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jeudi 6 décembre 2018

L'héraldique et l'image des marques #03 : un coutelier savoyard, une star du rock anglais et le directeur général des colonies hollandaises

  J e vous propose d'ouvrir un nouveau volet à ce thème que j'avais débuté il y a deux ans déjà et où je détaillais l'idée de départ (voir ici → ). Il concerne ces innombrables symboles graphiques qu'on appelle logotypes, en abrégé: "logos", qu' on observe autour de nous sur toute sorte d'objets de la vie courante, et sur tous supports physiques ou virtuels.
Ils permettent d'identifier visuellement, de façon immédiate une entreprise, une marque commerciale, une association, une institution, un produit, un service, un événement ou toute autre sorte d'organisations, dans le but de se faire connaître et reconnaître des publics et des marchés auquel il s'adresse et de se différencier des autres entités d'un même secteur.
   • Quelques-uns de ces logos, que parfois on regarde sans les analyser vraiment, sont composés partiellement ou totalement à partir d'écus d'armes ou d'armoiries. Ils attestent ainsi d'une certaine façon la filiation que certains spécialistes, héraldistes ou graphistes, leur confèrent: le logo est ou serait le prolongement moderne du blason, dépouillé de ses règles ancestrales, rigides et compliquées et abandonnant son langage ésotérique.  Le plus souvent, pour ces logos issus de blasons, ceux-ci sont remodelés à la sauce des artistes graphistes et des designers qui en extraient l'ADN de héraldique pour le transposer dans le registre du branding et du marketing qui lui aussi a ses règles : la charte graphique de l'entreprise ou de l'organisme. Beaucoup d'entre eux ont néanmoins une réelle origine historique liée à l'héraldique, parfois oubliée. Je vais tenter de vous la révéler. En voici quelques nouveaux exemples très hétéroclites, puisés dans notre environnement quotidien ou dans notre culture générale.



• Voici d'abord un premier petit symbole d'origine héraldique, que tout le monde connaît, mais sans y prêter vraiment attention. Il nous raconte pourtant le fabuleux destin d'un couteau savoyard inventé par Joseph Opinel en 1890, devenu objet de notre quotidien, et aujourd'hui élevé au rang d'icône du design mondial.









En 1565 le roi de France Charles IX ordonne que chaque maître coutelier appose un emblème sur ses fabrications pour en garantir l’origine et la qualité. En 1909, respectant cette tradition, Joseph Opinel choisit pour emblème La Main Couronnée. La main bénissante est celle de Saint Jean-Baptiste figurant sur les armoiries de Saint-Jean-de-Maurienne (voir à droite), la ville la plus proche d’Albiez-le-Vieux, berceau de la famille Opinel. Joseph Opinel ajoute une couronne pour rappeler que la Savoie était un duché. Depuis, toutes les lames des couteaux et outils Opinel sont poinçonnées de La Main Couronnée.
ancienne "réclame", début XXe siècle  (site officiel de la marque → 🗡)
• L'Opinel est fabriqué en Savoie depuis les années 1890 jusqu'en 1916 dans le lieu-dit de Gevoudaz (commune de Albiez-le-Vieux) près de Saint-Jean-de-Maurienne puis, dès 1915, à Cognin dans la banlieue de Chambéry. L'activité s'est progressivement délocalisée vers une usine à Chambéry construite en 1973. Depuis 2003, le siège est basé également à Chambéry, l'activité de fabrication des bagues de sécurité a été la dernière à partir de l'usine de Cognin pour intégrer le site de Chambéry en 2013, qui réunit l'ensemble des activités et a été agrandi en 2015. En mars 2016, une filiale est implantée à Chicago, aux États-Unis.
timbre autoadhésif , hommage au patrimoine de la région
Rhône-Alpes ; fragment d'un livret "collector"
 émis par la Poste en 2010
sticker autocollant publicitaire provenant d'Allemagne
• Opinel fait partie du patrimoine culturel français, il est cité dans de multiples ouvrages. En 1989 il est référencé dans le dictionnaire Larousse, au même titre que les marques Bic, Frigidaire ou Solex, en tant que nom déposé et avec la définition actuelle suivante : Couteau fermant à manche en bois portant une saignée dans laquelle vient se loger la lame en position de fermeture.






