dimanche 7 décembre 2014

Albums à vignettes Sanka #08 : la Normandie

Cet article constitue la suite de ma base d'archives de ma rubrique "Sanka" que vous pouvez consulter dans les onglets en haut ce la page d'accueil . Je rajouterai au fil de l'eau de nouvelles séries, région par région , mais afin de ne pas générer un temps de chargement trop long sur votre ordinateur , je mettrai l'accès aux anciennes pages par un lien vers ces archives , voilà pour le procédé ...

 


Pour rappel , ces albums de vignettes héraldiques étaient une création des célèbres Cafés Sanka qui ont démarré vers 1933 et duré jusqu' à la Seconde Guerre mondiale. Cette marque était une filiale de la firme allemande Café Hag , fondée en 1906 . Seulement 6 albums intitulés "la France Héraldique" ont été édités pour la France, alors que 40 étaient prévus initialement, mais la guerre a malheureusement mis fin au projet .






Huitième volet de cette thématique nostalgique (voir tout en bas de cette page pour accéder aux anciennes séries). Nous allons découvrir  les feuillets qui correspondent à la région Normandie.  Ou plutôt deux régions administratives : Haute-Normandie (avec les départements de la Seine-Maritime et de l'Eure) et Basse-Normandie (départements du Calvados, de la Manche et de l'Orne). Mis à part le pays du Perche, provenant de l'ancienne province du Maine et rattaché plus tard à l'Orne, elles correspondent globalement à la province historique, héritière elle-même de l'ancien Duché de Normandie.
 Les albums Sanka ont évolué au fil des années et ils y a eu plusieurs rééditions de l'Album N°I, d'où sont extraites ces pages. J'en en trouvé deux différentes et je vous les livre pour comparer les dessins légèrement remaniés d'une édition à l'autre. Chaque page rassemble les blasons de neuf villes les plus représentatives de chaque département (de l'époque). Je n'ai pas mis le texte des pages intermédiaires qui donne une description succincte de chaque ville, sans intérêt pour l'héraldique.  Chaque page rassemble les blasons de neuf villes les plus représentatives de chaque département. Je n'ai pas mis le texte des pages intermédiaires qui donne une description succincte de chaque ville, sans intérêt pour l'héraldique.






La plupart de ces blasons sont toujours en vigueur à quelques petits détails près.
Toutefois quelques  évolutions et changements sont visibles (cliquer sur les noms des villes) :
  • Le Tréport : la mer est de sinople, astres d'or avec rajout d'une lune (croissant).




Presque un sans faute  :
  • Bernay : l'écu est parti de gueules et d'azur.






Presque un sans faute également :
 





Quelques  évolutions et changements ont eu cours  :
  • Le Mont-Saint-Michel : celui représenté correspond à l'Abbaye du Mont , la municipalité utilise désormais un autre blason.
  • Mortain : une variante d'origine dynastique est utilisée






Et un presque sans faute pour terminer...





    Pour d'autres régions  revenir à la page d'origine : Sanka


          HD 



    Rouen Bolbec Dieppe Elbeuf Fécamp Gournay en Bray Le Havre Le Tréport Neufchâtel en Bray Evreux Bernay Brionne Conches en Ouche Gisors Les Andelys Pont Audemer Verneuil sur Avre Vernon Caen Bayeux Condé sur Noireau Dives sur Mer Falaise Honfleur Lisieux Pont l'Evêque Trouville St Lô Saint Lo Avranches Cherbourg Granville Le Mont Saint Michel  Le Mont St Michel Mortain Pontorson Torigni sur Vire Valognes Alençon Alencon Argentan Bellême Carrouges Domfront Flers Laigle Sées Mortagne au Perche

    vendredi 5 décembre 2014

    Armorial des îles et des territoires enclavés #13 :
    la Mer des Caraïbes, les Petites Antilles du Sud

