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dimanche 23 avril 2017

Top 10 des plus grandes villes de Serbie avec leurs blasons

Voici un nouveau volet à cette série consacrée à la découverte de l’héraldique civique, à travers divers pays du Monde. Le principe du "Top xx" très répandu dans les médias et sur Internet, pour recenser ce qui est le plus remarquable dans un domaine particulier est ici adapté à cette thématique. Il nous permettra de découvrir ou réviser la géographie d'un pays choisi de manière aléatoire et dans le même temps de s'intéresser à sa diversité en matière de blasons et emblèmes municipaux.


  Nous restons en Europe, à la rencontre d'un pays qui fait la jonction entre l'Europe centrale et les Balkans : la Serbie.



  Voici donc les 10 plus grandes villes en terme de population, en-dehors des grosses aires urbaines, mais aussi indépendamment des communes administratives du même nom, qui regroupent plusieurs villes et localités ensemble (chiffres : 2011).
 Je précise aussi, comme le montre la carte officielle ci-dessus, que l'indépendance du Kosovo ayant été reconnue en 2008 par la plupart des pays d'Europe occidentale, dont la France, et ce malgré la position du gouvernement serbe qui refuse cette séparation, je n'ai pas inclus la ville de Pristina, capitale du Kosovo, qui serait sinon la cinquième ville dans ce classement.

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1 - BELGRADE / Beograd / Београд

capitale de la République de Serbie, et chef-lieu du district de la Ville de Belgrade (Град Београд/Grad Beograd) - 1 344 840 habitants


ancienneté des armoiries avec cette composition : 1931

Cette ville a fait l'objet d'un article plus détaillé dans la série des capitales → ICI



2 - NOVI SAD / Нови Сад

- anciens noms : Neusatz / Újvidék (Autriche; Autriche-Hongrie, 1699-1918)
- capitale de la province autonome de Voïvodine (Војводина/Vojvodina) et chef-lieu du district de Bačka méridionale (Јужнобачки округ/Južnobački okrug) - 286 160 habitants



ancienneté des armoiries : 1748




3 - NIŠ / Ниш

chef-lieu du district de Nišava (Нишавски округ/Nišavski okrug) - 202 210 habitants



ancienneté des armoiries : 1996



4 - KRAGUJEVAC / Крагујевац

chef-lieu du district de Šumadija (Шумадијски округ/Šumadijski okrug) - 150 835 habitants


ancienneté des armoiries : 1996

Cette ville a été citée dans un article sur les symboles de la mythologie et de l'Antiquité → ICI



5 - LESKOVAC / Лесковац

- ancien nom : Dubročica
- chef-lieu du district de Jablanica (Јабланички округ/Jablanički okrug) - 110 240 habitants



ancienneté des armoiries : 2005




6 - SUBOTICA / Суботица

- anciens noms :  Maria-Theresienstadt, Maria-Theresiopolis ou Maria-Theresiopel / Szabadka (Autriche; Autriche-Hongrie, 1699-1918)
- ville de la province autonome de Voïvodine (Војводина/Vojvodina) - chef-lieu du district de Bačka septentrionale (Севернобачки округ/Severnobački okrug) - 105 680 habitants


ancienneté des armoiries : 1779



7 - ZRENJANIN / Зрењанин

 - anciens noms : Großbetschkerek / Nagybecskerek (Autriche; Autriche-Hongrie, 1718-1918), Bečkerek / Veliki Bečkerek (royaume des Serbes, Croates et Slovènes 1918-1929; Yougoslavie 1929-1945)
- ville de la province autonome de Voïvodine (Војводина/Vojvodina) - chef-lieu du district du Banat central (Средњебанатски округ/Srednjebanatski okrug) - 76 510 habitants


ancienneté des armoiries : 1769



8 - PANČEVO / Панчево

- anciens noms : Pantschowa / Pancsova  (Autriche; Autriche-Hongrie, 1718-1918)
- ville de la province autonome de Voïvodine (Војводина/Vojvodina) - chef-lieu du district du Banat méridional (Јужнобанатски округ/Južnobanatski okrug) - 76 200 habitants


ancienneté des armoiries : 1881




9 - ČAČAK / Чачак

chef-lieu du district de Moravica (Моравички округ/Moravički okrug) - 73 330 habitants



ancienneté des armoiries :  ?



