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mardi 1 septembre 2015

1er septembre 1715 - 2015 : Tricentenaire de la mort de Louis XIV

 Souverain au règne exceptionnellement long (le plus long de l’histoire de France), Louis XIV a laissé l’image d’un monarque absolu : sa majesté royale mise au service de la grandeur du pays, sa volonté sans cesse réaffirmée de moderniser l’administration et les structures économiques, son souci de garantir les frontières et de protéger la France des agressions extérieures ont largement imprégné l’Europe du Grand Siècle. Les crises financières et la persistance des inégalités ont témoigné des difficultés qu’a ressenties une grande partie de la population. Mais le règne du « Roi-Soleil », par ailleurs marqué par un remarquable épanouissement de la culture française, constitue, au-delà des jugements dont il continue de faire l’objet, l’un des épisodes fondateurs de l’État moderne.

grandes armoiries du Royaume de France
au XVIIe siècle et jusqu'à la Révolution.
portrait équestre de Louis XIV par Réné-Antoine Houasse
(vers 1679) - Musée du Château de Versailles
  Timbre de la poste française émis en 1970
portrait de Louis XIV devant le château de Versailles









figure symbolique et emblème du Roi-Soleil :
 grilles du château de Versailles, fonte avec dorures.

Louis XIV dit " le Grand" ou "le Roi-Soleil"



Louis-Dieudonné de France (•1638- †1715)
Roi de France (1643-1715)
(dynastie des Bourbons)

armoiries de la ville de
Saint-Germain-en-Laye (Yvelines)
le berceau, les fleurs de lys et la date rappellent 
la naissance du futur Louis XIV au Château Neuf
de Saint-Germain-en-Laye, édifice vendu comme
bien national pendant la Révolution et démoli
 presque entièrement. 


Fils de Louis XIII et d’Anne d’Autriche, né à Saint-Germain-en-Laye le 5 septembre 1638, Louis reçoit pour deuxième prénom Dieudonné, tant sa naissance est inespérée, vingt-trois ans après le mariage de ses parents, jusqu'alors resté infécond. Âgé de quatre ans et demi lors de la mort de son père (14 mai 1643), il est placé sous la régence de sa mère, confirmée dans ce rôle par le Parlement de Paris. La reine continue à gouverner avec Mazarin, qui a eu toute la confiance de Louis XIII et qui, déjà parrain du jeune roi, est chargé de superviser son éducation.

L’éducation du roi est prise en charge par Mazarin, lequel influence considérablement le jeune enfant. Il lui trouve plusieurs grands précepteurs, mais Louis XIV n’est pas un élève très assidu et préfère des activités plus concrètes, telles que la danse, l’art ou la stratégie militaire.

D’un point de vue général, l’enfance du Roi n’est pas très heureuse, car profondément marquée par les événements de la Fronde : à partir de 1648, le parlement et la haute noblesse, puis le prince de Condé se révoltent contre le pouvoir, obligeant la famille royale à fuir sans cesse, sous les affronts et la violence. Anne d’Autriche regagne finalement la capitale en octobre 1652, puis rappelle Mazarin en 1653, mettant un terme aux insurrections.

pièce d'or à l'effigie de Louis XIV jeune, datée de 1670, avec monogramme sur le revers.
 Témoin des événements, le jeune Louis XIV en est quelque peu traumatisé. C’est sans doute la raison pour laquelle il mènera plus tard un règne absolutiste, affaiblissant toujours le pouvoir de la noblesse. Le 7 juin 1654, il est sacré roi à Reims mais préfère, pour l’instant, laisser les rênes du royaume entre les mains de Mazarin. Pendant ce temps, il parfait son initiation militaire auprès de Turenne. En 1659, la guerre franco-espagnole prend fin avec la signature du traité des Pyrénées. En respect de l’une des closes de cet accord, Louis XIV épouse Marie-Thérèse d’Espagne.