    A  près une très longue absence,  je suis très heureux de reprendre la visite des îles que nous avions laissées dans le Golfe de Gênes, en Méditerranée  → voir ICI . Il est temps de reprendre le large vers de nouvelles terres à découvrir  et de terminer l'année dans des climats plus accueillants que le nôtre, à l'approche de cet hiver, à l'endroit où nous avions fait escale dans les Antilles, en Martinique, voici maintenant deux ans  → voir ICI  :

                      Barbade              -         Saint Vincent et Grenadines              -            Trinidad-et-Tobago             -             Aruba        



    Les îles du Vent (3e partie) et les îles Sous-le-Vent


       Certaines armoiries que je vous propose de découvrir ou redécouvrir sont pour la plupart détaillées, avec d'autres informations sur l’identité du pays, dans le dossier "Emblèmes pays" que vous pouvez retrouver dans le deuxième onglet en haut de cette page.  Elles correspondent aux états indépendants et aux territoires d'outre-mer autonomes quand elles sont accompagnées du signe :  ▲.  
       Pour les autres îles, c'est donc la première fois que nous les aborderons, et uniquement les plus significatives, car ce sont des centaines d'îles et d'ilots, souvent inhabités, qui composent cet immense archipel antillais.  
       Pour certaines nationalités, dont nous faisons partie, la localisation des "îles du Vent" commence à Porto-Rico et s'arrête à la Trinité, et les suivantes (de la Trinité à Aruba) portent l’appellation "d'îles Sous-le-Vent", termes venant de la marine à voiles, naturellement. Les britanniques ont un autre classement, plus complexe, entre Leeward Islands , Windward Islands et Leeward Antilles !  Dans ce sujet, pour les anglophones, sont concernées les deux dernières catégories. 

    ▲ armoiries de  Sainte-Lucie / Saint Lucia
     État indépendant membre du Commonwealth.
    "D'azur aux deux bâtons de bambou, coupés et mis en sautoir, chargés d'un tabouret 
    africain, tout d'or, cantonnés au 1er et 4e d'une rose du même au cœur de gueules,
    boutonnée d'or et aux 2e et 3e d'une fleur de lys du même".
    Deux perroquets de Sainte-Lucie (Amazona versicolor), oiseaux endémiques 
    de l'île, au naturel, tiennent l'écu. 
    Timbre : heaume d'acier, tortil et lambrequins d'azur et d'or.. 
    En cimier : un poing s'élève vers le ciel, tenant une torche enflammée,
     symbole de progrès, avec deux feuilles de canne à sucre en sautoir derrière le poing. 
    Sur une banderole d'or on peut lire la devise officielle du pays: 
    "The Land. The People. The Light" (La terre, le peuple, la lumière).


    ▲ armoiries de la Barbade / Barbados
    État indépendant membre du Commonwealth.
    "un écu d'or chargé d'un figuier arraché, au naturel, accompagné en chef de
     deux fleurs de flamboyants de gueules, aux étamines de sable terminées d'or". 
           le figuier sauvage ( Ficus citrifolia ) était un arbre très commun dans l'île au 
    moment où les portugais aperçurent l'île pour la première fois ;
     le magnifique flamboyant (Caesalpinia pulcherrima) est l'arbre national de la Barbade.
    Timbre : un heaume d'acier avec lambrequins et tortil d'or et de gueules. 
    Cimier : un bras nu d'homme tient dans le poing fermé deux tiges de canne à sucre 
    formant une croix de Saint André ( le saint chrétien du jour de la fête nationale), 
    le tout au naturel. Les supports sont à dextre un dauphin héraldique d'azur d'azur, 
    lampassé, barbé, crêté, loré, peautré, et allumé de gueules, et à senestre un pélican
     (Pelecanus erythrorhynchos), posés sur une banderole d'argent au revers de gueules
    portant la devise nationale : "PRIDE AND INDUSTRY" (Fierté et Travail).
     Le dauphin/poisson symbolise les activités de la pêche à la Barbade, 
    et le pélican représente l'ancien îlot du Pélican (Pelican island) au large de la baie 
    de Bridgetown, aujourd'hui disparu.


