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vendredi 5 décembre 2014

Armorial des îles et des territoires enclavés #13 :
la Mer des Caraïbes, les Petites Antilles du Sud

A  près une très longue absence,  je suis très heureux de reprendre la visite des îles que nous avions laissées dans le Golfe de Gênes, en Méditerranée  → voir ICI . Il est temps de reprendre le large vers de nouvelles terres à découvrir  et de terminer l'année dans des climats plus accueillants que le nôtre, à l'approche de cet hiver, à l'endroit où nous avions fait escale dans les Antilles, en Martinique, voici maintenant deux ans  → voir ICI  :

                  Barbade              -         Saint Vincent et Grenadines              -            Trinidad-et-Tobago             -             Aruba        



Les îles du Vent (3e partie) et les îles Sous-le-Vent


   Certaines armoiries que je vous propose de découvrir ou redécouvrir sont pour la plupart détaillées, avec d'autres informations sur l’identité du pays, dans le dossier "Emblèmes pays" que vous pouvez retrouver dans le deuxième onglet en haut de cette page.  Elles correspondent aux états indépendants et aux territoires d'outre-mer autonomes quand elles sont accompagnées du signe :  ▲.  
   Pour les autres îles, c'est donc la première fois que nous les aborderons, et uniquement les plus significatives, car ce sont des centaines d'îles et d'ilots, souvent inhabités, qui composent cet immense archipel antillais.  
   Pour certaines nationalités, dont nous faisons partie, la localisation des "îles du Vent" commence à Porto-Rico et s'arrête à la Trinité, et les suivantes (de la Trinité à Aruba) portent l’appellation "d'îles Sous-le-Vent", termes venant de la marine à voiles, naturellement. Les britanniques ont un autre classement, plus complexe, entre Leeward Islands , Windward Islands et Leeward Antilles !  Dans ce sujet, pour les anglophones, sont concernées les deux dernières catégories. 

▲ armoiries de  Sainte-Lucie / Saint Lucia
 État indépendant membre du Commonwealth.
"D'azur aux deux bâtons de bambou, coupés et mis en sautoir, chargés d'un tabouret 
africain, tout d'or, cantonnés au 1er et 4e d'une rose du même au cœur de gueules,
boutonnée d'or et aux 2e et 3e d'une fleur de lys du même".
Deux perroquets de Sainte-Lucie (Amazona versicolor), oiseaux endémiques 
de l'île, au naturel, tiennent l'écu. 
Timbre : heaume d'acier, tortil et lambrequins d'azur et d'or.. 
En cimier : un poing s'élève vers le ciel, tenant une torche enflammée,
 symbole de progrès, avec deux feuilles de canne à sucre en sautoir derrière le poing. 
Sur une banderole d'or on peut lire la devise officielle du pays: 
"The Land. The People. The Light" (La terre, le peuple, la lumière).


▲ armoiries de la Barbade / Barbados
État indépendant membre du Commonwealth.
"un écu d'or chargé d'un figuier arraché, au naturel, accompagné en chef de
 deux fleurs de flamboyants de gueules, aux étamines de sable terminées d'or". 
       le figuier sauvage ( Ficus citrifolia ) était un arbre très commun dans l'île au 
moment où les portugais aperçurent l'île pour la première fois ;
 le magnifique flamboyant (Caesalpinia pulcherrima) est l'arbre national de la Barbade.
Timbre : un heaume d'acier avec lambrequins et tortil d'or et de gueules. 
Cimier : un bras nu d'homme tient dans le poing fermé deux tiges de canne à sucre 
formant une croix de Saint André ( le saint chrétien du jour de la fête nationale), 
le tout au naturel. Les supports sont à dextre un dauphin héraldique d'azur d'azur, 
lampassé, barbé, crêté, loré, peautré, et allumé de gueules, et à senestre un pélican
 (Pelecanus erythrorhynchos), posés sur une banderole d'argent au revers de gueules
portant la devise nationale : "PRIDE AND INDUSTRY" (Fierté et Travail).
 Le dauphin/poisson symbolise les activités de la pêche à la Barbade, 
et le pélican représente l'ancien îlot du Pélican (Pelican island) au large de la baie 
de Bridgetown, aujourd'hui disparu.


