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lundi 9 octobre 2017

Visite des armoriaux des Ordres de Chevalerie du Danemark : l'Ordre de l'Éléphant #03

🐘 Voici donc le troisième* volet consacré à l'armorial des chevaliers de l’Ordre de l’Éléphant, parmi ceux des princes de sang royaux (danois et étrangers) et des chefs d’État étrangers qui sont le plus mondialement célèbres, lesquels ont reçu cette distinction entre les années 1950 et 1965 (nous remontons progressivement dans le temps). C'est encore un choix personnel qui s'attache à montrer les plus belles armoiries, ou les plus surprenantes, en particulier celles de chefs d'états qui ne sont pas des monarchies et qui n'ont pas de titres de noblesse. Toutefois, certaines rares pages de l'armorial demeurent blanches pour certains dignitaires, sans armoiries ou inconnues à l'époque. La présence de deux présidents de la république française, qui n'avaient pas d'armes personnelles, et qui n'ont pas voulu s'en faire créer pour l'occasion, contrairement à certains de leurs successeurs (voir les volets précédents) sont rajoutés là juste pour l'anecdote. Ces pages proviennent de l'armorial royal : Elefantordenens Våbenbog tome III, 1878-1996.
(*) à la fin de cette page, je vous donne les liens pour revoir les précédents épisodes.
Cliquez sur les images et utilisez les outils de votre navigateur pour les agrandir, afin de révéler les détails.

Sir Winston Leonard Spencer Churchill (1874-1965), alors Premier Ministre du Royaume-Uni,
 de 1951 à 1955, après un premier mandat exercé durant la Seconde Guerre mondiale de 1940 à 1945.
fait chevalier le 9 octobre 1950 - armoiries peintes par Franz Sedivy  -
Elefantordenens Våbenbog tome III, page 187

Vincent Auriol (1884-1966) , alors président de la République
 française, de 1947 à 1954 - fait chevalier le 28 novembre 1950
ne possédant pas d'armoiries ( fórer ikke våben en danois)
Elefantordenens Våbenbog tome III, page 189

Sigvard Bernadotte (1907-2002), alors comte de Wisborg (Suède) de 1951 à 2002, deuxième fils
 du roi Gustaf VI Adolf de Suède (1882-1973) -  connu comme grand designer d'objets divers
fait chevalier le 28 mars 1952 - armoiries peintes par Franz Sedivy
Elefantordenens Våbenbog tome III, page 190


Chumbhotbongs Paripatra (1904-1959), prince thaïlandais,  fils du prince Paripatra Sukhumbhand
 fait chevalier le 28 novembre 1952 - armoiries peintes par Franz Sedivy
Elefantordenens Våbenbog tome III, page 191

Akihito, alors prince héritier du Japon, fils de l'empereur Hirohito (1901-1989) et
actuel empereur du Japon depuis 1989 - fait chevalier le 8 août 1953
armoiries peintes par Franz Sedivy  - Elef. Våbenbog tome III, page 192

Ásgeir Ásgeirsson  (1894-1972), alors président de la République d'Islande, de 1952 à 1968
 fait chevalier le 5 avril 1954 -  armoiries  peintes par  Franz Sedivy
 Elef. Våbenbog tome III, page 193

Charlotte de Luxembourg (1896-1985), alors grande-duchesse de Luxembourg, de 1919 à 1964
grand-mère de l'actuel grand-duc Henri - faite chevalier le 21 mars 1955
  armoiries peintes par Franz Sedivy - Elef. Våbenbog tome III, page 196

René Coty (1882-1962) , alors président de la République
 française, de 1954 à 1959 - fait chevalier le 15 mai 1955
ne possédant pas d'armoiries
Elefantordenens Våbenbog tome III, page 197

 Harald, alors prince héritier de Norvège, fils du roi Olav V de Norvège (1903-1991)
 et lui-même futur Harald V, actuel roi de Norvège depuis 1991 - fait chevalier le 21 février 1958
  armoiries peintes par Aage Wulff - Elef. Våbenbog tome III, page 200

