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dimanche 4 juin 2017

La Quête du Graal dans les manuscrits français - Chapitre #07 : les rois Galegantin de Norgalles, Aguisant d'Écosse, Malaquin, Léodagan et quelques autres encore, à la Table Ronde

Le roi Claudas se présentant devant le roi Arthur, miniature extraite
 du roman en prose de Lancelot du lac par Gautier Moap  - XIVe s.
manuscrit français 16999 - folio 9r. -  BNF  Paris
uelques mois se sont écoulés depuis le dernier volet de cette "Quête du Graal" virtuelle et documentaire.
  Je rappelle qu'elle consiste à explorer quelques-uns des plus importants manuscrits et premiers livres imprimés français relatifs au cycle arthurien. Je vous invite à revoir le premier chapitre (voir ici → #01 ) qui résume toute la démarche initiale.
 Du moins nous privilégions ceux dont la légende est illustrée par de pures merveilles que sont les enluminures et plus spécialement les dessins ayant un intérêt du point de vue de l'héraldique.

 Voici donc le septième volet de la série. Je rappelle que j'ai pris comme base référentielle deux armoriaux manuscrits : et plus particulièrement, cette fois, pour cet épisode consacré aux rois alliés de la maison d'Arthur,celui coté "Français 5233" de la Bibliothèque Nationale de France (Paris) daté du XVIe siècle, et le manuscrit coté "Ms 5024" de la Bibliothèque de l'Arsenal (Paris), du XVe siècle. C'est le premier qui décide de l'ordre de présentation des chevaliers, précédés d'un chiffre romain. En raison de leur notoriété, ou de leur réelle participation à la Table ronde, certains personnages ainsi que leurs blasons, sont en effet présents dans tel manuscrit, mais absents dans un autre.

Vous pouvez aussi revenir au chapitre précédent : → #06


 • Les blasons :
  1.  Le Roy Gulyamis de Norgalles / le roi Galegantin de Norgalles
  2.  Le Roy Aguisant descorse / le roi Aguisant d'Écosse
  3.  Le Roy Malarquin oultre les marches de galonne / le roi Malaquin d'outre les Marches de Gallone
  4.  Le Roy Claudas de la déserte / le roi Claudas de la Déserte
  5.  Bauduyer le conestable / Bédoïer le Connétable
  6.  Agoval de galles / Agloval de Galles






• Les blasons avec leur légende au-dessus :
  1. Le roy aguisant descosse dargent a 1 lyon de gueulles armé de sable une cordeliere au tour/ Aguisant d'Écosse: "d'argent au lion de gueules, armé et lampassé de sable, une cordelière à nœuds de gueules en orle".
  2. Brunor de la fontaine escartelé dor et de sable a une fontaine dargent sur le tout/ Brunor de la Fontaine: " écartelé d’or et de sable, à la fontaine d’argent brochant sur le tout"(il sera développé dans un futur chapitre).
  3. Lenfant du plessit de gueulles a troys roses dargent / L'Enfant du Plessis: " de gueules à trois roses d'argent" (il sera développé dans un futur chapitre).
  4. Le roy malaquin doultre les marches de galonne dor a 1 teste de morien couronne dar-gent / Malaquin d'outre les Marches de Galonne: "d’or à la tête de maure de sable, couronnée d’argent".
  5. Persides dargent se-mé de tour---teaux dazur/ Persides le Gent: "d'argent semé de tourteaux d'azur" (il sera développé dans un futur chapitre).
  6. Kalahart le petit de sable a ung orle de troys pieces dor/ Kalahart le Petit: "de sable à l’orle d’or de trois pièces"(il sera développé dans un futur chapitre).



XXXV. Le roi Galegantin de Norgalles

 


Galegantin de Norgalles, roi quêteur du Graal, selon le Tristan en prose, sans reconnaître dans ce nom, une erreur pour Galehodin le Gallois, confusion compréhensible du fait d'un autre chevalier, nommé Galegantin le Gallois. Le qualificatif « de Norgalles » est ici conservé pour bien distinguer les deux personnages. Norgalles voulant dire "le pays au nord de Galles", tout simplement. Galehodin est en vérité roi de Sorelois, fils de Balienne, neveu et filleul de Galehaut des Isles Lointaines.



