vendredi 14 décembre 2018

Top 10 des plus grandes villes d'Irlande avec leurs blasons

Voici un nouveau volet à cette série consacrée à la découverte de l’héraldique civique, à travers divers pays du Monde. Le principe du "Top xx" très répandu dans les médias et sur Internet, pour recenser ce qui est le plus remarquable dans un domaine particulier est ici adapté à cette thématique. Il nous permettra de découvrir ou réviser la géographie d'un pays choisi de manière aléatoire et dans le même temps de s'intéresser à sa diversité en matière de blasons et emblèmes municipaux.

  Nous revenons en Europe, à la rencontre d'un nouveau pays, membre de l'Union européenne : la République d'Irlande (Éire en irlandais) .



  Voici donc les 10 plus grandes villes en terme de population "intra-muros", donc indépendamment des agglomérations, des aires urbaines (chiffres : 2016). 
  Le nom de ces villes est écrit successivement en anglais et en irlandais (la langue gaélique d'Irlande).




1 - DUBLIN  /  Baile Átha Cliath

capitale de la République d'Irlande et de la province traditionnelle de Leinster  -  553 165 habitants

ancienneté des armoiries :  XIIIe siècle (sceau),  officialisées en 1607



2 - CORK  /  Corcaigh

ville principale de la province de Munster et capitale du Comté de Cork   -  125 650 habitants



ancienneté des armoiries : sceaux, voir en bas de page
officialisées en 1949.



3 - GALWAY  /  Gaillimh

ville principale de la province de Connacht et capitale du Comté de Galway   -  79 500 habitants




cliquer sur le lien ci-dessous pour lire la suite :

jeudi 6 décembre 2018

L'héraldique et l'image des marques #03 : un coutelier savoyard, une star du rock anglais et le directeur général des colonies hollandaises

  J e vous propose d'ouvrir un nouveau volet à ce thème que j'avais débuté il y a deux ans déjà et où je détaillais l'idée de départ (voir ici → ). Il concerne ces innombrables symboles graphiques qu'on appelle logotypes, en abrégé: "logos", qu' on observe autour de nous sur toute sorte d'objets de la vie courante, et sur tous supports physiques ou virtuels.
Ils permettent d'identifier visuellement, de façon immédiate une entreprise, une marque commerciale, une association, une institution, un produit, un service, un événement ou toute autre sorte d'organisations, dans le but de se faire connaître et reconnaître des publics et des marchés auquel il s'adresse et de se différencier des autres entités d'un même secteur.
   • Quelques-uns de ces logos, que parfois on regarde sans les analyser vraiment, sont composés partiellement ou totalement à partir d'écus d'armes ou d'armoiries. Ils attestent ainsi d'une certaine façon la filiation que certains spécialistes, héraldistes ou graphistes, leur confèrent: le logo est ou serait le prolongement moderne du blason, dépouillé de ses règles ancestrales, rigides et compliquées et abandonnant son langage ésotérique.  Le plus souvent, pour ces logos issus de blasons, ceux-ci sont remodelés à la sauce des artistes graphistes et des designers qui en extraient l'ADN de héraldique pour le transposer dans le registre du branding et du marketing qui lui aussi a ses règles : la charte graphique de l'entreprise ou de l'organisme. Beaucoup d'entre eux ont néanmoins une réelle origine historique liée à l'héraldique, parfois oubliée. Je vais tenter de vous la révéler. En voici quelques nouveaux exemples très hétéroclites, puisés dans notre environnement quotidien ou dans notre culture générale.



• Voici d'abord un premier petit symbole d'origine héraldique, que tout le monde connaît, mais sans y prêter vraiment attention. Il nous raconte pourtant le fabuleux destin d'un couteau savoyard inventé par Joseph Opinel en 1890, devenu objet de notre quotidien, et aujourd'hui élevé au rang d'icône du design mondial.









