dimanche 31 mai 2020

Top 10 des plus grandes villes de Nouvelle-Zélande avec leurs blasons

👉 Voici un nouveau volet à cette série consacrée à la découverte de l’héraldique civique, à travers divers pays du Monde. Le principe du "Top xx" très répandu dans les médias et sur Internet, pour recenser ce qui est le plus remarquable dans un domaine particulier est ici adapté à cette thématique. Il nous permettra de découvrir ou réviser la géographie d'un pays choisi de manière aléatoire et dans le même temps de s'intéresser à sa diversité en matière de blasons et emblèmes municipaux.

  Nous quittons provisoirement l'Europe, pour nous rendre aux antipodes de la planète, dans le fascinant pays du Pacifique sud : la Nouvelle-Zélande.





Voici donc les 10 plus grandes villes, en terme de population (chiffres : 2018):



1 - AUCKLAND

-  nom maori :  Tāmaki Makaurau
chef-lieu de la région d'Auckland, dans l'île du Nord - 1 467 800 habitants.

ancienneté des armoiries : 1911

Cette ville avait déjà été évoquée dans un article sur la Coupe du Monde de rugby 2011 →


2 - CHRISTCHURCH

- nom maori :  Ōtautahi
chef-lieu de la région de Canterbury, dans l'île du Sud - 377 200 habitants.

ancienneté des armoiries : 1949

Cette ville avait déjà été évoquée dans un article sur la Coupe du Monde de rugby 2011 →

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vendredi 22 mai 2020

Philatélie et héraldique : rétrospective Allemagne 1945 - Zone d'occupation française

