la maladie de manière tragique, et d'autres sont contraints de rester chez eux pour se protéger et protéger leur entourage ? En tout cas, mon propos étant axé sur l'héraldique et non pas sur les politiques sanitaires ou les valeurs sportives, je m'autorise, sans scrupule aucun, le droit de poursuivre le parcours tel qu'il était prévu jusqu'à la fin. 
  Sur le tracé, nous revisiterons ou nous découvrirons encore quelques dernières villes ou villages de grand intérêt historique ou touristique. Si les classements sont presque établis désormais, sauf accidents, il reste néanmoins quelques moments de bravoure à négocier, tel que l' alto de la Covatilla, classé parmi les cols les plus difficiles d'Espagne ! 
Affiche vintage









 
  Notre thématique sur l'héraldique espagnole, va une fois encore nous transporter dans l'histoire et la géographie de l'Espagne. Mais cette année, en raison de l'organisation très rapprochée des trois grands tours, j'ai été contraint de réduire la présentation des armoiries aux seules villes de départ et d'arrivée de chaque étape. Le traitement que j'avais initié à partir de la Vuelta 2017 avec l'intégration de deux villes ou communes situées sur le parcours de chaque étape, intercalées entre la ville du départ et celle de l'arrivée sera remis en œuvre dès que possible, si aucun chamboulement ne vient perturber à nouveau la programmation des épreuves en 2021 !...  Evidemment, certaines villes ou sites étapes sont récurrents d'année en année, et donc pour les habitués de mon blog, peu de nouveaux blasons seront découverts. Mais il y en a quand même. A l'inverse, parfois, il y en aura pas du tout, ni récurrence, ni nouveauté, comme avec l'étape n° 17, vous allez le découvrir. 

Voici à nouveau pour rappel, la carte générale du parcours :
 
 Voici la carte du parcours de la troisième et dernière semaine : 

Communauté autonome de Galice
Communauté autonome de Castille et Leon
Communauté autonome d'Estrémadure
Communauté de Madrid


 C'est parti pour un périple de 933,6 kms de routes à travers ces quatre Communautés autonomes, si tout va bien et à la condition que celles-ci n'interdisent pas le passage de l’organisation sur leurs territoires ... :
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