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jeudi 14 juillet 2016

14 juillet 2016 : Fête Nationale - rappel d'un évènement majeur de la Révolution en 1790 : l'abolition du port des armoiries.

un des écussons porte-drapeaux officiels que
 nous pouvons voir sur les façades de nos mairies
 et sur de nombreux établissements publics
 Le 14 juillet est notre fête nationale depuis 1880. Pour un grand nombre de nos compatriotes, elle commémore la prise de la Bastille de 1789, mais en réalité elle est basée sur un événement moins connu de notre histoire, moins violent et donc plus consensuel: la fête de la Fédération de 1790. Ce jour du 14 juillet 1790, un an tout juste après la Bastille, fut l'objet d'une grande communion et d'union nationale avec le peuple et ses représentants, sur le Champ de Mars (il n'y avait pas encore de Tour Eiffel à cet endroit, ni de "fan zone", ni David Guetta aux platines !) et le roi Louis XVI, en tant que chef d'état encore à cette date, y participa en prêtant serment à la Nation et à la Loi !

 Déjà, dès 1790, l’Assemblée nationale voulait que cette première commémoration du 14 juillet 1789 soit la fête de la réconciliation et de l’unité de tous les Français. Les célébrations anniversaires persisteront encore jusqu'au début du 1er Empire. Puis, pendant près d'un siècle, la commémoration du 14 juillet sera abandonnée. Elle ne réapparaît donc qu'en 1880, sous la IIIe République. Le régime, pour se consolider, cherchait à construire un nouvel imaginaire national, autour de symboles républicains. C'est ainsi que la Marseillaise devint hymne officiel et le 14 juillet fête nationale. Mais la proposition qui émanait du député de la Seine Benjamin Raspail ne fut pas accueillie unanimement par l'Assemblée. Certains députés mettaient en cause la violence du 14 juillet 1789. Et c'est finalement autour du 14 juillet 1790 que se fit le consensus.

Pour ce qui est de notre passion : l'héraldique, un mois auparavant, le 19 juin 1790, fut un très mauvais jour pour elle, avec de lourdes conséquences pour la survie du blason et des armoiries dans notre pays, lui qui en fut un des inventeurs, au milieu du XIIe siècle !  En effet dans les croyances du moment, les armoiries étaient considérées comme la marque de la Noblesse par excellence, des «signes de féodalité» et par un jugement sommaire, elles furent alors abolies. Or si les députés de la Constituante avaient bien regardé autour d'eux, ils auraient constaté qu'à la fin de l'Ancien Régime, toutes les corporations, toutes les institutions et certaines administrations, tous les échevins, un grand nombre de bourgeois qui formaient d'ailleurs le noyau de la Révolution, la plupart des marchands et de nombreux artisans portaient de manière légale des armoiries. Mais le virage était pris et, malgré leur restauration au début du XIXe siècle, les armoiries ne purent jamais retrouver en France la place qui était la leur jusqu'à la fin du XVIIIe siècle.

Aujourd'hui encore, dans les esprits et lors des débats "républicains" mais néanmoins pour certains : esprits étriqués, le blason est encore un signe diabolisé, auquel on préfère le logo. Et cependant, en France comme dans les pays voisins, les armoiries se rencontrent partout, sur tous les objets, monuments et documents que le passé nous a transmis, et ce malgré les innombrables destructions d'objets armoriés, d'effacements et de martelages d'armoiries sur les murs et les frontons des bâtiments, des châteaux, des églises, etc...
Autodafé des armoiries, signes extérieurs de la noblesse - estampe de 1790 - BNF Paris
Voici quelques témoignages de ce grand cataclysme pour l'héraldique française, illustré par des estampes et caricatures ultra-violentes de l'époque, qui n'ont rien à envier à celles, irrévérencieuses, de nos Hara-Kiri ou Charlie-Hebdo d'aujourd’hui ! Ces documents conservés par la Bibliothèque Nationale de France, à Paris, peuvent être regardés plus en détail, en cliquant sur les images et en grossissant à l'aide des outils votre navigateur.

