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samedi 14 août 2021

La Vuelta a España 2021 - le Tour d'Espagne en blasons - le grand départ à Burgos, et sur les routes de l'ancienne Castille.

   P our la onzième année consécutive, nous voici de retour chez nos voisins au-delà des Pyrénées, pour suivre le tour cycliste La Vuelta a España, non pas derrière les coureurs, il y a des médias spécialisés pour cela, mais  de manière originale: par un nouveau voyage à travers l'héraldique municipale, provinciale et régionale !
Armoiries et logo officiel de la Province de Burgos

logo officiel de la commémoration du
VIIIème centenaire de la Cathédrale de Burgos
site officiel → www.catedraldeburgos 2021.es
le logo officiel de la Vuelta 2021

  


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Nous avons quitté le podium du Tour de France (voir ici → 🏅) il y a moins d'un mois, et nous voilà à nouveau en selle pour le départ de ce 76e Tour d'Espagne depuis la ville et la province de Burgos, dans la Communauté autonome de Castille-et-León. Ce Grand Départ programmé à Burgos n'est pas dû au hasard, car en effet l'ancienne capitale castillane fête cette année les 800 ans du lancement de la construction de sa magnifique cathédrale gothique Sainte-Marie (voir → ICI). Mais d'autres célébrations historiques seront également évoquées sur le parcours de l'épreuve.

Communauté autonome de Castille-et-León

  Au programme de la Vuelta 2021, un ruban de 3.417,7 kilomètres en 21 étapes. Le Grand Départ inédit se fera le 14 août, depuis le parvis de la cathédrale de Burgos avec un contre-la-montre individuel de 7,1 kilomètres, et la course se terminera cette année, non pas à Madrid, comme il est de tradition,mais par un second contre-la-montre individuel devant une autre illustre cathédrale, le 5 septembre, à Saint-Jacques-de-Compostelle. Au menu: 8 étapes de plaine (dont 2 étapes de plaine avec une arrivée au sommet), 4 étapes accidentées, 7 étapes de montagne, avec le passage de 69 cols, 2 contre-la-montre en individuel et...   2 journées de repos.

🚵 Cette année, les organisateurs ont tenu compte des expériences ratées de l'édition précédente, en raison de la pandémie du Covid-19, et de ce fait aucune incursion en dehors des frontières ne sera au programme. Toutefois lors de la 20e étape, nous frôlerons, à quelques dizaines de mètres seulement le Rio Miño, qui fait frontière avec le Portugal.
   Nous traverserons successivement 9 des 17 régions d'Espagne, qui sont les Communautés autonomes de: Castille-et-León, Castille-La-Manche, Valence, Murcie, Andalousie, Estrémadure, à nouveau Castille-et-León, puis Cantabrie, Asturies et Galice. Nous n'aurons par contre aucune étape dans les Pyrénées, cette année, ce qui est très inhabituel.

 Voici la carte générale du parcours suivie de l'animation vidéo en 3D  :
 (Il est possible d'agrandir la carte avec les outils de votre navigateur et en cliquant dessus)
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🛡 Cette année encore, j'ai réduit au minimum la présentation des symboles des régions: Communautés autonomes (Communidades Autónomas) et  Provinces (Provincias), la plupart ont été déjà longuement évoquées dans les précédentes éditions. En revanche, entre les villes-étapes, j'ai voulu rendre hommage aux nombreuses communes (Municipios) qui sont traversées par le parcours, et qui, faute de moyens financiers, ne pourraient sans doute jamais être candidates à un départ (coût ~ 65 000 €) ou une arrivée d'étape (coût ~ 100 000 €).  Ainsi, j'ai donc inclus 3 blasons de ville ou de commune supplémentaires, pour accroître l’intérêt historique, géographique et surtout héraldique.


drapeau de la municipalité de Burgos
drapeau de la Province de Burgos


drapeau de la province de Soria
drapeau de la province de Guadalajara

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Vue aérienne de la cathédrale Santa Maria de Burgos, haute de ses 800 ans -  photo © www.eldiario.es