  Armes : de pourpre au lion d’argent, armé et lampassé de sinople.
Cimier : une tête de lion d’argent, lampassée de sinople (ou d'or bouclée du même).
Supports : deux lions d’argent, armés et lampassés de sinople.
Devise : NORGALLES




• Il y a eu un réel problème pour attribuer à ce personnage, d'un manuscrit à un autre, et lui plus que d'autres encore, une orthographe correcte à son nom !  Gulyamis sur la première planche de ce sujet, Gallegunneis, Galganeis, Gallegantis (avec 1 ou 2 l), Gallegantins, etc... Sans le blason : impossible de s'y retrouver.

texte original en vieux français  : "Cy devise Le roy Galegantis de norgales -
 Le roy Gallegantis de Norgalles estoit homme de moienne taille les cheveux eut noirs et non mue grant plante Tout le corps eut bien fait. Fors que les jambes estoient ung peu trop grossetes  Moult estoit fort homme honeste et hardy et voulentiers demouroit entre ses hommes.."

• Comme avec les armes d'autres chevaliers, vus précédemment, les enlumineurs ont du mal à donner une teinte précise à l'émail "pourpre". Encore une fois les nuances vont du gris au marron, et même très foncé (ci-dessus) ! 
 
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XXXVI. Le roi Aguisant d'Écosse

Le roi Aguisant est le fils de Caradan (Beradam), neveu et cousin éloigné du roi Arthur, père de Cadret, Coi et Archemais, oncle de Gaudin et Galien. Ses armes ressemblent à celles portées historiquement par les rois d’Écosse dès le début du XIIIe siècle. Il trouve la mort lors de la bataille de Salesbieres contre le traître Mordret.

Armes : d’argent au lion de gueules, armé et lampassé de sable, à l’orle noueux de gueules.
Cimier : une hure de sanglier de sable, couronnée d’or (ou un dragon issant d'or).
Tenants : deux sirènes au naturel, chevelées d’or et tenant un miroir d’or vitré d’azur.
Devise : SANS PAOVR AVOIR

• Les armes d'Aguisant sont fort ressemblantes à celles, primitives et authentiques, du royaume d'Écosse, à la seule différence que l'orle fleurdelisé (ou trescheur) est ici remplacé par un orle noueux, en fait une corde avec des nœuds réguliers aussi appelée "cordelière". Sur certains écus cette cordelière est posée en bordure et dans un des cas elle est même externe à l'écu, comme un chapelet autour des armoiries.
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XXXVII. Le roi Malaquin 
d'outre les Marches de Galonne

Le roi Malaquin d'outre les Marches de Galonne est le cousin et le sénéchal de Galehaut, il est Roi des Cent Chevaliers, mais le nom de son royaume est variable, seigneur d'Estrangorre, roi d'Outre les Marches, roi des Marches, de Sorelois, de Malahaut ou bien roi d'Escoce. Les armoriaux lui donne une origine danoise, qui peut survenir à cause d'une confusion avec un roi saxon homonyme, mentionné dans la Vulgate.


Armes : d’or à la tête de maure de sable, couronnée d’argent.
Cimier : une tête de maure de sable, couronnée d’argent (ou un dragon issant d'or).
Supports : deux ours de sable, emmuselés de gueules.
Devise : DANOIS SVYS

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XXXVIII. Le roi Claudas de la Déserte

• Nous terminons ici la série des rois de pays amis, associés à la Table Ronde, tels qu'ils ont été énumérés dans le manuscrit Français 5233. La série a été ouverte avec le roi Ban de Bénoïc et les armoiries de chacun sont facilement identifiables, car surmontées (timbrées) d'une couronne royale. Mais, nous avons déjà vu avec le roi Rion, oublié dans le manuscrit de référence, et que j'avais rajouté en fin de chapitre, que les auteurs avaient commis quelques omissions assez impardonnables : il en est de même avec le roi Léodagan que je vais insérer tout de suite après celui-ci. A l'inverse, il est curieux de faire apparaître le roi Claudas dans cet armorial, lui qui n'a jamais été membre de la Table Ronde, et pour cause, il était l'ennemi farouche du roi Arthur et de la plupart de ses lieutenants.