Margrethe, alors princesse héritière du Danemark, fille aînée du roi Frederik IX de Danemark (1899-1972)
 et future Margrethe II, actuelle reine du Danemark depuis 1972 - faite chevalier le 20 avril 1947
  armoiries peintes par Franz Sedivy - Elef. Våbenbog tome III, page 201
Benedikte et Anne-Marie, princesses du Danemark, filles cadettes du roi Frederik IX de Danemark (1899-1972)
 et sœurs de Margrethe II, actuelle reine du Danemark depuis 1972 - faites chevalier le 20 avril 1947
Anne-Marie deviendra reine des Hellènes (Grèce) de 1967 à 1973 en épousant le roi Constantin II de Grèce en 1964
  armoiries peintes par Aage Wulff - Elef. Våbenbog tome III, pages 202 et 203A
(copies des armoiries du prince Ingolf  situées page 208, c'est l'inscription en danois rajoutée par Heinrich Knuth,
secrétaire du Chapitre des Ordres royaux à la cour du Danemark: våbnet er ligesom det på pagina 208 indmalede våben)

Bhumibol Adulyadej ou Rama IX (1927-2016), alors roi de Thaïlande de 1946 à 2016
fait chevalier le 21 avril 1958 -  armoiries peintes par Franz Sedivy
 Elef. Våbenbog tome III, page 203B

Mohammad Reza Pahlavi (1919-1980), alors chah d'Iran de 1941 à 1979
fait chevalier le 14 mai 1959 -  armoiries peintes par Franz Sedivy
 Elef. Våbenbog tome III, page 204

Margaretha (1899-1977), princesse de Suède, devenue princesse du Danemark en épousant
le prince Axel de Danemark (1988-1964)  - faite chevalier le 4 septembre 1960
  armoiries peintes par Franz Sedivy - Elef. Våbenbog tome III, page 206

Constantin, alors prince héritier (diadoque) de Grèce, fils du roi Paul Ier de Grèce (1901-1964)
futur roi des Hellènes Constantin II de 1964 à 1973 et toujours prétendant au trône depuis
l'avènement de la République en Grèce en 1973 - fait chevalier le 4 septembre 1960
  armoiries peintes par Franz Sedivy - Elef. Våbenbog tome III, page 210

Adolf Schärf (1890-1965), alors président de la République d'Autriche, de 1957 à 1965
 fait chevalier le 6 juin 1962 -  armoiries  peintes par  Franz Sedivy
 Elef. Våbenbog tome III, page 212

Habib Bourguiba (1903-2000), alors président de la République de Tunisie, de 1957 à 1987
 fait chevalier le 4 juin 1963 -  armoiries  peintes par  Ronny Andersen
 Elef. Våbenbog tome III, page 215

Julius Nyerere (1922-1999), alors président de la République du Tanganyika de 1962 à 1964,
 puis de la Tanzanie, de 1964 à 1985, à la suite à l'union du Tanganyika et de Zanzibar en 1964.
 fait chevalier le 9 septembre 1963 -  armoiries  peintes par  Ronny Andersen
 Elef. Våbenbog tome III, page 216

 Charles-Gustave, alors prince héritier de Suède, et duc de Jämtland de 1950 à 1973
petit-fils du roi Gustave VI Adolphe de Suède (1882-1973) et qui lui succèdera
en tant que Charles XVI Gustave, actuel roi de Suède depuis 1973
 fait chevalier le 12 janvier 1965 -  armoiries peintes par Aage Wulff
 Elef. Våbenbog tome III, page 221



🔖  vous pouvez revoir les précédents volets de cette série :
 •  #01 (années 1980 à 1996) avec descriptif de l'armorial → ICI
 •  #02 (années 1965 à 1979) → ICI


🐘 A bientôt pour la suite de la découverte de nouvelles belles armoiries ....




👑 Vous pouvez  feuilleter tous les armoriaux numérisés actuellement mis à disposition par la Cour royale du Danemark sur le site officiel → ICI

○ Je tiens à remercier chaleureusement M. Ronny Andersen, peintre et héraldiste de la Cour du Danemark qui m'a gentiment autorisé à publier des extraits de ces merveilleux armoriaux, et qui a répondu fort aimablement à mes questions au sujet des signatures apposées en bas des feuillets.
Vous pouvez admirer par ailleurs son travail sur son site personnel :
- www.arsheraldica.dk/  ( langues : DAN / DE / ENG)



                   Herald Dick

vendredi 10 février 2017

Les blasons de la mythologie et de l'histoire antique #09 : les Amazones et les Preuses, 2ème partie

