Affichage des articles dont le libellé est Hugo Gerard Ströhl. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Hugo Gerard Ströhl. Afficher tous les articles

samedi 18 novembre 2017

Les blasons des métiers et corporations #14 - Wiener Gewerbewappen - les blasons des Guildes de marchands à Vienne en Autriche (IV)

ancienne enseigne d'un prothésiste dentaire en Autriche
avec les armoiries impériales (fin XIXe - début XXe s.)
  R 󠀡etour sur le sujet que j'avais débuté il y a plusieurs mois, en poursuivant la découverte d'une héraldique très spécifique : celle des Guildes de métiers, artisans et marchands qui avaient une activité dans la capitale autrichienne Vienne aux alentours de l'année 1900.  Ces délicieuses images d'un autre temps, sont l’œuvre du peintre héraldiste autrichien Hugo Gerard Ströhl (1851 – 1919), sans doute l'un des plus grands parmi les artistes que l'on connaisse, tous pays confondus, dans cet art. Mais je vous ai déjà expliqué tout cela dans le premier volet  (voir → ICI).

  En marge de l'héraldique, nous allons aussi apprendre davantage de l'onomastique, une branche de l'étymologie qui nous donne en particulier la provenance de nombreux noms de famille d'origine germanique, mais qui ont essaimé dans le monde entier.
  Voici donc 14 nouveaux métiers : ils sont toujours d'actualité, surtout ceux qui touchent à l'alimentation et à l'artisanat. D'autres ont évolué avec l'industrialisation, la mécanisation et les avancées technologiques, mais aucun n'a réellement disparu.






Kleidermacher   -  Tailleurs


 • L'écusson placé au-dessus des ciseaux de tailleur est aux armes de la ville de Vienne : "de gueules à la croix d'argent".





Bildhauer  -  Sculpteurs


• Le champ de l'écu :  "de gueules à la croix d'argent", est basé sur celui des armes de la ville de Vienne. Au cœur un écusson brochant "de gueules à trois écussons d'argent, posés 2 et 1" représente de façon assez universelle et abstraite les activités artistiques : peinture, sculpture, arts plastiques. Dans les cantons sont placés des exemples de sculptures : buste d'homme barbu et chapiteau de colonne antiques et aussi des outils de sculpteurs.








Schiffmüller -  Meuniers sur moulins-bateaux.

 •  Un moulin flottant (ou moulin bateau), était un moulin à eau installé sur un bateau dans le cours d'une rivière ou d'un fleuve et qui pouvait donc se déplacer pour profiter du meilleur courant qui entraînait une roue à aubes de chaque côté. Installés sur les fleuves traversant les villes, mais gênant le trafic des bateaux, leur nombre et leur position étaient réglementés. Il y en avait notamment sous les arches de certains ponts à Paris. Celui-ci, à Vienne, était sur le Danube.

• L'écusson placé au-dessus du bateau-moulin est aux armes de la ville de Vienne.



Gastwirte  -   Aubergistes

 
• Voici un symbole étrange avec cette colombe d'argent, tête en bas, portant dans son bec une étoile de lumière d'or. C'est en fait un symbole typiquement religieux : celui du Saint-Esprit, une des composantes de la Trinité, représentant l'Esprit de Dieu, qui descend du ciel et insuffle la foi à tous les croyants.
 Un symbolisme étrange donc, pour ce blason concernant les aubergistes, mais qui devient compréhensible seulement quand on sait que la Guilde des aubergistes avait son siège dans le quartier de l'ancien hôpital du Saint-Esprit à Vienne ( Heiligen Geist-Spitals ).
source info :  https://www.1133.at/document/view/id/1178





Schirmmacher  -   Fabricants de parapluies




• Voici une très belle composition graphique faute d'être héraldique: trois parapluies dont deux sont pliés et mis en sautoir et au-dessus, placés dans les cantons : le soleil et un nuage de pluie.





Gremium der Viehhändler -  Comité des Marchands de bétail.



•  Le caducée symbolise naturellement le commerce, en tant qu'attribut de Mercure/Hermès, le dieu du commerce dans la mythologie gréco-romaine.





