samedi 12 octobre 2013

Fête nationale de l' Espagne - le 12 octobre

ESPAGNE
Reino de España

mise à jour le 19 juin 2014

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décor en céramique de la Plaza de España - Séville
   L'Espagne en quelques lignes. Il est impossible de résumer ainsi l'Histoire très complexe, foisonnante, et le contexte géopolitique de ce grand pays qui a été pendant trois siècles (XVIe-XVIIIe) la plus grande puissance mondiale. Et, au commencement du XIXe siècle, tout s'effondre, son immense empire éclate, les colonies d'Amérique déclarent l'une après l'autre l'indépendance, au moment où la mère patrie est envahie par les troupes de Napoléon Ier.
Incapable de suivre la Révolution industrielle des pays du nord de l'Europe, l'Espagne régresse même au rang des pays pauvres du vieux continent. Au XXe siècle, alors que par sa neutralité, elle n'est pas impliquée dans les deux Guerres mondiales, une terrible guerre civile (1936-1939) et deux périodes de dictature (Primo de Rivera 1923-1930 et Franco 1939-1975) vont ralentir longtemps son développement économique et démocratique qui vont de pair. Jusqu'à la période post-franquiste appelée  "la Movida" , la restauration d'une monarchie constitutionnelle et parlementaire, et l'entrée dans l'U.E., qui vont redonner pour quelques années au pays des perspectives optimistes. Malheureusement, la crise économique mondiale de 2008 a stoppé le processus, et ici plus durement qu'ailleurs.
  • Nous entrons à partir d'ici dans une zone à dominante rouge et or, en commençant par les vénérables armoiries de l' Espagne qui résument à elles seules le long processus de formation de l'État dans ses limites actuelles qui a duré environ cinq siècles (voir historique, plus bas).
       Description héraldique du blason : "Écartelé, au premier quartier de gueules au château d'or ouvert et ajouré d'azur, au deuxième d'argent au lion de pourpre armé, lampassé de gueules et couronné d'or, au troisième d'or à quatre pals de gueules, au quatrième de gueules aux chaînes d'or posées en orle, en croix et en sautoir, chargées en cœur d'une émeraude au naturel, enté en pointe d'argent à une grenade d'or ouverte de gueules, tigée et feuillée de sinople, et sur le tout un écusson ovale d'azur aux trois fleurs de lys d'or posées 2 et 1,  à la bordure de gueules.
      Timbre : couronne royale d'Espagne.
      Supports  : les colonnes d'Hercule, d'argent aux socles et aux chapiteaux d'or, posées des des ondes d'azur et d'argent , et surmontées des couronnes : impériale (à dextre) et royale (à senestre).
      Devise sur une banderole de gueules passant derrière l'écu chargé des mots en or et en latin : "PLUS ULTRA" (littéralement : "Plus outre" en français) ".

Le design de ces armoiries date de 1981, et il est assez critiqué par les héraldistes espagnols qui le trouvent trop "français" dans sa forme générale et par quelques particularités : l'enté à la grenade très aplati et l'écusson ovale ne passent pas dans la tradition hispanique. Cette configuration (sans l'écusson central) est apparue bizarrement, pour partie dans les armoiries du règne de Joseph Bonaparte (1808-1813) et après, plus officiellement avec la Révolution de 1868 et le Gouvernement Provisoire qui a suivi. Les quartiers sont quant eux très anciens : Castille en 1 , León en 2,  Aragón en 3, Navarre en 4 et le royaume de Grenade en pointe. Les colonnes d'Hercules, la banderole et la devise ont pour origine le règne de Carlos I (Charles Quint) qui lui ont été attribuées pour la première fois et symbolisent "l' Empire des Espagnes" au-delà des mers. Les Colonnes d'Hercule sont le nom ancien d'origine grecque du détroit de Gibraltar, passage entre l'Océan Atlantique et le monde méditerranéen, donc un point stratégique de grande importance, à toutes les époques, dont le contrôle revenait à l'Espagne.