• Passons maintenant du génie industriel au génie artistique. L'idée m'est venue avec la sortie récente du film " Bohemian Rhapsody " magistralement interprété par Rami Malek dans le rôle de Freddie Mercury, le chanteur légendaire du groupe de rock Queen. Il faut savoir que le logo qui orne quelques pochettes de disques du groupe, indéniablement inspiré par l'art héraldique, avait été créé par Freddie Mercury lui-même. Dans sa jeunesse, le jeune Farrokh Bulsara (le vrai nom de F. Mercury) outre sa passion précoce pour la musique, a fait des études d'art graphique au Ealing Art College de Londres ou il décrocha un diplôme. A la fin des années 1960, il mettra son talent d'illustrateur en pratique pour dessiner une ligne de vêtements et de courtes bandes dessinées pour de petits journaux londoniens. Mais c'est les diverses expériences de chanteur dans plusieurs groupes de rock anglais qui aboutira en 1970 à la formation d'un des plus grands groupes de rock au monde :  Queen.

•  En 1972, Freddie Mercury tire parti de sa formation de graphiste pour dessiner le logotype du groupe, connu sous le nom de « Queen crest ». Au premier coup d’œil, on remarque que l'artiste s'est inspiré très certainement des armoiries du Royaume-Uni (à droite) pour la forme générale du concept. Au centre se trouve un Q majuscule, faisant office d'écu d'armoiries, supporté par les symboles rappelant les signes zodiacaux des quatre membres du groupe.

Armoiries du gouvernement du Royaume-Uni
 Les deux Lions couronnés sont là pour John Deacon, le bassiste et Roger Taylor, le batteur, un crabe symbolisant le Cancer pour Brian May, le guitariste et deux fées pour la Vierge, signe de Freddie Mercury. Le tout est surmonté d’un immense phénix déployant ses ailes, au-dessus de quelques traits en zigzags figurant des flammes et qui est une référence très importante à ses origines ethniques.
  En effet, la famille de Freddie Mercury était d'origine Pârsî , de religion zoroastrienne, dont les ancêtres perses vivaient sur le territoire correspondant à l'Iran moderne et avaient fui en Inde après la conquête arabo-islamique. Hors, dans la mythologie persane, principalement avestique, basée sur les écrits du prophète Zoroastre, le phénix nommé plus exactement le Simurgh, est un oiseau fabuleux aux pouvoirs très importants.
  On trouve également une couronne au centre de la lettre Q, faisant penser à celle, la vraie, du Royaume-Uni, et dont le chanteur aimait à se coiffer sur scène. Le logo était souvent visible sur le devant de la grosse caisse de Taylor lors de leurs premiers concerts en public.
vue sur la batterie de Roger Taylor, durant un concert "A Day At The Races Tour" en 1977 - © queenphotos.wordpress.com

•  Plusieurs pochettes d'albums du groupe seront également ornées des variations de cet emblème, que ce soit sur le recto ou parfois au verso, comme celles-ci parmi les plus représentatives (auxquelles on peut rajouter les nombreuses compilations "Greatest Hits", comme celle visible plus haut).
pochette de "A Night at the Opera", 4e album du groupe sorti en novembre 1975 (au Royaume-Uni)

pochette de "A Day at the Races ", 5e album du groupe sorti en décembre 1975 (au Royaume-Uni)
pochette de "Queen Rocks" - compilation des meilleurs titres hard-rock du groupe sortie
en novembre 1997 en hommage à Freddie Mercury décédé en 1991
• Après la mort du chanteur de Queen:  Freddie Mercury à Londres en 1991, de causes liées au sida, les membres restants du groupe et leur directeur, Jim Beach, ont organisé le concert-hommage à Freddie Mercury pour la sensibilisation au sida, dont le produit a servi à lancer l'organisation caritative : "The Mercury Phoenix Trust". Les administrateurs actuels sont: Brian May, Roger Taylor, Jim Beach et Mary Austin, l'ex-compagne et amie la plus proche de Mercury. Un des logos connus de cette fondation reprend le symbole du phénix, en souvenir de Freddie Mercury.


 clip vidéo : Queen - A Kind Of Magic (Live At Wembley Stadium, le 11 Juillet 1986), c'est cadeau !