En 1565 le roi de France Charles IX ordonne que chaque maître coutelier appose un emblème sur ses fabrications pour en garantir l’origine et la qualité. En 1909, respectant cette tradition, Joseph Opinel choisit pour emblème La Main Couronnée. La main bénissante est celle de Saint Jean-Baptiste figurant sur les armoiries de Saint-Jean-de-Maurienne (voir à droite), la ville la plus proche d’Albiez-le-Vieux, berceau de la famille Opinel. Joseph Opinel ajoute une couronne pour rappeler que la Savoie était un duché. Depuis, toutes les lames des couteaux et outils Opinel sont poinçonnées de La Main Couronnée.
ancienne "réclame", début XXe siècle  (site officiel de la marque → 🗡)
• L'Opinel est fabriqué en Savoie depuis les années 1890 jusqu'en 1916 dans le lieu-dit de Gevoudaz (commune de Albiez-le-Vieux) près de Saint-Jean-de-Maurienne puis, dès 1915, à Cognin dans la banlieue de Chambéry. L'activité s'est progressivement délocalisée vers une usine à Chambéry construite en 1973. Depuis 2003, le siège est basé également à Chambéry, l'activité de fabrication des bagues de sécurité a été la dernière à partir de l'usine de Cognin pour intégrer le site de Chambéry en 2013, qui réunit l'ensemble des activités et a été agrandi en 2015. En mars 2016, une filiale est implantée à Chicago, aux États-Unis.
timbre autoadhésif , hommage au patrimoine de la région
Rhône-Alpes ; fragment d'un livret "collector"
 émis par la Poste en 2010
sticker autocollant publicitaire provenant d'Allemagne
• Opinel fait partie du patrimoine culturel français, il est cité dans de multiples ouvrages. En 1989 il est référencé dans le dictionnaire Larousse, au même titre que les marques Bic, Frigidaire ou Solex, en tant que nom déposé et avec la définition actuelle suivante : Couteau fermant à manche en bois portant une saignée dans laquelle vient se loger la lame en position de fermeture.



cliquer sur le lien ci-dessous pour lire la suite :

samedi 1 décembre 2018

Philatélie - décembre 2018 (archives)

  Nouvelle synthèse à propos des thèmes associés de l'héraldique et de la philatélie: voici un récapitulatif, que je ne prétend pas être exhaustif,des derniers timbres et autres produits philatéliques parus ou signalés en cours d'année 2018, une année décidément très prolifique,  concernant divers thèmes et tous pays confondus.

Égypte : timbres officiels , série de 5 timbres avec armoiries nationales

Malaisie : célébration de la fête nationale le 31 août - drapeau , armoiries nationales (en haut du cœur) et emblèmes des 13 états constitutifs de la fédération .

Croatie : félicitations à l'équipe nationale de football finaliste du Mondial 2018 en Russie - 
détail emblème ci-dessous
emblème de l'équipe nationale de football de Croatie  :
 Hrvatski nogometni savez (HNS) = Fédération Croate de football

Royaume-Uni : Enveloppe premier jour spéciale commémorant le 60e anniversaire des émissions 
de timbres régionaux (Angleterre-Pays-de-Galles-Écosse-Irlande du Nord-Jersey-Guernesey-Ile de Man)
 illustrée par des armoiries
 (cliquer sur le document pour agrandir et admirer les détails)  site commercial : http://www.bfdc.co.uk/

Monaco : bloc commémoratif pour l'exposition "Princes et Princesses de Monaco,
 une dynastie européenne (XIIIe-XXIe siècle)" qui retrace plus de 700 ans d’histoire
 de la famille Grimaldi, dans la Cité interdite à Pékin, en Chine ( sept/nov 2018)

Portugal : série de 4 timbres consacrée à 500 ans d'histoire postale , deux timbres
 montrent les armoiries de l'ancien Royaume du Portugal (jusqu'en 1910) - détail ci-dessous 

Espagne : 50e anniversaire des Forces aéromobiles de 
l'Armée de terre espagnole, détail emblème héraldique ci-dessous
Espagne : 25e anniversaire de l'École militaire de l'Armée de l'Air 
espagnole basée à León, détail emblème héraldique ci-dessous
 
 Academia Básica del Aire (ABA)
Espagne : 100e anniversaire du château de Valderas à Alcorcón (C.A. de Madrid),
 détail armoiries de la municipalité à droite

Andorre : hommage à Pompeu Fabra, grammairien catalan qui a fixé les normes modernes 
de la langue catalane - détail: armoiries de la Catalogne dessinées sur le livre -
 blason ancien à droite (origine : ICI)

cliquer sur le lien ci-dessous pour lire la suite :

dimanche 25 novembre 2018

l'Armorial de La Planche - 1669 - Gouvernement de Languedoc - le pays de Roussillon

S   uite de la visite d'un des plus anciens manuscrits répertoriant des armoiries de villes et de villages de France, dessinées à la plume et peintes à l'aquarelle, antérieur de trois décennies à l'Armorial Général de France de Charles d'Hozier ! Voir la description initiale : →

