dimanche 25 avril 2021

Philatélie - avril 2021 (archives des nouveautés - année 2020 #5)

 📯  Nouvelle synthèse à propos des thèmes associés de l'héraldique et de la philatélie: voici un récapitulatif, que je ne prétend pas être exhaustif, des tous derniers timbres et autres produits philatéliques parus ou signalés à la fin de l'année 2020,  une année décidément très riche et  très prolifique, concernant divers thèmes et tous pays confondus.

 
Azerbaïdjan : timbre isolé + bloc commémoratif du 25e anniversaire de l'adoption de la Constitution : emblème national - carte et drapeau

Russie : feuillet spécial Nouvel An 2021 - réédition d'un feuillet de 2008 avec nouvelle valeur surchargée -
la tour Spasskaïa du Kremlin et détail armoiries de la Russie ci-dessous
Fédération de Russie

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jeudi 15 avril 2021

l'Armorial de La Planche - 1669 - Gouvernement de Provence - Sénéchaussée d'Arles

 S   uite de la visite d'un des plus anciens manuscrits répertoriant des armoiries de villes et de villages de France, dessinées à la plume et peintes à l'aquarelle, antérieur de trois décennies à l'Armorial Général de France de Charles d'Hozier ! Voir la description initiale : →

  Nous poursuivons avec la découverte du "livre" (c'est l'appellation donnée à une section d'un manuscrit, qui est lui-même divisé en chapitres) consacré au Gouvernement de Provence. Après les premiers chapitres consacrés aux sénéchaussées d'Aix, de Brignoles, de Marseille, de Toulon, de Draguignan, de Grasse, de Digne et de Forcalquier,  nous bouclons le tour de l'ancienne province de Provence avec une dernière sénéchaussée, celle d'Arles.    Ce territoire, spécifique au découpage administratif de l'Ancien régime, abrogé sous la Révolution, correspond à la partie ouest du département actuel des Bouches-du-Rhône, formé lui en 1790. Il est délimité à l'ouest par le Rhône et la Camargue, au sud par la côte méditerranéenne au nord par la Durance, et à l'est par le pays de Salon et l'étang de Berre. À cette zone géographique bien groupée et cohérente, l'auteur du manuscrit a rajouté en fin de chapitre deux enclaves extérieures (ce sont donc en fait des exclaves), rattachées jadis à l'ancien comté de Provence et placées sous la juridiction de la ville d'Arles: ce sont les petits territoires de Mondragon (dans l'actuel Vaucluse) et de Grignan (dans l'actuelle Drôme), deux cités castrales logées plus au nord, coincées entre le Languedoc et le Rhône, le Comtat Venaissin, la Principauté d'Orange et le Dauphiné.  
Voici donc le cinquième chapitre :

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 Voici l'extrait d'une carte datant de la fin du XVIIIe s. , donc postérieure d'un siècle, mais sur laquelle j'ai reconstitué les limites administratives de notre région :

 Vous pouvez cliquer sur toutes les images pour les agrandir :



 

 

 

 

 

  Les fragments de manuscrits proviennent à nouveau du Volume II. Pour enrichir l'étude, j'ai mis en bonus l'extrait équivalent dans l'Armorial Général de France* (1696-1711), établi par Charles-René d'Hozier, et comme auparavant, j'ai placé le blason actuel en-dessous, pour comparer les différences ou au contraire la constance des figures dans le temps.

(*)  Armorial Général de France  -  volume XXIX  -  Provence 1ère partie  
       Armorial Général de France  -  volume XXX  -  Provence  2e partie  (BNF Paris)
 
 
 
Arles (Bouches -du- Rhône)

  Le blason actuel d’Arles se base sur l'interprétation de plusieurs références historiques, avec une figure principale initiale: le lion, telle que nous la voyons, seule, sur nos manuscrits, à laquelle s'est greffée bien plus tard, d'autres accessoires complémentaires évocateurs.
  Arles tire son nom et son origine de l'époque antique (Colonia Iulia Paterna Arelate Sextanorum). La ville connut une grande prospérité durant l'époque des Romains. César y implanta en 46 après JC les vétérans de ses légions : d'où l'évocation par l'étendard romain tenu par le lion. L'empereur Constantin fit d'Arles une des capitales de l'Empire romain (mention latine : CIVitas ARELatensis). C’est le premier âge d’or de la "petite Rome des Gaules" qui sera un grand centre religieux des premiers temps de la Chrétienté. De cette période, le blason de la ville a gardé le monogramme du Christ (PX) au sommet de la bannière (plus exactement nommée labarum) portée par le lion. Enfin, le lion d'Arles serait pour certains auteurs, une référence au lion de Saint Marc, emblème de la République de Venise avec laquelle la cité-état des XIIe/XIIIe siècles aurait été liée par un traité d'alliance. Mais cette hypothèse est invérifiable, faute de preuves documentaires tangibles.
   En vérité, la ville d'Arles, se dote d'armoiries vers les années 1180. Elles apparaissent sur les sceaux des Consuls du Vieux Bourg durant la période de la République d'Arles. Ces sceaux de plomb portaient d'un côté: la figure d'un lion passant contourné, queue passée entre les membres postérieurs et relevée, patte avant gauche relevée, et sur l'autre face : une muraille maçonnée et crénelée à trois tours, celle du milieu plus élevée, avec deux devises en latin inscrites en cercle.
  Par la suite, après le rattachement de la ville au Comté de Provence, en 1252, le lion arlésien a une représentation particulière: l'animal est assis avec la patte dextre (droite) levée et sa tête est vue de face. Il est souvent figuré d'or sur un écu d'argent (blanc), jusqu'au XVIIe siècle, ce qui est incorrect et rare selon l'usage héraldique, prohibant l'usage du "métal sur métal" ou de la "couleur sur couleur".  Nos deux manuscrits de la fin du XVIIe siècle montrent la correction faite, avec un lion d'or sur champ d'azur.
   Sous la Révolution, l'usage des armoiries est aboli. Mais peu de temps après, elle sont remises en vigueur durant le Premier Empire, et la municipalité d'Arles, en 1809 selon certaines sources, en 1813 selon d'autres, reçoit à sa demande, par lettres patentes de nouvelles armoiries dites "des villes de seconde classe" avec le lion assis d'or sur champs d'azur et  l'apparition de l'enseigne romaine (labarum) surmontée d'un chrisme et ornée des initiales « CIV-AREL » (CIVitas ARELatensis) tenue par la patte droite du lion. En 1816, avec la Restauration, les armoiries de l’Ancien régime sont rétablies, mais avec une fleur de lis d'or dans le canton supérieur dextre remplaçant le N majuscule et l'étoile d'or, symboles de l'Empire, et le labarum est supprimé. Durant la Monarchie de Juillet (1836) la ville choisit de revenir aux armoiries portées à l'époque napoléonienne, mais sans la marque des villes de seconde classe, le N majuscule et l'étoile. C'est le blason que nous connaissons aujourd'hui. sources infos : vexil.prov.free.fr/pays d'arles/pays d'Arles.html et www.patrimoine.ville-arles.fr/images/document/lion-arles-archives.pdf

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