•  Enfin, pour l'anecdote, en 2015, le groupe lance sa propre marque de bière "Bohemian Lager", en hommage aux 40 ans de la chanson Bohemian Rhapsody. Elle est produite à Plzen, en Bohême, naturellement (c'est-à-dire en République Tchèque), et devinez quel est le logo choisi pour représenter le produit : le "Queen crest", bien évidemment ! celui figurant sur la pochette de l'album "A Night at the Opera".




les paquets de cigarettes ne sont plus commercialisés sous
cette forme "vintage" de nos jours, mais avec des habillages
neutres ou placardés d'annonces de mises en garde contre les
 méfaits du tabagisme sur la santé, photos trashes à l'appui !
•  Et pour terminer ce sujet, voici une marque bien connue surtout des fumeurs et par d'autres également pour d'autres raisons que nous allons découvrir.  Même si ce genre de produit dont les bienfaits, s'il y en a, ne sont plus dans l'air du temps actuel, du fait de la lutte anti-tabac, justement menée pour réduire le cancer des poumons et autres maladies cardio-vasculaires, il mérite notre intérêt pour autre chose : un petit détail dans l'habillage de son design graphique :
les deux dates correspondent à la période d'existence de la
 colonie hollandaise en Amérique du Nord
Peter Stuyvesant est une marque de cigarettes blondes américaine. Lancée initialement en Afrique du Sud en 1954 et, plus tard, commercialisée à New York en 1957, la marque a été officiellement lancée dans le monde entier la même année  Elle appartient de nos jours à l'entreprise allemande Reemtsma Cigarettenfabriken GmbH, qui détient également les marques Davidoff et West. C'est aujourd'hui une filiale du groupe anglais Imperial Tobacco. La marque est vendue dans 55 pays et est particulièrement populaire en Afrique du Sud, en Australie et en Nouvelle-Zélande, ainsi que dans la plupart des pays d'Europe, mais étrangement, elle est moins connue aux États-Unis. En France, les fumeurs la désignent simplement sous le nom abrégé de "Peter"; Stuyvesant étant un terme imprononçable, pour la plupart !

  La marque de cigarettes porte le nom de Peter (ou Petrus) Stuyvesant, ancien directeur général de la colonie hollandaise de Nieuw-Nederland, en Amérique du Nord, de 1647 à 1664. Sa capitale était alors Nieuw Amsterdam (Nouvelle-Amsterdam en français), qui deviendra la future New York City à partir de 1674, quand elle sera prise par les Anglais.
portrait de Peter Stuyvesant, vers 1660 (peintre inconnu,
 attribué à Hendrick Couturier et anciennement considéré
 comme un Rembrandt.) - Peinture à l'huile sur bois,
Société historique de New York.

portrait de Peter Stuyvesant sur un timbre de la
 poste des Pays-Bas émis en 1939
timbre commémorant la création du corps des premiers pompiers volontaires
en Amérique, en 1648, sous la gouvernance de Peter Stuyvesant (en médaillon)
émission de la poste des États-Unis d'Amérique en 1948
Armoiries proposées pour la ville de Neeuw Amsterdam, colonie de Neeuw Nederland. Dessin préparatoire en vue d'une présentation
de la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales (dont les initiales GWC sont visibles sur la couronne),
vers 1630 (auteur inconnu). Don de J. Carson Brevoort. 1885. Une copie non datée est visible à la Société historique de New York
L'écu d'armoiries reprend celui des armes de la ville-mère d'Amsterdam surmonté d'un castor et supporté par deux autres animaux semblables. Rappelons que les commerçants hollandais s'approvisionnaient en fourrures diverses par l'intermédiaire des amérindiens. 
• Le gouverneur Stuyvesant ne semblait pas posséder d'armoiries personnelles, du moins elles ne nous sont pas connues. Et donc c'est ce symbole des armes de la Nouvelle-Amsterdam avec le castor au-dessus que nous retrouvons dans le logo de la marque de cigarettes,  avec toutefois une variation inexpliquée : la couleur du pal central est rouge.  Cependant les produits commercialisés en Allemagne (comme celui ci-dessous) montrent une extrapolation du vrai blason d'Amsterdam, avec pal de sable (noir) et y compris les lions en supports, exit le castor !