Buchdrucker  -   Imprimeurs


• L'aigle bicéphale supportant en écusson les armes de Vienne sont l'illustration des anciennes armoiries complètes de la ville. Mais ici l'aigle tient en plus dans ses serres des objets utilisés dans le métier de l'imprimerie.





Feinzeug- (-schmiede)   -  Fabricants d'outils divers forgés, taillandiers.
und  -   et
Messerschmiede -  Forgerons en coutellerie
Etc. 






Zahntechniker  -   Prothésistes dentaires


• Dans ce curieux blason coupé-dentelé ou denché (c'est logique, pour représenter une profession en rapport avec la dentition !), nous voyons donc un magnifique dentier complet !

• A noter, à droite sur le côté, au bas de l'écu, la rare signature de l'artiste héraldiste : H.G.Ströhl.








Leichenbestattungsunternehmer - Entrepreneurs funéraires, pompes funèbres.


• On reconnait ici la particularité unique de la langue allemande pour former des mots de longueur incroyable, voire ridicule, en accolant plusieurs mots les uns aux autres.  Le record est un mot de 63 lettres (voir → ICI).







Kleinfuhrwerksbesitzer - Loueurs de voitures à cheval






Kamm- (-macher)  - Fabricants de peignes
und -  et
Fächermacher -  Fabricants d'éventails




Milchmeier,  - Producteurs de lait
Milchhändler - Marchands de lait, crémiers
und -  et
Milchverschleisser - Consommateurs de lait, fabricants de produits laitiers.


• Le personnage représenté serait ici saint Léonard, patron des bovins, ovins et des chevaux, d'après la tradition germanique.
source info :  https://www.1133.at/document/view/id/1178





Seiler,  - Cordiers, fabricants de cordages.
Rosshaarsieder - Producteurs de crins (de cheval)
und -  et
Haarwäscher - Laveurs de crins ou de cheveux


• Les crins de cheval servaient à confectionner  certaines toiles, en particulier pour les cribles et les tamis, pour les presses employées dans la fabrication du cidre, mais aussi pour rembourrer portefeuilles, sacs de voyages, dans les coiffes de chapeaux, pour la bourrellerie et la carrosserie, pour les couvertures de sofa, les coussins de wagons, les tapis, etc.





.


A bientôt pour une nouvelle série de métiers ....

et pour revoir le précédent épisode (III), c'est.... → ICI

Et je vous recommande aussi de visiter les magnifiques chromos allemandes, sur les métiers avec leurs blasons de corporation, rassemblées par mes amis du site "Noblesse et art de l'Écu " → ICI



Crédits :
- la totalité des images héraldiques sont visibles sur le site autrichien : oktogon.at
- l'image du début vient du site de vente : jagd-tracht-antik.at/





                           Herald Dick
.
               Wappen Heraldik

vendredi 7 avril 2017

Histoire parallèle : 7 avril 1917-2017
Cuba et Panama déclarent la guerre à l'Allemagne

  Le jeu des alliances, qu'elles soient soumises à l’exécution d'un traité ou qu'elles découlent d'une influence politique, à la limite du déni de souveraineté, se mettent à nouveau en marche. Suivant la déclaration de guerre faite la veille à l'Allemagne par les États-Unis d'Amérique, les pays sous influence politique et militaire des américains, comme l'étaient Cuba et Panama à l'époque, s’exécutent à leur tour.

drapeau d'état et pavillons de la marine de Cuba en 1917 (extraits du livre américain  Flags of the World de Byron
 McCandless et G.H. Grosvenor, National Geographic Society - U.S.A - 1917)

Armoiries de Cuba et de Panama dessinées par Hugo Gerard Ströhl (extraites d'une planche du dictionnaire
Meyers Großes Konversations-Lexikon 1909)
drapeau d'état de Panama en 1917 (extraits du livre américain  Flags
of the World de Byron McCandless et G.H. Grosvenor,
 National Geographic Society - U.S.A - 1917)

drapeaux de guerre et marchand de l'Allemagne en 1917 (extraits du livre américain  Flags of the World de Byron
 McCandless et G.H. Grosvenor, National Geographic Society - U.S.A - 1917)

armoiries de l'Empire allemand en 1917 - fragment d'une carte postale allemande d'époque




7 avril 1917 : Les états de Cuba et de Panama déclarent la guerre à l’Allemagne.