Le roi Claudas donnant ses directives à son armée, miniature extraite
 du roman en prose de Lancelot du lac par Gautier Moap  - XIVe s.
manuscrit français 16999 - folio 32v. -  BNF  Paris
Le roi Claudas, roi de la Terre Déserte, est l'un des ennemis du jeune roi Arthur. Il s'empare des pays de Bénoïc et de Gaunes, royaumes respectifs des deux frères Ban et Bohort. Ce n'est que bien plus tard, à l'occasion de l'enlèvement d'un cousin de Guenièvre par Claudas, que les deux fils du roi Bohort récupèreront ces terres avec l'aide d'Arthur. Le roi Claudas vaincu et vieillissant sera ensuite envoyé à Rome en disgrâce.
• Le personnage de Claudas pourrait avoir été inspiré par l'Empereur de Rome Claude ou encore par les rois Francs Clodion le Chevelu et Clovis. En effet, outre la ressemblance phonétique, les conquêtes territoriales de Claudas sont assez semblables à celles de Clovis. Selon la légende, un fils de Claudas nommé Claudin, serait devenu un chevalier plein de vertu et aurait été parmi les huit autres chevaliers à rejoindre Bohort l'Essillié, Perceval et Galaad dans l'achèvement de la quête du Graal.

• La présence de ce personnage dans quelques rares armoriaux est peut-être le fait d'une confusion avec son fils Claudin, qui rejoint la Table Ronde pendant la quête du Graal.

Armes : d’azur à un pin d’or.


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XXXIX. Le roi Léodagan de Carmélide

Le roi Léodagan, souvent orthographié Léodegan, est le père de la reine Guenièvre et de la Fausse Guenièvre, il reçoit du roi Arthur, son gendre par conséquent, la seigneurie de Boulogne, lors de la conquête de la Gaule, et il décède peu de temps après, mort au combat selon le Brut ou de vieillesse selon la Vulgate.

Armes : de sable au léopard d’or, armé et lampassé de gueules.
Cimier : une tête de léopard d’or, lampassée de gueules (ou une aigle d'argent issant).
Supports : deux léopards d’or.
Devise : ASSES TOST




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XL. Bédoier le Connétable

Bédoier le Connétable est le fils de Corneus, frère de Lucan et cousin de Girflet. Les sources anglaises et Malory semblent avoir dédoublé ce personnage avec la figure de Baldwyn (Baudwyn of Britain), qui n'apparait dans aucun texte français. Bédoïer trouve la mort contre les Romains peu de temps avant la Bataille de Salesbieres.

Armes : d’or au gonfanon de gueules.
Cimier : un gant d’argent (ou un dragon d'argent issant).
Supports : deux pigeons d’argent, becqués et membrés de gueules.
Devise : PREIST A VOLER


• En tant que meuble héraldique, le gonfanon est une bannière verticale à trois pendants, aux extrémités arrondies et sommée de trois annelets, qui évoquent la possibilité d'une suspension sur une tige de bois ou métallique, non représentée. Il peut être bordé ou frangé. Les armes d'Auvergne sont les plus représentatives de cette figure, dans le monde réél. On peut être donc être perplexes en voyant les diverses interprétations de nos illustrateurs. Les deux premiers dessins montrent plutôt des lambels à trois pendants. Dans ceux qui suivent trois d'entre eux comportent quatre pendants et non trois, et les annelets ne sont pas figurés. Si le dessin de Jérôme de Bara dans la première édition de 1581 à gauche est parfaite, celui de l'édition de 1628 est ahurissante: un griffon a été représenté, pour coller phonétiquement au terme approximatif de "gauffaron" pour gonfanon. Armoiries imaginaires, d'accord, mais là, c'est plus : armoiries totalement délirantes !
• Encore une fois le nom de notre personnage est orthographié diversement : Bauduyer, Bedoier, Bedonier, Baudoyer, etc...


