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lundi 14 août 2017

Histoire parallèle : 14 août 1917-2017 -
la Chine déclare la guerre à l’Allemagne et à l’Autriche-Hongrie.

Nous poursuivons la découverte de cette surprenante liste de nouveaux pays belligérants qui sont entrés en guerre en 1917, avec la Chine. Mais la Chine n'est pas à proprement parler une nouvelle venue dans le conflit mondial, car les puissances étrangères en guerre y possèdaient des concessions. Dès le 2 septembre 1914, les Japonais, alliés des Français et Anglais s'emparent partiellement des possessions allemandes du Shandong (Kiautschou-Tsingtau). Néanmoins la Chine avait proclamé sa neutralité le 6 août 1914.
   La Chine est une jeune république depuis 1912, instituée suite à la révolution de 1911, évènement considérable dans l'histoire du pays car elle provoqua la chute du régime impérial qui dirigeait le pays depuis 221 av. J.C, et mit fin à la dynastie Qing qui régnait sur l'Empire depuis 1644. Mais la nouvelle République sombra dans l'instabilité politique dès ses premières années, car diverses factions politiques et leurs chefs s'affrontent pour prendre le pouvoir et mettre la main sur les affaires du pays, et cela va durer ainsi jusqu'en... 1949 avec la création de la République populaire de Chine.

drapeaux de la République de Chine en 1917  :  • le premier drapeau (noté 733) est celui des révolutionnaires du
 soulèvement de Wuchang en 1911, qui a contribué à la chute du pouvoir impérial de la dynastie Qing;
ce drapeau est devenu par la suite le drapeau de l'armée chinoise jusqu'en 1928.
• Le second drapeau (noté 736),  était à l'époque celui adopté par la marine chinoise et deviendra plus tard, à partir
de 1928, celui de la République de Chine, puis de la Chine nationaliste jusqu'en 1949 (il est encore aujourd'hui
 le drapeau de l'état de Taïwan, qui est depuis 1949 en dissidence avec la République Populaire de Chine)
• Le troisième (noté 737) appelé "drapeau aux cinq couleurs", était entre 1912 et 1928 le drapeau d'état officiel
 de la République de Chine. Les cinq bandes de couleurs représentent "les cinq races dans l'union" (les cinq
 principales ethnies, il y en a des dizaines d'autres, en Chine) : Hans, Mandchous, Mongols, Huis et Tibétains.
- dessins extraits du livre américain  "Flags of the World" de Byron  McCandless et G.H. Grosvenor,
National Geographic Society - U.S.A - 1917
emblème de la République de Chine (1912-1949)
(et de nos jours celui de l'état de Taïwan)
Le soleil à douze rayons d'argent triangulaires
sur fond bleu  est aussi celui du parti politique
 du Kuomintang  qui a été créé après la révolution de 1911
.
drapeau de guerre allemand en 1917
drapeau de guerre austro-hongrois en 1917

• En Europe, dès 1915, la guerre s'annonce longue, ce qui a des conséquences sur les stratégies militaires mais aussi sur l'organisation de la main d'œuvre à l'arrière, puisque des milliers d'ouvriers et d'agriculteurs sont maintenus sous les armes. En France, le recrutement de travailleurs étrangers venant d'Espagne ou d'Afrique du Nord.est accéléré. Rapidement, des sources plus lointaines sont explorées. C'est ainsi que, cette même année, les autorités françaises entament des négociations avec le gouvernement chinois – pays où la France possède une enclave : le territoire de Kouang-Tcheou, ainsi que diverses concessions, bureaux, etc. – pour recruter des travailleurs.



photo d'un article de la presse - source: www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/la-chine-dans-la-premiere-guerre-mondiale

14 décembre 1915 : une mission, dirigée par le lieutenant-colonel Truptil, est envoyée à Beijing (Pékin)  pour négocier le recrutement et contrôler l'embarquement d' ouvriers chinois pour la France.

