mardi 12 avril 2016

l'Armorial de La Planche - 1669 - Gouvernement de
Picardie - Bailliage de Vermandois et prévôté de Santerre

 S   uite de la visite d'un des plus anciens manuscrits répertoriant des armoiries de villes et de villages de France, dessinées à la plume et peintes à l'aquarelle, antérieur de trois décennies à l'Armorial Général de France de Charles d'Hozier ! Voir la description initiale : →

 Nous poursuivons avec la découverte du Gouvernement de Picardie. Nous avons vu les fois précédentes, que la province de Picardie au XVIIe siècle regroupait globalement : tout le département actuel de la Somme, une petite frange au nord du département de l'Oise, le nord du département de l'Aisne : les pays du Vermandois (Saint-Quentin) et de la Thiérache, ainsi que la partie occidentale et maritime du département du Pas-de-Calais: le Boulonnais et le Calaisis.
Nous poursuivons avec le chapitre 2 consacré au bailliage de Vermandois et de la prévôté de Santerre réunis en un seul chapitre

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Voici l'extrait d'une carte datant de la fin du XVIIIe s. , donc postérieure d'un siècle, mais sur laquelle j'ai reconstitué les limites administratives de notre région :
 Vous pouvez cliquer sur toutes les images pour les agrandir


  Les fragments de manuscrits proviennent toujours du Volume I. Pour enrichir l'étude, j'ai mis en bonus l'extrait équivalent (quand il existe) dans l'Armorial Général de France* (1696-1711), établi par Charles-René d'Hozier, et comme auparavant, j'ai placé le blason actuel en-dessous, pour comparer les différences ou au contraire la constance des figures dans le temps.

(*) Armorial Général de France - volume XXVI -  Picardie - Généralité d'Amiens 
      Armorial Général de France - volume XXIII -  Paris 1ère partie
      Armorial Général de France - volume XXXII -  Ile-de-France - Soissonnais  (BNF Paris) 


Saint - Quentin (Aisne)

 Voici une parfaite illustration de la constance d'un blason à travers les siècles. Sauf pour Charles d'Hozier qui se distingue encore en nous proposant deux blasons : l'un, "civil" pour la ville, où le saint martyr Quentin est représenté sans auréole, signe de sa sainteté, ni les fameux clous enfoncés dans ses épaules, qui font partie de l'iconographie traditionnelle du personnage dans l'art pictural et statuaire. L'autre version : "ecclésiastique",  du blason est par contre tout à fait conforme à l'image qui a prévalu jusqu'à aujourd'hui, mise à part le nimbe (auréole) et les clous qui sont passé à l'argent !




Ham (Somme)

  Les trois croissants du blason donné par Pierre de La Planche sont de toute évidence une brisure des armes de la maison de Ham qui portait "D'or à trois croissants de gueules".   Il a visiblement survécu jusqu'à la fin du XVIIe siècle, avant d'être supplanté par les armoiries actuelles, avec cette muraille sommée d'une tour avec pennons en sautoir, inspirées par le très ancien château fort de Ham.  Je vous invite à consulter la fiche très documentée rédigée par Jacques Dulphy, sur le site armorialdefrance.fr ( voir → ICI).

 



Bohain-en-Vermandois (Aisne)





Péronne (Somme)

 Le blason de Péronne a été octroyé par lettres patentes (conservées aux archives municipales) du roi de France François Ier en  1536, afin de récompenser les habitants  qui résistèrent victorieusement au siège des troupes espagnoles de Charles Quint, conduites par Henri de Nassau.
A noter le curieux blason avec cette croix d'argent "perronnée" d'or, aux extrémités (ce qui nous donne ainsi des armes parlantes) sur champ de gueules et au chef de France, proposé par Charles d'Hozier.




Montdidier (Somme)

  Comme beaucoup d'armoiries, le blason de Montdidier tient son origine dans les sceaux municipaux médiévaux  (attesté depuis 1308 pour cette ville) qui représentaient fréquemment les murailles et les fortifications de la ville. En l’occurrence ici sur notre manuscrit : c'est un château d'or brochant sur un champ d'azur semé de fleur de lis d'or. Le château est remplacé plus tard par une tour donjonnée qui passe à l'argent.  Au cours de la fin du XXe siècle, le semé de fleurs de lis s'est mué en fleurs de lis disposées en orle autour de la tour.
 On pourra s'étonner encore du spécimen attribué "d'office" par Charles-René d'Hozier dans son Armorial Général de France, qui n'a pas eu d'existence réelle.





Roye (Somme)

  Voici encore une grande famille d'ancienne chevalerie picarde : la maison de Roye qui avaient comme armes "De gueules à la bande d'argent", à partir desquelles la ville a repris le blason en l'augmentant d'un chef d'azur à trois fleurs de lis d'or.
  Les deux blasons tirés de l'Armorial Général de France se rapportent à cette ville par ses représentants officiels municipaux ou royaux, mais ne sont pas réellement celui de la ville que l'armorial n'a par ailleurs pas enregistré. Cet ouvrage présente très souvent ce genre de bizarrerie.



Nesle (Somme)


  Pour tout savoir de l'évolution du blason de Nesle et de ses origines sigillaires et seigneuriales comme l'atteste le blason peint sur le manuscrit provenant des armes de l'importante famille de Clermont-Nesle: "De gueules semé de trèfles d'or aux deux bars adossés du même brochant",  je vous invite à consulter la fiche très documentée rédigée par Jacques Dulphy, sur le site armorialdefrance.fr (voir → ICI).


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D'autres lieux ou villes sont juste décrits par le texte sans blason ni mention s'y rapportant :
Le Castelet, Abbaye de Vermand (à Vermand, disparue), Abbaye du Mont-Saint-Quentin (à Péronne, disparue),  Abbaye de Saint-Martin-au-Bois (à Saint-Martin-au-Bois),  Moreuil, Bray-sur-Somme.

 # cependant, quelques années plus tard, un de ces lieux (en gras, ci-dessus) a été enregistré et blasonné dans l'Armorial Général de France.





 A bientôt pour une nouvelle série ... →ICI




Crédits :
les blasons "modernes" sont empruntés  à :
armorialdefrance.fr




  Et je remercie particulièrement les personnes responsables de la Bibliothèque et des Archives du Musée du Château de Chantilly : www.bibliotheque-conde.fr/


             Herald Dick  
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