Le roi danse - Ballet royal de la Nuit - Louis XIV en Apollon, le dieu du soleil
 et des arts (1653) - Portrait anonyme - C'est après ces ballets de cour exécutés
 par le roi lui-même, qu'il fera du soleil son emblème personnel favori. 
Mazarin meurt en 1661, laissant au roi toutes les ficelles du pouvoir. Ce dernier décide alors, désormais, de régner seul, sans Premier ministre. Cette décision d’un pouvoir absolu ne l’empêche pas de s’appuyer sur des hommes de confiance, dont il sait s’entourer et qui sont principalement issus de la bourgeoisie. Plusieurs conseils, tels que celui des finances, à la tête duquel sera placé Colbert, guident ainsi le jugement du roi. Comme pour montrer sa détermination et inspirer le respect parmi ses hommes, Louis XIV fait arrêter et condamner le surintendant des finances, Fouquet.

De même, le roi s’applique à organiser un réseau d’intendants afin d’être informé de tous les événements du royaume, tant économiques qu’humains. Les parlementaires perdent également leur pouvoir d’autrefois, désormais limité au simple enregistrement des édits. Poursuivant cette politique de centralisation, Louis XIV prive les états provinciaux de leur autorité, ou va même jusqu’à les supprimer.
carte postale illustrée , série 1370 "Oriflammes, bannières, fanions et drapeaux de l'Histoire de France" , carte n°1370 I -
signée Pierre Albert Leroux - Éditions Barré et Dayez , milieu du XXe siècle. On remarque la (modeste) devise de Louis XIV : "NEC PLURIBUS IMPAR" (voir explications → ICI) - A noter l'erreur grossière faite sur les dates de règne attribuées au Roi-Soleil : c'est 1643-1715 qu'il faut lire et non pas 1643-1661  !
Le roi se lance par la suite dans de grandes réformes et édits. Le Code Louis, pouvant s’assimiler à un code civil, est promulgué en 1667, le Code criminel en 1670, le Code forestier en 1669, l'ordonnance de commerce en 1673 et le Code noir, portant sur l’esclavage, en 1685.

Outre l’organisation de son règne, Louis XIV est un homme qui attache une importance capitale à l’image du royaume. Ce n’est donc pas par hasard qu’il a choisi le Soleil comme emblème. D’une prestance exceptionnelle, il veut que le pays rayonne à tous les niveaux, autant que lui-même.
 Le soleil couronné et la devise : NEC PLVRIBUS IMPAR (Non pareil à la multitude). Plafond de la Galerie des Glaces, Château de Versailles - décoration de Charles Le Brun.
Depuis son enfance, il s’est toujours passionné par l’art et la culture, bien que n’étant pas un grand intellectuel. Aidé de Colbert, il s’applique ainsi à valoriser ce domaine au sein du pays, en fondant tout d’abord l’Académie royale de peinture et de sculpture (1655), puis la Petite Académie (qui deviendra l’Académie des inscriptions et belles-lettres), l’Académie royale d’architecture, l’Observatoire et bien d’autres encore. Louis XIV se fait également le mécène de nombreux artistes, tels que Lully, Racine ou Molière.

monogramme ou chiffre de Louis XIV : deux L opposés et entrelacés :
panneau de bois avec dorures - Château de Versailles
Parallèlement, il applique son désir de grandeur et de rayonnement culturel à l’architecture. C’est ainsi que naissent, entre autres, la colonnade du Louvre, l’hôtel des Invalides et la future place Vendôme. C’est aussi dans cette optique qu’il fait agrandir le château de Versailles et lui donne ainsi une splendeur sans pareille. Il en fait d’ailleurs le centre du royaume en y installant définitivement la Cour en 1682.
armoiries de la ville de Marly-le-Roi (Yvelines)
le soleil des quartiers 1 et 4 représente Louis XIV
 qui y fit construire un château de plaisance à partir de
1679. Il ne reste aujourd'hui plus rien de cette demeure
sauf le parc. Les quartiers 2 et 3 du blason sont aux armes
 des Montmorency qui ont été seigneurs de Marly au Moyen-âge.
Louis XIV ne conçoit pas son règne sans conquête. Tout commence avec la modernisation de l’armée française, placée sous la responsabilité de Le Tellier puis de son fils, Louvois. Cette totale réorganisation militaire accroît considérablement la force et l’enthousiasme de l’armée. Avec elle, le roi marche tout d’abord vers les Pays-Bas, déclenchant la guerre de Dévolution (1667-1668). Grâce à cette première entreprise, il obtient Lille et une partie de la Flandre. Le conflit est suivi de la guerre de Hollande, qui commence dès 1672 et se conclut en 1678 par la paix de Nimègue. Le roi détient désormais la Franche-Comté, mais s’est trouvé un ennemi en la personne de Guillaume d’Orange.