10 - KRALJEVO / Краљево

- anciens noms :  Rudo Polje, Karanovac, Rankovićevo (avant 1882)
- chef-lieu du district de Raška (Рашки округ/Raški okrug) - 64 175 habitants



ancienneté des armoiries : 1997




• On peut constater dans un premier temps que les dates d'adoption des armoiries sont pour certaines très récentes et en particulier celles des villes des parties centrale et méridionale de la Serbie et qui correspondent grosso-modo aux contours historiques de l'ancien royaume de Serbie, avant la Première Guerre mondiale, mais sans le Kosovo et la Macédoine slave.
"Blason" communiste de la ville de Kragujevac
  C'est du reste une particularité commune à la plupart des pays de la péninsule balkanique où l'héraldique civique est arrivée tardivement, après la chute progressive des blocs communistes à partir de 1990, puis le renouveau des nationalismes qui a suivi, entraînant les graves conflits lors de l'éclatement de "l'ex-Yougoslavie" avec le redécoupage des frontières, fragile et toujours sujet à des embrouilles inter-ethniques et inter-nationales. 
  Néanmoins il n'y avait pas pour autant le néant total auparavant, car quelques grandes cités de l'ex-Yougoslavie communiste arboraient des emblèmes non héraldiques, comme celui reproduit à droite. Certaines les ont même gardé.

• Plus au nord du pays, au-delà de la limite du Danube et de son affluent la Save, s’étend un territoire appelé aujourd'hui  "province autonome de Voïvodine", qui a voté son rattachement à la Serbie après l'armistice du 11 novembre 1918. En effet, pendant plusieurs siècles auparavant, cette province, à forte majorité ethnique serbe à l'ouest, hongroise au nord-est, fut sous la domination des Habsbourg d'Autriche, mais aussi plus tard une possession du royaume de Hongrie, et enfin de l'Empire Austro-Hongrois jusqu'en 1918, avec comme noms de régions : le Banat et la Bačka.
Grandes armoiries de la ville de Niš avec deux personnages
historiques qui ont marqué l'histoire de la ville  comme supports
et porte-bannières : à dextre :  Stevan Sinđelić (1770-1809)
 patriote serbe qui a dirigé la première révolte contre l'occupant
ottoman et qui tient la bannière aux couleurs de la Serbie,
et à senestre l'Empereur romain Constantin le Grand (272-337),
natif de Niš (jadis : Mésie) tenant une bannière pourpre avec
une aigle impériale bicéphale préfigurant l'emblème de l'Empire
byzantin. Le monogramme ( chrisme) au-dessus de la couronne
murale qui caractérise symboliquement Jésus-Christ  fut porté
la première fois sur les étendards de Constantin, premier empereur
 romain converti au christianisme, qui le porta comme protection
divine dans une bataille contre son rival de Rome :  Maxence.
 Cette colonisation austro-hongroise a donc fourni, avec l'attribution des chartes royales aux grandes villes de cette province, un certain nombre d'armoiries (voir les villes n° 2, 6, 8).
 Durant la période communiste de la Fédération de Yougoslavie , de 1945 à 1990, toutes ces images de l'ancien régime ont été bannies et remplacées par d'autres symboles plus appropriés à la doctrine socialiste.
 Mais depuis la chute du Mur de Berlin, la plupart des armoiries historiques ont été réadoptées et modernisées, avec si besoin, l'assentiment et l'aide d'un organisme d'état créé en 1991 : la Société d'Héraldique serbe (Српско хералдичко друштво Бели орао). 
• Cette intéressante institution, à la manière du College of Arms britannique, s'attache à faire respecter les principes et les règles fondamentales de l'héraldique, promouvoir un dessin artistique de grande qualité, à toutes les demandes de création, qu'elles soient d'origines institutionnelles, étatiques, territoriales, corporatives ou familiales. Du reste dans cet esprit de normalisation, les villes qui adhèrent au principe de la charte héraldique pour leur communication, se voient proposer plusieurs niveaux d'armoiries : les petites (écus simples sans ornements, comme celles que je vous ai proposées dans ce top 10), les moyennes , avec au minimum une couronne civique (murale) ou autre, un listel et quelques légers supports végétaux... et enfin les grandes armoiries  où sont rajoutés le maximum d'ornements : cimiers, supports, tenants, soutiens, terrasses, bannières aux couleurs des entités administratives, devises, etc... On y peut rajouter aussi les drapeaux et bannières municipales, très souvent ornés d'armoiries.  Le résultat est assez fantastique, à l'image de nombreux pays de l'Europe de l'est qui ont redonné à l'héraldique civique, mais pas uniquement, un nouveau souffle qui ne peut que réchauffer le cœur des amateurs que nous sommes, en nous sortant des vieux armoriaux poussiéreux pour admirer de belles créations qui ont le mérite d'être réellement exposées au public et non pas gardées dans un tiroir.