Bédoïer le Connétable , peinture
sur parchemin, XVe siècle
Bédoïer et Agloval réunis, fragment du feuillet du Ms Fr 5024, folio 5v
 déjà vu dans le chapitre #04


XLI. Agloval de Galles

Agloval est le fils du roi Pellinor et de la Veuve Dame, frère de Mélodiam, Alain, Dorian, Perceval et Lamorat de Galles, demi-frère de Tor le fils d'Arès, et neveu de Lamorat de Listenois. Agloval meurt pendant la quête du Graal des mains de Gauvain.


Armes : de pourpre semé de croisettes d’or, au léopard d’argent, armé et lampassé de gueules brochant.
Cimier : une tête de léopard d’argent, lampassée de gueules.
Supports : deux léopards d’argent armés et lampassés de gueules.
Devise : DE GALLES DE GALLES

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Le combat d'Agloval de Galles et de Griffon del Mal Pas - miniature extraite du manuscrit Français 115 - Lancelot en prose -
 folio 413v. (XVe siècle) - Bibliothèque National de France - Paris.

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  Vous pouvez retrouver et consulter tous les armoriaux et manuscrits cités dans les infos bulles accompagnant les images (en passant votre souris dessus) en vous connectant aux réserves numériques des bibliothèques nationales ou municipales, ou sur les serveurs où ils sont stockés, tels que :
numerique.bibliotheque.bm-lille.fr
-  www.themorgan.org


Enfin, je vous recommande de visiter ces réalisations modernes en dessins vectoriels de très grande qualité  :

   
         à bientôt.....
 
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vendredi 10 février 2017

Les blasons de la mythologie et de l'histoire antique #09 : les Amazones et les Preuses, 2ème partie

📚 Suite de la série consacrée aux personnages de la mythologie : grecque, romaine, moyen-orientale, asiatique, etc... ainsi qu'aux acteurs ou héros de l'Histoire antique et du haut Moyen-Âge (période antérieure à l'an 1000) auxquels ont été attribué des armoiries dans les manuscrits ou armoriaux médiévaux et renaissance. Revoir l'épisode précédent  → ICI

Le Blason des Armoiries par Hiérosme / Jérôme de Bara - page 125 (fragment)  -  édition : Rolet  Boutonné, 1628 - Google Books (books.google.fr/)

ANTIOPE ou CYNOPE  :
- blason selon Jérôme de Bara : "De sable à trois têtes de femmes ornées et couronnées à l'antique d'or , à la bordure du même".

il faut tout d'abord préciser qu'il existe au moins deux personnages de la mythologie grecque qui portent le nom d'Antiope. La première est la fille de Nyctée, roi de Thèbes.Aimée pendant son sommeil par Zeus ayant pris l’apparence d’un satyre, elle s’enfuit enceinte à Sycione, où elle épouse le roi Épopée. Atteint par cette disparition, Nyctée se suicide après avoir demandé à son frère Lycos de le venger et de punir Antiope. Celui-ci envahit Sycione avec l’armée thébaine, met à mort Épopée et fait prisonnière Antiope. Sur la route de Thèbes, elle donne naissance à des jumeaux, Amphion et Zéthos. Lycos les abandonne sur le mont Cithéron et donne Antiope comme esclave à sa femme, Dircé. Enfermée pendant de longues années, Antiope réussit à s’échapper et trouve refuge sur le mont Cithéron, auprès d’un berger, le père nourricier de ses enfants. L’ayant reconnue, ces derniers vengent leur mère en tuant Dircé et Lycos.
texte : "Orithie fut fille de Mapesie & ensemble avec Anthiope qui fut sa soeur selon lopinon davains furent roynes des 
Amazones..." - Orythie et Antiope, reines des Amazones : miniature et lettrine extraites de " De Claris Mulieribus" de
 Boccace - manuscrit Fr. 599 - folio 18v. - BNF - Paris _