armoiries de la ville d’Amsterdam (Pays-Bas)
• Dans les années 1980, la marque a connu une augmentation de ses ventes grâce à diverses campagnes de publicité dans les cinémas et à l'offre de cigarettes dans les avions de la compagnie aérienne néerlandaise KLM

ancienne affiche publicitaire pour la marque liée aux transports aériens 




Si vous avez aimé, alors à bientôt pour une nouvelle série sur le même thème.
N'hésitez à me faire part de vos remarques, commentaires, ou vos critiques....



Crédits :
passer votre souris sur les images pour lire la source documentaire de chacune 




  © Herald ® Dick ™
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vendredi 12 septembre 2014

Hommage à Jean-Philippe Rameau

Aujourd'hui le 12 septembre 2014, on célèbre le 250e anniversaire de la mort du célèbre compositeur français, contemporain de Diderot, Rousseau et de Voltaire. Il figure parmi les plus grands musiciens du XVIIIe siècle et a été un théoricien majeur de la musique, il est connu pour avoir fourni des définitions pour l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert..

Jean-Philippe Rameau

 (• Dijon 1683 - † Paris 1764) 

armoiries parlantes de Jean-Philippe Rameau :
"d'azur à la colombe posée et tenant un rameau d'olivier
dans son bec, le tout au naturel".
Timbré d'un  heaume et orné de lambrequins.
timbre français de 1953 émis pour le
bicentenaire de sa mort


portrait de Jean-Philippe Rameau en médaillon, frontispice d'un ouvrage conservé à la BNF - Paris

Né à Dijon, où son père était organiste, Rameau voyagea en Italie à l'âge de dix-huit ans puis vécut à Paris où il composa son Premier Livre de pièces de clavecin (1706). Il fut employé comme organiste dans plusieurs villes françaises, notamment à Clermont-Ferrand, où il demeura jusqu'en 1722, et rédigea son Traité de l'harmonie réduite à ses principes naturels (1722). En 1723, établi de nouveau à Paris, il enseigna le clavecin et la théorie musicale, publiant en 1726 le Nouveau Système de musique théorique.

fragment d'une partition de Jean-Philippe Rameau conservée à la BNF - Paris , département musique.
Son premier opéra, Samson (1731), sur un livret proposé par Voltaire, fut censuré. Rameau se trouva ainsi involontairement mêlé à plusieurs controverses au long de sa carrière. Sa musique fut d'abord violemment critiquée par les admirateurs de Lully, qui considéraient le modernisme de Rameau comme une trahison de son prédécesseur, bien que la forme des opéras de Rameau soit en fait dans la continuité des œuvres de Lully. La « tragédie en musique » Dardanus fit éclater en 1739 la polémique entre lullistes et ramistes, dont Diderot donna une description savoureuse dans le Neveu de Rameau. Plus tard, dans les années 1750, Rameau fut de nouveau pris à parti lors de la querelle des Bouffons (1752) par Rousseau et d'autres partisans de la musique italienne nouvelle, représentée par Pergolèse. S'il délaissa parfois le théâtre pour revenir à la théorie, ces péripéties ne diminuèrent en rien la force créatrice de Rameau. Il mourut à quatre-vingts ans passés, pendant les répétitions de son dernier opéra, les Boréades (1764).

Portrait de Jean-Philippe Rameau par Joseph Aved vers 1728
blason de Jean-Philippe Rameau,
 version Wikipedia

 Wiener Klavier und Orgelbauer,
blason de la Guilde des facteurs d'orgues
(Vienne - Autriche) - fin XIXe siècle









Outre les tragédies lyriques comme Hippolyte et Aricie (1733), Castor et Pollux (1737), Zoroastre (1749), Rameau composa des opéras-ballets, dont les Indes galantes (1735), une de ses œuvres les plus célèbres, les Fêtes d'Hébé (1739) et la Princesse de Navarre (1745), des pastorales héroïques comme Naïs (1749), Daphnis et Églé (1753), ainsi qu'une comédie lyrique intitulée Platée (1745). Les orchestrations expressives de Rameau et ses harmonies audacieuses constituèrent une avancée fondamentale de l'opéra « à la française ». Il fut habité également par le génie de la danse. Outre ses opéras-ballets, il écrivit des partitions de ballet pur, et ses quelque trente ouvrages scéniques font une large place à la chorégraphie.