Croix serbe
 • Retour à notre Top 10 : parmi les symboles historiques et patriotiques, au premier rang arrive la "Croix serbe" (armes de la Serbie, villes n° 4 et 9). La Croix serbe est directement inspirée de la Croix byzantine : les souverains serbes se considéraient comme les "enfants de l'empire romain d'orient". Les lettres grecques stylisées β (Bêta), représentant la devise impériale en grec :  Βασιλεὺς Βασιλέων Βασιλεύων Βασιλευόντων  translittéré en 'Basileus Basileon Basileuon Basileusin' en français : "Roi des rois, régnant sur des rois". Le « Roi » étant Jésus-Christ. Il existe d'autres interprétations des quatre lettres, comme assimilées à la lettre C de l'alphabet cyrillique serbe, ce seraient les initiales "S" pour "Само Слога Србина Спасава" en serbe latin 'Samo Sloga Srbina Spasava', qui se traduit en français par :  "Seule l'union sauve les Serbes".
• La hure de sanglier transpercée d'une flèche (ville n°4), qui représentait le peuple antique des "Triballes" puis la Serbie médiévale dans les armoriaux anciens, est un symbole identitaire récupéré par les patriotes serbes en lutte contre l'occupation du pays par l'Empire ottoman, entre 1804 et 1813. Il est très courant dans l'héraldique civique serbe.

• L'aigle bicéphale rouge sur l'écusson de la ville n°5 rappelle le moment historique où en 1163, Stefan Nemanja (fondateur de la dynastie des rois serbes Nemanjić) reçut en fief la ville et les terres de Dubročica (future Leskovac) de la main de l'empereur byzantin Manuel Ier Comnène et le titre de župan (équivalent à celui de seigneur). L'aigle rouge est le symbole des despotes (un autre titre aristocratique byzantin). L'aigle bicéphale deviendra avec les couleurs inversées : argent sur champ de gueules, l'emblème des Nemanjić (voir les armes actuelles de la Serbie et de la ville n° 3).

• Le blason de la ville n° 10, avec ses sept couronnes, fait référence aux sept rois de la Serbie médiévale (dynastie Nemanjić) couronnés au monastère de Žiča, et le nom de Kraljevo signifie par ailleurs "la ville des rois".

• Au titre des symboles religieux : deux blasons méritent qu'on s'y arrête:
anciennes armes de Maria-Theresiopolis (Subotica)
  datant de 1779, période habsbourgeoise de la ville
-  La ville n° 6 montre dans le quartier supérieur à dextre une Vierge à l'Enfant assise sur une nuée d’argent et nimbée d'une grande auréole rayonnante d'or, et à senestre une représentation de Sainte Thérèse en habits de carmélite, elle aussi nimbée d'une auréole rayonnante d'or plus petite et désignant du doigt l'apparition de la Vierge Marie en face d'elle. Il s'agit en fait d'armes parlantes ! En effet en 1779, l'impératrice d'Autriche Marie-Thérèse (1717-1780) dota la ville du statut de "ville libre royale" ; en remerciement, les habitants de Subotica donnèrent à leur ville le nom de Maria-Theresiopolis ou en allemand Maria-Theresienstadt, la ville de Marie-Thérèse.
  Le quartier inférieur "de gueules au lion d'or brandissant un sabre d'argent" est aux armes de l'ancienne province du Banat autrichien.