14 mai 1916 : les négociations aboutissent à la signature de l'accord connu sous le nom de "contrat Truptil-Huimin", du nom de la compagnie privée (ou plutôt syndicat) créée par les officiels chi­nois qui organisent les opérations d'embauches en échange d'une rémunération pour chaque recrue, ces travailleurs étant assimilés aux travailleurs coloniaux.
sources info : www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/la-chine-dans-la-premiere-guerre-mondiale

août 1916 : 1 700 travailleurs chinois vont, en France, renforcer les équipes d'ouvriers coloniaux (Annamites, Kabyles et autres Africains du Nord) qui sont employés depuis quelques mois déjà par les établissements de la guerre et par les industriels travaillant pour la défense nationale.
  Au total, 140.000 Chinois seront acheminés pour travailler en France dans les mines, les usines, les exploitations forestières. Ils sont très vite employés dans des labeurs pénibles: construction de voies ferrées, de baraquements et même creusement et entretien des tranchées. Ils participent également à l'exhumation des corps. Plus de 20.000 Chinois ont trouvé la mort et environ 3.000 ont souhaité rester sur le territoire français après les hostilités. Ils se sont regroupés autour de la gare de Lyon, à Paris, où il existait déjà une petite colonie chinoise.
 sources info: http://www.lefigaro.fr/histoire/archives/
Oudezeele, Nord, travailleurs chinois partant aux travaux de routes et de tranchées. Juin 1918 -  Source : Photographe : Lorée. ECPAD  -  www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/la-chine-dans-la-premiere-guerre-mondiale
 
14 mars 1917 : la Chine annonce la rupture de ses relations diplomatiques avec l'Allemagne. Sept vapeurs allemands et austro-hongrois qui se trouvent à Shanghai ont déjà été saisis.
 
14 août 1917 : La République de Chine déclare la guerre à l'Allemagne et à l'Autriche-Hongrie. En échange, les Alliés accordent des facilités économiques à la Chine, tout en maintenant leur emprise sur le pays.  Si l’entrée en guerre de la Chine n'a eu aucune conséquence militaire, elle a permis aux Français et aux Anglais d'accentuer le recrutement de travailleurs dans les zones de guerre européennes.


Plaque commémorative en souvenir des Chinois morts pour la France entre 1916 et 1918 inaugurée le 11 novembre 1988, rue Chrétien de Troyes, près de la gare de Lyon à Paris.
source :  www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/la-chine-dans-la-premiere-guerre-mondiale


Feng Guozhang (1859-1919), Président de la République de
 Chine du 6 août 1917 au 10 août 1918., un des multiples seigneurs
 de guerre qui vont se succéder et s'affronter de 1916 à 1928
 photo provenant de zh.wikipedia.org/wiki/


Le drapeau central est celui de la République de Chine. Le drapeau de gauche est celui des forces armées, adopté lors du soulèvement de Wuchang. Celui de droite, étendard du Kuomintang, deviendra le drapeau national en 1928, remplaçant le drapeau à cinq couleurs. En dessous des drapeaux est écrit "longue vie à l'union" (共和萬歲).
 Image chinoise de date incertaine, mais forcément antérieure à 1928. source image : English Wikipedia - Republic of China
Flags, créditant la page 1 du livre "Made in China" de Reed Darmon, Chronicle Books LLC (année 2004) - ISBN: 0-8118-4202-9.
chromo publicitaire (vers 1910) montrant les uniformes de soldats de divers
pays asiatiques : chinois, coréens et siamois.
drapeaux d'état de la jeune République de Chine, page extraite du livre en anglais
 "Drawings of the flags in use at the present time by various nations" (Londres-1916)
pavillons de la marine de la République de Chine, page extraite du livre en anglais
 "Drawings of the flags in use at the present time by various nations" (Londres-1916)

pavillons de la marine de la République de Chine, page extraite du livre en anglais
 "Drawings of the flags in use at the present time by various nations" (Londres-1916)



💁  Je rappelle le principe de cette série "Histoire parallèle- Première Guerre mondiale" : utiliser un maximum d'illustrations d'époque et proscrire les dessins créés par ordinateur.




samedi 22 juillet 2017

Histoire parallèle : 22 juillet 1917-2017
le Royaume du Siam déclare la guerre à l’Allemagne et à l’Autriche-Hongrie.

Nous reprenons le fil de ce feuilleton sinistre qu'a été la Première Guerre mondiale, pour faire connaissance avec de nouveaux belligérants, dans la continuité de certains évènements "exotiques" qui ont émaillé cette année 1917, avec notamment l'entrée en guerre (symbolique) de pays comme Cuba ou Panama, largement influencés par les États-Unis d'Amérique, eux-même engagés officiellement dans la guerre depuis le 6 avril 2017.
  Nous voici maintenant transportés dans une autre partie du monde, pourtant bien à l'abri des bombes: l'Asie du Sud-est, avec le royaume indépendant du Siam, ancien nom de la Thaïlande. Bien que le Siam  n'ait pas pris part aux enjeux de la Première Guerre mondiale, il y a participé à partir de juillet 1917 pour des raisons d'opportunité. Entrée en guerre aux côtés des alliés, son armée s'est emparée de navires allemands et un petit corps expéditionnaire a même été envoyé en Europe. Ces actions lui ont permis de figurer parmi les vainqueurs de la guerre au Traité de Versailles et les fondateurs de la Société des Nations, améliorant notablement son statut international.

