mardi 22 septembre 2015

La Quête du Graal dans les manuscrits français - Chapitre #01 : le roi Arthur, Lancelot et Bohort à la Table Ronde.

Voici quelque chose qui évoquera ou réanimera peut-être chez vous le goût pour le grand récit épique et merveilleux. C'était bien avant le Seigneur des Anneaux, Star Wars, le Monde de Narnia ou encore Game of Thrones, qui d'ailleurs s'en inspirent tous partiellement ou complètement. Le genre littéraire ou cinématographique actuel qu'on appelle Heroic Fantasy n'est rien d'autre que la transposition moderne des romans de chevalerie propagés par les poètes et les troubadours du Moyen-âge à travers toute l'Europe. 
 On pourra aussi citer des références plus légères mais non dénuées d'intérêt, comme par exemple l'excellente série TV humoristique "Kaamelott" d'Alexandre Astier qui, il y a quelques années maintenant, tout en pratiquant à fond la dérision, donnait des indications intéressantes sur les personnages, certes caricaturés à l'extrême, mais avec en filigrane une base de vérité historique ou du moins littéraire.
Pour l'heure, Il s'agit de l'évocation par l'image héraldique, évidemment, du cycle arthurien et de ses légendes : les Chevaliers de la Table Ronde la Quête du Graal, l'ancien et mythique royaume de Bretagne, Camelot et Avalon, Arthur, Guenièvre, Merlin, Lancelot, Perceval, Galaad, etc...
 Il s'agit du premier Ordre chrétien de Chevalerie qui ait existé dans l'histoire et il est purement imaginaire. C'est un  mélange de croyances païennes, celtiques, et pré-chrétiennes; des codes de chevalerie et de moralité exemplaires et idéalisés : loyauté, foi, sagesse et mesure dans la guerre, prouesse (de preux), bravoure, dévouement au chef et à sa patrie, courtoisie, générosité envers les pauvres, justice envers les faibles, franchise, humilité, etc...  Mais les récits comportent aussi de la magie, des preux (gentils) et des félons (méchants), des tournois, des combats collectifs ou des duels au corps à corps, de l'amour (toujours courtois), des aventures dans des contrées inconnues et inhospitalières, avec des êtres, des animaux et des plantes étranges. 
 Le succès est attesté depuis le Moyen Âge, comme en témoignent le nombre important de manuscrits conservés, même si l’origine historique d’Arthur est plus que contestée. En effet, il paraît peu probable que le roi Arthur ait existé tel qu’il a été décrit. 
 Peu importe, le charme a opéré sur des dizaines de générations depuis le XIIe siècle quand les premiers auteurs et poètes ont révélé puis enrichi cette histoire et cela fonctionne toujours.  L'imagerie des manuscrits enluminés a accompagné cette passion débordante pour l'héraldique avec une multitude d'armoriaux qui donnèrent un blason aux héros du temps passé, qu'ils aient réellement existé ou  qu'ils soient complètement légendaires : personnages bibliques, antiques, princes du haut Moyen-Âge avant l'apparition de l'héraldique, et dans toutes les contrées du monde connu ou imaginaire.

Nous avons la chance d'avoir un fonds extrêmement riche de manuscrits numérisés, disponible en ligne pour une lecture à domicile, notamment avec la Bibliothèque Nationale de France (sur gallica.bnf.fr), mais aussi dans de nombreuses bibliothèques municipales de France.  Sans compter les sites internet de e-books très connus. 
 C'est un plaisir sans égal que de pouvoir feuilleter ces beautés rares, tenter de déchiffrer les textes, dans son salon, une bière à la main ! J'ai donc visionné une vingtaine de manuscrits français, et de livres anciens imprimés, certains avec plusieurs éditions, illustrés avec des miniatures, ou encore mieux : des armoriaux, certains très connus, d'autres moins, qui sont liés à la saga de la Table Ronde. J'ai recensé, identifié, classé et rassemblé les résultats et je vous propose d'en faire un sujet récurrent. Je m'efforcerai de donner les références de ces manuscrits par une info bulle qui apparaitra en passant votre souris sur les images.
  J'ai pris comme point de départ de présentation deux armoriaux parmi ceux qui rassemblaient le plus de blasons de chevaliers : 169 exactement sur le manuscrit coté "Français 5233" de la Bibliothèque Nationale de France (Paris) daté du XVIe siècle, et 151 chevaliers pour le "Ms 5024" de la Bibliothèque de l'Arsenal (Paris), du XVe s. Mais, d'après les recherches bien antérieures de notre expert national en la matière : Michel Pastoureau, l'ensemble des œuvres arthuriennes permettrait de blasonner jusqu'à environ 180 chevaliers. J'en ai en effet identifié quelques-uns, supplémentaires, personnages très mineurs, pas forcément des chevaliers, dans quelques manuscrits isolés.