  Le 2 juin 2014, le président du gouvernement, Mariano Rajoy, a déclaré, lors d'une conférence de presse, que le roi Juan Carlos a décidé d'abdiquer en faveur de son fils, le prince FelipeJuan Carlos, monté sur le trône à la mort de Francisco Franco en novembre 1975, a construit sa popularité en menant la transition de l'Espagne vers la démocratie. Affaibli par de multiples ennuis de santé et à la popularité ternie par les scandales, le roi âgé de 76 ans a décidé de se retirer.
    Le roi Philippe VI ( Felipe VI)  a été intronisé le 19 juin 2014 au Palais de la Zarzuela à Madrid
    (voir le sujet du jour de l'évènement : ICI )
  • Ci-dessous sont les armoiries attribuées au nouveau  Roi Felipe VI . Elles sont davantage dans la tradition de l'héraldique ibérique que celles de l'état (avec un vrai écu espagnol mais toujours avec l'écusson elliptique au centre ). Nous ne savons pas encore si Felipe voudra avoir des armoiries plus personnalisées comme les avait son père Juan Carlos ( voir tout à la fin de l'historique, ci-dessous) qu'il fera élaborer à cet effet par les services du royaume. 
  •  Ci-dessous les armoiries du Prince des Asturies, héritier du trône d'Espagne (elles ont été celles de Felipe jusqu'au 18 juin 2014). Le lambel d'azur à trois pendants et le rang de la couronne sont les caractéristiques et différences notables.

  • Le drapeau de l'Espagne, connu sous le nom de "rojigualda", a été établi avec les éléments actuels le 5 Octobre 1981, avec l'adoption de la loi instituant les dernières armoiries nationales (ci-dessus). Auparavant, la Constitution du 27 Décembre 1978 mentionne à l'article 4.1:" Le drapeau de l'Espagne se compose de trois bandes horizontales: rouge, jaune et rouge, la bande jaune étant deux fois plus large que chacune des rouges ". C'est la même conception qui a été adoptée à l'origine comme drapeau national de l'Espagne en 1785 pendant le règne de Carlos III pour la marine (Armada) et sur lequel, à l'exception des couleurs adoptées entre 1931 et 1939 par la Seconde République, seul le modèle des armoiries ornant le drapeau a changé (voir historique, plus bas). Ainsi, le drapeau civil (ci-dessous au premier rang à droite) est identique à celui de 1785, il est peu utilisé. A noter que les couleurs or et gueules sont les composantes principales du blason historique de l'ancien royaume d'Aragón, de l'ancien royaume de Castille et même celui de Navarre. Au deuxième rang  nous avons l'étendard du Président du Gouvernement et le pavillon de marine qui se distingue en adoptant une partie du blason des armoiries nationales. La liste n'est pas close, d'autres drapeaux officiels existent encore.





cocarde aviation militaire

monnaie euro standard 2010
(portrait de Juan Carlos)
monnaie euro commémorative 2013
ovale et europlaque automobiles

Chef de l'étatle roi Felipe VI de Borbón y Grecia
Capitale administrativeMadrid 
SuperficieTotale505 370 km²

Terre498 980 km²

Eau    6 390 km²
Pays frontaliers


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France, Andorre, Portugal, Royaume-Uni (Gibraltar), Maroc (enclaves de Ceuta et Melilla). 
Frontières1 917 km
Littoral4 964 km
Extrêmes
  Point le plus haut :
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Pico de Teide (volcan, Tenerife - îles Canaries) : 3 718 m.
Mt Mulhacén (continent) : 3 482 m.
  Point le plus bas :côtes  : 0 m.
Population46 439 864  habitants
GentiléEspagnol, espagnole
Langues usuellesespagnol castillan, catalan (officielles), basque
MonnaieEuro (EUR)
Indicatif téléphonique34
Extension internet.es
Fête nationale


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12/10 - Día de la Hispanidad -
jour de l'Hispanité, anniversaire de la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb, en 1492.
Devise nationale
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Plus ultra
(Encore et au-delà)
Indice de démocratie 22è sur 167 (2014)  ↑+3
Régime










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Monarchie constitutionnelle multipartite où le roi est le chef de l'État et le Président du gouvernement (actuellement : Mariano Rajoy), est le chef du gouvernement. Le pouvoir exécutif est exercé par le gouvernement tandis que le pouvoir législatif est dévolu au parlement : les Cortès (Cortes Generales), composé des deux chambres qui représentent le peuple espagnol : le Congrès des députés (El Congreso de los Diputados ou la cámara baja), et le Sénat (El Senado ou la cámara alta).
Le pays est composé de 17 Communautés Autonomes et deux villes autonomes : Ceuta et Melilla, mais il n'est pas considéré comme un état fédéral.
Membre de l'Union Européenne depuis 1986.


