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vendredi 10 février 2017

Les blasons de la mythologie et de l'histoire antique #09 : les Amazones et les Preuses, 2ème partie

📚 Suite de la série consacrée aux personnages de la mythologie : grecque, romaine, moyen-orientale, asiatique, etc... ainsi qu'aux acteurs ou héros de l'Histoire antique et du haut Moyen-Âge (période antérieure à l'an 1000) auxquels ont été attribué des armoiries dans les manuscrits ou armoriaux médiévaux et renaissance. Revoir l'épisode précédent  → ICI

Le Blason des Armoiries par Hiérosme / Jérôme de Bara - page 125 (fragment)  -  édition : Rolet  Boutonné, 1628 - Google Books (books.google.fr/)

ANTIOPE ou CYNOPE  :
- blason selon Jérôme de Bara : "De sable à trois têtes de femmes ornées et couronnées à l'antique d'or , à la bordure du même".

il faut tout d'abord préciser qu'il existe au moins deux personnages de la mythologie grecque qui portent le nom d'Antiope. La première est la fille de Nyctée, roi de Thèbes.Aimée pendant son sommeil par Zeus ayant pris l’apparence d’un satyre, elle s’enfuit enceinte à Sycione, où elle épouse le roi Épopée. Atteint par cette disparition, Nyctée se suicide après avoir demandé à son frère Lycos de le venger et de punir Antiope. Celui-ci envahit Sycione avec l’armée thébaine, met à mort Épopée et fait prisonnière Antiope. Sur la route de Thèbes, elle donne naissance à des jumeaux, Amphion et Zéthos. Lycos les abandonne sur le mont Cithéron et donne Antiope comme esclave à sa femme, Dircé. Enfermée pendant de longues années, Antiope réussit à s’échapper et trouve refuge sur le mont Cithéron, auprès d’un berger, le père nourricier de ses enfants. L’ayant reconnue, ces derniers vengent leur mère en tuant Dircé et Lycos.
texte : "Orithie fut fille de Mapesie & ensemble avec Anthiope qui fut sa soeur selon lopinon davains furent roynes des 
Amazones..." - Orythie et Antiope, reines des Amazones : miniature et lettrine extraites de " De Claris Mulieribus" de
 Boccace - manuscrit Fr. 599 - folio 18v. - BNF - Paris _

La seconde Antiope est une Amazone. Elle est la fille d'Arès et la sœur de Mélanippe, d'Hippolyte et probablement d'Orithye, reines des Amazones.  Antiope fut l'épouse de Thésée et ainsi la seule Amazone connue pour s'être mariée. De leur union naquit un fils nommé Hippolyte, du même nom que la sœur d'Antiope. Il existe plusieurs versions expliquant sa relation avec Thésée.
blason de Sinope ( de gueules à trois têtes de femmes
 couronnées d'or),  une des des Neuf Preuses,
 détail de la fresque du château de Manta - Piémont, Italie
Selon une des versions, Thésée, roi d'Athènes et compagnon d'Hercule lors de la bataille de Thémiscyre, durant le neuvième de ses douze travaux, enleva Antiope et la ramena chez lui. Selon Philochore, Hercule donna Antiope à Thésée comme part du butin.
   Selon Pausanias le Périégète, Antiope tomba amoureuse de Thésée et quitta volontairement les Amazones.  Les Amazones attaquèrent Athènes afin de sauver Antiope et de récupérer la ceinture d'Hippolyte. Elles connurent la défaite lors d'une bataille près du mont d'Arès. Durant cette bataille, connue sous le nom de bataille d'Attique, Antiope est tuée accidentellement par une Amazone nommée Molpadia, qui à son tour est tuée par Thésée. Les tombes d'Antiope et de Molpadia sont à Athènes.