bloc de 4 timbres du n°9 de la première série "Zone française"
 📜   Le 8 mai dernier, en dépit de conditions particulières liées à la pandémie actuelle du Covid-19, on a néanmoins célébré le 75ème anniversaire de la victoire des Alliés sur l'Allemagne nazie et la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe, marquée par l'acte de capitulation de l'Allemagne. Voici un petit rappel et résumé historique qui va nous amener à notre sujet philatélico-héraldique, si vous me permettez ce néologisme.
   Durant le second conflit mondial, plusieurs conférences interalliées se déroulèrent lors des années 1943 à 1945. Les trois puissances alliées : États-Unis, Royaume-Uni et Union soviétique jetèrent ainsi les bases de l'organisation du monde de l'après-guerre et plus particulièrement définirent le sort de l'Allemagne après la cessation des hostilités. Le protocole de Londres du 12 septembre 1944 prévoyait le partage et l'occupation du territoire allemand (et autrichien) en trois zones d'occupation y compris Berlin (et Vienne). Pour l'Allemagne, il fut décidé d’attribuer à l’URSS la zone nord-est, au Royaume-Uni la zone nord-ouest et aux États-Unis la zone sud de l'Allemagne + deux enclaves autour de Brême et l'embouchure de la Weser.
carte "d'époque" montrant les différentes frontières de l'Allemagne avant et après le conflit, les limites des zones d'occupations attribués aux quatre puissances alliés avec les couleurs et les drapeaux respectifs, mais également les cessions de territoires définitifs à l'est : la Poméranie orientale, Danzig et la Silésie reviennent à la Pologne, la Prusse orientale est
 partagée entre la Pologne et l'U.R.S.S, avec ce petit territoire qui deviendra l'enclave russe de Kaliningrad.
carte de la "Zone française" en bleu, avec le détail des différentes provinces
 historiques (noms en majuscules). Elle sera la base qui servira plus tard à former
le contour de trois des futurs Länder de l'Allemagne fédérale : Rhénanie-Palatinat,
Sarre et Bade-Wurtemberg (en partie seulement pour ce dernier)
   Avec le débarquement des alliés en Normandie et la libération de la France occupée en 1944 qui suivit, celle-ci rejoignit massivement les troupes de la contre-offensive sur le front en direction de la capitale du Reich : Berlin. Lors de la conférence de Yalta , en février 1945, les trois dirigeants des puissances combattantes alliées (Staline, Roosevelt et Churchill) s'accordèrent pour donner à la France une zone d'occupation, prise sur celles des États-Unis et du Royaume-Uni. Ces dispositions seront confirmées durant la conférence de Potsdam  en juillet 1945.
  Cette "Zone française" une fois définie, couvrira le sud-ouest de l'Allemagne avec les régions frontalières de l'Alsace et de la Lorraine, ainsi qu'un secteur de la ville de Berlin. Au passage : l'Autriche, annexée depuis 1938 par le régime nazi, elle aussi, subira une occupation de son territoire par les alliés, mais c'est une autre histoire
 (voir → ICI).
 🏤 Chacun des États occupants reçoit, dans le cadre de l'aide à la reconstruction du pays vaincu, la charge du service postal dans sa zone. Dans les zones américaines et britanniques, des timbres de type « Am Post Deutschland » sont déjà prêts. Dans la zone soviétique, c'est l'initiative locale qui est de mise.
  La France a refusé d'utiliser les timbres américains et en émet le 17 décembre 1945 avec la mention bilingue «ZONE FRANÇAISE - BRIEFPOST». Ce sont les services de dessinateurs, graveurs français et les techniques de l'imprimerie de la poste française qui sont utilisés pour la réalisation des timbres des premières séries. Trois séries de timbres sont mises en service avec des valeurs en pfennigs et en marks. Les deux premières, de petites valeurs (de 1 à 30 pfennigs) représentent les cinq blasons des régions historiques concernées par l'administration française: Bade, Palatinat, Rhénanie, Sarre (en fait la ville de Sarrebruck) et Wurtemberg. Émis le 17 décembre 1945, ils sont repris le 11 janvier 1946 avec de nouvelles valeurs faciales. La troisième comprend des timbres de grand format avec le portrait d'écrivains et poètes allemands : Johann Wolfgang von Goethe en décembre 1945, Friedrich von Schiller et Heinrich Heine le 1er avril 1946.
  Ils sont tous retirés de la vente le 21 juin 1948 puisqu'ils sont remplacés progressivement durant l'année 1947 par des timbres cette fois spécifiques à chaque région : Bade (Baden), Rhénanie-Palatinat (Rheinland-Pfalz) et Wurtemberg-Hohenzollern (Württemberg-Hohenzollern), voir les quelques spécimens, en fin de sujet. Par contre, la Sarre (Saarland) se constituera en un État indépendant et souverain sous protectorat français, le 15 décembre 1947. Il émettra ses propres timbres durant cette période d'autonomie avant de réintégrer la R.F.A à la suite du référendum du 23 octobre 1955, avec le statut de Land.

 Mais passons maintenant à notre sujet proprement dit :

Allemagne, Zone d'occupation française : années 1945 à 1949.

- série de 13 timbres : 10 armoiries + 3 portraits d'écrivains allemands.

année 1946 (11/01/1946)

N° 1 YT-AL/ZF (ordre et numérotation du catalogue Yvert & Tellier - chapitre Allemagne, Zone d'occupation française)
N° 1 MI-DE/FZ (ordre et numérotation du catalogue Michel, chapitre Deutschland, Französischen Zone)

Armoiries de la province de Rhénanie 
(Rheinland en allemand) - valeur : 1 pfennig

- timbre dessiné par Robert Louis et gravé par Jules Piel

Blason : "De sinople à la bande ondée d'argent"




année 1946 (11/01/1946)

N° 2 YT-AL/ZF
N° 2 MI-DE/FZ

Armoiries de la province de Palatinat
(Pfalz en allemand) - valeur : 3 pfennigs

- timbre dessiné par Robert Louis et gravé par Jules Piel

 Blason :  "De sable au lion d'or, couronné, armé et lampassé de gueules"