La seconde Antiope est une Amazone. Elle est la fille d'Arès et la sœur de Mélanippe, d'Hippolyte et probablement d'Orithye, reines des Amazones.  Antiope fut l'épouse de Thésée et ainsi la seule Amazone connue pour s'être mariée. De leur union naquit un fils nommé Hippolyte, du même nom que la sœur d'Antiope. Il existe plusieurs versions expliquant sa relation avec Thésée.
blason de Sinope ( de gueules à trois têtes de femmes
 couronnées d'or),  une des des Neuf Preuses,
 détail de la fresque du château de Manta - Piémont, Italie
Selon une des versions, Thésée, roi d'Athènes et compagnon d'Hercule lors de la bataille de Thémiscyre, durant le neuvième de ses douze travaux, enleva Antiope et la ramena chez lui. Selon Philochore, Hercule donna Antiope à Thésée comme part du butin.
   Selon Pausanias le Périégète, Antiope tomba amoureuse de Thésée et quitta volontairement les Amazones.  Les Amazones attaquèrent Athènes afin de sauver Antiope et de récupérer la ceinture d'Hippolyte. Elles connurent la défaite lors d'une bataille près du mont d'Arès. Durant cette bataille, connue sous le nom de bataille d'Attique, Antiope est tuée accidentellement par une Amazone nommée Molpadia, qui à son tour est tuée par Thésée. Les tombes d'Antiope et de Molpadia sont à Athènes.

 ⬗ Certains auteurs, comme Bara ici, associent Antiope avec "Cynope" (ou Sinope, Sinopé, Synoppe), comme s'il s'agissait de la même personne. Mais ce sont en réalité de deux héroïnes distinctes de la mythologie grecque, et de plus, la seconde n'est pas une Amazone.  Sinopé est une nymphe, fille du dieu fleuve Asopos et de Métope. Elle a notamment laissé son nom à la ville de Sinope (en Turquie) qui elle-même est à l'origine du terme "sinople", qui caractérise l'émail vert en héraldique.
 Rétive à l'amour, Sinopé est cependant enlevée par Zeus, qui la transporte sur la côte assyrienne. Pour lui être agréable, le dieu lui promet d'exaucer un de ses vœux, n'importe lequel. Or la nymphe demande de rester vierge, se jouant ainsi de Zeus. Par la suite, elle éconduira de même Apollon et le dieu fleuve Halys.
  Il s'avère néanmoins que le nom de Sinope ou Sinopé est contenu dans la liste des "Neuf Preuses" comme citée par Thomas de Saluces (1356-1416), dans roman du "Chevalier Errant". Et en tant que telle, elle a reçu ses propres armoiries, qui se sont répandues dans les armoriaux médiévaux et dans les représentations artistiques contemporaines.
Sinope, détail de la fresque des Neuf Preuses de la salle baronniale
 du château de Manta, près de Saluces (Saluzzo en italien)
province de Cuneo, Piémont, en Italie ( voir description → ICI)
Synoppe (Sinope), une des Neuf Preuses - fragment
d'une enluminure ornant le folio 125v. du manuscrit
de Thomas de Saluces : "Le Chevalier errant" (1394)
 cote :  Français 12559 - BNF Paris
 Sinope, version germanique -  une des Neuf Preuses
extrait du manuscrit "Sammelband mehrerer wappenbücher" (Augsbourg -
 Bavière - vers 1530) -  BSB Cod. Icon 391 - Bayerische St.Bibl. Munich


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 Regina (reine) Penthesilea , version germanique -  une des Neuf Preuses
extrait du manuscrit "Sammelband mehrerer wappenbücher"(Augsbourg -
 Bavière - vers 1530) -  BSB Cod. Icon 391 - Bayerische St.Bibl. Munich


 • PENTHÉSILÉE :
- blason selon Jérôme de Bara ( voir tout au début de cette page) : "D'azur, et par quelques-uns, de sinople, à une bande de sable, chargée de trois têtes de femmes ornées et couronnées à l'antique d'or, bordée de même, accompagnée de six grillets d'argent ".
- autre blason : "de gueules à l'écusson d'azur semé de grillets d'or, accompagné de neuf têtes de femmes de carnation aux cheveux blonds, en orle".

