lundi 31 mai 2021

Il Giro d'Italia 2021 - le Tour d'Italie en blasons :
résumé de la 3e semaine: du Trentin à travers l'Arc alpin vers l'arrivée finale à Milan

gonfanon de la ville de Trente,
capitale du Trentin-Haut-Adige
(sur le parcours de la 17e étape) 
gonfanon de la région italienne
 du Trentin-Haut-Adige 

🚲 Troisième et ultime rendez-vous sur mon blog (voir le précédent épisode → ICI), pour une illustration originale de cette épreuve cycliste de printemps. Durant la première semaine nous avons parcouru le pays du Nord-Ouest vers le Sud. Puis la deuxième semaine nous sommes reparti du Centre de l'Italie vers le Nord-Est.     

  Durant cette dernière semaine, nous nous fixerons dans le nord du pays, en parcourant l'Arc alpin, et la large plaine du Pô, d'est en ouest, avec une petite incursion en Suisse.


  Je vous propose donc de poursuivre virtuellement, par le biais de l'héraldique municipale, le parcours des coureurs, étape par étape, avec je l'espère de belles découvertes. Pour les amateurs de sport uniquement vous trouverez en bas de cette page des liens qui vous donneront les images et les classements de l'épreuve.

 Voici la carte générale du parcours de l'édition 2021:


 
🛡  Je vous propose maintenant la traditionnelle illustration héraldique des six dernières étapes.
  Cette année en raison de mon retard sur le déroulement de la course, j'ai choisi de réduire la présentation des armoiries aux seules villes ou communes de départ et d'arrivée de chaque étape.

17e étape - Mercredi 26 Mai 2021 :   Canazei      -     Sega di Ala
 

 
Canazei :
Région du Trentin-Haut-Adige - Province de Trente (ou Trentin).
○  Blason : " D'azur à la montagne d'argent, mouvant des flancs, à la crête abaissée à dextre, soutenue d'une champagne de sinople, et chargée d'un chamois arrêté de sable".
 Couronne murale et ornements extérieurs des communes italiennes.

🏔  Sega di Ala :
Région du Trentin-Haut-Adige - Province de Trente  - Commune de Ala .
• C'est un site naturel de prairies d'altitude situées à 1246 m, sur le versant escarpé de la vallée de Lagarina en partant vers le sud, depuis le village d'Ala vers le col du Passo delle Fittanze (1399 m), dans les Monts Lessini, et qui relie la région du Trentin à celle de la Vénétie.
 
Ala :
Région du Trentin-Haut-Adige - Province de Trente.
○  Blason : " D'azur au demi-vol étendu d'argent ".
Couronne et ornements extérieurs des villes italiennes.
• Inutile je pense, de vous indiquer qu'il s'agit d'armes parlantes !
 
 
 
  

18e étape - Jeudi 27 Mai 2021 :   Rovereto   -   Stradella
 

Rovereto :
Région du Trentin-Haut-Adige - Province de Trente.
○  Blason : " D'or au chêne arraché, fruité, au naturel, accosté des lettres majuscules de sable C et R.".
  Couronne et ornements des villes italiennes, portant une banderole entrelacée d'argent avec la devise en lettres romaines de sable: "MAGNO CVM ROBERVS QVERCVS INGENTES TENDET RAMOS"
•  La devise latine qui peut se traduire par "Le chêne répand ses grandes branches avec une grande vigueur", complète et donne un sens aux doubles armes parlantes du blason : le chêne (rovere en italien, y compris le terme en héraldique), qui est symbole de force : "robore" en latin. Le nom du lieu "Rovereto",  provient lui-même du toponyme romain: la forêt de chênes, en latin "roberetum".
 
 

 
 
 
Stradella :
Région de Lombardie - Province de Pavie.
○  Blason : "Écu elliptique d'azur à la croix d'argent". Support : parchemin d'argent.
Couronne et ornements extérieurs des villes italiennes.
 