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lundi 11 mai 2020

Cartes postales héraldiques à blasons multiples : souvenirs d'Île-de-France

🔵  Comme je l'ai souvent évoqué dans ce blog, ma passion pour l'héraldique ne m'est pas venue sur les bancs d'une école quelconque, aux Beaux-Arts ni dans une faculté d'Histoire, que je n'ai pas eu la chance de fréquenter. Cet attirance m'est arrivée, enfant, puis adolescent, en collectionnant divers objets ornés de blasons, surtout ceux de villes ou de communes de France et d'ailleurs. Tout y est passé : écussons en plastique ou en métal, images publicitaires, timbres-poste, entêtes de lettres ou enveloppes communales, vignettes, fiches éducatives, cuillères à café souvenirs, posters, planches de dictionnaires encyclopédiques, etc... mais surtout beaucoup de cartes postales touristiques, ainsi que des cartes de collection héraldiques proprement dites, de très haute qualité artistique.
🔴   Voici donc un petit aperçu de ce qui a pu être publié par certaines entreprises d'édition de cartes postales en France, toutes époques confondues, en commençant par la région de Paris et de l'Île-de-France.  Je me suis intéressé aux séries regroupant plusieurs blasons autour d'un thème commun ou d'une zone géographique précise, à la façon d'une planche d'armorial. Ces éditeurs ont bénéficié de la collaboration des meilleurs artistes illustrateurs héraldistes de leur époque : Maurice Jacquez , Robert Louis, Jean-Paul Fernon, pour ne citer qu'eux. Mais voyez plutôt....

carte maximum philatélique avec composition originale de Maurice Jacquez
 et timbre émis par la poste en 1943, dessiné par Robert Louis (voir → ICI),
oblitéré par un cachet " ⚓ Salon de la Marine ⚓ Paris " en date du 1er juillet 1943,
( par conséquent: durant l'occupation de la France par l'Allemagne nazie ).
carte postale héraldique avec composition originale de Maurice Jacquez
 (années 1950 et +) - Éditions M.J.
carte postale héraldique avec composition originale de Robert Louis, imprimée avec le procédé " relief typo-émail "
imprimeur : Louis Imbert à Saint Étienne (Loire)
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jeudi 30 avril 2020

l'Armorial de La Planche - 1669 - Gouvernement de Champagne - Bailliages de Provins et de Château-Thierry

S   uite de la visite d'un des plus anciens manuscrits répertoriant des armoiries de villes et de villages de France, dessinées à la plume et peintes à l'aquarelle, antérieur de trois décennies à l'Armorial Général de France de Charles d'Hozier ! Voir la description initiale : →

   Nous poursuivons avec la découverte du "livre" (c'est l'appellation donnée à une section d'un manuscrit, qui est lui-même divisé en chapitres) consacré au Gouvernement de Champagne. Après les premiers chapitres consacrés au Bailliages de Troyes, de Reims, de Châlons, de Sens et dernièrement, celui de Meaux, nous nous déplaçons de quelques lieues vers le sud-est, pour découvrir le bailliage de Provins, qui occupe la partie sud du pays de la Brie.
  D'ailleurs, c'est une indication apportée par Pierre de La Planche: il a complété l'intitulé de son cinquième chapitre avec le rajout de la mention " 2e Partie de la Brie ". La 1ère Partie de la Brie ayant été développée dans le chapitre précédant avec un territoire plus à l'ouest, correspondant au bailliage de Meaux.
  Et pour clore ce sujet consacré à l'exploration de la région de la Brie champenoise, il y aura en deuxième partie une section supplémentaire concernant le bailliage de Château-Thierry qui faisait également partie de la province historique ainsi que du comté de Champagne.
 Géographiquement, nous allons couvrir une assez grande zone allant du nord depuis Fère-en-Tardenois jusqu'à Montereau-Fault-Yonne au sud. Elle concerne de fait quatre départements actuels : Seine-et-Marne, Aube, Marne et Aisne et est donc à cheval sur 3 grandes régions : Île-de-France, Grand Est et Hauts-de-France ! (voir cartes ci-dessous).

