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jeudi 6 décembre 2018

L'héraldique et l'image des marques #03 : un coutelier savoyard, une star du rock anglais et le directeur général des colonies hollandaises

  J e vous propose d'ouvrir un nouveau volet à ce thème que j'avais débuté il y a deux ans déjà et où je détaillais l'idée de départ (voir ici → ). Il concerne ces innombrables symboles graphiques qu'on appelle logotypes, en abrégé: "logos", qu' on observe autour de nous sur toute sorte d'objets de la vie courante, et sur tous supports physiques ou virtuels.
Ils permettent d'identifier visuellement, de façon immédiate une entreprise, une marque commerciale, une association, une institution, un produit, un service, un événement ou toute autre sorte d'organisations, dans le but de se faire connaître et reconnaître des publics et des marchés auquel il s'adresse et de se différencier des autres entités d'un même secteur.
   • Quelques-uns de ces logos, que parfois on regarde sans les analyser vraiment, sont composés partiellement ou totalement à partir d'écus d'armes ou d'armoiries. Ils attestent ainsi d'une certaine façon la filiation que certains spécialistes, héraldistes ou graphistes, leur confèrent: le logo est ou serait le prolongement moderne du blason, dépouillé de ses règles ancestrales, rigides et compliquées et abandonnant son langage ésotérique.  Le plus souvent, pour ces logos issus de blasons, ceux-ci sont remodelés à la sauce des artistes graphistes et des designers qui en extraient l'ADN de héraldique pour le transposer dans le registre du branding et du marketing qui lui aussi a ses règles : la charte graphique de l'entreprise ou de l'organisme. Beaucoup d'entre eux ont néanmoins une réelle origine historique liée à l'héraldique, parfois oubliée. Je vais tenter de vous la révéler. En voici quelques nouveaux exemples très hétéroclites, puisés dans notre environnement quotidien ou dans notre culture générale.



• Voici d'abord un premier petit symbole d'origine héraldique, que tout le monde connaît, mais sans y prêter vraiment attention. Il nous raconte pourtant le fabuleux destin d'un couteau savoyard inventé par Joseph Opinel en 1890, devenu objet de notre quotidien, et aujourd'hui élevé au rang d'icône du design mondial.









En 1565 le roi de France Charles IX ordonne que chaque maître coutelier appose un emblème sur ses fabrications pour en garantir l’origine et la qualité. En 1909, respectant cette tradition, Joseph Opinel choisit pour emblème La Main Couronnée. La main bénissante est celle de Saint Jean-Baptiste figurant sur les armoiries de Saint-Jean-de-Maurienne (voir à droite), la ville la plus proche d’Albiez-le-Vieux, berceau de la famille Opinel. Joseph Opinel ajoute une couronne pour rappeler que la Savoie était un duché. Depuis, toutes les lames des couteaux et outils Opinel sont poinçonnées de La Main Couronnée.
ancienne "réclame", début XXe siècle  (site officiel de la marque → 🗡)
• L'Opinel est fabriqué en Savoie depuis les années 1890 jusqu'en 1916 dans le lieu-dit de Gevoudaz (commune de Albiez-le-Vieux) près de Saint-Jean-de-Maurienne puis, dès 1915, à Cognin dans la banlieue de Chambéry. L'activité s'est progressivement délocalisée vers une usine à Chambéry construite en 1973. Depuis 2003, le siège est basé également à Chambéry, l'activité de fabrication des bagues de sécurité a été la dernière à partir de l'usine de Cognin pour intégrer le site de Chambéry en 2013, qui réunit l'ensemble des activités et a été agrandi en 2015. En mars 2016, une filiale est implantée à Chicago, aux États-Unis.
timbre autoadhésif , hommage au patrimoine de la région
Rhône-Alpes ; fragment d'un livret "collector"
 émis par la Poste en 2010
sticker autocollant publicitaire provenant d'Allemagne
• Opinel fait partie du patrimoine culturel français, il est cité dans de multiples ouvrages. En 1989 il est référencé dans le dictionnaire Larousse, au même titre que les marques Bic, Frigidaire ou Solex, en tant que nom déposé et avec la définition actuelle suivante : Couteau fermant à manche en bois portant une saignée dans laquelle vient se loger la lame en position de fermeture.