📚 Suite de la série consacrée aux personnages de la mythologie : grecque, romaine, moyen-orientale, asiatique, etc... ainsi qu'aux acteurs ou héros de l'Histoire antique et du haut Moyen-Âge (période antérieure à l'an 1000) auxquels ont été attribué des armoiries dans les manuscrits ou armoriaux médiévaux et renaissance. Revoir l'épisode précédent  → ICI

Le Blason des Armoiries par Hiérosme / Jérôme de Bara - page 125 (fragment)  -  édition : Rolet  Boutonné, 1628 - Google Books (books.google.fr/)

ANTIOPE ou CYNOPE  :
- blason selon Jérôme de Bara : "De sable à trois têtes de femmes ornées et couronnées à l'antique d'or , à la bordure du même".

il faut tout d'abord préciser qu'il existe au moins deux personnages de la mythologie grecque qui portent le nom d'Antiope. La première est la fille de Nyctée, roi de Thèbes.Aimée pendant son sommeil par Zeus ayant pris l’apparence d’un satyre, elle s’enfuit enceinte à Sycione, où elle épouse le roi Épopée. Atteint par cette disparition, Nyctée se suicide après avoir demandé à son frère Lycos de le venger et de punir Antiope. Celui-ci envahit Sycione avec l’armée thébaine, met à mort Épopée et fait prisonnière Antiope. Sur la route de Thèbes, elle donne naissance à des jumeaux, Amphion et Zéthos. Lycos les abandonne sur le mont Cithéron et donne Antiope comme esclave à sa femme, Dircé. Enfermée pendant de longues années, Antiope réussit à s’échapper et trouve refuge sur le mont Cithéron, auprès d’un berger, le père nourricier de ses enfants. L’ayant reconnue, ces derniers vengent leur mère en tuant Dircé et Lycos.
texte : "Orithie fut fille de Mapesie & ensemble avec Anthiope qui fut sa soeur selon lopinon davains furent roynes des 
Amazones..." - Orythie et Antiope, reines des Amazones : miniature et lettrine extraites de " De Claris Mulieribus" de
 Boccace - manuscrit Fr. 599 - folio 18v. - BNF - Paris _

La seconde Antiope est une Amazone. Elle est la fille d'Arès et la sœur de Mélanippe, d'Hippolyte et probablement d'Orithye, reines des Amazones.  Antiope fut l'épouse de Thésée et ainsi la seule Amazone connue pour s'être mariée. De leur union naquit un fils nommé Hippolyte, du même nom que la sœur d'Antiope. Il existe plusieurs versions expliquant sa relation avec Thésée.
blason de Sinope ( de gueules à trois têtes de femmes
 couronnées d'or),  une des des Neuf Preuses,
 détail de la fresque du château de Manta - Piémont, Italie
Selon une des versions, Thésée, roi d'Athènes et compagnon d'Hercule lors de la bataille de Thémiscyre, durant le neuvième de ses douze travaux, enleva Antiope et la ramena chez lui. Selon Philochore, Hercule donna Antiope à Thésée comme part du butin.
   Selon Pausanias le Périégète, Antiope tomba amoureuse de Thésée et quitta volontairement les Amazones.  Les Amazones attaquèrent Athènes afin de sauver Antiope et de récupérer la ceinture d'Hippolyte. Elles connurent la défaite lors d'une bataille près du mont d'Arès. Durant cette bataille, connue sous le nom de bataille d'Attique, Antiope est tuée accidentellement par une Amazone nommée Molpadia, qui à son tour est tuée par Thésée. Les tombes d'Antiope et de Molpadia sont à Athènes.