      Revenir à l'épisode précédent →

Voici l'extrait d'une carte datant de la fin du XVIIIe s. , donc postérieure d'un siècle, mais sur laquelle j'ai reconstitué les limites administratives de notre région :
 Vous pouvez cliquer sur toutes les images pour les agrandir












  Les fragments de manuscrits proviennent cette fois du Volume I. Pour enrichir l'étude, j'ai mis en bonus l'extrait équivalent dans l'Armorial Général de France* (1696-1711), établi par Charles-René d'Hozier, et comme auparavant, j'ai placé le blason actuel en-dessous, pour comparer les différences ou au contraire la constance des figures dans le temps.

(*)  Armorial Général de France  -  volume X  -  Généralité de Châlons
      Armorial Général de France  -  volume XXV  -  Généralité de Paris  -  partie III 
      Armorial Général de France  - volume XXXII -   Généralité de Soissons  (BNF Paris)



Provins (Seine -et- Marne)

   Certains spécialistes de l'héraldique préconisent à l'attention des créateurs d'armoiries que le dessin d'édifices tels que châteaux, églises ou ponts, etc... doit éviter d'être trop fidèle à "l'original du lieu" comme parfois le blasonnement le précise ou le suggère. Il devrait plutôt correspondre à un schéma plus standard, stylisé, facilement descriptible par le blasonnement, ceci afin d'éviter qu'une personne ne connaissant rien de l'aspect de ce bâtiment soit dans l’impossibilité de le reproduire avec la seule définition "édifice du lieu" donnée par le blasonnement. En voici un parfait exemple avec notre ville de Provins.
En effet, à Provins, ancienne capitale historique des comtes de Champagne et aujourd'hui inscrite depuis 2001 sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO, c'est l'image de l'impressionnante Tour César, donjon du XIIe siècle, qui est représentée avec plus ou moins d'exactitude, et ce depuis longtemps, sur son blason. Mais sa complexité architecturale est difficilement descriptible avec quelques mots et au crayon également. En effet : le donjon s'étage sur trois niveaux: une haute enceinte circulaire, sur laquelle est posée une grosse tour carrée avec une tourelle cylindrique à chaque angle et enfin un étage plus petit, hexagonal et couvert d'un toit pyramidal à six faces !  Lisez le blasonnement donné par Pierre de La Planche dans la marge droite du manuscrit: sans l'image, il est impossible, avec son texte, de reconstituer le dessin qu'il a réalisé !
 Voici par contre, le blasonnement rédigé sur les lettres patentes royales de 1816 validant la reprise des armoiries de la cité, supprimées sous la Révolution (voir → ICI) : "D'azur, à un château rond, composé d'une enceinte, sommé de trois tourelles jointes par des entre-murs, renfermant une grosse tour, plus élevée et pavillonnée, le tout d'argent, maçonnée et ajourée de sable, le milieu de la première enceinte ouvert en porte, aussi d'argent et chargé d'un lion de sable". C'est en gros le blason dessiné par Charles d'Hozier 120 ans plus tôt, dans son Armorial Général de France, comme nous le voyons plus haut. La fleur de lis d'or sommant la tour a été "restaurée" plus tard pour aboutir au dessin actuel. Toutefois le dessin actuel est encore incorrect, car l'enceinte du bas n'est pas de forme hexagonale mais circulaire. Comme quoi, il est très difficile de fusionner le dessin héraldique aux traits épurés avec un semblant de réalisme architectural.

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mardi 21 avril 2020

Philatélie - avril 2020 (archives année 2019 #5)

 📯 Nouvelle synthèse à propos des thèmes associés de l'héraldique et de la philatélie: voici un récapitulatif, que je ne prétend pas être exhaustif, des derniers timbres et autres produits philatéliques parus ou signalés pour la fin de l'année 2019, une année décidément très riche et  très prolifique, concernant divers thèmes et tous pays confondus.