1ère étape  -  Samedi 14 Août 2021  :
Burgos   -   Burgos ( VIIIe centenaire de la cathédrale )
(épreuve contre la montre individuel)     


départ, km 0 et arrivée, km 7,1 : Burgos :
 Communauté autonome de Castille-et-León - Province de Burgos.
○ Blason : " Sur un champ de sinople, le buste du roi Fernando III (Ferdinand III de Castille), couronné d'or, au visage de carnation, cheveux et barbe de sable, habillé d'un manteau de pourpre chargé de trois châteaux d'or, ouverts et ajourés de sable; le roi est accosté de deux écussons d'argent au châteaux d'or ouverts de sable, surmonté par une muraille d'argent en arc de barbacane, encadrée de deux tours et sommée de trois autre tours ajourées de sable; une bordure d'or chargée d'une orle de gueules.
 Timbre : couronne royale ancienne de Castille.".
 Supports : deux rameaux de sinople fruités d'or passés en sautoir et un ruban de gueules chargé de la devise et titres de la ville, en lettres gothiques de sable : "Caput Castellae", "Camera Regia", "Prima voz et fide" (Capitale de Castille, Chambre du Roi et Première en voix et en fidélité).
• Le buste du célèbre monarque appelé dans certaines chroniques "Caput Castellae" indique que Burgos peut être considérée comme le siège principal de la royauté et de la cour castillane au Moyen-âge, même si elle s'est beaucoup déplacée dans le pays. Ce symbole est attesté depuis 1259.
• Les trois châteaux représentés sur le manteau symbolisent les châteaux (castillos) de
Lara, Muño et Cellorigo qui étaient soumis à la juridiction de la ville.
• Le mur de la porte de barbacane avec les tours représentant les fortifications castillanes qui ont donné son nom au royaume de Castille, (
castillo = château-fort en espagnol).
 



  2e étape   -   Dimanche 15 Août 2021 :
Caleruega ( VIIIe centenaire de Santo Domingo de Guzmán )   -
Burgos • Gamonal
 
km 0 : Caleruega : 
Communauté autonome de Castille-et-León - Province de Burgos.
○ Blason: " coupé, au premier parti, en I : de gueules à quatre épées d'argent garnies d'or appointées en croix; en II d'argent, au chien tacheté au naturel, assis, tenant dans sa gueule une torche enflammée de gueules et de sa patte dextre un globe terrestre au naturel;  au deuxième, de sinople, à une tour crénelée d'or, ouverte, ajourée et maçonnée de sable, adextrée de trois épis d'or et senestrée d'une grappe de raisin de sable bordée d'or ; à la champagne fascée ondée d'argent et d'azur chargée d'une écrevisse de gueules posée en pal, brochant ".
   Timbre: couronne royale fermée.
.

Blason de l'Ordre des Prêcheurs
(ou Dominicains)

 
 ♦ La construction la plus emblématique de Caleruega, est le monastère de Santo Domingo de Guzmán, qui date du XIIIe siècle. Le saint, originaire de ce petit village de la province de Burgos, est le fondateur de l'Ordre des Prêcheurs, en ayant bénéficié de la générosité du roi Alphonse X, le Sage. Le huitième centenaire de la mort de Domingo de Guzmán (Saint Dominique en français), qui est un personnage clé dans l'histoire de la région, est justement fêté en 2021.
 
 

 



km 40:  Sotillo de la Ribera
province de Burgos
(Comm. auton. de Castille-et-León)
les arbres des deux quartiers du bas
sont des chênes-verts (Quercus ilex)
 pas d'explication pour la chaîne
encadrant et brochant sur l'écu d'armes
km 146:  Las Quintanillas
province de Burgos
(Comm. auton. de Castille-et-León
)
les animaux du 3e quartier sont
des renards au naturel passant et
contre-passant, l'un sur l'autre
km 95:  Villahoz
province de Burgos
(Comm. auton. de Castille-et-León)
les deux outils sont des serpes,
utilisées pour tailler les arbres
ou les haies, les broussailles



