jeudi 17 novembre 2022

Top 10 des plus grandes villes de Finlande avec leurs blasons

 Voici un nouveau volet à cette série consacrée à la découverte de l’héraldique civique, à travers divers pays du Monde. Le principe du "Top xx" très répandu dans les médias et sur Internet, pour recenser ce qui est le plus remarquable dans un domaine particulier est ici adapté à cette thématique. Il nous permettra de découvrir ou réviser la géographie d'un pays choisi de manière aléatoire et dans le même temps de s'intéresser à sa diversité en matière de blasons et emblèmes municipaux.

  Nous restons en Europe, et comme nous approchons des fêtes de Noël, je vous emmène dans le pays des forêts enneigées, des 1000 lacs (en vérité on en dénombre plus de 188.000 !), et des rennes, les véhicules de service de l'entreprise du Père Noël et là où il tient également son siège social: la Finlande.


  Il y a 19 régions en Finlande (maakunta en finnois, landskap en suédois), plus un territoire autonome : l'archipel des îles d'Åland. Le découpage administratif résulte de la réforme de 1997. L'ensemble des régions est divisé en 70 sous-régions et 309 communes.

   Voici donc les 10 plus grandes communes, qui sont aussi des villes, en terme de population (chiffres : 2021):

 


1 - HELSINKI
- ancien nom : Helsingfors (toponyme suédois)
capitale de la Finlande, et chef-lieu de la région d'Uusima (Uudenmaan maakunta), dans la sous-région d'Helsinki  -  658 460 habitants. 
  
 
ancienneté des armoiries : début XVIIe siècle (sceaux, royaume de Suède)
dessin actuel adopté en 1951

  : ville appartenant à cette date à/au ...

 


2 - ESPOO

- ancien nom : Esbo (suédois)
ville de la région d'Uusima (Uudenmaan maakunta), dans la sous-région d'Helsinki et l'agglomération du Grand Helsinki  - 297 130 habitants.
 

ancienneté des armoiries : 1955



3 - TAMPERE

- ancien nom : Tammerfors (suédois)
capitale de la région de Pirkanmaa (Pirkanmaan maakunta), dans la sous-région de Tampere - 244 220 habitants.

 

 ancienneté des armoiries (avec figures et émaux ≠): 1839 (Empire de Russie)
dessin et émaux actuels adoptés en 1960

  : différents 



4 - VANTAA

- ancien nom : Vanda (suédois)
ville de la région d'Uusima (Uudenmaan maakunta), dans la sous-région d'Helsinki et l'agglomération du Grand Helsinki  - 239 210 habitants.


ancienneté des figures : 1550 (sceau initial adopté par la ville
 d'Helsingfors/Helsinki lors de sa fondation, royaume de Suède)
ancienneté des armoiries actuelles: adoptées en 1951

 


5 - OULU

- ancien nom : Uleåborg (suédois)
capitale de la région d'Ostrobotnie du Nord (Pohjois-Pohjanmaan maakunta), dans la sous-région d' Oulu - 209 550 habitants.


ancienneté des armoiries : vers 1650 (premiers sceaux, royaume de Suède)
dessin et émaux actuels adoptés en 1954



6 - TURKU

- ancien nom : Åbo (suédois)
ancienne capitale de la Finlande, sous le nom d'Åbo, alors sous souveraineté suédoise (jusqu'en 1812) ; capitale de la région de Finlande-Propre (Varsinais-Suomen maakunta), dans la sous-région de Turku - 195 140 habitants.


ancienneté des armoiries : vers 1309 (sceau de l'ancienne capitale provinciale suédoise)
confirmées officiellement sous cette forme en 1952

 


7 - JŸVASKŸLA

capitale de la région de Finlande centrale (Keski-Suomen maakunta), dans la sous-région de Jyväskylä - 144 170 habitants.

 ancienneté des armoiries (avec figures et émaux ≠): 1838 (∈ Empire de Russie)
figures actuelles adoptées en 1931, rajout de la couronne et dessin actuel : 1953



8 - KUOPIO

capitale de la région de Savonie du Nord (Pohjois-Savon maakunta), dans la sous-région de Kuopio - 121 540 habitants.

