lundi 6 février 2017

l'Armorial de La Planche - 1669 - Gouvernement de Picardie (additions) - les châtellenies du Hainaut

 S   uite de la visite d'un des plus anciens manuscrits répertoriant des armoiries de villes et de villages de France, dessinées à la plume et peintes à l'aquarelle, antérieur de trois décennies à l'Armorial Général de France de Charles d'Hozier ! Voir la description initiale : →

  Nous arrivons à la fin du "livre" (c'est l'appellation donnée à une section d'un manuscrit, qui est lui-même divisé en chapitres) consacré au Gouvernement de Picardie. Dans les cinq précédents chapitres, nous avons déjà évoqué les territoires reconquis successivement par les armées de Louis XIII, puis celles de Louis XIV, et rattachés à la couronne de France,selon les termes des différents traités signés entre la France et l'Espagne. Nous avons au début traité le retour d'une petite partie de la Flandre maritime, le pays de Dunkerque (en 1658), puis ce fut l'Artois (en 1659), puis une autre partie de la Flandre : la châtellenie de Lille (en 1668), les pays de Tournai, les châtellenies de Courtrai, de Bergues et de Furnes (en 1668) et bien plus tard les places de Saint-Omer, Aire-sur-la-Lys et le Cambrésis (en 1678). Nous allons mettre un terme provisoire ( nous y reviendrons plus tard avec une autre région / gouvernement de rattachement) avec ce dernier volet consacrés aux  nouveaux territoires conquis et annexés à la France par les différents traités, des Pyrénées en 1659, d'Aix-la-Chapelle en 1668.

 Nous continuons donc encore l'exploration du chapitre 9 consacré à la réunion à la France de plusieurs territoires de l'ancien Comté de Hainaut, situés à cheval sur l'actuelle frontière franco-belge. Encore cette fois, nous allons être surpris par la présentation de quelques villes qui n'auront été françaises que durant un certain nombre d'années limité, telles que Ath, Charleroi, Dinant, etc, entre 1659 et 1678. L'histoire se répètera pour certaines pendant quelques années encore durant les guerres de la France contre l'Autriche, puis celles de la Révolution française, au siècle suivant, et enfin sous le 1er Empire (voir →ICI) avec une nouvelle grande annexion de tous les Pays-Bas cette fois.

    Revenir à l'épisode précédent →


Voici l'extrait d'une carte datant de la fin du XVIIIe s. , donc postérieure d'un siècle, mais sur laquelle j'ai reconstitué les limites administratives de notre région :
 Vous pouvez cliquer sur toutes les images pour les agrandir 

la zone en rose est en territoire français, en bleu : c'est le territoire belge








  Les fragments de manuscrits proviennent cette fois des deux volumes : au début le Ier et , à partir de Landrecies, le volume II. Pour enrichir l'étude, j'ai mis en bonus l'extrait équivalent dans l'Armorial Général de France* (1696-1711), établi par Charles-René d'Hozier, et comme auparavant, j'ai placé le blason actuel en-dessous, pour comparer les différences ou au contraire la constance des figures dans le temps.

 (*)  Armorial Général de France -   volume XII  -  Flandres   (BNF Paris) 


Valenciennes
(France - dépt du Nord)

On connait le cygne associé aux armoiries de Valenciennes comme supports ( voir →ICI ou  ICI). La Planche nous donne ici une version avec le cygne "entrant" dans le blason dans une partition. Il est impossible de savoir sur quelle source l'auteur s'est appuyé pour élaborer cette proposition qui semble peu fiable. Étrangement alors qu'il a pris l'habitude de le faire systématiquement, il n'a pas énoncé le blasonnement à côté dans la marge.




Bouchain
(France - dépt du Nord)



Condé -sur- l'Escaut
(France - dépt du Nord)

   Ces armoiries ont pour origine d'anciens sceaux échevinaux. Mais visiblement la nature des émaux a été sujet de discorde au cours des siècles. Une famille de Condé ( n'ayant rien a voir avec les Condé de la maison princière de Bourbon), originaire de la région a semble-t-il porté ces armes : "d'or à la fasce de gueules" comme le rapporte Jacques Dulphy (voir → ICI) grâce à une gouache de sa collection. Est-ce ces armes que la commune a finalement relevé ?