▲ armoiries de  Saint-Vincent et les Grenadines /  
Saint Vincent and the Grenadines
 État indépendant membre du Commonwealth.
"Écu d'argent deux femmes, habillées "à la romaine" avec une robe de couleur
 azur, sur une terrasse sinople, entourées d'un cadre d'or. 
L'une d'elles, debout, porte un rameau d'olivier, l'autre est agenouillée face
 à la première, devant un autel et tient le plateau d'or d'une balance.
 Ce sont les allégories de la Paix et de la Justice. Le tout est surmonté 
par un plant de coton en guise de cimier. Sur une banderole d'argent on peut
 lire la devise officielle du pays “Pax et Justitia” (Paix et Justice).


drapeau non officiel de l'île de Bequia (Grenadines)
logo du site balnéaire privé (resort en anglais) 
de l'île de Moustique (Grenadines)
logo du resort de l'île de Canouan (Grenadines)
logo du resort de l'île de Carriacou (Grenadines)


▲ armoiries de  Grenade / Grenada
 État indépendant membre du Commonwealth.
"Écartelé en 1 et 4 de gueules chargé d'un léopard d'or et 2 et 3 de sinople
 chargé d'un croissant d'or sommé d'un lis de jardin d'argent ; 
une croix d'or brochant sur l’écartelé chargée en abîme d'un navire au naturel
 équipé d'argent à la croix pattée de gueules".
  Timbre : un heaume royal d'or doublé de pourpre est chargé d'une étoile
 du même.  Cimier : sept roses, représentant les sept paroisses et placées entre
 deux branches de bougainvilliers, la fleur nationale.
  L'écu est posé dans une vallée entre deux montagnes, avec au centre une forêt 
luxuriante et un lac (Grand Etang Lake National Park). Au premier plan presque cachés
 par la banderole : une cabosse de cacaoyer et une noix de muscade feuillées.
 Les supports sont, à gauche, un tatou (ou armadillo), et sur la droite, la colombe 
de Grenade (Leptotila wellsi), espèce endémique très menacée, le tout représentant
 la faune sur les îles. Les deux animaux sont placés devant un plant de maïs avec fleur
 et cabosses au naturel à gauche, et un plan de bananier avec fleur et fruits immatures,
 à droite. Sur la banderole est inscrit la devise : Ever conscious of God we aspire,
 build and advance as one people” (Toujours conscients de dieu, nous aspirons,
 construisons et progressons comme un peuple uni).

▲ emblème actuel de l'Assemblée de l'île de Tobago
"Tobago House of Assembly "

  ▲ armoiries de Trinité-et-Tobago  / Trinidad and Tobago
 État indépendant membre du Commonwealth.
"Écu de gueules chargé de trois caravelles d'or posées 1 et 2 (mal ordonnées)
 celle du chef un peu plus grande que les deux autres, habillées d'argent avec 
une croisette du champ ; mantelé de sable à deux colibris d'or en vol, affrontés ;
 au chevron d'argent, brochant sur la partition". Les navires sont sensés représenter 
la Santa María, La Niña et La Pinta : les trois navires de Christophe Colomb
 utilisés lors de son voyage au "Nouveau Monde". Les deux oiseaux rappellent que la Trinité 
est parfois appelée le "Pays des oiseaux-mouches" parce que plus de seize espèces 
différentes de colibris ont été enregistrés sur l'île. "Lere, le pays des oiseaux-mouches"
 est également supposé avoir été le nom amérindien pour la Trinité.
 Timbre : un heaume royal d'or, avec tortil et lambrequins d'argent et de gueules. 
Cimier : un cocotier de sinople fruité au naturel, chargé d'une barre de gouvernail d'or.
  Supports: à dextre un ibis rouge (Eudocimus ruber) et à senestre un "cocrico" ou 
ortalide à ventre roux (Ortalis ruficauda), oiseaux endémiques et symboles du pays,
 les deux au naturel, éployés, posés sur des collines ou des rochers avec les vagues
 de l'océan au premier plan, le tout au naturel. Les trois collines à dextre, représentant
 les Trinity Hills dans le sud de l'ile, qui, croit-on, auraient incité Christophe Colomb
 à nommer l'île ainsi, d' après la Sainte Trinité. L'île émergeant des eaux sous le cocrico
 représente Tobago. Dans la partie inférieure, sur une banderole d'or, on peut lire la 
devise officielle du pays en anglais : "Together we aspire, together we achieve"
 (Ensemble nous aspirons, ensemble nous accomplissons).