📌 Les déclarations de guerre de Cuba et de Panama furent purement symboliques : ces états ne combattirent pas et n'en avait pas l'intention. Toutefois Cuba avait programmé d'envoyer un corps expéditionnaire de 25 000 hommes en France en 1919, décision annulée lorsque l'armistice du 11 novembre 1918 la rendit inutile.



drapeau d'état et pavillon de marine de Cuba - page extraite du livre en anglais
 "Drawings of the flags in use at the present time by various nations" (Londres-1916)
drapeau d'état du Panama - fragment d'une page extraite du livre en anglais
 "Drawings of the flags in use at the present time by various nations" (Londres-1916)
carte postale patriotique américaine avec les drapeaux et les fleurs nationales de quelques-uns des alliés y compris un des derniers en date : Cuba.
carte postale patriotique américaine "United for Victory" avec aigle américain
 posé sur un bouclier aux couleurs du drapeau américain et une
 farandole de drapeaux alliés dont ceux de Cuba et Panama tout en bas à gauche
A noter : le drapeau du Portugal (sous le drapeau américain) qui est erroné , c'est celui
de l'ancien royaume qui a été aboli en 1910 et remplacé par la République.




                    Herald Dick

dimanche 15 janvier 2017

Les blasons des métiers et corporations #09 - Wiener Gewerbewappen - les blasons des Guildes de marchands à Vienne en Autriche (III)

ancienne enseigne de boutique de boucher en Autriche
avec les armoiries impériales (fin XIXe - début XXe s.)
  R 󠀡etour sur le sujet que j'avais débuté il y a plusieurs mois, en poursuivant la découverte d'une héraldique très spécifique : celle des Guildes de métiers, artisans et marchands qui avaient une activité dans la capitale autrichienne Vienne aux alentours de l'année 1900.  Ces délicieuses images d'un autre temps, sont l’œuvre du peintre héraldiste autrichien Hugo Gerard Ströhl (1851 – 1919), sans doute l'un des plus grands parmi les artistes que l'on connaisse, tous pays confondus, dans cet art. Mais je vous ai déjà expliqué tout cela dans le premier volet (voir → ICI).

  En marge de l'héraldique, nous allons aussi apprendre davantage de l'onomastique, une branche de l'étymologie qui nous donne en particulier la provenance de nombreux noms de famille d'origine germanique, mais qui ont essaimé dans le monde entier.
  Voici donc 14 nouveaux métiers : ils sont toujours d'actualité, surtout ceux qui touchent à l'alimentation et à l'artisanat. D'autres ont évolué avec l'industrialisation, la mécanisation et les avancées technologiques, mais aucun n'a réellement disparu.



Fleishhauer   -  Bouchers


• le mot "Fleishhauer" qui veut dire littéralement "tailleur de viande", est spécifique à l’Autriche. Les allemands disent plutôt "Metzger", "Schlächter" ou "Fleischer". Et ce sont aussi des patronymes assez courants dans les familles d'origine germanique.



• L'écusson en chef surmontant le rencontre de bœuf est aux armes de la ville de Vienne : "de gueules à la croix d'argent"

Drechsler  -   Tourneurs sur bois

• Le tournage est une discipline du travail du bois permettant de fabriquer des objets en rotation sur l'axe d'un tour, avec des outils de coupe. Toutes les formes sont possibles en agissant sur la distance entre la surface travaillée et l'axe de rotation du tour.  
  Les tourneurs ont normalement un saint patron propre à leur métier : saint Érasme aussi appelé saint Elme. Mais sur notre blason, c'est saint Joseph qui est représenté, qui est lui le patron des menuisiers et des charpentiers.
Il est auréolé d'un triangle d'or symbolisant la Trinité et tient dans ses mains des symboles de pouvoir : un sceptre (en bois tourné) et un globe d'azur (lui aussi objet tourné) surmonté d'un compas de calibrage. Dans la pointe de l'écu sous la nuée d'argent sont disposés deux outils pour le travail du bois : une gouge et un bédane .