 

 ancienneté des armoiries: 1823 (∈ Empire de Russie)
de
ssin et émaux actuels adoptés en 1958



9 - LAHTI

- ancien nom : Lahtis (suédois)
capitale de la région de Päijät-Häme (Päijät-Hämeen maakunta), dans la sous-région de Lahti - 120 030 habitants.

 

ancienneté des armoiries, avec cette figure (roue de chemin de fer
d'où jaillissent des flammes): 1912 (∈ Empire de Russie)
de
ssin actuel adopté en 1955, modernisé en 1968



10 - PORI

- ancien nom : Björneborg (suédois)
capitale de la région de Satakunta (Satakunnan maakunta), dans la sous-région de Pori - 83 480 habitants.

 

ancienneté des armoiries avec la figure de la tête d'ours couronnée :
début XVIIe siècle (premiers sceaux,
royaume de Suède)
dessin et émaux adoptés officiellement sous cette forme en 1931, réactualisés en 1959




certainement le premier emblème municipal de Finlande:
reproduction du sceau de la ville d'Åbo (aujourd'hui Turku)
datant de 1309 - le monogramme A-M pour Ave Maria
et les fleurs de lis sont une référence
à la vénération de la
  Vierge Marie : le symbole n'a pas varié durant 7 siècles
🛡  Selon certains experts en art héraldique, l'héraldique municipale finlandaise est considérée à juste titre comme une des meilleures au monde, tout comme celles des pays baltes ou des autres pays scandinaves. Cela s'explique par le jugement de quelques critères essentiels définis par des règles strictes. L'héraldique territoriale est parfaitement encadrée au niveau national, pour la création et l'utilisation des emblèmes nationaux, régionaux, municipaux et institutionnels (armée, services publics, administrations, etc...). Dans la grande majorité, les multiples entités administratives utilisent très largement et fidèlement ces emblèmes pour leur identité graphique. Les 19 régions et les 309 communes de Finlande sont à ce jour toutes pourvues d'armoiries, ce qui est exceptionnel en comparaison à bien d'autres pays, à commencer par la France.

○  Auparavant, seules les villes (celles qui avaient obtenu le statut officiel ou une charte de "ville" selon d'anciennes règles) possédaient des armoiries, parmi les municipalités finlandaises. Une loi votée en 1949 donna aux autres bourgades, paroisses et communes rurales le droit d'acquérir un blason officiel, sans pour autant les obliger à en avoir. Au cours des 20 années qui ont suivi la promulgation de la loi, le ministère de l'Intérieur a approuvé un blason pour toutes les municipalités finlandaises, soit un total de 466 blasons. Trois grands hérauts: Gustaf von Numers, Olof Eriksson et Ahti Hammar, se sont surtout distingués dans la conception de ces armoiries, mais il y a beaucoup d'autres auteurs, moins prolifiques. La loi sur les armoiries municipales a été abrogée et les statuts ont été transférés au pouvoir des communes en 1976. Lorsque la loi municipale a remplacé la loi nationale en 1995, l'obligation de soumettre la décision du conseil municipal au ministère de l'Intérieur a été supprimée, mais la municipalité doit faire une déclaration aux Archives nationales de Finlande (Kansallisarkisto) sur la proposition d'armoiries. Une déclaration n'est pas nécessaire s'il s'agit de l'introduction d'armoiries préalablement approuvées, comme par exemple, lors des fusions municipales. Et des fusions il y en a eu beaucoup lors des diverses réformes territoriales au cours de ces dernières décennies, comme un peu partout en Europe. De nombreuses communes ont cessé d'exister (passant de 548 en 1960 à 309 en 2021) et leurs blasons ont disparus, abandonnés dans la communication officielle, mais heureusement conservées dans les archives numérisées (voir → ICI ou ICI)

