samedi 20 janvier 2018

Albums à vignettes Sanka #12 : Anjou, Maine, Touraine, Orléanais et Berry

Cet article constitue la suite de ma base d'archives de ma rubrique "Sanka" que vous pouvez consulter dans les onglets en haut ce la page d'accueil . Je rajouterai au fil de l'eau de nouvelles séries, région par région , mais afin de ne pas générer un temps de chargement trop long sur votre ordinateur, je mettrai l'accès aux anciennes pages par un lien vers ces archives , voilà pour le procédé ...
 


Pour rappel , ces albums de vignettes héraldiques étaient une création des célèbres Cafés Sanka qui ont démarré vers 1933 et duré jusqu' à la Seconde Guerre mondiale. Cette marque était une filiale de la firme allemande Café Hag , fondée en 1906 . Seulement 6 albums intitulés "la France Héraldique" ont été édités pour la France, alors que 40 étaient prévus initialement, mais la guerre a malheureusement mis fin au projet .

 Douzième volet de cette thématique nostalgique (voir tout en bas de cette page pour accéder aux anciennes séries).
   Nous allons découvrir les feuillets qui correspondent à cinq anciennes provinces de l'ouest et du centre de la France: l'Anjou, le Maine, la Touraine, l'Orléanais et le Berry, qu'on nomme plus généralement les Pays du Val de Loire. Aujourd'hui ces provinces font partie des régions administratives Pays-de-la-Loire et Centre-Val-de-Loire. Nous allons détailler en tout  9 départements:  Maine-et-Loire, Mayenne, Sarthe, Indre-et-Loire, Loir-et-Cher, Eure-et-Loir, Loiret, Cher et Indre.
   Sur la carte ci-dessous, qui provient aussi de l'album et que j'ai délimitée et adaptée pour l'éclairage du sujet, les sept départements forment un ensemble géographique et historique cohérent. En effet l'Orléanais et le Berry comptent parmi les plus anciennes provinces (duchés) rattachées à la couronne de France. L'Anjou est arrivé à la fin du XVe siècle, le Maine et la Touraine à la fin du XVIe siècle. Sous la Révolution française au moment de la création des départements, en 1790, les contours de ceux-ci ont globalement suivi les limites des anciens comtés et duchés constitutifs (voir la carte ci-dessous). Exception faite de l'Eure-et-Loir composé de morceaux de Maine, d'Orléanais et d'Île-de-France, le Cher qui est un agrégat de Berry, d'Orléanais et de Bourbonnais, ou la Mayenne, la Sarthe coupées en deux de Maine et d'Anjou, etc...  
 Chaque page rassemble les blasons de neuf villes les plus représentatives de chaque département. Je n'ai pas mis le texte des pages intermédiaires qui donne une description succincte de chaque ville, mais sans intérêt pour l'héraldique. En-dessous de chaque page, des liens permettent de comparer avec le blason actuel, le cas échéant.



La plupart de ces blasons sont toujours en vigueur à quelques petits détails près :
(cliquez sur le nom de la ville pour voir le blason actuel)
  • Beaufort-en-Vallée : le lion n'est pas contourné, mais est couronné, armé et lampassé de gueules.
  • Durtal : le blason est un peu différent aujourd'hui (quartiers 2 et 3 d'azur à la barre d'argent). Le blason montré ici est celui créé par Charles d'Hozier pour son Armorial Général de France (édit de 1696).
  • Pouancé : le blason est différent aujourd'hui (quartiers 1 et 4 d'or au pal de sinople et quartiers 2 et 3 à la barre d'or), d'après celui créé par Charles d'Hozier pour son Armorial Général de France (édit de 1696).





  Ce blason aux fûts de canons posés en sautoir est une version ancienne des armoiries de la province du Maine, enregistrées par Charles d'Hozier pour la constitution de l'Armorial Général de France (édit de 1696, voir → ICI). Les véritables armoiries historiques, consécutives au rattachement à la couronne de France, sont davantage connues sous leur version fleurdelisée : ICI



Pour cette série, juste une divergence notable :




Pour cette série, plusieurs différences avec les blasons actuels :
  • La Flèche : blason remplacé, mix entre le blason actuel et ceux créés par Charles d'Hozier pour son Armorial Général de France (édit de 1696).
  • La Ferté-Bernard : le chef d'azur est chargé de fleurs de lis d'or.
  • Le Lude : le blason est différent aujourd'hui (d'azur à la croix engrêlée d'argent.). Le blason montré ici est celui créé par Charles d'Hozier pour son Armorial Général de France (édit de 1696).
  • Mamers : Dans le quartier supérieur, le lion n'est pas passant mais rampant.
  • Sablé-sur-Sarthe : blason remplacé




Pour cette série, quelques changements notables :
  • Bléré blason différent, celui-ci est une variante.
  • Chinon : les châteaux et les fleurs de lis sont ordonnés différemment
  • Langeais : blason différent, celui-ci est une variante.
  • Loches : blason différent, celui-ci est une variante.
  • Tours : les tours sont "essorées" (couvertes d'un toit) de gueules.





