dimanche 12 janvier 2020

l'Armorial de La Planche - 1669 - Gouvernement de Champagne - Bailliages de Reims et de Châlons

S   uite de la visite d'un des plus anciens manuscrits répertoriant des armoiries de villes et de villages de France, dessinées à la plume et peintes à l'aquarelle, antérieur de trois décennies à l'Armorial Général de France de Charles d'Hozier ! Voir la description initiale : →

    Nous poursuivons avec la découverte du "livre" (c'est l'appellation donnée à une section d'un manuscrit, qui est lui-même divisé en chapitres) consacré au Gouvernement de Champagne. Après le premier chapitre consacré au Bailliage de Troyes, nous abordons deux nouveaux bailliages : celui de Reims et celui de Châlons.  Les subdivisions de cet ancien Comté et ancienne province de Champagne, abrogées sous la Révolution, ont servi de base pour former le département actuel de la Marne, en y joignant les territoires autour de Sézanne, de Sainte-Menehould et de Vitry-le-François qui n'étaient pas dépendants de ces bailliages. Voici donc les deuxièmes et troisièmes chapitres réunis en un seul sujet.

      Revenir à l'épisode précédent →

Voici l'extrait d'une carte datant de la fin du XVIIIe s. , donc postérieure d'un siècle, mais sur laquelle j'ai reconstitué les limites administratives de notre région :
 Vous pouvez cliquer sur toutes les images pour les agrandir








  Les fragments de manuscrits proviennent cette fois du Volume I. Pour enrichir l'étude, j'ai mis en bonus l'extrait équivalent dans l'Armorial Général de France* (1696-1711), établi par Charles-René d'Hozier, et comme auparavant, j'ai placé le blason actuel en-dessous, pour comparer les différences ou au contraire la constance des figures dans le temps.

(*)  Armorial Général de France  -  volume X  -  Généralité de Châlons (Champagne) - (BNF Paris)


Reims (Marne)

  Ce n'est pas évident, au premier regard, mais ce sont des armes parlantes ! À l'origine les deux branches de laurier de sinople entrelacées étaient qualifiées de "rinceaux" (et donc nous obtenons : Reims / rinceau). Un rinceau désigne un motif ornemental constitué d'une « arabesque de feuillages, de fleurs ou de fruits sculptée ou peinte servant d'ornement en architecture ou dans les arts décoratifs ». 
  Le chef fleurdelisé fut attribué par les rois Capétiens qui venaient s'y faire sacrer et oindre avec la Sainte Ampoule, devant l'autel de l'église abbatiale de Saint-Rémi puis plus tard, celui de son illustre cathédrale.



Épernay (Marne)

   Les linguistes / toponymistes modernes analysent le nom d'Épernay sur la base des formes anciennes et en fonction des règles de la phonétique historique. Ils considèrent les formes primitives : Sparnacus, Sparnacum, comme un composé de deux éléments gaulois bien attestés "sparno" (épine) et le suffixe de localisation -aco(n), issu du celtique -ako(n), généralement latinisé en -acum, d'où la signification globale de « lieu planté d’épines ».
  Les trois fleurs des armoiries d'Épernay, blasonnées comme: "trois roses d'argent" , pourraient être en fait des fleurs de cenellier ou d'aubépines (Crataegus spp), arbustes de la famille des rosacées et pourvus d'épines. Cette hypothèse attesterait du rapport  entre la figure héraldique et le toponyme, sous forme d'armes parlantes indirectes.
source textes : fr.wikipedia.org/wiki/Épernay#Topo  et  armorialdefrance.fr/page_blason.php?ville=9408



Fismes (Marne)