Décret de l'Assemblée nationale constituante du 19 juin 1790, promulgué par des lettres patentes royales du 23 juin suivant :
Décret qui abolit la noblesse héréditaire et les titres de prince, de duc, comte, marquis et autres semblables.
Art. 1er. La noblesse héréditaire est pour toujours abolie : en conséquence, les titres de prince, de duc, comte, marquis, vicomte, vidame, baron, chevalier, messire, écuyer, noble et tous autres titres semblables, ne seront ni pris par qui que ce soit, ni donnés à personne.
2. Aucun citoyen ne pourra prendre que le vrai nom de sa famille ; personne ne pourra porter ni faire porter des livrées ni avoir d’armoiries ; l'encens ne sera brûlé que dans les temples pour honorer la divinité, et ne sera offert à qui que ce soit.
3. Les titres de monseigneur et de messeigneurs ne seront donnés ni à aucun corps ni à aucun individu, ainsi que les titres d'excellence, d'altesse, d'éminence, de grandeur, etc., sans que, sous prétexte du présent décret, aucun citoyen puisse se permettre d'attenter aux monuments placés dans les temples, aux chartes, titres et autres renseignements intéressant les familles ou les propriétés, ni aux décorations d'aucun lieu public ou particulier, et sans que l'exécution des dispositions relatives aux livrées et aux armes placées sur les voitures puisse être suivie ni exigée par qui que ce soit avant le 14 juillet pour les citoyens vivant à Paris, et avant trois mois pour ceux qui habitent la province.
4. Ne sont compris dans la disposition du présent décret tous les étrangers, lesquels pourront conserver en France leurs livrées et leurs armoiries.
(voir le texte original du décret → ICI )

destruction des insignes et armoiries de la "féodalité" : Noblesse et Clergé  - estampe de 1790 - BNF Paris

Décret du 27 septembre 1791
27 septembre - 16 octobre 1791 : Décret portant défense à tout citoyen français de prendre dans aucun acte les titres et qualifications supprimés par la constitution.
 (...)
Art. 3. Seront punis des mêmes peines et sujets à la même amende, tous citoyens français qui porteraient les marques distinctives qui ont été abolies, ou qui feraient porter des livrées à leurs domestiques et placeraient des armoiries sur leurs maisons ou sur leurs voitures. Les officiers municipaux et de police seront tenus de constater cette contravention par leurs procès-verbaux, et de les remettre aussitôt, dans la personne du greffier du tribunal, au commissaire du roi, qui, sous peine de forfaiture, sera tenu d'en faire état aux juges, dans les vingt-quatre heures de la remise qui lui aura été faite desdits procès-verbaux par la voie du greffe.
(...)
chapiteau (cul-de-lampe) armorié qui a été irrémédiablement martelé par des milices révolutionnaires : la croix de l'écu
et la crosse de prieur, au dessus sont à peine reconnaissables. Chapelle latérale de l'église romane Saint-Paul de
Pouilly-les-Nonains (près de Roanne, département de la Loire) qui dépendait d'un prieuré bénédictin depuis le XIIe siècle.
 © photo Herald Dick 2016
les armoiries : La Marque des Sots  ! ou comment on fait entrer dans les esprits une idée fausse par l'outrance et la scatologie
- estampe de 1790 -  BNF Paris

Décret du 1er août 1793 :
1er août 1793 : Décret relatif aux parcs, maisons, etc., portant des armoiries.
"La Convention nationale, sur la motion d'un membre, décrète que dans huitaine, à compter de la publication du présent décret, tous les parcs, jardins, enclos, maisons, édifices, qui porteraient des armoiries, seront confisqués au profit de la Nation."


