samedi 5 septembre 2015

La Vuelta a España 2015 - le Tour d'Espagne en blasons - la 3e semaine

Junta (gouvernement) de Castilla y León
Nous voici de retour encore une dernière fois sur les routes d'Espagne (voir le précédent chapitre : ICI), pour vivre le début de la troisième semaine dans des paysages nouveaux et différents du nord et du centre du pays. Cette fois nous attendent des climats océaniques et alpins et par la suite ceux, continentaux et très secs de la Castille. Après les grandes métropoles du sud andalou et de la côte méditerranéenne, visitées précédemment, nous nous arrêterons dans quelques cités plus petites mais non moins chargées d'Histoire comme Vitoria-Gasteiz, Burgos, mais aussi dans des sites naturels exceptionnels tels que les organisateurs de la Vuelta savent les dénicher. Peu de gens, étrangers surtout, peuvent imaginer la diversité de la nature, des paysages et des villes d'Espagne sans sortir des plages, des clubs, des bars à tapas ou des marinas de la côte méditerranéenne. 


Nous poursuivons le parcours avec cinq nouvelles étapes, les trois premières avec des arrivées au sommet dans la magnifique Cordillière Cantabrique, prolongement naturel des Pyrénées  le long de la côte atlantique. Puis après une journée de repos, nous passerons la journée à Burgos,  ancienne capitale de la Castille et patrie du Cid (ô rage ! ô désespoir ! ô vieillesse ennemie !
N'ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ?...
)  et une dernière étape dans la région appelée la Ribera del Duero et les montagnes de la Sierra de Ayllón , appartenant à la Cordillière centrale,  le "Massif Central" espagnol. Cela nous promet encore de belles découvertes (héraldiques) et des émotions !


 Nous partons du Pays Basque mais avec juste quelques dizaines de kilomètres au départ , puis nous passerons un moment dans la Province de Burgos (Castille et Leon) que nous découvrirons mieux plus tard .... :
Communauté autonome du Pays Basque /
Euskal Autonomia Erkidegoa /
Comunidad autónoma del País Vasco
Province de Alava /
Arabako Lurralde /
Provincia de Álava


14e étape - Samedi 5 Septembre 2015  :
 Vitoria  -  Alto Campoo / Fuente del Chivo



Vitoria / Gasteiz
(Pays Basque - Province de Alava)
• Vitoria / Gasteiz

Écu d'argent au château au naturel ouvert et ajouré de sinople, soutenu par deux lions (léopards) adossés de gueules, les tours extérieures sommées de deux corbeaux de sable également adossés, chargé au dessus de la porte centrale d'un écusson de gueules avec les initiales Y et II d'or ; le tout est terrassé de sinople.
Soutien : plastron de cuir au revers de gueules,
bordé en pointe de feuilles d'acanthe du même au revers de sinople et en chef de sinople.
Timbre : couronne royale ouverte d’où tombent sur les côtés deux rubans d'azur portant la devise en lettres d'or : "QUAE VINCIT HAEC EST VICTORIA".

• Le château représente la cité, les lions : la force, les corbeaux : la vigilance.
 • Les initiales Y -II sont pour Isabelle II,  reine d’Espagne de 1833 à 1868.
• La devise se traduit du latin par " Voici la victoire qui triomphe " (.... du monde, c'est celle de notre foi.) , paroles du roi de Navarre,  Sancho VI el Sabio (1150-1194), citant une lettre de l' apôtre Saint Jean.






• Alto Campoo est une station de ski située à 1 990 m. d'altitude, dans la chaîne des monts Cantabriques avec des sommets supérieurs à 2 000 m. La localité la plus proche est Brañavieja qui, avec 24 villages forment la commune de la Hermandad de Campoo de Suso.

Hermandad de Campoo de Suso
(Communauté autonome 
monoprovinciale de Cantabrie)

• Hermandad de Campoo de Suso

Écu coupé, au premier de gueules au château d'argent sur un rocher au naturel, accompagné de deux couronnes de marquis d'or aux cantons; au deuxième d'azur au paysage de trois montagnes de sinople enneigées adextrées d'un rocher au naturel d'où coule une rivière burelée d'argent et d'azur; bordure d'or avec l'inscription en lettres capitales de sable : "ALTO CAMPOO FONTES IBERI".
Support : un parchemin au naturel
Timbre : couronne de marquis.