- Le blason de la ville n°7 est à lui seul une image religieuse, une icône. Comme précédemment, c'est l'impératrice Marie-Thérèse d'Autriche qui a donné son statut de ville de marché à Veliki Bečkerek (Gross Betschkerek) comme elle s'appelait à l'époque, ainsi que sceaux et armoiries. La scène représente la Dormition de la Vierge. Celle-ci est étendue dans son sarcophage, sur un dallage de gueules, encadré de deux chandeliers allumés d'or et entourée des apôtres, tous d'argent et nimbés d'or. Au-dessus elle est représentée montant dans le ciel d'azur, nimbée d'or, sur une nuée d'argent et accompagnée de deux chérubins brochant sur des rayons d'or. La fête de la Dormition est la plus importante des fêtes de la Vierge Marie, et c'est elle qui clôt l'année liturgique du rite byzantin.
• Pour finir avec cette ville n°7, le nom actuel de Zrenjanin, lui a été donné en 1946, en l'honneur de Žarko Zrenjanin Uča (1902-1942), qui fut le chef des Partisans communistes de Voïvodine pendant la Seconde Guerre mondiale. Torturé et incarcéré par les nazis, il fut tué en tentant de leur échapper.

• Pour la capitale, Belgrade, et concernant l'historique des ses armoiries je vous invite à revoir les deux sujets spéciaux que j'avais réalisé en 2015 → ICI et  ICI



Si vous désirez en savoir plus sur le pays : la Serbie et ses emblèmes, c'est → ICI

A bientôt, pour un nouveau pays ... → ICI


Et pour revoir le pays précédent ...  → ICI





          Herald Dick
 








 
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samedi 10 octobre 2015

Les blasons de la mythologie et de l'histoire antique #03 : Hercule et les Triballes

 Suite de la série consacrée aux personnages de la mythologie : grecque, romaine, moyen-orientale, asiatique, etc.. ainsi qu'aux acteurs ou héros de l'Histoire antique et du haut Moyen-Âge (période antérieure à l'an 1000) auxquels ont été attribué des armoiries dans les manuscrits ou armoriaux médiévaux et renaissance. Revoir l'épisode précédent  → ◙


Le Blason des Armoiries par Hiérosme / Jérôme de Bara (extrait) - édition : Barthelemi Vincent, 1581 - Google Books (https://books.google.fr/)

• HERCULE : 
- blason selon Jérôme de Bara : "De pourpre à une hydre à sept têtes d'argent, enrichie, ornée, ou ombrée de sinople, armée de gueules".

Hercule, dans la mythologie romaine est un demi-dieu et héros à la force et au courage légendaires. La légende d’Hercule, dont le nom est la forme latinisée d'Héraclès, emprunte la plus grande partie de ses épisodes à celle de son prédécesseur grec. Cependant, d’autres récits sont propres à la figure romaine du héros.

○ Les douze travaux et autres aventures empruntées à Héraclès :
Tous les épisodes de l’histoire d’Héraclès se retrouvent dans la légende herculéenne. Hercule est ainsi le fruit d’une aventure de Jupiter (Zeus chez les Grecs) avec la princesse de Mycènes Alcmène. Après avoir tué sa femme et ses enfants sous le coup d’une crise de folie déclenchée par Junon (Héra chez les Grecs), il doit se soumettre, tout comme Héraclès, à l’épreuve des douze travaux imposée par son cousin Eurysthée en guise d’expiation. Il réussit brillamment chacun des travaux, et surmonte également tous les dangers rencontrés en chemin.

○ Légendes particulières :

Hercule possède quelques traditions personnelles. La légende raconte ainsi qu’il tue le roi Faunus qui, ayant pour habitude de sacrifier les étrangers aux dieux, tente de s’en prendre à lui. Il affronte également le brigand Cacus, fils du dieu Vulcain, doté de trois têtes et crachant du feu. Celui-ci profite du repos d’Hercule pour dérober une partie du troupeau volé au géant Géryon. Il dissimule son méfait en usant d’un stratagème : il tire les bêtes par la queue pour les faire pénétrer à reculons dans sa caverne afin que leurs traces ne trahissent pas son geste. Hercule le démasque et le tue de sa massue. La légende raconte qu’après avoir terrassé Cacus, Hercule assoiffé se voit empêché de se désaltérer à une source sacrée par des femmes célébrant les mystères de la déesse Bona Dea. Pour se venger, il décrète que les femmes n’auront pas le droit d’accéder à son sanctuaire.
Hercule et l'Hydre, tableau d'Antonio del Pollaiolo (1470) - Musée des Offices - Florence (Italie)
  