Kaffeesieder  -  Torréfacteurs, cafetiers

• Ce sont les armées ottomanes qui ont amené, de façon accidentelle, le café à Vienne à la fin du XVIIe siècle, qui en a fait par la suite sa spécialité gastronomique. C'est pour cette raison, comme une forme d'hommage à postériori, que nous voyons un marchand turc en costume traditionnel sur ce blason.
  Lors du second siège de Vienne, en 1683, les Turcs furent vaincus. A cette occasion, les vainqueurs mirent la main sur un immense butin abandonné par l'armée turque et notamment un énorme stock de café. Les viennois reçurent l'autorisation de le réutiliser et apprendront à servir ce précieux breuvage qui était pratiquement inconnu dans le pays, à l'époque.
  Vienne, à partir de cet évènement historique, développera par la suite sa spécialité du "café viennois" popularisée notamment par ses maisons de café plus nombreuses et réputées que celles des autres villes européennes. Des améliorations du goût, de la boisson originelle du café noir, la "potion des Turcs", par l'ajout de miel et de crème feront sa notoriété pour les palais européens, accompagné par les fameuses viennoiseries, autres spécialités gastronomique de la ville.



Korbflechter  -  Vanniers



• Un vannier est un artisan chargé de confectionner des objets décoratifs ou utilitaires (corbeilles, paniers, malles, etc...) à l'aide de tiges fines et flexibles. Sont utilisés le rotin, l'osier, la paille tressée, le raphia, les roseaux, les baguettes de bois ... préalablement choisies en fonction de l'effet recherché. Pour ce faire, il met en œuvre les techniques spécifiques au travail des fibres végétales (nœuds, tresses, entrelacs...).




Modistinnen und Modisten  -  Chapeliers-Modistes
 

• Les autrichiens ont deux mots pour désigner la même profession, liée à la création de beaux chapeaux sophistiqués pour les dames.


• Le magnifique chapeau à fleurs et à plumes typiquement "Belle époque" est soutenu par un putto (pluriels : des putti), c'est-à-dire un angelot nu muni d'ailes de papillon.





Schlosser  -  Serruriers


• Si le griffon et le lion d'or soutiennent bien des articles incontournables de la serrurerie : serrures et clés en sautoir, les autres figures se rapportent elles à d'autres métiers ou d'autres activités :
- en chef : trois clous à tête conique ;
- entre les anneaux des clés, on trouve un éperon avec sa molette, pour les cavaliers;
- et en pointe : un cric à crémaillère pour soulever les voitures à cheval et autres chariots afin de démonter les roues.






Gremium  -  Comité, guilde
der  -  de la
Wiener Kaufmannschaft  -  Corporation des Marchands de Vienne

• Le commerce est ici symbolisé par les attributs de Mercure/Hermès, le dieu du commerce dans la mythologie gréco-romaine : le pétase, son chapeau rond ailé et le caducée qu'il tenait à la main. A ces deux figures est rajoutée une ancre en sautoir pour illustrer le commerce naval, sur le Danube, naturellement.






Siebmacher  -  Fabricants de tamis
u. (und)  -  et
Gitterstricker  -  Fabricants de grilles à tamis.


• pour l'anecdote, Siebmacher (prénom : Johann) est le nom d'un grand artiste héraldiste allemand de la fin du XVIe /début XVIIe siècle, auteur du génial "Siebmachers Wappenbuch", en fait plusieurs éditions d'un manuscrit illustré d'armoiries, qui est un des plus célèbres armoriaux pour cette période dans le monde de l'héraldique européenne.






Bäcker  -  Boulangers


• On aura reconnu les fameux bretzels, ces pains briochés enroulés en forme de nœuds.
Sucrés parfois, mais le plus souvent salés, ils sont un des symboles traditionnels anciens de la culture germanique dans sa globalité, et désormais mondialement connus.



Bürsten- (-macher)   -   Fabricants de brosses
und  -  et
Pinselmacher  -  Fabricants de pinceaux








Klavier- (-bauer)   -   Facteurs de pianos
und  -  et
Orgelbauer  -  Facteurs d'orgues









Land- (-lohnfuhrwerker)  -   Charretiers, voituriers des services régionaux
und  -  et
Stadtlohnfuhrwerker  -  Charretiers, voituriers des services de la ville.


• Il s'agissait des services publics de transports de voyageurs mais aussi de marchandises ou de matériaux, utilisant des voitures ou chariots à traction animale.