Monaco : exposition philatélique "Monacophil 2019" sur le thème de l'Égypte - timbre et bloc 
avec le logo inspiré par le blason de la famille princière de Grimaldi (ci-dessus à droite)

Espagne : Province du Guipuzcoa - détail armoiries ci-dessous
Province du Guipuzcoa / Gipuzkoa en langue basque

Italie : bloc émis pour le 70e anniversaire de la désignation de la Vierge Marie "Virgo Fidelis" comme sainte patronne du corps des Carabiniers italiens  - détail armoiries ci-dessous
armoiries des Carabinieri (Carabiniers), gendarmes d'Italie
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mercredi 15 avril 2020

Capitales du monde : Bissau

  N ous avons quitté l'Asie centrale, avec le précédent volet et le hasard de l'ordre alphabétique nous emmène cette fois en Afrique sur la côte ouest dans un pays et sa capitale dont on ne parle pratiquement jamais dans l'actualité, sauf peut-être pour son instabilité politique chronique ou sa grande pauvreté, mais quand même aussi parfois pour son carnaval très réputé.

  L'emblème actuel de la capitale bissaoguinéenne est un logotype circulaire de type sceau, aux couleurs du drapeau national et du panafricanisme (vert, jaune, rouge et noir). La politique de décolonisation a en effet, on le comprend aisément, balayé les anciens symboles portugais qui représentaient la ville au terme d'une époque révolue. Sa date d'adoption est incertaine mais apparemment très récente. Cet emblème est très peu diffusé à l'extérieur de sa zone géographique d'origine, en particulier sur les médias de l'internet (voir compte Facebook → ICI).
 Je n'ai pas trouvé la symbolique exacte de cet emblème, même si on peut en deviner la teneur : flambeau = la victoire et la libération (la chaîne) par le travail ou le développement industriel (roue d'engrenage), etc...  L'inscription "CIDADE DE BISSAU" en langue portugaise, qui est la langue officielle du pays, signifie : "Ville de Bissau".

badge en métal en forme d'écu avec l'emblème
de la mairie de Bissau  (Câmara Municipal en portugais)

capitale n° 32 - Bissau

Bissau (parfois orthographiée Bissao) est la capitale et la ville la plus peuplée de la Guinée Bissau

Population  :  492.000 habitants en 2015 (estimation).

  La ville est située sur la côte ouest du pays, sur les rives de l'estuaire du Rio Geba, proche de l'océan Atlantique, à une altitude de 39 mètres et entourée de terres très basses. C'est aussi le port principal du pays. Le fleuve est accessible aux gros navires, mais cette capacité ne vaut que jusqu'à environ 80 kilomètres en amont de la ville. Les arachides, appelées localement mancarra, le bois, la noix de coco, l'huile de palme et le caoutchouc sont actuellement les principaux produits exportés à Bissau. Les industries présentes dans la ville comprennent la transformation des produits agricoles, la production de boissons, les textiles et les matériaux de construction, la métallurgie, les cigarettes et les chaussures. C'est aussi le plus important centre administratif et militaire du pays.

La Place des Héros de la Nation (Praça dos Herois Nacionais) avec le monument de l'indépendance (Monumento aos Heróis da Independência) au centre et le Palais présidentiel (Palácio Presidencial) en haut à gauche
 Son histoire commence en 1687 quand les Portugais mettent en chantier dans les lieux la longue construction d'une forteresse et installent un comptoir. La future ville était, à l'origine, un centre de la traite négrière, avant de devenir un port franc en 1869. Elle devient officiellement en 1941 la capitale de la colonie de la Guinée portugaise où réside le gouverneur. C'est à Bissau qu'en 1963 commença l'insurrection contre les autorités portugaises, suivie d'une longue guerre de libération qui devait aboutir à l'indépendance du pays en 1974. Elle devint alors la capitale du nouvel état reconnu par l'O.N.U et qui porte son nom : la Guinée Bissau.