 

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mardi 25 mai 2021

Il Giro d'Italia 2021 - le Tour d'Italie en blasons :
résumé de la 2e semaine: de l'Ombrie au centre vers les Dolomites au nord.

gonfanon de la ville de Pérouse
  capitale de l'Ombrie
gonfanon de la région italienne
 d'Ombrie
🚲 Deuxième rendez-vous sur mon blog (voir le précédent épisode → ICI), pour une illustration originale de cette épreuve cycliste de printemps. Durant la première semaine nous avons parcouru le pays du Nord-Ouest vers le Sud, enfin pas tout a fait à l'extrême sud, plutôt délaissé cette année, comme vous pouvez le vérifier sur la carte ci-dessous.

 Cette deuxième semaine nous ramène du Centre de l'Italie vers cette fois le Nord-Est du pays, retrouver les indispensables et magnifiques paysages des Dolomites.

   Je vous propose donc de poursuivre virtuellement, par le biais de l'héraldique municipale, le parcours des coureurs, étape par étape, avec je l'espère de belles découvertes. Pour les amateurs de sport uniquement vous trouverez en bas de cette page des liens qui vous donneront les images et les classements de l'épreuve.

 Voici la carte générale du parcours de l'édition 2021:


🛡  Je vous propose maintenant la traditionnelle illustration héraldique de six nouvelles étapes.
  Cette année en raison de mon retard sur le déroulement de la course, j'ai choisi de réduire la présentation des armoiries aux seules villes ou communes de départ et d'arrivée de chaque étape.

11e étape - Mercredi 19 Mai 2021 :
Perugia / Pérouse      -      Montalcino (tappa del vino di / étape du vignoble du 🍇 Brunello di Montalcino)
 

 
 
 
Perugia / Pérouse :
Région d'Ombrie - Province de Pérouse.
○  Blason : "De gueules au griffon d'argent, becqué, lampassé, armé et couronné à l'antique d'or ".
Couronne murale des villes italiennes.

 
 
Montalcino :
Région de Toscane - Province de Sienne.
○  Blason : "D'argent à la montagne "à l'italienne" de six coupeaux de gueules, sommée d'un arbre de sinople, fûté au naturel ".
Couronne murale et ornements extérieurs des communes italiennes.
 • Les "monts à l'italienne" sont une spécificité de l'héraldique italienne, mais qu'on peut trouver aussi dans d'autres pays. C'est quand une montagne est représentée de façon stylisée par la juxtaposition et parfois l'empilement de plusieurs petits monts de forme identique, oblongs, l'ensemble formant un bloc avec un sommet en pointe
 
 
 

12e étape - Jeudi 20 Mai 2021 :
   Siena / Sienne   -   Bagno di Romagna
 
Siena / Sienne :
Région de Toscane - Province de Sienne.
○  Blason : "Coupé d'argent et de sable ". Aucun ornement extérieur.
 • " La Balzana " est le nom de l’écu de Sienne que l’on trouve sur les façades des bâtiments publics de la ville. La commune y est symbolisée par deux couleurs, blanc et noir, en mémoire des deux chevaux sur lesquels les jumeaux légendaires, Sénus et Aschius, fils de Rémus, parvinrent à Sienne après avoir fuit Rome.
source texte : provincedesienne.com/2020/05/23/blason-du-capitaine-du-peuple/
• Les premiers témoignages de la Balzana sont datés entre 1262 et 1290, alors qu'il est mentionné dans le livre des Conciles de 1255; C'est donc à partir de la seconde moitié du XIIIe siècle que s'affirme le blason argent et noir comme symbole principal de la ville, probablement d'abord sur les bannières et seulement plus tard comme blason; cependant encore au quinzième siècle le carroccio portait une bannière complètement blanche. origine texte : it.wikipedia.org/wiki/Stemma_di_Siena
 

 
 
 
 
Bagno di Romagna :
Région d'Émilie-Romagne - Province de Forli-Cesena.
○  Blason : " D'argent à la tour carrée donjonnée, de gueules, maçonnée, ouverte et ajourée de sable, posée sur un mont de sinople mouvant de la pointe".
Couronne et ornements extérieurs des communes italiennes.
 