 Día de la Hispanidad
 
La fête nationale de l'Espagne ou Jour de l'Hispanité (Día de la Fiesta Nacional de España y Día de la Hispanidad) est célébré le 12 octobre en Espagne en commémoration de la découverte de l'Amérique.  Le 12 octobre 1492, après une longue traversée, une terre est en vue, et Christophe Colomb la baptise du nom du Christ : San Salvador (aujourd'hui dans les Bahamas) ; c'est la première rencontre des européens avec les indigènes que Colomb nomme «Indiens».
Ce n'est que bien plus tard (1958), afin de commémorer cette rencontre, que la date du 12 octobre va devenir la Fête de l'Hispanité ou "Fête de la Race" (pendant le régime franquiste). En 1981, après la restauration de la monarchie et la mise en vigueur de la Constitution espagnole de 1978, l'arrêté royal, publié dans le premier Bulletin officiel de l'État de l'année 1982, a officialisé la date du 12 octobre comme fête nationale de l'Espagne et Jour de l'Hispanité.

Ce jour, on organise un défilé militaire en présence du Roi et de la famille royale et les représentants les plus importants de toutes les branches du gouvernement, ainsi que les présidents des autonomies espagnoles.



 quelques autres emblèmes historiques


   En préambule,  il faut bien comprendre que l'évolution de l'héraldique hispanique, ibérique même (Espagne et Portugal), se calque sur l'histoire depuis de début de la Reconquista (la reconquête des territoires occupés par les musulmans depuis le VIIIe siècle jusqu'en 1492) et jusqu'à la fin du XXe siècle.  En parallèle les multiples royaumes de la péninsule ibérique ont généré des dynasties, certaines se sont éteintes, et les titres transférés à d'autres dynasties, hispaniques au début, puis européennes par le jeu des alliances et l'hérédité des grandes maisons d'Europe. D'autres ont fusionné par des mariages dynastiques, et encore d'autres territoires ont été acquis par la conquête militaire, puis beaucoup on été perdus.  Bref, ce gigantesque puzzle historico-héraldique de mille ans et plus, est impossible à résumer de façon exhaustive, là en quelques scènes, mais je vais essayer d'en tracer les principaux évènements significatifs. De nombreux érudits qui liront ces lignes y  trouveront peut-être quelques erreurs et jugeront les raccourcis historiques sévèrement, et je m'en excuse par avance. Je vais tout au mieux essayer de réaliser quelque chose d'agréable à l'œil,  avec de beaux documents glanés ici ou là, si par ailleurs le texte est insuffisant.
Après tout, ce blog est dédié à l'amour de l'héraldique, des blasons et des symboles, par l'image, et moins à l'Histoire documentée.


les anciens royaumes constitutifs 



armoiries du Royaume de Galice →
 Grand Armorial colorié (édit. 1501-1600), 
 dit "d'Alexandre Leblancq "
manuscrit BNF Paris -  ref  :  MS fr. 5232
blason du Royaume de León et de la
Principauté des Asturies → ◙ 
fragment d'une carte de l'Atlas Major
 de Johannes Blaeu (1662 - Amsterdam)

blasons des anciens Royaumes de Castille (à gauche) et de Tolède (à droite) →
 fragment d'une carte de l'Atlas Major de Johannes Blaeu (1662 - Amsterdam)

armoiries du Royaume de Castille →
O Livro de Armeiro Mor - Portugal -1509
armoiries du Royaume d'Aragón→
Sammelband mehrerer wappenbücher
BSB Cod. Icon 391 ( Augsburg - Bavière - vers 1530)
armoiries du Royaume de Navarre→
Sammelband mehrerer wappenbücher
BSB Cod. Icon 391 ( Augsburg - Bavière - vers 1530)
armoiries du Royaume de Majorque →
O Livro de Armeiro Mor - Portugal -1509
armoiries du Royaume de Grenade→
Sammelband mehrerer wappenbücher- BSB Cod. Icon 391 ( Augsburg - Bavière - vers 1530)
blason du Royaume Nasride de Al-Andalous dans le sud de l'Espagne (1238-1492) - décor du Palais de l'Alhambra - Granada / Grenade - source : histoireislamique.wordpress.com


armoiries des Royaumes de Castille et de Sicile (Aragón), réunis
le blason au dessus fait référence à l'ascendance bourguignonne de la dynastie
 castillane des Ivrée . Les deux blasons du bas symbolisent l'ancien Royaume
de Galice (pals d'azur) et l'apôtre Saint Jacques (coquilles) reposant à Compostelle.
Conrad Grünenberg Wappenbuch - BSB Munich - Bavière ( 1493 )

armoiries dite "des Rois Catholiques" (Los Reyes Católicos)
résultant du mariage de la Reine Isabelle Ière de Castille
 et le Roi consort Ferdinand II d'Aragón,
 de Sardaigne et des Deux-Siciles, en 1474.
mais avant la victoire sur le royaume de Grenade (1492)
et première étape vers la constitution finale du futur état espagnol