 ⬗ Certains auteurs, comme Bara ici, associent Antiope avec "Cynope" (ou Sinope, Sinopé, Synoppe), comme s'il s'agissait de la même personne. Mais ce sont en réalité de deux héroïnes distinctes de la mythologie grecque, et de plus, la seconde n'est pas une Amazone.  Sinopé est une nymphe, fille du dieu fleuve Asopos et de Métope. Elle a notamment laissé son nom à la ville de Sinope (en Turquie) qui elle-même est à l'origine du terme "sinople", qui caractérise l'émail vert en héraldique.
 Rétive à l'amour, Sinopé est cependant enlevée par Zeus, qui la transporte sur la côte assyrienne. Pour lui être agréable, le dieu lui promet d'exaucer un de ses vœux, n'importe lequel. Or la nymphe demande de rester vierge, se jouant ainsi de Zeus. Par la suite, elle éconduira de même Apollon et le dieu fleuve Halys.
  Il s'avère néanmoins que le nom de Sinope ou Sinopé est contenu dans la liste des "Neuf Preuses" comme citée par Thomas de Saluces (1356-1416), dans roman du "Chevalier Errant". Et en tant que telle, elle a reçu ses propres armoiries, qui se sont répandues dans les armoriaux médiévaux et dans les représentations artistiques contemporaines.
Sinope, détail de la fresque des Neuf Preuses de la salle baronniale
 du château de Manta, près de Saluces (Saluzzo en italien)
province de Cuneo, Piémont, en Italie ( voir description → ICI)
Synoppe (Sinope), une des Neuf Preuses - fragment
d'une enluminure ornant le folio 125v. du manuscrit
de Thomas de Saluces : "Le Chevalier errant" (1394)
 cote :  Français 12559 - BNF Paris
 Sinope, version germanique -  une des Neuf Preuses
extrait du manuscrit "Sammelband mehrerer wappenbücher" (Augsbourg -
 Bavière - vers 1530) -  BSB Cod. Icon 391 - Bayerische St.Bibl. Munich


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 Regina (reine) Penthesilea , version germanique -  une des Neuf Preuses
extrait du manuscrit "Sammelband mehrerer wappenbücher"(Augsbourg -
 Bavière - vers 1530) -  BSB Cod. Icon 391 - Bayerische St.Bibl. Munich


 • PENTHÉSILÉE :
- blason selon Jérôme de Bara ( voir tout au début de cette page) : "D'azur, et par quelques-uns, de sinople, à une bande de sable, chargée de trois têtes de femmes ornées et couronnées à l'antique d'or, bordée de même, accompagnée de six grillets d'argent ".
- autre blason : "de gueules à l'écusson d'azur semé de grillets d'or, accompagné de neuf têtes de femmes de carnation aux cheveux blonds, en orle".

⬧le terme héraldique de "grillet" , qui est un vieux mot français se rapporte aux petites sonnettes ou grelots, ordinairement mis autour du cou des chiens ou aux pattes des oiseaux de proie employés pour la chasse.

texte : "Panthasilée vierge fut royne des Amazones et succeda a Orithie et Anthiope roynes dicelluy pays des Amazones...."
on remarquera la fameuse position de chevaucher "en amazone" , les deux jambes du même côté, sans doute plus aisée pour tirer à l'arc ! 
Penthésilée, reine des Amazones : miniature et lettrine extraites de " De Claris Mulieribus" de Boccace - manuscrit Fr. 599 - folio 27v. - BNF - Paris


• Elle est la fille d'Arès et d'Otréré. Selon Quintus de Smyrne, elle est la sœur d'Hippolyte, ce qui pose un problème de chronologie, attendu qu'Hippolyte, selon la tradition, a combattu Héraclès ou Thésée : elle est donc plus âgée d'une ou deux générations.

Penthésilée, Am (Amazone) - médaillon
 issu du livre iconographique :
 "Promptuarii Iconum Insigniorum...."
  de Guillaume Rouillé publié à Lyon en 1553.
Penthesillée, une des Neuf Preuses - fragment
d'une enluminure ornant le folio 125v. du manuscrit
de Thomas de Saluces : "Le Chevalier errant" (1394)
 cote :  Français 12559 - BNF Paris
Les traditions ne s'accordent pas sur le motif pour lequel elle vient, après la mort d'Hector, aider les Troyens. Selon certains auteurs grecs, elle est poussée par son amour du combat. Selon Diodore de Sicile et Apollodore, elle vient se faire purifier par Priam, après le meurtre accidentel d'Hippolyte au cours d'une partie de chasse. Cette dernière version peut surprendre, puisque le roi troyen avait combattu contre les Amazones aux côtés des Phrygiens (Iliade, III, 188-189).

Penthésilée arrive à Troie avec douze autres Amazones. Elle se distingue par ses nombreux exploits devant la ville assiégée puis succombe devant Achille. Celui-ci tombe amoureux d'elle en la voyant mourir. Thersite se moqua alors de cette passion, assimilée à de la faiblesse, mais Achille tua ce dernier d'un magistral coup de poing.. Diomède, parent de Thersite, jeta alors le corps de l'Amazone dans le Scamandre, par vengeance. Selon d'autres versions, Achille enterra son corps sur les rives du Scamandre. Quintus de Smyrne nous apprend que les Troyens, en son honneur et celui de son dieu protecteur Arès, sont allés chercher sa dépouille auprès des Grecs et lui accordent une crémation plein d'égard à son rang.
  La mythologie attribue enfin au moins un fils à Penthésilée, qu'elle aurait eu plus tôt avec Achille, nommé Caÿstros, et un petit-fils : Éphésos.