bloc-feuillet philatélique émis par le Mozambique en 2014
Dans les autres domaines musicaux abordés par le prolifique talent de Rameau figurent la musique sacrée, avec les motets In convertendo et Quam dilecta (1718-1720) ; des cantates profanes écrites dans les années 1720, comme les Amants trahis ou Aquilon et Orithie ; et les trois Livres de pièces pour clavecin (1706, 1724 et 1728). Ses Pièces de clavecin en concert (1741), pour flûte, violon et clavecin, comptent parmi les premières œuvres à avoir traité le clavier à la manière d'un orchestre et à avoir abandonné le rôle de basse continue qu'on lui réservait auparavant. Les traités de Rameau explorèrent le système tonal et en firent le fondateur de l'harmonie moderne.
gravure du XVIIIe s., éditée de 1720 à 1880 et conservée à la BNF - Paris
avec deux erreurs : son prénom est Jean-Philippe et l'année de sa naissaance
est 1683 et non pas 1689. Il existait un poète contemporain du nom de
Jean-Baptiste Rousseau , c'est peut-être l'origine de la confusion.






                        Herald Dick

jeudi 10 octobre 2013

Hommage à Giuseppe Verdi

Aujourd'hui le 10 octobre 2013, on célèbre le 200e anniversaire de la naissance du grand compositeur italien :

jouer un extrait de Macbeth :
monnaie commémorative émise cette année en Italie

Giuseppe Verdi

jouer le chœur de Rigoletto :
Giuseppe Fortunino Francesco Verdi est né le 10 octobre 1813, dans le village de Roncole (aujourd'hui : Roncole Verdi) situé sur la commune de Busseto 
(armoiries de gauche) dans la province de Parme, en Italie et il est décédé le 27 janvier 1901 à Milan (armoiries de droite), capitale de la Lombardie, en Italie.
(origine blasons : araldicacivica.it)
jouer la Marche triomphale d' Aïda :
chromo début XXè siècle - opéra Aïda à la Scala de Milan (blason)
 .  Fils d'un aubergiste qui lui offre la meilleure éducation possible, Giuseppe Verdi révèle ses dons musicaux dès les bancs de l'école de Busseto (province de Parme). C'est avec l'organiste du village de Busseto que Giuseppe Verdi commence son éducation musicale. Il peut se consacrer à la musique grâce à l'aide matérielle d'un ami de son père, Antonio Barezzi, dont il épousera la fille. Il est tout d'abord refusé au conservatoire de Milan. Il y reste toutefois trois ans et prend des leçons de composition avec Vincenzo Lavigna, chef d'orchestre au théâtre de la Scala.  Alors que son premier opéra  Oberto (1839) est bien accueilli par le public, il est terrassé par les décès successifs de deux de ses enfants  et de sa femme, morts de tuberculose, et pense arrêter la composition. Mais il se ressaisit et son opéra Nabucco (1842), présenté à la Scala, est un succès. Il est célébré non seulement en Italie mais dans toute l'Europe. Verdi enchaîne œuvre sur œuvre: I Lombardi ( Les Lombards, 1843), Ernani (1843), I Due Foscari (1844), Jeanne d'Arc (1845), Alzira (1845), Attila (1846), Macbeth (1847), Il Corsaro (1848). À 35 ans, il est déjà au faîte de la gloire et à la tête d'une grande fortune, alors qu'il n'a pas encore écrit ses principaux chefs-d'œuvre. Par la suite, il écrit la fameuse trilogie : Rigoletto (1851), Il Trovatore (Le Trouvère, 1853) et  La Traviata (1853). Verdi préfère à l'agitation des grandes capitales européennes le calme de la villa Sant'Agata, près de Busseto, acquise en 1848. Il s'y retire avec la cantatrice Giuseppina Strepponi (1815-1897), qu'il épousera en 1859. Depuis la Traviata, son activité créatrice ne s'est pas ralentie : ainsi se succèdent I Vespri siciliani (les Vêpres siciliennes, 1855), Simon Boccanegra (1857), Un ballo in maschera (Un bal masqué, 1859), La Forza del destino (la Force du destin, 1862), Don Carlos (1867) et Aïda (1871). En 1873, Verdi publie un premier quatuor à cordes et, cette même année, la mort du romancier Alessandro Manzoni, qu'il vénère, lui inspire un transcendant Requiem (créé en 1874). Il écrit jusqu'en 1890 et ses deux dernières oeuvres, Otello (1887) et Falstaff (1893), sont des testaments de fraîcheur et de fantaisie. Lorsque sa mort survient, le 27 janvier 1901, à Milan,  celle-ci est ressentie comme un deuil national, et le jour où son corps est transféré à la Casa di riposo ( la maison de retraite des musiciens), un chœur de 820 chanteurs, accompagnés par l'orchestre de la Scala de Milan, et dirigé par Arturo Toscanini interprète le "Va pensiero" et le "Miserere" du Trouvère, suivi par une foule innombrable.
Chromo début XXe siècle - Aïda joué aux États-Unis
armoiries du Royaume d'Italie
  Verdi n'est pas, à proprement parler, un homme engagé, mais il demeure, aux côtés de Garibaldi et Cavour, une figure emblématique du processus de réunification de l'Italie, appelée "le Risorgimento" et de la libération du Nord soumis aux Autrichiens. La seule concession que Verdi fera à la politique sera d'accepter, en 1861, d'entrer comme député au Parlement de Turin où il y jouera un rôle discret.
  Verdi et Wagner, qui sont les maîtres de leurs écoles respectives, semblaient ne pas beaucoup s’apprécier et ils ne se sont jamais rencontrés. Les quelques commentaires de Verdi à propos de Richard Wagner et de sa musique sont loin d’être bienveillants, mais il a au moins cette parole aimable en apprenant la mort de Wagner : « Triste ! Triste ! Triste !… Un nom qui laisse une empreinte des plus puissantes dans l’histoire de notre art. ».  Les appréciations de Wagner sur l'œuvre de Verdi n'étaient pas tellement élogieuses non plus, comme c'est souvent le cas entre génies égocentriques !