  Un ancien blason (avant 1912), qui était sculpté sur la façade de l'ancien Hôtel de Ville montre trois hommes d'armes, armés le premier d’une épée, le second d'une lance et le troisième d’une hallebarde. Il découle du sceau médiéval de Fismes (voir image sur ce document → ICI, page 6) , attribué par Thibault IV de Champagne à la commune devenue libre en 1226. C'est donc cette figure à trois personnages que notre manuscrit reproduit en couleurs, en précisant qu'il s'agit de trois Comtes de Champagne en armure. Le premier est armé d'une lance (et un bouclier ? dans le dos), le deuxième d'une épée et d'un bouclier, et le dernier d'une masse d'armes et d'un bouclier. Ils semblent tous avoir une épée à la ceinture dont on aperçoit les extrémités du fourreau au niveau des jambes.
   Depuis 1912, c'est le blason actuel, qui est depuis reproduit sur tous les documents officiels de la commune qui a été choisi. Il est un condensé total de l’histoire de Fismes puisqu’il agrège sous forme d'un écu écartelé avec écusson sur le tout, l'ancien sceau de 1226 et les armes de César Costentin de Tourville et de son épouse, à qui Fismes est offert en 1646, par le Grand Condé, qui acquiert les droits sur la ville. Le nouveau Comte de Fismes, César de Costentin de Tourville, épouse Lucie de la Rochefoucauld. Il lèguera sa charge à son fils, François-César, qui décède en 1697. A cette date, il semble que Fismes sorte des possessions de cette famille.Il en reste des armoiries très intéressantes, puisqu’elles lient la commune à deux grandes familles, proches du roi.
  Entre temps, Charles d'Hozier, dans l'Armorial Général de France, lui avait attribué en 1697 le blason que nous voyons plus haut : "De gueules à la tour d'argent, ouverte du champ, maçonnée de sable et accostée de deux lions affrontés d'or la soutenant". Il n'a pas été conservé par la municipalité.
source texte : www.fismes.fr/public/documents/fismesaujourdhui_89.pdf



Châlons -en- Champagne (Marne)


  La croix, tantôt de gueules, tantôt d'argent, figure dans le blason de la ville de Châlons dès 1308, par l’intermédiaire d'un sceau, et sont calquées sur les armes des évêques-comtes de Châlons. La croix et les fleurs de lys évoquent les deux pouvoirs, spirituel et temporel des évêques, pairs de France.
  Finalement, l'Armorial Général de France de 1696 enregistra une croix d'or cantonnée de quatre fleurs de lis du même métal, armes attribuées alors à l’évêché. Ceci fut confirmé au début du XIXe siècle sous la Restauration (voir → ICI).




Vertus (Marne)


  Vertus est une ville très ancienne, dont le nom a été rapproché du latin « Virtus » désignant la vertu (la force virile) mais viendrait plutôt de celui d'une divinité gauloise, Virotus ou Virotutes, assimilée plus tard à Apollon après la conquête du territoire par les Romains.
   Durant la Guerre de 100 ans, le roi Jean II le Bon ayant été fait prisonnier par les Anglais, les habitants participèrent au paiement de la rançon réclamée pour sa libération. En reconnaissance, il accorda à la ville, en 1361, ses armes avec la devise " VIVIT POST FUNERA VIRTUS" (le courage survit à la mort). Vertus subit plusieurs des incendies pendant la guerre de 100 ans. Elle sera une des dernières villes à résister aux Anglais qui la brûlèrent en 1380.
 La devise utilise donc aussi le jeu de mots entre Virtus et Vertus. Le cœur (enflammé ou pas) représente la vie, le courage, malgré la flèche qui le transperce. La position de la flèche et la couleur du champ semblent sujettes à variations au cours de l'histoire.
sources texte :  fr.wikipedia.org/wiki/Vertus  et  www.blancs-coteaux.fr/



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D'autres villes ou lieux sont juste décrits par le texte :

• Pour le bailliage de Reims,  sans blason ni mention s'y rapportant :
 Abbaye de Saint-Thierry (commune de Saint-Thierry),  Ay, Avenay, Damery, Cormicy.

• Pour le bailliage de Châlons,  sans blason ni mention s'y rapportant :
  Notre-Dame de l'Épine (basilique, commune de L'Épine), Avize, Fère-Champenoise.
    
 # cependant, quelques années plus tard, une communauté religieuse (en gras, ci-dessus) a été enregistrée et blasonnée dans l'Armorial Général de France. Ses armoiries ont été transférées à la commune du lieu, avec toutefois  quelques petits changements.

