samedi 29 mars 2014

l'Armorial de La Planche - 1669 - Gouvernement de Bourgogne - Bailliages du Bugey, du Valromey et du Pays de Gex

 S   uite de la visite d'un des plus anciens manuscrits répertoriant des armoiries de villes et de villages de France, dessinées à la plume et peintes à l'aquarelle, antérieur de trois décennies  à l'Armorial Général de France de Charles d'Hozier !   Voir la description initiale : →

Nous poursuivons avec la découverte du Gouvernement Général de Bourgogne. Nous sommes toujours dans des contrées récemment acquises en 1601, anciennes possessions du Duché de Savoie, et rattachées à la Généralité de Bourgogne, avec ce nouveau chapitre consacré aux Pays du Bugey, du Valromey et de Gex. Et à la fin, nous aurons un bonus surprenant que nous tenterons d'expliquer.
  Revenir à l'épisode précédent (Bailliage de la Bresse) →



Voici l'extrait d'une carte datant de la fin du XVIIIe s. , donc postérieure d'un siècle, mais sur laquelle j'ai reconstitué les limites administratives :
vous pouvez agrandir les images
 en cliquant dessus

Les fragments de manuscrits proviennent du Volume II. Pour enrichir l'étude, j'ai mis en bonus l'extrait équivalent dans l'Armorial Général de France*  (1696-1711), établi par Charles-René d'Hozier,  et comme auparavant, j'ai placé le blason actuel en-dessous, pour comparer les différences ou au contraire la constance des figures dans le temps.

 (*) Armorial Général de France - volume VI - Bourgogne Duché - Généralité de Dijon ( BNF Paris)


Belley (Ain)

On constate que le loup s'est relevé au cours des siècles ! de "passant" il est maintenant "ravissant".
Et pour être exact, c'est une louve ! le blason est donc "d’argent à la louve ravissante de sinople".
Donc pour les non initiés aux termes désuets de l'héraldique: la louve ravissante ne signifie pas qu'elle est belle et charmante, mais qu'elle se dresse sur ses postérieurs !  c'est d'ailleurs un qualificatif spécifique au loup, d'autres animaux dans la même position sont eux dits "rampants ou saillants".
L'étymologie de Belley serait liée à la déesse Bellone, déesse romaine de la guerre qui avait comme emblème une louve ( source :  www.tourisme-belley-bas-bugey.fr ).




Nantua (Ain)

Les armoiries de Nantua ont beaucoup varié au cours des siècles. Seule,  la truite est une constante, posée en bande ou en fasce. Le chef a tantôt porté la croix de Savoie ou le lys de France. Les burelles ondées ont remplacé un lac au naturel, avec des vagues, avec parfois même une rive boisée ! Et pour ce qui est des couleurs des éléments du champ, on a une gamme complète de combinaisons entre azur, sinople, sable, or et argent. De quoi alimenter une thèse de 150 pages pour dénombrer toutes ces variantes !




Seyssel (Ain)
La ville de Seyssel a une particularité unique en France, découlant de l'annexion du Bugey à la France en 1601. En effet elle est située de part et d'autre du Rhône qui faisait la frontière naturelle entre le royaume de France et le Duché de Savoie. Elle est donc coupée en deux depuis cette époque. De nos jours elle demeure partagée entre le département de l'Ain et celui de la Haute-Savoie avec une administration, un code Insee et un code postal différents, etc... La Région Rhône-Alpes est la première entité qui la rassemble !
Les armoiries actuelles ont été fixées par l'Armorial Général de France (1696/1711). Celles de la commune de Haute-Savoie présentent un cerf de sable et un S d'or, pour se différencier.



Saint-Rambert-en-Bugey (Ain)
Dans son "Armorial des Communes de l'Ain" (1996), Pierre-H. Chaix rapporte que la première mention des armoiries de Saint-Rambert figure sur un document daté de 1262 : "d'or à un geai ou passereau de sable, au chef de Savoie". L'oiseau est par la suite identifié comme une corneille. Et en 1601, le chef de Savoie aurait été déjà remplacé par celui de France, comme nous le voyons ci-dessus. Mais le manuscrit de La Planche contredit cette affirmation : le chef de Savoie a peut-être été supprimé, mais pas remplacé immédiatement. Et il semble que le champ était d'argent et non pas d'or, mais ceci est très changeant dans la représentation des armoiries de villes, il ne faut s'y attarder davantage.