 ⬗ Certains auteurs, comme Bara ici, associent Antiope avec "Cynope" (ou Sinope, Sinopé, Synoppe), comme s'il s'agissait de la même personne. Mais ce sont en réalité de deux héroïnes distinctes de la mythologie grecque, et de plus, la seconde n'est pas une Amazone.  Sinopé est une nymphe, fille du dieu fleuve Asopos et de Métope. Elle a notamment laissé son nom à la ville de Sinope (en Turquie) qui elle-même est à l'origine du terme "sinople", qui caractérise l'émail vert en héraldique.
 Rétive à l'amour, Sinopé est cependant enlevée par Zeus, qui la transporte sur la côte assyrienne. Pour lui être agréable, le dieu lui promet d'exaucer un de ses vœux, n'importe lequel. Or la nymphe demande de rester vierge, se jouant ainsi de Zeus. Par la suite, elle éconduira de même Apollon et le dieu fleuve Halys.
  Il s'avère néanmoins que le nom de Sinope ou Sinopé est contenu dans la liste des "Neuf Preuses" comme citée par Thomas de Saluces (1356-1416), dans roman du "Chevalier Errant". Et en tant que telle, elle a reçu ses propres armoiries, qui se sont répandues dans les armoriaux médiévaux et dans les représentations artistiques contemporaines.
Sinope, détail de la fresque des Neuf Preuses de la salle baronniale
 du château de Manta, près de Saluces (Saluzzo en italien)
province de Cuneo, Piémont, en Italie ( voir description → ICI)
Synoppe (Sinope), une des Neuf Preuses - fragment
d'une enluminure ornant le folio 125v. du manuscrit
de Thomas de Saluces : "Le Chevalier errant" (1394)
 cote :  Français 12559 - BNF Paris
 Sinope, version germanique -  une des Neuf Preuses
extrait du manuscrit "Sammelband mehrerer wappenbücher" (Augsbourg -
 Bavière - vers 1530) -  BSB Cod. Icon 391 - Bayerische St.Bibl. Munich


 -o-------O--------o-



 Regina (reine) Penthesilea , version germanique -  une des Neuf Preuses
extrait du manuscrit "Sammelband mehrerer wappenbücher"(Augsbourg -
 Bavière - vers 1530) -  BSB Cod. Icon 391 - Bayerische St.Bibl. Munich


 • PENTHÉSILÉE :
- blason selon Jérôme de Bara ( voir tout au début de cette page) : "D'azur, et par quelques-uns, de sinople, à une bande de sable, chargée de trois têtes de femmes ornées et couronnées à l'antique d'or, bordée de même, accompagnée de six grillets d'argent ".
- autre blason : "de gueules à l'écusson d'azur semé de grillets d'or, accompagné de neuf têtes de femmes de carnation aux cheveux blonds, en orle".

⬧le terme héraldique de "grillet" , qui est un vieux mot français se rapporte aux petites sonnettes ou grelots, ordinairement mis autour du cou des chiens ou aux pattes des oiseaux de proie employés pour la chasse.

texte : "Panthasilée vierge fut royne des Amazones et succeda a Orithie et Anthiope roynes dicelluy pays des Amazones...."
on remarquera la fameuse position de chevaucher "en amazone" , les deux jambes du même côté, sans doute plus aisée pour tirer à l'arc ! 
Penthésilée, reine des Amazones : miniature et lettrine extraites de " De Claris Mulieribus" de Boccace - manuscrit Fr. 599 - folio 27v. - BNF - Paris


• Elle est la fille d'Arès et d'Otréré. Selon Quintus de Smyrne, elle est la sœur d'Hippolyte, ce qui pose un problème de chronologie, attendu qu'Hippolyte, selon la tradition, a combattu Héraclès ou Thésée : elle est donc plus âgée d'une ou deux générations.

Penthésilée, Am (Amazone) - médaillon
 issu du livre iconographique :
 "Promptuarii Iconum Insigniorum...."
  de Guillaume Rouillé publié à Lyon en 1553.
Penthesillée, une des Neuf Preuses - fragment
d'une enluminure ornant le folio 125v. du manuscrit
de Thomas de Saluces : "Le Chevalier errant" (1394)
 cote :  Français 12559 - BNF Paris
Les traditions ne s'accordent pas sur le motif pour lequel elle vient, après la mort d'Hector, aider les Troyens. Selon certains auteurs grecs, elle est poussée par son amour du combat. Selon Diodore de Sicile et Apollodore, elle vient se faire purifier par Priam, après le meurtre accidentel d'Hippolyte au cours d'une partie de chasse. Cette dernière version peut surprendre, puisque le roi troyen avait combattu contre les Amazones aux côtés des Phrygiens (Iliade, III, 188-189).