 kms 152 à 166,7 : Burgos :
Communauté autonome de Castille-et-León - Province de Burgos. 
○ Blason: déjà décrit précédemment, voir plus haut
 ♦ Gamonal est un ancien bourg et municipio (commune en espagnol). Il est depuis 1955 intégré, en tant que barrio (quartier), à la ville de Burgos.  La Gamonal est l'un des quartiers les plus singuliers de Burgos. Avec une croissance démographique ininterrompue au cours des dernières décennies, c'est actuellement le quartier le plus peuplé de la ville, avec plus de 60 000 habitants. Mais cette expansion n'a pas fait perdre à Gamonal son caractère et ses racines.
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  3e étape   -   Lundi 16 Août 2021 :
Santo Domingo de Silos   -   Espinosa de los Monteros  
⛰ Picón Blanco
 
km 0 : Santo Domingo de Silos : 
Communauté autonome de Castille-et-León - Province de Burgos.
○ Blason: "Écu français ancien de gueules à trois couronnes de sable rangées en fasces, un bâton abbatial d'or posé en pal brochant et des fers d'esclaves posés en fasce reliés par une chaîne suspendue en orle, le tout d'or brochant sur le bâton".
 Timbre : couronne royale fermée.
 Supports : deux rameaux de laurier de sinople fruités de gueules passés en sautoir et liés.
 
Abbaye Saint Dominique de Silos
• les armoiries de la commune reprennent en grande partie celles de la célèbre Abbaye Santo Domingo de Silos, fondée au XIe siècle par Saint Dominique de Silos (en français), et qui est un personnage différent du précédent Saint Dominique. Celui-là est un ancien ermite navarrais exilé, devenu moine bénédictin et enfin abbé de l'ancien monastère Saint-Sébastien de Silos, en Vieille-Castille. Les figures évoquent naturellement l’histoire du saint, qui entre autres actions et miracles, selon la légende,  fit libérer des esclaves chrétiens prisonniers des musulmans et dont la bâton abbatial avait des super-pouvoirs lors des naissances princières.


 
🛡 Pour les curieux, voici ci-dessous trois écus timbrés de manières très différentes et inhabituelles (la norme pour l’héraldique institutionnelle et territoriale espagnole étant plutôt la couronne royale fermée):

km 13:  Salas de los Infantes
province de Burgos
(Comm. auton. de Castille-et-León)
les bustes représentent don Gonzalo Gustios,
ancien seigneur de Salas (Xe siècle),
a côté son fils Mudarra et les têtes sont ses
sept autres enfants (infantes en espagnol)
évoquant une légende locale.
Timbré d'un heaume avec diverses armes
km 138:  Oña
province de Burgos
(Comm. auton. de Castille-et-León)
Parti, au premier de gueules,
une aigle attaquant un cerf, tous
deux d'or; au second d'argent,
un arbre de sinople surmonté
d'une croix de gueules.
Couronne royale antique, ouverte.
km 112:  Briviesca
province de Burgos
(Com. aut. de Castille-et-León)
les têtes de maures (musulmans)
et celle d'un chrétien, coupées,
évoquent une période antérieure
à la reconquête (Reconquista)
mais dont on a perdu la
véritable signification, voir ICI.
Rare couronne murale



km 193,7 : Espinosa de los Monteros :
Communauté autonome de Castille-et-León - Province de Burgos.
○ Blason : "D'or, au château de gueules, donjonné de trois tours, celle du centre plus haute, crénelé, maçonné de sable, ajouré et ouvert du champ, accompagné sur les flancs de deux arbres de sinople, l'ensemble posé sur une terrasse du même".
 Timbre : couronne royale fermée.
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km 202,8 : 🏔  Picón Blanco :
Communauté autonome de Castille-et-León - Province de Burgos - Municipio de Espinosa de los Monteros. 
♦  Le Picón Blanco est un col du nord de la province de Burgos, situé juste à la frontière avec la Cantabrie dont le point culminant est à 1.512 m. Depuis Espinosa de los Monteros, l'ascension du Picón Blanco est très difficile, d'une longueur de 8,5 kilomètres avec une pente moyenne de 9,1 %, et des passages à 17 %.