Seiden- (-färber)   -   Teinturiers de la soie
Schön- (-färber)   -   Teinturiers pour tissus fins.
und  -  et
Schwarzfärber  -  Teinturiers du noir

 • Parmi la corporation des teinturiers, il existait à Vienne différentes spécialités avec leurs particularités. En effet chaque catégorie avait sa technique à part (et ses petits secrets de chimistes).
 Certains étaient spécialisés dans les tissus et fibres précieux comme les fils de soie. D'autres utilisaient des pigments très chers, comme l'indigo.
Les tissus de couleur noire parfaite demandaient une technique particulière, notamment avec les extraits de myrtilles des marais.

• Le chef est aux armes de la ville de Vienne: "de gueules à la croix d'argent".




Gremium  -  Comité, guilde
der  -  de la
Konzess. (-ion)   -   Concession
Informationsbureaus   -    Bureaux de renseignements (détectives)


• Les éléments des armoiries montrent un carnet de notes, une loupe, un pendule, surmontés d'un œil entouré de rayons d'or, symbolisant la vigilance.
















A bientôt pour une nouvelle série de métiers .... → ICI

et pour revoir le précédent épisode (II), c'est.... → ICI

Et je vous recommande aussi de visiter les magnifiques chromos allemandes, sur les métiers avec leurs blasons de corporation, rassemblées par mes amis du site "Noblesse et art de l'Écu " → ICI


Crédits :
- la totalité des images héraldiques sont visibles sur le site autrichien : oktogon.at
- l'image du début vient du site de vente : jagd-tracht-antik.at/




                           Herald Dick
.
               Wappen Heraldik

lundi 21 novembre 2016

Histoire parallèle : 21 novembre 1916-2016 -
centenaire du décès de l'empereur François-Joseph d'Autriche-Hongrie

  Nous revenons un moment sur le calendrier de la Première Guerre mondiale avec la commémoration d'une mort particulière, non pas sur les champs de batailles, comme c'était le sort, malheureusement, de dizaines de milliers d'hommes au même moment, et parmi eux ceux qui se battaient pour défendre son trône. Il figure en tête des principaux responsables de cette gigantesque tuerie mondiale. Mais lui est décédé, dans son lit, à l'âge respectable de 86 ans, entouré des siens et dans son palais impérial de rêve, à Schönbrunn. Ce vieil homme au visage sympathique et débonnaire de gentil papy qu'on imagine faisant sauter ses petits-enfants sur ses genoux, avec ses énormes favoris et moustaches blanches, est aussi connu mondialement pour ses amours cinématographiques avec Elisabeth, princesse de Bavière, plus connue sous le surnom de "Sissi, Impératrice".

Petites armoiries de la maison de Habsbourg-Lorraine
dynastie à laquelle appartenaient les souverains
 d'Autriche puis d'Autriche-Hongrie depuis 1718.
"Tiercé en pal : de Habsbourg, d'Autriche et de
Lorraine" . Collier de l'Ordre de la Toison d'or.
Bien évidemment, la maison ancienne des Habsbourg
(d'or au lion de gueules, armé, lampassé et couronné
 d'azur) régnait elle auparavant sur le duché
d'Autriche depuis bien plus longtemps : 1218.  
François Joseph Ier - portrait conservé à la Bibliothèque
Nationale de France N-3 - Paris
Timbre commémoratif émis par la poste autrichienne en 2016,
pour le centenaire de la mort de  Kaiser Franz Joseph I.
reprenant le design d'un timbre de 1908 (voir plus bas)












 

 

 

 

François - Joseph Ier d'Autriche

(• Vienne; 1830 - † Vienne 1916)


François Joseph Charles de Habsbourg-Lorraine (Franz Joseph I. von Habsburg-Lothringen)
•  né  le 18 août 1830, à Vienne, dans le palais de Schönbrunn
•  mort le 21 novembre 1916 dans les mêmes lieux
•  Empereur d'Autriche, roi de Bohême, (de 1848 à 1916)
•  Roi de Hongrie et de Croatie (de 1867 à 1916)
•  Roi de Lombardie-Vénétie (de 1848 à 1866)
•  époux de Élisabeth Amélie Eugénie de Wittelsbach, duchesse en Bavière, surnommée "Sissi" (1837-1898).
grandes armoiries de l'Empereur François-Joseph Ier - dessinées par l'artiste héraldiste Hugo Gerard Ströhl - pour son armorial : "Oesterreichisch-Ungarische Wappenrolle" (1890)