Penthésilée est aussi régulièrement citée comme une des plus importantes héroïnes guerrières dans la liste des Preuses, qu'elles soient neuf ou plus.

Penthésilée, avec cette fois des armes différentes  "de sable au cygne d'argent, becqué et membré
de gueules", que l'on a déjà vues précédemment pour identifier Otréré ou Orythie (voir → ICI)
encore ici, la cavalière richement habillée, comme une reine du début du XVe siècle, monte "en amazone"
 Petit armorial équestre de la Toison d'or - manuscrit MSS/Clairambault 1312 (v1460/1470)
 folio 248 - département des manuscrits - BNF Paris



📗 sources textuelles :
- encycl. Encarta Microsoft Corporation
- mythologica.fr
- fr.wikipedia.org


 A bientôt pour la suite des Amazones :



            heraldos  dicos







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samedi 24 septembre 2016

Les blasons de la mythologie et de l'histoire antique #08 : les Amazones, 1ère partie

Suite de la série consacrée aux personnages de la mythologie : grecque, romaine, moyen-orientale, asiatique, etc... ainsi qu'aux acteurs ou héros de l'Histoire antique et du haut Moyen-Âge (période antérieure à l'an 1000) auxquels ont été attribué des armoiries dans les manuscrits ou armoriaux médiévaux et renaissance. Revoir l'épisode précédent  → ICI

Le Blason des Armoiries par Hiérosme / Jérôme de Bara (extrait) -  édition : Barthelemi Vincent, 1581 - page 154
Google Books (https ://books.google.fr/)

• TOMYRIS :
- blason selon Jérôme de Bara : "De sinople à un lion sans vilénie d'argent, couronné de laurier d'or, à une bordure crénelée d'or et de gueules, chargée de huit tiercefeuilles à queue d'argent".

♦ Bara nous donne une caractéristique étonnante dans son blasonnement : "un lion sans vilénie"... ?
En français courant, cela veut dire que l'animal n'a pas de sexe (mâle) visible, comme c'est très souvent le cas avec les animaux héraldiques pour symboliser la virilité du propriétaire des armoiries. Mais dans notre cas, c'est logique qu'il n'en possède pas, puisque notre héroïne guerrière est une femme ...
♦ Pour être exact, l'auteur aurait dû par contre préciser : " ...à une bordure de gueules et... un orle crénelé d'or".

"La reine Tomyris se faisant apporter la tête de Cyrus"
 tableau de Mattia Preti (1670/72) - collection privée
Tomyris est une reine légendaire des Massagètes, célèbre pour avoir mis fin au règne de Cyrus le Grand, roi Achéménide et fondateur de l’Empire perse. Elle est considérée comme la dernière reine des Amazones.

○ Les Amazones, dans la mythologie grecque, sont un peuple de femmes guerrières.

• Dans le peuple des Amazones, qui ne reconnaissent que la filiation matriarcale, seules gouvernent les femmes. Si, dans certains récits, des hommes sont tolérés près d’elles, ce sont des serviteurs. Les Amazones ont toutefois quelques relations avec le sexe opposé, pour avoir des enfants. On raconte généralement que, dans ce but, elles attaquent une fois par an les peuples voisins pour y trouver des hommes, avec lesquelles elles s’accouplent uniquement la nuit. Des naissances, elles ne gardent que les filles,  les garçons sont renvoyés ou tués, ou encore mutilés et rendus aveugles. Les Amazones manipulent l'arc, aussi se brûlent-elles le sein droit pour faciliter cet exercice (« amazones » signifie en grec « celles qui n’ont pas de sein »). Elles révèrent la déesse de la chasse Artémis, guerrière et chasseresse comme elles ; selon la légende, ce sont elles qui ont instauré son culte.

combat d'Hercule contre les Amazones,  peinture sur un vase grec

Le Blason des Armoiries par Hiérosme / Jérôme de Bara (extrait) -  édition : Barthelemi Vincent, 1581 - page 156
Google Books (https ://books.google.fr/)

MARTHESIA ou MARPESIA :
- blason selon Jérôme de Bara : "De pourpre à un griffon d'argent, couronné de feuilles de gramen d'or, membré et armé de même".