Pour cette série encore, quelques divergences et changements :
  • Mondoubleau  :  le blason est différent aujourd'hui ( deux interprétations de la figure du monde héraldique). Le blason montré ici est celui créé par Charles d'Hozier pour son Armorial Général de France (édit de 1696).
  • Montoire : blason remplacé
  • Saint-Aignan : blason remplacé
  • Savigny-sur-Braye : blason remplacé





Pour cette série, de nouvelle différences ou modifications :





Pour cette série encore, quelques divergences et évolutions :
  • Ferrières-en-Gâtinais : blason remplacé (provient de l'abbaye de Ferrières) , celui qui est montré ici est une variante ancienne vue sur l’Armorial de la Planche (voir → ICI)
  • Gien : le chef de gueules a été supprimé, le blason qui est montré ici est une variante ancienne vue sur l’Armorial de la Planche (voir → ICI)
  • Montargis : les initiales MLF sont maintenant d'argent





Pour cette série encore, quelques divergences et changements :
  • Aubigny-sur-Nère  :  le blason est différent aujourd'hui. Le blason montré ici est celui enregistré par Charles d'Hozier dans son Armorial Général de France (édit de 1696, voir → ICI).
  • Lignières : le champ est d'or. Le blason montré ici est celui enregistré par Charles d'Hozier dans son Armorial Général de France (édit de 1696)
  • Sancerre : le champ est désormais d'azur. Le blason qui est montré ici est une variante ancienne vue sur l’Armorial de la Planche (voir → ICI)
  • Saint-Amand-Montrond : blason remplacé.
  • Vierzon : le champ est d'azur, la tour parfois penchée (en bande)





Pour cette dernière série, une seule divergence notable :

.


Pour d'autres régions  revenir à la page d'origine : Sanka


      HD 


Angers  Baugé Bauge Beaufort en Vallée Vallee Cholet Durtal Montreuil-Bellay Montreuil Bellay Pouance Segré Segre Saumur
Ambrières Ambrieres Craon Ernée Ernee Evron Lassay Laval Mayenne Saint St Ouen des Toits St-Ouen-des-Toits Saint-Ouen-des-Toits Ballon Bonnétable Bonnetable La Ferté-Bernard La Ferte Bernard Le Lude Le Mans Mamers Sablé-sur-Sarthe Sablé Sable sur Sarthe Saint-Calais St Saint Calais  Amboise Bléré Blere Châteaurenault Chateaurenault Chinon Langeais Loches Neuvy-le-Roi Neuvy le Roi Richelieu Tours  Blois Mondoubleau Montoire-sur-le-loir Montoire Morée Romorantin-Lanthenay Romorantin Saint-Aignan St Saint Aignan Savigny-sur-Braye Savigny sur Braye Selles-sur-Cher Selles sur Cher Vendôme Vendome Authon du Perche Bonneval Châteaudun Chateaudun Chartres Dreux Janville La Bazoche-Gouet La Bazoche Gouet Nogent-le-Rotrou Nogent le Rotrou Thiron-Gardais Thiron Gardais



lundi 15 janvier 2018

Top 10 des plus grandes villes d'Argentine avec leurs blasons

Voici un nouveau volet à cette série consacrée à la découverte de l’héraldique civique, à travers divers pays du Monde. Le principe du "Top xx" très répandu dans les médias et sur Internet, pour recenser ce qui est le plus remarquable dans un domaine particulier est ici adapté à cette thématique. Il nous permettra de découvrir ou réviser la géographie d'un pays choisi de manière aléatoire et dans le même temps de s'intéresser à sa diversité en matière de blasons et emblèmes municipaux.

  Nous profitons du passage du rallye Dakar se déroulant, malgré son nom, dans les pays d'Amérique du Sud, à la rencontre de celui qui est le plus souvent et le plus longuement traversé: l'Argentine.




