dimanche 5 juin 2016

5 juin 1316 - 2016 : 700ème anniversaire de la mort du roi Louis X de France

Louis X, roi de France (1314-1316), fut surnommé "le Hutin" ou "le Querelleur", deux qualificatifs peu flatteurs qui ont à peu près le même sens. Il accéda au trône de France le 29 novembre 1314, à la mort de son père, Philippe IV le Bel, tout en étant déjà roi de Navarre par sa mère, Jeanne depuis 1305. Louis X, pendant la majeure partie de son règne éphémère, fut confronté aux révoltes suscitées par la politique de son prédécesseur, et menées par les barons qu'il dut calmer avec des concessions.


blason de France ancien :
 "d'azur semé de fleurs de lis d'or".
















tête de Louis X - gisant du tombeau en marbre
basilique de Saint-Denis (France)




 

Louis X dit "le Hutin"




Louis X de France (•1289 - †1316).
Louis Ier, roi de Navarre (1305-1316)
Roi de France (1314-1316).
(dynastie des Capétiens).



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Né à Paris, le 4 octobre 1289, ce fils aîné de Philippe IV et de Jeanne de Navarre hérita d'un domaine agrandi et d'un pouvoir renforcé. Il épousa en 1305, Marguerite, fille de Robert II duc de Bourgogne, qui fut compromise dans une affaire d'adultère en 1314 (la tragique affaire de la Tour de Nesle) et mourut emprisonnée à Château-Gaillard en 1315, dans des conditions mystérieuses. Ses secondes noces avec Clémence de Hongrie devaient lui donner un héritier posthume : Jean Ier, qui lui-même ne survécut que cinq jours.


La Biographie et prosopographie des roys de France par Du Verdier (1583)
 Bibliothèque nationale de France, département Estampes et photographie.
empreinte du sceau original de Louis X
( Bibliothèque Nationale de France)
et dessin reconstitué ci-dessous 

























 S'il reçut de son père un royaume renforcé, il dut néanmoins faire face à de graves difficultés, et, ce, dès le début de son règne. En effet, à la prospérité du « beau » XIIIe siècle succéda une grave crise économique d'où un regain d'agitation sociale. De 1315 à 1317, l'aggravation de la crise de subsistance, la famine étant particulièrement importante dans le Nord, engendra un mécontentement général. Les revendications prirent une tournure politique avec la petite aristocratie, qui se constitua en ligues dès 1314, et sema le trouble dans le royaume. Dans leurs doléances, ces derniers rejetaient, en particulier, l'empiètement de l'administration royale sur leurs pouvoirs locaux.
  frontispice du manuscrit : la Vie de Saint Louis par Jean de Joinville -- édité vers 1330-1340 - enluminure représentant Jean de Joinville (agenouillé et portant un manteau à ses armes :"d’azur à trois morailles d’or liées d’argent" ) offrant son manuscrit
 à Louis X le Hutin (manteau aux armes parti de France et de Navarre)
manuscrit Fr. 13568 - Bibliothèque nationale de France, Département des Manuscrits
Afin de mettre fin à la rébellion, Louis X adopta une attitude conciliante. Il octroya ainsi des chartes provinciales garantissant les privilèges de la noblesse, des Bourguignons, des Picards et des Champenois notamment. En 1315, il dut également accepter l'exécution du conseiller de Philippe le Bel, Enguerrand de Marigny, alors peu aimé de la noblesse et de Charles de Valois en particulier, lesquels auraient souhaité pouvoir participer davantage à la gestion du royaume.
  Les augustes représentations de tous les rois de France, depuis Pharamond jusqu'à Louis XIV...
 (1690) -  gravure n°55 de Nicolas de Larmessin (1632-1694)
    Bibliothèque nationale de France, département Estampes et photographie
 détail du blason de France ancien sur le document précédent
L'hostilité des « grands » à l'entrée des légistes au Conseil qu'ils auraient souhaité pouvoir diriger eux-mêmes perdura cependant. En 1315, le roi échoua dans une campagne indécise qu'il dirigea contre les Flandres. La fin de son règne fut marquée par un important problème de succession : il n'avait eu qu'une fille de son premier mariage, Jeanne, et sa seconde femme n'accoucha de son fils, Jean Ier, qu'après sa mort, survenue à Vincennes le 5 juillet 1316. Ce dernier ne vécut que cinq jours et les droits de succession de Jeanne II furent repoussés au bénéfice du frère de Louis X, Philippe V le Long. Malgré les crises qui marquèrent son règne, Louis X aura joué un rôle incontestable dans l'affirmation du pouvoir monarchique sous l'Ancien Régime, en cherchant habilement à dialoguer avec la nation naissante.

Louis X le Hutin d'après le Recueil des rois de France de Jean Du Tillet ( edité au XVie s.).
Peinture réalisée d'après l'image gravée sur le grand sceau du roi (voir plus haut).
Bibliothèque Nationale de France.
détail des armoiries de France et de Navarre superposées dans un médaillon
 Cecy est escrit sur ce tombeau, sans épitaphe : Loys Hutin, premier fils du roy Philippe le Bel et son petit-fils Jean
Gravure sur bois du XVIIe siècle représentant le tombeau de Louis X et de son fils Jean le Posthume dans la basilique Saint-Denis  -   Bibliothèque nationale de France, département Estampes et photographie

  Dans l’œuvre romancée de Maurice Druon : "Les Rois maudits" , Louis X est de fait le second roi parmi les victimes de la malédiction proférée par le maître des Templiers, Jacques de Molay, deux ans après sa mort sur le bûcher. Louis X,  déjà marqué par son statut d'époux trompé est décrit comme influençable, versatile et faible. Le décès prématuré du roi et plus tard celui de son enfant et unique héritier posthume y paraissent plus que douteux, d'autant que des membres de sa propre famille et ennemis politiques : les Valois, Artois, Bourgogne, sont soupçonnés d'avoir constamment intrigué contre lui et les avoir fait empoisonner. 




                        Herald Dick
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