localisation des principales îles composant les Dépendances Fédérales du Venezuela, la plupart sont inhabitées ou sont des terres réservées pour l'Armée ou la Marine du Venezuela.
armoiries des Dépendances Fédérales du Venezuela /  
Dependencias Federales de Venezuela

drapeau des Dépendances Fédérales du Venezuela
un groupe d'îles proches de la côte orientale du Venezuela :
Margarita, la plus grande, Cubagua et Coche, les plus petites,
 forment le seul état insulaire du pays : el Estado Nueva Esparta

armoiries de l'État de Nueva Esparta
 un des 23 états composant la République fédérale du Venezuela
" Coupé de gueules à la barque de pêche "flechera" embarquant huit rameurs,
 sur des ondes le tout au naturel, et d'azur au collier de perles 
à cinq pendants d'argent, l'écu et la partition bordés d'une filière d'or".
Timbre : un bonnet phrygien de gueules sur une pique entouré d'une couronne 
de laurier au naturel, le tout brochant sur des rayons de sable.  
Supports : un aviron et un trident de pêcheur au naturel mis en sautoir, 
une ancre et un triton au naturel issants de la pointe
soutiens : une branche de corail et une branche d'algue, tous les deux d'or.

 drapeau de l'État de Nueva Esparta
armoiries du municipio de Tubores 
situé en partie sur l'île de Margarita
auquel est rattaché la totalité de l'île de Cubagua
armoiries du municipio de Villalba
composé uniquement de l'île de Coche

armoiries supposées de la Isla Caribe y Los Lobos
(ile située près de côte de l'État de Sucre, au Venezuela, ayant environ 
50 habitants) - je doute un peu du caractère officiel de ces armoiries


▲ armoiries de  Bonaire
 Commune des Pays-Bas caribéens (depuis le 10-10-2010)
"écu d'azur timbré d'une couronne, chargé d'une barre de 
gouvernail d'or, elle-même chargée d'un écusson d'argent à
 l'étoile à six branches de gueules inscrite dans un cercle de sable
 munis de pointes aux points cardinaux, symbolisant un compas 
(boussole) de marine. L'étoile à six branches rouge représente
 les six villages d'origine de Bonaire - Antriol, Nikiboko, Nort Salina,
 Playa Rincon et Tera Kora.


▲ armoiries de  Curaçao
 État autonome du Royaume des Pays-Bas.
"Parti, au premier d'argent à un vaisseau au naturel portant
 un pavillon des Pays-Bas et voguant sur une mer d'azur,
 au second d'argent au citronnier laraha (Citrus aurantium 
currassuviencis) terrassé de sinople, fruité au naturel ;
 sur le tout de gueules au pal de sable chargé de trois flanchis 
d'argent (qui est le blason de la ville d'Amsterdam)".
 Timbre : couronne royale des Pays-Bas. 
Le bateau symbolise le commerce avec la Compagnie néerlandaise
 des Indes occidentales. Le citronnier local, appelé aussi 
en français bigaradier ou orange amère est une essence utilisée
 en parfumerie ou composant des alcools et liqueurs,
 comme la fameuse liqueur de curaçao bleu colorée
 avec du bleu de méthylène. Le blason d'Amsterdam, 
rappelle le nom d'un fort construit sur l'île par les Hollandais
 qui lui ont donné le nom de Fort Amsterdam.

▲ armoiries de Aruba
 État autonome du Royaume des Pays-Bas.
"Écu écartelé chargé d'une croix d'argent; cantonnée au premier :
 d'azur à la plante d'aloès d'or, au second d'or à la montagne
 de sinople mouvant d'un burelé ondé de six pièces d'azur
 et d'argent, au troisième d'or à la foi de gueules mouvant 
des flancs, au quatrième de gueules à une roue de moulin 
à six rayons d'argent".
 Cimier : Un lion de gueules couché. 
Soutiens : deux branches d’olivier au naturel liées 
à la base par un ruban de sinople.


Fin du voyage dans les Caraïbes , après deux ans d'escales, on est loin du record du monde de vitesse ! Mais nous reprendrons la barre sur d'autres mers pour découvrir de nouvelles terres, tel un James Cook de l'héraldique...


Crédits :
certaines images sont empruntées aux sites :
http://fr.wikipedia.org - commons-wikimedia.org
http://hubert-herald.nl/
les autres : sites divers, municipaux, associatifs, philatéliques.