spectaculaire mur de 518 armoiries municipales de Finlande, anciennes ou actuelles, magnifiquement ordonnées par couleurs.
Il révèle la qualité supérieure et l'homogénéité presque parfaite de la création héraldique de ce pays, bien loin devant beaucoup d'autres nations.
Vous pouvez, en agrandissant l'image, jouer à chercher les blasons de ce top 10 et découvrir la ville qui manque à l'appel:
 il n'y a rien à gagner, c'est juste pour le fun.
Image empruntée au site d'hébergement d'images © Imgur : auteur inconnu, mais qui mérite le respect pour son travail graphique énorme.

○  Cette approche a permis jusque là de faire barrage avec succès à l'usage croissant des logos, qui ailleurs prennent souvent l'avantage sur les armoiries traditionnelles. Une des raisons de ce succès de l'héraldique moderne est peut-être à attribuer à son style minimaliste, comme celui des logos, érigé en norme héraldique pour une grande partie de la production la plus récente des emblèmes territoriaux et municipaux du pays. En effet, depuis les années '1950, ces règles peuvent se résumer à quelques principes essentiels : les "Dix commandements pour un concepteur de l'héraldique finlandaise", édictés par la Société héraldique de Finlande (voir texte complet traduit → ICI). On peut y rajouter : pas d'ornements extérieurs (sauf quelque vingtaine d'exceptions parmi les armoiries des villes les plus anciennes du pays). Rappelons brièvement, que jusqu'en 1809, la Finlande faisant partie intégralement du royaume de Suède, en formant divers comtés ou provinces. Puis, à la suite d'une guerre en 1809 avec la Russie (hé oui : déjà elle !), la Suède défaite, perdit tout le territoire finlandais, qui devint un Grand-Duché de Finlande, rattaché à l'Empire russe, jusqu'en 1917 et l'accession à l'indépendance.

Ils sont à l'origine des armoiries des principales villes de Finlande : les sceaux, de gauche à droite:
1/ premier sceau d'Helsingfors (la future Helsinki) daté de 1562, avec une queue de poisson dressée et recourbée.
2/ nouveau sceau d'Helsingfors à partir de 1639, avec la barque vide sur la rivière, surmontée d'une couronne.
3/ premier sceau de Björneborg (la future Pori), peu après l'an 1600, avec l'ours (armes parlantes: Björn + borg signifie: "le château-fort
de l'ours" en suédois) et les initiales BSS pour Björneborgs Stads Sigill  signifiant: "sceau de la ville de Björneborg".


🔘  Voici donc quelques explications pour notre Top 10. Les armoiries des villes n°1, 4, 5, 6, 10 ont pour origine des sceaux antérieurs au XVIIIe siècle : donc durant la période suédoise. Avec toutefois une petite particularité pour la ville n°4, car Helsinki avait reçu ses premières armoiries en 1550, lorsqu'elle a adopté un premier sceau dans le cadre de son accession au statut de ville. Le sceau représentait une queue de poisson, qui faisait référence à l'emplacement de la ville à l'embouchure de la rivière Vantaanjoki, connue sous le nom de "rivière à saumons", dans la zone de la vieille ville actuelle. Le motif du sceau a ensuite été utilisé dans les armoiries de la municipalité rurale d'Helsinki, devenue aujourd'hui la ville de Vantaa. Les basses plages de l'emplacement d'origine de la ville n'étaient pas adaptées au trafic maritime, c'est pourquoi il a été décidé de déplacer la ville à Sörnäistenniemi en 1639. Dans le cadre du déménagement, un nouveau sceau armorié a été préparé pour la municipalité, qui représentait désormais un bateau flottant sur l'eau, surmonté d'une couronne ducale. Cependant, le transfert de la ville n'a été finalisé qu'en 1644, lorsque Helsinki a été reconstruite autour de l'actuelle place du Sénat à Vironniemi. Dès lors les nouvelles armoiries sur le thème du bateau ont également été officiellement utilisées.

