mardi 10 mars 2015

Capitales du monde : Belgrade

 R etour à la série de monographies consacrées aux emblèmes des capitales d'états, commencée il y a maintenant plus de deux ans. Nous revenons en Europe pour étudier un blason qui va nous faire voyager à travers les siècles. Les capitales des pays balkaniques sont peu proposées dans les circuits touristiques européens, à la différence de leurs célèbres voisines telles que Vienne, Budapest ou Prague. Pourtant Belgrade figure parmi les plus anciennes cités d'Europe et mérite davantage d'intérêt. Alors, allons-y !...  


   En Serbie, depuis 1991, et l'éclatement de l'ex-Yougoslavie communiste, l'héraldique territoriale est encadrée par la Српско хералдичко друштво (Société d'Héraldique Serbe). Elle a une fonction purement consultative, pour aider et conseiller les demandeurs, mais n'a aucune autorité sur la création héraldique du pays. 
  En règle générale, les villes, villages ou districts de Serbie peuvent avoir jusqu'à quatre niveaux d'armoiries :  petites armoiries (écu simple) , moyennes armoiries, grandes armoiries et drapeau.
  Ces dispositions sont assez bien respectées dans les villes principales ou moyennes du pays et font de cet "arsenal" héraldique complet, un modèle du genre en Europe, qu'on aimerait voir développé ailleurs.
 

Je vous propose un historique plus détaillé du blason de Belgrade dans le bas de cette page.
 Le blason, sous sa forme actuelle, dite "écu en plastron ou polonais", a été commandé en 1931 par le biais d'un concours et un cahier des charges précis, par le maire de Belgrade du moment : Milan Nešić :
visuel graphique du site internet de la Ville
1. Le blason de Belgrade doit être en forme de bouclier, légèrement pointu en pointe.
2. Les éléments du blason seront : les couleurs nationales, une rivière - comme un symbole de puissance primordiale de Belgrade, une galère romaine (trirème) - comme un symbole de l'ancienneté de Belgrade, des murs blancs avec une tour et une porte ouverte - Les murs représentent la fondation, la tour représente la ville, et la porte ouverte représente la libre communication.

3. Le sol entre les rivières et les murs sera rouge, comme un symbole de sang, pour la souffrance éternelle de Belgrade; les rivières seront blanches selon les lois de l'héraldique; les murs et la tour seront blancs, comme un symbole de la «ville blanche» (Le nom de Belgrade - Beograd signifie littéralement «la ville blanche»); le ciel est bleu, comme un symbole de foi et d'espoir pour un avenir meilleur.
source textes : site de la ville / http://www.beograd.rs

 La proposition gagnante a été soumise par l'artiste peintre serbe Đorđe Andrejevic Kun, également auteur des emblèmes de la Yougoslavie après 1945.
Les armoiries sous cet aspect sont restées en utilisation continue jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Pendant la période de la Fédération yougoslave communiste, de 1945 à 1991, quelques modifications ont été apportées sans pour autant gravement dénaturer le blason de 1931 (voir plus bas). Mais rabaissé au statut d'emblème, et en l'absence de dispositions prises pour réglementer son utilisation, il tiendra davantage du logo pendant toutes les années précédant l'éclatement de la Yougoslavie en 1991.

L'utilisation des armoiries de Belgrade rétablies depuis dans leur aspect initial, a été modifiée et réglementée en 2003 :

• Petites armoiries :
Le blason reprend le dessin issu de la conception originale par Đorđe Andrejevic Kun. Il se compose d'un écu simple.



• Moyennes armoiries :
  Les moyennes armoiries sont identiques aux petites, mais avec l'ajout d'une couronne murale d'or placée en timbre. La couronne dispose de cinq merlons / quatre créneaux, et un diadème avec cinq gemmes. Selon les normes de la Société d'Héraldique serbe, cette couronne murale avec cinq éléments n'appartient qu'à la capitale, et le diadème avec les joyaux appartient aux capitales historiques.

• Grandes armoiries :

 Les plus grandes armoiries se composent d'un aigle bicéphale d'argent, avec des serres et un bec d'or, serrant l'une une épée d'argent garnie d'or, l'autre un rameau d'olivier de sinople. L'aigle est un symbole de l’État serbe, et est compatible avec le blason national de la Serbie. Sur la poitrine de l'aigle sont les armoiries de Belgrade, qui conforte son statut de capitale, et au-dessus des têtes de l'aigle est placée la couronne murale des moyennes armoiries. L'aigle est soutenue par deux branches de chêne d'or, qui représentent les vertus civiques, et sur le point où elles se croisent sont fixées les premières armoiries connues de Belgrade, qui résument l'histoire héraldique de la ville. L'épée et la branche d'olivier illustrent la faculté d'être prêt au combat pour se défendre, et à coopérer dans la paix. Brochant sur les branches de chêne sont disposées des décorations données à Belgrade, dans leurs couleurs naturelles, et avec des rubans appropriés. Ils représentent le passé glorieux et les mérites des citoyens de Belgrade.