Gex (Ain)

Le pays de Gex est vraiment un petit monde à part dans cette région. Coincé entre les versants sud du Jura et le canton de Genève et le lac Léman, c'est une ancienne seigneurie érigée en marquisat
remontant au XIe siècle.  Et cette seigneurie est arrivée dans la maison de Joinville par mariage en 1252 avec la dame Léonette de Gex. C'est ainsi que Gex porte désormais les armes des Joinville , grande maison originaire de Champagne :  " D´azur à trois morailles d´or rangées en pal, au chef d´argent au lion issant de gueules ". Au cours de son histoire elle a tour à tour été soumise au Comté/Duché de Savoie, aux évêques de Genève, aux Bernois de Suisse et enfin à la France. La ville même de Gex a porté semble-t-il comme emblème spécifique des armes parlantes : un geai au naturel, couronné, comme le montre La Planche. Dommage qu'il n'ait pas été repris par la commune comme emblème municipal,  à la place des armoiries seigneuriales qui sont déjà celles, identiques de la ville éponyme de Joinville en Haute-Marne !


D'autres lieux ou villes sont juste décrits par le texte, sans blason ni mention s'y rapportant :

Pierre-Châtel (chartreuse-forteresse), Lagnieu, Ambronay, Saint-Sorlin (-en-Bugey), Rossillon, Versoix (aujourd'hui dans le canton de Genève).


# cependant, quelques années plus tard, certains lieux (en gras, ci-dessus) ont été enregistrées et blasonnées dans l'Armorial Général de France :





ADDITION (AU CHAPITRE  DÉDIÉ) À LA BRESSE :

Genève (Suisse)

  Et voilà notre surprise !  il faut expliquer maintenant la présence dans ce manuscrit de cette ville étrangère, qui n'a jamais été française excepté plus tard pendant quelques années (1798-1814), annexée pendant le Consulat puis l'Empire de Napoléon Ier, voir → .
  Eh bien il suffit de lire le texte du manuscrit, ci-dessus, pour commencer à comprendre. La petite République de Genève, protestante, qui avait eu fort à faire récemment avec le remuant voisin : le Duché de Savoie qui voulait se l'approprier, notamment pendant l'épisode appelé "l'Escalade", s'est placée sous la protection du Roi de France. A commencer par Henri IV, lui-même protestant de cœur, avant sa conversion obligée,  qui est venu à son secours, après avoir obtenu la cession de la Bresse et du Bugey par la Savoie. Ce protectorat était aussi justifié par le fait que certaines parties du territoire genevois dépendaient du Bailliage de Gex, notamment au nord du Lac Léman et le quartier Saint-Gervais. Il demeurera ainsi de fait, jusqu' à la Révolution française, suivie par une période d'annexion et en 1815, le canton de Genève rejoindra la Confédération Helvétique parmi les derniers cantons avec le Valais et Neuchâtel.





A bientôt pour une nouvelle série... 




Crédits :
parmi les blasons "modernes" certains sont empruntés et parfois modifiés à :
http://armorialdefrance.fr/
http://labanquedublason2.com/ (dessins :  Jean-Paul Fernon)
http://fr.wikipedia.org/
 Et je remercie particulièrement les personnes responsables de la Bibliothèque et des Archives du Musée du Château de Chantilly :  http://www.bibliotheque-conde.fr/


             Herald Dick
 

mardi 25 mars 2014

Capitales du monde : Bakou

 P    remière capitale du Caucase à entrer dans cette série,  et troisième issue de l'ancienne Union Soviétique, cette ville dont le nom est associé à l'exploitation pétrolière et à l'industrie de la chimie, mérite qu'on s' y intéresse davantage pour ses vrais charmes. Son surnom littéraire est "la Cité des Vents". Le toponyme de Bakou dérive de l'ancien nom persan de cette localité: بادکوبه (Bādkube, "vents battants "). Il y a deux vents réguliers à Bakou: l'un froid et rugueux soufflant de la Mer Caspienne : le Khazri et l'autre doux et agréable venant des terres chaudes : le Gilavar , ce dernier est associé au Bien, et le premier par conséquent relié au Mal.