La ville d'El Burgo de Osma : vieux pont sur le río Ucero, remparts et cathédrale - photo © www.spain.info/fr/

  4e étape   -   Mardi 17 Août 2021 :
El Burgo de Osma  -   Molina de Aragón
 
 
km 0 : El Burgo de Osma :
Communauté autonome de Castille-et-León - Province de Soria.
○ Blason: " De gueules, un château donjonné de trois tours d'or, celle du milieu plus haute, maçonné de sable, ajouré et ouvert du champ, avec trois meurtrières de forme circulaire dans sa partie inférieure, entouré d'une légende en lettres capitales d'or qui dit : « LA VILLA DEL BURGO DE OSMA » posée en orle ".
Timbre : couronne murale. 





 
 
 
km 19,5:  Berlanga de Duero
province de Soria
(Comm. auton. de Castille-et-León)

L' ours pillant une ruche est une
allégorie illustrant un scandale historique
datant du XIe siècle (lire⇾ ICI en espagnol)
La roue dentée est l'attibut de la sainte
patronne : Sainte Catherine d'Alexandrie
km 153,5:  Herrería
province de Guadalajara
(Com. aut. de Castille-La-Manche)

Ce sont des armes parlantes :
le toponyme "Herrería"
signifiant: la forge, en français
km 101:  Alcolea del Pinar
province de Guadalajara
(Com. aut. de Castille-La-Manche)

Le toponyme "Alcolea" est une
hispanisation de l'arabe "al-qual'a",
qui signifie forteresse, et le pin
(el pino) complète ces armes parlantes.


km 163,9 : Molina de Aragón :
Communauté autonome de Castille-La Manche - Province de Guadalajara.
○ Blason : "Tiercé en pairle renversé et ployé en pointe, au premier d'azur à la barre d'argent, accompagnée de deux roues de moulin, du même métal ; au deuxième, d'azur, un bras (dextrochère) armé d'or, le coude plié, la main d'argent tenant un anneau d'or entre l'index et le pouce; en pointe, d'azur à cinq fleurs de lis d'or, ordonnées en sautoir ".
 Timbre : couronne royale fermée.
• Le premier quartier correspond au blason primitif de la cité, avec ces deux meules d'argent sur fond d'azur, et qui sont des armes parlantes. Elles dateraient du XIIe siècle, après que le territoire ait été repris aux Arabes et reconquis par le roi d'Aragon Alphonse Ier le Batailleur en 1128. Les milices communales de Molina ont participé à la reconquête de Cuenca (1177) et ont ensuite placé le blason avec la roue (meule) de moulin sur les murs de ladite ville.
• Plus tard, un nouvel élément symbolique a été ajouté à l'emblème héraldique de
Molina. Dans le premier quart du XIIIe siècle, le mariage de Doña Mafalda Manrique, fille du troisième comte de Molina, avec l'infant de Castille Don Alonso, fils du roi Alphonse X le Sage, a été organisé. Ce lien matrimonial entraînera l'incorporation, deux générations plus tard, de la seigneurie de Molina
à la couronne castillane. Un fait aussi transcendant est matérialisé sous la forme d'un bras armé, en or, avec une main en argent, tenant entre son pouce et son index une bague, également en or.
• Le troisième élément qui, de façon plus moderne, a été ajouté aux armoiries de
Molina, dans une case inférieure en pointe, où apparaissent cinq fleurs de lys d'or sur fond d'azur. Cet emblème supplémentaire a été accordé par le roi Philippe V, premier des Bourbons espagnols, sachant combien les habitants de Molina avaient travaillé et souffert pendant la Guerre de Succession, avant son arrivée sur le trône. Ce symbole très français, qui est la fleur de lis, a été ajouté à la traditionnelle paire de meules et au puissant bras annelé, comme une conjonction de forces, de connexions royales, et de batailles continues .
sources texte :  www.herreracasado.com/1974/03/23/el-escudo-de-molina-de-aragon/ et www.herreracasado.com/1989/06/30/el-escudo-heraldico-de-molina-de-aragon/
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l'impressionnant site fortifié de Molina de Aragón - photo © site castillosdelolvido.com




  et pour la suite du parcours de la 1ère semaine,

 rendez-vous mercredi prochain ...  → ICI



💻 Pour revoir la course, étape par étape par les cartes, les classements et les statistiques, etc...je vous invite à consulter l'excellent site de La Vuelta 2021 → ICI  (en trois langues : ES/FR/EN)