Saint - Thierry
(commune de la Marne)



A bientôt pour une nouvelle série ...→ ICI


Crédits :
les blasons "modernes" sont empruntés au site : 
- armorialdefrance.fr/

les extraits des manuscrits proviennent de :
- Bibliothèque et Archives du Musée du Château de Chantilly :
   . www.bibliotheque-conde.fr/ressources-en-ligne/
- Bibliothèque nationale de France à Paris : 
   . gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k111464h
  

💶 Appel au mécénat ou aux généreux donateurs :
 Au cours d'échanges d'informations avec les responsables de la Bibliothèque du Musée Condé, au sujet du manuscrit, il m'a été rapporté que l'ouvrage de Pierre de La Planche n'est actuellement plus exposé ni mis à disposition des visiteurs. En effet, les deux volumes du manuscrit sont en mauvais état : "la couverture", ce que l'on nomme dans le métier: les plats de reliure, sont soit partiellement,soit totalement détachés du manuscrit, ce qui nuit à sa conservation. La reliure étant en effet là pour maintenir et protéger le manuscrit.
  Si des personnes ou des entreprises sont intéressées, en mode mécénat, pour participer à la prise en charge de la restauration de ces précieux ouvrages, qu'elles prennent contact pour les modalités, avec les bibliothécaires à cette adresse mail  : bibliotheque@domainedechantilly.com
ou sinon m'écrire à : heraldexpo@orange.fr et je transmettrai à ma correspondante privilégiée.


             Herald Dick  
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dimanche 5 janvier 2020

Les blasons des métiers et corporations #16 - Wiener Gewerbewappen - les blasons des Guildes de marchands à Vienne en Autriche (V)

  R 󠀡etour sur le sujet que j'avais débuté il y a presque quatre ans, en poursuivant la découverte d'une héraldique très spécifique : celle des Guildes de métiers, artisans et marchands qui avaient une activité dans la capitale autrichienne Vienne aux alentours de l'année 1900.  Ces délicieuses images d'un autre temps, sont l’œuvre du peintre héraldiste autrichien Hugo Gerard Ströhl (1851 – 1919), sans doute l'un des plus grands parmi les artistes que l'on connaisse, tous pays confondus, dans cet art. Mais je vous ai déjà expliqué tout cela dans le premier volet  (voir → ICI).

  En marge de l'héraldique, nous allons aussi apprendre davantage de l'onomastique, une branche de l'étymologie qui nous donne en particulier la provenance de nombreux noms de famille d'origine germanique, mais qui ont essaimé dans le monde entier.
  Voici donc 14 nouveaux métiers : ils sont pour certains toujours d'actualité, surtout ceux qui touchent à l'alimentation et à l'artisanat. D'autres ont évolué avec l'industrialisation, la mécanisation et les avancées technologiques, mais aucun n'a réellement disparu.






Naturblumenbinder -  Fabricants de compositions en fleurs naturelles : fleuristes.
und  -   et
(Naturblumen-) -Händler -  Marchands de fleurs naturelles, fleuristes.


 • L'écusson posé sur les tiges des roses est aux armes de la ville de Vienne




Wagner  -   Charrons
 
• C'était l'artisan qui fabriquait et réparait les charrettes, et en particulier les roues, éléments les plus complexes.

• L'écusson central, propre au métier, est supporté par l'aigle bicéphale de l’Autriche impériale, tenant dans ses serres les symboles du pouvoir: l'épée et le globe, mais sans couronnes au-dessus des têtes.




Nicht protokollierte Händler -  Commerçants non enregistrés
mit  -  avec des
Brennmaterialien  - Matériaux combustibles


•  Il s'agit à priori de commerçants occasionnels, ne tenant pas de boutique et n'ayant pas de licence.

•  Le caducée symbolise naturellement le commerce, en tant qu'attribut de Mercure/Hermès, le dieu du commerce dans la mythologie gréco-romaine











Kürschner  -   Fourreurs, pelletiers.
Etc.