    ▲ armoiries de  Saint-Vincent et les Grenadines /  
    Saint Vincent and the Grenadines
     État indépendant membre du Commonwealth.
    "Écu d'argent deux femmes, habillées "à la romaine" avec une robe de couleur
     azur, sur une terrasse sinople, entourées d'un cadre d'or. 
    L'une d'elles, debout, porte un rameau d'olivier, l'autre est agenouillée face
     à la première, devant un autel et tient le plateau d'or d'une balance.
     Ce sont les allégories de la Paix et de la Justice. Le tout est surmonté 
    par un plant de coton en guise de cimier. Sur une banderole d'argent on peut
     lire la devise officielle du pays “Pax et Justitia” (Paix et Justice).


    drapeau non officiel de l'île de Bequia (Grenadines)
    logo du site balnéaire privé (resort en anglais) 
    de l'île de Moustique (Grenadines)
    logo du resort de l'île de Canouan (Grenadines)
    logo du resort de l'île de Carriacou (Grenadines)


    ▲ armoiries de  Grenade / Grenada
     État indépendant membre du Commonwealth.
    "Écartelé en 1 et 4 de gueules chargé d'un léopard d'or et 2 et 3 de sinople
     chargé d'un croissant d'or sommé d'un lis de jardin d'argent ; 
    une croix d'or brochant sur l’écartelé chargée en abîme d'un navire au naturel
     équipé d'argent à la croix pattée de gueules".
      Timbre : un heaume royal d'or doublé de pourpre est chargé d'une étoile
     du même.  Cimier : sept roses, représentant les sept paroisses et placées entre
     deux branches de bougainvilliers, la fleur nationale.
      L'écu est posé dans une vallée entre deux montagnes, avec au centre une forêt 
    luxuriante et un lac (Grand Etang Lake National Park). Au premier plan presque cachés
     par la banderole : une cabosse de cacaoyer et une noix de muscade feuillées.
     Les supports sont, à gauche, un tatou (ou armadillo), et sur la droite, la colombe 
    de Grenade (Leptotila wellsi), espèce endémique très menacée, le tout représentant
     la faune sur les îles. Les deux animaux sont placés devant un plant de maïs avec fleur
     et cabosses au naturel à gauche, et un plan de bananier avec fleur et fruits immatures,
     à droite. Sur la banderole est inscrit la devise : Ever conscious of God we aspire,
     build and advance as one people” (Toujours conscients de dieu, nous aspirons,
     construisons et progressons comme un peuple uni).

    ▲ emblème actuel de l'Assemblée de l'île de Tobago
    "Tobago House of Assembly "

      ▲ armoiries de Trinité-et-Tobago  / Trinidad and Tobago
     État indépendant membre du Commonwealth.
    "Écu de gueules chargé de trois caravelles d'or posées 1 et 2 (mal ordonnées)
     celle du chef un peu plus grande que les deux autres, habillées d'argent avec 
    une croisette du champ ; mantelé de sable à deux colibris d'or en vol, affrontés ;
     au chevron d'argent, brochant sur la partition". Les navires sont sensés représenter 
    la Santa María, La Niña et La Pinta : les trois navires de Christophe Colomb
     utilisés lors de son voyage au "Nouveau Monde". Les deux oiseaux rappellent que la Trinité 
    est parfois appelée le "Pays des oiseaux-mouches" parce que plus de seize espèces 
    différentes de colibris ont été enregistrés sur l'île. "Lere, le pays des oiseaux-mouches"
     est également supposé avoir été le nom amérindien pour la Trinité.
     Timbre : un heaume royal d'or, avec tortil et lambrequins d'argent et de gueules. 
    Cimier : un cocotier de sinople fruité au naturel, chargé d'une barre de gouvernail d'or.
      Supports: à dextre un ibis rouge (Eudocimus ruber) et à senestre un "cocrico" ou 
    ortalide à ventre roux (Ortalis ruficauda), oiseaux endémiques et symboles du pays,
     les deux au naturel, éployés, posés sur des collines ou des rochers avec les vagues
     de l'océan au premier plan, le tout au naturel. Les trois collines à dextre, représentant
     les Trinity Hills dans le sud de l'ile, qui, croit-on, auraient incité Christophe Colomb
     à nommer l'île ainsi, d' après la Sainte Trinité. L'île émergeant des eaux sous le cocrico
     représente Tobago. Dans la partie inférieure, sur une banderole d'or, on peut lire la 
    devise officielle du pays en anglais : "Together we aspire, together we achieve"
     (Ensemble nous aspirons, ensemble nous accomplissons).