premières armoiries de la ville de Jyväskylä
(1838), avec le monogramme du tsar Nicolas Ier
en bas : une rame de bateau et un caducée
posés en croix de Saint André, qui sont les
symboles de la navigation et du commerce
premières armoiries de la ville de Tampere (1839),
avec l'initiale du nom de la ville T (elle sera remplacée
par un marteau de forge en forme de T), une rivière
poissonneuse en barre, pas héraldique du tout, un
marteau et un caducée en croix pour représenter
l'industrie et le commerce

  Les emblèmes actuels d'autres villes ne sont parfois qu'une refonte graphique, simplifiée, d'anciennes représentations héraldiques plus complexes, désuètes, ou qui étaient d'une qualité héraldique peu satisfaisante, notamment celles créées à partir de 1830, durant la souveraineté des tsars de Russie : les villes n°3, 7, 8 et 9 en sont une parfaite illustration. Par ailleurs, les armes de la ville n°7 présentent une particularité rare: une couleur non héraldique dans l'armorial municipal: le bois "au naturel" de la barque... petite entorse aux  "Dix commandements pour les concepteurs de l'héraldique finlandaise".

 

 📖 source infos, textes et images blasons :

- fi.wikipedia.org/wiki/Luokka:Suomen_kuntien_vaakunat
- fi.wikipedia.org/wiki/Luokka:Suomen_entisten_kuntien_vaakunat
- www.heraldry-wiki.com/heraldrywiki/wiki/Finland

 





Si vous désirez en savoir plus sur le pays : la Finlande et ses emblèmes, c'est → ICI

A bientôt, pour un nouveau pays ... ICI


Et pour revoir le pays précédent ...  → ICI





          Herald Dick
 









Abo, Jyvaskyla, Bjorneborg

mercredi 26 octobre 2022

La Gendarmerie Nationale: le point après la réforme territoriale ; beaucoup de nouveautés dans l'héraldique militaire française.

nouveau blason de l''Occitanie militaire
officiel depuis le 01/09/2022.

Effectivement, cela fait plus de 🔟 ans, que j'avais clos un précédent sujet en quatre volets consacré aux insignes et écussons portés par les militaires de la Gendarmerie Nationale (revoir le début de cette histoire  → ICI). J'avais rappelé à cette occasion, que la vénérable institution qui assure notre protection et représente la loi depuis de nombreux siècles, était sans doute la dernière, au niveau de l'état, à utiliser des blasons héraldiques, et non pas des logotypes, de manière officielle, pour représenter leurs effectifs. 

 L'organisation de la gendarmerie départementale qui est la subdivision de la Gendarmerie Nationale française chargée des missions de sécurité publique, de renseignement et de police judiciaire, est de type décentralisé.  Les formations de gendarmerie départementales, sont placées sous l'autorité des commandants de Régions de Gendarmerie. À chaque région administrative correspond une région de Gendarmerie dont le commandant est directement subordonné au Directeur général de la Gendarmerie nationale (DGGN). Cet officier commande toutes les unités de gendarmerie départementale implantées dans sa région.
  Au cours de son existence, l'organisation de la gendarmerie départementale a été adaptée à maintes reprises afin de correspondre d'abord à l'organisation territoriale de la France militaire puis, par la suite, à celle de la France administrative. Elle est également calquée en partie sur celle de la France judiciaire (une section de recherches par Cour d'appel). 

📚 En 2016, à la suite de la réorganisation territoriale de la France et en application de la loi promulguée le 7 août 2015, le nombre de régions métropolitaines passe de 21 régions (+ la Corse) à 13 (voir carte ci-dessus). Les régions de Gendarmerie départementales sont alors réorganisées afin se calquer sur les nouvelles régions administratives. Toutefois, durant cette période de transition, les anciennes régions conservent l'essentiel de leurs prérogatives sous la forme de formations administratives dont le commandement est confié au groupement chef-lieu de l'ancienne région. De plus, afin de respecter les limites de la nouvelle région Occitanie, les territoires des zones de sécurité Sud et Sud-Ouest ont été redéfinis.
  Les formations administratives sont désormais dissoutes, et les anciennes régions totalement fusionnées depuis le 1er août 2020 pour la Normandie, et le 1er septembre 2022 pour les huit autres nouvelles régions.