 
• L'écu est composé d'un assemblage papelonné de fourrures d'hermine au naturel.








Friseure  -   Coiffeurs
Raseure  -   Barbiers
und   -    et
Perückenmacher  -   Perruquiers

 








Taschner  -  Bourseliers, coffretiers, fabricants de sacs, bourses, sacoches, malles, fauteuils, objets de voyage et autres articles en cuir.




Juweliere  -   Joaillers
Gold- (-schmiede)  -   Orfèvres (pour l'or)
und   -    et
Silberschmiede  -   Orfèvres (pour l'argent).


• Force est de constater que le vocabulaire en allemand est plus précis qu'en français, puisque le nom de l'artisan orfèvre est différent selon le métal qu'il travaille !

• Le personnage représenté est saint Éloi, saint patron des orfèvres et des métiers en rapport avec la métallurgie, en général.

• Nous retrouvons l'écusson aux armes de la ville de Vienne dans la pointe de l'écu.




Handelsgremium  -   Comité des marchands
des XII., XII., XIV.  -   des 12ème, 13ème,
14ème
u. XV.     -    et 15ème
Bezirkes  -   Quartiers, secteurs, arrondissements.
 
 
 
 • Les symboles du caducée, l'ancre, la rame et aussi l'arche d'un pont caractérisent à priori le commerce fluvial (sur le Danube ou sur les canaux).







Gremium  -  Comité, guilde
der   -    des
Seidenwarenerzeuger  -   Producteurs de soie.


• Le papillon qui figure sur en bas de l'écu est le bombyx du mûrier (Bombyx mori) dont la chenille, appelée "ver à soie" produit naturellement la précieuse fibre sous forme de cocons.





Federnschmücker  -  Plumassiers
 

•  Le plumassier collecte et prépare des plumes d'oiseaux, fabrique et vend des garnitures qui deviendront accessoires de mode ou de scène (théâtres, cabarets) : éléments de costumes, ornements de chapeaux, etc...






Maschinenbauer  -  Ingénieurs en mécanique
 und     -  et
Mechaniker  -   mécaniciens












Apotheker  -  Pharmaciens
- Hauptgremium  - Comité principal



• Les initiales F. I. sont en fait le monogramme de l'empereur François-Joseph Ier (Kaiser Franz I.), dirigeant de l'époque en Autriche-Hongrie.

• L'écu est illustré par une herbe médicinale et un flacon de médicament avec son étiquette.


Weissgerber  -  Tanneurs, peaussiers, mégissiers.
 und     -  et
Fellhändler  -   marchands de peaux, de fourrures.

• Les outils mis en sautoir sont deux écharnoirs, ou couteaux à décharner les peaux.

• Le préfixe "Weiss" = blanc en français pour Weissgerber, indique ici qu'il s'agit d'artisans qui travaillaient plutôt des peaux d'ovins ou de caprins, à la différence des "Rotgerber"; "Rot" = rouge (voir le n°11 dans ce précédent sujet → ICI), tanneurs qui traitaient le cuir "rouge" des bovins. Encore une spécificité de la langue allemande qui apporte la précision qui est nécessaire pour identifier le bon métier et sa spécialisation !









Stellfuhrinhaber -  Propriétaires de chevaux et de véhicules hippomobiles.

















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A bientôt pour une nouvelle série de métiers .... → ICI

et pour revoir le précédent épisode (IV), c'est.... → ICI

Et je vous recommande aussi de visiter les magnifiques chromos allemandes, sur les métiers avec leurs blasons de corporation, rassemblées par mes amis du site "Noblesse et art de l'Écu " → ICI


Crédits :
- la totalité des images héraldiques sont visibles sur le site autrichien : oktogon.at  (lien : 127 Wiener Gewerbewappen)
- images et textes descriptifs en allemand sont accessibles dans ce livre numérisé: "Der heraldische Schmuck der Kirche des Wiener Versorgungsheims / publié par Jakob Dont ;  Gerlach & Wiedling, Wien (Vienne), 1910 "  :  www.digital.wienbibliothek.at/wbrobv/content/pageview/2634518