 📺  Voir les étapes en direct ou les vidéos en replay : sur la chaîne Eurosport (avec un  abonnement payant) → ICI

carte des provinces (en couleurs) visitées  durant ce grand départ 2021
💶 Crédits :
- cartes :  www.lavuelta.com
- blasons, drapeaux :   es.wikipedia.org  ou commons.wikimedia.org
- les logos viennent des sites officiels de chaque commune ou institution.
- Autres images : passer la souris dessus pour découvrir leur origine


             Herald Dick

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vendredi 14 février 2020

l'Armorial de La Planche - 1669 - Gouvernement de Champagne - Bailliage de Sens

S   uite de la visite d'un des plus anciens manuscrits répertoriant des armoiries de villes et de villages de France, dessinées à la plume et peintes à l'aquarelle, antérieur de trois décennies à l'Armorial Général de France de Charles d'Hozier ! Voir la description initiale : → ◙

 Nous poursuivons avec la découverte du "livre" (c'est l'appellation donnée à une section d'un manuscrit, qui est lui-même divisé en chapitres) consacré au Gouvernement de Champagne. Après les premiers chapitres consacrés au Bailliages de Troyes, de Reims et de Châlons, nous nous déplaçons plus au sud, avec le bailliage de Sens, considéré comme le plus ancien de France. Sens fut réuni à la couronne en 1015, le roi Philippe Auguste y fixa en 1184 le siège d'un bailliage royal. Sens était par ailleurs le siège d'un puissant archevêché depuis le haut Moyen-Âge, dont Paris dépendait  jusqu'en 1622. Il a aussi été le plus vaste des bailliages, comprenant au plus fort de son existence, toute la haute vallée de la Seine, de Melun jusqu'à Langres. Puis, au gré des réformes, son territoire a beaucoup diminué au cours des siècles et en cette fin du XVIIe siècle, il est réduit à quatre subdivisions isolées autour des villes de Sens et de Courtenay (en pays Gâtinais), de Tonnerre, de Mussy-sur-Seine (anciennement nommée Mussy-l'Évêque) et de Vézelay. Ces anciennes circonscriptions forment aujourd'hui, une bonne partie du département de l'Yonne (créé en 1790), en y joignant les anciens pays/bailliages d'Auxerre et de l'Auxois, qui dépendaient eux, du Gouvernement de Bourgogne, la Puisaye, qui dépendait du Gouvernement d'Orléans, et aussi, nous l'avons vu récemment: le sud du bailliage de Troyes, en Champagne, avec les villes de Joigny et de Saint-Florentin, précédemment parcouru. Voici donc le quatrième chapitre, à la structure quelque peu dispersée.

      Revenir à l'épisode précédent → ◙

Voici l'extrait d'une carte datant de la fin du XVIIIe s. , donc postérieure d'un siècle, mais sur laquelle j'ai reconstitué les limites administratives de notre région :
 Vous pouvez cliquer sur toutes les images pour les agrandir









  Les fragments de manuscrits proviennent cette fois du Volume I. Pour enrichir l'étude, j'ai mis en bonus l'extrait équivalent dans l'Armorial Général de France* (1696-1711), établi par Charles-René d'Hozier, et comme auparavant, j'ai placé le blason actuel en-dessous, pour comparer les différences ou au contraire la constance des figures dans le temps.