• Une Hermandad, signifiant en espagnol « fraternité », de hermano = frère, désignait, dans l'Espagne médiévale, une confrérie d'hommes armés formée contre le meurtre et le pillage, et qui fut plus tard organisée administrativement.
 Dans le cas présent c'est un municipio composé de 25 villages de vallée ou de montagne.

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Communauté autonome de Cantabrie /
Comunidad autónoma de Cantabria



15e étape - Dimanche 6 Septembre 2015  :
 Comillas  -  Sotres / Cabrales


Comillas
(Communauté autonome 
monoprovinciale de Cantabrie)


• Comillas

Écu d'azur, soutenu d'ondes d'argent et d'azur, à dextre une tour d'or, maçonnée, ouverte et ajourée de sable sur un rocher de couleur naturelle, une chaîne brisée d'argent accrochée à la tour, brochant sur le rocher et les premières ondes ; à senestre , une nef au naturel flammée de sinople, habillée d'argent à une croix pattée de gueules.
Soutien : un parchemin au naturel.
Timbre : couronne royale fermée

• Ce blason est une déclinaison de celui de la capitale régionale : Santander, mais aussi de quelques autres villes du littoral cantabrique et asturien, sans oublier celui de la région de Cantabrie. Il relate la conquête héroïque de Séville face aux arabes almohades, en 1248, par des équipages et des capitaines du nord de l'Espagne remontant le fleuve Guadalquivir, sous le commandement du roi (saint) Ferdinand III de Castille. La tour est en fait une représentation simplifiée de la célèbre Torre del Oro à Séville qui apparait plus fidèlement dessinée sur le blason de Santander.


• Sotres (Cabrales)

L'arrivée de l'étape sera jugée à l' Alto de Sotres à une altitude de 1 230 m. dans un environnement naturel exceptionnel situé au centre du Parc National des Picos de Europa.  
Du point de vue gastronomique, cette région est très connue pour son fromage : el Queso de Cabrales (AOP), aussi réputé et savoureux que notre bleu d'Auvergne.



Cabrales
(Communauté autonome 
monoprovinciale des Asturies)

Autres versions du blason de Cabrales
• Cabrales

Écu français, d'azur à un arbre au naturel terrassé de sinople surmonté de la Croix de la Victoire d'or; sous l'arbre : deux chèvres contournées d'argent, face à un ours de sable posé sur un rocher au naturel mouvant du coin inférieur senestre de l'écu.
Timbre : couronne de Prince des Asturies.

• Ces armoiries parlantes (cabra = chèvre en espagnol) n'ont pas été validées ni définies officiellement par le conseil municipal (Concejo), même si elles sont utilisées par lui. Peut-être, pour cette raison, les règles de base d'association des couleurs sont un peu malmenées, au gré des courants et des appréciations des différents dessinateurs !  Les enquerres sont malgré tout trop fréquentes et desservent l'esthétique, au final.
• La scène semble raconter une histoire avec cet ours menaçant les deux biquettes insouciantes, et je recherche une explication.
• La Croix de la Victoire, trésor d'orfèvrerie historique et symbole héraldique des Asturies est une constante dans les armoiries et l'identité générale de cette région. On la trouvait même sur le casque du pilote et double champion du monde de Formule 1:  Fernando Alonso, natif des Asturies.
casque de Fernando Alonso en 2005


Principauté des Asturies /
 Principado de Asturias


16e étape - Lundi 7 Septembre 2015  :
 Luarca  -  Ermita de Alba / Quirós

Luarca / Ḷḷuarca
(municipio de Valdés - Communauté aut.
monoprovinciale des Asturies)

• Luarca

Écu mi-parti et coupé : au premier de gueules au château d'or, maçonné de sable, ouvert et ajouré d'azur (de Castille), au deuxième d'argent au lion de pourpre, armé et lampassé de gueules, couronné d'or (de León ) ; au troisième d'azur, sur des ondes d'argent, un navire d'or, habillé d'argent et en pointe une baleine de sable brochant les ondes, piquée par un harpon relié par un câble au navire, également de sable; sur le tout une bordure d'argent chargée de la légende en lettres capitales de sable : " MUY NOBLE HEROICA Y LEAL VILLA DE LUARCA" disposée en orle.
Timbre : couronne royale ouverte