                           Herald Dick
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               Wappen Heraldik

mercredi 1 janvier 2020

🎊 Nouvel An 2020 🎉



de gauche à droite, et de haut en bas, nous avons les vraies armoiries des villes ou villages de  :

Bourcq (France - Ardennes)
     MArsberg (Allemagne)
Owen (Allemagne)
     Novedrate (Italie - Lombardie)
Niederissigheim (Allemagne)
     Nassau / Weikersheim  (Allemagne)
la Nou de Gaià (Espagne - Catalogne)
     Elgorriaga (Espagne - Navarre)
Eiterbach (Allemagne) 
     Engelhartszell (Autriche)



🎆Avec tous mes meilleurs vœux... 🎇
je vous souhaite une grande et heureuse année 2020 !  


🎇 pour générer l'ambiance sonore : cliquer sur le player ci-dessous :



     HERALD DICK 2020
Happy New Year !        
Feliz año nuevo !! 
    Feliz ano novo !!  
          Frohes neues Jahr !!
 С Новым Годом !!
 新年快乐!
明けましておめでとうございます !! 
سنة جديدة سعيدة !
नया साल मुबारक !!

 Heri ya Mwaka Mpya !


mardi 24 décembre 2019

"Mon beau sapin" en 60 blasons

🎄 Comment illustrer la fête de Noël avec l'héraldique: bien évidemment avec une figure commune aux deux arts et traditions : le sapin !  Car ce bel arbre, toujours vert, symbole des activités d'hiver et de fêtes, est assez répandu dans les blasons de nos communes, et pas seulement les communes montagnardes ! Ce n'est ici qu'une petite sélection, d'autres sont en réserve, pour une autre année, peut-être ....

🌲Rang n°1 : 1/ Thann (Haut-Rhin) - 2/ Bussang (Vosges)  -  3/ Sevrier (Haute-Savoie) - 4/ Le Valtin (Vosges)
5/ Morez (Jura).

🌲Rang n°2 : 6/ Dambach-la-Ville (Bas-Rhin) -  7/ Quend-Plage-les-Pins (Somme) - 8/ Gumières (Loire)  -
9/ Méailles (Alpes-de-Haute-Provence)  - 10/ Vorges-les-Pins (Doubs).

🌲Rang n°3 : 11/ Ravilloles (Jura)  -  12/ Longchaumois (Jura)  - 13/  Saint-Martin-d'Arce (Maine-et-Loire)  -
14/ Rombach-le-Franc (Haut-Rhin)  -  15/ Dannelbourg (Moselle).

🌲Rang n°4 : 16/ Saint-Laurent-en-Grandvaux (Jura)  -  17/ Bois-d'Amont (Jura)  -
 18/ Mouterhouse (Moselle)  - 19/ Francières (Somme)  -  20/ Villard-de-Lans (Isère).

🌲Rang n°5 :  21/ Pont-Trambouze (Rhône) - 22/ Mont-l'Étroit (Meurthe-et-Moselle)  - 23/ Nozeroy (Jura)  -
 24/ Saint-Claude (Jura)  -   25/ Saint-Germain-de-Joux (Ain).

🌲Rang n°6 : 26/ Cisternes-la-Forêt (Puy-de-Dôme)  - 27/  Vaujany (Isère)  - 28/ Orchamps-Vennes (Doubs)
29/  Culoz (Ain)  - 30/ Pélussin (Loire).


🌲Rang n°7 : 31/ Le Brugeron (Puy-de-Dôme)  - 32/ Samoëns (Haute-Savoie)  - 33/ Plainfaing (Vosges)  -
 34/ Villard-Bonnot (Isère)  -  35/ Bugeat (Corrèze).

🌲Rang n°8 : 36/  Evisa (Corse-du-Sud)  -  37/ Nompatelize (Vosges)  -  38/  Saint-Germain-l'Herm (Puy-de-Dôme)  -  39/  Saint-Pierre-de-Manneville (Seine-Maritime)  - 40/  Saint-Germain-en-Montagne (Jura).