Voici donc les 10 plus grandes villes, indépendamment de leurs agglomérations, en terme de population  (chiffres : 2010, dernier recensement ):


1 - BUENOS AIRES

- nom complet originel : Santísima Trinidad y Puerto de Nuestra Señora del Buen Ayre
capitale fédérale de la République d'Argentine et ville autonome (Ciudad Autónoma de Buenos Aires) -  2 890 150 habitants.

ancienneté de l'emblème d'origine : 1649
adoption sous cette forme logotypée : 2012

Cette ville avait été détaillée dans un précédent article sur les provinces d'Argentine  → ICI




2 - CÓRDOBA

capitale de la province de Cordoba (provincia de Córdoba) -  1 329 600 habitants.


ancienneté des armoiries : 1573

Cette ville avait été détaillée dans un précédent article sur les provinces d'Argentine  → ICI





3 - ROSARIO

- anciens noms : Villa del Rosario - Ciudad del Rosario - El Rosario de Santa Fe
ville de la province de Santa Fe (provincia de Santa Fe) -  948 310 habitants.


ancienneté de l'emblème d'origine : 1862

Cette ville avait été détaillée dans un précédent article relatif au Rallye Dakar  → ICI



4 - LA PLATA

capitale de la province de Buenos Aires (provincia de Buenos Aires) -  740 370 habitants.


ancienneté de l'emblème actuel  : 1882

Cette ville avait été détaillée dans un précédent article sur les provinces d'Argentine  → ICI



5 - MAR DEL PLATA

- nom de fondation originel : Puerto de la Laguna de los Padres
ville de la province de Buenos Aires (provincia de Buenos Aires) -  614 350 habitants.


ancienneté de l'emblème actuel  : ?




6 - TUCUMÁN / San Miguel de Tucumán

- nom complet originel : San Miguel de Tucumán y Nueva Tierra de Promisión
capitale de la province de Tucuman (provincia de Tucumán) -  527 610 habitants.


ancienneté des armoiries : 1898

Cette ville avait été détaillée dans un précédent article sur les provinces d'Argentine  → ICI



7 - SALTA

- nom complet originel : Ciudad de San Felipe y Santiago del Lerma en el valle de Salta
capitale de la province de Salta (provincia de Salta) -  535 300 habitants.


ancienneté de l'emblème d'origine  : 1788
adoption de l'emblème actuel : 1934

Cette ville avait été détaillée dans un précédent article sur les provinces d'Argentine  → ICI



8 - SANTA FE

capitale de la province de Santa Fe (provincia de Santa Fe) -  405 680 habitants.



ancienneté de l'emblème actuel  : 1894

Cette ville avait été détaillée dans un précédent article sur les provinces d'Argentine  → ICI



9 - CORRIENTES

- nom de fondation originel : Ciudad de Vera en el sitio que llaman de las Siete Corrientes provincia del Paraná y el Tape  
- autre ancien nom :  San Juan de Vera de las Siete Corrientes.
capitale de la province de Corrientes (provincia de Corrientes) -  346 330 habitants.


ancienneté de l'emblème actuel  : 1821

Cette ville avait été détaillée dans un précédent article sur les provinces d'Argentine  → ICI


10 - POSADAS

- nom complet originel : Trinchera de San José por el de Posadas
capitale de la province de Misiones (provincia de Misiones) -  319 470 habitants.

ancienneté de l'emblème actuel  : 1971

Cette ville avait été détaillée dans un précédent article sur les provinces d'Argentine  → ICI