                         Herald Dick
 

dimanche 16 mars 2014

Armorial des îles et des territoires enclavés #12 : La Méditerranée occidentale / Côte d'Azur et Italie du Nord

Il y a quelques jours  seulement, voir l' épisode précédent #11, nous avons fait une pause dans la magnifique île de Porquerolles.  Nous allons reprendre le cabotage avec notre navire de recherche (héraldique ) en longeant les côtes françaises. Mais nous prolongerons jusqu'en Ligurie pour clore le chapitre italien commencé à l'épisode #02 et mieux : nous finirons même avec "une île de terre" dans les Alpes. Dans ce voyage nous utiliserons encore beaucoup les cartes, c'est normal , dans la navigation elles sont indispensables.  Prêts pour poursuivre l'aventure ?  c'est parti....

     Provence-Alpes-Côte-d'Azur       -                Monaco                  -                     Ligurie                     -           Campione d'Italia         



La Côte d'Azur et le Golfe de Gênes

les trois rectangles désignent les secteurs qui vont être détaillés plus bas
Nous avons quitté la dernière fois l'île de Porquerolles , mais nous poursuivons la visite de l'archipel des îles d'Hyères, aussi appelées les îles d'Or. Dans l'antiquité elles se nommaient les îles de Stoechades, colonisées par les Ligures, les Phéniciens et surtout les Romains. Cet ensemble maritime est une partie de la commune d'Hyères.
ville d'Hyères  (Var) 
" D'azur au château donjonné de trois tours d'argent,  
ajouré et maçonné de sable, ouvert du champ,
 soutenu de trois besants d'or ordonnés 2 et 1"


L'Île de Port-Cros est une propriété de l'État depuis 1966. Le Parc national de Port-Cros, premier parc national marin en Europe, avait été créé en décembre 1963. Il s'étend sur 700 ha de superficie terrestre, avec les îlots de Bagaud, du Rascas et de la Gabinière et 1300 ha en mer. Espace témoin, il rassemble un grand nombre des espèces terrestres et marines caractéristiques de la Méditerranée occidentale.


écusson à coudre (blason touristique) et blason (non officiel) de  l'île de Port-Cros (Var) 
"De gueules au navire d'argent voguant sur une mer de même".

L'étape suivante est l'île du Levant qui appartient à 80% à l'État français. Mais il est difficile d'y accéder sans une bonne raison. Elle a jadis abrité des moines, puis elle a accueilli un centre pénitentiaire au XIXe siècle. En 1931 fut créé Héliopolis (20 ha) par les docteurs Gaston et André Durville, un des premiers villages naturistes d'Europe sur une île, toujours en service. Elle abrite aussi un centre d'essai pour les lancements de missiles pour le compte de la Direction Générale de l'Armement. Avec les militaires les plus heureux de la Terre grâce à leurs voisins naturistes ! 
écussons à coudre (blasons touristiques) vantant les mérites du naturisme
vue aérienne du rocher supportant  le Fort de Brégançon
 Pour ce qui est du domaine réservé, voici encore mieux, sur la côte varoise cette fois : le Fort de Brégançon, situé sur un ilot rocheux rattaché à la côte par un petit cordon artificiel de sable (voir photo ci-dessus).  C'est une des résidences de l'État français et notamment pour les vacances du Président de la République, fort apprécié par la plupart d'entre eux, pour son relatif isolement. Il fait partie de la commune de Bormes-les-Mimosas. C'est un édifice d'origine médiévale qui a appartenu à la maison d'Anjou, avant de devenir définitivement forteresse royale en 1561. C'est ainsi qu'il est toujours propriété de l'État de nos jours. Mais le Président François Hollande a annoncé la décision d'abandonner le site comme résidence présidentielle et de l'ouvrir au public. Sa gestion sera alors assurée par le Centre des monuments nationaux, en principe à partir du 26 juin 2014. Finis les paparazzis agglutinés derrière les barrières ou depuis les hélicoptères, avec leur téléobjectifs de 80 cm de long !
emblème officiel de la Présidence de la République française
commune de Bormes-les-Mimosas (Var) 
" D'azur au lion d'or, lampassé, armé et 
viléné de gueules, couronné d'argent"


Maintenant nous nous dirigeons vers la Côte d'Azur proprement dite. D'ailleurs le mot "azur" se réfère au  livre "La Côte d’Azur" publié en 1887 par Stéphen Liégeard (1830-1925) et serait emprunté au langage du blason, azur remplaçant avantageusement "le bleu". Cette appellation donc purement littéraire et touristique est par contre très floue du point de vue géographique. On y admet depuis la frontière franco-italienne (Menton/Vintimille) toute la côte des Alpes-Maritimes, une partie ou la totalité de la côte varoise jusqu'à Toulon et même parfois au-delà, vers l'ouest !  Il existe également une autre appellation du même genre  : la Riviera qui englobe la Côte d'Azur et se poursuit côté italien sur la côte de Ligurie, en passant par Gênes et jusqu'à La Spezia.