🌲Rang n°9 : 41/  Bining (Moselle)  -  42/ Verchaix (Haute-Savoie)  -  43/ Oyonnax (Ain)  - 44/ Hadol (Vosges)
45/ Prémanon (Jura).

🌲Rang n°10 :  46/ Cublize (Rhône)  - 47/ Grambois (Vaucluse)  - 48/ Cormaranche-en-Bugey (Ain)  -
49/  La Pesse (Jura)  - 50/ Wisembach (Vosges).

🌲Rang n°11 : 51/ Auzelles (Puy-de-Dôme)  - 52/ Noirétable (Loire) -   53/ Troyon (Meuse)   -
54/ Saint-Pierre-de-Chartreuse (Isère)  -  55/ Bourg-Saint-Maurice (Savoie).

🌲Rang n° 12 : 56/ Azet (Hautes-Pyrénées)  - 57/ Le Hohwald (Bas-Rhin)  - 58/ La Bourgonce (Vosges)  -
59/ Poule-les-Écharmeaux (Rhône)  - 60/ Châtel-de-Joux (Jura)



💵 Crédits :
les blasons proviennent tous de :
Père Noël 🎅 (Daniel) que je salue avec son magnifique site :  armorialdefrance .fr/
et dans lequel vous pouvez trouver tous les détails (blasonnements, descriptions, historiques) .



  🎆JOYEUSES FÊTES !!!!🎇


mercredi 18 décembre 2019

l'Armorial de La Planche - 1669 - Gouvernement de Champagne - Bailliage de Troyes

S   uite de la visite d'un des plus anciens manuscrits répertoriant des armoiries de villes et de villages de France, dessinées à la plume et peintes à l'aquarelle, antérieur de trois décennies à l'Armorial Général de France de Charles d'Hozier ! Voir la description initiale : →

  Nous avons quitté il y a peu de temps l'exploration du manuscrit au dernier chapitre du Gouvernement de Lyonnais, plus précisément en Auvergne (voir l'épisode précédent →  ). Nous allons maintenant nous transporter dans une autre région plus au nord de la France, mais toujours à la fin du XVIIe siècle : ce sera le Gouvernement général de Champagne. L'ancien comté de Champagne était l'une des six pairies laïques primitives de l'ancien régime féodal. Les différentes circonscriptions du comté de Champagne relevaient du roi de France, du duc de Bourgogne, de l'archevêque-duc de Reims, de l'archevêque de Sens, de l'évêque-comte de Langres, de l'évêque-comte de Châlons (-en-Champagne), et aussi de l'abbaye de Saint-Denis. On peut encore y rajouter le petit duché de Rethel, au nord dans les Ardennes françaises.  A l'époque du manuscrit, l'ensemble du territoire était divisé en 11 bailliages que nous allons maintenant commencer à explorer.

   Cette nouvelle entité administrative du royaume de France fait donc l'objet du troisième livre (section) du manuscrit, qui est divisé en onze chapitres, consacrés chacun à un bailliage, qui était une subdivision administrative intermédiaire en vigueur plutôt dans le nord du pays, dirigée par un bailli.
  Voici donc le premier de ces chapitres, consacré au bailliage de Troyes, correspondant à la presque totalité du département actuel de l'Aube, sauf les territoires autour de Bar-sur-Seine et des Riceys, rattachés au Gouvernement de Bourgogne (ils ont déjà été visités, voir → ICI) et augmenté des territoires autour des villes de Joigny et de Saint-Florentin, dans de nord de l'actuel département de l'Yonne.



  Voici l'extrait d'une carte datant de la fin du XVIIIe s. , donc postérieure d'un siècle, mais sur laquelle j'ai reconstitué les limites administratives de notre région :
 Vous pouvez cliquer sur toutes les images pour les agrandir  :










  Les fragments de manuscrits proviennent cette fois du Volume I. Pour enrichir l'étude, j'ai mis en bonus l'extrait équivalent dans l'Armorial Général de France* (1696-1711), établi par Charles-René d'Hozier, et comme auparavant, j'ai placé le blason actuel en-dessous, pour comparer les différences ou au contraire la constance des figures dans le temps.