Ath
(Belgique - province de Hainaut)




Maubeuge
(France - dépt du Nord)

La Planche  nous donne une ébauche des armoiries de Maubeuge, basées sur celles du Comté de Hainaut , mais sans l'aigle en chef ni la crosse brochant sur le tout. Il apparait que la municipalité a fixé définitivement le blason de ses armoiries pendant cette même période de la fin du XVIIe siècle, 1697 exactement, comme le montre ce document conservé par les archives municipales ( voir → ICI). On notera la coïncidence de la date avec celle du recensement des armoiries pour constituer l'Armorial Général de France, selon l'édit royal de 1696 signé par le roi Louis XIV.






Bavay
(France - dépt du Nord)


   A partir de cette indication rédigée par lui, l'auteur nous renvoie vers le volume II de son ouvrage, avec une nouvelle "addition" qu'il a mis à la fin du chapitre consacré au Parlement de Metz, en Lorraine !  Ces nouveaux territoires acquis, puis certains perdus, par la guerre et la diplomatie des belligérants, ont visiblement perturbé l’ordonnancement de son manuscrit au point qu'il a dû compléter comme il pouvait les pages blanches restant dans son livre pour les insérer. Nous y reviendrons plus tard dans le descriptif d'autres régions.

Landrecies
(France - dépt du Nord)

Les sceaux de l'échevinage de Landrecies, aux XVIIe et XVIIIe siècles sont aux armes "d'or à trois hamaïdes de gueules" . C'est Charles d'Hozier qui aurait attribué d'office le blason : "d'azur au château terrassé d'or", qui a perduré jusqu'à nos jours, avec quelques augmentations dues à l'histoire de la région : deux Croix de Guerre et la Croix de Légion d'Honneur. Toutefois ces rajouts sont contraires aux règles de l'héraldique qui veut que les décorations soient portées dans les ornements extérieurs des armoiries, jamais sur l'écu d'armes.




Le Quesnoy
(France - dépt du Nord)


Avesnes -sur- Helpe
(France - dépt du Nord)



Chimay
(Belgique - province de Hainaut)



Mariembourg
 partie de la ville de Couvin
(Belgique - province de Namur)

  La ville est une ancienne place forte créée en 1546 par Marie de Hongrie, sœur de Charles Quint et gouvernante des Pays-Bas espagnols, et porte donc logiquement son nom. La Planche lui donne une armoirie avec un portrait de la Vierge à l'Enfant en majesté, comme une référence à Marie, la mère de Jésus. Ce n'est qu'en 1855, qu'un arrêté royal lui donne ses armes : "d'or au lion de sable".




Beaumont
(Belgique - province de Hainaut)




Binche
(Belgique - province de Hainaut)

    Jusqu'en 1857, le blason de Binche était en réalité, pour rectifier la proposition du manuscrit : "d'argent, au lion de sable, armé et lampassé de gueules". A cette date la municipalité a opté pour de nouvelles armes inspirées par un sceau de 1245 : "d'azur au château d'or, sommé d'une cigogne du même, accompagné de deux écussons, celui à dextre aux armes du Hainaut, l'autre à senestre d'argent au lion de sable, armé et lampassé de gueules". Elles ont été confirmées et officialisées par un arrêté royal en 1980. Toutefois l'ancien et le nouveau continuent de cohabiter car en 2003, la ville s'est pourvue d'un nouveau drapeau : blanc, frappé des armes au lion de sable, armé et lampassé de gueules...




[_)-(_]


D'autres lieux ou villes sont juste décrits par le texte :

- avec un contour de blason vide, et sans description : Philippeville.
- sans blason ni mention s'y rapportant : Abbaye de Vicogne (disparue), Charleroi.
 