Penthésilée arrive à Troie avec douze autres Amazones. Elle se distingue par ses nombreux exploits devant la ville assiégée puis succombe devant Achille. Celui-ci tombe amoureux d'elle en la voyant mourir. Thersite se moqua alors de cette passion, assimilée à de la faiblesse, mais Achille tua ce dernier d'un magistral coup de poing.. Diomède, parent de Thersite, jeta alors le corps de l'Amazone dans le Scamandre, par vengeance. Selon d'autres versions, Achille enterra son corps sur les rives du Scamandre. Quintus de Smyrne nous apprend que les Troyens, en son honneur et celui de son dieu protecteur Arès, sont allés chercher sa dépouille auprès des Grecs et lui accordent une crémation plein d'égard à son rang.
  La mythologie attribue enfin au moins un fils à Penthésilée, qu'elle aurait eu plus tôt avec Achille, nommé Caÿstros, et un petit-fils : Éphésos.

Penthésilée est aussi régulièrement citée comme une des plus importantes héroïnes guerrières dans la liste des Preuses, qu'elles soient neuf ou plus.

Penthésilée, avec cette fois des armes différentes  "de sable au cygne d'argent, becqué et membré
de gueules", que l'on a déjà vues précédemment pour identifier Otréré ou Orythie (voir → ICI)
encore ici, la cavalière richement habillée, comme une reine du début du XVe siècle, monte "en amazone"
 Petit armorial équestre de la Toison d'or - manuscrit MSS/Clairambault 1312 (v1460/1470)
 folio 248 - département des manuscrits - BNF Paris



📗 sources textuelles :
- encycl. Encarta Microsoft Corporation
- mythologica.fr
- fr.wikipedia.org


 A bientôt pour la suite des Amazones :



            heraldos  dicos







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samedi 24 septembre 2016

Les blasons de la mythologie et de l'histoire antique #08 : les Amazones, 1ère partie

Suite de la série consacrée aux personnages de la mythologie : grecque, romaine, moyen-orientale, asiatique, etc... ainsi qu'aux acteurs ou héros de l'Histoire antique et du haut Moyen-Âge (période antérieure à l'an 1000) auxquels ont été attribué des armoiries dans les manuscrits ou armoriaux médiévaux et renaissance. Revoir l'épisode précédent  → ICI

Le Blason des Armoiries par Hiérosme / Jérôme de Bara (extrait) -  édition : Barthelemi Vincent, 1581 - page 154
Google Books (https ://books.google.fr/)

• TOMYRIS :
- blason selon Jérôme de Bara : "De sinople à un lion sans vilénie d'argent, couronné de laurier d'or, à une bordure crénelée d'or et de gueules, chargée de huit tiercefeuilles à queue d'argent".

♦ Bara nous donne une caractéristique étonnante dans son blasonnement : "un lion sans vilénie"... ?
En français courant, cela veut dire que l'animal n'a pas de sexe (mâle) visible, comme c'est très souvent le cas avec les animaux héraldiques pour symboliser la virilité du propriétaire des armoiries. Mais dans notre cas, c'est logique qu'il n'en possède pas, puisque notre héroïne guerrière est une femme ...
♦ Pour être exact, l'auteur aurait dû par contre préciser : " ...à une bordure de gueules et... un orle crénelé d'or".

"La reine Tomyris se faisant apporter la tête de Cyrus"
 tableau de Mattia Preti (1670/72) - collection privée
Tomyris est une reine légendaire des Massagètes, célèbre pour avoir mis fin au règne de Cyrus le Grand, roi Achéménide et fondateur de l’Empire perse. Elle est considérée comme la dernière reine des Amazones.

○ Les Amazones, dans la mythologie grecque, sont un peuple de femmes guerrières.

• Dans le peuple des Amazones, qui ne reconnaissent que la filiation matriarcale, seules gouvernent les femmes. Si, dans certains récits, des hommes sont tolérés près d’elles, ce sont des serviteurs. Les Amazones ont toutefois quelques relations avec le sexe opposé, pour avoir des enfants. On raconte généralement que, dans ce but, elles attaquent une fois par an les peuples voisins pour y trouver des hommes, avec lesquelles elles s’accouplent uniquement la nuit. Des naissances, elles ne gardent que les filles,  les garçons sont renvoyés ou tués, ou encore mutilés et rendus aveugles. Les Amazones manipulent l'arc, aussi se brûlent-elles le sein droit pour faciliter cet exercice (« amazones » signifie en grec « celles qui n’ont pas de sein »). Elles révèrent la déesse de la chasse Artémis, guerrière et chasseresse comme elles ; selon la légende, ce sont elles qui ont instauré son culte.

combat d'Hercule contre les Amazones,  peinture sur un vase grec

Le Blason des Armoiries par Hiérosme / Jérôme de Bara (extrait) -  édition : Barthelemi Vincent, 1581 - page 156
Google Books (https ://books.google.fr/)

MARTHESIA ou MARPESIA :
- blason selon Jérôme de Bara : "De pourpre à un griffon d'argent, couronné de feuilles de gramen d'or, membré et armé de même".