différents drapeaux du Siam en 1917  : pavillon de marine, nouveau drapeau marchand (peu de temps après, la bande du milieu devriendra
 bleue, comme sur le drapeau de la Thaïlande moderne) et étendard royal  - dessins extraits du livre américain  "Flags of the World"
 de Byron  McCandless et G.H. Grosvenor, National Geographic Society - U.S.A - 1917
nouvelles (à l'époque) armoiries du Siam représentant
 la divinité Garuda qui ont été adoptées durant le règne du
roi Rama VI (1910-1925) et qui sont toujours en service de
nos jours - vignette de charité  imprimée aux U.S.A.

drapeau de guerre allemand en 1917
drapeau de guerre austro-hongrois en 1917


22 juillet 1917 : Le Siam déclare la guerre à l’Allemagne et à l'Autriche-Hongrie.
Malgré les réticences de certains membres du gouvernement royal, le roi Vajiravudh (Rama VI) déclara la guerre à l'Allemagne et à l'Autriche-Hongrie, le Siam saisissant immédiatement et, plus tard, conservant à titre de dommages de guerre onze navires appartenant à la compagnie « North German Lloyd » (LGN).
 Le monarque était convaincu que la participation du Siam serait « une excellente occasion pour son pays d'obtenir l'égalité avec les autres nations », car ayant souffert des visées impérialistes tant des Britanniques (cession de quatre provinces du sud par le Traité anglo-siamois de 1909) que des Français avec la perte du Laos et du Cambodge.


portrait du roi Vajiravudh / Rama VI (1881-1925)
image publicitaire d'époque pour une marque de chocolat .

image éducative (chromo) espagnole d'époque,  drapeau et soldat
autre chromo publicitaire française : "La Poste au Siam" -  années 1900/1910
drapeaux d'état du Siam, page extraite du livre en anglais
 "Drawings of the flags in use at the present time by various nations" (Londres-1916)
drapeau officiel de province du Siam avec un disque blanc pouvant porter un insigne spécial pour les différents gouverneurs
de provinces  - page extraite du livre en anglais : "Drawings of the flags in use at the present time by various nations" (Londres-1916)
drapeaux militaires du Siam, page extraite du livre en anglais
 "Drawings of the flags in use at the present time by various nations" (Londres-1916)

gonfanon militaire et drapeau marchand du Siam, page extraite du livre en anglais
 "Drawings of the flags in use at the present time by various nations" (Londres-1916)
ancien pavillon du roi de Siam avec armoiries royales, page extraite du livre en anglais
 "Drawings of the flags in use at the present time by various nations" (Londres-1916)
anciennes armoiries du Royaume du Siam avant 1910
 dessinées par Hugo Gerard Ströhl (extraites d'une planche du
dictionnaire Meyers Großes Konversations-Lexikon 1909)
elles ont été remplacées par la figure de Garuda
 (voir au début du sujet)


💁  Je rappelle le principe de cette série "Histoire parallèle- Première Guerre mondiale" : utiliser un maximum d'illustrations d'époque et proscrire les dessins créés par ordinateur.




lundi 8 février 2016

Nouvel an chinois - 2016 农历新年猴
Année du Singe

新年快樂 !  - Happy new year ! - Bonne année !

mon (blason japonais) représentant
de façon stylisée un singe accroupi
idem : avec trois singes en cercle 
Le 8 février à 00h00 en France, mais déjà quelques heures plus tôt en Extrême-Orient, à cause du décalage horaire, nous passons de l'année lunaire de la chèvre (ou du mouton) à l'année  du singe.
monnaie commémorative en argent émise par la Chine - 2016
avec singe en couleurs et emblème national sur le revers (à droite)
timbres chinois 2016