Décret du 8 brumaire an II :
8 brumaire an II (14 septembre 1793). Décret relatif à l'enlèvement des signes de royauté et de féodalité dans les églises et autres monuments publics.
La convention nationale décrète que les officiers municipaux des communes feront exécuter le décret du 4 juillet sur la suppression des armoiries et signes de la royauté dans les églises et tous autres monuments publics, dans le courant du mois, à compter de la publication du présent décret, et ce, sous peine de destitution. - Les dépenses relatives à l'exécution du présent décret seront supportées, pour chaque commune, par le département, et payées par le receveur du district, sur les mémoires arrêtés par le conseil général de chaque municipalité.
les armoiries : La Marque des Sots, version 2  !  ici on est bien dans la diabolisation, avec ces personnages représentés qui sont des démons :  un cran au-dessus de la pornographie et de la scatologie vues précédemment ! - estampe de 1790 - BNF Paris




Crédits :

écusson porte-drapeaux : www.sedi-equipement.fr/#
estampes révolutionnaires :  gallica.bnf.fr
textes décrets : cluaran.free.fr/mb/bib/droit_heraldique.html 



             Herald Dick 
Bastille Day 2016 by Google

mardi 2 décembre 2014

2 décembre 1814-2014 : bicentenaire de la mort du Marquis de Sade

  Aujourd'hui, le 2 décembre 2014, on célèbre le 200e anniversaire de la mort du célèbre écrivain et philosophe subversif français, libertin et débauché, dont l’œuvre sulfureuse a longtemps été censurée. Il a été surnommé "le divin Marquis"  :

blason de la maison de Sade : 
"De gueules à l'étoile à huit rais d'or chargée
 d'une aigle bicéphale éployée de sable,
membrée, becquée, languée, diadémée de gueules".
esquisse de portrait (supposé) de Donatien de Sade
par le peintre Charles-Amédée-Philippe van Loo
(on n'a en fait pas de portrait authentifié) 


Donatien Alphonse François de Sade

 (• Paris 1740 - † Charenton-le-Pont / Saint-Maurice 1814) 

armoiries de Sade : couronne de comte, en tant que chef  de famille
  (et non de marquis, titre provisoire qui ne durait qu'en tant que fils aîné) ;
tenants : un griffon et un lion rampants d'or lampassés de gueules posés sur des rinceaux
 de sable;  banderole avec devise en latin "OPINIONE DE SADO" (l'Opinion de Sade).


• né à Paris le 2 juin 1740
• mort à l'asile psychiatrique de Charenton, près de Paris, le 2 décembre 1814


© http://jean.gallian.free.fr


le blason de la maison de Sade, ornement
du château de Saumane-en-Vaucluse
qui a appartenu à la famille
 La Maison de Sade est une famille noble française d'origine provençale. Elle a eu un rôle important dans l'exercice de hautes fonctions en Provence, dans le Comtat Venaissin, auprès de la papauté d'Avignon, et en France (hommes de lettres, hommes politiques, magistrats, évêques, militaires…). Son membre le plus connu est le Marquis de Sade.
 Parmi ses aïeux figurent : Louis de Sade, gouverneur d'Avignon en 1177 qui a entrepris la construction du premier pont de cette ville, le célèbre pont Saint-Bénézet. 
 Paul a reçu en 1316 le pape Jean XXII lors de son arrivée en Avignon.
 Hugues III dit le jeune, député de la ville d'Apt, père d'Elzéar, échanson du Pape Benoît XII, fut autorisé par l’empereur Sigismond, lors de sa visite à Avignon en 1416, à ajouter à ses armes l'aigle bicéphale.
Le comte de Sade, père du marquis, est militaire, diplomate, poète, philosophe et .... libertin. Ses frères : Jean-Louis-Balthazar fut commandeur de l’ordre de Malte, puis bailli et grand prieur de Toulouse, et Jacques-François fut abbé commendataire d’Ébreuil. Quatre sœurs vivent en religion.

armoiries d'un évêque de la maison de Sade, peinture murale
 de la Cathédrale de Cavaillon (Vaucluse)
gravure du XVIIIe s. : branche des Sade,
 seigneurs d'Eyguières (Bouches du Rhône)
blason d'une branche des Sade à Tarascon ( Bouches du Rhône) - Armorial Général de France (d'Hozier, 1696/1711) -
Généralité de Provence - volume I - page 397 ( BNF Paris) - ici l'étoile est d'argent et non pas d'or, est-ce une brisure, ou une erreur ? 
maison de Sade (d'après armorial J.B Rietstap,
 dessins de Victor et Henri Rolland coloriés par Lionel Sandoz)
  ici l'aigle est entièrement de sable