 # cependant, quelques années plus tard, certaines villes (en gras, ci-dessus) ont été enregistrées et blasonnées dans l'Armorial Général de France (ces blasons sont toujours d'actualité aujourd'hui, à quelques détails près) :




Philippeville 
(Belgique - Province de Namur)

Charleroi 
(Belgique - Province de Hainaut)


# et pour être complet avec l'Armorial Général de France, on peut encore rajouter ces dernières villes, qui n'ont pas été mentionnées dans le manuscrit de La Planche :
Haspres (prévôté), Crespin (et son abbaye),  Dinant, Fontaine-l'Évêque.
○ Mais étrangement aucun des manuscrits n'a répertorié ni décrit les armes de la ville de Mons, ancienne capitale du comté de Hainaut, puis de la province belge du Hainaut.

commune d'Haspres
  (département du Nord)

commune de Crespin
  (département du Nord)

 
Dinant
(Belgique - Province de Namur)

Fontaine - l'Évêque
(Belgique - Province de Hainaut)



 A bientôt pour une nouvelle série et ...
 une nouvelle région : la Bretagne ICI


Crédits :
les blasons "modernes" des communes françaises sont empruntés  à :
armorialdefrance.fr/
et pour les communes belges  :
- commons.wikimedia.org/wiki/
- www.ngw.nl/heraldrywiki/index.php?title=Heraldry_of_the_world
- heraldiquebelge.teria.org/
-  www.dinant.be/



  Et je remercie particulièrement les personnes responsables de la Bibliothèque et des Archives du Musée du Château de Chantilly : www.bibliotheque-conde.fr/


             Herald Dick  
.

jeudi 2 février 2017

Philatélie et héraldique - nouveauté : 72 timbres avec armoiries de villes émis par la Finlande en 2016 : record à battre ! - 2nde partie

📯 Il y a quelques jours, je vous avais présenté la première partie d'un sujet sur une incroyable opération de marketing entreprise par la poste finlandaise en 2016, qui a émis presque simultanément 72 timbres différents illustrés par des armoiries municipales, vendus en feuilles de 10 timbres dans les toutes les agences postales des villes concernées par le sujet, à travers le pays ( voir → ICI). Cela constitue à mon avis un record absolu de volume établi en un temps restreint sur le thème de l'héraldique, et l'héraldique civique en particulier !
  Alors quel pays pourrait se proposer pour relever le défi de faire mieux, même avec quelques mois de délai supplémentaires ?

exemple de feuille de 10 timbres avec le blason de la ville de Kouvola, 10e ville du pays en terme de population.

🔍 Et voici donc la seconde et dernière partie de cette suite de timbres, avec de magnifiques armoiries, d'une qualité graphique exceptionnelle. Je les classés par ordre des régions d'origine des villes représentées, avec une petite carte en dessous, et une grande, plus détaillée tout en bas de page, pour localiser précisément les villes citées :
.

FINLANDE OCCIDENTALE
(régions de Satakunta et de Finlande ancienne)

.
Huittinen
Kaarina
• ci-dessus, à gauche (Huittinen) : les deux massacres de bœufs se rapportent à une légende locale: Alors que tout le village venait de terminer la construction de l'église, le Diable chercha à la détruire.Il lança une énorme pierre dans sa direction, mais au lieu de ça, elle alla tuer un paysan qui labourait son champ avec ses deux bœufs. C'était un dimanche et il aurait dû être présent à la messe. Il fut donc ainsi sanctionné sévèrement de cette façon, en y laissant sa vie.
• ci-dessus, à droite : la nouvelle municipalité de Kaarina (2009) est le résultat d'une fusion de deux anciennes communes : Kaarina et  Piikkiö. Étrangement, c'est le blason de cette dernière qui a été conservé pour représenter la nouvelle entité. Les pointes terminées en forme de trèfle symbolisent l'agriculture.