♦ l'artiste qui a colorié les blasons a semble-t-il exagéré la couverture du jaune (or) sur le griffon !  la partie inférieure du corps est totalement peinte de jaune, au lieu des extrémités seulement, et le bec et la langue également, alors que cela n'est pas explicité par le blasonnement : "armé et membré" ne concerne que les membres du griffon.
♦ à noter le terme ancien de "gramen" qui désignait l'herbe, la graminée des prés.

• Dans la mythologie grecque, Marpésia (en grec ancien Μαρπησία, « voleur », parfois orthographié Marthésia de façon erronée) est une reine des Amazones chez les Goths mentionnée dans l'historiographie latine. Les femmes Goths prirent les armes sous les ordres de Marpésia et de sa sœur Lampédo afin de se défendre contre un peuple voisin envahisseur.
 Dans son ouvrage l’Histoire des Goths, Jordanès rapporte que Marpésia s'est mise à la tête d'une armée de femmes et les conduit jusqu'aux montagnes du Caucase où elle fonde une cité (actuelle Derbent). Son nom est donné au lieu où elle s'est arrêtée : le « rocher de Marpésia » ou « roc marpésien ». Alexandre le Grand appellera cet endroit les « portes Caspiennes ».
  Marpésia est une des Amazones ayant participé à la fondation de la cité d'Éphèse où elle fait élever un temple à Artémis, la déesse de la Chasse.
  Marpésia et sa sœur Lampédo étendent leur influence jusqu'en Europe et en Asie Mineure. Ses filles Orithye et Antiope lui succèdent lorsqu'elle est tuée lors d'une bataille menée contre l'invasion de barbares venus d'Asie.


Marthésia et Lampedo, Amaz•R• (reines des Amazones) - médaillons issus du livre iconographique "Promptuarii Iconum Insigniorum...."  de Guillaume Rouillé  publié à Lyon en 1553.
 
LAMPEDO ou LEMPHETO :
- blason selon Jérôme de Bara : "Parti, le premier de sable à trois têtes de femmes ornées et  couronnées à l'antique d'or, à la bordure de même, le deuxième d'azur à trois fasces ondées d'or".

Lampédo (en grec ancien « torche enflammée »), nommée également Lampéto est une reine Amazone mentionnée dans l'historiographie latine. Elle régna avec sa sœur Marpésia. Les sœurs se disaient filles d'Arès (Mars) afin de terrifier leurs ennemis. 
  Son nom se réfère aux processions aux flambeaux se déroulant traditionnellement à la nouvelle lune en l'honneur d'Artémis, déesse de la chasse.

 ♦ nous sommes dans l'héraldique imaginaire, et donc des variations sont inévitables d'un auteur à un autre, d'un pays à un autre , comme on peut le vérifier ci-dessous. Toutefois les trois têtes de femmes restent la constante, dans des configurations diverses.

Regina (reine) Lampheto, en version germanique -  une des Neuf Preuses
extrait du manuscrit "Sammelband mehrerer wappenbücher"
 BSB Cod. Icon 391 (Augsburg - Bavière - vers 1530) 
autre blason de Lampeto, considérée comme une des
des Neuf  Preuses, détail de la fresque des Neuf  Preuses
du château de Manta (province de Cuneo, Piémont, en Italie)
-voir plus bas : la fresque complète-
Lampheto, une des Neuf Preuses - fragment
d'une enluminure ornant le folio 125v. du manuscrit
de Thomas de Saluces : "Le Chevalier errant" (1394)
cote :  Français 12559 - BNF Paris





Le Blason des Armoiries par Hiérosme / Jérôme de Bara - page 124 (fragment)  -  édition : Rolet  Boutonné, 1628 - Google Books (books.google.fr/)


OTHRERA ou ORYTHIA :
- blason selon Jérôme de Bara : "D'azur à un cygne d'argent, membré de gueules : au canton droit un écusson de sable à trois têtes de femmes, ornées et couronnées à l'antique d'or et bordé de même".