Né à Paris le 2 juin 1740, aristocrate d'ancienne noblesse, le marquis de Sade, de son nom complet : Donatien Alphonse François de Sade, débuta par une brillante carrière militaire. Démobilisé en 1763 avec le grade de capitaine de cavalerie, il s'installe dans le château familial de Lacoste, dans le Vaucluse, où il épouse Renée-Pélagie de Montreuil dont il eut deux fils et une fille et qui, dans l’adversité, se montra une épouse fidèle et dévouée. Peu de temps après son mariage commença la longue série de ses incarcérations, dues principalement à des actes de débauches retentissants : sur les soixante-quatorze années que dura son existence, Sade en passa ainsi près de la moitié en prison. Entre deux incarcérations, ou à la faveur d’évasions, il vécut dans son château de La Coste en Provence. Condamné à mort par le parlement d'Aix-en-Provence, il se réfugie en Italie, puis il est arrêté de nouveau en 1777, incarcéré à Vincennes, puis à la Bastille (1784-1789). En 1789, il fut libéré de la Bastille où il était incarcéré par lettre de cachet et participa brièvement aux actions de la Révolution française (1790). Considéré arbitrairement comme fou à partir de 1804, il finit ses jours interné à Charenton, le 2 décembre 1814.

Condamné à un isolement prolongé, Sade composa un nombre impressionnant de romans, de contes, de pièces de théâtre et de traités philosophiques. Beaucoup de manuscrits (pièces de théâtre entre autres) furent détruits par la police et une grande partie de ce qui est resté ne fut publié que bien après sa mort.

édition originale de Justine ou les malheurs de la Vertu , publié en 1791 en Hollande
caricature du XIXe siècle montrant un portrait peu
flatteur du Marquis de Sade 

 Les romans de Sade se présentent souvent comme une succession de tableaux d’une cruauté presque insoutenable, alternant avec les longues dissertations morales ou métaphysiques que l’auteur place dans la bouche de ses héros. L’art romanesque reste dans la continuité de l’époque : c’est en effet davantage par la nature de son propos que Sade a rompu avec toute tradition.

C’est le cas en particulier de la Nouvelle Justine ou les Malheurs de la Vertu, suivie de l’Histoire de Juliette, sa sœur (1797), dont le premier volet fait suite à une première Justine écrite avant 1790, et dont le second est plus connu sous le titre Juliette ou les Prospérités du Vice. Les deux récits, parfaitement complémentaires, mettent en scène deux sœurs dont la première, Justine, ne connaît que des expériences terribles par son obstination à rester vertueuse. En revanche, sa sœur Juliette s’adonne au vice sans remords ni souci de morale, cherchant à satisfaire tous les désirs que lui dicte sa nature, et sort victorieuse de toutes les situations.

Autre ouvrage également célèbre : les Cent Vingt journées de Sodome (écrit avant 1789 et publié pour la première fois en 1931-1935), que Jean Paulhan désigna comme « l’Évangile du mal ». Dans ce récit presque insoutenable qui emprunte quelques-uns de ses traits au roman gothique, quatre bourreaux, tous de haute naissance, font subir en toute impunité d’infinis supplices à un groupe de jeunes femmes prisonnières dans leur château isolé. Les descriptions minutieuses des sévices physiques infligés aux victimes se suivent avec une régularité accablante dans ce qui fait figure d’inventaire quasi exhaustif des perversions sexuelles. Ce roman inspirera plus tard le cinéaste italien Pier-Paolo Pasolini qui l'adapta pour son dernier film très controversé "Salò ou les 120 Journées de Sodome" (1976), transposant l'histoire dans l'Italie fasciste en 1943.
gravure explicite mais très soft (par rapport à d'autres du même livre) :
 "La Nouvelle Justine ou Les Malheurs de la vertu" (édition début XIXè s.)