 Voici donc le premier volet de la série. Et si le succès est au rendez-vous , je prolongerai avec plaisir l'expérience. Vous pouvez imaginer la somme de travail d'identification, d'analyse comparative puis de traitement des images, énorme et "chronophage". Par ailleurs il est possible et même certain que des erreurs soient commises, dans la fougue du moment, je vous demanderai beaucoup d'indulgence à cet égard. Faites-moi remonter les anomalies que vous constatez, dans la case "commentaires" ou par mail direct.

  1.  Artus roy de la Grande Bretaigne / Arthur roi de Grande Bretagne
  2.  messire Lancelot du Lacq / Lancelot du Lac
  3.  Boort de Gannes  / Bohort de Gaunes

• En titre :
 « Ce sunt les noms armes et blasons des chevaliers companions de la table ronde au tamps du roy artus et insi quils estoyent assis  au comencemant de la grant queste du saint greal par ordre a la dite table ronde»
 "Ce sont les noms, armes et blasons des chevaliers compagnons de la Table Ronde, au temps du roi Arthur et ainsi qu'ils étaient assis au commencement de la grande Quête du Saint Graal par ordre à la dite Table Ronde".
 - avec en haut de page, rajoutés ultérieurement : le numéro du manuscrit "5024",  et le cachet de l'époque de l'Empire pour la Bibliothèque de l'Arsenal à Paris.

• Les blasons avec la légende au-dessus :
  1. Gallad  - portoit dargant a une croix de gueulles / Galaad portait "d'argent à une croix de gueules". (développé dans le chapitre #03)
  2. Perceval  - de pourpre seme de croysetes dor / Perceval : "de pourpre semé de croisettes d'or". (développé dans le chapitre #03)
  3. Lancelot - d ar-gent a troys bende de bellic / Lancelot : " d'argent à trois bandes de bellic".
  4. Bort - d argent a trois bandes de belic hermine / Bohort : "d'argent à trois bandes de bellic (et) hermines".
  5. Le roy Artus - d azur a xııı couronnes d or/ Le roi Arthur : " d'azur à treize couronnes d'or".
  6. Gauvain - de pourpre a une haigle a ıı testes d or membre d azur / Gauvain : "de pourpre à une aigle à deux têtes d'or, membrée d'azur". (développé dans le chapitre #02)


I. Le roi Arthur de Bretagne

Arthur serait issu d'une relation adultère entre le roi breton Uther Pendragon et la femme de l'un de ses vassaux, Ygerne (ou Ygraine).  Il est le père de Lohot, Mordret et Arthur le Petit, oncle de Gauvain et d'Yvain, beau-frère des rois Loth et Urien et époux de Guenièvre.  Il est la figure du souverain universel, le grand roi de toute la Bretagne, dont il a  permis l'unification. Il est le symbole de la lutte contre les envahisseurs saxons et scandinaves. Fondateur et maître des Chevaliers de la Table Ronde, défenseur des valeurs courtoises et chevaleresques.

le Roi Arthur à gauche,  en duel avec un chevalier portant un blason "d'or au lion rampant de gueules...". Derrière Arthur, à gauche,
 en observateurs,  sont placés en première ligne : Gauvain : "de pourpre à l'aigle bicéphale d'or ..." et Tristan :  "de sinople au lion d'or ...".
On notera le réalisme et la violence du combat avec ces coulures de sang sur les armures, sur les épées et les traces sur l'herbe !  
Armes : d’azur à trois/treize couronnes d’or.
Cimier : un dragon de sinople lampassé de gueules issant d'une couronne d’or.