• Passons maintenant du génie industriel au génie artistique. L'idée m'est venue avec la sortie récente du film " Bohemian Rhapsody " magistralement interprété par Rami Malek dans le rôle de Freddie Mercury, le chanteur légendaire du groupe de rock Queen. Il faut savoir que le logo qui orne quelques pochettes de disques du groupe, indéniablement inspiré par l'art héraldique, avait été créé par Freddie Mercury lui-même. Dans sa jeunesse, le jeune Farrokh Bulsara (le vrai nom de F. Mercury) outre sa passion précoce pour la musique, a fait des études d'art graphique au Ealing Art College de Londres ou il décrocha un diplôme. A la fin des années 1960, il mettra son talent d'illustrateur en pratique pour dessiner une ligne de vêtements et de courtes bandes dessinées pour de petits journaux londoniens. Mais c'est les diverses expériences de chanteur dans plusieurs groupes de rock anglais qui aboutira en 1970 à la formation d'un des plus grands groupes de rock au monde :  Queen.

•  En 1972, Freddie Mercury tire parti de sa formation de graphiste pour dessiner le logotype du groupe, connu sous le nom de « Queen crest ». Au premier coup d’œil, on remarque que l'artiste s'est inspiré très certainement des armoiries du Royaume-Uni (à droite) pour la forme générale du concept. Au centre se trouve un Q majuscule, faisant office d'écu d'armoiries, supporté par les symboles rappelant les signes zodiacaux des quatre membres du groupe.

Armoiries du gouvernement du Royaume-Uni
 Les deux Lions couronnés sont là pour John Deacon, le bassiste et Roger Taylor, le batteur, un crabe symbolisant le Cancer pour Brian May, le guitariste et deux fées pour la Vierge, signe de Freddie Mercury. Le tout est surmonté d’un immense phénix déployant ses ailes, au-dessus de quelques traits en zigzags figurant des flammes et qui est une référence très importante à ses origines ethniques.
  En effet, la famille de Freddie Mercury était d'origine Pârsî , de religion zoroastrienne, dont les ancêtres perses vivaient sur le territoire correspondant à l'Iran moderne et avaient fui en Inde après la conquête arabo-islamique. Hors, dans la mythologie persane, principalement avestique, basée sur les écrits du prophète Zoroastre, le phénix nommé plus exactement le Simurgh, est un oiseau fabuleux aux pouvoirs très importants.
  On trouve également une couronne au centre de la lettre Q, faisant penser à celle, la vraie, du Royaume-Uni, et dont le chanteur aimait à se coiffer sur scène. Le logo était souvent visible sur le devant de la grosse caisse de Taylor lors de leurs premiers concerts en public.
vue sur la batterie de Roger Taylor, durant un concert "A Day At The Races Tour" en 1977 - © queenphotos.wordpress.com

•  Plusieurs pochettes d'albums du groupe seront également ornées des variations de cet emblème, que ce soit sur le recto ou parfois au verso, comme celles-ci parmi les plus représentatives (auxquelles on peut rajouter les nombreuses compilations "Greatest Hits", comme celle visible plus haut).
pochette de "A Night at the Opera", 4e album du groupe sorti en novembre 1975 (au Royaume-Uni)

pochette de "A Day at the Races ", 5e album du groupe sorti en décembre 1975 (au Royaume-Uni)
pochette de "Queen Rocks" - compilation des meilleurs titres hard-rock du groupe sortie
en novembre 1997 en hommage à Freddie Mercury décédé en 1991
• Après la mort du chanteur de Queen:  Freddie Mercury à Londres en 1991, de causes liées au sida, les membres restants du groupe et leur directeur, Jim Beach, ont organisé le concert-hommage à Freddie Mercury pour la sensibilisation au sida, dont le produit a servi à lancer l'organisation caritative : "The Mercury Phoenix Trust". Les administrateurs actuels sont: Brian May, Roger Taylor, Jim Beach et Mary Austin, l'ex-compagne et amie la plus proche de Mercury. Un des logos connus de cette fondation reprend le symbole du phénix, en souvenir de Freddie Mercury.


 clip vidéo : Queen - A Kind Of Magic (Live At Wembley Stadium, le 11 Juillet 1986), c'est cadeau !