Louis XIV ne s’en tient pas là. La politique des "réunions" qu’il applique, et par laquelle il annexe Strasbourg et le Luxembourg, fait naître de nouvelles tensions internationales. De plus, lorsqu’il révoque l’édit de Nantes, il se met à dos l’Allemagne et les puissances protestantes. C’est dans ce contexte que débute la guerre de la ligue des Augsbourg (1688), qui ne s’achève qu’en 1697, avec la signature des traités de Ryswick.
Louis d'or daté de 1691, avec blason du Royaume de France au revers
Malgré l’affaiblissement du royaume, lié au coût des campagnes militaires, Louis XIV approuve le testament de Charles II et provoque la guerre de Succession d’Espagne. Cette fois, le conflit, qui prend fin avec le traité d’Utrecht en 1713, finit de vider les coffres du pays.

Après plus d’un demi-siècle de rayonnement, le royaume sombre peu à peu. Afin d’assurer la succession au trône, le roi a décidé de légitimer ses enfants bâtards, qu’il a notamment conçus avec Mme de Montespan. La mort du Grand Dauphin, en 1711, suivie de celle de son petit-fils, le duc de Bourgogne l’affecte profondément et complique la situation. Après plusieurs jours d’agonie, Louis XIV s’éteint en 1715 à l'âge de 72 ans. C’est finalement son arrière-petit-fils de cinq ans, le duc d’Anjou, qui accède au trône, sous la régence du duc d’Orléans.
portrait de Louis XIV avec le manteau de sacre,  par Hyacinthe Rigaud (1702) -
Musée du Château de Versailles.

Au cours d’un règne personnel de 54 ans, Louis XIV a su apporter à la France un immense prestige au sein de l’Europe. Malgré les guerres et les crises financières, il s’est toujours efforcé de protéger et d’enrichir son royaume, tant sur le plan économique, géographique que culturel. Le "Roi-Soleil", grand monarque absolu, laisse le souvenir d’une France rayonnante, comme en témoigne le splendide château de Versailles.

Voici quelques autres exemples de la trace du Roi-Soleil directe ou indirecte dans l'Héraldique municipale française, mais pas seulement en France. Ce n'est qu'un échantillon. :