♦ l'artiste qui a colorié les blasons a semble-t-il exagéré la couverture du jaune (or) sur le griffon !  la partie inférieure du corps est totalement peinte de jaune, au lieu des extrémités seulement, et le bec et la langue également, alors que cela n'est pas explicité par le blasonnement : "armé et membré" ne concerne que les membres du griffon.
♦ à noter le terme ancien de "gramen" qui désignait l'herbe, la graminée des prés.

• Dans la mythologie grecque, Marpésia (en grec ancien Μαρπησία, « voleur », parfois orthographié Marthésia de façon erronée) est une reine des Amazones chez les Goths mentionnée dans l'historiographie latine. Les femmes Goths prirent les armes sous les ordres de Marpésia et de sa sœur Lampédo afin de se défendre contre un peuple voisin envahisseur.
 Dans son ouvrage l’Histoire des Goths, Jordanès rapporte que Marpésia s'est mise à la tête d'une armée de femmes et les conduit jusqu'aux montagnes du Caucase où elle fonde une cité (actuelle Derbent). Son nom est donné au lieu où elle s'est arrêtée : le « rocher de Marpésia » ou « roc marpésien ». Alexandre le Grand appellera cet endroit les « portes Caspiennes ».
  Marpésia est une des Amazones ayant participé à la fondation de la cité d'Éphèse où elle fait élever un temple à Artémis, la déesse de la Chasse.
  Marpésia et sa sœur Lampédo étendent leur influence jusqu'en Europe et en Asie Mineure. Ses filles Orithye et Antiope lui succèdent lorsqu'elle est tuée lors d'une bataille menée contre l'invasion de barbares venus d'Asie.


Marthésia et Lampedo, Amaz•R• (reines des Amazones) - médaillons issus du livre iconographique "Promptuarii Iconum Insigniorum...."  de Guillaume Rouillé  publié à Lyon en 1553.
 
LAMPEDO ou LEMPHETO :
- blason selon Jérôme de Bara : "Parti, le premier de sable à trois têtes de femmes ornées et  couronnées à l'antique d'or, à la bordure de même, le deuxième d'azur à trois fasces ondées d'or".

Lampédo (en grec ancien « torche enflammée »), nommée également Lampéto est une reine Amazone mentionnée dans l'historiographie latine. Elle régna avec sa sœur Marpésia. Les sœurs se disaient filles d'Arès (Mars) afin de terrifier leurs ennemis. 
  Son nom se réfère aux processions aux flambeaux se déroulant traditionnellement à la nouvelle lune en l'honneur d'Artémis, déesse de la chasse.

 ♦ nous sommes dans l'héraldique imaginaire, et donc des variations sont inévitables d'un auteur à un autre, d'un pays à un autre , comme on peut le vérifier ci-dessous. Toutefois les trois têtes de femmes restent la constante, dans des configurations diverses.

Regina (reine) Lampheto, en version germanique -  une des Neuf Preuses
extrait du manuscrit "Sammelband mehrerer wappenbücher"
 BSB Cod. Icon 391 (Augsburg - Bavière - vers 1530) 
autre blason de Lampeto, considérée comme une des
des Neuf  Preuses, détail de la fresque des Neuf  Preuses
du château de Manta (province de Cuneo, Piémont, en Italie)
-voir plus bas : la fresque complète-
Lampheto, une des Neuf Preuses - fragment
d'une enluminure ornant le folio 125v. du manuscrit
de Thomas de Saluces : "Le Chevalier errant" (1394)
cote :  Français 12559 - BNF Paris





Le Blason des Armoiries par Hiérosme / Jérôme de Bara - page 124 (fragment)  -  édition : Rolet  Boutonné, 1628 - Google Books (books.google.fr/)


OTHRERA ou ORYTHIA :
- blason selon Jérôme de Bara : "D'azur à un cygne d'argent, membré de gueules : au canton droit un écusson de sable à trois têtes de femmes, ornées et couronnées à l'antique d'or et bordé de même".

♦ il semble que l'auteur a fait une confusion avec les noms des différentes et nombreuses reines des Amazones : ici il pense, à tort, qu'Othrera (Otréré) et Orythia (Orythie) seraient le même personnage.
♦ Bara, dans son blasonnement, ne dit pas que le cygne est "becqué ... de gueules". Il semble probable que les couleurs ont été rajoutées plus tard sur le dessin, après l'impression du livre, et le bec a été peint (à tort ?) en rouge ! Ou bien, c'est Bara qui a oublié cette précision dans la légende de son dessin...