Le blason de Bissau, un vestige de la colonisation portugaise.

armoiries de la Province d'Outre-mer de Guinée Portugaise de 1951 à 1974
  Pour commencer, il ne faut pas se laisser tromper par les différentes fiches d'identité présentant la ville de Bissau sur les sites internet et en premier lieu : Wikipédia qui lui attribuent toujours des armoiries obsolètes depuis l'indépendance du pays en 1974, car adoptées durant l'époque coloniale portugaise.
armoiries de la ville de Bissau de la période coloniale :
(  date et origine inconnues )
les têtes d'africains sont couvertes d'une taguia, le bonnet
traditionnel en coton des hommes dans cette partie de l'Afrique
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mardi 7 avril 2020

l'Armorial de La Planche - 1669 - Gouvernement de Champagne - Bailliage de Meaux

S   uite de la visite d'un des plus anciens manuscrits répertoriant des armoiries de villes et de villages de France, dessinées à la plume et peintes à l'aquarelle, antérieur de trois décennies à l'Armorial Général de France de Charles d'Hozier ! Voir la description initiale : →

 Nous poursuivons avec la découverte du "livre" (c'est l'appellation donnée à une section d'un manuscrit, qui est lui-même divisé en chapitres) consacré au Gouvernement de Champagne. Après les premiers chapitres consacrés au Bailliages de Troyes, de Reims, de Châlons, et dernièrement, celui de Sens, nous repartons vers le nord-ouest, pour découvrir le bailliage de Meaux, qui occupe la partie nord du pays de la Brie.
D'ailleurs, c'est une précision apportée par Pierre de La Planche qui a complété l'intitulé de son cinquième chapitre avec le rajout de la mention " I.(ère) Partie de la Brie ". La 2e Partie de la Brie sera développée dans le chapitre suivant avec un territoire plus au sud, correspondant au bailliage de Provins. Et pour clore l'exploration de la région de Brie champenoise, il y aura même un chapitre supplémentaire concernant le bailliage de Château-Thierry qui faisait également partie de la province historique et du comté de Champagne. L'auteur nous explique cela dans son préambule, voir plus bas.
  Nous sommes donc géographiquement, tout proche de la capitale en Ile-de-France, à moins de 30 km (6 lieues pour coller à l'époque du manuscrit) avec la ville de Lagny-sur-Marne. Parallèlement, pour l'administration de l'Ancien Régime, le bailliage de Meaux, comme le précédent, celui de Sens, faisaient partie de la Généralité de Paris !  Eh oui,  à cette époque, tout était compliqué dans la gestion politique et administrative des territoires. Pour faire simple, les Généralités étaient des subdivisions de l'administration fiscale du royaume ; ce sont elles par exemple, qui sont prises en compte pour la segmentation de l'Armorial Général de France de Charles d'Hozier. Alors que La Planche utilise lui, le découpage bien distinct, en Gouvernements généraux, qui correspondaient à l'administration militaire du pays. Et je ne vous parle pas du maillage des domaines de l'Église et de ses diocèses, qui nous donne encore une autre carte, totalement différente....
 C'est la Révolution française qui en 1790 mettra un peu d'ordre dans l’organisation territoriale du pays par la création des départements. Ainsi, notre bailliage de Meaux, avec la suppression de toutes ces anciennes appellations désormais abolies, formera le district nord du département de la Seine-et-Marne actuel, dont la préfecture sera installée à Melun.