(*)  Armorial Général de France  -  volume XXV  -  Généralité de Paris - volume III  (BNP Paris)


Sens (Yonne)

  Les armoiries de Sens, toujours utilisées dans la communication de la municipalité et c'est exceptionnel pour une ville de cette importance, sont très anciennes et inchangées depuis sans doute le Moyen-Âge, quand la ville a été rattachée au domaine royal, comme le montre ce champ d'azur aux six fleurs de lis d'or.
 Bizarrement, dans l'Armorial Général de France (registre de Paris, tome III), Charles d'Hozier a oublié ce blason séculaire, ainsi que la ville elle-même. Mais parmi d'autres entités du moment, le corps du bailliage et celui de l'élection ont été blasonnés, avec les armes royales, logiques pour une administration du royaume (dans la France de l'Ancien Régime, l'élection était une juridiction de l'impôt; plusieurs élections formaient une généralité). 



Villeneuve -sur- Yonne (Yonne)

  La ville s'est appelée Villeneuve-le-Roy jusqu'à la Révolution (mais il ne faut pas confondre ce toponyme avec celui de la commune actuelle de Villeneuve-le-Roi dans le département du Val-de-Marne, qui n'a absolument rien à voir). Villeneuve-le-Roy / sur-Yonne est née de la volonté du roi Louis VII le Jeune (1137-1180) qui désirait, en 1163, protéger les limites du royaume de France face au Comté de Champagne. En 1792, elle est renommée Villeneuve-sur-Yonne, nom qu'elle a conservé jusqu'à aujourd'hui.
  La ville médiévale était ceinte de remparts avec quatre portes fortifiées, deux subsistent encore aujourd'hui. Les différents blasons de la ville n'en montrent que trois, symbolisées sous différentes formes :  châteaux ou tours.



Courtenay (Loiret)

  Ces armes sont celles de la maison de Courtenay, dont plusieurs membres ont été sacrés empereurs latins d’Orient. Le manuscrit montre les armes de la "branche capétienne" des Courtenay, apparue en 1150 avec le mariage d'une héritière avec un fils cadet du roi Louis VI le Gros: Pierre de France.
  Le blason de la ville actuel reprend aujourd’hui ces armes nobiliaires, celles de la 1ère maison, couronnées de remparts et ornées de rameaux de chêne et d’olivier, symboles civils de la cité, de puissance, d’invincibilité et d’immortalité.   source texte : www.courtenay45.fr



Mussy -sur- Seine (Aube)

  Dès le XIIe siècle, les évêques de Langres possédaient une résidence d'été à Mussy et en acquirent peu à peu la seigneurie (l'auteur du manuscrit le précise dans son texte descriptif). Rien d'étonnant donc, à ce que la petite ville porte un blason découlant de leurs armes, tout comme la ville de Langres, que nous verrons dans un prochain chapitre. Toutefois le nombre de fleurs de lis est limité à quatre, à la place du semé du blason des évêques. C'est sous cette forme, semble-t-il, qu'ils étaient représentés sculptés sur les murs des remparts, avant la Révolution. 
source info : relais-livre.mussy.pagesperso-orange.fr/Patrimoine/Blason.htm



Tonnerre (Yonne)

 Comme pour Courtenay plus haut, la ville de Tonnerre a adopté depuis longue date, le blason de ses anciens seigneurs : les comtes de Tonnerre, mais plus particulièrement la célèbre maison de Chalon (blason : "de gueules à la bande d'or") qui hérita du comté au début du XIVe siècle.



Vézelay (Yonne)