 Supports : deux lévriers rampants d’argent, colletés de gueules.
Devise : PENDRAGON TESTE DE DRAGON





le Roi Arthur, peinture sur parchemin



On remarquera que quelques rares manuscrits montrent des armoiries à trois couronnes. La majorité présentent les armes du roi Arthur composées de treize couronnes, une pour chacun des royaumes qu'il a conquis ou fédéré. Dans ce cas les couronnes sont disposées en trois colonnes (pals) de 4+5+4 dans cinq manuscrits et 4+4+4+1 sur quatre rangs dans les deux restant. 
«De Artus, qu'on dit avoir été roy de la grande Bretaigne, quelques-uns ont dit qu'il n'avoit que trois couronnes, les autres six, un autre neuf, tantost mises en triangle maintenant en pal, et ainsi diversement.» (commentaire de Jérôme De Bara, dans Le Blason des Armoiries... ).

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II. Lancelot du Lac

Lancelot est le fils du roi Ban de Bénoïc et de la reine Élaine, demi-frère d'Hector des Mares, neveu du roi Bohort, cousin de Lionel, de Bohort, de Bliobéris et de Blanor, père de Galaad. Il est né à Trèbe, sur la Loire, peu après la Pentecôte où il fut enlevé à ses parents par Viviane (la Dame du Lac) et élevé par Viviane jusqu'à ses dix-huit ans à l'abri du Lac. Lancelot est l'archétype même du chevalier courtois, au service indéfectible de sa dame : la reine Guenièvre, dont il est secrètement épris, étant même prêt à sacrifier son honneur pour rejoindre celle-ci. Cependant, cet amour sera à l'origine de sa perte et l'empêchera de trouver le Saint Graal : seul son fils, Galaad le Pur, aura ce privilège. L'histoire de Lancelot du Lac a fait l'objet d'une innombrable quantité d’œuvres artistiques, depuis le Moyen-âge et il fait partie des héros de chevalerie les plus cités et les plus remarquables.

Joute entre Lancelot et un chevalier non identifié aux armes "échiqueté d'azur et d'or ", qui a cassé sa lance sur le bouclier
de son adversaire. Le texte en rouge en-dessous précise que Lancelot lui a rendu son cheval ....
 Armes : d’argent à trois bandes de gueules.
Cimier : un faucon d'or essorant
Tenants : deux hommes sauvages au naturel
Devise : DV LAC MA DAME



Ce blasonnement nous parait évident, mais les anciens armoriaux nous réservent des surprises avec un terme de vieux français disparu : le "bellic" comme on peut le lire sur les fragments ci-dessous et sur la page du manuscrit 5024 du début (troisième blason du haut). Dans les divers récits, à un certain moment, Lancelot a cherché a changer son identité et aurait choisi de porter un écu à bandes blanches obliques pour masquer celles "vermeilles" c'est-à-dire rouges. Le mot "bellic" n'est donc pas une couleur mais signifiait en fait simplement "oblique". Pour cette raison nous trouvons fréquemment ce blasonnement curieux pour Lancelot et d'autres chevaliers tels que Bohort : "d'argent à trois bandes de bellic ..." . "Bandes de bellic" est de plus un pléonasme puisque par définition la bande en héraldique est oblique !




On peut noter ci-dessus la perplexité et le tâtonnement des différents éditeurs du livre de Jérôme de Bara, qui était un best-seller du XVIe siècle. Pour le premier on y voit Lancelot sans couleurs aucune, alors que Galaad est normalement peint. Dans le deuxième, l'éditeur ne s'est pas "mouillé" et a choisi une couleur sombre indéfinissable. Enfin le troisième s'est résolu à peindre les bandes de gueules comme elles doivent l'être pour le clan de Bénoïc et de Gaunes dont Lancelot est issu.



Sur les deux armoriaux ci-dessus on peut voir encore des cas particuliers pour le dessin des armoiries de Lancelot, l'un dépourvu de couleurs volontairement, l'autre avec des barres de gueules au lieu de bandes (extrait du feuillet entier visible tout au début). Tout cela est très surprenant ....




