lundi 28 novembre 2011

Zoo héraldique #04 : l'Éléphant - 1ère partie Elephas heraldicus europae


Ville de Pégomas
(France - Alpes-Maritimes)
logo actuel (site internet)

 Ne cherchez pas cette espèce dans vos livres de biologie !  ce n'est pas de cette science dont je veux vous parler ... Tout le monde sait qu'il n'existe que deux espèces d'éléphant sur la planète , celui d'Afrique et celui d'Asie, mais moi je vous propose de vous interesser à ceux que l'on trouve sur nos armoiries et qui ont parfois un aspect bien différent des vrais !  du moins.. avaient,  jusqu'à il y a peu de temps !
fragment d'enluminure extrait du
Physiologus (XIIIè s.)
(BNF- Paris)
 Il est vrai qu'au Moyen-âge, peu de personnes pouvaient se vanter d'en avoir vu !  La plupart du temps ils arrivaient en Europe sous forme de cadeaux diploma- tiques ou de tribut de guerre, comme des tas d'autres espèces animales : lions , girafes, rhinocéros , etc...  Dès l’an 800, ils sont offerts par des souverains orientaux, des princes indiens ou des tribus d’Afrique du Nord.  
Ville de Metmach
(Autriche)
Pour n’en citer que quelques uns : Charlemagne possédait son éléphant, qu"il emmenait dans les opérations de guerre contre le Roi du Danemark, notamment . Tout comme l’empereur germanique Frédéric II. Louis IX (Saint Louis) apporta un éléphant en France de retour de croisade, qu'il offrira plus tard au Roi d'Angleterre Henri III. Le légendaire éléphant Hanno apporté d’Inde ( vers 1510; † 1516), fut offert par le roi Manuel Ier de Portugal (1469–1521) au Pape Léon X. Hanno fut amené à Rome en 1514 et devint rapidement l’animal préféré du pape. 

Armorial Général de France de Charles d'Hozier (1696) - Généralité de Poitiers - Vol. n° 28 - extrait page 1180
   Mais bien avant cette époque,  les éléphants les plus célèbres ont été ceux du Général carthaginois Hannibal qui traversèrent l'Espagne , les Pyrénées, le sud de la Gaule et le nord de l'Italie par les Alpes pour aller livrer bataille jusqu'aux aux portes de Rome et dans toute l'Italie romaine ( Deuxième Guerre Punique ; 218-202 av J.C.). 
la traversée du Rhône par les éléphants d'Hannibal

Bataille de Zama (202 av JC)
l'armée d'Hannibal est vaincue , il se suicidera plus tard.
  Imaginez la tête des populations locales et des soldats romains pour qui les animaux les plus gros qu'ils connaissaient étaient les boeufs ou les chevaux !  Car c'étaient des éléphants d'Afrique, les plus grands, dressés pour le combat,  certains affichant plus de trois mètres de haut au garrot et environ 5 tonnes de poids ! Cela a été un choc tel, que les soldats effrayés, fuyaient même sans combattre. Malheureusement , les conditions climatiques ont fait que la presque totalité des bêtes (200) a été décimée après le passage des Alpes.
  Et finalement , c'est le général romain Scipion (l'Africain) qui a eu le dernier mot sur le territoire même de Carthage en 202. On ne verra plus d'éléphants en Europe pendant des siècles.
 Le Muy ( France - Var)
blason de pierre en bas-relief
 Les exploits d'Hannibal ont marqué les esprits à tel point que beaucoup de personnes ont longtemps cru que les armoiries des quelques villages de Provence qui montrent un éléphant , étaient en quelque sorte, un hommage à cet évènement antique. Même si ces villages n'avaient jamais été traversés par le convoi de  l'armée cathaginoise !

de gauche à droite et de bas en haut : blasons des villages de :
1- Carniol (Alpes-de-Haute-Provence)  / 2 - Lioux (Vaucluse) /
3 - Montjustin (Alpes-de-Haute-Provence) /
4 - Pégomas (Alpes-Maritimes)  / 5 - Dauphin (Alpes-de-Haute-Provence)  / 6 - Villeneuve (Alpes-de-Haute-Provence)
 En fait, il n'en est rien , c'est notre juge général d'armes, Charles-René d'Hozier, qui en 1696, a attribué arbitrairement un grand nombre d'armoiries à des personnes et des communautés de la Provence, en alternant partitions (coupé + croix, pal, fasce, pairle, sautoir + loup, sanglier, serpent, ours, cerf, etc... et éléphant) , comme le montre l'extrait ci-dessous :
Armorial Général de France de Charles d'Hozier (1696) - Généralité de Provence - Vol. n° 29 - extraits pages 697 et 733