La disparition de Cacus vaut à Hercule la bienveillance du roi Évandre, qui l’accueille dans son palais sur le mont Palatin, à l’emplacement de la future cité de Rome. Le souverain élève alors un autel en son honneur. Selon la tradition, ce sanctuaire serait l’Ara Maxima situé du Forum Boarium, à Rome.
Badge héraldique du porte-avions  HMS Hercules
de la Royal Navy (Royaume-Uni), 1945/1961
(vendu à la marine indienne )

○ Symbole de force et de courage insurpassables, Hercule voit son culte s’étatiser en 312 av. J.-C. Au fil de l’histoire, les empereurs romains, notamment Néron et Commode, s’identifient à lui et font de sa figure l’emblème du pouvoir impérial.



Hercule dans l'emblème officiel de la
Communauté autonome d'Andalousie (Espagne)
Hercule dans les armoiries officielles
 de la ville de Cadix en Andalousie (Espagne)

Hercule dans les armoiries
 de la ville de Policoro en Basilicate (Italie)  

○ Hercule est un personnage abondamment représenté, tant dans l’art antique que dans l’art occidental à partir de la Renaissance. Il apparaît communément comme un homme en pleine force de l’âge, à la musculature développée, habituellement vêtu d’une simple peau de lion. La massue est l’un de ses principaux attributs. Dans l’art romain, Hercule apparaît sur des mosaïques, des fresques et des sculptures d’ornementation sur les sarcophages. Sont mises en scène les diverses aventures qui peuplent son histoire ; le cycle des douze travaux fait l’objet de nombreuses œuvres. Le personnage d’Hercule inspire par ailleurs différents auteurs antiques, dont Sénèque, avec Hercule furieux et Hercule sur l’Œta.



•  ?? (armoiries de droite) : 
- blason selon Jérôme de Bara : "D'or, à une hure ou tête de sanglier de sable, armée, et un trait issant de la gueule de celle-ci, d' argent fortifié ou soulevé de gueules."

 Bizarrement, dans le texte, l'auteur ne donne pas de nom au personnage auquel seraient attribuées ces armoiries, ni même de commentaires. Et pourquoi les avoir incluses dans cette série consacrée à la mythologie gréco-romaine ? Car, en effet cette figure ne correspond pas ni un roi ni à une divinité antique, mais elle est connue comme étant les armoiries fictives associées au peuple antique des Triballes (Triballi en latin), qui habitait une région des Balkans au nord de la Macédoine et de la Thrace grecques, nommée "la Mésie" et qui correspond en gros à certaines parties de la Serbie, de la Bulgarie et de la Roumanie actuelles.
○ Les Triballes menacèrent à plusieurs reprises les cités grecques installées sur les côtes adriatiques, égéennes, ou pontiques, qui ne durent leur salut qu'à l'intervention d'Athènes. En 339 avant notre ère, Philippe II, au retour de son expédition contre les Scythes, se vit refuser le passage de l'Istros par les Triballes à moins de partager son butin. Au cours du combat qui s'ensuivit, au résultat indécis, Philippe perdit une partie du butin et fut blessé. Au printemps 335 avant notre ère, après que les Triballes eurent attaqué des garnisons macédoniennes, Alexandre le Grand lança contre eux une grande offensive. Dans cette campagne, nécessaire pour Alexandre car elle lui permit de garantir sa frontière nordique avant son expédition d'Asie, les effectifs engagés furent considérables (plus de 15 000 fantassins et 1 500 cavaliers). Les Triballes, dirigés par le roi Syrmos, furent sévèrement battus et ne se manifestèrent plus par la suite. 
l'Empereur de Serbie dans les Chroniques du Concile
de Constance, par Ulrich Riechental, secrétaire de la
ville de Constance (Souabe, Allemagne), entre 1414 et 1437
armoiries de la Serbie (Servien),  par Johann von Francolin,
 héraut du royaume de Hongrie (v. 1565)