l'État espagnol final,  après 1492


Armoiries et étendard royal de la Monarchie des Rois catholiques (1492-1504) après la victoire finale sur l'Émirat nasride de Grenade symbolisé par la pointe entée d'argent chargé du fruit de la grenade.
planche héraldique décrivant les possessions espagnoles et méditerranéennes du roi Charles Ier de Habsbourg (connu sous le nom de Charles Quint , visible dans le médaillon central en tant qu'Empereur des Romains) en tant que Roi des Espagnes et des Indes (1519-1556). Notez l'apparition des Colonnes d'Hercule sur ce document du XVIe siècle.
étendard royal du Roi Carlos I, rois des Espagnes
et des Indes, quartiers 1 et 4 et Empereur des Romains
Charles V (Charles Quint) pour le Saint Empire Romain
armoiries du Saint Empire Romain réunissant les possessions espagnoles et autrichiennes
sous la même couronne jusqu'en 1700 (date de la guerre de succession d'Espagne)
Sammelband mehrerer wappenbücher- BSB Cod. Icon 391 ( Augsburg - Bavière - vers 1530)

étendard royal de Philippe V, premier roi d'Espagne
(1700-1724) de la dynastie des Bourbon,
gagnante de la succession au trône d'Espagne :
Philippe de France étant le petits-fils de Louis XIV
armoiries de l'Espagne pendant le règne de Charles III
 de Bourbon (1759-1788)
ancien pavillon naval de l'Espagne (dans les Amériques) 
et aussi drapeau des Pays-Bas espagnols 
avec la croix de Saint-André de Bourgogne
nouveaux drapeaux et pavillons navals de l'Espagne institués en 1785 pendant le règne de Charles III


drapeau naval de l'Espagne capturé par la flotte anglaise
pendant le siège de Gibraltar en 1782
collections du National Maritime Museum
 (Greenwich - Londres - Royaume-Uni)
autre drapeau naval original de l'Espagne,
capturé par un officier anglais (antérieur à 1825)
collections du National Maritime Museum
 (Greenwich - Londres - Royaume-Uni)
drapeau national et naval du Royaume d'Espagne
e 1785 à 1873, et encore de 1875 à 1931
drapeau national et naval de la Première République d'Espagne (1873-1875)
armoiries de la République espagnole (1ère et 2nde)
suppression de l'écusson central et de la couronne royale
drapeau de la Seconde République espagnole (1931-1939)
une bande pourpre (rouge cramoisi est le terme exact
employé par les espagnols) est rajoutée en bas et
représenterait l'ancienne Castille, cœur du nouveau régime
(théorie controversée).
drapeau des combattants Nationalistes dirigés par Francisco Franco, pendant la Guerre civile (1936-1939)
drapeau de l'Espagne franquiste, de 1939 à 1977
couvrant la période du gouvernement de l'État espagnol
dirigé par le Général Franco (1939-1975) et ses successeurs
armoiries de l'Espagne franquiste à gauche : de 1945 à 1977 (le Général Franco est décédé en 1975) ;
et à droite : la période transitoire vers la restauration de la monarchie parlementaire, de 1977 à 1981
drapeau de l'Espagne , période de transition démocratique
de 1977 à 1981

armoiries personnelles du Roi Juan Carlos  (règne 1975-2014)
  Le blason est pratiquement identique à celui de l’État mis à part le lion
 qui est de gueules et non pas de pourpre. Il est soutenu par la croix de
Saint André écotée de gueules qui nous vient de la Bourgogne,
 par la dynastie des Habsbourg au XVIe siècle,  comme le collier de l'Ordre
de la Toison d'or dont le Roi est le Grand Maître par hérédité.
 En dessous l'écu on peut voir également : le joug et le faisceau de flèches
 de gueules qui rappellent les symboles (badges) des Rois Catholiques
 (Isabelle Ière de Castille et Ferdinand d'Aragon), les premiers véritables
souverains d'Espagne depuis la fin du XVe siècle.



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Herald Productions






£ē þěţišíęř...

comme à la fin de certains films, on prend plaisir à regarder les bêtisiers, il en est de même pour mon film à moi:


Bicentenaire de la Constitution de 1812
le nom de l'ancien Président du Gouvernement :
José Luis Zapatero se traduit par "cordonnier" : jeu de mot facile !

Scandales de la corruption et de la financiérisation de l'économie
Scandales de la corruption (bis)
blason style Pokémon


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