III. Bohort l 'éxilé

Il est souvent identifié : Bohort de Gaunes comme son père, ou bien Bohort l'Éssilié (mot de français ancien pour éxilé). Fils du roi Bohort de Gaunes, frère de Lionel, neveu de Ban de Bénoïc et Nestor de Gaunes, cousin de Lancelot du Lac, d'Hector des Mares, de Blanor et Bliobéris,  père d'Hélain le Blanc. Dans le Lancelot en prose, il est l'un des douze pairs du Tournoi de la Marche. Il est l'un des meilleurs des Chevaliers de la Table ronde, et figure parmi les trois à mener à son terme la quête du Graal.

texte : "La devise (de) Boort (Bohort) de Gaunes -  Boort de Gaunes fut de moyenne taille et fut un des bons chevaliers du
monde et des sûrs ...." .

Armes : d’hermine à trois bandes de gueules.
Cimier :  une hermine d’argent.

Supports : deux hermines d’argent portant autour du cou une cravate d’hermine.
Devise :  PENOS PENAC ou QUI QUE SOIT





Du point de vue strict de la description par le langage héraldique, avec tous les exemples ci-dessus, on peut s'étonner du blasonnement admis qui est "d'hermine à trois bandes de gueules". En effet dans ce cas les bandes devraient "brocher" sur les mouchetures d'hermine, qui elles-mêmes seraient disposées dans un ordre aléatoire (semé) et surtout verticalement (comme le blason ci-contre). On devrait donc plutôt préciser "d'hermine dans le sens de la bande, à trois bandes de gueules"  ou : "d'argent chargé de mouchetures d'hermine posées en bande, à trois bandes de gueules" ou encore mieux: "quatre bandes d'hermine alternant avec trois bandes de gueules" (dans ce cas les mouchetures sont dans le bon sens). Notez enfin que le dernier fragment de manuscrit, ci-dessus à droite, reprend à nouveau dans le texte le terme d'ancien français de "bellic" ou "belic" vu plus haut, pour les bandes: " Bort d argent a trois bandes de belic ... hermine".



  Nous avons à peine commencé l'exploration avec ces trois premiers personnages essentiels de la légende de la Table Ronde et déjà nous avons plein de surprises et de questionnements. Que nous réserve la suite ? Nous verrons bien, si ce thème vous intéresse... 

  Je vous rappelle que vous pouvez consulter tous les armoriaux et manuscrits cités en info bulles accompagnant les images (en passant votre souris dessus) en vous connectant aux réserves numériques des bibliothèques nationales ou municipales, ou des serveurs où ils sont stockés, tels que :
gallica. bnf.fr
books.google.fr
www.bibliotheque-rennesmetropole.fr
numerique.bibliotheque.bm-lille.fr

Enfin, je vous recommande de visiter ces réalisations modernes en dessins vectoriels de très grande qualité  :


- "Los Caballeros de la Tabla Redonda" en espagnol. 


Pour découvrir Tristan, Gauvain, Lionel, Hector des Mares, Hélain le Blanc et Bliobéris, c'est au Chapitre #02 → ICI

   
         à bientôt.....


 


vendredi 18 septembre 2015

Top 10 des plus grandes villes des Pays-Bas avec leurs blasons

Voici un nouveau volet à cette série consacrée à la découverte de l’héraldique civique, à travers divers pays du Monde. Le principe du "Top xx" très répandu dans les médias et sur Internet, pour recenser ce qui est le plus remarquable dans un domaine particulier est ici adapté à cette thématique. Il nous permettra de découvrir ou réviser la géographie d'un pays choisi de manière aléatoire et dans le même temps de s'intéresser à sa diversité en matière de blasons et emblèmes municipaux.

 Nous restons en Europe avec un nouveau pays : les Pays-Bas




Voici donc les 10 plus grandes villes en terme de population, en-dehors des agglomérations (chiffres : 2015).