 
 
 
 

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mardi 18 mai 2021

Il Giro d'Italia 2021 - le Tour d'Italie en blasons :
résumé de la 1ère semaine: un Grand départ dans le Piémont puis en route vers l'Ombrie

gonfanon de la ville de Turin
  capitale du Piémont
gonfanon de la région italienne
 du Piémont
 🚲 Depuis l'ouverture de mon blog en juin 2011, j'ai pris l'habitude de vous faire découvrir l'héraldique civique du monde entier, de manière ludique, à travers certaines grandes épreuves sportives internationales en commençant par le cyclisme : le Tour de France, la Vuelta pour l'Espagne et le Giro pour l'Italie. Cette année les épreuves cyclistes reprennent leur cours à peu normalement, en dépit des aléas dus à la pandémie, avec la 104ᵉ édition du Giro d'Italia. La course se déroule (ou plutôt s'est déroulée) du 8 au 30 mai 2021.


  Cette année, c'est moi qui me suis fait piéger par les évènements de la vie, dont je vous épargnerai le récit. Je n'ai pas eu le temps matériel de préparer un beau sujet, complet et suffisamment illustré, synchronisé avec l'évènement, comme les années passées, j'en suis désolé. Mais qu'à cela ne tienne, il est encore temps de rattraper le temps perdu, avec un petit retour en arrière sur les 21 étapes de cette belle épreuve qui nous a fait voyager à travers ce pays magnifique qu'est l'Italie.  C'est bien sûr, au-delà du spectacle sportif, l'aspect de l'héraldique municipale qui nous intéresse en premier lieu.

Voici la carte générale du parcours de l'édition 2021:

 🛡  Je vous propose maintenant la traditionnelle illustration héraldique des neuf premières étapes.
  Cette année en raison de mon retard sur le déroulement de la course, j'ai choisi de réduire la présentation des armoiries aux seules villes ou communes de départ et d'arrivée de chaque étape.


1ère étape - Samedi 8 Mai 2021 :
Torino  -  Torino / Turin
(étape contre la montre individuel)
 

Torino / Turin :
Région du Piémont - Ville métropolitaine (ex-Province) de Turin.
○ Blason : "Écu en tiers-point d'azur au taureau furieux d'or, allumé de sable, accorné d'argent". Timbré d'une couronne comtale.

• nous avons un cas exemplaire d'armes parlantes : il toro = le taureau en italien.
• les italiens appellent cette forme de bouclier : "scudo svizzero", soit un "écu suisse".
• le premier blason de Turin apparait en 1360 sur le manuscrit "Codice della Catena ", durant le règne du Comte Amédée VI de Savoie, et montre un taureau de gueules sur fond d'argent. La forme actuelle date de 1928.
 .


2e étape - Dimanche 9 Mai 2021 : 
Stupinigi (Nichelino)   -   Novara / Novare
 
 
Stupinigi :
Région du Piémont - Ville métropolitaine (ex-Province) de Turin - Commune de Nichelino.
• Cette localité (frazione en italien) est surtout connue pour être le site du pavillon de chasse de Stupinigi (Palazzina di caccia di Stupinigi), construit pour le roi Victor-Amédée II de Savoie, chef-d'œuvre baroque de l'architecte Filippo Juvarra (1729-1733). Elle n'a pas d'armoiries spécifiques.
 
 Nichelino :
Région du Piémont - Ville métropolitaine (ex-Province) de Turin.
○  Blason : " D'or à trois hirondelles posées de sable, bien ordonnées: 2 et 1, becquées, allumées, membrées du champ; à la bordure d'azur. "
Couronne murale et ornements extérieurs des villes italiennes.

 
 
 
Novara / Novare :
Région du Piémont - Province de Novare.
○  Blason : " De gueules à la croix d'argent. "
Couronne murale et ornements extérieurs des villes italiennes.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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jeudi 6 mai 2021

l'Armorial de La Planche - 1669 - Gouvernement de Provence (additions) - les comtés d'Avignon, de Venaisse et la Principauté d'Orange

 S   uite de la visite d'un des plus anciens manuscrits répertoriant des armoiries de villes et de villages de France, dessinées à la plume et peintes à l'aquarelle, antérieur de trois décennies à l'Armorial Général de France de Charles d'Hozier ! Voir la description initiale : →