 Nous poursuivons avec la découverte du "livre" (c'est l'appellation donnée à une section d'un manuscrit, qui est lui-même divisé en chapitres) consacré au Gouvernement de Languedoc. Précédemment nous avons exploré par le biais de onze chapitres, d'abord les diverses sénéchaussées formant les États du Languedoc,  entité rattachée directement au royaume de France depuis 1271, suite à la guerre contre les Albigeois (ou Cathares) au début du XIIIe siècle, auxquelles il faut rajouter le Comté de Foix annexé au royaume de France en 1607, par la volonté du roi Henri IV
   Nous arrivons maintenant au terme de l'étude de ce Gouvernement de Languedoc avec le douzième et dernier chapitre, consacré à la province (ou pays selon l'appellation utilisée par La Planche) du Roussillon. Cette province est composée en fait de deux anciens comté féodaux : Roussillon et Cerdagne et le comté de Roussillon lui-même, était partagé en deux anciennes vigueries : Roussillon et Conflent. Ces territoires ont été récemment (par rapport à la création de ce manuscrit) conquis par la France en 1659, suite à la signature du traité des Pyrénées avec l'Espagne, dans le cadre du règlement des conflits incessants entre les deux puissances à l'époque. Mais deux siècles plus tôt, le Roussillon avait déjà vécu une courte période de souveraineté française. En effet, en 1461, le roi de France Louis XI occupa les comtés de Roussillon et de Cerdagne au titre du remboursement de prêts consentis au roi Jean II d'Aragon qui se débattait alors dans une guerre civile menée par les Catalans. En 1493, le roi Charles VIII rendit les comtés au roi Ferdinand II d'Aragon pour avoir les coudées franches dans les guerres d'Italie.

      Revenir à l'épisode précédent →

Département des
 Pyrénées-Orientales


Voici l'extrait d'une carte datant de la fin du XVIIIe s. , donc postérieure d'un siècle, mais sur laquelle j'ai reconstitué les limites administratives de notre région :
 Vous pouvez cliquer sur toutes les images pour les agrandir 



  Les fragments de manuscrits proviennent cette fois du Volume II. Pour enrichir l'étude, j'ai mis en bonus l'extrait équivalent dans l'Armorial Général de France* (1696-1711), établi par Charles-René d'Hozier, et comme auparavant, j'ai placé le blason actuel en-dessous, pour comparer les différences ou au contraire la constance des figures dans le temps.

(*)  Armorial Général de France  -  volume XIV  -  Languedoc 1ère partie  
       Armorial Général de France  -  volume XV  -  Languedoc  2e partie  (BNF Paris)


Perpignan (Pyrénées-Orientales)

  Les quatre pals du blason d'Aragon (el Señal Real de Aragón ) ont été concédés en 1400 par le roi Martin Ier d'Aragón , natif de Perpignan, et chargés de la figure de Jean-Baptiste, saint patron de la ville et de sa cathédrale qui lui est dédiée. Selon les époques, la forme de l'écu a été :  français ou catalan, c'est-à-dire en "carré posé sur une pointe" (caironat en catalan) . La tendance actuelle est d'ailleurs plutôt à la promotion des écus catalans dans le département des Pyrénées-Orientales.
 On notera au passage, le blason attribué d'office par Charles d'Hozier dans l'Armorial Général de France, purement anecdotique, voire grotesque .. Il aurait pu au moins représenter le palé du chef aux couleurs du Roussillon : or et gueules ! 




Elne (Pyrénées-Orientales)

  Le blason (actuel) d'Elne représente une croix latine d'argent accompagnée de deux fleurs de lys d'or. Ces dernières ainsi que le champ d'azur sont une référence à la royauté française, la ville ayant pris ces armoiries lors de sa conquête par les français. La croix fait probablement allusion au fait que cette localité fut le siège d'un évêché de l'an 550 jusqu'en 1601 où la résidence de l'évêque est transférée à Perpignan.
 Je n'ai pas trouvé de documentation concernant le blason proposé par Pierre de La Planche : "d'azur à une étoile de 12 rayons d'or", qui est sensé avoir précédé celui enregistré dans l'Armorial Général de France, et qui est toujours en vigueur aujourd'hui. Ce modèle va certainement intéresser les spécialistes de l'héraldique municipale régionale, qui me feront un retour, je l'espère...