    localisation des principales îles composant les Dépendances Fédérales du Venezuela, la plupart sont inhabitées ou sont des terres réservées pour l'Armée ou la Marine du Venezuela.
    armoiries des Dépendances Fédérales du Venezuela /  
    Dependencias Federales de Venezuela

    drapeau des Dépendances Fédérales du Venezuela
    un groupe d'îles proches de la côte orientale du Venezuela :
    Margarita, la plus grande, Cubagua et Coche, les plus petites,
     forment le seul état insulaire du pays : el Estado Nueva Esparta

    armoiries de l'État de Nueva Esparta
     un des 23 états composant la République fédérale du Venezuela
    " Coupé de gueules à la barque de pêche "flechera" embarquant huit rameurs,
     sur des ondes le tout au naturel, et d'azur au collier de perles 
    à cinq pendants d'argent, l'écu et la partition bordés d'une filière d'or".
    Timbre : un bonnet phrygien de gueules sur une pique entouré d'une couronne 
    de laurier au naturel, le tout brochant sur des rayons de sable.  
    Supports : un aviron et un trident de pêcheur au naturel mis en sautoir, 
    une ancre et un triton au naturel issants de la pointe
    soutiens : une branche de corail et une branche d'algue, tous les deux d'or.

     drapeau de l'État de Nueva Esparta
    armoiries du municipio de Tubores 
    situé en partie sur l'île de Margarita
    auquel est rattaché la totalité de l'île de Cubagua
    armoiries du municipio de Villalba
    composé uniquement de l'île de Coche

    armoiries supposées de la Isla Caribe y Los Lobos
    (ile située près de côte de l'État de Sucre, au Venezuela, ayant environ 
    50 habitants) - je doute un peu du caractère officiel de ces armoiries


    ▲ armoiries de  Bonaire
     Commune des Pays-Bas caribéens (depuis le 10-10-2010)
    "écu d'azur timbré d'une couronne, chargé d'une barre de 
    gouvernail d'or, elle-même chargée d'un écusson d'argent à
     l'étoile à six branches de gueules inscrite dans un cercle de sable
     munis de pointes aux points cardinaux, symbolisant un compas 
    (boussole) de marine. L'étoile à six branches rouge représente
     les six villages d'origine de Bonaire - Antriol, Nikiboko, Nort Salina,
     Playa Rincon et Tera Kora.


    ▲ armoiries de  Curaçao
     État autonome du Royaume des Pays-Bas.
    "Parti, au premier d'argent à un vaisseau au naturel portant
     un pavillon des Pays-Bas et voguant sur une mer d'azur,
     au second d'argent au citronnier laraha (Citrus aurantium 
    currassuviencis) terrassé de sinople, fruité au naturel ;
     sur le tout de gueules au pal de sable chargé de trois flanchis 
    d'argent (qui est le blason de la ville d'Amsterdam)".
     Timbre : couronne royale des Pays-Bas. 
    Le bateau symbolise le commerce avec la Compagnie néerlandaise
     des Indes occidentales. Le citronnier local, appelé aussi 
    en français bigaradier ou orange amère est une essence utilisée
     en parfumerie ou composant des alcools et liqueurs,
     comme la fameuse liqueur de curaçao bleu colorée
     avec du bleu de méthylène. Le blason d'Amsterdam, 
    rappelle le nom d'un fort construit sur l'île par les Hollandais
     qui lui ont donné le nom de Fort Amsterdam.