• Il est clair que ce petit port de la côte asturienne avait jadis une tradition de pêche baleinière. 
 Ce blason de ville serait selon certains historiens un des plus anciens des Asturies. On le fait remonter à l'année 1581 dans les archives du pays.
 • La construction territoriale de l'Espagne est un peu déroutante pour les étrangers. En effet cette petite ville portuaire est une parroquia ( = paroisse en espagnol, un village en fait) qui, réunie à 14 autres parroquias forment le municipio (commune) de Valdés. Valdés n'est pas un lieu précis mais une entité administrative couvrant une zone géographique délimitée. Néanmoins elle possède aussi un blason, un drapeau, etc... une identité propre (ci-dessous) et l'ayuntamiento (la mairie) ou le concejo (conseil municipal) se trouvent à... Luarca ! Pas évident pour nous.


Ermita de Alba ( chapelle )        -----•
Voici une arrivée d'étape à couper le souffle située non loin de cette petite chapelle isolée dans la sierra del Aramo  sur la Peña de Alba à 1185 m. d'altitude. L'ascension avec un pourcentage moyen de 11,2% comporte des passages à plus de 20%  : inimaginable pour un être humain ordinaire sur un vélo !


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blason officiel, non héraldique

Quirós
(Communauté autonome 
monoprovinciale des Asturies)


 • Quirós

Écu coupé et mi-parti : au premier d'azur à la Croix de Los Angeles d'or incrustée de pierres précieuses, accostée deux anges affrontés, d'argent, agenouillés en attitude de prière ; au deuxième d'azur, à la tour donjonnée d'or, maçonnée, ouverte et ajourée de sable sur un mont de sinople; au troisième d'argent à deux clés d'azur adossées en entre-tenues, accostées de six lunels (quatre croissants dessinant des quadrilobes) de gueules posés en deux pals sur chaque flanc, et accompagnée de trois fleurs de lys d'or, une en chef, deux en pointes.
Timbre : couronne de Prince des Asturies.

Bernaldo de Quiros
• Nous retrouvons comme chaque année, quand nous passons dans cette partie de l'Espagne, la non moins célèbre "Cruz de los Angeles". Cette croix, comme celle de la Victoire vue précédemment est visible sur une quantité phénoménale de blasons en Espagne. Elle est à l'origine un autre chef-d’œuvre d'orfèvrerie du haut Moyen-Âge gardée précieusement dans le trésor de la cathédrale d'Oviedo.
• La tour symbolise le Castillo d'Alba, ancienne forteresse médiévale de Quirós, fondée par les premiers rois d'Asturies et aujourd'hui très ruinée.
• le dernier quartier provient d'armoiries nobiliaires anciennes : celles de la maison Bernaldo de Quirós, d'ancienne extraction.
• Comme précédemment : Quirós n'est pas une ville ni un lieu précis, mais un municipio (concejo) formé de plusieurs villages de montagne, dont le plus "gros" est Bárzana,  peuplé de 390 habitants !




Mardi 8 Septembre 2015  :  descanso (repos)

Communauté autonome de Castille et Leon
Comunidad autónoma de Castilla y León

Province de Burgos /
Provincia de Burgos
Province de Ségovie /
Provincia de Segovia


17e étape - Mercredi 9 Septembre 2015  :
 Burgos  -  Burgos (contre la montre individuel)


Burgos
(Castille et Leon - Province de Burgos)

• Burgos

  Sur un champ de sinople, le buste du roi Fernando III (Ferdinand III de Castille), couronné d'or, au visage de carnation, cheveux et barbe de sable, habillé d'un manteau de gueules (ou de pourpre), chargé de trois châteaux d'or, ouverts et ajourés de sable; le roi est accosté de deux écussons d'argent au châteaux d'or ouverts de sable, surmonté par une muraille d'argent en arc de barbacane, encadrée de deux tours et sommée de trois autre tours ajourées de sable; une bordure d'or chargée d'une orle de gueules.
Timbre : couronne royale ancienne de Castille.