Collioure (Pyrénées-Orientales)

   Très souvent, on l'a déjà vu, l'auteur du manuscrit a préparé comme ici,  un emplacement pour y dessiner les armoiries des villes pour lesquelles il a rédigé un descriptif. Mais les écus sont restés désespérément vides. Nous en ignorons la raison : manque d'information fiable, manque de temps, on ne le saura jamais.
  Les armoiries de la ville enregistrées dans l'Armorial Général de France, montrent un saint muni d'une épée dans une épée et d'une palme dans l'autre main, posé sur un rocher au milieu de la mer , une île donc , le tout sur un champ d'azur fleurdelisé. Le personnage est probablement le saint patron local : saint Vincent de Collioure, dont les reliques sont conservées dans la chapelle Saint-Vincent du lieu.



Villefranche -de- Conflent 
(Pyrénées-Orientales)

  Pour la capitale fortifiée du pays de Conflent, c'est à nouveau un contour d'écu vide sur notre manuscrit.
  Les armoiries de la ville enregistrées dans l'Armorial Général de France, préfigurent le blason actuel
de Villefranche de Conflent. Elles rappellent la symbolique de la ville fortifiée frontalière par l'opposition des deux tours, posées de part et d'autre d'un soleil à six branches, le tout soutenu d'une rivière (la Têt), et surmonté d'un écusson aux armes du royaume de France timbré d'une couronne royale.
  Le blason catalan des armes modernes, de forme carrée posé sur pointe, porte désormais un écusson montrant l'attachement de la cité à sa longue histoire catalane.



[_)-(_]



   D'autres lieux ou villes sont juste décrits par le texte, sans blason ni mention s'y rapportant : Prats-de-Mollo (- la Preste), Céret, Volo/Bolo (Le Boulou), Rodès,  Prades, Rivesaltes, Estagel, Ille (-sur-Têt), Salses (-le-Château), Abbaye de Fontfrede.


 # cependant, quelques années plus tard, certaines villes (en gras, ci-dessus) ont été enregistrées et blasonnées dans l'Armorial Général de France.  Ces blasons sont encore d'actualité, pour certains, à quelques détails près.


Prats -de- Mollo - la Preste
 (Pyrénées-Orientales)

Céret (Pyrénées-Orientales)

Le Boulou (Pyrénées-Orientales)

Estagel (Pyrénées-Orientales)

Ille -sur- Têt
(Pyrénées-Orientales)

Salses - le Château
 (Pyrénées-Orientales)

# et pour aller plus loin avec l'Armorial Général de France, on peut encore rajouter ces dernières localités qui dépendaient de cette sénéchaussée, devenues aujourd'hui des communes, et qui n'ont pas été mentionnées dans le manuscrit de La Planche :
Vinça, Argelès (-sur-Mer), Bouleternère, Pezilla (-la-Rivière), Millas, Thuir.
et leurs blasons respectifs sont presque pour toutes, toujours d'actualité, à quelques détails près.


Vinça (Pyrénées-Orientales)

Argelès -sur- Mer
(Pyrénées-Orientales)

Bouleternère
 (Pyrénées-Orientales)

Pézilla - la Rivière
(Pyrénées-Orientales)

Millas (Pyrénées-Orientales)

Thuir (Pyrénées-Orientales)



 A bientôt pour une nouvelle série et ...
 une nouvelle région...



Crédits :
les blasons "modernes" sont empruntés  à : armorialdefrance.fr/

les extraits des manuscrits proviennent de :
- Bibliothèque et Archives du Musée du Château de Chantilly :
   . www.bibliotheque-conde.fr/ressources-en-ligne/

 - Bibliothèque nationale de France à Paris : 
   . gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k111467n
   . gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1114681


💶 Appel au mécénat ou aux généreux donateurs :
 Au cours d'échanges d'informations avec les responsables de la Bibliothèque du Musée Condé, au sujet du manuscrit, il m'a été rapporté que l'ouvrage de Pierre de La Planche n'est actuellement plus exposé ni mis à disposition des visiteurs. En effet, les deux volumes du manuscrit sont en mauvais état : "la couverture", ce que l'on nomme dans le métier: les plats de reliure, sont soit partiellement,soit totalement détachés du manuscrit, ce qui nuit à sa conservation. La reliure étant en effet là pour maintenir et protéger le manuscrit.
  Si des personnes ou des entreprises sont intéressées, en mode mécénat, pour participer à la prise en charge de la restauration de ces précieux ouvrages, qu'elles prennent contact pour les modalités, avec les bibliothécaires à cette adresse mail  : bibliotheque@domainedechantilly.com
ou sinon m'écrire à : heraldexpo@orange.fr et je transmettrai à ma correspondante privilégiée.


             Herald Dick  
.