(*)  Armorial Général de France  -  volume X  -  Généralité de Châlons (Champagne)
                                                      volume XXV - Généralité de Paris, tome III


Troyes (Aube)

   La ville porte les armes de l'ancien comté de Champagne, augmentées du chef de France octroyé aux "bonnes villes" de France. Le comté de Champagne a été apporté au domaine royal lors du mariage de Jeanne de Navarre, comtesse de Champagne avec le dauphin de France Philippe le Bel en 1284. Le rattachement est rendu définitif par leur fils le roi Louis X le Hutin.  Mais quand le chef de France a-t-il effectivement été accordé à la cité de Troyes ? ce n'est pas clair, très probablement au XVe siècle ou au mieux à la fin du XIVe siècle.
   Dans ce présent chapitre, deux villes seulement ont été enregistrées et blasonnées dans l'Armorial Général de France. Mais avec une anomalie étrange pour Troyes: les fleurs de lis du chef ont été coloriées en argent au lieu de l'or... et par ailleurs les deux cotices potencées et contre-potencées sont mal représentées car trop éloignées de la bande de l'écu, qui elle-même semble réduite à une cotice.



Joigny (Yonne)


  Ce précieux manuscrit nous révèle l’existence d'une forme ancienne des armoiries de la cité de Joigny avec une belle enceinte complète et close de fortifications, entourée de fossés et vue en perspective, une manière de dessiner très appréciée par l'auteur pour son réalisme.
  Au XVe siècle, c'est la guerre de Cent ans, les habitants de Joigny étaient attachés au parti Bourguignon pro-anglais de Jean Sans Peur. Pour féliciter le Roi d'Angleterre Henri V de son mariage avec Catherine, fille de Charles VI, Roi de France et de la Reine Isabeau en juin 1420,  à Troyes,  ils dépêchèrent un messager sans en informer leur comte, Guy de la Trémouille, pro-français. Sur le chemin du retour, le messager fut arrêté et emprisonné. Les habitants, de tradition vigneronne, s'armèrent des maillets qu'ils utilisaient pour fabriquer leurs tonneaux et enfermèrent le comte dans son château pour délivrer leur messager. Depuis ce jour, les Joviniens (gentilé des habitants de Joigny) sont aussi des Maillotins et un maillet orne le blason de la ville.
 source texte : www.tourisme-joigny.fr/son-histoire_fr_03_03.html




Nogent -sur- Seine (Aube)

  Pour notre auteur, Pierre de La Planche, les armes de Nogent-sur-Seine qu'il nous propose sont les armes pleines de Champagne.
  Le blason actuel est celui déjà adopté et enregistré dans l'Armorial Général de France, consécutif à l’édit royal de 1696, quelques décennies plus tard.  On peut constater que le soleil et les 3 fleurs de lys d'or sur champ d'azur marquent l'attachement de la cité au roi-soleil, Louis XIV, au moment de la création de ce blason qui lui est donc royalement dédié. La double burelle potencée et contre-potencée d'or sur l'azur restant la référence à l'ancien comté de Champagne.



Saint-Florentin (Yonne)

  Le manuscrit nous révèle l'existence d'un ancien blason pour cette petite ville avec armes parlantes. Ce sont une représentation de saint Florentin, en chevalier dans son armure, monté sur un cheval, tenant une bannière blanche à la croix rouge. En effet, le bourg aurait pris le nom de Saint-Florentin lorsque Godelime, comtesse de Chartres et Lémisse, comtesse du Perche, les sœurs du comte (maison de Blois) de l'époque, rapportèrent en 833, au retour d'un pèlerinage, les reliques de saint Florentin, martyrisé par les Vandales en 406.
  Saint-Florentin fut a partir du XIe siècle le siège d'une châtellenie dépendant des comtes de Champagne. 
  Le blason actuel apparu en 1855 est aux armes des derniers comtes de Champagne en titre, qui étaient aussi rois de Navarre depuis l'avènement de Thibaut IV de Champagne , fils de Blanche de Navarre et qui hérita du royaume au décès de son oncle Sanche VII de Navarre en 1234, avec la bénédiction des seigneurs navarrais, qui ne voulaient pas une annexion du petit royaume pyrénéen par le puissant Aragon voisin.