Ancien blason attribué à Belgrade
 devenu le blason du "vieux Belgrade"
(actuelle municipalité de Stari Grad)
vignette des albums Cafés Hag - 1939

Croix de la Légion d'Honneur
Ordre de l'étoile de
Karageorge,
Ordre du Héros national,
Croix de guerre tchécoslovaque



Les quatre médailles sont:    
  1.    la Légion d'honneur, fondée le 19 mai 1802, par Napoléon Bonaparte, qui est la plus haute décoration de la France. Elle a été attribuée à Belgrade en 1920, par Louis Franchet d'Esperey, maréchal français, et duc d'honneur de l'armée serbe. Seules quatre villes hors de France ont reçu cette médaille: Belgrade, Liège, Luxembourg et Stalingrad. Elle a été décernée à Belgrade en reconnaissance de la défense glorieuse de la ville au cours de la Première Guerre mondiale
  2.   Ordre de l'étoile de Karađorđe (Karageorge), décernée à Belgrade le 18 mai 1939. L'ordre a été fondé avec quatre grades par le roi Petar I (Pierre 1er) de Serbie le 1er Janvier 1904.
  3.   Ordre du Héros national, décernée à Belgrade le 20 Octobre 1974.
  4.   Croix de guerre tchécoslovaque, décerné à Belgrade le 8 Octobre 1925, instituée par le gouvernement tchécoslovaque. Elle a été donnée pour le courage, et la détermination dans la lutte contre l'ennemi pendant la Première Guerre mondiale.

• Drapeau :
C'est une bannière aux armes de Belgrade, de forme parfaitement carrée.

        






26 - Belgrade


Belgrade,  Београд (Beograd), qui signifie "la  ville blanche" en serbe, est la capitale de la Serbie.

Population  :  1 233 796  hab. (estimation 2011) ; agglomération : 1 659 440 hab. (2011)

 Située au confluent du Danube et de la Save, Belgrade jouit d’une position géographique stratégique. Gardienne de la péninsule Balkanique et porte de l’Europe centrale, elle est située à l’intersection des routes qui relient l’Europe de l’Est à l’Europe de l’Ouest et qui mènent, le long du couloir de la Morava, aux rives de la mer Égée. Belgrade est en outre sur la voie fluviale reliant la mer du Nord à la mer Noire.
  Au cœur d'une région minière recelant des gisements de charbon et de plomb, Belgrade est un centre industriel : constructions mécaniques, équipements électriques, industries chimiques, pharmaceutiques, alimentaires et textiles. Nœud routier et ferroviaire, la ville est également un centre commercial important, doté d’un port fluvial actif et d’un aéroport international.
  La ville de Belgrade est dominée par le promontoire de Kalemegdan, qui, juste au-dessus de la jonction du Danube et de la Save, est en grande partie occupé par une forteresse érigée dès l’époque romaine ; aucune fortification originale ne subsiste, les fortifications actuelles ayant été bâties par les Autrichiens au début du XVIIIe siècle. Maintes fois détruite au cours des siècles, jusqu’aux importantes destructions dues aux bombardements de l’OTAN de 1999, Belgrade possède peu de monuments anciens. La vieille ville, qui s’anime autour du quartier de Terazije et de la place de la République, abrite la cathédrale orthodoxe de style baroque (milieu du XIXe siècle) et le patriarcat (1934-1935) — Belgrade est en effet le siège du patriarcat orthodoxe serbe. Après la Seconde Guerre mondiale, la ville s’est étendue sur la rive gauche de la Save pour former le quartier de Novi Beograd (la « nouvelle Belgrade ») ; on y trouve des zones résidentielles modernes, des complexes industriels et des bâtiments universitaires et officiels.
la vieille ville de Belgrade (Stari Grad)  au bord du Danube
 Fondée par les Celtes au IIIe siècle av. J.-C., puis place forte romaine sous le nom de Singidunum, la ville subit les invasions barbares (Huns, Sarmates, Goths) et passe finalement sous domination byzantine. En raison de sa position stratégique sur la route reliant Constantinople à Vienne, elle est, pendant tout le Moyen Âge, l'enjeu de luttes d'autant plus vives que, située sur un promontoire, elle offre un point d'accès au Danube. Du XIIe au début du XVIe siècle, elle passe tour à tour entre les mains des Byzantins, des Bulgares, des Serbes et des Hongrois.
  Les Turcs font la conquête de la ville en 1521 et la baptisent Darol-i-Jehad (« la maison des guerres de la foi »). À partir de 1688, les Autrichiens et les Serbes ne cessent de se disputer la cité. Au début du XIXe siècle, les nationalistes serbes se révoltent contre l'occupant et obtiennent après plusieurs décennies de luttes, la réinstallation et l'autonomie d'une Principauté de Serbie, dont Belgrade devient la capitale à partir de 1838. En 1867, la dernière garnison turque finit par évacuer Belgrade, qui perd peu à peu son allure orientale. En 1882, la Serbie devient un Royaume indépendant. Pendant la Première Guerre mondiale, les troupes autrichiennes occupent la ville à deux reprises.
  En 1919, Belgrade devient la capitale du nouveau royaume des Serbes, des Croates et des Slovènes, rebaptisé royaume de Yougoslavie en 1929. Les troupes allemandes l'occupent pendant presque toute la Seconde Guerre mondiale. Libérée par les partisans de Tito en octobre 1944, Belgrade est choisie comme capitale de la nouvelle Yougoslavie communiste et fait l’objet, comme l'ensemble du pays, des profondes transformations induites par le régime. À l’issue de l’éclatement de la République socialiste fédérative de Yougoslavie, la ville devient la capitale de la République fédérale formée en 1992 par la Serbie et le Monténégro. Elle subit, en 1999, les bombardements menés par l’OTAN lors de la crise du Kosovo.  Elle n'est plus, à la suite de l'indépendance du Monténégro en 2006, que la capitale de la seule République de Serbie.