 De nombreuses célébrations ont lieu depuis le début de cette année 2013,  qui honorent un peu partout dans le monde entier, aussi bien la mémoire et le génie de Wagner que de Verdi, et ce mois d'octobre, particulièrement, en Italie qui vénère ce dernier comme un héros national. Mais il suffit d'écouter un ou deux de ses chœurs mythiques et orchestrations grandioses pour comprendre  pourquoi cet homme a généré et génère encore tant d'émotion...

.                          le célèbre chœur des Bohémiens ou "chœur des enclumes", extrait du Trouvère ( Il Trovatore)

-

       ♫erald ♪ick

mercredi 22 mai 2013

Hommage à Richard Wagner

ujourd'hui le 22 mai 2013, on célèbre le 200e anniversaire de la naissance du grand compositeur allemand :
monnaie commémorative en argent émise cette année en Allemagne
blason de Richard Wagner :
'd'azur à sept étoiles d'argent
formant la constellation de la Lyre
 dont l'étoile de Véga ".

 

Richard Wagner


 (• Leipzig 1813 - † Venise 1883)






Écouter : l'Ouverture de l'opéra :
"les Maîtres-Chanteurs de Nuremberg"
Wilhelm Richard Wagner est né à Leipzig ( blason de gauche), à l'époque : dans le Royaume de Saxe, le 22 mai 1813
et il est mort à Venise (à droite), en Italie,  le 13 février 1883.
Écouter : le Prélude de l'opéra : "Tristan et Isolde"
   

Biographie (très condensée) de Richard Wagner :