• Dans la mythologie grecque, Otréré (en grec ancien Ὀτρηρή / Otrêrế, littéralement « rapide, agile ») est une reine des Amazones. D'une liaison avec Arès, elle a, selon les auteurs, engendré Penthésilée et/ou Hippolyte. Selon une autre source, au contraire, elle est elle-même fille d'Arès. L'auteur latin Hygin en fait la fondatrice du temple d'Artémis à Éphèse.

• Orithye ou Orithya (« La femme redoutable dans la montagne ») était, selon la mythologie grecque et la mythologie romaine, la fille de Marpésia. Après le décès de sa mère, Orithye devint la nouvelle reine des Amazones. Elle co-régna avec Antiope, citée parfois comme étant sa sœur. Ses techniques de guerre furent exceptionnelles et amenèrent beaucoup d'honneurs à l'empire Amazone.


♦ Vous le découvrez avec Lampétho (à droite), notre histoire des reines Amazones de la mythologie grecque croise ici le chemin d'une autre légende écrite celle-ci plus tard, au Moyen-Âge, en Occident qui s'inspire largement de la première, du moins au début, basée sur l'épopée des héroïnes guerrières de l'Antiquité : la légende des Neuf Preuses. C'est d'ailleurs une chose assez remarquable pour cette époque où le statut de la femme la mettait rarement à l'avant de la scène, hormis de celui du rôle d'épouse, d'amante, de mère, de ménagère et de bonne chrétienne. Mais c'est tout de même un idéal clairement masculin, celui de la chevalerie, qui se trouve transposé dans le corps des femmes !
• C'est à la fin du XIVe siècle, sous la plume du procureur au parlement de Paris, Jean Le Fèvre, qu'apparaissent les Neuf Preuses, dans son ouvrage "Le Livre de Lëesce", véritable défense et illustration des femmes, modèles de vertu, de vaillance et de courage. Toutes sont issues de la mythologie de l'Antiquité païenne. Elles sont toutes reines. Selon les pays, car l'histoire des Neuf Preuses connaît un grand succès à travers l'Europe, la liste se modifie, contrairement à celle des Neuf Preux, qui elle reste fixe. Pour mémoire, les Neufs Preux sont trois héros païens : Hector, Alexandre le Grand et Jules César, trois héros juifs : Josué, David et Judas Macchabée, trois héros chrétiens : le roi Arthur, Charlemagne et Godefroy de Bouillon.
• Les Neuf Preuses figurent aussi dans "Le Jouvencel", récit à clef du siège d’Orléans par Jean V de Bueil qui combattit aux côtés de Jeanne d'Arc. La liste des Preuses varie d'un auteur à l'autre et ne suit pas toujours la division tripartite Païens / Juifs / Chrétiens. Au départ ce sont des héroïnes mythologiques, inspirées du "De claris mulieribus" de Boccace. Thomas de Saluces, par exemple, en donne la liste suivante: Deiphile, Sinope, Hippolyte, Ménélope, Sémiramis, Lampétho, Thamaris, Theuca, Penthésilée. La plupart sont des reines Amazones ou apparentées. Par ailleurs, en Allemagne, une série de bois gravés de Hans Burgkmair met en scène pour figurer les Neuf Preuses,  trois héroïnes Romaines : Lucrèce, Veturia, Verginia ; trois héroïnes de l’Ancien Testament: Esther, Judith et Yaël ; trois héroïnes chrétiennes : sainte Hélène, sainte Brigitte de Suède et sainte Élisabeth de Hongrie. J'y reviendrai sûrement un jour, car on leur a toutes donné des armoiries ! ....

la magnifique fresque des Neuf Preuses de la salle baronniale du château de Manta, près de Saluces (Saluzzo en italien) dans le Piémont, en Italie. Elle est incomplète à droite où la dernière Preuse est malheureusement coupée à la moitié du corps.
Leurs costumes sont à la mode du XVe siècle et au-dessus de chacune à gauche est accroché l'écu de leurs armoiries respectives, du moins pour sept d'entre elles : de gauche à droite : Deiphile, Sinope, Hippolyte, Menelope, Sémiramis, Lampétho, Thamaris, Theuca (son blason a été oublié dans le montage de la photo, mais il existe) et Penthésilée (incomplète)
Château de Manta (Piémont, Italie) - à gauche : extérieur et à droite : la salle ornée des peintures murales, œuvres du
  "Maestro del Castello della Manta" (on ne connait pas son nom) au XVe siècle (cliquer sur les photos pour les agrandir au maximum)



sources textuelles : encycl. Encarta Microsoft Corporation et fr.wikipedia.org


A bientôt pour la suite des Amazones : → ICI



            heraldos  dicos







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