Comparatif du découpage des anciennes régions et nouvelles régions de Commandement de Gendarmerie Nationale, effectives depuis le 1/09/2022  (cliquer sur l'image pour l'agrandir).

  Il était donc dans la logique des choses que les insignes régionaux que portent les militaires, notamment celui en tissu brodé cousu sur la manche du bras gauche de leurs chemises, polos, pulls, etc,  soient réactualisés.
  Sept nouvelles régions métropolitaines sont concernées, avec six nouveaux blasons créés de toutes pièces (la Normandie gardant celui d'une ancienne région). Je n'ai pas d'information sur le ou les concepteurs de ces nouveaux visuels. Pour la plupart, la fusion administrative des anciennes régions et provinces historiques a entrainé naturellement la fusion des figures héraldiques, par l'utilisation de partitions basiques: coupés, partis, écartelés, chefs... Seule une région (l'Occitanie) a voulu innover avec un visuel original : une croix de Toulouse d'or remplie de pourpre brochant sur un parti de gueules et d'azur, très simple et réussi !...
 
Cérémonie officielle organisée à la caserne Deflandre, à Dijon, en date du 1er septembre 2022, pour la remise du nouvel écusson aux effectifs de la Gendarmerie Nationale, concrétisant la fusion des régions de gendarmerie de Bourgogne et de Franche-Comté -
 © photo et article complet  → site: www.infos-dijon.com
 

🆕 Région de Gendarmerie de Nouvelle-Aquitaine

Elle a été créée à la suite de la fusion des anciennes régions de gendarmerie d'Aquitaine, du Limousin  et de Poitou-Charentes. Son siège est à Mérignac (Gironde), près de Bordeaux, dans la Caserne Battesti.

Région de Gendarmerie de Nouvelle-Aquitaine

sont désormais obsolètes: ces 3 écussons des anciennes régions :
  1/ Poitou-Charentes   -   2 / Limousin   -   3 / Aquitaine.

on notera au passage que le logo/blason
créé fin 2016 pour l'administration régionale,
(réglementaire sur les plaques d'immatriculation),
n'a pas été retenu par l'administration militaire,
malgré son caractère héraldique acceptable.



🆕 Région de Gendarmerie de Normandie

Elle a été créée à la suite de la fusion des anciennes régions de gendarmerie de Basse-Normandie et de Haute-Normandie. Son siège est à Rouen, dans la Caserne Hatry.

Région de Gendarmerie de Normandie

L' écusson autrefois attribué à la région de
Basse-Normandie (ci-dessus) est abandonné
alors que celui de Haute-Normandie est
maintenu pour identifier toute la nouvelle région
 

🆕 Région de Gendarmerie d'Auvergne-Rhône-Alpes  

Elle a été créée à la suite de la fusion des anciennes régions de gendarmerie d'Auvergne et de Rhône-Alpes. Son siège est situé à Sathonay-Camp (Rhône), près de Lyon.

Région de Gendarmerie d'Auvergne-Rhône-Alpes

sont désormais obsolètes: ces 2 écussons des anciennes régions :
  1/ Auvergne  -   2 / Rhône-Alpes


🆕 Région de Gendarmerie d'Occitanie  

Elle a été créée à la suite de la fusion des anciennes régions de gendarmerie de Midi-Pyrénées et de Languedoc-Roussillon. Son siège est situé à Toulouse, dans la Caserne Courrège. 