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Voici l'extrait d'une carte datant de la fin du XVIIIe s. , donc postérieure d'un siècle, mais sur laquelle j'ai reconstitué les limites administratives de notre région :
 Vous pouvez cliquer sur toutes les images pour les agrandir











  Les fragments de manuscrits proviennent cette fois du Volume I. Pour enrichir l'étude, j'ai mis en bonus l'extrait équivalent dans l'Armorial Général de France* (1696-1711), établi par Charles-René d'Hozier, et comme auparavant, j'ai placé le blason actuel en-dessous, pour comparer les différences ou au contraire la constance des figures dans le temps.

(*)  Armorial Général de France  -  volume XXV  -  Généralité de Paris  -  partie III  (BNF Paris)




Meaux (Seine -et- Marne)

 Voici encore une fois un magnifique exemple de constance d'un blason municipal dans le temps ! (si l'on exclue l'inversion des émaux gueules/sinople dans le manuscrit de La Planche). L'initiale M du nom de la ville est décrite "à l'antique" sur les manuscrits et de type "onciale " de nos jours. Mais ceci revient au même, parlant d'une écriture ancienne pratiquée depuis le haut Moyen-Âge pour la composition des manuscrits et plus particulièrement celle des lettrines ornant les pages enluminées et marquant le début d'un chapitre.




Coulommiers 
(Seine -et- Marne)

   Le nom de la ville aurait pour origine le mot latin columba (la colombe). D'après la légende, les Romains, lors de la conquête de la Gaule, lui auraient donné le nom de Columbarium qui signifie "colombier ", en rapport avec une tour et les maisons qui l'entouraient sur l'île formée par les bras du Grand Morin, la rivière traversant la ville. Ceci explique la partie incomplète des armes parlantes que l'on voit sur le manuscrit. Mais il faut rajouter les serpents croisés absents sur le dessin de La Planche. Sont ils apparus plus tard et quelle est leur symbolique ? En latin, la couleuvre, le serpent en général se traduisent par le mot " coluber ", la couleuvre femelle c'est: " colubra " (selon dictionnaire Gaffiot). Il pourrait donc s'agir d'armes parlantes doubles mais...    La devise latine de la ville de Coulommiers qui souligne les armoiries est: "Prudentes ut serpentes, simplices ut columbae" (Prudents comme des serpents, simples comme des colombes). Cette devise est tirée d'un passage de la Bible : "Voilà que je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Soyez donc prudents comme les serpents et simples comme les colombes" (Évangile selon Saint Matthieu, chapitre 10, verset 16, voir illustrations → ICI).



Lagny -sur- Marne
(Seine -et- Marne)

  La plus ancienne représentation des armoiries de Lagny-sur-Marne a été découverte sur la tête centrale en bronze de la fontaine, située place de la fontaine. Une inscription indique la date de 1523.
Le blason se compose de trois éléments :
   - La lettre L, initiale du nom de la ville, qui montre que celle-ci est indépendante de tout pouvoir
   - Le "Clou" de la Passion du Christ, offert à l'Abbaye Saint-Pierre par le roi Robert II dit le Pieux, vers 1019.
   - La "Couronne " royale, symbole de l'appartenance de la ville au domaine royal à partir du 13ème siècle.
source texte : lagny-sur-marne.wiki/lsm/Blason
  On notera que la blason peint dans le manuscrit de La Planche montre deux couronnes royales au lieu d'une seule comme actuellement.  Au passage, la couronne est indifféremment ouverte ou fermée, selon les auteurs des dessins d'armoiries. Peut-être ce dédoublement existant initialement a été jugé incongru ou inutile, et que par la suite une couronne unique a été conservée, couvrant symboliquement à la foi les deux figures du L majuscule et du clou de la Passion.