1 - AMSTERDAM

capitale du Royaume des Pays-Bas  (Nederland)  - 825 080 habitants
Cette ville a fait l'objet d'un article plus détaillé →  








2 - ROTTERDAM

ville de la région de Hollande du Sud (Zuid-Holland)  - 625 470 habitants 







3 - LA HAYE / Den Haag / ’s-Gravenhage

capitale (chef-lieu) de la région de Hollande du Sud (Zuid-Holland)  - 515 080 habitants 







4 - UTRECHT

capitale (chef-lieu) de la région d' Utrecht  - 515 080 habitants 








5 - EINDHOVEN

ville de la région de Brabant du Nord (Noord-Brabant) - 223 880 habitants






6 - TILBURG

ville de la région de Brabant du Nord (Noord-Brabant) - 211 730 habitants






7 - GRONINGUE / Groningen

capitale (chef-lieu) de la région de Groningue (Groningen) - 200 210 habitants 







8 - ALMERE

ville de la région de Flevoland - 197 320 habitants 






9 - BREDA

ville de la région de Brabant du Nord (Noord-Brabant) - 181 770 habitants







10 - NIMÈGUE / Nijmegen

ville de la région de Gueldre (Gelderland) - 170 940 habitants







•  La quasi totalité de ces armoiries traitées en dessin vectoriel et rassemblées ici (sauf les villes n° 5 et 6) ont été réalisées par un artiste néerlandais : Henk Bolens plus connu sous  le pseudonyme de "Arch" (voir ses autres réalisations ici →   pour sa contribution au projet héraldique du Wikipedia Commons). Son style est très personnel et reconnaissable, avec ces couleurs "flashy et glossy", très à la mode chez les graphistes. Donc avec des couleurs très vives et acidulées comme des bonbons, pas de lignes de contour, remplacées par un effet de relief, et cet inévitable aspect brillant, qu'on peut trouver insupportable dans le dessin héraldique !

• Les Pays-Bas font partie de ces nombreux pays qui laissent une large place aux ornements extérieurs dans l'héraldique civique (régions et villes). Par nature, ces ornements ne sont que des rajouts facultatifs dont le but est surtout d'embellir les armoiries. Il peut arriver toutefois que trop d'ornements desservent la lecture du blason proprement dit, celui qui est visible sur l'écu central.

• Les lions, qu'ils soient sur les écus (villes n°2, 5 et 10) ou en supports, d'or ou de sable, sont très nombreux. Ils viennent des anciens comtés ou duchés devenus par la suite des provinces : la Hollande, la Gueldre (ville n°10), le Brabant (ville n°5), la Flandre, le Limbourg, et le Hainaut également (ville n°2) ...  et sans oublier le lion des Orange-Nassau, la dynastie toujours actuelle, régnant depuis 1581 sur les Provinces-Unies, l'état qui a précédé le royaume des Pays-Bas constitué en 1815.
  Le lion héraldique est même devenu au temps des grands cartographes hollandais du XVIIe siècle une curiosité et un exercice de style, en relation avec le contour géographique des Pays-Bas (voir un de mes anciens sujets : Leo belgicus et leo holandicus).

• Les aigles, bicéphales ou pas (villes n°7 et 10) elles, rappellent le rattachement féodal de ces terres des Pays-Bas au Saint Empire Romain germanique au Moyen-âge, avant qu'ils deviennent bourguignons, puis espagnols et enfin indépendants au début du XVIIe siècle. Les différentes couronnes sommant les écus complètent cette trame historique en allant des couronnes impériales (villes n° 1 et 10) à celles diverses, de ducs, comtes ou marquis. 

• Enfin pour compléter encore un peu la série des références historiques, on remarquera dans le blason de le ville n° 5, les trois cors (hoorn en néerlandais), armes parlantes provenant de la célèbre maison d'ancienne chevalerie : les van Horne (ou Horn, Hoorn, ou encore de Hornes, en français). 



Si vous désirez en savoir plus sur le pays : les Pays-Bas et ses emblèmes, c'est → ICI


A bientôt , pour un nouveau pays ...→ ICI
Et pour revoir le pays précédent ...  → ICI



          Herald Dick

mercredi 16 septembre 2015

Albums à vignettes Sanka #09 : Provence, Côte-d'Azur et Corse

Cet article constitue la suite de ma base d'archives de ma rubrique "Sanka" que vous pouvez consulter dans les onglets en haut ce la page d'accueil . Je rajouterai au fil de l'eau de nouvelles séries, région par région , mais afin de ne pas générer un temps de chargement trop long sur votre ordinateur, je mettrai l'accès aux anciennes pages par un lien vers ces archives , voilà pour le procédé ...