portrait de l'empereur François-Joseph en 1873 par le
peintre autrichien Georg Raab (1821-1885)
portrait d'Elisabeth (Sissi) impératrice, en 1873,
 par le peintre autrichien Georg Raab (1821-1885)


















grandes armoiries de l'Impératrice Elisabeth de Wittelsbach - l'aigle impériale est chargée sur le cœur d'un écusson parti aux armes de Habsbourg-Lorraine et de Bavière (Wittelsbach) - réalisées par Hugo Gerard Ströhl - "Österreichisch-Ungarische Wappenrolle" (1890)

  François-Joseph n’est pas de ceux qui suscitent aisément l’enthousiasme populaire. Il était certes doué d’un physique agréable et il fut, dans sa jeunesse, un séduisant cavalier. Il ne brilla pourtant ni par ses qualités intellectuelles ni par ses dons ou sa curiosité artistiques.

médaille commémorative du mariage de François-Joseph et d'Élisabeth (1854)
  La grandeur du personnage est ailleurs : ce fut un homme de devoir, qui se considérait comme le premier serviteur de l’État et de la dynastie. Dans l’adversité, il sut montrer un courage digne d’un stoïcien. Or, sa vie privée fut une succession de tragédies : en 1867, son frère cadet, l’archiduc Maximilien, qui s’était embarqué dans l’aventure mexicaine, est fusillé par les partisans de Benito Juárez García à Querétaro ; en 1889, son fils unique, l’archiduc Rodolphe, se donnait la mort à Mayerling, dans des conditions encore mal élucidées ; en 1898, son épouse, l’impératrice Élisabeth, était assassinée par un anarchiste, à Genève ; enfin, le 28 juin 1914, son neveu, l’archiduc héritier François-Ferdinand, tombait sous les balles d’un nationaliste serbe à Sarajevo.
timbre autrichien représentant François-Joseph en 1848
émis pour son jubilé en 1908
timbre autrichien d'usage courant émis en 1858
avec le profil de François-Joseph

  L’empereur François-Joseph avait adopté un style de vie austère. Levé tôt, à 4 h du matin, il donnait sa première audience à 5 h 30 et consacrait une bonne partie de sa journée à lire et annoter des rapports. Comme Joseph II, il couchait toujours sur un lit de camp, même au milieu des fastes de Schönbrunn, dont il fit sa résidence de prédilection vers la fin de sa vie. Il était généralement vêtu d’un uniforme très simple et il eut trop souvent le comportement d’un officier de troupe. Sa ponctualité, son application lui tenaient lieu de génie.
 Château de Schönbrunn, Vienne - Autriche - construit entre 1696 et 1699, sur le modèle de Versailles
   François-Joseph demeura pendant près de soixante-dix ans (1848-1916) à la tête de la monarchie autrichienne, dans un poste qui était beaucoup plus difficile que celui de n’importe quel souverain constitutionnel de l’époque, car, en Autriche, l’empereur demeurait la clé de voûte de l’État et de la société. État multinational, l’Autriche n’existait depuis le XVIe s. que par la fidélité au souverain, l’attachement au catholicisme romain, l’armée et la bureaucratie — valeurs éminemment contestées dans l’Europe libérale du XIXe s. Or, il faut bien avouer que François-Joseph fut rarement à la hauteur des circonstances lorsqu’il eut à prendre des décisions importantes.
“Kaiser Franz Josef I. und Kaiserin Elisabeth von Österreich. Ein Jubiläumsblatt” (l'Emprereur François-Joseph Ier et l'Impératrice Élisabeth d'Autriche - feuillet d'anniversaire) -  gravure sur bois coloriée, signée  R. Schmidt -
journal illustré en allemand : "Über Land und Meer, 31. Jg, 1888/89, Nr. 9."
  Mais il avait des qualités humaines qui allaient droit au cœur de ses sujets. D’abord, sa bonhomie plaisait. Comme tous les Autrichiens, l’empereur aimait la chasse et la vie en plein air. Il passait une partie de l’été à Bad Ischl, en Haute-Autriche, où il habitait une villa sans prétention, s’habillant en costume régional, passant de longues journées dans la montagne, seul ou en compagnie de ses gardes-chasse. En revanche, François-Joseph veillait à maintenir à la Cour une vie mondaine brillante et il avait lui-même un sens trop aigu de sa dignité pour ne pas demeurer attaché à une étiquette stricte et à des cérémonies grandioses dont le faste éblouissait les Viennois.