 Mais revenons un peu au Moyen-âge. L'éléphant était considéré comme un animal fabuleux, du moins exotique . Et par sa taille,  il était un symbole de force ,  de puissance . Il est évident que ces qualités allaient être reprises par les seigneurs féodaux pour leur compte, dans leur grande immodestie , mais c'était des guerriers avant tout.
Burg Helfenstein (Jura Souabe- Allemagne) - gravure XIXè siècle

Tout en se démarquant des classiques  lions , aigles, ours , sangliers , qui ont le monopole de la puissance dans l'héraldique médiévale, c'est ainsi que des seigneurs Souabes ( Allemagne du Sud) , inféodés à l'Empereur germanique , ont choisi ce symbole, mais aussi car il avait le caractère d'armes parlantes: les comtes (Graf) von Helfenstein (du XIè au début du XVIè siècle).
Voici quelques superbes images extraites des manuscrits de l"époque :
plaque funéraire ornée du blason
de la famille de Helfenstein
( église de Blaubeuren - Allemagne)

Wappenrole von Zürich (v.1335-1345)
de gueules à l'élephant d"argent sur une montagne d'or










Ingeram Codex (1459)

















Wappenbuch Conrads von Grünenberg (1483)



 
Wappenbuch Anton Tirol (1540)





















Vous pouvez donc camparer les différentes "vues" des artistes illustrateurs et surtout noter que les défenses de l'éléphant sont assimilées à celles des sangliers, en les pointant vers le haut !autres erreurs "anatomiques" : les oreilles et les membres arrières à l'articulation inversée !

 Les armes de Helfenstein ont produit d'innombrables séquelles dans les armoiries des villages d'Allemagne du Sud , voici un petit échantillon des plus représentatifs :
de gauche à droite , blasons des villages de  :
1 - Temmenhausen  / 2 - Deggingen /   3 - Oppingen  /    4 - Hohenstadt  /   5 - Niederrosla 
  ( tous en Allemagne)

de gauche à droite , blasons des villages de  :
6 - Stubersheim  /  7 - Steedener  /   8 - Hausen ob Lontal  /    9 - Wiesensteig  /   10  - Neufra an der Donau  
  ( tous en Allemagne)



 Dans certains armoriaux médiévaux , il était d'usage de blasonner aussi des personnages légendaires et les princes ou souverains de pays lointains et exotiques. Et donc une bonne raison de plus pour utiliser l'éléphant, lui même symbole d'exotisme !!

Armoiries fictives du Royaume de Babylone - Wappenbuch  Conrad von Grünenberg (1483)
notez l'éléphant du cimier portant une tour :
j'en ferai le thème de mon prochain article  Zoo H. #05
l'animal du bas est une salamandre ! si, si, je vous assure ...

Armoiries fictives du Roi des Scythes
 (Asie Centrale)
de pourpre au proboscide d'or
  L'écu ci-dessus montre un "produit dérivé" de l'éléphant: sa trompe, nommée proboscide. Encore un mot spécifique très peu employé ailleurs qu'en héraldique !  Mais aussi une figure très rarement utilisée ...

Extrait de l'Art héraldique de l'Encyclopédie
de Diderot et d'Alembert (~1751-1772)
cimier de la famille Allhusen
montrant des proboscides















Famille de Fitz  : "De gueules, parti d'argent et de gueules à 2 trompes d'éléphant adossées, les naseaux vers le chef, de l'un en l'autre"
Armorial Général de France de Charles d'Hozier (1696) - Généralité de Paris - Vol. n° 23

Armorial Général de France de Charles d'Hozier (1696) - Généralité de Bretagne - Vol. n° 9

ville de Hornberg - Schwarzwald (Allemagne)
ce sont en fait des cornes mais le dessin est  assez troublant
pour qu'on l'assimile à des proboscides

Ville de Mellrich ( Allemagne)






















  Enfin , autre partie de l'éléphant parfois représentée en héraldique : les défenses , mais très rare.
village de Beša  (Slovaquie)


Ce n'est pas fini , je prévois plusieurs volets supplémentaires , pour une figure assez bien représentée en héraldique, c'est exceptionnel , mais cela le métite , vous le verrez ...