○ Dans un grand nombre d'armoriaux médiévaux et postérieurs, ces armoiries représentent la Serbie médiévale, associée à l'ancienne tribu des Triballes, par les Byzantins notamment qui nommaient les serbes par ce nom générique de Triballi. Plus tard, les nationalistes serbes, tels que Karađorđe (Karageorges) qui se révoltèrent contre l'Empire ottoman entre 1804 et 1815, réutilisèrent ce motif de la hure de sanglier percée d'une flèche, comme symbole sur leurs sceaux. On la trouve encore de nos jours dans bon nombre d'armoiries territoriales de la Serbie (voir ci-dessous). 

armoiries de la ville de Kragujevac (Serbie)
armoiries de ville de Velika Plana (Serbie)


Personnages suivants : → ICI



          heraldos  dicos
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mardi 6 octobre 2015

Histoire parallèle : 5 et 6 octobre 1915-2015 -
la Bulgarie attaque la Serbie conjointement avec les Empires centraux

  Revenons à nouveau un moment sur le cours de l'histoire de la Première Guerre mondiale. Ce mois d'octobre va voir entrer sur la scène européenne un nouveau belligérant très important: la Bulgarie. Courtisée depuis des mois par les deux camps pour entrer dans le conflit, le choix sera finalement le groupe des Empires centraux y compris l'ancien ennemi et occupant: l'Empire ottoman. Car la Bulgarie sortait d'une défaite en 1913 contre ses anciens alliés serbes, roumains et grecs dans la Deuxième Guerre balkanique, insatisfaite sur le tracé de ses frontières, elle avait au final perdu encore beaucoup plus de territoires. Le ressentiment engendré par cette déroute faisait que l'occasion de reconquérir ces terres perdues, pour reformer l'ancien Empire bulgare médiéval, était une aubaine. Autre élément non négligeable, le souverain de la Bulgarie, le roi Ferdinand Ier était d'ascendance germanique, de la maison de Saxe-Cobourg et Gotha, ce qui naturellement a pu peser dans la balance. 

drapeau marchand du royaume de Bulgarie en 1915
drapeau d'état du royaume de Serbie en 1915


• été 1915 :  les Alliés tentent à nouveau d'obtenir l'intervention du royaume de Bulgarie à leurs côtés, en promettant des accroissements de territoires en Macédoine serbe et en Thrace turque. Ces promesses suscitent la rancœur de la Serbie, qui retarde une offensive contre le front autrichien. La Serbie mobilise des troupes le long de la frontière bulgare en cas d'attaque. Le commandement militaire serbe préconise même une attaque préventive et un anéantissement de la Bulgarie par surprise, avant que celle-ci ne lance les hostilités. Les généraux français approuvent, mais pas les Russes. Les hésitations et divergences de vues des alliés finissent par lasser le gouvernement bulgare.

 • 6 septembre 1915 : par la signature d'une convention secrète,  le Reich allemand  et l'Autriche-Hongrie promettent fermement au royaume de Bulgarie l'octroi de :  la Macédoine jusqu'à la rivière Morava, un accès à la Mer Égée en Thrace, avec le port grec de Cavalla, si la Grèce se range du côté des alliés, ainsi que la Dobroudja, si la Roumanie se rapproche également de la Triple entente.

"La Bulgarie dans la Guerre mondiale : De la Mer du Nord à la Mer Noire,  des Armes fortes unies comme un seul Homme"
carte postale d'époque de langue allemande  avec les armoiries des quatre Empires alliés : Turquie, Allemagne,
Autriche-Hongrie et Bulgarie.
• 22 septembre 1915 : mobilisation générale en Bulgarie.

• 23 septembre 1915 : mobilisation partielle en Grèce.

• 5 octobre 1915 : entrée en guerre de la Bulgarie contre la Serbie.

• 6 octobre 1915 :  invasion de la Serbie par la Bulgarie, conjointement à une offensive austro-hongroise dans le nord.

• 9 octobre 1915 : Entrée (pour la seconde fois) de l'Autriche-Hongrie dans Belgrade, la capitale serbe.

• 10 octobre 1915 : Premiers engagements entre l'armée serbe, prise désormais entre deux fronts, et l'armée bulgare.