Voici les armoiries actuelles et leur adaptation sur drapeau. Le blason est "d'azur à trois flammes d'or mal ordonnées 1 et 2, soutenues par une champagne formée de cinq burelles engrêlées  d'or et de sinople en alternance brochant sur une plaine de couleur "marron pétrole",  le tout bordé d'une filière d'or.
 C'est une évolution graphique moderne des armoiries réalisées pendant la période soviétique, en 1967, elles-mêmes inspirées par celles créées en 1875 sous l'Empire russe (voir plus bas).




19 - Bakou

Bakou, ou Baku en anglais, en azéri : Bakı, est la capitale de l'Azerbaïdjan. Elle se trouve dans l'est du pays, sur la rive sud de la presqu'île d'Abşeron, au bord de la mer Caspienne.

Population  :  2 045 815  hab. (estimation pour 2011)

Bakou devient la capitale d'un khanat (pays soumis à l’autorité d’un khan, soit un souverain mongol) indépendant au XIIe siècle. Occupée par les Turcs avant de passer sous contrôle perse entre 1509 et 1723, date à laquelle elle est prise par les Russes, la ville est successivement rendue à la Perse en 1735, de nouveau rattachée à la Russie en 1806, puis occupée tour à tour par les Britanniques et les Turcs pendant le XIXe siècle. La ville connaît par la suite une phase de croissance économique rapide grâce à l’accroissement de la production d'hydrocarbures. Entre 1918 et 1920, Bakou, qui abrite le gouvernement de la république indépendante d’Azerbaïdjan, est l'un des centres de la résistance antibolchevique. Après la victoire de l'Armée rouge sur les armées blanches, Bakou devient la capitale de la république fédérale socialiste soviétique de Transcaucasie, proclamée en 1922, puis celle de la république socialiste soviétique d'Azerbaïdjan entre 1936 et 1991, dans le cadre de l'URSS. En 1991, elle est devenue la capitale de l'Azerbaïdjan indépendant.
 Le vieux quartier de Bakou, datant du IXe siècle, abrite notamment la vaste forteresse d'Icheri-Shekher (avec ses rues étroites, ses mosquées et son minaret datant de 1078) et le palais des chahs de Chirvan (XVIIe siècle), aujourd'hui transformé en musée.
vue de Bakou de nuit avec les tours des Fairmont Baku Flame Towers , un hôtel de luxe. Ces tours symbolisent trois flammes comme dans le blason de la ville.
    Ville portuaire donnant sur la mer Caspienne, Bakou bénéficie d’une situation géographique stratégique à proximité de très importants gisements de pétrole, près de la frontière avec l'Iran. La ville est le point de départ d'un pipeline qui conduit le pétrole à Batoumi en Géorgie, sur la mer Noire. Ces gisements aujourd’hui en voie d’épuisement ont fait de Bakou le quatrième centre pétrolier soviétique et permis à la ville de disposer d'une forte industrie pétrochimique, spécialisée en particulier dans le raffinage. Toutefois, la diminution des réserves et de la production ainsi que la forte pollution réduisent le taux de croissance de la population et de l'économie.
    Outre la prédominance des activités pétrolières, le tissu industriel de Bakou témoigne d’une grande diversité : construction et maintenance navales, métallurgie, constructions mécaniques, industrie chimique, textile et agroalimentaire. Bakou réalise ainsi 80 % de la production industrielle de l'Azerbaïdjan.


Le blason de Bakou, ses origines et son évolution dans le temps :

ancienne carte postale russe montrant le Temple de feu de Surakhany, près de Bakou.
Ces monuments religieux, typiques de la région ont inspiré le motif des flammes comme symbole de la ville.
emblème de la société pétrolière Branobel,
gérée par un membre de la famille Nobel et
qui exploitait le pétrole caucasien vers 1900

Bakou et sa région flottent  sur une immense réserve de pétrole. Les zoroastriens ont utilisé l'huile magique (le naphte comme on le nommait jadis) dans leur culte pour alimenter leurs temples du feu. Surakhany a longtemps été un centre des adorateurs du feu et il est également un centre de tissage.
superbe timbre de 1919 illustré par un Temple de feu