  D’autre part, l’empereur était populaire auprès d’une grande partie de ses sujets parce qu’on le savait sincèrement attaché à la religion catholique. Il respecta certes les minorités religieuses établies dans l’Empire, et il n’eut jamais l’intention de revenir sur la législation de Joseph II en la matière. Il fut en particulier très bienveillant à l’égard des juifs, qui surent apprécier sa générosité. Mais il était, quant à lui, fervent catholique. Sa vie privée était en accord avec ses principes, et personne, en Autriche, n’a vu dans ses relations avec Mme Schratt quoi que ce soit de scandaleux ; ce serait un contresens d’y voir une liaison ; Katharina Schratt (1855-1940), actrice célèbre du Burgtheater (la première scène dramatique de la capitale), jouait le rôle d’une dame de compagnie auprès d’un homme âgé qui se sentait terriblement seul.
"petites" armoiries de l’Empire Austro-hongrois en 1867, avec écu d'armoiries des Habsbourg-Lorraine sur le cœur de l'aigle, chargé de 11 blasons représentant les provinces austro-hongroises disposés en orle  : en partant du haut à gauche :
1/ Hongrie - 2/ Galicie - 3/Basse-Autriche - 4/Salzbourg  -  5/Styrie -  6/Tyrol - 7/Carinthie et Carniole - 8/Moravie et Silésie - 9/Transylvanie - 10/Illyrie - 11/Bohême  - dessinées par Hugo Gerard Ströhl - "Österreichisch-Ungarische Wappenrolle" (1890)

  Mais, si l’homme privé était irréprochable, il faut bien avouer que l’empereur n’avait pas l’envergure d’un homme d’État. À force de médiocrité laborieuse, il ne fut jamais que le premier bureaucrate de son empire. Monté sur le trône dans des circonstances difficiles, il fut toujours profondément conservateur et se méfia, toute sa vie durant, du libéralisme bourgeois. On sait qu’il fut choisi, en 1848, par l’aristocratie conservatrice, qui, avec le concours de l’armée, avait peu à peu rétabli l’ordre en Bohême, en Italie et à Vienne. Félix von Schwarzenberg (1800-1852), chef du gouvernement, avait en effet « conseillé » à l’empereur Ferdinand Ier le Débonnaire d’abdiquer en faveur de son neveu François-Joseph, dont le père, l’archiduc François-Charles, fut ainsi évincé de la succession.

Au début de son règne, le jeune souverain (il avait dix-huit ans en 1848) fut soumis à l’influence de sa mère, l’archiduchesse Sophie, et de son président du Conseil, le prince Schwarzenberg, qui l’engagèrent dans une politique résolument néo-absolutiste. Après les défaites en Italie (1859) et devant la Prusse (1866), il dut procéder à des révisions déchirantes, sans se rallier véritablement à des solutions libérales.
timbre autrichien représentant François-Joseph en 1878
émis pour son jubilé en 1908
timbre autrichien d'usage courant émis en 1899
avec le profil de François-Joseph