Armoiries du Royaume de Bavière
pendant le règne de Louis II de Wittelsbach
(1845-1886)
Richard Wagner est un compositeur et chef d’orchestre allemand né le 22 mai 1813 à Leipzig (Allemagne) et mort le 13 février 1883 à Venise. Il mène une jeunesse assez agitée en participant à plusieurs mouvements contestataires, qui l'obligeront à s'exiler dans divers endroits en Europe. En plus de son talent de compositeur, il se pose comme l'un des meilleurs chefs d’orchestre de son temps et il est aussi écrivain, mais certains de ses écrits sont entachés d'un antisémitisme ouvertement affiché. Ainsi, il écrit son premier opéra : Les Fées, en 1833, et il occupera le poste de Kappellmeister à la cour de Saxe. Sa carrière profite énormément du soutien que lui apporte son mécène le roi Louis II de Bavière. En 1871, il choisit la petite ville de Bayreuth pour accueillir sa nouvelle salle d'opéra. À la fin de sa vie, Wagner était gravement malade. En 1882, après le festival le Bayreuth, la famille Wagner voyage à Venise pour se reposer l'hiver. Le 13 février 1883, Richard est emporté par une crise cardiaque. Il est mort dans les bras de son épouse Cosima, qui était la fille de Franz Liszt. Son corps est rapatrié et inhumé dans le jardin de la villa Wahnfried à Bayreuth. En 1930 mourra Cosima, elle est inhumée aux côtés de son époux Richard.
armoiries de la ville de Bayreuth
 (Allemagne -Bavière)
timbre émis cette année pour le bicentenaire

 Figure centrale de l'opéra allemand au XIXe siècle, Richard Wagner occupe une place à part dans l'histoire de la musique par la puissance de l'adhésion ou du rejet que son œuvre et sa personne ont pu susciter. Venu à la musique par amour du théâtre, admirateur de Beethoven et de Weber, Wagner a mûri son art en réaction contre les conventions du genre lyrique. A partir du « Vaisseau fantôme », son projet esthétique prend peu à peu forme et, après « Tannhäuser » et «Lohengrin », celui-ci mène un créateur en quête d'une « oeuvre d'art totale » au drame musical : « Tristan et Isolde » en demeure l'une des plus belles illustrations. Poésie, chant, orchestre, décors : les ouvrages de Wagner aspirent à la fusion de ces éléments pour mieux exprimer l'essence de livrets dont l'artiste est également l'auteur. L'utilisation du « leitmotiv » (motif musical associé à un personnage, une idée, un sentiment, etc.) joue un rôle clé dans cette démarche. Le rêve wagnérien avait besoin d'un lieu pour se réaliser et, en 1876, le compositeur inaugura le Festspielhaus de Bayreuth à l'occasion d'un premier festival au cours duquel on donna l'intégralité de la « Tétralogie » (« L'Or du Rhin », « La Walkyrie », « Siegfried » et « Le Crépuscule des dieux »). A la vérité, seul « Parsifal », le testament musical de Wagner, aura été écrit en fonction de l'incomparable acoustique de Bayreuth. Si la voix passionne le musicien, il n'en demeure pas moins un symphoniste d'exception. Les extraits orchestraux de ses ouvrages, de l'"Ouverture" du « Vaisseau » au "Prélude" de « Parsifal », en passant par celui des « Maîtres Chanteurs de Nuremberg », ont beaucoup contribué à sa gloire.                                                                         source texte : www.musiclassics.fr                                
Carte postale ancienne montrant le Théâtre de Wagner à Bayreuth (de nos jours le Festspielhaus) où se déroule chaque année le célèbre Festival d'opéras.
                                   

 

Voici ses œuvres (opéras) les plus célèbres :  

Rienzi  - Der Fliegende Holländer (Le Vaisseau fantôme)  -  Tannhäuser  - Lohengrin  -  Tristan und Isolde (Tristan et Isolde) -  Die Meistersinger von Nürnberg (Les Maîtres Chanteurs de Nuremberg)  -  Der Ring des Nibelungen (L'Anneau du Nibelung, tétralogie ) :  Das Rheingold  ( L'Or du Rhin) / Die Walküre  (La Walkyrie) /  Siegfried  /  Götterdämmerung (Le Crépuscule des dieux)  - Parsifal.   

Écouter la Marche funèbre de Siegfried, extrait de l'opéra : "le Crépuscule des Dieux "

Carte postale ancienne montrant la tombe de R. Wagner à Bayreuth, avec le blason de la ville.