  Nous arrivons à la fin du "livre" (c'est l'appellation donnée à une section d'un manuscrit, qui est lui-même divisé en chapitres) consacré au Gouvernement de Provence. Dans les six précédents articles de mon blog, nous avons parcouru l'ensemble des 9 sénéchaussées composant cette région administrative de Provence durant l'Ancien régime, découpée par l'auteur du manuscrit en cinq chapitres.  Et voici que celui-ci nous propose pour terminer l'évocation de la Provence,  des "additions", selon ses propres termes, évoquant d'anciennes (très anciennes, car antérieures au XIIIe siècle) dépendances de la Provence (Comté ou Marquisat ).  Il s'agit de trois territoires souverains à l'époque:  la ville-état d'Avignon, ex-cité des Papes, le Comtat Venaissin et la Principauté d'Orange, les premiers sont des possessions des États pontificaux de l'Église, et le dernier, un micro-état indépendant appartenant à la puissante maison princière d'Orange régnant aux Pays-Bas et même un temps sur le Royaume-Uni.
   Mais voilà, depuis longtemps, les rois de France successifs ont convoité ces terres enclavées dans le royaume, entre Languedoc, Dauphiné et Provence. Et notre cher roi Soleil Louis XIV, en conquérant insatiable, les a même fait occuper plusieurs fois par ses troupes (en 1663, 1668, 1673, 1679, 1687-1688, 1690 et 1697), sous divers prétextes, en vue de les soumettre et les annexer au royaume, mais finalement sans succès. Les adversaires: la Papauté ou les Princes d'Orange ont obtenu gain de cause dans les traités internationaux, et ainsi pu garder pour un moment encore, leurs précieuses possessions. Malgré cela, Pierre de La Planche a voulu honorer son roi, et s’est avancé politiquement, en considérant que ces petits pays étaient quasiment français, au moins de cœur ou de tradition. Il suffit de lire comment il les décrit dans le préambule du chapitre "additionnel", ci-dessous.  Tout cela fait de cet article une curiosité historique et géopolitique intéressante sur cette période, pour les amateurs d'achéo-héraldique territoriale et les historiens. C'est un peu comme à notre époque, avec la Russie de Poutine quand elle a annexé la Crimée en 2014.

    Revenir à l'épisode précédent →


   Voici l'extrait d'une carte datant de la fin du XVIIIe s. , donc postérieure d'un siècle, mais sur laquelle j'ai reconstitué les limites administratives de notre région :

 Vous pouvez cliquer sur toutes les images pour les agrandir 
 










 Les fragments de manuscrit proviennent à nouveau du Volume II de l'armorial de La Planche.
Mais cette fois, à la différence de tous les autres précédents chapitres: je ne pourrais mettre aucun extrait équivalent provenant de l'Armorial Général de France (1696-1711), établi par Charles-René d'Hozier, pour enrichir l'étude. Car, en effet, à cette époque, comme je l'ai déjà mentionné plus haut : ces territoires (la ville-état d'Avignon, le Comtat Venaissin et la Principauté d'Orange) n'étaient pas français. Le recensement des armoiries s'y rapportant et surtout, le prélèvement de la contribution fiscale pour le compte des finances du royaume de France auraient de fait été illégaux. 
 
    Pendant l'Ancien Régime, le Comtat Venaissin appartint au Saint-Siège (depuis le traité de Paris de 1229), tout comme Avignon (depuis son achat à Jeanne Ière d'Anjou, reine de Naples et comtesse de Provence, en 1348). La principauté d'Orange était indépendante jusqu'à son annexion au Dauphiné en 1731. Sault, Apt, Pertuis, étaient, nous l'avons vu dans les chapitres précédents, en Provence, tout comme Mondragon.
   Avec la création des départements français, sous la Révolution, en 1790, Orange, Apt, Pertuis et Mondragon sont réunis au département des Bouches-du-Rhône, alors que le district de Carpentras, dit de l'Ouvèze, est rattaché à la Drôme.
   Le 25 juin 1793, le département de Vaucluse est créé, et regroupe désormais les districts d'Avignon, de Carpentras, Orange et Apt. source texte : jean.gallian.free.fr/comm2/villes/vaucluse.html

Avignon (Vaucluse)
   