Pour rappel , ces albums de vignettes héraldiques étaient une création des célèbres Cafés Sanka qui ont démarré vers 1933 et duré jusqu' à la Seconde Guerre mondiale. Cette marque était une filiale de la firme allemande Café Hag , fondée en 1906 . Seulement 6 albums intitulés "la France Héraldique" ont été édités pour la France, alors que 40 étaient prévus initialement, mais la guerre a malheureusement mis fin au projet .



   Neuvième volet de cette thématique nostalgique (voir tout en bas de cette page pour accéder aux anciennes séries).
   Nous allons découvrir les feuillets qui correspondent à quatre anciennes provinces du sud-est de la France: la Provence, le Comtat Venaissin, le Comté de Nice et la Corse. Aujourd'hui ces provinces font partie des régions administratives Provence-Alpes-Côte-d'Azur (PACA) et la Corse. Nous allons parcourir 7 départements :  Bouches-du-Rhône, Var, Alpes de Haute-Provence (encore appelé à l'époque les Basses-Alpes), Alpes-Maritimes, Haute-Corse et Corse du Sud (mais réunis en un seul département de Corse à l'époque). Enfin on rajoutera la Principauté de Monaco qui a été incluse dans cet album.
   Sur la carte ci-dessous, qui provient aussi de l'album et que j'ai délimitée et adaptée pour l'éclairage du  message, les cinq départements "continentaux" forment un ensemble géographique et historique cohérent issu de l'héritage de l'ancien Comté de Provence, avant la Révolution française. Au cours de celle-ci, au moment de la création des départements, en 1790, le nouveau département du Vaucluse a intégré l'ancien Comtat Venaissin, avec son enclave de Valréas, associés au pays du Lubéron qui est de Provence.
    Le Comté de Nice a lui été annexé par la France en 1793 au dépens du Royaume de Sardaigne, formant tel quel, le premier département des Alpes-Maritimes. Le territoire sera finalement restitué à son propriétaire en 1814, à la chute du Ier Empire et de Napoléon Ier. Ce n'est qu'en 1860, par le traité de Turin, que la Savoie et le Comté de Nice sont réunis ou annexés définitivement à la France. Pour l'occasion un morceau de Provence, du Var plus exactement : l'arrondissement de Grasse et de Cannes est adjoint à la province de Nice pour former le département actuel des Alpes-Maritimes. Plus tard interviendront encore quelques petites rectifications de frontière avec l'Italie, en 1947.
   Chaque page rassemble les blasons de neuf villes les plus représentatives de chaque département (sauf pour la Corse qui n'en comporte que quatre). Je n'ai pas mis le texte des pages intermédiaires qui donne une description succincte de chaque ville, mais sans intérêt pour l'héraldique. En-dessous de chaque page, des liens permettent de comparer avec le blason actuel, le cas échéant.





La plupart de ces blasons sont toujours en vigueur à quelques petits détails près :
(cliquez sur le nom de la ville vous voir le blason actuel)
  • Istres : il n'y a pas de bordure.
  • Tarascon : la tarasque est entièrement d'or.




Pour cette série encore, quelques détails à reprocher  :
  • Brignoles : le premier quartier est fantaisiste
  • Cuers : le coeur est chargé d'une fleur de lis d'or
  • Sanary-sur-Mer  : les palmes sont en-dessous de la tour, le croissant est remplacé par une croix.




Pour cette série, trois blasons sont "à revoir".  :






    Pour cette série, quelques changements notables :






      Pour cette série encore, quelques divergences et changements :



      Il s'agit des armes de la ville de Monaco, différentes de celles de la Principauté, en tant qu'état.








      Pour cette mini-série, deux anomalies de couleurs :





      Pour d'autres régions  revenir à la page d'origine : Sanka


            HD 


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