 • Le buste du célèbre monarque appelé dans certaines chroniques "Caput Castellae" indique que Burgos peut être considérée comme le siège principal de la royauté et de la cour castillane au Moyen-âge, même si elle s'est beaucoup déplacée dans le pays. Ce symbole est attesté depuis 1259.
• Les trois châteaux représentés sur le manteau symbolisent les châteaux (castillos) de Lara, Muño et Cellorigo qui étaient soumis à la juridiction de la ville.
• Le mur de la porte de barbacane avec les tours représentant les fortifications castillanes qui ont donné son nom au royaume de
Castille, (castillo = château-fort en espagnol) .


Burgos - el Arco Santa Maria - XIVè/XVIè siècles
une des plus belles portes de fortification urbaine médiévale en Europe


18e étape - Jeudi 10 Septembre 2015  :   Roa  -  Riaza 

Roa de Duero
(Castille et Leon - Province de Burgos)

• Roa de Duero

Écu parti, au premier de gueules au château d'or, donjonné, maçonné, ajouré et ouvert de sable, soutenu par un chien d'argent passant, colleté de sable et attaché par une chaîne du même à la senestre de la porte; au deuxième d'azur à treize besants placés 3-3-3-3-1; bordure d'or chargée d'une inscription en lettres capitales de sable disposée en orle :  “QUIEN BIEN QUIERE A BELTRÁN BIEN QUIERE A SU CAN”  .
 Timbre : La couronne royale d'Espagne fermée.

• Le château d'or sur champ de gueules évoque la Castille, où nous sommes.
• On appréciera le dicton qui sert de devise à cette petite ville : "Qui aime bien Beltrán, aime bien son chien", illustrée par le blason lui-même. "Can" étant une forme ancienne dérivée du latin "canis" pour désigner le chien, par exemple dans la langue galicienne, alors qu'aujourd'hui c'est le mot castillan "perro" qui désigne l'animal.  Et Beltrán était un noble influent de la cour de Castille dans la seconde moitié du XVe siècle :  Beltrán de la Cueva qui reçut en cadeau la ville de Roa de la main du roi Enrique IV (Henri IV de Castille). Cette maxime est extraite d'une pièce de tragi-comédie en prose écrite à la fin du XVe siècle à Burgos : La Celestina , très connue en Espagne et faisant partie du patrimoine littéraire espagnol médiéval, donc bien avant les œuvres de Cervantès, par exemple.
• Je n'ai pas trouvé l'explication pour les besants et leur nombre de 13, mais dans le langage héraldique espagnol : les besants ou les tourteaux, sont parfois appelés "roeles"  alors peut-être est-ce des armes parlantes en raison du nom de la ville : Roa ? Je continue de chercher...


Province de Guadalajara (ClM)







Le tracé de l'étape fait une large
incursion d'une centaine de kms dans la
 province voisine de Guadalajara →•
qui fait partie de la Communauté
autonome de Castille la Manche.





Riaza
(Castille et Leon - Province de Ségovie)

• Riaza

Écu en plastron supporté par un parchemin d'argent : sur un champ d'azur, une truite d'argent nageant sur des ondes d'azur et d'argent.
Timbre : couronne royale ouverte.

• Ce blason est fautif du fait qu'il présente deux nuances d'azur, qu'on ne peut logiquement pas différencier dans le blasonnement. Les nuances de couleur n'existent pas en héraldique. 
Ayuntamiento de Riaza


• Sculpté, il est présent sur la façade de la mairie depuis 1727 (ci-contre) dans un ovale, mais très abimé par le temps.


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la suite et la fin du parcours vendredi prochain  ...→ ICI


Pour suivre la course, étape par étape par les cartes, les classements et les statistiques, etc...je vous invite à consulter l'excellent site de La Vuelta 2015 → ICI  (en trois langues : ES/FR/EN)




Crédits :
carte :  www.lavuelta.com
blasons ( vous pouvez visualiser les références des dessins en passant la souris sur les images) :
en majorité : 
carte des Régions et Provinces concernées par le sujet (en couleurs foncées)
es.wikipedia.org  ou commons.wikimedia.org
les logos viennent des sites officiels de chaque commune ou institutions.