L'Abbaye de Saint-Honorat de Lérins (1696/1711) - extrait de l'Armorial Général de France - volume XXX - Provence (dessin restauré par HD)
Aux abords de Cannes, nous accédons aux îles de Lérins. Elles sont administrativement une dépendance de la commune de Cannes. Elles comprennent deux îles principales séparées par un haut-fond de moins de 10 m de profondeur. 
 L'île de Saint-Honorat  est le domaine privé d'une communauté monastique cistercienne dont la fondation remonte au IVe siècle ; des vignes permettent la production d'une eau-de-vie très réputée.
au premier plan , l'île et le monastère de Saint-Honorat ainsi que le donjon du XIIe
siècle, les pieds dans l'eau ; au fond : l'île Sainte-Marguerite couverte de forêts.
L'île Sainte-Marguerite, la plus grande et la plus proche du continent, est presque entièrement boisée (pins et eucalyptus) ; son fort royal, bâti sous le ministère de Richelieu,  a abrité comme prisonniers, entre autres :  l'Homme au Masque de fer et  le maréchal Bazaine après la guerre franco-prussienne, et dont il s'évadera de manière romanesque. 


différents cachets postaux et commerciaux (restaurant) utilisés entre 1900 et 1925 avec un blason (non officiel) au heaume du  "Masque de Fer" accompagné de trois fleurs de lis, en rapport à la détention de ce mystérieux personnage dans l'île.



Étape suivante :  ce n'est pas une île, mais une enclave. Car comme je l'ai indiqué dans le titre de ce sujet à épisodes, j'associe ces petits territoires inscrits dans de plus grands à des "îles terrestres" créées artificiellement par l'Histoire des hommes. En effet ils en ont souvent les mêmes caractéristiques : isolement, langues, traditions, monnaie, régimes politiques complètement à part. Et cette enclave là, c'est une des plus célèbres du Monde, qui est en même temps un État indépendant depuis plusieurs siècles et une monarchie dont les faits et gestes sont le sujet de préoccupation favori de nombreux journaux et de leurs lecteurs. Vous avez bien sûr deviné, il s'agit de la Principauté de Monaco. Pour en savoir davantage je vous invite a revoir le sujet que j'avais fait pour la fête nationale monégasque : →ICI.
Principauté de Monaco
" Fuselé d'argent et de gueules et entouré du collier de l'ordre de Saint-Charles,  sur un manteau rouge doublé d'hermine, sommé de la couronne princière. Tenants: deux frères mineurs chevelus, barbus et chaussés, portant chacun une épée levée, debout sur une banderole, avec la devise : Deo Juvante (avec l'aide de Dieu) "




Nous quittons ce petit monde à part pour reprendre la direction de l'Italie, après avoir franchi la frontière entre Menton et Vintimiglia.  

 Après le micro-état de Monaco, au statut reconnu internationalement, voici ce qu'on appelle une "micronation" : la Principauté de Seborga, située dans l'arrière-pays de la Ligurie. 

 Les micronations sont des entités qui se sont déclarées unilatéralement indépendantes, ou simplement autonomes, certaines depuis très longtemps, comme une persistance du système politique féodal.  Leur fonctionnement ressemble à un vrai état, elles ont un drapeau, des armoiries, un hymne national, un gouvernement. Elles envoient des ambassadeurs ou des consuls à "l'étranger", fournissent un passeport, ont des gardes-frontières et des fonctionnaires, frappent de la monnaie et émettent des timbres poste, etc.. Ces micronations sympathiques et exotiques tiennent davantage du folklore et sont bien tolérées par les États souverains qui les hébergent, tant qu'elles ne nuisent pas à l'ordre public.

grandes armoiries officielles de la Principauté de Seborga

Drapeau actuel de la Principauté de Seborga
Étendard du Prince de Seborga
Bloc-feuillet philatélique et héraldique émis par la micronation

Bloc-feuillet philatélique et héraldique émis par la micronation : évolution historique des armoiries de la Principauté
dont l'origine remonterait  au Xe siècle , avec un territoire cédé par le Comte de Vintimille aux moines de l'Abbaye de Lérins. C'était donc à l'origine une Principauté ecclésiastique.