monnaie commémorative en or émise par la Chine - 2016
   Comme chaque année, j'ai choisi d'illustrer cet évènement du nouvel an chinois, devenu très populaire dans de nombreux pays non asiatiques mais où les communautés originaires d'Asie orientale sont fortement implantées.
  Avec le thème de la représentation du singe dans les emblèmes héraldiques, la tâche peut sembler ardue au premier abord, mais il n'en est rien, bien au contraire. Néanmoins, et contrairement aux années précédentes, où l'héraldique municipale et territoriale a contribué à apporter beaucoup de matière première, cette année-ci, il faudra explorer d'autres sources : celles des armoiries familiales. A ce jeu, nous allons le vérifier, c'est la petite aristocratie des pays germaniques qui fournit la plus grande récolte à partir des manuscrits les plus prestigieux.
↑ le doodle spécial "lunar new year 2016" de Google ↑
timbres néo-zélandais émis pour l'année lunaire du singe 2016 avec à gauche l'idéogramme chinois 猴 signifiant "singe".
 "Singe costumé pour la danse du Nouvel An"- estampe japonaise de Ryuryukyo Shinsai, actif de 1799 à 1823,
 un disciple du grand Hokusai  - Japon - Cette composition a été probablement conçue pour les célébrations
 du Nouvel An de l'année du singe (1812 ou 1824)
groupe de macaques japonais (Macaca fuscata).
c'est le singe vivant le plus au nord dans le monde et jusque
dans des régions avec des hivers très rigoureux.


mon japonais imitant un groupe social
de macaques comme sur la photo ci-contre



"d'argent au singe de gueules
enchaîné et colleté d'or à la taille"
blason de démonstration, colorié, extrait
du livre d'Arthur Charles Fox-Davies :
 "A complete guide to heraldry"
 page 215 (édité en 1909)
  🐵 Le singe en héraldique

  Les seuls singes vivant en Europe dans leur milieu naturel sont les magots ou macaques de Barbarie (Macaca sylvanus) du rocher de Gibraltar, enclave britannique dans le sud de l'Espagne. Autant dire que ce n'est pas cette présence anecdotique qui a pu fournir aux européens des raisons de mettre cet animal dans leurs armoiries. Il faut chercher l'origine et la symbolique ailleurs.

le dieu égyptien "Thot" à la forme exceptionnelle
 de babouin ( le plus souvent il a une tête d'ibis).
Le singe figure déjà dans les représentations littéraires et artistiques depuis l’Antiquité, en particulier autour du culte des singes dans l’Égypte ancienne. Par exemple le dieu Thot, représenté soit par un ibis, soit par un babouin, était doté d’une grande intelligence. Il était considéré comme le dieu de la science, de l’écriture, de l’art et de la sagesse.
 

 Le singe a occupé une place importante dans l’imaginaire occidental, en particulier dans les bestiaires. À la fin du Moyen Âge, en raison de son apparence quasi-humaine, il inquiète et se trouve souvent associé au démon dans l’iconographie religieuse. On le rencontre  notamment dans la statuaire, illustrant la symbolique chrétienne de l’homme déchu. Il devient plus familier dans l’imaginaire burlesque de la Renaissance. Dans l’art profane, il n’apparaît plus que comme un animal irrévérencieux et comique.
singe porté en cimier d'armoiries
   À la Renaissance, le singe fait l’objet de diverses investigations scientifiques : éveillant la curiosité des cosmographes lors de la découverte du Nouveau Monde et de ses créatures étranges, il inspire aussi quantité d’études naturalistes. Enfin et surtout, symbole de notre humanité par l'image qu'il nous renvoie, le singe manifeste tantôt le triomphe de l’humanisme (surtout lorsqu’on le représente enchaîné), tantôt le double ironique et cynique de l’homme. On le voit souvent représenté assis, plus précisément : accroupi, se regardant dans un miroir, ou tenant une boule, un fruit rond dans la main et devant son visage. Cet accessoire fait penser à la grue héraldique, avec "sa vigilance" : la pierre qu'elle tient dans sa patte levée.



I - Le singe comme figure du blason des armoiries
(je réserve un prochain sujet pour les singes présents uniquement dans les ornements extérieurs, ils sont très nombreux)