    ▲ armoiries de Aruba
     État autonome du Royaume des Pays-Bas.
    "Écu écartelé chargé d'une croix d'argent; cantonnée au premier :
     d'azur à la plante d'aloès d'or, au second d'or à la montagne
     de sinople mouvant d'un burelé ondé de six pièces d'azur
     et d'argent, au troisième d'or à la foi de gueules mouvant 
    des flancs, au quatrième de gueules à une roue de moulin 
    à six rayons d'argent".
     Cimier : Un lion de gueules couché. 
    Soutiens : deux branches d’olivier au naturel liées 
    à la base par un ruban de sinople.


    Fin du voyage dans les Caraïbes , après deux ans d'escales, on est loin du record du monde de vitesse ! Mais nous reprendrons la barre sur d'autres mers pour découvrir de nouvelles terres, tel un James Cook de l'héraldique...


    Crédits :
    certaines images sont empruntées aux sites :
    http://fr.wikipedia.org - commons-wikimedia.org
    http://hubert-herald.nl/
    les autres : sites divers, municipaux, associatifs, philatéliques.


                             Herald Dick
     

    mardi 2 décembre 2014

    2 décembre 1814-2014 : bicentenaire de la mort du Marquis de Sade

      Aujourd'hui, le 2 décembre 2014, on célèbre le 200e anniversaire de la mort du célèbre écrivain et philosophe subversif français, libertin et débauché, dont l’œuvre sulfureuse a longtemps été censurée. Il a été surnommé "le divin Marquis"  :

    blason de la maison de Sade : 
    "De gueules à l'étoile à huit rais d'or chargée
     d'une aigle bicéphale éployée de sable,
    membrée, becquée, languée, diadémée de gueules".
    esquisse de portrait (supposé) de Donatien de Sade
    par le peintre Charles-Amédée-Philippe van Loo
    (on n'a en fait pas de portrait authentifié) 


    Donatien Alphonse François de Sade

     (• Paris 1740 - † Charenton-le-Pont / Saint-Maurice 1814) 

    armoiries de Sade : couronne de comte, en tant que chef  de famille
      (et non de marquis, titre provisoire qui ne durait qu'en tant que fils aîné) ;
    tenants : un griffon et un lion rampants d'or lampassés de gueules posés sur des rinceaux
     de sable;  banderole avec devise en latin "OPINIONE DE SADO" (l'Opinion de Sade).


    • né à Paris le 2 juin 1740
    • mort à l'asile psychiatrique de Charenton, près de Paris, le 2 décembre 1814


    © http://jean.gallian.free.fr


    le blason de la maison de Sade, ornement
    du château de Saumane-en-Vaucluse
    qui a appartenu à la famille
     La Maison de Sade est une famille noble française d'origine provençale. Elle a eu un rôle important dans l'exercice de hautes fonctions en Provence, dans le Comtat Venaissin, auprès de la papauté d'Avignon, et en France (hommes de lettres, hommes politiques, magistrats, évêques, militaires…). Son membre le plus connu est le Marquis de Sade.
     Parmi ses aïeux figurent : Louis de Sade, gouverneur d'Avignon en 1177 qui a entrepris la construction du premier pont de cette ville, le célèbre pont Saint-Bénézet. 
     Paul a reçu en 1316 le pape Jean XXII lors de son arrivée en Avignon.
     Hugues III dit le jeune, député de la ville d'Apt, père d'Elzéar, échanson du Pape Benoît XII, fut autorisé par l’empereur Sigismond, lors de sa visite à Avignon en 1416, à ajouter à ses armes l'aigle bicéphale.
    Le comte de Sade, père du marquis, est militaire, diplomate, poète, philosophe et .... libertin. Ses frères : Jean-Louis-Balthazar fut commandeur de l’ordre de Malte, puis bailli et grand prieur de Toulouse, et Jacques-François fut abbé commendataire d’Ébreuil. Quatre sœurs vivent en religion.