Région de Gendarmerie d'Occitanie

sont désormais obsolètes: ces 2 écussons des anciennes régions :
  1/ Midi-Pyrénées  -   2 / Languedoc-Roussillon.
 

🆕 Région de Gendarmerie de Grand-Est

Elle a été créée à la suite de la fusion des anciennes régions de gendarmerie de Champagne-Ardennes, de Lorraine et d'Alsace. Son siège est situé à Metz.

Région de Gendarmerie de Grand-Est

sont désormais obsolètes: ces 3 écussons des anciennes régions :
  1/ Champagne-Ardennes   -   2 / Lorraine   -   3 / Alsace.

 


🆕 Région de Gendarmerie de Bourgogne-Franche-Comté  

Elle a été créée à la suite de la fusion des anciennes régions de gendarmerie de Bourgogne, et de Franche-Comté. Son siège est situé à Dijon, Quartier Deflandre.

Région de Gendarmerie de Bourgogne-Franche-Comté

sont désormais obsolètes: ces 2 écussons des anciennes régions :
  1/ Bourgogne  -   2 / Franche-Comté.
 

🆕 Région de Gendarmerie des Hauts-de-France  

Elle a été créée à la suite de la fusion des anciennes régions de gendarmerie de Nord-Pas-de-Calais, et de Picardie. Son siège est situé à Villeneuve-d'Ascq (Nord), près de Lille.

Région de Gendarmerie des Hauts-de-France

sont désormais obsolètes: ces 2 écussons des anciennes régions :
  1/ Nord-Pas-de-Calais  -   2 / Picardie.



Les 6 régions inchangées :
 
Région d' Ile-de-France
Région Centre-Val-de-Loire
Région de Bretagne


Région des Pays-de-la-Loire
Région de Corse
Région Provence-Alpes-Côte-d'Azur

  Nous avons maintenant fait le tour de l'inventaire des régions métropolitaines, qui se conclut par la création de six nouveaux blasons territoriaux, de belle facture, qui pourraient bien inspirer les responsables politiques au plus haut niveau de l'administration (civile) des dites régions, afin de remplacer la plupart des affreux logos qu'on leur a attribués depuis la création des régions en tant que collectivités territoriales (1982):

Quelques logos ont changé depuis 2017, mais cette carte nous donne une idée globale...

 Et quand vous croiserez un.e gendarme en uniforme, que ce soit dans ses fonctions de maintien de l'ordre, ou d'enquêteur, regardez son écusson de bras gauche, par curiosité !  Mais ne lui dites surtout pas qu'il faudrait le changer, si il officie dans une des régions concernées, surtout s'il vous fait un contrôle. En effet, le processus va être long dans le temps, et les militaires ont naturellement d'autres priorités. Par contre, la plupart savent très bien coudre ! C'est la vie militaire qui vous apprend ces choses.


📸  Focus sur la Gendarmerie dans les territoires d'Outre-mer: le cas particulier de la Martinique : 

  Pour commencer je vous présente un blason (ou insigne, écusson) dont j'ignore la date exacte de mise en service. En tout cas je n'en avais pas eu connaissance en 2011/2012. Peut-être d'ailleurs, n'existait-il pas encore : 

Commandement de la Gendarmerie
Outre-Mer,
siège à Arcueil (Val-de-Marne)
dessin inspiré de l'insigne de la Gendarmerie
 Maritime
, avec les rayons et la grenade en plus et
 un fond bleu "outremer" au lieu de noir.