armoiries de la ville de
Mont-Louis (Pyrénées-Orientales)
Ce blason est parti, aux armes de France et de Navarre
et sommé (timbré) d'une couronne d'or.
(avec une erreur : les fleurs de lys devraient être d'or)
La ville de Mont-Louis est une des neuf villes fortifiées
créées ex-nihilo par Vauban à partir de 1679 pour protéger la
nouvelle frontière avec l'Espagne suite au Traité des Pyrénées (1659).
La cité est baptisée d'un nom dédié au roi Louis XIV et
ses armoiries sont celles du Royaume de France. Située à 1600 m.,
Mont-Louis est toujours la forteresse la plus haute de France.
vue aérienne de la citadelle de Mont-Louis édifiée par Vauban inscrite
 sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO
armoiries de la ville de
Neuf-Brisach (Haut-Rhin)
Ces armoiries ont été créées au XIXe siècle.
Le soleil et la fleur de lis évoquent Louis XIV qui a
 fait  bâtir ce village fortifié par Vauban en 1698/1706
 pour défendre l'Alsace récemment conquise, situé face
 à  Vieux-Brisach de l'autre côté du Rhin (aujourd'hui :
Breisach am Rhein,  en Allemagne). On a parfois
 donné un mauvais blason à Neuf-Brisach à cause de
  l'Armorial Général de France qui  a attribué des armoiries
 à Vieux-Brisach restée quelque temps française avant que
 la ville soit  rendue  à l'Empire germanique en 1700.
 (en  application du Traité de Ryswick) voir ci-dessous.
source texte : Archives départementales du Haut-Rhin
armoiries de la ville de
 Saint-Louis (Haut-Rhin)
ces armoiries créées vers 1901/1902 pour orner un vitrail du  tribunal cantonal de Mulhouse, ont été choisies en souvenir de Saint Louis dont la ville porte le nom, et de Louis XIV qui lui avait donné ce nom par ordonnance du 28-11-1684, lors de  sa création. On s'était
inspiré des  armes royales "d'azur à trois  fleurs de lys d'or"
(L'Alsace est en 1902, sous administration du Reich allemand),
mais on a commis une erreur en mettant sur des lys d'argent
 juste un trait d'or au lieu de lys tout entiers d'or. Par la suite
ces armoiries aux lys d'argent sont devenues  officielles pour
la commune, mais sans les traits d'or erronés.
source texte : Archives départementales du Haut-Rhin 
armoiries de la ville de (Vieux-) Brisach dans l'Armorial Général de France (1696/1711), Généralité d'Alsace, page 28. Aujourd'hui cette ville s'appelle Breisach am Rhein, et est située dans le land de Bade-Wurtemberg, en Allemagne
le site du village fortifié de Neuf-Brisach : autre chef-d’œuvre de l'architecte Vauban
.
armoiries actuelles de la ville de
Saarlouis (Sarre -Allemagne) 
le soleil symbole de Louis XIV ci-contre,  est resté,
accompagné d'une nuée d'argent à dextre et de la devise :
 "DISSIPAT ATQUE FOVET"
qui signifient que la puissance et la sagesse du roi Louis XIV
(le soleil)  dissipent les craintes, les  inquiétudes (les nuages)
 et réchauffe la terre de son rayonnement.
anciennes armoiries (1683) de la ville de Sarre-Louis
  (ancien département de la Moselle)
fondée sous Louis XIV et portant son nom, fortifiée par
 Vauban pour protéger les territoires de la Lorraine
 récemment acquis. (aujourd'hui : Saarlouis est dans le
 land de Sarre en Allemagne).
 Le soleil d'or est montré mouvant du flanc et de la pointe
 senestre sur un champ de gueules, au chef de France.
Armes reprises en 1815 par lettres patentes au nom du roi
 Louis XVIII (période de la Restauration).
.

























.
armoiries de la ville de  Saint-Vit (Doubs)
adoptées en 1985 : "De gueules à la bande d'argent
chargée d'une lionne bondissant de sable accompagnée
d'un soleil d'or mouvant de l'angle du chef et, en pointe,
d'une roue à six rais aussi d'or". Ces armoiries symbolisent
le martyre de saint-Vit : le feu, le sang, la roue. La lionne
 est une interprétation  plus moderne et dynamique rappelant
 le lion des armoiries  de la Franche-Comté. Le soleil,
 symbole du roi Soleil  rappelle son passage ici le 25 mai 1674,
 lors d'opérations militaires en Franche-Comté et 
 un peu avant le rattachement définitif  de la  Franche-
Comté à la France en 1678  (Traité de Nimègue).
armoiries de la ville de Versailles (Yvelines)
curieusement le blason de cette ville, tellement emblématique
 de l'Ancien Régime aurait été créé en septembre 1789 ! soit
 quelques semaines après la Prise de la Bastille à Paris et
quelques mois avant la suppression de l'usage des armoiries
 par l'Assemblée Constituante,  le 19 juin 1790.
 Le champ d'azur à trois fleurs de lys d'or évoque bien
entendu la royauté installée ici dans le Palais de Versailles
 par la volonté de Louis XIV. Le coq bicéphale en chef a
 suscité de nombreuses interprétations ; on suppose qu'il s'agit
 d'un symbole de vigilance, dirigé sur deux fronts...
Ces armoiries ont été ré-officialisées par la municipalité en 1944.