♦ il semble que l'auteur a fait une confusion avec les noms des différentes et nombreuses reines des Amazones : ici il pense, à tort, qu'Othrera (Otréré) et Orythia (Orythie) seraient le même personnage.
♦ Bara, dans son blasonnement, ne dit pas que le cygne est "becqué ... de gueules". Il semble probable que les couleurs ont été rajoutées plus tard sur le dessin, après l'impression du livre, et le bec a été peint (à tort ?) en rouge ! Ou bien, c'est Bara qui a oublié cette précision dans la légende de son dessin...

• Dans la mythologie grecque, Otréré (en grec ancien Ὀτρηρή / Otrêrế, littéralement « rapide, agile ») est une reine des Amazones. D'une liaison avec Arès, elle a, selon les auteurs, engendré Penthésilée et/ou Hippolyte. Selon une autre source, au contraire, elle est elle-même fille d'Arès. L'auteur latin Hygin en fait la fondatrice du temple d'Artémis à Éphèse.

• Orithye ou Orithya (« La femme redoutable dans la montagne ») était, selon la mythologie grecque et la mythologie romaine, la fille de Marpésia. Après le décès de sa mère, Orithye devint la nouvelle reine des Amazones. Elle co-régna avec Antiope, citée parfois comme étant sa sœur. Ses techniques de guerre furent exceptionnelles et amenèrent beaucoup d'honneurs à l'empire Amazone.


♦ Vous le découvrez avec Lampétho (à droite), notre histoire des reines Amazones de la mythologie grecque croise ici le chemin d'une autre légende écrite celle-ci plus tard, au Moyen-Âge, en Occident qui s'inspire largement de la première, du moins au début, basée sur l'épopée des héroïnes guerrières de l'Antiquité : la légende des Neuf Preuses. C'est d'ailleurs une chose assez remarquable pour cette époque où le statut de la femme la mettait rarement à l'avant de la scène, hormis de celui du rôle d'épouse, d'amante, de mère, de ménagère et de bonne chrétienne. Mais c'est tout de même un idéal clairement masculin, celui de la chevalerie, qui se trouve transposé dans le corps des femmes !
• C'est à la fin du XIVe siècle, sous la plume du procureur au parlement de Paris, Jean Le Fèvre, qu'apparaissent les Neuf Preuses, dans son ouvrage "Le Livre de Lëesce", véritable défense et illustration des femmes, modèles de vertu, de vaillance et de courage. Toutes sont issues de la mythologie de l'Antiquité païenne. Elles sont toutes reines. Selon les pays, car l'histoire des Neuf Preuses connaît un grand succès à travers l'Europe, la liste se modifie, contrairement à celle des Neuf Preux, qui elle reste fixe. Pour mémoire, les Neufs Preux sont trois héros païens : Hector, Alexandre le Grand et Jules César, trois héros juifs : Josué, David et Judas Macchabée, trois héros chrétiens : le roi Arthur, Charlemagne et Godefroy de Bouillon.
• Les Neuf Preuses figurent aussi dans "Le Jouvencel", récit à clef du siège d’Orléans par Jean V de Bueil qui combattit aux côtés de Jeanne d'Arc. La liste des Preuses varie d'un auteur à l'autre et ne suit pas toujours la division tripartite Païens / Juifs / Chrétiens. Au départ ce sont des héroïnes mythologiques, inspirées du "De claris mulieribus" de Boccace. Thomas de Saluces, par exemple, en donne la liste suivante: Deiphile, Sinope, Hippolyte, Ménélope, Sémiramis, Lampétho, Thamaris, Theuca, Penthésilée. La plupart sont des reines Amazones ou apparentées. Par ailleurs, en Allemagne, une série de bois gravés de Hans Burgkmair met en scène pour figurer les Neuf Preuses,  trois héroïnes Romaines : Lucrèce, Veturia, Verginia ; trois héroïnes de l’Ancien Testament: Esther, Judith et Yaël ; trois héroïnes chrétiennes : sainte Hélène, sainte Brigitte de Suède et sainte Élisabeth de Hongrie. J'y reviendrai sûrement un jour, car on leur a toutes donné des armoiries ! ....