            Herald Dick


mardi 1 septembre 2015

1er septembre 1715 - 2015 : Tricentenaire de la mort de Louis XIV

 Souverain au règne exceptionnellement long (le plus long de l’histoire de France), Louis XIV a laissé l’image d’un monarque absolu : sa majesté royale mise au service de la grandeur du pays, sa volonté sans cesse réaffirmée de moderniser l’administration et les structures économiques, son souci de garantir les frontières et de protéger la France des agressions extérieures ont largement imprégné l’Europe du Grand Siècle. Les crises financières et la persistance des inégalités ont témoigné des difficultés qu’a ressenties une grande partie de la population. Mais le règne du « Roi-Soleil », par ailleurs marqué par un remarquable épanouissement de la culture française, constitue, au-delà des jugements dont il continue de faire l’objet, l’un des épisodes fondateurs de l’État moderne.

grandes armoiries du Royaume de France
au XVIIe siècle et jusqu'à la Révolution.
portrait équestre de Louis XIV par Réné-Antoine Houasse
(vers 1679) - Musée du Château de Versailles
  Timbre de la poste française émis en 1970
portrait de Louis XIV devant le château de Versailles









figure symbolique et emblème du Roi-Soleil :
 grilles du château de Versailles, fonte avec dorures.

Louis XIV dit " le Grand" ou "le Roi-Soleil"



Louis-Dieudonné de France (•1638- †1715)
Roi de France (1643-1715)
(dynastie des Bourbons)

armoiries de la ville de
Saint-Germain-en-Laye (Yvelines)
le berceau, les fleurs de lys et la date rappellent 
la naissance du futur Louis XIV au Château Neuf
de Saint-Germain-en-Laye, édifice vendu comme
bien national pendant la Révolution et démoli
 presque entièrement. 


Fils de Louis XIII et d’Anne d’Autriche, né à Saint-Germain-en-Laye le 5 septembre 1638, Louis reçoit pour deuxième prénom Dieudonné, tant sa naissance est inespérée, vingt-trois ans après le mariage de ses parents, jusqu'alors resté infécond. Âgé de quatre ans et demi lors de la mort de son père (14 mai 1643), il est placé sous la régence de sa mère, confirmée dans ce rôle par le Parlement de Paris. La reine continue à gouverner avec Mazarin, qui a eu toute la confiance de Louis XIII et qui, déjà parrain du jeune roi, est chargé de superviser son éducation.

L’éducation du roi est prise en charge par Mazarin, lequel influence considérablement le jeune enfant. Il lui trouve plusieurs grands précepteurs, mais Louis XIV n’est pas un élève très assidu et préfère des activités plus concrètes, telles que la danse, l’art ou la stratégie militaire.

D’un point de vue général, l’enfance du Roi n’est pas très heureuse, car profondément marquée par les événements de la Fronde : à partir de 1648, le parlement et la haute noblesse, puis le prince de Condé se révoltent contre le pouvoir, obligeant la famille royale à fuir sans cesse, sous les affronts et la violence. Anne d’Autriche regagne finalement la capitale en octobre 1652, puis rappelle Mazarin en 1653, mettant un terme aux insurrections.

pièce d'or à l'effigie de Louis XIV jeune, datée de 1670, avec monogramme sur le revers.
 Témoin des événements, le jeune Louis XIV en est quelque peu traumatisé. C’est sans doute la raison pour laquelle il mènera plus tard un règne absolutiste, affaiblissant toujours le pouvoir de la noblesse. Le 7 juin 1654, il est sacré roi à Reims mais préfère, pour l’instant, laisser les rênes du royaume entre les mains de Mazarin. Pendant ce temps, il parfait son initiation militaire auprès de Turenne. En 1659, la guerre franco-espagnole prend fin avec la signature du traité des Pyrénées. En respect de l’une des closes de cet accord, Louis XIV épouse Marie-Thérèse d’Espagne.