très ancienne représentation des armoiries de
 Córdoba datée de 1573  et dessinée sur un
 procès-verbal du cabildo (conseil municipal)
 à l'époque des conquêtes espagnoles.
 Il est attribué à l'écrivain Francisco Torres.
 •  Il y a de fortes chances, après un examen rapide de cette page, que vous vous (ou me) demandiez : mais où est l'art héraldique dans tous ces dessins ?  Et vous avez entièrement raison : excepté celui de la ville n°2, avec ce curieux écu en forme de cuirasse d'armure, tous ces "escudos", terme espagnol signifiant "écu" ou "bouclier",  ne sont que des ... emblèmes, formés de tableaux surchargés, souvent paysagers, ou des logos, et qu'ils soient peints à la main ou dessinés à l'aide d'outils d'infographie. C'est, j'en ai déjà parlé dans ce blog à plusieurs reprise, une particularité de la plupart des pays d'Amérique latine, où, en matière d'héraldique nationale, territoriale et municipale, se côtoient le bon (rarement) et le moins bon (souvent), et parfois, le très mauvais goût, même pour qualifier de simples logos !
  Pourtant il existe dans ces pays quelques experts en héraldique (voir → ICI) et même des "instituts en héraldique" (→ ICI). Mais ces spécialistes n'ont aucun pouvoir de contrôle ni autorité sur les productions, juste un rôle de conseil,  et s'attachent surtout aux études d'armoiries familiales, nobiliaires, ecclésiastiques, ou sinon au relevé des archives historiques héritées de l'empire espagnol et des premières décennies de l'indépendance.
 Mais concernant les emblèmes des territoires, et surtout les petites entités administratives : partidos (arrondissements), municipios (communes) ou barrios (paroisses, quartiers), force est de constater que règne la confusion totale, l'anarchie, dans la création des emblèmes représentatifs, pourtant soumis à des concours publics, puis sélectionnés par des jurys "d'experts" et enfin adoptés en délibération par des assemblées d'élus. Les articles des gazettes que publie l' Instituto Heráldico de Buenos Aires le déplorent régulièrement, comme vous pouvez le lire sur cette capture d'écran :
Blasons.....  Emblèmes ??
l'auteur parle de "la situation erratique de l'héraldique institutionnelle argentine", de "la confusion entre art héraldique et
 emblématique" et que malgré "cette douloureuse réalité, il est toujours temps de rectifier".
© Instituto Heráldico de Buenos Aires
lien dans le texte :  ww w.clarin.com/capital_federal/barrios-portenos-escudo-propio_0_SyLBJylpvXl.html

  Mais peut-être que, par réaction, ou inconsciemment, la mentalité sud-américaine a souhaité se démarquer et tourner le dos aux symboles apportés par les anciens colonisateurs qui venaient tous d'Europe, et en particulier ici l'Espagne, pays où l'héraldique fait partie du paysage quotidien des citoyens.


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sources textuelles et documentaires (rien en français) :  
heraldicaargentina.com.ar/2-Comienzo.htm
heraldicaargentina.blogspot.fr/
institutoheraldico.es.tl/Instituto-Her%E1ldico-de-Buenos-Aires.htm
es.wikipedia.org/wiki
 etc...



Si vous désirez encore en savoir plus sur le pays : l'Argentine et ses emblèmes, c'est → ICI

A bientôt , pour un nouveau pays ...→ ICI


Et pour revoir le pays précédent ...  → ICI



          Herald Dick

vendredi 12 janvier 2018

Top 10 des plus grandes villes de Bolivie avec leurs blasons

Voici un nouveau volet à cette série consacrée à la découverte de l’héraldique civique, à travers divers pays du Monde. Le principe du "Top xx" très répandu dans les médias et sur Internet, pour recenser ce qui est le plus remarquable dans un domaine particulier est ici adapté à cette thématique. Il nous permettra de découvrir ou réviser la géographie d'un pays choisi de manière aléatoire et dans le même temps de s'intéresser à sa diversité en matière de blasons et emblèmes municipaux.

  Nous repartons en Amérique du Sud et, pour coller avec l'actualité, notamment avec un des trois pays que le rallye Dakar traverse en 2018: la Bolivie.






Voici donc les 10 plus grandes villes, plus exactement les plus grands municipios (communes) en terme de population, pour certaines séparément de leurs agglomérations urbaines (chiffres 2012, dernier recensement).




1 - SANTA CRUZ DE LA SIERRA

capitale du département de Santa Cruz (Departamento de Santa Cruz)  - 1 441 410 habitants


ancienneté des armoiries : 1636




2 - EL ALTO

ville de l'agglomération de La Paz, dans le département de La Paz (Departamento de La Paz)   - 842 380 habitants


ancienneté des armoiries : 1988

 


3 - LA PAZ

- nom complet originel : Nuestra Señora de La Paz
siège du gouvernement de la Bolivie, assimilée de fait à une capitale administrative, capitale du département de La Paz (Departamento de La Paz)  - 757 180 habitants



ancienneté des armoiries : 1555
modifiées ou augmentées, en 1822, 1876, 1883, 1893 et 1975 

Cette ville avait été détaillée dans un  article relatif au Rallye Dakar  → ICI 



4 - COCHABAMBA

- ancien nom colonial : Villa Real de Oropesa (1571- 1825)
capitale du département de Cochabamba (Departamento de Cochabamba)  - 630 590 habitants


ancienneté des armoiries : 1788




5 - ORURO

- ancien nom colonial : Villa Real de San Felipe de Austria (1606 - 1781)
capitale du département d'Oruro (Departamento de Oruro)  -  264 680 habitants


ancienneté des armoiries : 1606


Cette ville avait été détaillée dans le même article relatif au Rallye Dakar  → ICI