Le blason de Belgrade, une existence virtuelle pendant cinq siècles :
Timbre de Yougoslavie émis en 1952 reprenant une gravure ancienne et
montrant la ville médiévale fortifiée avant sa destruction par les Ottomans.
Les armoiries sont celles de 1945, surmontées de l'étoile rouge communiste.
le sceau du XVe siècle de la ville
 reconstitué (c'est le mot en serbe inscrit dessous)
 par un dessinateur nommé Milos Ćirić.
L'inscription en cyrillique est orthographiée :
 ГРАДЪ БЕЛИГРАД (GRAD BELIGRAD)
  Durant la période médiévale, la Serbie était une principauté, érigée en Royaume et même en Empire indépendant à une certaine époque (XIIIe/XIVe s.). Puis en 1371 le royaume sera éclaté en plusieurs principautés. L'une d'elle sera dirigée par le Prince "Despote" (c'est son titre) Stefan Lazarević de 1389 à 1427 qui fera de Belgrade sa capitale en 1403. C'est à ce moment que selon un chroniqueur et biographe du nom Constantin de Kostenetse , relaté dans son livre "La vie du despote Stefan Lazarevic",un premier sceau aurait été accordé à la ville de Belgrade, mais il n'a pas été déterminé avec certitude à quoi il ressemblait. On pense qu'il s'agissait d'une représentation des fortifications de la ville, une image classique à l'époque, pour un grand nombre de cités ayant obtenu le statut de "ville",  indépendantes du pouvoir du seigneur ou du monarque local.  
  La ville fortifiée de Belgrade, dernier rempart contre l'Empire ottoman en pleine expansion en direction du Nord : le Royaume de Hongrie et Vienne, finira par capituler après plusieurs sièges. Elle sera prise et rasée par les turcs en 1521. Elle va demeurer sous gouvernement turc pendant 150 ans. Reconstruite, elle va redevenir  florissante, et prendra un aspect oriental, et au XVIIe siècle elle sera même la seconde ville en importance de l'Empire ottoman, derrière Istanbul. Pendant toute cette période d'occupation, la ville n'aura plus officiellement de symbole particulier, les turcs n'en utilisant pas, hormis ceux du pouvoir central et du commandement militaire.
 Néanmoins, les armoriaux manuscrits élaborés dans les royaumes et principautés voisins, lui attribuent des armoiries qui sont parmi les plus anciennes connues, comme par exemple la Hongrie en 1555 (voir ci-dessous, à gauche).
 
blason de Belgrade, gravure, détail
 Fugersko Ogledalo Casti (Hongrie - 1555)

blason de Belgrade, enluminure, Armorial de Valvasor (1687/1688)
détail du folio 302, dans la partie consacrée aux villes de l'Empire