                        Herald Dick

samedi 26 novembre 2011

1500ème anniversaire de la mort de Clovis :
27 novembre 511 - 2011 ; et la naissance des fleurs de lis ?

Clovis à la bataille de Tolbiac (496) contre
les Alamans - fragment de gravure :
notez les crapauds sur son tabard
blason de Zülpich (Allemagne)
nom actuel de Tolbiac
1500 ans ...
 
 Un monumental anniversaire pour l'histoire de notre pays ! Mais qui passe complètement inaperçu ou presque dans l'actualité et les médias...  Ah ! la crise,  les guéguerres politiciennes, les faits divers, ça marche, l'actu people : pas de problême. La culture : rien,  sauf dans les médias très spécialisés.
  Pourtant ce Clovis, le fier sicambre , du nom de son peuple d'origine, c'est un sacré "people" de l'Histoire de France !!
  Le Général de Gaulle, lui-même,  revendiquait son héritage, en précisant que ce grand chef, fédérateur des différents royaumes Francs, et vainqueur des autres peuples non ralliés : alamans , wisigoths, etc... après sa conversion au christianisme,  pouvait être considéré comme le fondateur de notre Nation. Le Romulus et Rémus de la France , en quelque sorte..


L'épisode (controversé) du vase de Soissons
enluminure du XVè siècle
                                                         
 Son tombeau était placé jadis dans l'ancienne basilique Ste-Geneviève à Paris ( là où se trouve le Panthéon actuellement et ...  la rue Clovis !). On ne sait rien de ce que sont devenus ses restes , mais son gisant du XIIIè siècle a été transféré plus tard dans la cathédrale de Saint-Denis où il est désormais. 
 Clovis Ier est au début  de la dynastie des rois mérovingiens qui règneront sur le Royaume des Francs jusqu'au milieu du VIIIè siècle , puis remplacée par la dynastie carolingienne.
Gisant de Clovis , roi des Francs
cathédrale-basilique de Saint-Denis (Ile-de-France)

l'épisode du Baptême par Saint Rémi (496)
lettrine d'un manuscrit














                                                                                         Mais , à ce stade , vous allez sans doute vous dire , et alors quel rapport avec l'héraldique , qui n'est apparue qu'au XIIè siècle ?  Eh bien : beaucoup de questions  sur ses origines, ce qu'on appelle parfois la pré-héraldique, quelques certitudes et certains doutes.

 Les chroniqueurs du Moyen-Âge , étaient surtout des religieux , clercs ou moines , et une de leurs attributions était de copier les manuscrits . Comme ils étaient également de fins illustrateurs , ils nous ont laissé des quantités phénoménales d'enluminures , gravures , dessins , lettrines , etc... pour notre plus grand plaisir , ce sont les BD de l'Histoire. Et la folie du dessin héraldique leur est montée à la tête, comme une drogue , à vouloir blasonner tout et n'importe quoi !  Les personnages légendaires ( comme les Chevaliers de la Table Ronde) , les personnages de la Bible et du Nouveau Testament , y compris Dieu , Jésus-Christ ,  même le Diable , et aussi la Mort , tout y est passé. Et donc aussi les grands personnages de la vraie Histoire antérieure au XIIè siècle ; pour l'Antiquité : le roi David, Alexandre le Grand, Jules César, etc...
 Voici donc comment Clovis et les rois mérovingiens , ses successeurs se sont vu attribuer des crapauds , et surtout à l'étranger , d'ailleurs , bizarrement ! Est-ce que nous n'étions pas déjà des froggies en ce temps-là ?

Armes des Rois mérovingiens selon
 l'Armorial de Grünenberg (1483)
d'azur à trois crapauds d'or
Armes du Roi légendaire Pharamond ,
ancêtre supposé de Clovis ,
de sable à trois crapauds d'or




















 Par la suite , découlant de ces extravagances, des phantasmes ont eu cours, à toutes les époques, pour prétendre que le symbole de la fleur de lys serait une déformation progressive du crapaud vers la fleur. Ou bien ce sont les abeilles de Childéric, et bla-bla... De plus,  pour ces faux érudits, les figures du blason doivent nécessairement toujours avoir une signification symbolique et permettre de remonter à l'origine, il ne peut pas être dû au hasard ou issu d'un choix arbitraire.  Et ainsi le tour est joué, l'Histoire réécrite, comme quoi les rois de France sont les descendants de Clovis et par lui  avant,  de Priam, le roi des Troyens,  ou bien même aussi de Jésus-Christ, par la grâce de Dieu, on ne sait pas trop comment. Les signes sont là qui le prouvent et tout corrobore... surtout pour mener à bien et trouver des justifications pour la Croisade ou autres théories extrêmistes.