 

6 - SUCRE

- anciens noms : Charcas (période préhispanique, avant 1538),  Ciudad de la Plata de la Nueva Toledo (1538-1776),  Chuquisaca (1776-1825)La Ilustre y Heroica Sucre (1825)
capitale constitutionnelle de la Bolivie et du département de Chuquisaca (Departamento de Chuquisaca)  - 237 480 habitants



ancienneté des symboles : étendard avec la croix dite "de Saint-André" : 1559




7 - TARIJA

- nom complet originel :  Villa de San Bernardo de la Frontera de Tarixa
capitale du département de Tarija (Departamento de Tarija)  -  179 530 habitants


ancienneté des armoiries : 1934 




8 - POTOSÍ

- nom complet originel :   Villa Imperial de Potosí
capitale du département de Potosi (Departamento de Potosí)  -  174 970 habitants


ancienneté des armoiries : 1547 (voir plus bas)
 modifiées en 1565 et enfin en 1575 (actuelles)




9 - SACABA

- nom complet originel :  Villa de San Pedro de Sacaba
ville de l'agglomération de Cochabamba dans le département de Cochabamba (Departamento de Cochabamba)  -  149 560  habitants





10 - QUILLACOLLO

ville de l'agglomération de Cochabamba, dans le département de Cochabamba (Departamento de Cochabamba)  -  117 860  habitants







•  La capitale que l'on apprenait à connaître et à réciter à l'école, La Paz, et qu'on présente généralement comme la capitale plus haute du monde, n'est pas la véritable capitale ! et elle n'est pas non plus la ville la plus importante, car une autre, pratiquement inconnue si on n'est pas sud-américain : Santa Cruz, est deux fois plus peuplée qu'elle ! Alors n'est elle pas déjà étonnante cette Bolivie ?

premières armes de la ville de Potosi en 1547,
 accordées par Charles Quint  (Carlos V)
on y voit le Cerro Rico, la montagne qui a fait
la fortune de la ville avec ses filons d'argent
• Sur le plan de l'héraldique, il faut bien admettre que nous ne sommes pas au sommet des Andes ! Loin s'en faut. Deux villes uniquement  (n°4 et 8) peuvent prétendre à une bonne note pour la qualité dans la tradition hispanique. Ce sont d'ailleurs des armes d'origine coloniale espagnole, avec l'échiqueté d'argent et d'azur des Ducs d'Albe pour honorer le Vice-Roi du Pérou Francisco Álvarez de Toledo , issu d'une branche de cette illustre maison d'Espagne et qui est à l'origine de la fondation de la ville n°4, en 1571. De la même façon,  les armoiries de l'Espagne impériale (mais avec une curieuse aigle sans têtes) ornent le très ancien blason de la ville n°8.

• On retrouve encore (mais avec ses deux têtes au complet, cette fois) l'aigle bicéphale de l'Espagne impériale sur le blason de la ville n°6.
  Autres éléments rappelant la puissance de l'ancien colonisateur: un heaume de chevalier surmontant l'écu d'armes de la ville n°3 et une cuirasse d'armure sommée d'un morion, avec trois plumes d'autruche, qui est la marque d'un officier supérieur parmi les conquistadors espagnols, pour la ville n°6, ou encore les couronnes ducales espagnoles (villes n°1 et 4).  On peut rajouter encore le lion et la tour de la ville n°1, rappelant les armes de Castille et León; idem avec les lions affrontés supportant les châteaux de la ville n°6. Tout ceci porte à croire que le peuple bolivien n'a pas nourri de haine féroce, qui aurait pu être légitime, envers les anciens dirigeants européens, au point de garder leurs symboles de pouvoir parmi les figures héraldiques de leurs villes.

le motif  principal ornant la Puerta del Sol
 dans la cité archéologique de Tiahuanaco