Sites intéressants sur les commémorations du Tricentenaire :
www.chateauversailles.fr/annee-louis-xiv
presse.chateauversailles.fr
www.saintgermainenlaye.fr/loisirs/tricentenaire-louis-xiv
www.marlyleroi.fr
www.facebook.com/yannsinclair




                        Herald Dick
 

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mardi 27 janvier 2015

27 janvier 1615 - 2015 : 400ème anniversaire de la naissance de Nicolas Fouquet, et l'histoire de l'écureuil qui prit un coup de soleil

Aujourd'hui le 27 janvier 2015, on célèbre le 400e anniversaire de la naissance du célèbre Surintendant des Finances français du roi Louis XIV, tombé en disgrâce pour avoir étalé plus de richesse que son roi.

blason de la famille Fouquet :
"d'argent à l'écureuil rampant de gueules".
portrait de Nicolas Fouquet peint par Édouard Lacretelle
collection des Musées du Château de Versailles 


Nicolas Fouquet


(• Paris 1615 - † Pinerolo 1680) 

Nicolas Fouquet, marquis de Belle-Île, vicomte de Melun et de Vaux.
• né à Paris, le 27 janvier 1615
• mort emprisonné dans la forteresse de Pignerol (Pinerolo, aujourd'hui en Italie), dans le Piémont, le 23 mars 1680.

armoiries de Fouquet  : écu timbré d'une couronne de marquis et soutenu par deux lions rampants.
ce sont des armes parlantes : "foucquet" est le nom donné à l'écureuil en dialecte gallo, en Bretagne, région d'origine de la famille.
Écureuil roux (Sciurus vulgaris). Planche extraite de la Collection des animaux quadrupèdes de Buffon.
 Gravure (1759-1767) d'après un dessin de Jacques de Sève.
  Nicolas est un homme politique français qui mena sous le règne de Louis XIV une politique de rétablissement des finances publiques, mais dont la puissance, acquise dans l'exercice de ses fonctions, finit par porter ombrage au pouvoir royal. Le jeune roi Louis avait appris à se méfier des nobles et des princes trop puissants, après l'épisode de "La Fronde" . La devise de Fouquet, en se rapportant à son emblème : l'écureuil, étaient : «Quo non ascendet ?» (Jusqu'où ne montera-t-il pas ?). Beaucoup de ses contemporains, jaloux et cruels, ont répondu : "plus dure sera la chute !". Louis XIV ayant choisi le soleil comme emblème, en toute modestie, donne l'explication du titre de mon sujet.

portrait de Nicolas Fouquet , gravure avec armoiries
.
portrait de Nicolas Fouquet avec armoiries (1662),
 gravure de Robert Nanteuil


   Fils d'un armateur breton devenu lui-même conseiller d'État et maître des requêtes, Nicolas Fouquet (ou Foucquet) acheta la charge de procureur général en 1650. Resté fidèle à Mazarin (qui était alors en exil), il fut nommé surintendant des Finances en 1653, succédant ainsi à Servien. Sa fortune, accrue par son mariage avec Marie de Castille en 1651, lui permit d'effectuer des prêts au Trésor. Il profita ainsi des désordres et de la crise financière du royaume au lendemain de la Fronde pour rassurer les traitants et devenir, de fait, banquier du roi. Ces opérations financières, irrégulières bien que couramment pratiquées à l'époque, lui permirent de s'enrichir considérablement.