    armoiries d'un évêque de la maison de Sade, peinture murale
     de la Cathédrale de Cavaillon (Vaucluse)
    gravure du XVIIIe s. : branche des Sade,
     seigneurs d'Eyguières (Bouches du Rhône)
    blason d'une branche des Sade à Tarascon ( Bouches du Rhône) - Armorial Général de France (d'Hozier, 1696/1711) -
    Généralité de Provence - volume I - page 397 ( BNF Paris) - ici l'étoile est d'argent et non pas d'or, est-ce une brisure, ou une erreur ? 
    maison de Sade (d'après armorial J.B Rietstap,
     dessins de Victor et Henri Rolland coloriés par Lionel Sandoz)
      ici l'aigle est entièrement de sable

    Né à Paris le 2 juin 1740, aristocrate d'ancienne noblesse, le marquis de Sade, de son nom complet : Donatien Alphonse François de Sade, débuta par une brillante carrière militaire. Démobilisé en 1763 avec le grade de capitaine de cavalerie, il s'installe dans le château familial de Lacoste, dans le Vaucluse, où il épouse Renée-Pélagie de Montreuil dont il eut deux fils et une fille et qui, dans l’adversité, se montra une épouse fidèle et dévouée. Peu de temps après son mariage commença la longue série de ses incarcérations, dues principalement à des actes de débauches retentissants : sur les soixante-quatorze années que dura son existence, Sade en passa ainsi près de la moitié en prison. Entre deux incarcérations, ou à la faveur d’évasions, il vécut dans son château de La Coste en Provence. Condamné à mort par le parlement d'Aix-en-Provence, il se réfugie en Italie, puis il est arrêté de nouveau en 1777, incarcéré à Vincennes, puis à la Bastille (1784-1789). En 1789, il fut libéré de la Bastille où il était incarcéré par lettre de cachet et participa brièvement aux actions de la Révolution française (1790). Considéré arbitrairement comme fou à partir de 1804, il finit ses jours interné à Charenton, le 2 décembre 1814.

    Condamné à un isolement prolongé, Sade composa un nombre impressionnant de romans, de contes, de pièces de théâtre et de traités philosophiques. Beaucoup de manuscrits (pièces de théâtre entre autres) furent détruits par la police et une grande partie de ce qui est resté ne fut publié que bien après sa mort.

    édition originale de Justine ou les malheurs de la Vertu , publié en 1791 en Hollande
    caricature du XIXe siècle montrant un portrait peu
    flatteur du Marquis de Sade 

     Les romans de Sade se présentent souvent comme une succession de tableaux d’une cruauté presque insoutenable, alternant avec les longues dissertations morales ou métaphysiques que l’auteur place dans la bouche de ses héros. L’art romanesque reste dans la continuité de l’époque : c’est en effet davantage par la nature de son propos que Sade a rompu avec toute tradition.

    C’est le cas en particulier de la Nouvelle Justine ou les Malheurs de la Vertu, suivie de l’Histoire de Juliette, sa sœur (1797), dont le premier volet fait suite à une première Justine écrite avant 1790, et dont le second est plus connu sous le titre Juliette ou les Prospérités du Vice. Les deux récits, parfaitement complémentaires, mettent en scène deux sœurs dont la première, Justine, ne connaît que des expériences terribles par son obstination à rester vertueuse. En revanche, sa sœur Juliette s’adonne au vice sans remords ni souci de morale, cherchant à satisfaire tous les désirs que lui dicte sa nature, et sort victorieuse de toutes les situations.

    Autre ouvrage également célèbre : les Cent Vingt journées de Sodome (écrit avant 1789 et publié pour la première fois en 1931-1935), que Jean Paulhan désigna comme « l’Évangile du mal ». Dans ce récit presque insoutenable qui emprunte quelques-uns de ses traits au roman gothique, quatre bourreaux, tous de haute naissance, font subir en toute impunité d’infinis supplices à un groupe de jeunes femmes prisonnières dans leur château isolé. Les descriptions minutieuses des sévices physiques infligés aux victimes se suivent avec une régularité accablante dans ce qui fait figure d’inventaire quasi exhaustif des perversions sexuelles. Ce roman inspirera plus tard le cinéaste italien Pier-Paolo Pasolini qui l'adapta pour son dernier film très controversé "Salò ou les 120 Journées de Sodome" (1976), transposant l'histoire dans l'Italie fasciste en 1943.
    gravure explicite mais très soft (par rapport à d'autres du même livre) :
     "La Nouvelle Justine ou Les Malheurs de la vertu" (édition début XIXè s.)