Voici déjà ce qu'en pensaient les philosophes du Siècle des Lumières ;
extrait de l' Encyclopédie de Diderot et d'Alembert  (1756) * :
(*) orthographe de l'époque conservée
Fleurs-de-lis ,s. m. pl. (Blason.) armes des rois de France: personne n'ignore qu'ils portent d'azur à trois fleurs-de-lis d'or.
Les fleurs-de-lis étoient déjà employées pour ornement à la couronne des rois de France, du tems de la seconde race, & même de la première: on en voit la preuve dans l'abbaye de S. Germain des Prés, au tombeau de la reine Frédegonde, dont la couronne est terminée par de véritables fleurs-de-lis, & le sceptre par un lys champêtre. Ce tombeau, qui est de marqueterie, parsemé de siligrame de laiton, paroît original ; outre qu'il n'y a point d'apparence qu'on eût pensé à orner de la sorte le tombeau de cette reine long-tems après fa mort, puisqu'elle a si peu mérité cet honneur pendant sa vie.
Pour ce qui est de la seconde race, on trouve plusieurs portraits de Charles-le-Chauve, dans les livres écrits de son vivant, avec de vraies fleurs-de-lis à fa couronne ; quelques-uns de ces manuscrits se gardent dans la bibliothèque du Roi, comme aussi dans celle de M. Colbert qui y est jointe ; & l'on en peut voir les figures dans le second tome des capitulaires de M. Baluze.
Mais comme les rois de France n'ont point eu d'armes avant le douzième siécle , les fleurs-de-lis n'ont pû y être employées qu'après ce tems-là. Philippe Auguste est le premier qui s'est servi d'une fleur-delis seule au contre-scel de ses chartes; ensuite Louis VIII. & S. Louis imitèrent son exemple : après eux, on mit dans l'écu des armes des rois de France, des fleurs-de-lis fans nombre ; & enfin elles ont été rédui-tes à trois, sous le règne de Charles VII*.
Voilà le sentiment le plus vraissemblable sur l'époque à laquelle nos rois prirent les fleurs-de-lis dans leurs armes ; & c'est l'opinion du P. Mabillon. M. de Ste Marthe, fils & neveu des frères de Ste Marthe, qui ont travaillé avec beaucoup de soin à recueillir nos historiens, & à éclaircir plusieurs points obscurs de notre histoire, pense que la fleur-de-lis a commencé d'être l'unique symbole de nos rois sous Louis VII. surnommé le Jeune. L'on voit que son époque n'est pas bien éloignée de celle du P. Mabillon. Quant à l'opinion de ceux qui veulent que nos lis ayent été dans leur origine le bout d'une espeçe de hache d'armes appellée francisque, à cause de quelque rapport qui se trouve entre ces deux choses ; cette opinion n'est étayée d'aucune preuve solide. Nous pourrions citer plusieurs autres conjectures qui ne sont pas mieux établies ; mais nous nous arrêterons seulement à celle de Jacques Chifflet, à cause des partisans qu'elle s'est acquise.