  En 2011, je vous avais présenté les différents blasons /écussons que nos militaires portent dans chaque territoire ou collectivité d'Outre-Mer, peu importe la dénomination, puisqu'elle change à peu près tous les cinq ans après chaque mandat présidentiel (voir mon précédent sujet → ICI ) .
  Sous les ordres du Commandement de la Gendarmerie Outre-Mer (CGOM), nous avons toujours aujourd'hui les 8 commandements de la Gendarmerie (COMGEND), qui sont établis dans chaque département (DOM) ou communauté (COM) d'outre-mer : 1/ Nouvelle-Calédonie (avec les îles Wallis-et-Futuna), 2/ Polynésie française, 3/ La Réunion (+ les Terres australes et antarctiques françaises [TAAF] comprenant les Îles Éparses), 4/ Mayotte, 5/ Guyane, 6/ Martinique, 7/ Guadeloupe (+ Saint-Martin et Saint-Barthélémy) et 8/ Saint-Pierre-et-Miquelon.  
  Et pour les insignes respectifs, il sont tous restés inchangés (depuis 2011), sauf un: celui de la Martinique. Cela s'est passé en 2018, et voici brièvement la raison:
  Fin septembre 2018, lors de son déplacement en Martinique, le chef de l’État, Emmanuel Macron avait été interpellé lors d’une conférence de presse sur cet emblème bleu et blanc aux quatre serpents qui symbolise la Martinique sur l’uniforme des gendarmes, mais qui est surtout un symbole imaginé en 1663 par le roi de France et était utilisé sur les drapeaux de la marine marchande de l'époque,  notamment les navires qui se livraient à la traite négrière transatlantique (voir cet article antérieur d'un an qui explique le malaise → ICI). Le chef de l’État avait alors reconnu qu’il ne connaissait « pas l’existence » de ce symbole. Il avait été assez réceptif selon des dires du préfet : Emmanuel Macron ne veut plus voir d’emblème lié au passé esclavagiste de l’île.

Ancien écusson du Commandement
de Gendarmerie de la Martinique
en usage jusqu'en septembre 2018
Blason "générique" provisoire,
(celui des gendarmes en attente
d'affectation), qui a du
remplacer l'écusson litigieux.


  La décision de supprimer cet écusson a été prise assez rapidement, en fin de journée. Les gendarmes de Martinique devront, à la demande du président de la République, arborer « un écusson plus neutre » et remplacer « l’emblème aux quatre serpents », vestige du passé esclavagiste, visible sur leur uniforme, a indiqué le préfet de la Martinique.
 • source info : site limoges.maville.com/actu/actudet_-martinique.-les-gendarmes-devront-porter-un-embleme-sans-reference-esclavagiste_54135-3554767_actu.Htm

Nouvel écusson du Commandement
de Gendarmerie de la Martinique
en bonne voie pour remplacer
le précédent, désormais inadmis, ainsi
que le blason "neutre" provisoire.

version "brodé" aux couleurs tristes
et surtout non héraldiques proposée 
sur les sites de vente à l'attention
des gendarmes.

 

 -  Blasonnement, tel que détaillé sur le compte Facebook de la Gendarmerie de Martinique, en date du 14 juillet 2021:
  "Écu de gueules à la mer d'azur clair ombrée d'argent (!😱!), soutenant un demi-soleil d'or, la carte de la Martinique d'argent brochant, au chef d'azur semé de grenades d'argent ".


 - Symbolisme   :
    • la partie supérieure est identique à celle des COMGEND de Guadeloupe et de Guyane voisins, elle représente la grenade argentée, attribut militaire de la G.N. sur un fond « bleu gendarme».
    • la mer, le ciel, et le soleil couchant marquent l'identité ultramarine et insulaire du territoire, dans la volonté de représentation symbolique de l'identité caribéenne (couleurs chaudes).
   • la présence de la carte au cœur précise qu'il s'agit de l'écu de la Martinique.