Il était convaincu que les seuls liens unissant les différentes nationalités de la monarchie demeuraient la dynastie et l’armée, dans la mesure où cette dernière était attachée à la maison d’Autriche en général et à son chef en particulier. Pourtant, sa devise Viribus unitis montre qu’il ne refusait pas d’associer ses peuples au gouvernement. Jusqu’à la fin de sa vie, il collabora loyalement avec un Parlement élu d’abord au suffrage censitaire, puis, après 1907, au suffrage universel. Mais, du moins en Cisleithanie (partie non hongroise de l’Empire après 1867), aucun président du Conseil n’était une émanation pure et simple du Conseil d’Empire, car il était nommé par l’empereur, dont il avait la confiance, ce qui ne l’empêchait pas d’avoir une majorité au Parlement. En Hongrie, après le compromis de 1867, la vie parlementaire était beaucoup plus active, et le président du Conseil était vraiment l’élu de la majorité. François-Joseph n’est intervenu qu’une fois, en 1905 ; lorsqu’il crut l’unité de la monarchie compromise, il nomma un soldat, le baron Géza Fejérváry (1833-1914), président du Conseil, contre la volonté des Hongrois. Ce cabinet démissionna d’ailleurs l’année suivante.
pièce en or de 10 couronnes,  date 1898 - portrait en pied de François-Joseph comme roi de Hongrie et armoiries de Hongrie
pièce en or de 20 couronnes,  date 1900 - profil de l'empereur François-Joseph et armoiries d'Autriche
carte postale autrichienne vers 1900  avec le portrait de l'empereur François-Joseph encadré par les armoiries d'Autriche à gauche
 et de Hongrie à droite et les blasons de 19 provinces d'Autriche-Hongrie : de gauche à droite et de haut en bas :
1/Carinthie - 2/Vorarlberg - 3/Silésie - 4/Basse-Autriche - 5/Haute-Autriche - 6/Galicie - 7/Dalmatie - 8/Moravie
9/Trieste -   10/Transylvanie  -  11/Carniole  -   ⎕   -   12/Bucovine   -  13/Croatie  -   14/Tyrol
     15/ Styrie    -                   AUTRICHE - ⎕ - HONGRIE                  -          16/Istrie
               17/Salzbourg     -          18/Görz et Gradiska             -            19/Bohême

cette carte vous permettra de situer les différentes provinces et leur capitales,
 avec leur noms allemands d'époque - cliquer sur l'image pour l'agrandir
La dynastie, l’État, l’armée, telles étaient les valeurs fondamentales sur lesquelles il croyait devoir s’appuyer. Mais, dans la question des nationalités, il n’était pas, semble-t-il, vraiment impartial, contrairement à l’attitude adoptée par les Habsbourg jusqu’à Marie-Thérèse. Il se considérait avant tout comme un prince allemand et il avait surtout confiance dans les cadres allemands de l’armée et de l’administration. Après 1870, il ajourna toute réforme sérieuse des structures de la monarchie plutôt que de faire tort à l’élément germanique. Pendant près d’un demi-siècle, sa politique semble avoir consisté à maintenir ce qui existait, par peur du changement, à une époque où des réformes imposées d’en haut auraient pu donner satisfaction aux nationalités et sauver l’État multinational.
timbre autrichien représentant François-Joseph
émis pour son jubilé en 1908
timbre autrichien représentant François-Joseph
émis pour son jubilé en 1908, modèle de celui de 2016 

D’autre part, il est certain que François-Joseph porte une très lourde responsabilité dans le déclenchement de la Première Guerre mondiale. Le 28 juillet 1914, c'est  le drame : l'assassinat à Sarajevo, de son neveu et premier héritier par ordre successoral, l'archiduc François-Ferdinand et de sa femme Sophie. Il ne sait pas à ce moment que le pire est à venir. Il signe la déclaration de guerre à la Serbie, bien que conscient de l'engrenage des alliances qui va plonger l'Europe dans un conflit général de quatre longues années.

Au bout d'un an, comme la guerre s'enlise, l'empereur songe à une paix de compromis. Il craint avec raison que la poursuite du conflit ne soit fatale à l'Autriche-Hongrie. Le 9 octobre 1915, il délègue son petit-neveu et héritier, l'archiduc Charles, fils de l'archiduc Otto et neveu de feu François-Ferdinand, auprès du Kaiser allemand Guillaume II.

François-Joseph réalise à cette occasion que son allié n'est pas prêt le moins du monde à arrêter les hostilités. Son successeur, le jeune Charles Ier de Habsbourg-Lorraine, ne va pas mieux que lui réussir à restaurer la paix.
source texte :  www.larousse.fr/archives/grande-encyclopedie/

Charles Ier d'Autriche (1887-1922) est le successeur, à 29 ans de son
grand-oncle François-Joseph Ier. Il sera le dernier empereur d'Autriche
et le dernier roi apostolique de Hongrie, et ce jusqu'à ce jour.
Il régnera du 22 novembre 1916 au 12 novembre 1918.
portrait fait en 1917 par Theodor Mayerhofer (1855-1941)