• Pour ce qui est des éléments naturels, on le sait, la Bolivie est un pays de hauts plateaux (les altiplanos), de hautes chaînes de montagnes, dépassant souvent les 6 000 m. ainsi qu'une quarantaine de volcans, la plupart endormis.
 Les sommets des Andes sont donc très présents sur les armoiries, et quelques-unes de ces montagnes (cerros en espagnol) ont fait la fortune du pays, et de l'Espagne auparavant, avec les précieux minerais qui y ont été découverts dans leurs entrailles et exploités jusqu'à l'épuisement. Nous pouvons voir par exemple le Huayna Potosí (6 088 m.) en n°2, surmonté d'un soleil de Tiahuanaco, une figure artistique d'une civilisation antique qui a précédé les Incas; en n°3, le Nevado Illimani (6 462 m.) ; en n°5 , le volcan Nevado Sajama (6 542 m.) ; en n°6 , à dextre le Cerro Rico de Potosí (4 782 m.) avec 5 filons d'argent descendant les pentes, devant lui plus petit, à nouveau le Huayna Potosí surmonté de six fonderies d'argent, et à senestre le Cerro de Porco ; enfin le n°10 montre aussi une chaîne de montagnes, sans doute la cordillère de Tunari (alt. maxi : 5 035 m.).
 Les cours d'eau et lacs d'altitude sont aussi représentés en n° 3, 5 et 7.
anciennes armes de la ville de Chuquisaca,
aujourd'hui renommée : Sucre

• Enfin, sans tout détailler parmi ce qui est évident, il y a quelques curiosités à relever :
- sur le blason de la ville n°1 : dans la partie dextre, outre les grands palmiers, l'arbre au tronc bizarre, renflé et percé d'un trou est une espèce locale appelée "árbol Toborochi" ou arbre bouteille (Ceiba speciosa) au tronc hypertrophié, apparentés aux baobabs d'Afrique.
- blason de la ville n°6 : la bordure de gueules est chargée de dix têtes coupées : plutôt macabre comme ornement ! Elles commémorent en fait la soumission de dix chefs rebelles de la province appelés "los diez tiranos" (les dix tyrans) qui se sont ligués contre le Vice-Roi de La Plata en 1552 et qui ont été jugés et exécutés, la tête tranchée. On connait même le nom de huit d'entre eux : Don Sebastián de Castilla; Don García Tello de Vega Maqueda ; Sanzedo ; Albán Pérez ; Arévalo ; Sepúlveda ; Corro; et Agasanje.

Pour conclure, malgré les entorses systématiques et souvent très lourdes aux règles de la composition du dessin héraldique, il serait dommage de passer son chemin sans essayer de comprendre. Les nations latino-américaines sont coutumières de cet espèce de langage symbolique très figuratif mélangeant scènes réalistes, paysages ou tableaux presque photographiques et figures classiques de l'héraldique. Il n'empêche que ces emblèmes sont tout à fait authentiques, officiels, et pour certains, chargés d'histoire et d'anecdotes. Ils méritent donc qu'on s'y intéresse.


sources textuelles et documentaires (rien en français) :  
www.educa.com.bo/contenido/simbolos-patrios ,
 www.eabolivia.com
 www.portalchuquisaca.8m.com/escudo.htm 
www.historiadelarte.us/andes/la-puerta-del-sol
es.wikipedia.org/wiki
 etc...




Si vous désirez en savoir plus sur le pays : la Bolivie et ses emblèmes, c'est → ICI

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          Herald Dick
 


dimanche 7 janvier 2018

l'Armorial de La Planche - 1669 - Gouvernement de Languedoc - Sénéchaussée de Carcassonne

S   uite de la visite d'un des plus anciens manuscrits répertoriant des armoiries de villes et de villages de France, dessinées à la plume et peintes à l'aquarelle, antérieur de trois décennies à l'Armorial Général de France de Charles d'Hozier ! Voir la description initiale : →

Nous poursuivons avec la découverte du "livre" (c'est l'appellation donnée à une section d'un manuscrit, qui est lui-même divisé en chapitres) consacré au Gouvernement de Languedoc. Après  la Sénéchaussée de Toulouse, le pays de l'Albigeois et du Castrais, la Sénéchaussée du Lauragais, nous abordons le quatrième chapitre dédié à la Sénéchaussée de Carcassonne. La plus grande partie de cette ancienne entité administrative, créée juste après la guerre contre les Cathares, couvre le département actuel de l'Aude, avec quelques débordements sur ceux de l'Hérault, de l'Ariège et des Pyrénées-Orientales.





     Revenir à l'épisode précédent →

Voici l'extrait d'une carte datant de la fin du XVIIIe s. , donc postérieure d'un siècle, mais sur laquelle j'ai reconstitué les limites administratives de notre région :
 Vous pouvez cliquer sur toutes les images pour les agrandir 



  Les fragments de manuscrits proviennent cette fois du Volume II. Pour enrichir l'étude, j'ai mis en bonus l'extrait équivalent dans l'Armorial Général de France* (1696-1711), établi par Charles-René d'Hozier, et comme auparavant, j'ai placé le blason actuel en-dessous, pour comparer les différences ou au contraire la constance des figures dans le temps.