Crécy - la Chapelle
(Seine -et- Marne)

   Au début existait un domaine gallo-romain nommé Craeciacum car situé dans une courbe (comme un croissant) du Grand Morin. Puis à l'époque mérovingienne, il s’étend vers la colline. A la moitié du XIe siècle, les habitants se déplacèrent vers le nouveau château construit sur une île. Le quartier du Bourg fut construit dans la foulée. Les commerçants et artisans de chaque côté du Grand Morin formèrent les faubourgs. Au début du XIIIe siècle, le faubourg du côté de La Chapelle est fortifié et un nouveau fossé est creusé. C’est la naissance du quartier du Marché. L’ancien domaine était devenu le "vieux Crécy" puis prit le nom de Saint-Martin.
Pour finir, les trois quartiers fortifiés formèrent la nouvelle ville de Crécy-en-Brie, renommée Crécy-la-Chapelle en 1972.
Ces armoiries sont bien celles de la ville et non celles d’un quelconque seigneur, ni ceux d’un roi .
Trois croissants entrelacés : les armes sont parlantes…  jadis Creceium / Criciacum / Cræciacum / etc... en enfin Crécy... Vous êtes bien à "Croissant" en Brie (hypothèse).
source texte : http://www.emegm.com/wordpress/?p=3362 
ou http://maintenance-et-batiment.blogspot.com/2018/05/fiche-historique-les-chateaux-forts.html




[_)-(_]




D'autres lieux ou villes sont juste décrits par le texte, sans blason ni mention s'y rapportant :

Saint-Fiacre,  Montceaux (-les-Meaux, château), abbaye de Pharemoustier (Faremoutiers), abbaye de Pont-aux-Dames (commune de Couilly-Pont-aux-Dames), La Ferté-au-Coul (ancien nom de La Ferté-sous-Jouarre), Jouarre, La Ferté-Gaucher, Rebais (abbaye de), Lizy-sur-Ourcq, Gandelu, château de Tresmes, abbaye de Cerfroid (commune de Brumetz, dépt de l'Aisne).

 # cependant, quelques années plus tard, certaines villes ou établissements religieux (en gras, ci-dessus) ont été enregistrés et blasonnés dans l'Armorial Général de France.  Ces blasons sont encore d'actualité, pour certains, à quelques détails près, d'autres ont servi à composer les blasons des communes actuelles à partir de certains éléments ou figures références :


commune de Saint-Fiacre
 (Seine-et-Marne)

commune de Couilly - Pont
-aux- Dames (Seine-et-Marne)

commune de La Ferté -sous-
 Jouarre  (Seine-et-Marne)

commune de Rebais
(Seine-et-Marne)



A bientôt pour une nouvelle série ... → ICI



Crédits :
certains blasons "modernes" sont empruntés  à : armorialdefrance.fr/
sinon à : 
- armoiries.free.fr/home/home.html
- www.aslagnyrugby.net/ (dessin modifié par HD)
- www.crecylachapelle.eu/

les extraits des manuscrits proviennent de :
- Bibliothèque et Archives du Musée du Château de Chantilly :
   . www.bibliotheque-conde.fr/ressources-en-ligne/

 - Bibliothèque nationale de France à Paris : 
   . gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k111473g/

💶 Appel au mécénat ou aux généreux donateurs :
 Au cours d'échanges d'informations avec les responsables de la Bibliothèque du Musée Condé, au sujet du manuscrit, il m'a été rapporté que l'ouvrage de Pierre de La Planche n'est actuellement plus exposé ni mis à disposition des visiteurs. En effet, les deux volumes du manuscrit sont en mauvais état : "la couverture", ce que l'on nomme dans le métier: les plats de reliure, sont soit partiellement,soit totalement détachés du manuscrit, ce qui nuit à sa conservation. La reliure étant en effet là pour maintenir et protéger le manuscrit.
  Si des personnes ou des entreprises sont intéressées, en mode mécénat, pour participer à la prise en charge de la restauration de ces précieux ouvrages, qu'elles prennent contact pour les modalités, avec les bibliothécaires à cette adresse mail  : bibliotheque@domainedechantilly.com
ou sinon m'écrire à : heraldexpo@orange.fr et je transmettrai à ma correspondante privilégiée.


             Herald Dick  
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