le somptueux château de Vaux-le-Vicomte, près de Melun (Seine-et-Marne), construit pour Nicolas Fouquet entre 
1656 et 1661; architecte : Louis Le Vau, décorations intérieures : Charles Le Brun, et les jardins créés par André Le Nôtre.
timbres de La Poste émis en 2012 et en 1989 (le format large), et l'écureuil, emblème héraldique de Fouquet, détail d'une tapisserie du château.
 logo d'un site consacré au château → ICI
  Grâce à cette immense fortune, il se fit construire le somptueux château de Vaux-le-Vicomte et s'entoura d'une cour brillante et lettrée (La Fontaine, Molière, Poussin, etc.). Cependant, la mort de Mazarin en mars 1661 marqua le début de sa chute. Jean-Baptiste Colbert, qui le détestait et souhaitait le remplacer, mena une enquête approfondie sur les comptes du surintendant, prit connaissance des tractations occultes opérées par ce dernier et s'en plaignit à Louis XIV.
écureuils ornant les murs de façade du château
décor mural d'une pièce du château de Vaux-le-Vicomte montrant au centre les armes de sa femme,
 Marie Madeleine de Castille (le château) et les siennes : deux écureuils au sommet du décor.
armoiries de Nicolas Fouquet (ici décédé) et de Marie Madeleine de Castille-Villemareuil, sa seconde épouse.
 Extrait de l'Armorial Général de France, registre n° 23, Généralité de Paris, vol. I, page 1829 ( BNF Paris).
"la Tenture de la Renommée" marquée de l'écureuil de Nicolas Fouquet ,
 tapisserie du Château de Vaux-le-Vicomte.
bas-relief surmontant une fenêtre du château de Vaux-le-Vicomte
 reproduisant les armoiries de Nicolas Fouquet.
   Pour inaugurer sa splendide résidence, le surintendant organisa une fête extravagante le 17 Août 1661. Il invita le roi, Colbert et toute la cour. Molière a présenté sa pièce-ballet  "Les Fâcheux", que Fouquet lui a commandé spécialement pour l'occasion. Jean-Baptiste Lully a écrit la musique du ballet. La fête, le château et Fouquet firent sensation, et le chef de la maison de Bourbon se voyait dépassé par un simple bourgeois dont la famille était inconnue deux générations auparavant. Rempli d'animosité envers le roi, Fouquet, selon certains historiens, aurait même tenté de séduire la favorite du roi, mademoiselle de La Vallière. Furieux et humilié, Louis XIV fit arrêter Fouquet trois semaines plus tard, l'accusant de détournement de fonds publics. Durant le procès, qui dura trois ans, les fidèles de Fouquet vinrent témoigner en sa faveur. D'abord condamné au simple bannissement, Fouquet vit accroître par le roi la sévérité de sa peine, qui fut commuée en emprisonnement à vie. Ainsi, le surintendant fut-il envoyé à la forteresse de Pignerol dans les Alpes piémontaises, en 1665, où il mourut quinze ans plus tard. Par cette sanction exemplaire, Louis XIV rompait avec la tradition de dépendance financière qui entravait le pouvoir du roi jusqu'alors et s'affirmait comme monarque absolu, en prenant la tête du Gouvernement lui-même et nomma Colbert, son ministre des Finances.
 source partielle texte : Encyclopédie ® Encarta
Jeton en argent daté de 1654, avers et revers aux armes de Fouquet, couronne de vicomte (à gauche) et celles de son épouse
 (à droite) ainsi que la fameuse devise "Quo non ascendet " (Jusqu'où ne montera-t-il pas ?) , complétée par "Surgit radicibus
 altis" (Il s'élève à partir de racines profondes) . Cette absence de modestie va se révéler fatale pour lui.
gros plan de la reliure d'un livre marquée aux armes de Fouquet.
deux ex-libris aux armes de Fouquet
plaque de cheminée aux armoiries de Fouquet, exposée au château de Blandy-les-Tours (Seine-et-Marne)


L'écureuil de Nicolas Fouquet dans l'héraldique civique et associative :
• au moins deux communes de France ont adopté l'écureuil de Fouquet dans leurs armoiries, la première dans les ornements extérieurs et la seconde dans le blason de l'écu.
armoiries de la commune de Maincy (Seine-et-Marne),
 sur le territoire de laquelle se trouve le château de Vaux-le-Vicomte
Parti: au 1er de gueules à six fleurs de lis d’argent ordonnées 3, 2 et 1,
 au 2e d’or à la fasce ondée d’argent, bordée d’azur, accompagnée de
trois roues de moulin de sable. Timbre : couronne murale , un écureuil
rampant de gueules issant ( de Nicolas Fouquet)
 visuel du site internet de la commune www.maincy.com
 logo d'une association locale
visuel d'une autre association de passionnés d'histoire locale