 Cet écu : "coupé crénelé de gueules et d'argent, avec une tour sommant le merlon central accompagnée de deux croix patriarcales du même émail sur les deux autres merlons, et deux fasces de gueules en pointe", ces dernières rappelant le blason ancien de la Hongrie, ont été réintroduites dans les emblèmes de la municipalité de Stari Grad (qui signifie : la Vieille Ville) de Belgrade, au XXe siècle, comme nous l'avons déjà évoqué plus haut. La ville de Belgrade a donc la particularité de voir se côtoyer aujourd'hui son blason ancien et son blason moderne dans les quartiers de l'ancienne cité.
grandes armoiries de la municipalité actuelle de Stari Grad, à Belgrade
le drapeau de gauche se réfère au chef-lieu de district : la Ville de Belgrade
qui est composée de 17 municipalités (comme les arrondissements à Paris) .

proposition d'armoiries pour
Belgrade en 1895 : effigie
 de Saint Sava, premier
archevêque de la Serbie
  Au cours du XIXe siècle, lorsque la domination turque se détricote lentement, sous l'influence et l'action du nationalisme serbe, la ville de Belgrade ne possède toujours pas d'emblème officiel spécifique. Pourtant elle est devenue la nouvelle capitale de la Principauté autonome de Serbie en 1838. Cette situation perdure encore quand la Serbie devient un Royaume indépendant en 1882 et ce jusque en 1918. Les services de la ville utilisent les armoiries nationales sur les actes municipaux. 

 A un moment donné, les grands dictionnaires encyclopédiques européens de la fin du XIXe /début XXe siècles ( Meyers, Brockaus, Britannica, Larousse, etc..) très en vogue dans les milieux intellectuels et aisés, ont cherché à combler l'absence d'armoiries de certaines grandes villes par des illustrations héraldiques purement apocryphes (voir Athènes).   
 La ville de Belgrade s'est dont vu attribué des blasons avec tours donjonnées ou des châteaux, sur un mont, illustrant l'origine militaire et topographique du site. C'est le cas par exemple pour les éditions allemandes du Brockhaus Conversations Lexikon.

blason attribué à Belgrade chez Brockhaus' Kleines Konversations-Lexikon (1911)
projet de 1914 dont il n'existe pas de dessin,
reconstitué par le dessinateur  Milos Ćirić.

la tour Nebojsa sur le site de la forteresse de Kalemegdan  
 Ce n'est qu'en 1914, qu'un projet d'armoiries municipales est soumis : 
(traduction de la description originale en serbe)
  "Le blason de la Municipalité de Belgrade se compose de deux parties: les 2/5 inférieurs et 3/5 supérieurs de l'ensemble des armoiries terminées par une pointe en arc brisé.  Dans la partie inférieure nous voyons les murs du château romain de Singidunum, et à ses pieds, sur la rivière, une nef romaine (trirème), avec des voiles latines.  Dans le champ supérieur : la tour Kula Nebojša située dans la ville basse, sous sa forme datant du Moyen Age, surmontée par une aigle blanche à deux têtes sans couronne, entourée de rayons lumineux sur tous les côtés."
  Mais le déclenchement de la Première Guerre Mondiale va renvoyer ce projet aux oubliettes.

source info et images : http://www.heraldikasrbija.rs/sr-4/

Le blason de Belgrade : date de naissance officielle, en 1931.

le modèle gagnant de 1931 avant retouches,
reconstitué par le dessinateur  Milos Ćirić.
le blason définitif (actuel)
 Et donc nous en arrivons au concours de 1931 lancé par le maire de Belgrade, Milan Nešić, avec les instructions énumérées au début de ce sujet. C'est  Đorđe Andrejevic Kun qui a remporté la compétition face à 56 autres propositions. Et après quelques petites retouches imposées par le jury d'évaluation, le blason a été adopté en délibération du Conseil municipal le 10 décembre 1931, confirmé par le Ministère de l'Intérieur du Royaume de Yougoslavie le 15 décembre 1931. 
 Enfin, une des dernières grandes capitales européennes de l'époque possède ses armoiries !
 le blason de Belgrade 
vignette des albums Cafés Hag - 1939
 le blason de Belgrade - dessin de Jiri Louda
"les Blasons des villes d'Europe (1972)
écusson plastifié, cadeau publicitaire de la
marque Danone (années '70)

 le blason de Belgrade
version communiste  - 1945
le dessin original est encore respecté;
seul rajout : l'étoile rouge (de Belgrade)*