       Si la violence des scènes est subversive, les questions philosophiques posées le sont plus encore. Aline et Valcour ou le Roman philosophique (1795), le plus classique de ses ouvrages sur le plan romanesque, et la Philosophie dans le boudoir (1795) en témoignent. Attaquant les tabous fondateurs de la civilisation occidentale, Sade, radicalement athée, entraîne le lecteur dans un vertigineux renversement des valeurs et pose comme principe absolu l’obéissance aux seules lois de la nature, qui impliquent pour lui la recherche du plaisir des sens et la liberté totale de l’individu.
       Sade est de nouveau transféré à Charenton en 1803, organisant des représentations théâtrales avec les pensionnaires, rédigeant ses derniers romans : les Journées de Florbelle (1804-1807), l'Histoire secrète d'Isabelle de Bavière (1813), la Marquise de Gange (1813). Mort à 74 ans, un an après avoir entamé une liaison avec une jeune fille de 16 ans, il est enterré religieusement, contrairement aux souhaits formulés dans son testament.


    Tout au long du XIXe siècle, son œuvre, pourtant connue et admirée de Sainte-Beuve, Baudelaire et Flaubert, demeura interdite. Guillaume Apollinaire et les surréalistes contribuèrent par la suite à sa progressive réhabilitation.


    http://www.laurentgranier.com/
     armoiries de la maison de Sade, interprétées par Laurent Granier, artiste héraldiste, avec son aimable autorisation
    ici, l'écu est timbré d'une couronne de marquis 
     © Laurent Granier 2001 - www.laurentgranier.com

     
      Pour l'étymologie, le patronyme de Sade a fourni, à la fin du XIXe siècle au psychiatre austro-hongrois Richard Freiherr von Krafft-Ebing (1840-1902) un terme pour décrire ces graves troubles mentaux et diverses perversions, avec l'invention des mots de "sadisme" et "sadique" et aussi le "sado-masochisme".
      La définition du sadisme est la recherche de plaisir dans la souffrance (physique ou morale: domination, contrôle) volontairement infligée à autrui (éventuellement un animal). Même si le sadisme peut exister indépendamment des activités sexuelles, il y est fréquemment associé.
    le château de La Coste (commencé au XIe s.), ancienne possession des Simiane,  puis des Sade, et le village de Lacoste, dans le Lubéron (dépt du Vaucluse)


    Au moins deux communes de Provence ont repris les armes (anciennes, sans l'aigle) de la maison de Sade dans leurs armoiries. Ces deux communes et leurs châteaux respectifs ont été à un moment donné un fief de la famille.

    Commune de Lacoste  (Vaucluse)
    " Écartelé: aux 1er et 4e d'or à la tour d'azur ouverte du champ
     (de Simiane), aux 2e et 3e de gueules à l'étoile à huit rais
    d'or (de Sade); à la croix de huit pointes pommetées de sable
     chargée en cœur d'une colombe descendante d'argent
    (croix huguenote ou du Saint-Esprit), brochant sur la partition.
      © Daniel Juric - http://armorialdefrance.fr/
    Commune de Saumane-de-Vaucluse
     (Vaucluse)
    "De gueules à l'aigle couronnée d'or (famille
    d'Astouaud),  accompagnée au premier canton d'une étoile
     à huit rais du même (de Sade)".
       © Daniel Juric - http://armorialdefrance.fr/








    pour compléter votre information :
    Site généraliste : Wikipedia
    Site intéressant sur le bicentenaire : ICI
    Et aussi un  blog : ICI


     

               Herald Dick