 • 14 octobre 1915 : Alors que les deux armées sont déjà engagées dans les combats, la Serbie et la Bulgarie se déclarent mutuellement et officiellement la guerre ! 

portrait  du souverain bulgare (de 1887 à 1918) - carte publicitaire éducative vers 1910
carte postale de propagande humoristique de langue allemande :
"Nous, les quatre frères, devons gagner.  Tout le monde fera sa part de guerre"
carte géopolitique au 5 octobre 1915 avec  la Bulgarie comme nouveau belligérant

le roi Pierre Ier de Serbie  (de 1903 à 1918) - carte postale serbe d'époque
carte postale d'époque : drapeau et femme soldat de Serbie
 en uniforme militaire,  signée de l'illustrateur italien M. Cherubini

drapeaux et armoiries de la Serbie, page extraite du livre en anglais
 "Drawings of the flags in use at the present time by various nations" (Londres-1916)





               Herald Dick


mardi 24 mars 2015

Capitales du monde : Belgrade, suite :
ses 17 municipalités

 S uite du déjà très copieux sujet sur la ville de Belgrade qui nécessitait néanmoins un second volet pour compléter la présentation des emblèmes de cette grande métropole avec ses subdivisions. En effet la Serbie nous gâte avec une nouvelle héraldique civique très dynamique et de grande qualité artistique, depuis la fin des périodes troubles des dernières années du XXe siècle. Il serait donc dommage de ne pas vous en faire profiter ! 




capitale n° 26 bis  - Belgrade


La Ville de Belgrade est divisée en 17 municipalités ; dix d’entre elles possèdent le statut de «municipalité urbaine» (Градска општина /Gradska opština) et sept ont le statut de «municipalité périurbaine» (Приградска општина / Prigradska opština).

La plupart de ces municipalités sont situées au sud du Danube et de la Save dans la région de la Šumadija (Choumadie). Trois municipalités, Zemun, Novi Beograd et Surčin, sont situées au nord de la Save dans la région de Syrmie, la municipalité de Palilula est, elle, située sur les deux rives du Danube, dans la région de Šumadija et dans le Banat.

le port et l'ancienne cité de Zemun sur le Danube,  au nord de la ville de Belgrade



Grandes armoiries de la municipalité de Stari grad / Стари град
 Nous avons précédemment que ce blason représentait la ville de Belgrade avant le blason officiel de 1931.

blason de Stari grad / Стари град
 adopté en 2004
blason de  Vračar / Врачар
 adopté en 1993


















Grandes armoiries de la municipalité de Vračar / Врачар
  Sur le plateau de Vracar se trouve la Cathédrale Saint-Sava, l'église principale des orthodoxes serbes.
Elle est symbolisée par cette croix d'or avec un pied circulaire, qui est en fait la croix surmontant le dôme de l'église.
Le nom de Sava en cyrillique est écrit dans un cartouche en dessous de l'écu.

Grandes armoiries de la municipalité de Savski venac / Савски венац
  L’aigle bicéphale d'argent chargée d'une couronne fermée est une référence au règne de Pierre Ier de Serbie.
La couronne de feuilles de chêne porte le drapeau tricolore de la Serbie.

blason de Savski venac / Савски венац
 adopté en 2004
blason de Novi Beograd / Нови Београд
 adopté en 2004
Grandes armoiries de la municipalité de Novi Beograd / Нови Београд
  Le pairle inversé représente la confluence de la Save et du Danube qui encadrent le quartier de Novi Beograd (la Nouvelle
 Belgrade) dont les constructions modernes sont symbolisées par ces billettes. La vieille ville de Belgrade est représentée par
 son blason en pointe. Les deux magnifiques hirondelles tenant l'écu et les bannières, symbolisent l'extension des nouveaux quartiers.
Grandes armoiries de la municipalité de Zemun / Земун
 Le blason de cette très ancienne cité est d'origine austro-hongroise : sur une colline verte, le cerf symbolise l'ancienne province historique de la Syrmie et le lion , l'ancienne province du Banat serbe qui se rejoignent à Zemun symbolisée par l'arbre.
Les chevaliers en armure supports portent le blason de l'ancienne principauté de Serbie :  la croix d'argent sur champ de gueules cantonnée de quatre briquets du premier, lui-même d'origine byzantine.