(*) les amateurs de foot auront reconnu l'allusion
illustration sur boîte d'allumettes de la marque
Šibice Dolac (Yougoslavie)
 Et puis la Seconde Guerre mondiale survient, la Yougoslavie est envahie en 1941 et occupée par l'Allemagne nazie. Elle sera libérée par elle-même, en 1944/1945, malgré les dissensions ethniques et nationalistes internes, déjà fortes, par les forces communistes intérieures dirigées par Josip Broz dit "Tito". Le pays restera uni dans le communisme avec cet homme, sous l'appellation de "République fédérative socialiste de Yougoslavie", tout en gardant une certaine distance avec Moscou, jusqu'en 1991. 
  Dès 1945, notre tout jeune blason de Belgrade, qui est toujours la capitale du nouveau régime, va subir quelques modifications et même disons-le : altérations, sans qu'aucune validation n'ait été transcrite sur des documents officiels. L'héraldique des états communistes ne bénéficiait pas vraiment de cadre réglementaire. Il s'en suit une succession d'emblèmes (on n'ose plus parler d'armoiries) passés à la moulinette de la mode graphique du moment ! Première altération : la forme de l'écu, qui passe au modèle arrondi de type espagnol, mais en plus allongé. 



 La philatélie et les objets de collection nous aident dans l'appréciation du phénomène.

la statue du "Vainqueur", allégorie  du sculpteur
Ivan Meštrović (1883-1962), posée
sur une colonne dominant la forteresse de Belgrade



armoiries parues dans "le Grand Livre de
 l'Héraldique" d'Ottfried Neubecker (1977)
la caution malheureuse du maître !
blason de Belgrade en 1960

Réunion de la Conférence pour la Sécurité et la Coopération Européenne à Belgrade en 1977 ( bloc-feuillet de Hongrie)
célébration du 40e anniversaire de la libération de Belgrade en 1984

le blason de Belgrade en 1990



Le blason de Belgrade restauré en 1991  

  La Yougoslavie vient d'éclater, la Slovénie, la Croatie ont déclaré leur indépendance et provoqué la guerre avec le bloc serbe, qui va s'intensifier avec le problème de la Bosnie-Herzégovine. Mais le nom de Yougoslavie demeure encore pour quelques années. L'Assemblée de la ville de Belgrade désigne un groupe de travail pour statuer sur le sort du blason de Belgrade, malmené pendant la période communiste 1945/1990. Finalement, après quelques propositions rejetées pour modifier à nouveau le dessin, le blason de 1931 est restauré dans son état initial. Il fera l'objet de déclinaisons en moyennes et grandes armoiries, ainsi qu'un drapeau municipal (voir au début du sujet), dont l'utilisation de toutes ses formes est codifiée dans le Journal Officiel en 2003. Une charte graphique est disponible sur le site internet de la ville pour ceux qui veulent utiliser les armes de la ville, quel que soit le support : physique ou électronique, et qui lisent le serbe ! ( voir ici → )


le blason et le nom de Belgrade en bordure d'une autoroute urbaine.



le drapeau de la Ville de Belgrade flotte au sommet du site de la Forteresse de  Kalemegdan
emblème de l'Université de Belgrade
Émission philatélique pour le 70e anniversaire de la Libération de Belgrade en 2014
Club de football : OFK Belgrade
dont le logo réutilise le blason de la ville




Exceptionnellement, il y aura un deuxième volet à ce dossier.. En effet, nous l'avons entraperçu avec les armoiries de Stari Grad (la Vieille Ville), la ville de Belgrade est composée de 17 entités administratives appelées "municipalités" et toutes sont pourvues de magnifiques armoiries qu'il serait dommage de ne pas vous montrer ...



Belgrade, ailleurs :
Le titre peut paraître étrange, mais cela s'explique. En effet le nom de la ville de Belgrade a été donné en hommage par les pionniers qui les ont fondées, à plusieurs villes ou localités en Amérique du Nord et plus particulièrement aux U.S.A. 
source info : https://serbiathroughamericaneyes.wordpress.com/2012/06/16/belgrade-usa-how-many-exist-2/

Belgrade, Montana
Belgrade, Minnesota



Belgrade, Maine
Belgrade, Nebraska
Belgrade Lakes, Maine
Belgrade et sa voisine...  Amsterdam, Missouri
Belgrade, Texas, village abandonné après la Guerre de Sécession

Et il y a encore une ville portant aussi le nom de Belgrade, en Caroline du Nord ...




capitale précédente  →   Basseterre
capitale suivante     →     Belgrade II (municipalités)


&

 













Bonus track :

Pour les curieux, voici quelques-unes des propositions non retenues par la Commission d'évaluation de la ville de Belgrade, en 1931. Et vous, vous auriez choisi lequel ?
 source info et images : http://www.heraldikasrbija.rs/sr-4/




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