Le roi danse - Ballet royal de la Nuit - Louis XIV en Apollon, le dieu du soleil
 et des arts (1653) - Portrait anonyme - C'est après ces ballets de cour exécutés
 par le roi lui-même, qu'il fera du soleil son emblème personnel favori. 
Mazarin meurt en 1661, laissant au roi toutes les ficelles du pouvoir. Ce dernier décide alors, désormais, de régner seul, sans Premier ministre. Cette décision d’un pouvoir absolu ne l’empêche pas de s’appuyer sur des hommes de confiance, dont il sait s’entourer et qui sont principalement issus de la bourgeoisie. Plusieurs conseils, tels que celui des finances, à la tête duquel sera placé Colbert, guident ainsi le jugement du roi. Comme pour montrer sa détermination et inspirer le respect parmi ses hommes, Louis XIV fait arrêter et condamner le surintendant des finances, Fouquet.

De même, le roi s’applique à organiser un réseau d’intendants afin d’être informé de tous les événements du royaume, tant économiques qu’humains. Les parlementaires perdent également leur pouvoir d’autrefois, désormais limité au simple enregistrement des édits. Poursuivant cette politique de centralisation, Louis XIV prive les états provinciaux de leur autorité, ou va même jusqu’à les supprimer.
carte postale illustrée , série 1370 "Oriflammes, bannières, fanions et drapeaux de l'Histoire de France" , carte n°1370 I -
signée Pierre Albert Leroux - Éditions Barré et Dayez , milieu du XXe siècle. On remarque la (modeste) devise de Louis XIV : "NEC PLURIBUS IMPAR" (voir explications → ICI) - A noter l'erreur grossière faite sur les dates de règne attribuées au Roi-Soleil : c'est 1643-1715 qu'il faut lire et non pas 1643-1661  !
Le roi se lance par la suite dans de grandes réformes et édits. Le Code Louis, pouvant s’assimiler à un code civil, est promulgué en 1667, le Code criminel en 1670, le Code forestier en 1669, l'ordonnance de commerce en 1673 et le Code noir, portant sur l’esclavage, en 1685.

Outre l’organisation de son règne, Louis XIV est un homme qui attache une importance capitale à l’image du royaume. Ce n’est donc pas par hasard qu’il a choisi le Soleil comme emblème. D’une prestance exceptionnelle, il veut que le pays rayonne à tous les niveaux, autant que lui-même.
 Le soleil couronné et la devise : NEC PLVRIBUS IMPAR (Non pareil à la multitude). Plafond de la Galerie des Glaces, Château de Versailles - décoration de Charles Le Brun.
Depuis son enfance, il s’est toujours passionné par l’art et la culture, bien que n’étant pas un grand intellectuel. Aidé de Colbert, il s’applique ainsi à valoriser ce domaine au sein du pays, en fondant tout d’abord l’Académie royale de peinture et de sculpture (1655), puis la Petite Académie (qui deviendra l’Académie des inscriptions et belles-lettres), l’Académie royale d’architecture, l’Observatoire et bien d’autres encore. Louis XIV se fait également le mécène de nombreux artistes, tels que Lully, Racine ou Molière.

monogramme ou chiffre de Louis XIV : deux L opposés et entrelacés :
panneau de bois avec dorures - Château de Versailles
Parallèlement, il applique son désir de grandeur et de rayonnement culturel à l’architecture. C’est ainsi que naissent, entre autres, la colonnade du Louvre, l’hôtel des Invalides et la future place Vendôme. C’est aussi dans cette optique qu’il fait agrandir le château de Versailles et lui donne ainsi une splendeur sans pareille. Il en fait d’ailleurs le centre du royaume en y installant définitivement la Cour en 1682.
armoiries de la ville de Marly-le-Roi (Yvelines)
le soleil des quartiers 1 et 4 représente Louis XIV
 qui y fit construire un château de plaisance à partir de
1679. Il ne reste aujourd'hui plus rien de cette demeure
sauf le parc. Les quartiers 2 et 3 du blason sont aux armes
 des Montmorency qui ont été seigneurs de Marly au Moyen-âge.
Louis XIV ne conçoit pas son règne sans conquête. Tout commence avec la modernisation de l’armée française, placée sous la responsabilité de Le Tellier puis de son fils, Louvois. Cette totale réorganisation militaire accroît considérablement la force et l’enthousiasme de l’armée. Avec elle, le roi marche tout d’abord vers les Pays-Bas, déclenchant la guerre de Dévolution (1667-1668). Grâce à cette première entreprise, il obtient Lille et une partie de la Flandre. Le conflit est suivi de la guerre de Hollande, qui commence dès 1672 et se conclut en 1678 par la paix de Nimègue. Le roi détient désormais la Franche-Comté, mais s’est trouvé un ennemi en la personne de Guillaume d’Orange.