Ervy - le Châtel (Aube)

 Voici un exemple parfait de constance d'un blason municipal à travers les siècles, dans la forme générale de la figure principale, et jusque dans les moindres détails du dessin héraldique, notamment les six croisettes pattées chargeant les tours, la lanterne et les clochetons, les girouettes, le crénelage et les ondulations de la toiture, etc...  La Planche a juste osé rajouter, pour le plaisir, un effet de perspective aux deux tours latérales.
    Le point de divergence réside néanmoins dans la nature de l'édifice dessiné. L'auteur, dans son blasonnement en marge du texte, parle d'un "portail d'église". Mais alors, cela pourrait être une église fortifiée, en raison des tours latérales, et surtout du chemin de ronde au-dessus du portail, un peu à la manière des extraordinaires églises fortifiées de la Thiérache, voir → ICI . Mais, il n'y a pas d'église de ce type architectural à Ervy-le-Châtel. Dans le blasonnement convenu actuellement, on parle de "porte de ville", comme élément de fortifications médiévales. Et là, en effet il subsiste encore dans le bourg un vestige des anciens remparts du XIIIe siècle, la porte Saint-Nicolas , qui est d'ailleurs la seule porte de ville médiévale subsistant aujourd'hui dans le département de l'Aube. Malgré tout, le dessin héraldique ne lui ressemble pas vraiment. Alors sur quel modèle se base le dessin de cet édifice, c'est encore un mystère; peut-être est-ce une vue artistique d'une partie de l'ancien château fort qui dominait la ville jadis, qui a donné le toponyme de "le Châtel"  et qui a été rasé au XVe siècle.




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  D'autres lieux ou villes sont juste décrits par le texte, sans blason ni mention s'y rapportant :
Méry (-sur-Seine), Pont-sur-Seine, L'Isle-sous-Montréal (L'Isle-sur-Serein), Vendeuvre (-sur-Barse), Traînel, Arcis (-sur-Aube), Brienne (-le-Château).

  Il semble qu'aucune de ces communes n'ait été répertoriée ni blasonnée dans l'Armorial Général de France en tant que communauté d'habitants, ni même d'autres, non citées dans le manuscrit de La Planche.



A bientôt pour une nouvelle série ... → ICI


Crédits :
les blasons "modernes" sont empruntés  à : armorialdefrance.fr/

les extraits des manuscrits proviennent de :
- Bibliothèque et Archives du Musée du Château de Chantilly :
   . www.bibliotheque-conde.fr/ressources-en-ligne/

 - Bibliothèque nationale de France à Paris : 
   - gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k111464h
   - gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k111473g/


💶 Appel au mécénat ou aux généreux donateurs :
 Au cours d'échanges d'informations avec les responsables de la Bibliothèque du Musée Condé, au sujet du manuscrit, il m'a été rapporté que l'ouvrage de Pierre de La Planche n'est actuellement plus exposé ni mis à disposition des visiteurs. En effet, les deux volumes du manuscrit sont en mauvais état : "la couverture", ce que l'on nomme dans le métier: les plats de reliure, sont soit partiellement,soit totalement détachés du manuscrit, ce qui nuit à sa conservation. La reliure étant en effet là pour maintenir et protéger le manuscrit.
  Si des personnes ou des entreprises sont intéressées, en mode mécénat, pour participer à la prise en charge de la restauration de ces précieux ouvrages, qu'elles prennent contact pour les modalités, avec les bibliothécaires à cette adresse mail  : bibliotheque@domainedechantilly.com
ou sinon m'écrire à : heraldexpo@orange.fr et je transmettrai à ma correspondante privilégiée.


             Herald Dick  
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