vendredi 14 octobre 2016

14 octobre 1066 - 2016 , 950e anniversaire de la bataille d'Hastings

scène de reconstitution historique de la bataille (en 2006) : guerriers normands
La bataille d'Hastings (dans le sud de l'Angleterre actuelle) fut un engagement militaire qui a marqué un tournant dans l’histoire anglaise en faisant passer le pays sous domination normande. Il a opposé, le 14 octobre 1066, les troupes de Harold II, roi saxon d’Angleterre, à une armée d’invasion commandée par Guillaume, duc de Normandie, appelé après la conquête Guillaume Ier le Conquérant.

fragment de la tapisserie de Bayeux : les troupes anglaises à pied en position de défense

Guillaume, duc de Normandie, surnommé
"le Conquérant" après avoir été : "le Bâtard"
fragment de la tapisserie de Bayeux




Guillaume prétend au trône d’Angleterre, qu’il dit lui avoir été promis par son cousin, le roi Édouard le Confesseur. C’est pourquoi, après la mort d’Édouard, Guillaume s’oppose à l’élection d’Harold comme roi et, avec la bénédiction du pape Alexandre II (pape de 1061 à 1073), se prépare à envahir l’Angleterre.











fragment de la tapisserie de Bayeux: cavaliers normands chargeant les fantassins anglo-saxons


Le 28 septembre 1066, le corps expéditionnaire normand, comprenant des fantassins armés d’arbalètes et des régiments de cavalerie lourde, débarque sur la côte anglaise près de Hastings. Après une marche forcée à travers le Yorkshire — où Harold II vient de battre son propre frère rebelle, le comte de Northumbrie Tostig, à la bataille de Stamford Bridge —, l’armée anglaise, forte de 7 000 hommes, occupe une hauteur (appelée plus tard Senlac Hill) sur la route de Londres, à 10 km environ au nord-ouest de Hastings.

fragment de la tapisserie de Bayeux : duels à cheval ou à pieds , à l'épée ou à la hache
reconstitution d'un bouclier normand
tel qu'on peut en trouver représentés
sur la tapisserie de Bayeux


Déclenchée à 9 heures le 14 octobre, la première attaque normande ne réussit pas à déloger l’infanterie anglaise (armée de lances, d’épées et de haches), qui se protège des flèches ennemies en imbriquant les boucliers. Les soldats anglais équipés de haches dispersent une charge de la cavalerie normande, ce qui provoque la fuite d’une partie de l’infanterie. Puis, sans tenir compte des ordres de Harold II, plusieurs unités de l’armée anglaise rompent les rangs et se lancent à la poursuite des fuyards normands. Mais, de nouvelles troupes normandes ripostent, encerclent et anéantissent rapidement ces unités. Prenant avantage du manque de discipline parmi les soldats anglais, Guillaume ordonne un simulacre de retraite. Le piège se referme sur un important corps de troupes anglaises. Fortement affaiblis par ces défaites et démoralisés par la blessure mortelle de Harold II, les Anglais sont forcés d’abandonner leur position stratégique sur Senlac Hill. Seuls quelques groupes de défenseurs échappent aux assauts de la cavalerie normande.

La victoire de Guillaume à Hastings ouvre la voie à la conquête normande de l’Angleterre.


fragment de la tapisserie de Bayeux : la mort du roi Harold décrite par l'inscription  "Harold Rex Interfectus: Est"
    
scène de reconstitution historique de la bataille: fantassins normands, vêtus de hauberts (cottes de mailles)
et portant des casques à nasal qui les rendaient méconnaissables. Ils se protègent avec les célèbres boucliers
en forme d'amande. Ils sont ornés de décorations "proto-héraldiques", qui n’identifiaient pas forcément
un seul combattant, mais le plus souvent un groupe, une section  avec quelques variations dans le dessin
 ou les couleurs des motifs. Ces motifs n'étaient utilisés que dans les batailles ou lors des tournois, pour
l'entraînement au combat, et n'étaient en aucun cas héréditaires, comme le seront les armoiries,
qui n'apparaîtront qu'un siècle plus tard et se généraliseront peu à peu 

fragment de la tapisserie de Bayeux : charge des cavaliers normands montrant leurs boucliers ornementés
 Le bouclier du XIe siècle est alors connu sous le nom d' Écu, qui vient du romain Scutum et désignait un bouclier long. Cet écu en forme d'amande, donc arrondi au-dessus et pointu vers le bas, légèrement concave à l'intérieur, s'orne d'un umbo conique ou hémisphérique au centre, parfois aussi d'un motif de cloutage; il est bordé d'une bande que l'on suppose métallique, l'orle. Suspendu au cou par une large courroie, la guige, on la manie en introduisant l'avant-bras gauche dans une énarme en forme d'anse, fixé au revers, et en agrippant de la main une seconde, disposée perpendiculairement à la première. Il arrive aussi que les énarmes soient parallèles. La taille de ce bouclier est relativement modeste : assez étroit, il ne dépasse guère 1 mètre ou 1,30 mètre de haut.

reconstitution historique : combattants saxons avec boucliers circulaires, plus anciens et encombrants, qui vont peu à peu devenir obsolètes en Europe occidentale et être remplacés par la forme en écu, celle qui va être à l'origine de l'héraldique.
série de timbres émis par l'île d'Aurigny (une des îles de l'archipel de la Manche) en septembre 2016 pour commémorer le récit
 du débarquement de Guillaume de Normandie et de la bataille ( cliquer sur l'image pour l'agrandir) - on peut y voir quelques  boucliers normands et saxons peints, préfigurant ce qui deviendra l'art héraldique , un siècle plus tard

 • La Tapisserie de Bayeux 
C'est une broderie élaborée à la fin du XIe siècle, sur une bande d'une hauteur d'environ 50 cm et longue de 68,38 mètres. Elle relate des faits historiques allant de la fin du règne du roi d'Angleterre Édouard le Confesseur en 1064 à la bataille d'Hastings en 1066, avec une multitude de détails qui nous renseignent sur cette période de l'histoire de manière inestimable. Conservée jusqu'à la fin du XVIIIe siècle dans le Trésor de la cathédrale de Bayeux, elle a échappé de peu à la destruction lors de la Révolution française. Elle est aujourd'hui présentée au public au centre Guillaume le Conquérant qui lui est entièrement dédié.
On peut admirer une image développée dans son intégralité → ICI
(cliquer sur la mince bande centrale, ou tout en haut de l'écran: c'est elle ! ... pour l'agrandir - 
sur les appareils mobiles : c'est plus compliqué, mais on y arrive ....)


        Harold  Herald Dick

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