⬧le terme héraldique de "grillet" , qui est un vieux mot français se rapporte aux petites sonnettes ou grelots, ordinairement mis autour du cou des chiens ou aux pattes des oiseaux de proie employés pour la chasse.

texte : "Panthasilée vierge fut royne des Amazones et succeda a Orithie et Anthiope roynes dicelluy pays des Amazones...."
on remarquera la fameuse position de chevaucher "en amazone" , les deux jambes du même côté, sans doute plus aisée pour tirer à l'arc ! 
Penthésilée, reine des Amazones : miniature et lettrine extraites de " De Claris Mulieribus" de Boccace - manuscrit Fr. 599 - folio 27v. - BNF - Paris


• Elle est la fille d'Arès et d'Otréré. Selon Quintus de Smyrne, elle est la sœur d'Hippolyte, ce qui pose un problème de chronologie, attendu qu'Hippolyte, selon la tradition, a combattu Héraclès ou Thésée : elle est donc plus âgée d'une ou deux générations.

Penthésilée, Am (Amazone) - médaillon
 issu du livre iconographique :
 "Promptuarii Iconum Insigniorum...."
  de Guillaume Rouillé publié à Lyon en 1553.
Penthesillée, une des Neuf Preuses - fragment
d'une enluminure ornant le folio 125v. du manuscrit
de Thomas de Saluces : "Le Chevalier errant" (1394)
 cote :  Français 12559 - BNF Paris
Les traditions ne s'accordent pas sur le motif pour lequel elle vient, après la mort d'Hector, aider les Troyens. Selon certains auteurs grecs, elle est poussée par son amour du combat. Selon Diodore de Sicile et Apollodore, elle vient se faire purifier par Priam, après le meurtre accidentel d'Hippolyte au cours d'une partie de chasse. Cette dernière version peut surprendre, puisque le roi troyen avait combattu contre les Amazones aux côtés des Phrygiens (Iliade, III, 188-189).

Penthésilée arrive à Troie avec douze autres Amazones. Elle se distingue par ses nombreux exploits devant la ville assiégée puis succombe devant Achille. Celui-ci tombe amoureux d'elle en la voyant mourir. Thersite se moqua alors de cette passion, assimilée à de la faiblesse, mais Achille tua ce dernier d'un magistral coup de poing.. Diomède, parent de Thersite, jeta alors le corps de l'Amazone dans le Scamandre, par vengeance. Selon d'autres versions, Achille enterra son corps sur les rives du Scamandre. Quintus de Smyrne nous apprend que les Troyens, en son honneur et celui de son dieu protecteur Arès, sont allés chercher sa dépouille auprès des Grecs et lui accordent une crémation plein d'égard à son rang.
  La mythologie attribue enfin au moins un fils à Penthésilée, qu'elle aurait eu plus tôt avec Achille, nommé Caÿstros, et un petit-fils : Éphésos.

Penthésilée est aussi régulièrement citée comme une des plus importantes héroïnes guerrières dans la liste des Preuses, qu'elles soient neuf ou plus.

Penthésilée, avec cette fois des armes différentes  "de sable au cygne d'argent, becqué et membré
de gueules", que l'on a déjà vues précédemment pour identifier Otréré ou Orythie (voir → ICI)
encore ici, la cavalière richement habillée, comme une reine du début du XVe siècle, monte "en amazone"
 Petit armorial équestre de la Toison d'or - manuscrit MSS/Clairambault 1312 (v1460/1470)
 folio 248 - département des manuscrits - BNF Paris



📗 sources textuelles :
- encycl. Encarta Microsoft Corporation
- mythologica.fr
- fr.wikipedia.org


 A bientôt pour la suite des Amazones :



            heraldos  dicos







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