Dans la découverte faite à Tournay en 1653 , du tombeau de Childeric I. on y trouva l'anneau de ce prince, environ cent médailles d'or des premiers empereurs romains, zoo autres médailles d'argent toutes rouillées, un javelot, un graphium avec son stilet & des tablettes ; le tout garni d'or: une figure en or d'une tête de bœuf avec un globe de crystal, & des abeilles aussi toutes d'or au nombre de trois cents ou plus.-Cette riche dépouille fut donnée à l'archiduc Léopold , qui étoit pour lors gouverneur des Pay&Bas,; $c après fa .mort, Jean-Philippe de Schonborn, électeur de Cologne , fit présent à Louis XIV. en 1665 , de ces précieux restes du tombeau d'un de ses prédécesseurs: on les garde à la bibliothèque du Roi.
M. Chifflet prétend donc prouver par ce monument , que les premières armes de nos rois étoient des abeilles , & que des peintres & des sculpteurs mal habiles ayant voulu les représenter., y avoient si mal réussi qu'elles devinrent nos fleurs-de-lis, lorsque dans le douzième siécle la France & les autres états de la chrétienté prirent des armes blasonnées: mais cette conjecture nous .paraît plus imaginaire que fondée; parce que , suivant toute apparence , les abeilles de grandeur naturelle & d'or massif, trouvées dans le tombeau de Childeric I. n'étoient qu'un symbole de ce prince, & non pas ses armes. Ainsi dans la découverte qu'on a faite en 1646 du tombeau de Childéric II. en travaillant à l'églife de S. Germain des Prés, on trouva quantité de figures du serpent à deux têtes , appellé par les Grecs amphisbene, lesquelles figures étoient fans doute également le symbole de Childeric II. comme les abeilles l'étoient de Childeric I.
Au surplus, Chifflet, dans son ouvrage à ce sujet intitulé lilium francicum, a eu raison de se mocquer des contes ridicules qu'il avoit lûs dans quelquesuns de nos historiens, fur les fleurs-de-lis. En effet, les trois couronnes, les trois crapauds changés en trois fleurs-de-lis par l'ange qui vint apporter à Clovis l'écusson chargé de ces trois fleurs;ce qui a engagé les uns à imaginer que les rois de. France portoient au commencement de sable à trois crapauds d'or ; les autres, d'or à trois crapauds de sable ; & d'autres enfin , comme Trithème, d'azur à trois grenouilles de sinople ; tout cela, dis-je, ne peut passer que pour des fables puériles qui ne méritent pas d'être réfutées sérieusement.
                                                                                  Article de M. le Chevalier DE Jaucourt.

(*) c'est en fait plus tôt, Charles V qui a réduit les armes de France à trois lys.
deux seules survivantes des quelques 300 abeilles d'or incrustées de grenats
trouvées en 1653 dans le tombeau de Childéric Ier, à Tournai (Belgique)
(NB : Childéric était  le père de Clovis)
Napoléon Ier s'en est inspiré pour les armoiries qui ont été créées durant son règne
Armoiries de Paris en 1811
 Ce qui est indéniable , c'est l'étymologie : le vrai nom en dialecte franc de Clovis était Hlodowig (avec le h aspiré comme en arabe), qui a été traduit en latin Ludovicus , et deviendra Ludwig en allemand et Louis en français ...
Et , étant donné  qu'il y a eu quatre rois des Francs portant le nom de Clovis, donc équivalent à Louis , il  devrait y avoir un décalage d'autant dans l'ordre des Louis !!
Louis XIV devrait donc être Louis XVIII le Roi-Soleil , et le dernier Louis XVIII devrait s'appeler Louis XXII ??  Bon , je le concède , je pousse un peu le bouchon ... ;-)


  On peut difficilement dissocier Clovis de son épouse, Clotilde, princesse burgonde qui deviendra une sainte de la l'Eglise chrétienne. De même avec Sainte Geneviève, qu'il a rencontré à son arrivée à Paris, ville qu'il a pris pour capitale de son royaume. Et enfin et surtout de son "bienfaiteur" : l'évêque de Reims : Saint Rémi, qui a fait de lui une légende et inversement. 
Saint Rémi et Clovis
timbre de 1966,  émis par la Poste
 sous le mandat de Charles de Gaulle
Saint Rémi et la Sainte Ampoule
blason d'Itterswiller (France - Bas-Rhin)


Sankt Remigius (=Rémi)
blason de Dahenfeld
(Allemagne- Bade-Württemberg)
Sankt Remigius
ancien blason d'Otterstadt
(Allemagne - Rhénanie-Palatinat)




















À peine élu roi , Clovis entreprend la conquête de la Gaule.  Il rencontre sur sa route Syagrius, un général qui prétend être «roi des Romains» en maintenant l'illusion d'une permanence de l'empire romain entre la Meuse et la Loire. Le roi des Francs bat Syagrius et le fait égorger puis installe sa résidence à Soissons. Clovis le païen entre alors dans un milieu très romanisé et de religion chrétienne. Sous l'influence de Rémi,  il comprend l'intérêt de se rallier les Gallo-Romains en adoptant leur religion. Sa femme Clotilde, fille du roi des Burgondes et pieuse catholique, le pousse à se convertir.
 En 496, à Tolbiac (en allemand, Zülpich), près de Cologne, les Francs repoussent une attaque des Alamans, une tribu germanique hostile. Selon la légende, c'est au cours de cette bataille épouvantable que le roi des Francs aurait imploré le secours du Dieu de Clotilde et pris la résolution de se convertir s'il vainquait. Il passe à l'acte deux ans plus tard, le jour de Noël.

la Sainte Ampoule
blason d'Amnéville
(France- Moselle)
 Toujours, selon la légende , un miracle eut lieu ce jour de baptême :  le Chrême (huile mêlée de baume pour la cérémonie) venant à manquer, Dieu  adresse un signe, par l'envoi d'une colombe blanche qui apporte, dans son bec, la céleste Ampoule.