Louis XIV ne s’en tient pas là. La politique des "réunions" qu’il applique, et par laquelle il annexe Strasbourg et le Luxembourg, fait naître de nouvelles tensions internationales. De plus, lorsqu’il révoque l’édit de Nantes, il se met à dos l’Allemagne et les puissances protestantes. C’est dans ce contexte que débute la guerre de la ligue des Augsbourg (1688), qui ne s’achève qu’en 1697, avec la signature des traités de Ryswick.
Louis d'or daté de 1691, avec blason du Royaume de France au revers
Malgré l’affaiblissement du royaume, lié au coût des campagnes militaires, Louis XIV approuve le testament de Charles II et provoque la guerre de Succession d’Espagne. Cette fois, le conflit, qui prend fin avec le traité d’Utrecht en 1713, finit de vider les coffres du pays.

Après plus d’un demi-siècle de rayonnement, le royaume sombre peu à peu. Afin d’assurer la succession au trône, le roi a décidé de légitimer ses enfants bâtards, qu’il a notamment conçus avec Mme de Montespan. La mort du Grand Dauphin, en 1711, suivie de celle de son petit-fils, le duc de Bourgogne l’affecte profondément et complique la situation. Après plusieurs jours d’agonie, Louis XIV s’éteint en 1715 à l'âge de 72 ans. C’est finalement son arrière-petit-fils de cinq ans, le duc d’Anjou, qui accède au trône, sous la régence du duc d’Orléans.
portrait de Louis XIV avec le manteau de sacre,  par Hyacinthe Rigaud (1702) -
Musée du Château de Versailles.

Au cours d’un règne personnel de 54 ans, Louis XIV a su apporter à la France un immense prestige au sein de l’Europe. Malgré les guerres et les crises financières, il s’est toujours efforcé de protéger et d’enrichir son royaume, tant sur le plan économique, géographique que culturel. Le "Roi-Soleil", grand monarque absolu, laisse le souvenir d’une France rayonnante, comme en témoigne le splendide château de Versailles.

Voici quelques autres exemples de la trace du Roi-Soleil directe ou indirecte dans l'Héraldique municipale française, mais pas seulement en France. Ce n'est qu'un échantillon. :