certainement une des plus anciennes représentations héraldiques connues :  les armes d'une ancienne famille
d'Affenstein dans l'armorial "Zürcher Wappenrolle", le Rôle d'armes de Zurich, en français (daté v. 1330/1345)
Ce sont des armes parlantes : le singe se dit en allemand "Affe" -  et donc : Affenstein : le rocher (ou château)
du singe - document Schweizerisches Nationalmuseum à Zurich (Suisse) - consultable en ligne → ICI
à droite une reproduction réalisée au XIXe siècle.
 Au XVIIe siècle, l’intérêt pour cet animal connaît cependant un essor nouveau : les singes prolifèrent dans les fables et les représentations allégoriques, devenant figures du double trompeur et images satiriques de la vanité humaine. La mode des chinoiseries à la fin du XVIIe siècle vient renforcer la vogue des représentations picturales de singes, avant que le XVIIIe siècle ne s’enthousiasme pour les singeries.  Et les singes deviennent des animaux de compagnie fort prisés au milieu du siècle, en particulier les petits sapajous (ou sajous), saïs et capucins (Cebus sp. ou Saimiri sp.). Ils étaient les NACs (nouveaux animaux de compagnie) de l'époque !
illustration d'un sajou (genre Cebus) - extraite de  "Histoire naturelle des mammifères" (1819)  par Étienne Geoffroy Saint-Hilaire et Frédéric Cuvier - BNF - Paris
armoiries de la famille d'Affolter, originaire de Soleure,
 et plus anciennement de Zuchwil  (Suisse)
ici encore des armes parlantes : racine "Aff.."
extrait de "Wappen der Bürger von Solothurn", 1937
armoiries de Ladislaus Prager, XVIe siècle
fresque murale dans l'église d'Altenburg bei Windhaag
district de Perg, land de Haute-Autriche 

armoiries de Freiherrn von Prag, XVIe siècle
 extrait du manuscrit "Siebmachers Wappenbuch" (1605)
Nuremberg (Bavière)
voici une autre superbe illustration des armoiries de "Herr Laßla von Prag",
la représentation du singe presque humaine est étonnante, voire dérangeante. 
manuscrit "Sammelband mehrerer Wappenbücher" (v 1530)  -
BSB Cod.icon. 391. Bibliothèque d'État de Munich (Allemagne)
armoiries comportant des singes des familles patriciennes de Geggenhofer en Silésie, de Sponfelder à Ratisbonne (Bavière)
 et de Koetzel à Nuremberg (Bavière) -
  trois dessins extraits du manuscrit "Siebmachers Wappenbuch"  - éditions 1701/1703 - Nuremberg (Allemagne)
à noter la symbolique particulière pour identifier les émaux, non pas avec des hachures ou des points  mais avec des lettres initiales :
w = weiss (argent);  b = blau (azur); r = rot (gueules); g = gelb (or)  et aussi : gr = grün (sinople), par contre le noir (sable) est
représenté normalement, en noircissant les espaces !
vitrail armorié avec les armes de Jörg Ketzel et Roth von Auerbach, immortalisant un pèlerinage fait à Jérusalem (la croix), ornant une chapelle funéraire de l’Hôpital Saint-Esprit à Nuremberg, donation datée de 1453 - peinture sur verre v. 1510/1530
personnages du carnaval de Nuremberg (Bavière) - parmi les armoiries des familles représentées sont celles des Kötzel,
  montrant un singe assis sur un mont tenant une pomme -  extraits recadrés du manuscrit
  'Das Nürnbergische Schönbartbuch" (v. 1600)
 conservé à Hambourg SUB, cod. 55b  (Allemagne) - une copie rééditée du manuscrit est visible à Düsseldorf  → ICI
(cliquer sur les images et les agrandir pour voir les détails) 

détail des armoiries de la famille Kötzel (ici Wolff Kötzel)  extraites du manuscrit  'Das Nürnbergische Schönbartbuch".
 "d'azur au singe au naturel assis sur un mont d'or, enchainé à la taille du même et tenant devant ses yeux une pomme d'or"
folio d'un autre manuscrit " Das Nürnbergische Schönbartbuch"  (XVIe s.)
 Coll. 170. Ms. 351 - page 89, conservé par the University of California Library -
 Los Angeles (Californie) -  trois armoiries, dont celles de la famille Kötzel au centre
manuscrit visible en ligne → ICI - on admirera les costumes des personnages.
détail des armoiries de la famille Kötzel au centre (inversées), extraites du
 manuscrit "Schoenbartbuch"  Coll. 170. Ms. 351, page 87
les émaux sont un peu différents, comme une brisure des précédentes.
armoiries de la famille patricienne von Eppe
(Westphalie - Allemagne centrale)
blason "d'or au singe assis de sable tenant un bâton du champ
 sommé d'une rose de gueules pointée de sinople"
ce sont encore des armes parlantes :  Affe (singe) →Ape→Eppe
armoiries de Georg Aff, der Alte (l'ancien) ( • ? - †1574)
bourgmestre de la ville impériale de Heilbronn de 1572 à 1574
originaire d'une famille patricienne installée depuis le XVe s.
à Heilbronn  (Wurtemberg - Allemagne du sud)
armes 100% parlantes : Aff = singe en allemand.
armoiries de la famille  von Merkatz , originaire de Silésie  - dessin du Pr. Ad. M. Hildebrandt (1770)  -
"Wappen- und Handbuch des in Schlesien (einschliesslich der Oberlausitz)  landgesessenen Adels",
 par Alfred Freiherr von Krane - Goerlitz 1901 - 1904.
enluminure représentant les armes de la famille hongroise Sánkfalvy (1455)