 Le baptême de Clovis par saint Rémi, en 498 ou 499, constitue l'acte fondateur de l'onction royale  dans la cathédrale de Reims. Cependant, le premier roi à être sacré est Pépin le Bref en 751, à Soissons, puis, à nouveau, à Saint-Denis, en 754, par le pape Etienne II. Tous les rois de France seront ainsi sacrés à Reims, la plupart du temps , sauf exceptions, avec la Sacrée Fiole ! 

  Cette fameuse Ampoule qui semblait pourtant inépuisable ! sera détruite sous la Révolution , en 1793, en Place Royale de Reims. Mais  : second miracle , un témoin aurait subrepticement ramassé quelques éclats encores enduits du précieux liquide, ce qui aurait permis de reconstituer une nouvelle Ampoule version V.2 pour le sacre des rois de la Restauration : Charles X notamment.
 

 Voilà, j'en ai fini avec cette belle Histoire qui, je l'espère vous aura un peu remémoré les images de vos livres de Primaire. Je vous l'affirme encore , l'Héraldique est un excellent vecteur de rêve : dans l'espace et dans le temps !!

A bientôt pour de nouvelles belles histoires de l'Histoire ...


Herald Dick

vendredi 25 novembre 2011

Philatélie - octobre 2011 (archives)

Voici déjà le troisième volet consacré à l'héraldique à travers les timbres.
Et en même temps que les dernières nouveautés sorties, selon le "décalage horaire" de la presse spécialisée, je tiens à vous présenter un nouveau pays qui a toujours été assez prolifique dans le domaine qui nous intéresse, et aussi pour sa production philatélique, y compris sous le régime de l'Union Soviétique.
 Car contrairement à la Révolution Française , le Régime Communiste de l'URSS a conservé, en partie pour sa propagande, l'usage d'une héraldique certes très spécifique et peu orthodoxe ( sans jeu de mots), mais qui a le mérite d'exister. J'ai d'ailleurs l'intention de vous en présenter un jour une petite synthèse dans mes pages blog , car il y a des choses intéressantes et que cela réprésente tout de même sept décennies d'histoire.

Voici donc la Russie du XXIè siècle ( Россия sur les timbres) :

Герб России
Armoiries actuelles de la Russie

cliquer sur la carte pour agrandir

Voici les dernières sorties de l'année 2011 (sans ordre chronologique parfait) :

 
                               Bloc-feuillet                                                                                            timbre isolé                         
         350è anniversaire de l'intégration de la République de Bouriatie (Sibérie)

350è anniversaire de la ville d'Irkutsk (Sibérie)

 















Irkutsk























République de Komi ou Komys (Oural)
Ordre de Saint-André ( concerne plutôt la phaléristique)
ordre de chevalerie d'origine impériale rétabli par Boris Eltsine en 1998

Bicentenaire de l'Indépendance du Vénézuela 

Pour complément, voici un florilège des émissions de ces dernières années :

100è anniversaire Ecole Militaire d'Aviation de Kachin

Prêt-à-poster : ville de Tambov

ville de Yaroslav


ville de Vladivostok

















Millénaire de la ville de Yaroslav

FDC - Millénaire ville de Yaroslav

couverture collector pour feuille de timbres Vladivostok

400è anniversaire de l'intégration du territoire de Kalmyk (Kalmouks, Sibérie)

Tricentenaire du palais impérial de Tsarkoe Selo à Iekaterinburg (armoiries)

emblème héraldique de Saint-Pétersbourg

emblème héraldique de Moscou





















Stratégie spatiale

département des Transports russes






















drapeau et armoiries de la Russie
(élection du Président Medvedev)






















Noël 2008 - Tour Spasskaïa,
 du Kremlin, à Moscou

Marine russe


























  Voilà , je m'arrête là , pour ne pas se perdre dans l'immensité du pays. 

 Je rappelle encore une fois , que je ne vends pas ces timbres , et qu'il faut s'informer auprès des vendeurs spécialisés ...
 A bientôt , pour une nouvelle destination..

HD