•  Enfin, pour l'anecdote, en 2015, le groupe lance sa propre marque de bière "Bohemian Lager", en hommage aux 40 ans de la chanson Bohemian Rhapsody. Elle est produite à Plzen, en Bohême, naturellement (c'est-à-dire en République Tchèque), et devinez quel est le logo choisi pour représenter le produit : le "Queen crest", bien évidemment ! celui figurant sur la pochette de l'album "A Night at the Opera".




les paquets de cigarettes ne sont plus commercialisés sous
cette forme "vintage" de nos jours, mais avec des habillages
neutres ou placardés d'annonces de mises en garde contre les
 méfaits du tabagisme sur la santé, photos trashes à l'appui !
•  Et pour terminer ce sujet, voici une marque bien connue surtout des fumeurs et par d'autres également pour d'autres raisons que nous allons découvrir.  Même si ce genre de produit dont les bienfaits, s'il y en a, ne sont plus dans l'air du temps actuel, du fait de la lutte anti-tabac, justement menée pour réduire le cancer des poumons et autres maladies cardio-vasculaires, il mérite notre intérêt pour autre chose : un petit détail dans l'habillage de son design graphique :
les deux dates correspondent à la période d'existence de la
 colonie hollandaise en Amérique du Nord
Peter Stuyvesant est une marque de cigarettes blondes américaine. Lancée initialement en Afrique du Sud en 1954 et, plus tard, commercialisée à New York en 1957, la marque a été officiellement lancée dans le monde entier la même année  Elle appartient de nos jours à l'entreprise allemande Reemtsma Cigarettenfabriken GmbH, qui détient également les marques Davidoff et West. C'est aujourd'hui une filiale du groupe anglais Imperial Tobacco. La marque est vendue dans 55 pays et est particulièrement populaire en Afrique du Sud, en Australie et en Nouvelle-Zélande, ainsi que dans la plupart des pays d'Europe, mais étrangement, elle est moins connue aux États-Unis. En France, les fumeurs la désignent simplement sous le nom abrégé de "Peter"; Stuyvesant étant un terme imprononçable, pour la plupart !

  La marque de cigarettes porte le nom de Peter (ou Petrus) Stuyvesant, ancien directeur général de la colonie hollandaise de Nieuw-Nederland, en Amérique du Nord, de 1647 à 1664. Sa capitale était alors Nieuw Amsterdam (Nouvelle-Amsterdam en français), qui deviendra la future New York City à partir de 1674, quand elle sera prise par les Anglais.
portrait de Peter Stuyvesant, vers 1660 (peintre inconnu,
 attribué à Hendrick Couturier et anciennement considéré
 comme un Rembrandt.) - Peinture à l'huile sur bois,
Société historique de New York.

portrait de Peter Stuyvesant sur un timbre de la
 poste des Pays-Bas émis en 1939
timbre commémorant la création du corps des premiers pompiers volontaires
en Amérique, en 1648, sous la gouvernance de Peter Stuyvesant (en médaillon)
émission de la poste des États-Unis d'Amérique en 1948
Armoiries proposées pour la ville de Neeuw Amsterdam, colonie de Neeuw Nederland. Dessin préparatoire en vue d'une présentation
de la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales (dont les initiales GWC sont visibles sur la couronne),
vers 1630 (auteur inconnu). Don de J. Carson Brevoort. 1885. Une copie non datée est visible à la Société historique de New York
L'écu d'armoiries reprend celui des armes de la ville-mère d'Amsterdam surmonté d'un castor et supporté par deux autres animaux semblables. Rappelons que les commerçants hollandais s'approvisionnaient en fourrures diverses par l'intermédiaire des amérindiens. 
• Le gouverneur Stuyvesant ne semblait pas posséder d'armoiries personnelles, du moins elles ne nous sont pas connues. Et donc c'est ce symbole des armes de la Nouvelle-Amsterdam avec le castor au-dessus que nous retrouvons dans le logo de la marque de cigarettes,  avec toutefois une variation inexpliquée : la couleur du pal central est rouge.  Cependant les produits commercialisés en Allemagne (comme celui ci-dessous) montrent une extrapolation du vrai blason d'Amsterdam, avec pal de sable (noir) et y compris les lions en supports, exit le castor !