  Les armoiries d'Avignon ont été adoptées en 1348, après que le pape Clément VI ait acheté la cité à Jeanne d'Anjou, reine de Naples. Les trois clefs évoquent l'emblème de la Papauté, qui comprend deux clefs passées en sautoir, et le nombre de trois rappelle que la ville d'Avignon était alors gouvernée par trois syndics ou consuls.
   Les premiers symboles municipaux remontent au XIIe siècle et aux sceaux utilisés par la chancellerie épiscopale. Ceux-ci présentaient d'un côté la figure de l'évêque d'Avignon, et de l'autre celle du saint empereur romain. La figure de l'empereur fut remplacée au XIIIe siècle par une aigle, emblème du Saint-Empire romain germanique. Les consuls de la ville étaient moins favorables à l'Empire que les autorités religieuses, et ils utilisèrent plutôt l'image du faucon gerfaut, moins agressive. Au XVe siècle, des gerfauts furent réintroduits en tant que supports à l'écu, sur demande de la population auprès du pape. source texte : fr.wikipedia.org/wiki/Avignon#Symboles_de_la_ville

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dimanche 25 avril 2021

Philatélie - avril 2021 (archives des nouveautés - année 2020 #5)

 📯  Nouvelle synthèse à propos des thèmes associés de l'héraldique et de la philatélie: voici un récapitulatif, que je ne prétend pas être exhaustif, des tous derniers timbres et autres produits philatéliques parus ou signalés à la fin de l'année 2020,  une année décidément très riche et  très prolifique, concernant divers thèmes et tous pays confondus.

 
Azerbaïdjan : timbre isolé + bloc commémoratif du 25e anniversaire de l'adoption de la Constitution : emblème national - carte et drapeau

Russie : feuillet spécial Nouvel An 2021 - réédition d'un feuillet de 2008 avec nouvelle valeur surchargée -
la tour Spasskaïa du Kremlin et détail armoiries de la Russie ci-dessous
Fédération de Russie

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jeudi 15 avril 2021

l'Armorial de La Planche - 1669 - Gouvernement de Provence - Sénéchaussée d'Arles

 S   uite de la visite d'un des plus anciens manuscrits répertoriant des armoiries de villes et de villages de France, dessinées à la plume et peintes à l'aquarelle, antérieur de trois décennies à l'Armorial Général de France de Charles d'Hozier ! Voir la description initiale : →

  Nous poursuivons avec la découverte du "livre" (c'est l'appellation donnée à une section d'un manuscrit, qui est lui-même divisé en chapitres) consacré au Gouvernement de Provence. Après les premiers chapitres consacrés aux sénéchaussées d'Aix, de Brignoles, de Marseille, de Toulon, de Draguignan, de Grasse, de Digne et de Forcalquier,  nous bouclons le tour de l'ancienne province de Provence avec une dernière sénéchaussée, celle d'Arles.    Ce territoire, spécifique au découpage administratif de l'Ancien régime, abrogé sous la Révolution, correspond à la partie ouest du département actuel des Bouches-du-Rhône, formé lui en 1790. Il est délimité à l'ouest par le Rhône et la Camargue, au sud par la côte méditerranéenne au nord par la Durance, et à l'est par le pays de Salon et l'étang de Berre. À cette zone géographique bien groupée et cohérente, l'auteur du manuscrit a rajouté en fin de chapitre deux enclaves extérieures (ce sont donc en fait des exclaves), rattachées jadis à l'ancien comté de Provence et placées sous la juridiction de la ville d'Arles: ce sont les petits territoires de Mondragon (dans l'actuel Vaucluse) et de Grignan (dans l'actuelle Drôme), deux cités castrales logées plus au nord, coincées entre le Languedoc et le Rhône, le Comtat Venaissin, la Principauté d'Orange et le Dauphiné.  
Voici donc le cinquième chapitre :

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 Voici l'extrait d'une carte datant de la fin du XVIIIe s. , donc postérieure d'un siècle, mais sur laquelle j'ai reconstitué les limites administratives de notre région :

 Vous pouvez cliquer sur toutes les images pour les agrandir :



 

 

 

 

 

  Les fragments de manuscrits proviennent à nouveau du Volume II. Pour enrichir l'étude, j'ai mis en bonus l'extrait équivalent dans l'Armorial Général de France* (1696-1711), établi par Charles-René d'Hozier, et comme auparavant, j'ai placé le blason actuel en-dessous, pour comparer les différences ou au contraire la constance des figures dans le temps.