Et nous entrons désormais dans l'immense Golfe de Gênes. Mais comme précédemment avec la côte languedocienne, cette côte de Ligurie ne présente pas d'île significative. Tout au plus, j'ai dénombré deux îlots rocheux inhabités : l'île de Gallinara, tout près des côtes au niveau de la commune d'Albenga et l'île de Bergeggi , qui fait partie de commune du même nom. La première tient son nom des poules sauvages qui la peuplaient par le passé et est une réserve naturelle régionale protégée. La seconde n'est guère plus éloignée des côtes et couverte de maquis.
commune d' Albenga  (Italie - Ligurie) 
" D'or à la croix de gueules"
commune de Bergeggi  (Italie - Ligurie) 
"  Coupé au premier d'or à la tour sarrasine de gueules (orangé)
maçonnée de sable, au second fascé ondé d'azur et d'or ".

Enfin je mentionnerai encore un petit archipel composé de trois îles également inhabitées :  l'île de Palmaria, d'une étendue de 6,5 km² et les îlots du Tino et du Tinetto, situé à l'entrée de la rade du grand port militaire de La Spezia. Ces îles sont le prolongement du pays des Cinque Terre, site exceptionnel de beauté et appartiennent à la commune de Portovenere.

commune de Portovenere  (Italie - Ligurie) 
"d'azur à trois tours carrées crénelées de trois pièces (à la Guelfe), 
maçonnées, ouvertes et ajourées de sable, sommées chacune d'un mât 
portant un pavillon d'argent à la croix de gueules (qui est le drapeau de Gênes), 
posées et alignées sur une champagne oblique de sinople, abaissée à dextre.

Et pour clore définitivement ce chapitre voici une dernière curiosité géographique située au cœur des Alpes : la commune de Campione d'Italia. Si Monaco est une enclave mi-terrestre, mi-marine, Campione est une exclave* de l'Italie, mi-terrestre, mi-lacustre, dans le territoire de la Suisse ! Nous sommes dans le canton du Tessin, sur les bords du lac de Lugano et face à ville de Lugano, une des grandes cités du canton suisse. En définitive la petite commune de 2.000 habitants n'est située géographiquement qu'à moins d'1 km de la frontière et de la province de Côme à laquelle elle est rattachée, mais il faut parcourir 14 km par la route pour y accéder depuis la ville italienne la plus proche : Lenzo d'Intelvi.

(*) les mots exclave et enclave sont utilisés selon le côté de la frontière où on se trouve : Campione est une enclave de l'Italie pour la Suisse et une exclave en Suisse pour l'Italie.



commune de Campione d'Italia  
(Italie - Lombardie) 
" Parti: d'or à la poignée de crosse pastorale d'argent contournée,
et de gueules à une main d'argent sortant d'une manche d'or,
tenant un fouet de cuir au naturel, au chef d'argent chargé 
d'un escargot contourné au naturel".
La crosse se réfère au Monastère de Saint-Ambroise de Milan;
le fouet est l'attribut du saint évêque Ambroise de Milan (IVe siècle), 
symbole du gardien et défenseur de la foi chrétienne face aux hérétiques;
l'escargot représente les artistes de Campione qui partaient pour gagner 
leur vie en emportant leurs biens sur leur dos et laissaient leur trace
 (artistique) sur leur passage à la façon des escargots. 
En 1521, lorsque la Confédération suisse obtient le Tessin, autrefois possession du Duché de Milan, une action juridique des abbés du Monastère de Saint-Ambroise de Milan leur permet de conserver le territoire de Campione. Ce statut particulier va survivre pendant cinq siècles jusqu'à aujourd'hui malgré les conflits , les révolutions et les demandes d'échange proposées par les Suisses, les 2 000 habitants étant attachés à la nationalité italienne.





A bientôt pour un prochain voyage... → ICI


Crédits :
certaines images sont empruntées aux sites :
http://armorialdefrance.fr/
http://quaranta1.chez-alice.fr/
http://appa.aix.free.fr/bulletin/pages/04.html
http://it.wikipedia.org/wiki/
http://www.araldicacivica.it/
http://whttp://www.principatodiseborga.com/pds/
ww.comune.campione-d-italia.co.it/
les autres : sites divers, municipaux, associatifs.


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