armoiries de la ville d’Amsterdam (Pays-Bas)
• Dans les années 1980, la marque a connu une augmentation de ses ventes grâce à diverses campagnes de publicité dans les cinémas et à l'offre de cigarettes dans les avions de la compagnie aérienne néerlandaise KLM

ancienne affiche publicitaire pour la marque liée aux transports aériens 




Si vous avez aimé, alors à bientôt pour une nouvelle série sur le même thème.
N'hésitez à me faire part de vos remarques, commentaires, ou vos critiques....



Crédits :
passer votre souris sur les images pour lire la source documentaire de chacune 




  © Herald ® Dick ™
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mardi 4 avril 2017

4 avril 1817-2017 : bicentenaire de la mort d' André Masséna, maréchal et prince d'Empire

 Aujourd'hui, nous commémorons la mort d'un grand soldat de l'époque napoléonienne, André Masséna, niçois de naissance, ayant commencé sa carrière militaire sous l'ancien régime, il s’engagera dans la Garde Nationale sous la Révolution et lors de la campagne d'Italie, il sera sous les ordres du général Bonaparte. Surnommé par l'empereur Napoléon Ier « l'enfant chéri de la Victoire », cette Victoire va devenir son emblème héraldique. Il tombera plus tard quelque peu en disgrâce, à cause de ses revers militaires et en gardera une certaine amertume.


armoiries d'André Masséna, maréchal d'Empire,
 duc de Rivoli, prince d'Essling
 " d'or, à une Victoire ailée de carnation, vêtue d'argent,
 tenant dans sa main dextre une palme et dans la sénestre
 une couronne d'olivier, le tout de sinople,
accompagnée en pointe d'un chien couché de sable ;
au chef des ducs de l'Empire".
portrait d'André Masséna peint  par Edme-Adolphe
 Fontaine et Antoine-Jean Gros (vers 1853)






André Masséna

(• Nice 1758 - † Paris 1817)

  André Masséna, maréchal d'Empire, duc de Rivoli, prince d'Essling, pair de France (pendant les Cent Jours).
• né à Nice, dans le Comté de Nice, à l'époque faisant partie du royaume de Sardaigne, le 6 mai 1758.
• mort à Paris, malade de la tuberculose, le 4 avril 1817.

armoiries successives de Masséna, maréchal d'Empire, Duc de Rivoli et prince d'Essling -  extraits de l'Armorial du premier Empire
(planche n°77) - auteurs Vicomte Révérend et Comte E. Villeroy - éd. H. Champion - Paris (1911)
on notera que le chien couché n'apparait qu'avec le titre de prince d'Essling

portrait équestre de Masséna : Général en Chef de l'Armée d'Italie , estampe éditée "chez Jean" à Paris (v1797~1798)
 réserve de la BNF Paris, département estampes et photographies.

Engagé dans l'armée d'Italie, André Masséna fut nommé lieutenant-colonel, puis général, et se distingua lors de la victoire de Rivoli en janvier 1797. Commandant en chef sous le Consulat, il remporta la victoire de Zurich, et Bonaparte lui confia alors l'armée d'Italie. Élevé au grade de maréchal en 1804, il conquit le royaume de Naples et remporta les victoires d'Eckmühl, d'Essling et de Wagram. Chargé de reconquérir le Portugal en 1810, il fut arrêté par Wellington et ne reçut pas des autres maréchaux le soutien qu'il espérait. Très mécontent, Napoléon Ier le confine alors, jusqu'en mars 1814, dans le commandement de la division militaire de Marseille, fonction que lui conserve Louis XVIII.
timbre émis en 2008 par la poste monégasque
 pour commémorer le 250e anniversaire de la naissance
 d'André Masséna (au passage, on notera que la poste
 française n'a rien prévu pour son bicentenaire, cette année !)