la magnifique fresque des Neuf Preuses de la salle baronniale du château de Manta, près de Saluces (Saluzzo en italien) dans le Piémont, en Italie. Elle est incomplète à droite où la dernière Preuse est malheureusement coupée à la moitié du corps.
Leurs costumes sont à la mode du XVe siècle et au-dessus de chacune à gauche est accroché l'écu de leurs armoiries respectives, du moins pour sept d'entre elles : de gauche à droite : Deiphile, Sinope, Hippolyte, Menelope, Sémiramis, Lampétho, Thamaris, Theuca (son blason a été oublié dans le montage de la photo, mais il existe) et Penthésilée (incomplète)
Château de Manta (Piémont, Italie) - à gauche : extérieur et à droite : la salle ornée des peintures murales, œuvres du
  "Maestro del Castello della Manta" (on ne connait pas son nom) au XVe siècle (cliquer sur les photos pour les agrandir au maximum)



sources textuelles : encycl. Encarta Microsoft Corporation et fr.wikipedia.org


A bientôt pour la suite des Amazones : → ICI



            heraldos  dicos







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mardi 11 novembre 2014

Histoire parallèle : 11 novembre 1914-2014 -
les anciennes provinces de France et les nations d'Europe martyres

Aujourd’hui 11 novembre, comme chaque année, nous célébrons, en France, mais aussi dans de nombreux pays à travers le monde, la fin de la Première Guerre mondiale. En effet, cette date commémore la signature de l’Armistice à Rethondes, entre la France, ses alliés et l’Allemagne, qui met fin à la Première Guerre mondiale, le 11 novembre 1918.

Mais dans le fil chronologique que nous suivons dans ce blog, à travers les commémorations du centenaire de la Grande Guerre, au jour le jour, le 11 novembre 1914 : on ne fête rien ! bien au contraire : les canons tonnent, les obus pleuvent et les balles de fusil sifflent partout, sur tous les continents et sur toutes les mers de la planète... avec des milliers d'hommes qui souffrent et qui meurent.
carte postale patriotique signé S. Solomko

  Je reviens sur le front occidental en Europe. Comme je l'avais fait il y a quelques semaines ( voir → ICI), je vous présente un nouvel inventaire illustré des anciennes provinces françaises touchées par l'avancée allemande en 1914. Certaines étant à cette date encore occupées partiellement, d'autres complètement.

 Les jolies cartes postales patriotiques suivantes ont été créées par l'artiste illustrateur et aquarelliste russe Sergueï Solomko (c'est sa signature que nous voyons tout en haut de cette page à droite). Il a vécu en France à partir de 1910 et jusqu'en 1928, date de son décès. Ses sujets favoris étaient les scènes romantiques en habit traditionnel et des scènes historiques, religieuses ou mythologiques de la culture russe.
  Les cartes ont été réalisées et éditées tout le long de la guerre.


la province martyre de la Flandre avec ses armoiries
la province martyre de l'Artois avec ses armoiries
la province martyre de la Picardie avec ses armoiries et l'évocation de
Jeanne Hachette, héroïne de la fin du Moyen-âge au siège de Beauvais en 1472.
la province martyre de la Champagne avec ses armoiries
la province martyre de la Lorraine avec ses armoiries et l'évocation de Jeanne d'Arc.
la province martyre d' Alsace avec ses armoiries, déchirant le drapeau allemand


A noter que l'artiste a réalisé d'autres cartes similaires, étendant le thème à l'Europe des provinces ou des nations martyres , telles que celles-ci, avec un sens du pathos exacerbé !  :


la Belgique martyre avec ses armoiries
la Serbie martyre avec ses armoiries
le Monténégro martyr avec ses armoiries

la Pologne martyre (qui était à l'époque une province rattachée à l'Empire de Russie)
  avec ses armoiries
l' Arménie (en Anatolie ottomane) avec une palme, symbole de martyre,
pour les persécutions subies (génocide) par le peuple arménien en 1915 et 1916
la Roumanie martyre avec ses armoiries
(précision : la Roumanie n'entre dans le conflit qu'en août 1916)

carte des différents fronts de la Première Guerre mondiale en Europe


                 Herald Dick