Ces toutes premières armoiries de Bakou datent de 1843
Tous les blasons territoriaux de l'Empire russe
à cette époque  sont formés de façon similaire : 
il sont divisés en deux parties, les deux quartiers supérieurs
représentent la région : ici la Région (oblast) de Caspienne,
avec ce "tigre" qui est en fait une panthère du Caucase
et les trois flammes sortant de terre (pour le pétrole)
 qui resteront attachées à la symbolique de Bakou;
les deux quartiers inférieurs caractérisent la ville :
un chameau chargé de ballots de safran, la culture locale
et une ancre déposée au sol qui signifie que Bakou
est une bonne escale pour les  navires.
projet d'armoiries au cours du XIXe siècle,
mais finalement non adoptées; le quartier supérieur
 est cette fois chargé d'un vrai tigre.
nouvelles armoiries  de Bakou en 1883
la couronne murale et les épis de blé nous attestent
qu'il s'agit bien de la ville.
les trois flammes d'or provenant des Temples de Feu,
elles sont maintenant bien fixées comme symboles de la cité. 

magnifique bas-relief portant les armoiries de la ville, sur les murs de fortifications


 armoiries de la province, ou gouvernorat (Goubierna) de Bakou en 1875, dans l'Empire de Russie
représenté par la couronne impériale  et les rameaux de chêne.
carte postale datée de 1903 avec une place de la ville et ses armoiries : avec un champ de gueules maçonné de sable

différents supports  : billet de banque et  timbres datés de 1918 portant les armes de Bakou pendant sa brève autonomie

à gauche : drapeau de la Commune soviétique de Bakou (1917-1918) - à droite celui du Directoire Centro-Caspien (août-septembre 1918) soutenu par les Britanniques en réaction aux bolchéviks , entités politiques locales qui ont précédé la création de la République autonome d'Azerbaidjan en 1920.

armoiries "soviétiques" de Bakou créées en 1967
timbres et feuillet émis en 2012 par la République d'Azerbaïdjan
ci-dessous la forteresse d'Icheri-Shekher



emblèmes de clubs de football de la ville de Bakou

le Baku United FC est un club de football  de Londres





capitale précédente  →  Bagdad
capitale suivante     →  Bamako


 

samedi 22 mars 2014

l'Armorial de La Planche - 1669 - Gouvernement de Bourgogne - Bailliage de la Bresse

 S   uite de la visite d'un des plus anciens manuscrits répertoriant des armoiries de villes et de villages de France, dessinées à la plume et peintes à l'aquarelle, antérieur de trois décennies à l'Armorial Général de France de Charles d'Hozier !   Voir la description initiale : →


Nous poursuivons avec la découverte du Gouvernement Général de Bourgogne. Nous arrivons désormais dans des contrées récemment acquises (au moment de la rédaction du manuscrit), anciennes possessions du Duché de Savoie, et perdues par lui suite au conflit Franco-savoyard de 1600 et le Traité de Lyon (1601). Les Pays de Bresse, du Bugey, du Valromey et de Gex sont rattachés à la Généralité de Bourgogne et le Rhône devient la nouvelle frontière. Ces petits comtés sont aujourd'hui réunis et ce depuis la Révolution dans le Département de l'Ain. Seule différence : de nos jours il ne sont plus rattachés à la région de Bourgogne,  mais à une entité hétéroclite appelée "Rhône-Alpes" réunissant les plus anciennes provinces, en allant du Forez au Dauphiné, et du Vivarais à la Savoie.
  Revenir à l'épisode précédent →



Voici l'extrait d'une carte datant de la fin du XVIIIe s. , donc postérieure d'un siècle, mais sur laquelle j'ai reconstitué les limites administratives :



vous pouvez agrandir les images
 en cliquant dessus


Les fragments de manuscrit proviennent du Volume II. Pour enrichir l'étude, j'ai mis en bonus l'extrait équivalent dans l'Armorial Général de France*  (1696-1711), établi par Charles-René d'Hozier,  et comme auparavant, j'ai placé le blason actuel en-dessous, pour comparer les différences ou au contraire la constance des figures dans le temps.