En 1657, le Surintendant Fouquet vint s’installer à Saint-Mandé au lieu dit de l’Epinette. Il désirait constituer un domaine de plaisance,
 voisin du Château de Vincennes où Mazarin, avec lequel il était lié, passait l’été. Fouquet y fit des travaux somptueux : la bibliothèque
contenait 30 000 volumes, les jardins 200 orangers; les appartements renfermaient de nombreuses œuvres d’art et des tableaux de
 grands prix. La propriété reçut la visite du jeune roi Louis XIV et de Mazarin.
Après la chute du Surintendant en 1661, elle resta longtemps abandonnée. En 1705, elle fut occupée par les religieuses hospitalières
 de Gentilly qui y tinrent un hôpital jusqu’au début de la Révolution. Après leur départ, vers 1795, le terrain fut loti.
 La carte postale ancienne indique l'emplacement du domaine mais ce ne sont pas les bâtiments d'origine.
armoiries de la commune de Saint-Mandé (Val-de-Marne), créées par Robert Louis
 Écu écartelé : au premier d'argent à l'écureuil de gueules ( armes de Nicolas Fouquet) ;
 au deuxième d'azur à la tourelle couverte d'argent ajourée de sable, flanquée, de part et d'autre,
 de son avant-mur crénelé de six pièces aussi d'argent maçonné de sable (seuls vestiges historiques
 des dépendances du Château de Vincennes : cette tourelle donna son nom à la place et au quartier du même nom) ;
 au troisième d'azur à la tierce ondée d'argent soutenue d'un croissant du même (les ondes d’argent
 évoquent le lac de Saint-Mandé dans le bois de Vincennes) ;
 au quatrième de gueules au chevron d'or accompagné de trois molettes d'éperon du même
 (armes de Bérulle, en souvenir de Jacques François de Bérulle et d’Amable-Thomas de Bérulle,
 de la famille du célèbre cardinal, qui furent seigneurs de Saint-Mandé de 1740 à 1767).
 Timbre : couronne murale ; Soutiens : lys de jardins.
Devise en latin : cresco et floresco (je pousse et je m'épanouis).
armoiries de Saint-Mandé en bas-relief quelque part dans la ville

Les autres membres de la famille à l'écureuil :


portrait avec armoiries de Louis Fouquet (1633-1702) ,
frère de Nicolas, évêque-comte d'Agde et aumônier du roi,
gravure de René Lochon 
armoiries de Louis Fouquet, évêque-comte d'Agde (notez la position accroupie de l'écureuil qui est fausse)
 Extrait de l'Armorial Général de France, registre n° 15, Généralité de Languedoc, vol. II, page 1269 ( BNF Paris).

armoiries de Louis-Nicolas Fouquet (1654-1705), comte de Vaux, fils de Nicolas, et son épouse Jeanne-Marie Guyon
 Extrait de l'Armorial Général de France, registre n° 23, Généralité de Paris, vol. I, page 865 ( BNF Paris).
armoiries de Louis Fouquet (1661-1738), marquis de Belle-Ile, autre fils de Nicolas, et son épouse Catherine Agnès de Lévis.
 Extrait de l'Armorial Général de France, registre n° 14, Généralité de Languedoc, vol. I, page 452 ( BNF Paris).
représentation postérieure des armoiries des Fouquet, comtes de Gisors,
 marquis de Belle-Ile,  branche descendant des parents précédents
 avec un écartelé en 1et 4 : de Fouquet et en 2 et 3 : de Lévis.
armoiries d'une branche antérieure des Fouquet, comtes de Chalain - le blason est augmenté d'une bordure de gueules semée
de fleur de lis d'or qui vient des armes de la maison de Châteaubriant (de gueules semé de fleur de lis d'or) .
  Extrait de l'Armorial Général de France, registre n° 09, Généralité de Bretagne, vol. II, page 1450 ( BNF Paris).
armoiries d'une branche latérale du nom de Fouquet de Closneuf - le blason est augmenté d'un chef d'azur avec trois roses d'argent.
 Extrait de l'Armorial Général de France, registre n° 23, Généralité de Paris, vol. I, page 802 ( BNF Paris).



Pour les évènements marquant  cet anniversaire, voir → ICI
 








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