(*)  Armorial Général de France  -  volume XIV  -  Languedoc 1ère partie  
       Armorial Général de France  -  volume XV  -  Languedoc  2e partie  (BNF Paris)

Carcassonne (Aude)

  Deux blasons pour la ville de Carcassonne ! Voici brièvement, l'histoire de cette particularité.
 A l'origine la cité s'est développée dans la ville haute, à l'intérieur de ses puissantes fortifications, ancien fief des Trencavel, vassaux des comtes de Toulouse, tous déchus de leurs titres et possessions après leur défaite lors de la croisade des Albigeois. Suite à la prise de la ville et son annexion au domaine royal, une bastide, fut fondée, avec une nouvelle cathédrale, en 1247 sur les bords de l'Aude, formant ainsi la ville basse. Les deux entités ont été pourvues chacune d'un blason : l'une avec l'image de son ancien château comtal, désormais rattaché au royaume de France (l'écusson à trois fleurs de lis), et l'autre avec un agneau pascal d'argent dans un médaillon de gueules, symbolisant l'Église et un semé de fleur de lys d'or pour le roi de France.
   Dans l'Armorial Général de France (édit de 1696) sont enregistrées de nouvelles armes uniques, résultat de la fusion des deux blasons : ville basse/ville haute. Supprimées sous la Révolution, les armes "fusionnées" seront restaurées par lettre patente le 27 février 1819 (règne de Louis XVIII) dans la forme retenue pour l'Armorial Général de France (voir → ICI). Des modifications interviendront plus tard pour aboutir au blason actuel : retour à la porte à deux tours d'argent et du médaillon de gueules autour de l'agneau pascal, sous diverses formes : tourteau, rectangle ou écusson.




Narbonne (Aude)

  La clef symbolise les portes du "Bourg" représenté par les Consuls de Narbonne, la croix archiépiscopale représente "la Cité", siège des archevêques de la province : deux anciennes seigneuries constamment en opposition, mais finalement réunies. Les trois fleurs de lys représentent l'attachement de la ville au royaume de France. La couleur rouge (gueules) est celle des premiers vicomtes de Narbonne qui portaient des armes insolites: "de gueules plain".




Saint-Pons - de - Thomières 
 (Hérault)

  Comme l'indique le titre de présentation de la ville, Saint-Pons était un ancien évêché dépendant de celui de Narbonne. Dans le blasonnement actuel, on parle d'un "arbre de sinople fûté de sable" sans autres précisions. Le manuscrit de La Planche nous révèle qu'il s'agit d'un olivier et qu'il était terrassé et non pas arraché ! Mais c'est un orme dans l'Armorial des États de Languedoc par Denis-François Gastelier de La Tour, édité en 1767 (voir → ICI).




Mirepoix (Ariège)

  Ancienne seigneurie et évêché qui dépendait tantôt du Comté de Foix, tantôt des vicomtes de Carcassonne, la ville fut gagnée par le catharisme à la fin du XIIe siècle. Un concile en 1206 y rassembla 600 cathares. Durant la guerre contre les Albigeois, la ville fut prise en 1209 par Simon de Montfort qu'il donna à un de ses lieutenants : Guy de Lévis, d'où le nom de la famille changé en Lévis-Mirepoix. Par la suite, le pays de Mirepoix fut rattaché à la sénéchaussée de Carcassonne.
  Très souvent, on l'a déjà vu, l'auteur du manuscrit a préparé comme ici,  un emplacement pour y dessiner les armoiries des villes pour lesquelles il a rédigé un descriptif. Mais les écus sont restés désespérément vides. Nous en ignorons la raison : manque d'information fiable, manque de temps, on ne le saura jamais.




Limoux (Aude)

  La figure de Saint Martin sur le blason de cette importante ville de l'ancien comté du Razès se rapporte au patronage de l'église Saint-Martin de Limoux, construite à partir du  XIIe siècle. On remarquera sur le dessin de Pierre de La Planche, la qualité de l'habillement du cavalier, chapeau à plumes compris, à la mode de la fin du XVIIe siècle.   