 (*) Armorial Général de France - volume VI - Bourgogne Duché - Généralité de Dijon ( BNF Paris)

Bourg-en-Bresse (Ain)

Nous sommes ici typiquement dans une héraldique héritée du Comté/Duché de Savoie. Les couleurs sinople et sable, qui au passage sont antagonistes, mais sont néanmoins acceptées par les règles sur les couleurs par le fait qu'elles ne se superposent pas*.  Ce sont les couleurs originelles de la cité données par le Comte Amédée VI (vers 1382).  Plus tard sera rajoutée la croix tréflée d'argent qui est le symbole de Saint Maurice.  Maurice d'Agaune, mort en martyr dans le Valais (Suisse) est le saint patron choisi par les Comtes puis Ducs de Savoie. Cette croix est donc très répandue dans la symbolique de la région et en Savoie (voir plus bas).  Et avez-vous remarqué l'inversion des couleurs dans l'Armorial Général de France ? Sans doute une erreur des fonctionnaires de M. d'Hozier ( il y en a eu  beaucoup !).

(*) voir commentaires sur le sujet, tout en bas



Pont-de-Vaux (Ain)
Nous avons ici un cas de double attribution persistante. Le blason au croissant est très ancien ( déjà connu en 1394) et les habitants y sont très attachés. Il n'a rien à voir avec l'Islam, ou les Croisades comme on le croit parfois, et on a perdu en fait la réelle signification, si il y en a eu une, ce qui n'est jamais certain avec l'héraldique médiévale ! Celui de l'A.G.F. était par contre lui, outre les armes parlantes, une volonté de marquer le changement de souveraineté avec le rattachement récent de la Bresse à la France, par le chef fleurdelisé, mais ce blason est très peu utilisé.





Pont-d'Ain (Ain)

Ce sont les armes pleines de la maison de Savoie. Cette cité était considérée comme la capitale locale des pays d'Ain par les Comtes/Ducs de Savoie  qui y séjournaient au château, au cours de leurs déplacements.



Pont-de-Veyle (Ain)
Le Père de La Planche n'avait rien. Alors Mons. d'Hozier a donné des armes parlantes : un pont et une voile ! mais pas d’explication pour l'étoile. Le blason de droite est une évolution récente adoptée par la municipalité.



Châtillon-sur-Chalaronne (Ain)
Le nom de la ville a changé au cours du XXe siècle. Auparavant, ces armoiries ont été fixées dans l'Armorial Général de France (1696/1711), à la différence près que la croix d'argent broche désormais sur un écartelé de gueules et d'azur, et non plus "un parti" d'azur et de gueules. On pourrait imaginer qu'il s'agit d'une combinaison des armes de Savoie (de gueules à croix d'argent) et de l'azur du Royaume de France réunis pour marquer ici également le changement de souveraineté. Mais rien n'atteste que cette explication somme toute logique, soit la bonne.




Montluel (Ain)
Ces armoiries ont été elles aussi fixées par l'Armorial Général de France (1696/1711). Ce sont les petites sœurs de celles de Bourg-en-Bresse, l'azur ayant pris la place du sinople ! Ici encore, nous voyons une partition (écu parti, couleurs côte-à-côte) et non pas une charge (émail sur émail), elles n'entrent pas en contradiction avec la règle de contrariété des couleurs en héraldique * !

(*) voir commentaires sur le sujet, tout en bas


D'autres lieux ou villes sont juste décrits par le texte, sans blason ni mention s'y rapportant :

Baugey (Bagé-la-Ville), Montrevel, Saint-Julien (-sur-Veyle), Saint-Trivier (-de-Courtes), Tréffort (-Cuisiat), Villars (-les-Dombes), Loyes (Villieu-Loyes-Mollon).

# cependant, quelques années plus tard, certaines villes (en gras, ci-dessus) ont été enregistrées et blasonnées dans l'Armorial Général de France :

Bâgé - la Ville  (commune de l'Ain)
ancien blason à gauche, actuel à droite 


Saint - Trivier -de- Courtes
  (commune de l'Ain)


 # et pour être complet avec l'Armorial Général de France, on peut encore rajouter ces dernières villes appartenant à la province du Bresse et qui n'ont pas été mentionnées dans le manuscrit de La Planche :
-   Poncin (écrit : Potein) et Verjon

Poncin (commune de l'Ain)


Verjon (commune de l'Ain)



A bientôt pour une nouvelle série... →




Crédits :
parmi les blasons "modernes" certains sont empruntés et parfois modifiés à :
http://armorialdefrance.fr/
http://labanquedublason2.com/ (dessins :  Jean-Paul Fernon)
http://armorialain.canalblog.com/
 Et je remercie particulièrement les personnes responsables de la Bibliothèque et des Archives du Musée du Château de Chantilly :  http://www.bibliotheque-conde.fr/


             Herald Dick