vendredi 7 mars 2014

l'Armorial de La Planche - 1669 - Gouvernement de Bourgogne - Bailliage du Mâconnais

 S   uite de la visite du plus ancien manuscrit répertoriant des armoiries de villes et de villages de France, dessinées à la plume et peintes à l'aquarelle, antérieur à l'Armorial Général de France de Charles d'Hozier de trois décennies!   Voir la description initiale : →









Nous poursuivons avec la découverte du Gouvernement Général de Bourgogne. Reprenant les contours de l'ancien Duché de Bourgogne, il était composé de plusieurs bailliages. Comme indiqué sur le titre original ci-dessus, nous continuons avec un nouveau chapitre nommé : "du Pays, Comté et bailliage du Mâconnais ". Le territoire  relativement restreint longe le cours la Saône et de la Grosne et est à la limite du Chalonnais, du Charolais, du Brionnais, du Beaujolais et de la Bresse.  Actuellement il forme la partie sud-est du département de la Saône-et-Loire.
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Voici l'extrait d'une carte datant de la fin du XVIIIe s. , donc postérieure d'un an, mais sur laquelle j'ai reconstitué (approximativement) les limites administratives :
















vous pouvez agrandir les images
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Les fragments de manuscrits proviennent du Volume II. Toujours pour enrichir l'étude, j'ai cette fois encore mis en bonus  l'extrait équivalent dans l'Armorial Général de France*  (1696-1711), établi par Charles-René d'Hozier,  et comme auparavant, j'ai placé le blason actuel en-dessous, pour comparer les différences ou au contraire la constance des figures dans le temps.

 (*) Armorial Général de France - volume VI - Bourgogne Duché - Généralité de Dijon ( BNF Paris)


Mâcon (Saône-et-Loire)

Le gueules est la couleur des ducs de Bourgogne.  Les trois annelets symboliseraient pour les uns les murs d'enceinte de la cité gallo-romaine de Matiscona.  Pour les autres ils seraient l'évocation des trois autorités tutélaires de Mâcon au XIe siècle : l'évêque, le comte et la municipalité.  
source : labanquedublason2.com




Cluny (Saône-et-Loire)

La célèbre Abbaye du Cluny, fondée en 909/910, et qui a rayonné sur le monachisme dans tout l'occident médiéval (avec l'ordre clunisien) pendant plusieurs siècles, avait dédié le patronage de son église abbatiale à Saint Pierre et à Saint Paul. Pour cette raison, le blason de l'Abbaye était composé de deux clés en sautoir et d'une épée en pal, attributs des deux apôtres Pierre et Paul. Nous voyons ici dans le dessin de La Planche pour représenter à la fois la cité et l'abbaye de Cluny, une extrapolation du blason de l'abbaye, avec une clé unique en barre brochant en sautoir sur l'épée posée en bande.  Cela semble être une interprétation, car l'Armorial Général de France a bien enregistré un blason, en principe fourni par les édiles laïcs de la cité, avec un blason "de gueules à la clé d'argent en pal" plus conforme à l'origine, distincte, du blason municipal qui est maintenant "d'azur à la clé d'argent en pal".




Tournus (Saône-et-Loire)

Le blason de Tournus, qui a évolué de trois tours à un château à trois tours, et gagné un chef  à trois fleurs de lis, a été augmenté de la croix de la Légion d'Honneur en 1831, en raison du décret du 22 mai 1815 signé par Napoléon Ier ( mais non mis en application car peu avant la défaite de Waterloo, et la fin des Cent Jours, voir le résumé de l'histoire →). C'est donc avec le roi Louis-Philippe, en 1831, que le décret sera mis en exécution, autorisant la ville à porter la décoration dans ses armoiries. Elles ont été intégrées de fait dans le blason comme cela se pratiquait au XIXe siècle.




Saint-Gengoux-le National
 (Saône-et-Loire)
En 925, les Bénédictins de Cluny placent l'église sous le vocable de saint Gengoul (ou saint Gangolf  ), d'où le nom de la cité. En 1200, le Roi accorde une charte royale à la ville, qui devient, en 1246, Saint-Gengoux-le Royal. En 1793, suite à la Révolution, Saint-Gengoux-le Royal, change de nom en raison de la référence à la religion et du terme "royal" désormais inadmis et devient  "Jouvence"(d'où le nom des habitants : les Jouvenceaux et Jouvencelles) . Ce nom assez ridicule ne restera pas longtemps en vigueur, puisqu'à la Restauration, il redeviendra Saint Gengoux le Royal, et enfin, en 1870, la ville prendra son nom définitif et républicain de Saint-Gengoux-le National. source : www.saint-gengoux.fr


-o-

D'autres lieux ou villes sont juste décrits par le texte, sans blason ni mention s'y rapportant :
Romenay, Bois-Sainte-Marie, La Clayette, Dun (la Montagne de Dun, près de Chauffailles).



A bientôt pour une nouvelle série ... →


Crédits :
parmi les blasons "modernes" certains sont empruntés et parfois modifiés à :
http://armorialdefrance.fr/
http://labanquedublason2.com/ (dessins :  Jean-Paul Fernon)

 Et je remercie particulièrement les personnes responsables de la Bibliothèque et des Archives du Musée du Château de Chantilly :  http://www.bibliotheque-conde.fr/


             Herald Dick
 

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