Lieto
Loimaa


• ci-dessus, à gauche (Lieto) : le blason se réfère, par l'image de Saint Pierre, à l'église du lieu qui lui est dédiée comme saint patron depuis le XIVe siècle.
 • ci-dessus, à droite (Loimaa) : l'épi de blé évoque le caractère agricole et les sols fertiles de la municipalité. Les quatre croix se réfèrent au fait que la municipalité s'est développée dans plusieurs directions sur le territoire de la paroisse originelle de Loimaa.



Naantali
Pori

• ci-dessus, à gauche (Naantali) : le blason municipal s'inspire d'anciens sceaux médiévaux illustrés par les initiales V G ,  pour le nom latin d'une implantation monastique créée en 1441: Vallis Gratiae: le "Val de Grâce" en français, et qui se traduit par "Naantali" en finnois. Les lettres gothiques sont surmontées d'une couronne comtale.
• ci-dessus, à droite (Pori) : Un rencontre d'ours de sable couronné (couronne comtale), allumé et langué de gueules sur champ d'or qui provient d'anciens sceaux et sont des armes parlantes. La ville de Pori a été fondée en 1558 par le duc Jean de Finlande (futur roi Jean III de Suède-Finlande), qui a nommé la nouvelle ville "Björneborg", soit en ancien suédois "la cité de l'ours". L'écu en plastron est cette fois timbré d'une couronne civique murale à trois tours. Il est encadré d'une banderole d'azur contenant la devise en latin : "DEUS PROTECTOR NOSTER" ( Dieu est notre protecteur).

 
Raisio
Rauma

• ci-dessus, à gauche (Raisio) : comme plus haut, le blason montre l'image de Saint Martin de Tours, que l'église médiévale du lieu a pris comme saint patron.
• ci-dessus, à droite (Rauma) : cette fois, l'église du village, datant de 1490 est dédiée à la Sainte Croix et les r minuscules gothiques sont l'initiale de la commune. L'écu est timbré d'une couronne comtale.


Salo
Somero

• ci-dessus, à droite (Salo) : C'est aussi une nouvelle municipalité créée en 2009, formée de neuf anciennes communes. Ce sont les armoiries de l'une d'elles: Halikko qui ont été conservées pour la représenter. La corne de sable dans le chef est une référence à une famille suédoise de Horn qui a joué un rôle important dans l'histoire locale. Le chef crénelé fait référence aux nombreuses forteresses de la région à l'époque médiévale. Le chêne se réfère aux forêts de chênes et aux domaines de la municipalité.
• ci-dessus, à droite (Somero) : La souche d'arbre enflammée fait référence à la tradition de la culture sur brûlis qui a généré les premières récoltes agricoles dans la région.


Turku
Uusikaupunki

• ci-dessus, à gauche (Turku) : ce blason est comme la ville, très ancien. Il tient son origine dans un sceau datant de 1309. Deux interprétations cohabitent ou s'opposent pour décrire la symbolique :
localisation des régions de Satakunta
et de Finlande ancienne
- Une lettre A gothique d'or qui est l’initiale de son ancien nom latin "Aboa" ou en suédois : "Åbo". Elle était alors la plus grande ville de Finlande, avec le statut de capitale du Grand-Duché de Finlande dans le royaume de Suède. Après l'annexion de la Finlande par l'Empire russe en 1809, elle a gardé son nom "Åbo", mais la capitale fut transférée à Helsingfors (Helsinki) en 1812. Avec l’indépendance de la république de Finlande en 1917, elle prend son nom officiel de Turku.
- le symbole central est en fait le monogramme de la Vierge Marie ( AM pour l' Ave Maria), accompagné de quatre fleurs de lis d'argent, le lis blanc étant aussi un symbole marial. Åbo est en effet le siège d'un évêché et centre religieux de la Finlande. L'écu est timbré d'une couronne comtale.
 • ci-dessus, à droite (Uusikaupunki) : Le nom de la ville signifie en finnois "ville nouvelle". Pourtant c'est une ancienne ville fondée en 1617 par les suédois sous le nom de Nystad qui signifie aussi "ville nouvelle" et ses armoiries : deux brochets (Esox lucius) d'azur adossés, remontent à cette époque, présents sur le sceau municipal. L'écu est timbré d'une couronne comtale.