Durant les Cent-jours, il se rallie sans enthousiasme à l'Empereur, qui le nomme Pair de France le 8 juin 1815 mais ne lui confie aucun commandement. Après Waterloo, Joseph Fouché, devenu président du gouvernement provisoire, lui offre cependant celui de la Garde nationale. A ce poste, il parvient à se rendre utile une dernière fois en maintenant l'ordre à Paris durant cette période troublée.

Après la seconde Restauration, il fait partie à son corps défendant du conseil de guerre que le roi charge de juger le maréchal Ney mais qui se déclare incompétent. Il doit alors faire face à une dénonciation qui l'accuse d'avoir favorisé par son inaction l'avance de Napoléon après son débarquement. Le sachant gravement malade, il est atteint de la tuberculose, le gouvernement royal laisse la procédure s'enliser jusqu'à la mort du maréchal.

Il meurt le 4 avril 1817 dans son hôtel parisien de la rue de Bourgogne, où il était le locataire du maréchal Mortier. Son imposante tombe se trouve à Paris, au cimetière du Père Lachaise, division 28.






             Herald Dick
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vendredi 14 octobre 2016

14 octobre 1066 - 2016 , 950e anniversaire de la bataille d'Hastings

scène de reconstitution historique de la bataille (en 2006) : guerriers normands
La bataille d'Hastings (dans le sud de l'Angleterre actuelle) fut un engagement militaire qui a marqué un tournant dans l’histoire anglaise en faisant passer le pays sous domination normande. Il a opposé, le 14 octobre 1066, les troupes de Harold II, roi saxon d’Angleterre, à une armée d’invasion commandée par Guillaume, duc de Normandie, appelé après la conquête Guillaume Ier le Conquérant.

fragment de la tapisserie de Bayeux : les troupes anglaises à pied en position de défense

Guillaume, duc de Normandie, surnommé
"le Conquérant" après avoir été : "le Bâtard"
fragment de la tapisserie de Bayeux




Guillaume prétend au trône d’Angleterre, qu’il dit lui avoir été promis par son cousin, le roi Édouard le Confesseur. C’est pourquoi, après la mort d’Édouard, Guillaume s’oppose à l’élection d’Harold comme roi et, avec la bénédiction du pape Alexandre II (pape de 1061 à 1073), se prépare à envahir l’Angleterre.











fragment de la tapisserie de Bayeux: cavaliers normands chargeant les fantassins anglo-saxons


Le 28 septembre 1066, le corps expéditionnaire normand, comprenant des fantassins armés d’arbalètes et des régiments de cavalerie lourde, débarque sur la côte anglaise près de Hastings. Après une marche forcée à travers le Yorkshire — où Harold II vient de battre son propre frère rebelle, le comte de Northumbrie Tostig, à la bataille de Stamford Bridge —, l’armée anglaise, forte de 7 000 hommes, occupe une hauteur (appelée plus tard Senlac Hill) sur la route de Londres, à 10 km environ au nord-ouest de Hastings.

fragment de la tapisserie de Bayeux : duels à cheval ou à pieds , à l'épée ou à la hache
reconstitution d'un bouclier normand
tel qu'on peut en trouver représentés
sur la tapisserie de Bayeux


Déclenchée à 9 heures le 14 octobre, la première attaque normande ne réussit pas à déloger l’infanterie anglaise (armée de lances, d’épées et de haches), qui se protège des flèches ennemies en imbriquant les boucliers. Les soldats anglais équipés de haches dispersent une charge de la cavalerie normande, ce qui provoque la fuite d’une partie de l’infanterie. Puis, sans tenir compte des ordres de Harold II, plusieurs unités de l’armée anglaise rompent les rangs et se lancent à la poursuite des fuyards normands. Mais, de nouvelles troupes normandes ripostent, encerclent et anéantissent rapidement ces unités. Prenant avantage du manque de discipline parmi les soldats anglais, Guillaume ordonne un simulacre de retraite. Le piège se referme sur un important corps de troupes anglaises. Fortement affaiblis par ces défaites et démoralisés par la blessure mortelle de Harold II, les Anglais sont forcés d’abandonner leur position stratégique sur Senlac Hill. Seuls quelques groupes de défenseurs échappent aux assauts de la cavalerie normande.