blason de Zemun / Земун
 adopté (ancien blason modifié) en 2009
blason de Palilula / Палилула
 adopté en 2006
Grandes armoiries de la municipalité de Palilula / Палилула
 On notera la forme curieuse de l'écu avec cette pointe extérieure en chef. La partie supérieure montre une pipe d'or et une église. La partie inférieure qui est fautive pour la règle des couleurs : métal sur métal , elle montre une tente chargée d'une clé et de la date de 1830. Les supports sont saint Étienne, premier martyr chrétien et saint Marc, apôtre et évangéliste.
Grandes armoiries de la municipalité de Zvezdara / Звездара
  Zvezdara veut dire en serbe :  la « maison des étoiles ». En effet sur la colline à cet endroit a été construit entre 1929
 et 1932 un observatoire astronomique, ce qui explique la présence de la Grande Ourse et un globe céleste sur son blason.

blason de Zvezdara / Звездара
 adopté en 1993
blason de Voždovac / Вождовац
 adopté en 1998


















Grandes armoiries de la municipalité de Voždovac / Вождовац
Le premier quartier est occupé par le blason de l'ancienne principauté de Serbie, la croix cantonnée de quatre briquets.
La hure de sanglier percée d'une flèche entre les yeux symbolise la Serbie ancienne telle que représentée dans les
armoriaux médiévaux , une contrée appelée "Triballie" 


Grandes armoiries de la municipalité de Rakovica / Раковица
 L'édifice qui est représenté est l'église dédiée à Sainte Paraskeve et devant coule une rivière qui porte le nom de Rakovica.
blason de Rakovica / Раковица
adopté en 1998
blason de Čukarica / Чукарица
adopté en 1997

Grandes armoiries de la municipalité de Čukarica / Чукарица
  Les élément naturels : collines et la rivière Save, côtoient les symboles des activités humaines :
agriculture (gerbes) et industrie (la bordure crénelée).
Grandes armoiries de la municipalité périurbaine de Surčin / Сурчин 
 L'aéroport international Nikola Tesla de Belgrade, le plus important de Serbie est situé sur ce territoire.
les sillons et les épis caractérisent le caractère rural à l'origine du lieu, avec un soleil levant à l'horizon.


blason de Surčin / Сурчинн 
 adopté en 2007
blason de Obrenovac / Обреновац
 adopté en 2003

Grandes armoiries de la municipalité périurbaine de Obrenovac / Обреновац

Grandes armoiries de la municipalité périurbaine de Lazarevac / Лазаревац
 Le champ de l'écu rappelle les armoiries du Prince Lazar Hrebeljanović qui a donné son nom à la localité.
 L'écusson est chargé de l'église du lieu dédiée à Saint Demetrius , le champ coupé de sinople et de sable se réfère à l'industrie minière.

blason de Lazarevac / Лазаревац
adopté en 2008
blason de Barajevo / Барајево
adopté en ?


Grandes armoiries de la municipalité périurbaine de Barajevo / Барајево
La hure de sanglier percée d'une flèche entre les yeux symbolise la Serbie ancienne
 appelée "Tribalie" 
Grandes armoiries de la municipalité périurbaine de Mladenovac / Младеновац
 Les deux cruches versant de l’eau symbolisent deux sources d'eaux minérales situées dans la ville.
La branche de trois feuilles de chêne illustre le nom de la ville : "jeunes plantes", car "Mlad" signifie "jeune" en serbe.
L'enclume rappelle que la ville s'est développée autour de l'industrie lourde depuis la fin du XIXe siècle.
Le cheval richement harnaché en support et les objets : flèches, carquois déposés sous l'écu illustrent
l'histoire du despote Stefan Lazarevic, monarque de Serbie au XVe siècle, mort quelque part dans les forêts 
de la montagne de Kosmaj près de Mladenovac, après un accident de chasse.
blason de Mladenovac / Младеновац
adopté en 2002
emblème de la municipalité périurbaine de Sopot / Сопот
 Sur un fond de collines se détache l'image du monument dédié aux soldats
 (partisans)  tombés pendant la Seconde Guerre mondiale.
emblème de la municipalité périurbaine de Grocka / Гроцка
 Si le précédent "blason" passe encore pour de l'art héraldique,
celui-ci est du domaine du logo, même si la municipalité le qualifie de "blason"
dans son acte officiel d'adoption. 



Crédits :
choix des images et source des textes :
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- www.zastave-grbovi.com/
- srpskoheraldickodrustvo.com/
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