   Si la violence des scènes est subversive, les questions philosophiques posées le sont plus encore. Aline et Valcour ou le Roman philosophique (1795), le plus classique de ses ouvrages sur le plan romanesque, et la Philosophie dans le boudoir (1795) en témoignent. Attaquant les tabous fondateurs de la civilisation occidentale, Sade, radicalement athée, entraîne le lecteur dans un vertigineux renversement des valeurs et pose comme principe absolu l’obéissance aux seules lois de la nature, qui impliquent pour lui la recherche du plaisir des sens et la liberté totale de l’individu.
   Sade est de nouveau transféré à Charenton en 1803, organisant des représentations théâtrales avec les pensionnaires, rédigeant ses derniers romans : les Journées de Florbelle (1804-1807), l'Histoire secrète d'Isabelle de Bavière (1813), la Marquise de Gange (1813). Mort à 74 ans, un an après avoir entamé une liaison avec une jeune fille de 16 ans, il est enterré religieusement, contrairement aux souhaits formulés dans son testament.


Tout au long du XIXe siècle, son œuvre, pourtant connue et admirée de Sainte-Beuve, Baudelaire et Flaubert, demeura interdite. Guillaume Apollinaire et les surréalistes contribuèrent par la suite à sa progressive réhabilitation.


http://www.laurentgranier.com/
 armoiries de la maison de Sade, interprétées par Laurent Granier, artiste héraldiste, avec son aimable autorisation
ici, l'écu est timbré d'une couronne de marquis 
 © Laurent Granier 2001 - www.laurentgranier.com

 
  Pour l'étymologie, le patronyme de Sade a fourni, à la fin du XIXe siècle au psychiatre austro-hongrois Richard Freiherr von Krafft-Ebing (1840-1902) un terme pour décrire ces graves troubles mentaux et diverses perversions, avec l'invention des mots de "sadisme" et "sadique" et aussi le "sado-masochisme".
  La définition du sadisme est la recherche de plaisir dans la souffrance (physique ou morale: domination, contrôle) volontairement infligée à autrui (éventuellement un animal). Même si le sadisme peut exister indépendamment des activités sexuelles, il y est fréquemment associé.
le château de La Coste (commencé au XIe s.), ancienne possession des Simiane,  puis des Sade, et le village de Lacoste, dans le Lubéron (dépt du Vaucluse)


Au moins deux communes de Provence ont repris les armes (anciennes, sans l'aigle) de la maison de Sade dans leurs armoiries. Ces deux communes et leurs châteaux respectifs ont été à un moment donné un fief de la famille.

Commune de Lacoste  (Vaucluse)
" Écartelé: aux 1er et 4e d'or à la tour d'azur ouverte du champ
 (de Simiane), aux 2e et 3e de gueules à l'étoile à huit rais
d'or (de Sade); à la croix de huit pointes pommetées de sable
 chargée en cœur d'une colombe descendante d'argent
(croix huguenote ou du Saint-Esprit), brochant sur la partition.
  © Daniel Juric - http://armorialdefrance.fr/
Commune de Saumane-de-Vaucluse
 (Vaucluse)
"De gueules à l'aigle couronnée d'or (famille
d'Astouaud),  accompagnée au premier canton d'une étoile
 à huit rais du même (de Sade)".
   © Daniel Juric - http://armorialdefrance.fr/








pour compléter votre information :
Site généraliste : Wikipedia
Site intéressant sur le bicentenaire : ICI
Et aussi un  blog : ICI


 

           Herald Dick

lundi 8 septembre 2014

Les armoiries du Royaume de France sous le règne de Louis XVI à nouveau d'actualité avec la sortie de l'Hermione à Rochefort

les superbes armoiries du Royaume de France placées sur
 la poupe de la frégate reconstituée 


Hier, le 7 septembre 2014, était un grand jour pour l'histoire navale et l'Histoire tout court de la France. Nous avons (enfin) vu sortir de son chantier, dans l'arsenal de Rochefort (Charente-Maritime), pour un moment très attendu par une foule immense, la copie à l'identique (avec un moteur diesel en plus, tout de même) de la superbe frégate Hermione qui avait emmené le Marquis de La Fayette en 1780 pour aider les États-Unis d'Amérique à combattre la flotte anglaise et à défendre leur Indépendance acquise en 1776.
l'Hermione quitte le port de Rochefort pour la première fois et  avance sur la Charente le 7 septembre 2014
ci-dessous vidéo signée " L'Abri Côtier" (baissez ou coupez le son, c'est préférable !) et si vous allez à la fin :  d'autres sujets
 similaires sont proposés en mosaïque : vous avez le choix .