.

FINLANDE MÉRIDIONALE
(régions de Uusimaa, de Kanta-Häme, de Päijät-Häme, de la Vallée de la Kymi et de la Carélie du Sud)

.
Espoo
Forssa
• ci-dessus, à gauche (Espoo) : En 1557, le roi de Suède Gustave Vasa décide de stabiliser et de développer la région en fondant un manoir royal à Espoo. Le gouvernement achète les anciens villages de Espåby et de Mankby, puis après avoir expulsé la population construit le manoir royal d'Espåby. Le manoir royal abrite le représentant plénipotentiaire (vogt) qui collecte la taxe en nature payé par le métayer sur la ferme royale. voilà pour l'explication du fer à cheval surmonté d'une couronne.
 • ci-dessus, à droite (Forssa) : La roue de moulin symbolise l’énergie hydraulique qui est à la base de l'industrie diversifiée qui s'est développée dans cette petite localité de Forssa qui est devenue officiellement une ville et a reçu ses armoiries en 1962.


Hamina
Heinola

• ci-dessus, à gauche (Hamina) : le blason, qui est très semblable à celui de la capitale Helsinki (voir ci-dessous) rappelle que la ville est un port situé sur le Golfe de Finlande. La barque est surmontée par une rare couronne royale, d'origine suédoise, car la ville a été fondée vers 1720 par le roi de Suède Frédéric Ier , sous le nom de Fredrikshamn, remplacé par Hamina,  pour servir de ville-frontière fortifiée face à l'ennemi russe. Cette place forte est symbolisée par la couronne murale à cinq tours sur l'écu.
 • ci-dessus, à droite (Heinola) : Le lynx passant provient des armoiries historiques de l'ancienne province finlandaise de Häme, dont la ville fait partie. Le pont est un édifice emblématique de la ville construit en 1932, traversant la rivière Jyrängön.


Helsinki
•  ci-dessus (Helsinki) : Le blason a pour origine
 les premiers sceaux de la ville au XVIIe siècle. 
Le dessin actuel des armoiries date de 1951.

Järvenpää
Kerava
• ci-dessus, à gauche (Järvenpää) : La ville se situe à l'extrémité nord du lac Tuusulanjärvi. C'est là que le grand compositeur finlandais Jean Sibelius résidait, dans sa maison d'Ainola jusqu'à sa mort en 1957. La maison est aujourd'hui le principal centre touristique de la commune. Au début du XXe siècle, de nombreux autres artistes, peintres, écrivains, se sont installés au bord du lac pour fuir les tentations d'Helsinki, tout en restant peu éloignés de la capitale. C'est en rapport avec ce passé artistique que le blason montre une lyre ailée.
 • ci-dessus, à droite (Kerava) : La fasce d'or découpée en queues d'aronde rappelle la technique des assemblages en tenons/mortaises employée par les charpentiers et les menuisiers. L'industrie du bois était très importante dans cette région au cours du XXe siècle.


Kirkkonummi
Kotka

• ci-dessus, à gauche (Kirkkonummi) : La croix fait référence au nom de la ville, "kirkko" signifiant "église". La barque indique que nous sommes proche de la côte.
• ci-dessus, à droite (Kotka) : Les armes ont été données à la nouvelle ville en 1881, alors sous souveraineté de l'Empire russe (voir → Котка) . Elles ont été modernisées en 1954 pour respecter les codes de l'héraldique. Ce sont des armes parlantes : "kotka" signifiant "aigle" en finnois. Le caducée et l'ancre symbolisent le commerce maritime, l'industrie et le transport;  Kotka étant un port situé sur l'embouchure du fleuve Kymi et le Golfe de Finlande.