Alet - les Bains (Aude)

  La petite ville du Razès s'est constituée autour d'une ancienne abbaye fondée au IXe siècle dont l'église sera convertie en cathédrale. Mais les bâtiments et l'église seront détruits durant les guerres de religions qui ravagèrent le sud de la France, à la fin du XVIe siècle et ne seront jamais reconstruits. L'évêché sera toutefois maintenu jusqu'à la Révolution puis dissout après le Concordat de 1801. Les armoiries de cet évêché disparu ont été désormais et sont toujours considérées comme un blason municipal. La croix de procession, les mains jointes (la foi) sont pourtant typiquement de nature religieuse. Les ailes sont certainement des armes parlantes.
  Les armoiries proposées et enregistrées dans l'Armorial Général de France (édit de 1696) montrant un sautoir d'or cantonné de quatre losanges d'argent sur un champ de sable, pourtant d'origine laïques, n'auront pas bénéficié d'une adoption réelle.




Lézignan - Corbières (Aude)


  Encore une fois nous découvrons un blason oublié, avec ces trois belles tours d'argent girouettées, révélé par ce manuscrit .
   En 1696, on attribua à Lézignan, par défaut, en ignorant le précédent blason, des armoiries aux armes de France parce que cette ville dépendait du roi. Vers 1900, les édiles lézignanais jugeant que les armoiries officielles étaient trop royalistes, adoptèrent les armoiries de la famille Niquet (voir → ICI), trouvées au château de Sérame.
 Antoine de Niquet fut, dans la période 1673-1726, un habile ingénieur, qui travailla sous les ordres de Vauban sur diverses fortifications en France et sur les canaux du Languedoc. Il deviendra un très riche bourgeois accédant à un titre de noblesse en récompense des services rendus au royaume, et par l’acquisition d’offices et d’importants domaines dont il fut seigneur (à Montrebech, Sérame, Montfort près de Narbonne, ou Argens).
source texte : www.sesa-aude.fr/Armoiries-de-Lezignan-Corbieres

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D'autres lieux ou villes sont juste décrits par le texte :

- avec un contour de blason vide, sans description comme pour Mirepoix : Saint-Paul (-de-Fenouillet).

- sans blason ni mention s'y rapportant :  Capestang, Nissan (-lez-Ensérune), Sigean, Leucate, Lagrasse, Alzonne, Montréal, Montolieu, Chalabre, Laroque-d'Olmes, Les Alemans, Bélesta, Montségur, Quillan, Caudiès (-de-Fenouillèdes), abbaye de Saint-Chinian-de-la Corne (commune de Saint-Chinian), Cessenon (-sur-Orb).
 
 # cependant, quelques années plus tard, certaines villes (en gras, ci-dessus) ont été enregistrées et blasonnées dans l'Armorial Général de France.  Ces blasons sont pour la plupart toujours d'actualité aujourd'hui, à quelques détails près. Mais d'autres, utilisés actuellement s'inspirent plutôt de ceux publiés dans l'Armorial des États de Languedoc par Denis-François Gastelier de La Tour, édité en 1767 (voir → ICI  ,  ICI  ,  ICI  et  ICI )



Saint-Paul-de-Fenouillet
(Pyrénées-Orientales)


Capestang (Hérault)


Nissan - lez - Ensérune 
 (Hérault)


Sigean (Aude)


Leucate (Aude)

Lagrasse (Aude)


Alzonne (Aude)


Montréal (Aude)

Montolieu (Aude)


Bélesta (Ariège)


Quillan (Aude)


Caudiès - de - Fenouillèdes
(Pyrénées - Orientales)

  Un très grand nombre d'autres villages de la région, nommés "communautés des habitants" (Com. des hañs) dans les registres de l'Armorial Général de France ont été identifiés et enregistrés avec des armoiries la plupart attribuées d'office. Il serait fastidieux de les lister tous ici, d'autant que certaines localités ont été absorbées par les nouvelles communes constituées après la Révolution. Toutefois vous pouvez vous amuser à les rechercher dans les ouvrages numérisés chez Gallica, dont je donne les liens ci-dessous, et accessoirement aussi dans les très intéressantes fiches listées département par département sur le site : armorial de france.fr


A bientôt pour une nouvelle série ...→ ICI


Crédits :
les blasons "modernes" sont empruntés  à : armorialdefrance.fr/


les extraits des manuscrits proviennent de :
- Bibliothèque et Archives du Musée du Château de Chantilly :
   . www.bibliotheque-conde.fr/ressources-en-ligne/
- Bibliothèque nationale de France à Paris : 
   . gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k111467n
   . gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1114681



             Herald Dick  
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