La victoire de Guillaume à Hastings ouvre la voie à la conquête normande de l’Angleterre.


fragment de la tapisserie de Bayeux : la mort du roi Harold décrite par l'inscription  "Harold Rex Interfectus: Est"
    
scène de reconstitution historique de la bataille: fantassins normands, vêtus de hauberts (cottes de mailles)
et portant des casques à nasal qui les rendaient méconnaissables. Ils se protègent avec les célèbres boucliers
en forme d'amande. Ils sont ornés de décorations "proto-héraldiques", qui n’identifiaient pas forcément
un seul combattant, mais le plus souvent un groupe, une section  avec quelques variations dans le dessin
 ou les couleurs des motifs. Ces motifs n'étaient utilisés que dans les batailles ou lors des tournois, pour
l'entraînement au combat, et n'étaient en aucun cas héréditaires, comme le seront les armoiries,
qui n'apparaîtront qu'un siècle plus tard et se généraliseront peu à peu 

fragment de la tapisserie de Bayeux : charge des cavaliers normands montrant leurs boucliers ornementés
 Le bouclier du XIe siècle est alors connu sous le nom d' Écu, qui vient du romain Scutum et désignait un bouclier long. Cet écu en forme d'amande, donc arrondi au-dessus et pointu vers le bas, légèrement concave à l'intérieur, s'orne d'un umbo conique ou hémisphérique au centre, parfois aussi d'un motif de cloutage; il est bordé d'une bande que l'on suppose métallique, l'orle. Suspendu au cou par une large courroie, la guige, on la manie en introduisant l'avant-bras gauche dans une énarme en forme d'anse, fixé au revers, et en agrippant de la main une seconde, disposée perpendiculairement à la première. Il arrive aussi que les énarmes soient parallèles. La taille de ce bouclier est relativement modeste : assez étroit, il ne dépasse guère 1 mètre ou 1,30 mètre de haut.

reconstitution historique : combattants saxons avec boucliers circulaires, plus anciens et encombrants, qui vont peu à peu devenir obsolètes en Europe occidentale et être remplacés par la forme en écu, celle qui va être à l'origine de l'héraldique.
série de timbres émis par l'île d'Aurigny (une des îles de l'archipel de la Manche) en septembre 2016 pour commémorer le récit
 du débarquement de Guillaume de Normandie et de la bataille ( cliquer sur l'image pour l'agrandir) - on peut y voir quelques  boucliers normands et saxons peints, préfigurant ce qui deviendra l'art héraldique , un siècle plus tard

 • La Tapisserie de Bayeux 
C'est une broderie élaborée à la fin du XIe siècle, sur une bande d'une hauteur d'environ 50 cm et longue de 68,38 mètres. Elle relate des faits historiques allant de la fin du règne du roi d'Angleterre Édouard le Confesseur en 1064 à la bataille d'Hastings en 1066, avec une multitude de détails qui nous renseignent sur cette période de l'histoire de manière inestimable. Conservée jusqu'à la fin du XVIIIe siècle dans le Trésor de la cathédrale de Bayeux, elle a échappé de peu à la destruction lors de la Révolution française. Elle est aujourd'hui présentée au public au centre Guillaume le Conquérant qui lui est entièrement dédié.
On peut admirer une image développée dans son intégralité → ICI
(cliquer sur la mince bande centrale, ou tout en haut de l'écran: c'est elle ! ... pour l'agrandir - 
sur les appareils mobiles : c'est plus compliqué, mais on y arrive ....)


        Harold  Herald Dick

samedi 2 juillet 2016

Hommage à Nostradamus

  Aujourd'hui le 2 juillet 2016, on célèbre le 450e anniversaire de la mort du célèbre oracle et prophète provençal. Pratiquant l'astrologie comme tous ses confrères scientifiques à l'époque de la Renaissance, il est surtout connu pour ses prédictions sur la marche du monde.L'interprétation constante de ses prophéties a entraîné passions ou dénégations à toutes les époques jusqu'à aujourd'hui. Un nombre incalculable d'ouvrages de littérature plus ou moins sérieuse, basés sur son œuvre ont été écrits et édités dans toutes les parties du monde pour corroborer des évènements passés, présents et à venir à partir de ses quatrains.