Kouvola
Lahti

• ci-dessus, à gauche (Kouvola) :  Cette fois, ces armoiries sont toutes récentes, créées en 2009 pour représenter la nouvelle municipalité regroupant six anciennes communes. C'est pour cette raison que cette rosette (ou escarboucle) possède six branches. Les fleurs de lis terminales rappellent les vraies fleurs d'iris jaunes qui sont très communes dans la vallée de la Kymi et la champagne ondée représente également le fleuve Kymi.
• ci-dessus, à droite (Lahti) :  Cette figure est une roue de locomotive ou de voiture de chemin de fer. Lahti est en effet un carrefour ferroviaire important. Les sept flammes indiquent les sept directions possibles à partir de ce croisement.


Lappeenranta
Lohja
• ci-dessus, à gauche (Lappeenranta) :  Les armes sont inspirées d'un sceau datant de 1652, date à laquelle la reine Christine de Suède lui donna son statut de ville sous le nom de "Lappstrand" puis  "Willmanstrand" en 1721, qui signifient "la rive des lapons", ou "la rive de l'homme sauvage", ce qui témoigne bien du peu de considération des maîtres suédois pour les tribus caréliennes locales, et du peuple sami en général. Le blason a conservé le souvenir de ce nom. En tant que ville-frontière, l'écu est sommé d'une couronne murale à cinq tours.
• ci-dessus, à droite (Lohja) : La figure principale est un gril d'argent, attribut de Saint Laurent, car la vieille église du XVe siècle lui est consacrée. Les deux grappes de noisettes symbolisent la végétation de la région riche de cette espèce.



Loviisa
Nurmijärvi
• ci-dessus, à gauche (Loviisa) :  En 1743, le royaume de Suède qui occupe la Finlande, en guerre contre la Russie perd les villes frontières de Hamina et Lappeenranta. Les suédois créent alors une nouvelle place forte près de la frontière déplacée vers l'ouest: c'est Loviisa, petit port baigné par le Golfe de Finlande. Ceci explique les canons en sautoir et l'ancre marine. L'écu est timbré d'une couronne comtale.
• ci-dessus, à droite (Nurmijärvi) :  Ce curieux blason à sept têtes de jeunes hommes trouve son explication par un hommage rendu à une célébrité finlandaise : l'écrivain Aleksis Kivi (1834-1872) qui est né dans cette ville et dont le roman le plus connu s'intitule "Les sept frères".


Porvoo
 Raasepori
• ci-dessus, à gauche (Porvoo) : La lettre majuscule C est l'initiale du mot latin "Castrum" , déjà présente sur les premiers sceaux de cette vieille ville fondée au Moyen-âge, au cours du XIVe siècle.
• ci-dessus, à droite (Raasepori) : Les huit fleurs d'anémone figurent les anciennes communes ou villages réunis dans la nouvelle municipalité en 2009. La couronne murale qui timbre l'écu rappelle  que le territoire couvert était défendu par plusieurs anciennes fortifications.


Riihimäki
Vantaa

• ci-dessus, à gauche (Riihimäki) : Les gerbes se rapportent au nom de la ville, "riihi" en finnois est un séchoir où on entreposait les céréales pour les faire sécher et extraire les grains par battage. Le quartier supérieur avec les flammes rappelle l'industrie : une importante usine de verre fonctionnait dans la ville et un musée national du verre y est installé.
• ci-dessus, à droite (Vantaa) :  Voici une idée originale et inventive adoptée en 1951, pour illustrer les réserves de pêche de la rivière éponyme qui traverse la ville : la "Vantaanjoki" soit "la rivière de Vantaa" , avec cette queue de saumon d'or sortant (mouvant) d'une fasce ondée d'argent.

localisation des régions de Uusimaa,
de Kanta-Häme, de  Päijät-Häme ,
 de la Vallée de la Kymi
 et de Carélie du Sud




FINLANDE ORIENTALE
(régions de Savonie du Nord, de Savonie du Sud et de Carélie du Nord)

.
Joensuu
Kitee
• ci-dessus (Joensuu et Kitee) : Les couleurs rouge et noir sont celles, traditionnelles de la région de Carélie.  Le premier blason illustre la position de ville-frontière sur la rivière Pielisjoki (la bande d'argent), non loin de la Russie. Le second blason,  avec cette barre de gouvernail, se rapporte à la navigation sur les innombrables lacs intérieurs que compte la Finlande.