(*)  Armorial Général de France  -  volume XXIX  -  Provence 1ère partie  
       Armorial Général de France  -  volume XXX  -  Provence  2e partie  (BNF Paris)
 
 
 
Arles (Bouches -du- Rhône)

  Le blason actuel d’Arles se base sur l'interprétation de plusieurs références historiques, avec une figure principale initiale: le lion, telle que nous la voyons, seule, sur nos manuscrits, à laquelle s'est greffée bien plus tard, d'autres accessoires complémentaires évocateurs.
  Arles tire son nom et son origine de l'époque antique (Colonia Iulia Paterna Arelate Sextanorum). La ville connut une grande prospérité durant l'époque des Romains. César y implanta en 46 après JC les vétérans de ses légions : d'où l'évocation par l'étendard romain tenu par le lion. L'empereur Constantin fit d'Arles une des capitales de l'Empire romain (mention latine : CIVitas ARELatensis). C’est le premier âge d’or de la "petite Rome des Gaules" qui sera un grand centre religieux des premiers temps de la Chrétienté. De cette période, le blason de la ville a gardé le monogramme du Christ (PX) au sommet de la bannière (plus exactement nommée labarum) portée par le lion. Enfin, le lion d'Arles serait pour certains auteurs, une référence au lion de Saint Marc, emblème de la République de Venise avec laquelle la cité-état des XIIe/XIIIe siècles aurait été liée par un traité d'alliance. Mais cette hypothèse est invérifiable, faute de preuves documentaires tangibles.
   En vérité, la ville d'Arles, se dote d'armoiries vers les années 1180. Elles apparaissent sur les sceaux des Consuls du Vieux Bourg durant la période de la République d'Arles. Ces sceaux de plomb portaient d'un côté: la figure d'un lion passant contourné, queue passée entre les membres postérieurs et relevée, patte avant gauche relevée, et sur l'autre face : une muraille maçonnée et crénelée à trois tours, celle du milieu plus élevée, avec deux devises en latin inscrites en cercle.
  Par la suite, après le rattachement de la ville au Comté de Provence, en 1252, le lion arlésien a une représentation particulière: l'animal est assis avec la patte dextre (droite) levée et sa tête est vue de face. Il est souvent figuré d'or sur un écu d'argent (blanc), jusqu'au XVIIe siècle, ce qui est incorrect et rare selon l'usage héraldique, prohibant l'usage du "métal sur métal" ou de la "couleur sur couleur".  Nos deux manuscrits de la fin du XVIIe siècle montrent la correction faite, avec un lion d'or sur champ d'azur.
   Sous la Révolution, l'usage des armoiries est aboli. Mais peu de temps après, elle sont remises en vigueur durant le Premier Empire, et la municipalité d'Arles, en 1809 selon certaines sources, en 1813 selon d'autres, reçoit à sa demande, par lettres patentes de nouvelles armoiries dites "des villes de seconde classe" avec le lion assis d'or sur champs d'azur et  l'apparition de l'enseigne romaine (labarum) surmontée d'un chrisme et ornée des initiales « CIV-AREL » (CIVitas ARELatensis) tenue par la patte droite du lion. En 1816, avec la Restauration, les armoiries de l’Ancien régime sont rétablies, mais avec une fleur de lis d'or dans le canton supérieur dextre remplaçant le N majuscule et l'étoile d'or, symboles de l'Empire, et le labarum est supprimé. Durant la Monarchie de Juillet (1836) la ville choisit de revenir aux armoiries portées à l'époque napoléonienne, mais sans la marque des villes de seconde classe, le N majuscule et l'étoile. C'est le blason que nous connaissons aujourd'hui. sources infos : vexil.prov.free.fr/pays d'arles/pays d'Arles.html et www.patrimoine.ville-arles.fr/images/document/lion-arles-archives.pdf

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