armoiries de la ville de
Mont-Louis (Pyrénées-Orientales)
Ce blason est parti, aux armes de France et de Navarre
et sommé (timbré) d'une couronne d'or.
(avec une erreur : les fleurs de lys devraient être d'or)
La ville de Mont-Louis est une des neuf villes fortifiées
créées ex-nihilo par Vauban à partir de 1679 pour protéger la
nouvelle frontière avec l'Espagne suite au Traité des Pyrénées (1659).
La cité est baptisée d'un nom dédié au roi Louis XIV et
ses armoiries sont celles du Royaume de France. Située à 1600 m.,
Mont-Louis est toujours la forteresse la plus haute de France.
vue aérienne de la citadelle de Mont-Louis édifiée par Vauban inscrite
 sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO
armoiries de la ville de
Neuf-Brisach (Haut-Rhin)
Ces armoiries ont été créées au XIXe siècle.
Le soleil et la fleur de lis évoquent Louis XIV qui a
 fait  bâtir ce village fortifié par Vauban en 1698/1706
 pour défendre l'Alsace récemment conquise, situé face
 à  Vieux-Brisach de l'autre côté du Rhin (aujourd'hui :
Breisach am Rhein,  en Allemagne). On a parfois
 donné un mauvais blason à Neuf-Brisach à cause de
  l'Armorial Général de France qui  a attribué des armoiries
 à Vieux-Brisach restée quelque temps française avant que
 la ville soit  rendue  à l'Empire germanique en 1700.
 (en  application du Traité de Ryswick) voir ci-dessous.
source texte : Archives départementales du Haut-Rhin
armoiries de la ville de
 Saint-Louis (Haut-Rhin)
ces armoiries créées vers 1901/1902 pour orner un vitrail du  tribunal cantonal de Mulhouse, ont été choisies en souvenir de Saint Louis dont la ville porte le nom, et de Louis XIV qui lui avait donné ce nom par ordonnance du 28-11-1684, lors de  sa création. On s'était
inspiré des  armes royales "d'azur à trois  fleurs de lys d'or"
(L'Alsace est en 1902, sous administration du Reich allemand),
mais on a commis une erreur en mettant sur des lys d'argent
 juste un trait d'or au lieu de lys tout entiers d'or. Par la suite
ces armoiries aux lys d'argent sont devenues  officielles pour
la commune, mais sans les traits d'or erronés.
source texte : Archives départementales du Haut-Rhin 
armoiries de la ville de (Vieux-) Brisach dans l'Armorial Général de France (1696/1711), Généralité d'Alsace, page 28. Aujourd'hui cette ville s'appelle Breisach am Rhein, et est située dans le land de Bade-Wurtemberg, en Allemagne
le site du village fortifié de Neuf-Brisach : autre chef-d’œuvre de l'architecte Vauban
.
armoiries actuelles de la ville de
Saarlouis (Sarre -Allemagne) 
le soleil symbole de Louis XIV ci-contre,  est resté,
accompagné d'une nuée d'argent à dextre et de la devise :
 "DISSIPAT ATQUE FOVET"
qui signifient que la puissance et la sagesse du roi Louis XIV
(le soleil)  dissipent les craintes, les  inquiétudes (les nuages)
 et réchauffe la terre de son rayonnement.
anciennes armoiries (1683) de la ville de Sarre-Louis
  (ancien département de la Moselle)
fondée sous Louis XIV et portant son nom, fortifiée par
 Vauban pour protéger les territoires de la Lorraine
 récemment acquis. (aujourd'hui : Saarlouis est dans le
 land de Sarre en Allemagne).
 Le soleil d'or est montré mouvant du flanc et de la pointe
 senestre sur un champ de gueules, au chef de France.
Armes reprises en 1815 par lettres patentes au nom du roi
 Louis XVIII (période de la Restauration).
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armoiries de la ville de  Saint-Vit (Doubs)
adoptées en 1985 : "De gueules à la bande d'argent
chargée d'une lionne bondissant de sable accompagnée
d'un soleil d'or mouvant de l'angle du chef et, en pointe,
d'une roue à six rais aussi d'or". Ces armoiries symbolisent
le martyre de saint-Vit : le feu, le sang, la roue. La lionne
 est une interprétation  plus moderne et dynamique rappelant
 le lion des armoiries  de la Franche-Comté. Le soleil,
 symbole du roi Soleil  rappelle son passage ici le 25 mai 1674,
 lors d'opérations militaires en Franche-Comté et 
 un peu avant le rattachement définitif  de la  Franche-
Comté à la France en 1678  (Traité de Nimègue).
armoiries de la ville de Versailles (Yvelines)
curieusement le blason de cette ville, tellement emblématique
 de l'Ancien Régime aurait été créé en septembre 1789 ! soit
 quelques semaines après la Prise de la Bastille à Paris et
quelques mois avant la suppression de l'usage des armoiries
 par l'Assemblée Constituante,  le 19 juin 1790.
 Le champ d'azur à trois fleurs de lys d'or évoque bien
entendu la royauté installée ici dans le Palais de Versailles
 par la volonté de Louis XIV. Le coq bicéphale en chef a
 suscité de nombreuses interprétations ; on suppose qu'il s'agit
 d'un symbole de vigilance, dirigé sur deux fronts...
Ces armoiries ont été ré-officialisées par la municipalité en 1944.






Sites intéressants sur les commémorations du Tricentenaire :
-  www.chateauversailles.fr/annee-louis-xiv
-  presse.chateauversailles.fr
-  www.saintgermainenlaye.fr/loisirs/tricentenaire-louis-xiv
-  www.marlyleroi.fr
-  www.facebook.com/yannsinclair




                        Herald Dick
 

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