armes de la famille Cavalcanti (brisure) -  Florence
"Blasoni delle famiglie toscane "
par Enrico Ceramelli Papiani
 Archivio di Stato di Firenze - Florence - Italie
famille Bertuccio - Messine, en Sicile (Italie)
"Notizie e stemmi relativi alle famiglie nobili
 siciliane" (1912) - Palerme - Sicile
blason de la famille Dorigati , originaire du Tessin, façade de
l'église Santa Maria Maggiore - Trente (Italie)
blason de la famille de Simoni, Bormio ( Lombardie)
d'après l' Armorial Général de Johannes Battist Rietstap:
 illustration de l' Institut Héraldique Universel -1903/1926
 Directeur: F. Bender et V. Rolland - Paris
apparemment ce sont des armes parlantes : le singe se
 traduit par "scimmia" en italien
sapajou ou saï capucin (Cebus capucinus) , appellations actuelles -  détail d'une planche extraite de "Histoire naturelle des singes et des makis" par Jean-Baptiste. Audebert - an VIII républicain (1799-1800) - BNF Paris

 Toujours dans l'inépuisable mais très récréatif réservoir des armes parlantes, qui sont un peu le squelette de la structure de nombreux blasons, voici les incroyables impertinences de Charles-René d'Hozier, juge d'armes du Roi de France Louis XIV, quand il attribua des armoiries "d'office" aux sujets du royaume, dans son énorme Armorial Général de France ( 1696/1711).

armes parlantes (la guenon est la femelle des singes) attribuées au sieur Guenon, échevin de la ville de Saintes -
 Armorial Général de France , registre n°31 - Généralité de La Rochelle -  page 130.
armes parlantes attribuées au sieur Guenon, chanoine de l'église de Poitiers - Armorial Général de France , registre n°27 -
Généralité de Poitiers-volume I -  page 669.
armes parlantes attribuées au sieur Guenon, de Beaulieu (Deux-Sèvres) - Armorial Général de France , registre n°28 -
Généralité de Poitiers - volume II -  page 881.


armes parlantes "pauvres" (de magot) attribuées au sieur Marot, greffier de la paroisse de Pamproux (Deux-Sèvres)-
Armorial Général de France , registre n°28 - Généralité de Poitiers - volume II -  page 754.
armes parlantes indirectes (de singe → capucin→moine)  attribuées au sieur Monin, écuyer (?) -
Armorial Général de France , registre n°6 - Généralité de Bourgogne (duché) -  page 194.
 
armes parlantes (très approximatives, un panier pour Mannier !) attribuées au sieur Mannier, directeur de la monnaie à Nantes
et ... à sa femme (le singe, donc) !!!  Monsieur d'Hozier connaissait-il personnellement le ou les titulaires ?
 Armorial Général de France, registre n°09 - Généralité de Bretagne - volume II -  page 1777.


 Nous terminons cette page avec un sourire et de la compassion pour cette pauvre femme. 
Mais ce n'est pas terminé, il reste encore beaucoup de choses à découvrir autour du petit animal sympathique. Je dis bien "petit",  car à ma connaissance, les grands primates que nous connaissons : gorilles, chimpanzés, babouins, etc... n'ont pas obtenu la même gloire, ni de représentation même modeste dans de quelconques emblèmes, mis à part les logos de marques, mais c'est un autre domaine. 
  Toutefois, il existe dans des contrées lointaines d'Asie, des pays dont la religion a donné à une de leurs divinités l'apparence du singe et j'en ferai un prochain épisode qui devrait vous passionner par son exotisme.
  Donc à bientôt pour d'autres emplois du singe dans les armoiries et plus spécialement les ornements extérieurs : supports et cimiers (comme ci-contre) ...  

Nous avons toute l'année pour en parler.

Voir le dossier suivant à propos du singe : Zoo héraldique #21 : → ICI


Alors,  bonne année... et ... bonne santé !!!


le doodle spécial "lunar new year 2016" de Google, uniquement pour le Viêt Nam