Kuopio
Mikkeli
• ci-dessus, à gauche (Kuopio) : Le quartier supérieur du blason (l'arc et la flèche, couronnés) est composé des anciennes armoiries créées, au début du XIXe siècle, pour le gouvernement de la province de Kuopio  (Куопиосская губерния), dans le Grand-Duché de Finlande et sous souveraineté de l'Empire russe, jusqu'en 1917. Le quartier inférieur représente la silhouette d'une ancienne église.
• ci-dessus, à droite (Mikkeli) : Son nom découle du suédois "Sankt Michel" qui lui est donné au XVIe siècle. Les armes d'origine remontent à la période d'occupation russe, en 1842 (Санкт-Михель / Миккели) . Nous retrouvons le symbole décrit ci-dessus : l'arc et la flèche d'or et d'argent, sur champ de sable, qui est l'emblème historique de la province de Savonie (ancienneté : 1562). Sur le quartier supérieur, nous voyons deux bâtons de maréchal mis en sautoir. C'est une allusion au Maréchal Gustaf Mannerheim, commandant général des armées finlandaises contre l'Armée rouge soviétique durant la Seconde Guerre mondiale et qui fit de Mikkeli le siège de son état-major de commandement. La ville a pour cette raison reçu la croix de Mannerheim qui est appendue aux armoiries. Elle est sauf erreur, la seule ville finlandaise à avoir été décorée par cette très haute distinction militaire. L'écu est timbré d'une couronne des comtes de Savonie.

  
Pieksämäki
Siilinjärvi
• ci-dessus, à gauche (Pieksämäki) : J'ai peu d'informations sur ces flèches de forme très curieuse. Toutefois les textes disponibles en finnois que j'ai trouvé précisent qu'elles se rapportent à la chasse traditionnelle à bord de bateaux. Ce qui me fait penser qu'elles auraient peut-être été conçues pour être récupérables après le tir et après avoir percuté leur cible, au-dessus des cours d'eau, car flottant grâce à leur renflement sur la surface de l'eau, ce qui les empêcherait de couler au fond. Une flèche c'était beaucoup de travail avec son empennage précis, et cela coûtait cher à fabriquer. Mais ce n'est qu'une hypothèse. Les couleurs du blason sont celles de la province de Savonie : champ de sable et meubles d'or et d'argent.
 • ci-dessus, à gauche (Siilinjärvi) : Blason beaucoup plus explicite : deux serpettes aux usages multiples mises en sautoir et une feuille d'eau (nénuphar). La ville est située, comme les villes précédentes et la suivante, dans une région maillée de centaines de lacs et de forêts.

Varkaus
•  ci-dessus (Varkaus) : Le blason se réfère à la construction navale
et aussi au fait que cette ville est un important port de l'intérieur.

localisation des régions de Savonie du Nord,
de Savonie du Sud et de Carélie du Nord



📓 Voilà, j'ai tenté encore cette fois de donner au mieux quelques explications sur les figures ornant ces blasons, chose peu aisée, car il n'existe rien en français, peu de chose en anglais, et l'essentiel est naturellement en langue finlandaise (finnois) ou en suédois, langues que je ne maitrise pas du tout ! Donc je m'excuse par avance si mes traductions sont approximatives !
(source textes : fi.wikipedia.org/wiki/Luokka:Suomen_vaakunat)



Cette carte administrative avec ses 5 grandes provinces était en vigueur jusqu'au 31/12/2009 - la Finlande a fait en 2010 une réforme
 territoriale et le pays est désormais divisé en 19 régions dont 1 région autonome : l'archipel d Åland qui a d'ailleurs une administration
 postale indépendante. Vous pouvez cliquer sur la carte pour l'agrandir avec votre navigateur.











             




         Phila Dick