Je vous invite à revoir le petit sujet que j'avais fait au début de l'année 2012 → ICI et que j'ai réactualisé avec les évènements de ces derniers mois.

la figure de proue sur le chantier de l'Hermione : magnifique !
Rendez-vous au printemps 2015 pour sa première traversée de l'Atlantique, sur les traces de son ancêtre commandée par La Fayette en Amérique... mais avant il faut qu'elle apprenne à nager !

Pour en savoir plus sur ce projet qui honore enfin notre pays qui en a bien besoin en ce moment, voir ici : Hermione

Et si vous voulez la suivre par géolocalisation, c'est amusant , cliquez ici →







samedi 4 janvier 2014

Philatélie et héraldique : rétrospective France -
7e partie

Blasons "cachés" dans les timbres commémoratifs de France, entre 1960 et 1970 (spécial Histoire de France).


 Nous avons vu que le premier timbre français consacré pleinement à des armoiries datait de 1941. Alors que nos voisins Suisses par exemple ont commencé dès le début avec ce thème (Genève, 1843, ci-contre). Il est vrai que la République est restée longtemps "fâchée" avec l’héraldique en raison de sa connotation -injustifiée- "Ancien Régime". Et pendant la Troisième République on ne badinait pas avec la question de la monarchie ou de la religion. Ceci explique cela.
 Et si le premier timbre émis en France date de 1849, il a fallu attendre l'année 1937 pour voir apparaître le premier blason sur un timbre, très discret dans un coin !... voir un des volets précédents →   .

 Nous poursuivons l'inventaire des timbres émis en France en rapport avec l'héraldique, voir le volet précédent → . Mais c'en est fini avec l'emblématique et superbe série des timbres dédiés aux blasons des régions et des villes de France. Désormais, il faut chercher dans les éléments secondaires qui composent le timbre. Certains sont néanmoins bien mis en évidence, d'autres visibles seulement à la loupe ! Par bonheur, certains produits philatéliques autour du timbre permettent de compenser notre frustration ! Voyons cela ....


 N° 1246  - année 1960
(Numérotation Yvert & Tellier) 


100ème anniversaire du rattachement de la Savoie à la France.

Dessiné par Clément Serveau et gravé par Jules Piel.










N° 1247  - 1960 

100ème anniversaire
du rattachement de
Nice à la France.

Dessiné par Clément Serveau et gravé par Jacques Combet. 




N° 1282  - 1961
détail symbole écu pavoisé de drapeaux

Tête portrait de Marianne
usage courant surnommée
"Marianne de Cocteau"

Dessiné par Jean Cocteau
et gravé par Georges Decaris.


















N° 1342  - 1962

Centenaire de l’École d’Horlogerie
de Besançon - 1862-1962

Dessiné et gravé par Claude Durrens.



























N° 1404  - 1964

hommage à la Protection Civile et aux
Sapeurs Pompiers

Dessiné par Robert Louis et gravé par André Frères





insigne des Sapeurs-Pompiers de Paris, corps décoré de la Légion d'Honneur


anciennes armoiries des Sapeurs-Pompiers volontaires , ici à droite : à Nîmes


écusson des Marins-Pompiers de Marseille






















N° 1409  - 1964

XXème anniversaire de la Libération de la France.
Commémoration des débarquements des Alliés en Normandie et en Provence.

Dessiné et gravé par Jean Pheulpin


Enveloppes Premier Jour avec carte de Normandie et insignes des divisions Alliées
quelques villes de Normandie ( la Manche, ci- dessous)
Enveloppe souvenir d'un Congrès du Groupement Marseille-Provence à Draguignan en 1964
avec les blasons de 13 villes de Provence



N° 1409  - 1964

Geoffroi V d'Anjou dit "le Bel".
Émail champlevé du limousin - XIIe siècle.