 


📫 Quelques dernières autres nouveautés apparues très récemment : 

 ❶ / Pour le Groupe d'Intervention de la Gendarmerie nationale (le fameux GIGN),  unité d'élite de la Gendarmerie nationale française, spécialisée dans la gestion de crises et les missions dangereuses demandant un savoir-faire particulier. Le siège du Commandement est localisé à Versailles-Satory (Yvelines), dans la Caserne Pasquier.

nouvel écusson en service depuis 2021
plus minimaliste que les précédents (voir → ICI)

❷ / Pour les Forces aériennes de la Gendarmerie nationale (« FAGN » ou « FAG »),  chargées des missions de sécurité publique sur l'ensemble du territoire national au bénéfice de la Gendarmerie nationale et de la Police nationale, ainsi que des missions de secours et d'intervention en milieu spécialisé (mer, montagne). Le siège du Commandement est situé à Vélizy-Villacoublay (Yvelines) sur la B.A. 107 de l'Armée de l'Air.

nouvel écusson en service depuis 2022
beau design, bien supérieur au précédent (voir → ICI)

❸/ Pour le Commandement de la Gendarmerie dans le Cyberespace (ComCyberGend),  organisme français relevant du ministère de l'Intérieur, créé par arrêté du 25 février 2021 et devenu opérationnel en août 2021. Il est chargé de fédérer l'action de ses services spécialisés, dont le Centre de lutte contre les criminalités numériques (C3N) et le réseau CyberGEND des enquêteurs numériques de la gendarmerie. Il intègre également la brigade numérique de la gendarmerie nationale chargée de magendarmerie.fr et la plateforme Perceval chargée des signalements de fraude à la carte bancaire. A l'occasion de sa création, le ComCyberGend intègre notamment deux unités préexistantes : le département informatique-électronique de l'institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) et le centre de lutte contre les criminalités numériques (C3N).

Nouvelle unité ComCyberGend créée en 2021

- Blasonnement, un peu tarabiscoté, fourni par les sources d'information officielles (Décision d'homologation en date du 31 aout 2021 sous le numéro GN 0786) :
" Écu de sable à la herse d'or soutenant un bouclier d'azur et d'argent chargé d'un hibou d'azur, d'azur clair (😒!) et d'or, becqué et armé de sable ; à deux éclairs d'or, l'un en bande mouvant de dextre et l'autre en barre mouvant de senestre ".
- Symbolisme   :
    • le hibou symbolise la surveillance continue. Il est représenté de couleur bleue et d'une esthétique moderne pour évoquer l'environnement du cyberespace et de la réalité virtuelle ;
    • le bouclier et la herse symbolisent plus particulièrement les missions de défense, ici dans le domaine de l'informatique et des télécommunications ;
    • les éclairs sont une référence à la symbolique militaire des transmissions.
source info : fr.wikipedia.org/wiki/

  Voilà, avec ce curieux hibou à deux tons d'azur et d'or, et en mode barbecue, cette page "Mise à Jour" spéciale écussons de Gendarmerie s'achève (je pourrais éventuellement l'améliorer si j'ai fait des omissions, ou des erreurs, c'est très possible). Mais je rappelle pour les amateurs de badges et d'insignes militaires, que mon étude ne concerne que les emblèmes héraldiques en forme d'écu. Je ne souhaite pas aborder la multitude infinie d'insignes de forme circulaire (rondaches) et autres patches d'unités ou de brigades, etc.
 

🖌 Crédits :

choix des images de blasons/écussons:
♦ sites de vente en ligne spécialisés dans l'équipement pour militaires :
 -  www.amgpro.fr/
 -  www.paulboye-ventedirecte.fr/
  - www.les-uniformes.fr/
♦  et aussi :
- www.gendarmerie.interieur.gouv.fr
- fr.wikipedia.org/wiki/Gendarmerie_nationale_(France)

- www.ebay.fr

pour les autres images :
- passer votre souris sur les mages pour lire les url des sites sur lesquels elles ont été empruntées

📫 Pour finir je tiens à remercier l'internaute qui a souhaité rester anonyme et qui m'a gentiment suggéré, il y a quelques semaines, par mail, de faire une MAJ (mise à jour) de mon ancien sujet de 2011/2012 par rapport à la restructuration des unités de Gendarmerie, effective depuis le 1er septembre 2022. J'espère que ma réponse, qui était nécessaire, je le reconnais, sera à la hauteur de ses attentes... et des vôtres, à tous, également !!

 

                    Gérald  Dick