armoiries de Nostradamus :
"écartelé , au premier et au quatrième de gueules à
 la roue brisée de huit rayons d'argent, au deuxième et
 troisième d'or à la tête d'aigle de sable".
Comme pour son oeuvre, le blason de Nostradamus
est aussi mystérieux que le personnage.
portrait de Nostradamus sur une gravure
 
dessin extrait du livre "Nostradamus: Son message
 aux hommes de bonne volonté" de Antoine Plussihem -
 éditions Carnot -2003  (renseignements : voir ICI)






 

 

 

 

 

 

Nostradamus



Michel de Nostredame dit "Nostradamus"
• né à Saint-Rémy-de-Provence le 14 décembre 1503
• mort à Salon-de-Provence le 2 juillet 1566


Nostradamus, physicien, médecin et astrologue français, est l'auteur des Centuries astrologiques, célèbre recueil de prophéties publié en 1555. Les prophéties des Centuries se présentent sous forme de quatrains. Dans un langage évasif, ils décrivent des événements censés devoir se produire entre 1550 et la fin du monde, annoncée pour 3797 après J.-C. Les prophéties des Centuries ont donné lieu à de nombreuses interprétations qui établissent, dans certains cas, des liens avec les événements survenus depuis l'époque de Nostradamus.

Nostradamus , gravure de Charles Canivet (vers 1810) - Éditeur : De la fabrique de Pellerin,
 imprimeur-libraire à Epinal - Bibliothèque Nationale de France, département Estampes et photographies.

Né à Saint-Rémy-de-Provence, dans le sud de la France, Michel de Notre-Dame, dit Nostradamus, reçut une éducation catholique. Il étudia la médecine à Montpellier et, après avoir voyagé en Italie et en Sicile, il commença à exercer vers 1525. En 1546, on l'appela à Aix, et en 1547 à Lyon, pour soigner les  personnes touchées par la peste. Le succès de ses traitements inédits sur les malades les plus gravement atteints lui valut la réputation d'un guérisseur exceptionnellement doué.

Vers 1550, Nostradamus s'établit à Salon-de-Provence où il commença à rédiger ses prophéties. La publication des Centuries astrologiques élargit sa renommée et, vers la fin de sa vie, on vint le consulter en grand nombre. Catherine de Médicis, reine de France, lui demanda d'établir l'horoscope du roi Henri II, son mari, et de leurs enfants. En 1560, le roi Charles IX le nomma médecin de la cour. Certains contemporains (dont Ronsard) prirent au sérieux ses prophéties, mais d'autres les considérèrent comme une imposture. Ces polémiques sont toujours d'actualité aujourd'hui.

Je vous propose de visionner le très bon documentaire de l'historien Franck Ferrand  pour en savoir plus:
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armes simplifiées de Nostradamus
avec son cri " SOLI DEO " (pour Dieu seul)

 Selon les spécialistes, l'astrologue français Nostradamus aurait prédit, il y a 460 ans, que le monde connaîtrait en 2016 un véritable tournant. Il avait prédit que les événements de l’année 2015 allait permettre un rassemblement du monde entier vers la réalisation d’un but commun (éradiquer le terrorisme et Daech ?), en 2016.

Pour 2016, il prévoyait une amélioration des économies et le développement des énergies solaires; mais prévoyait également la fin des riches.

Nostradamus prévoyait pour cette année 2016 des tragédies et des catastrophes, les plus importantes viendront de l’Orient. Des guerres meurtrières vont entraîner plusieurs nations dans des conflits qui dureront 27 ans.

Des catastrophes naturelles seront à l’origine de la disparition d’une ville américaine. En Europe des villes vont être bloquées par des pluies qui dureront deux mois.

En Italie, Nostradamus prévoit l’éruption du volcan du Vésuve qui provoquera une véritable catastrophe dans la région (le réveil du Vésuve est une certitude aux yeux des scientifiques. L’éruption attendue devrait dégager une énergie colossale, détruisant tout sur son passage sur plusieurs kilomètres en quelques secondes, et faisant plusieurs milliers de morts).

etc, etc...

Alors, ça va aller mieux, vraiment ?!


 source texte prédictions 2016 : directinfo. webmanagercenter.com