   La commune est universellement connue pour la basilique Sainte-Marie-Madeleine, chef-d'oeuvre de l'art roman bâtie sur un site élevé extraordinaire, appelé " la colline éternelle ", le tout classé au patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO.  Cette église faisait partie d'un grand établissement abbatial, établi dans ces lieux depuis l'an 859 et placé sous la protection de la Vierge Sainte Marie. Au XIe siècle, l'abbaye reçoit les reliques de Marie-Madeleine. Des miracles se produisent : les pèlerins affluent et font de Vézelay un point de passage important sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. En 1050, l'abbaye, passe ainsi sous le patronage de Marie-Madeleine et quelques années plus tard le pape reconnaît solennellement les reliques. Bernard de Clairvaux (saint Bernard) y vient pour prêcher la 2e croisade en 1146, puis Philippe Auguste et Richard Cœur de Lion, y passent avant leur départ pour la 3e croisade en 1190, et encore Louis IX en 1248.
  En 1279, la “reconnaissance” des reliques de Marie-Madeleine à Saint-Maximin en Provence signe les débuts d’une rapide et profonde décadence des pèlerinages et de l’abbaye de Vézelay. En 1537, le pape Paul III sécularise l’abbaye: les moines sont remplacés par quinze chanoines séculiers, placés sous l’autorité d’un abbé nommé par le roi. En 1569 , durant les guerres de religion, elle est mise à sac par les Huguenots. En 1760, à l’abandon, les bâtiments abbatiaux sont partiellement vendus et démolis. Et en 1790, le collège de chanoines est supprimé, et l’église, abbatiale puis collégiale, devient paroissiale. Les vestiges restant de l’abbaye sont vendus et rasés. Elle subira par la suite de nombreuses dégradations avant d'être sauvée au XIXe siècle par Eugène Viollet-le-Duc , à l’instigation de l’écrivain Prosper Mérimée, inspecteur des Monuments historiques.
source textes : www.basiliquedevezelay.org
 Les blasons, dessinés de manière différente sur les deux manuscrits concernent donc les établissements religieux avec la symbolique inhérente à Sainte Marie-Madeleine : le vase d'onguent, du fait qu'elle fut l'une des femmes qui apportèrent des parfums au tombeau de Jésus et les larmes qu'elle pleura sur le corps du Christ. Le blason moderne, datant de la fin du XIXe siècle, comporte dans le chef, outre les larmes de Marie-Madeleine, la châsse romane qui contenait les supposées reliques de la sainte.



[_)-(_]



  D'autres lieux ou villes sont juste décrits par le texte, sans blason ni mention s'y rapportant : Sainte-Colombe (abbaye, commune de Saint-Denis-lès-Sens ), Pont-sur-Yonne, Villeneuve-la-Guyard, Vauluisant (abbaye, commune de Courgenay), Molesmes, Ancy-le-Franc, Cruzy (-le-Châtel), Ligny-le-Châtel.


 # cependant, quelques années plus tard, certains autres établissements religieux (en gras, ci-dessus) ont été enregistrés et blasonnés dans l'Armorial Général de France.






# et pour aller plus loin avec l'Armorial Général de France, on peut encore rajouter, à partir d'un autre établissement catholique, cette dernière ville qui dépendait de ce bailliage, et devenue aujourd'hui une commune, qui n'a pas été mentionnée dans le manuscrit de La Planche :
-  Chablis.

Chablis (Yonne)


A bientôt pour une nouvelle série ... → ICI


Crédits :
les blasons "modernes" sont empruntés  à : armorialdefrance.fr/

les extraits des manuscrits proviennent de :
- Bibliothèque et Archives du Musée du Château de Chantilly :
   . www.bibliotheque-conde.fr/ressources-en-ligne/

 - Bibliothèque nationale de France à Paris : 
   . gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k111473g/

💶 Appel au mécénat ou aux généreux donateurs :
 Au cours d'échanges d'informations avec les responsables de la Bibliothèque du Musée Condé, au sujet du manuscrit, il m'a été rapporté que l'ouvrage de Pierre de La Planche n'est actuellement plus exposé ni mis à disposition des visiteurs. En effet, les deux volumes du manuscrit sont en mauvais état : "la couverture", ce que l'on nomme dans le métier: les plats de reliure, sont soit partiellement,soit totalement détachés du manuscrit, ce qui nuit à sa conservation. La reliure étant en effet là pour maintenir et protéger le manuscrit.
  Si des personnes ou des entreprises sont intéressées, en mode mécénat, pour participer à la prise en charge de la restauration de ces précieux ouvrages, qu'elles prennent contact pour les modalités, avec les bibliothécaires à cette adresse mail  : bibliotheque@domainedechantilly.com
ou sinon m'écrire à : heraldexpo@orange.fr et je transmettrai à ma correspondante privilégiée.


             Herald Dick  
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