Gravé par René Cottet
(d'après la pierre tombale conservée désormais au Carré Plantagenêt du Musée d'Archéologie du Mans)







"D'azur à six lionceaux d'or ,
armés et lampassés de gueules 3,2,1"
Enveloppe Premier jour avec l'œuvre complète , et gravure du XIXe siècle reconstituant assez fidèlement l'habillement du Duc Geoffroy V, ancêtre de la lignée des Rois d'Angleterre Plantagenêts.



N° 1483  - 1966

Bicentenaire de la réunion de la Lorraine et du Barrois à la France
Le timbre représente Stanislas Leszczynski, Roi de Pologne et Duc de Lorraine devant son château de Lunéville.

Dessiné par Jean-Marie Petey et
gravé par René Cottet





 
Trois enveloppes Premier jour émises pour les deux régions , ensemble et séparément.



N° 1538  - 1966

Commémoration des grands noms de l'Histoire de France. Philippe Auguste, roi de France, à la bataille de Bouvines en 1214.

Dessiné et gravé par Albert Decaris








N° 1562  - 1968

650ème anniversaire de l'enclave de Valréas ou "enclave des Papes" (créée en 1318 par le Pape Jean XXII).







armoiries (variante) du Pape Jean XXII
 (pontificat 1316-1334 en Avignon)
de son vrai nom Jacques Duèze,
né à Cahors en 1244.

extrait d'un feuillet premier jour avec les armoiries
du pape Jean XXII et de la cité de Valréas

N° 1563  - 1968

300ème anniversaire du Traité d'Aix la Chapelle, en 1668 - Rattachement de la Flandre à la France


Dessiné et gravé par Robert Cami.
(Portrait de Louis XIV)








bêtise ou méconnaissance de la codification des couleurs en gravure : l'éditeur de carte postale nous gratifie d'un magnifique blason de France : "d'or à trois fleurs de lys d'argent" ! Heureusement pour celui de Flandre, il s'est repris !...


N° 1572  - 1968

200ème anniversaire du rattachement de la Corse à la France , en 1768.

Dessiné et gravé par Robert Cami.
(Portrait de Louis XV, d'après Quentin de la Tour)








 
Premier jour avec portrait du Général corse Pascal Paoli, héros de la courte indépendance de la Corse et adversaire militaire des français, récemment débarqués, jusqu'à la défaite de Ponte-Novo le 9 mai 1769.



.

N° 1592  - 1969

blason de Boulogne-sur-Mer

100ème anniversaire de la mort de Charles-Augustin Sainte-Beuve, critique littéraire et écrivain français né le 23 décembre 1804 à Boulogne-sur-Mer et mort à Paris en 1869.

 Dessiné par Clément Serveau
 et gravé par Jean Pheulpin.

Boulogne-sur-Mer

N° 1595  - 1969

blason de Montbéliard
200ème anniversaire de la naissance de Georges Cuvier, naturaliste né le 23 août 1769 à Montbéliard (Doubs), mort à Paris le 13 mai 1832. Il est un des précurseurs de la paléontologie et de la classification animale.

 Dessiné par Clément Serveau
 et gravé par Jean Pheulpin.

ancien blason de Montbéliard




N° 1616  - 1969

Commémoration des grands noms de l'Histoire de France. Louis XI, roi de France, et Charles le Téméraire, Duc de Bourgogne, entrevue et Traité de  Péronne, en 1468.

Dessiné et gravé par Albert Decaris
armoiries du Duc de Bourgogne
(Scheibler'sches Wappenbuch - Bayerische Staatsbibliothek Munich
 Cod.icon. 312  - années 1450 - 1480 - Allemagne)
gravure relatant l'entrevue de Péronne qui avait bien failli mal tourner pour le Roi
de France, prisonnier de son rival et ennemi, le puissant Charles de Bourgogne !





À bientôt pour la suite de ce thème  ...  →   ICI




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