dimanche 19 octobre 2014

Héraldique et Art Nouveau #2, vers 1900 : les provinces d'Italie et Saint-Marin

armoiries "Art Nouveau" du royaume d'Italie
(maison de Savoie) - carte postale 1900-1914
(origine éditions Kohl - Chemnitz,Allemagne)
près les belles cartes héraldiques de l'Alsace-Lorraine que je vous ai présentées dans mon sujet précédent (voir ici → ) et qui ont visiblement beaucoup séduit, j'ai parcouru d'autres horizons et mon drone virtuel s'est posé en Italie vers 1901 pour vous dénicher de nouvelles pépites. Et nous en profiterons pour visiter les anciennes régions d'Italie d'avant la Grande Guerre.

 L'Art Nouveau apparaît en Italie à la fin du XIXe siècle et adopte le nom générique de "Stile Liberty", du nom d'un magasin londonien. Au départ, influencés par l'explosion créatrice autrichienne, britannique, française et belge, etc., les artistes italiens développent leur propre vision moderniste, s'ouvrant également à de nombreux courants étrangers.
Nous allons regarder des œuvres d'un illustrateur qui signe: A.Furlanetto.  A pour Antonio semble-t-il, mais sur lequel je n'ai trouvé aucune biographie. Il serait pourtant étonnant qu'un tel talent n'ait généré que des cartes postales !
  Par ailleurs il faut noter que cet artiste a respecté totalement le dessin héraldique des armoiries des villes de chaque province, sans y introduire de fantaisie, à l'opposé du ou des artistes pour les villes d'Alsace et de Moselle, nous l'avons vu dans le précédent volet. Ici la forme de l'écu est normalisée, de type italien. Les figures héraldiques sont conformes aux standards classiques. Il n'y a que le décor de la carte qui soit totalement dédié à l'expression du style "Art Nouveau" dans toute son exubérance.



Pour l'Italie du Nord en 1901 : 5 provinces (le Trentin-Haut-Adige, le Frioul-Vénétie Julienne sont encore des territoires autrichiens, et le Val d'Aoste est une création tardive )

 province du Piémont , capitale Turin
blasons de Turin, Alexandrie, Cuneo et Novare ;
  monument : Mole Antonelliana (le Môle d'Antonelli) à Turin et vue des toits de la ville sur fond des Alpes.
 province de Ligurie , capitale Gênes
blasons de Gênes et Port-Maurice ;   monument : la Lanterna (la Lanterne), phare de Gênes
 province de Lombardie , capitale Milan
blasons de Milan, Côme, Sondrio, Bergame, Brescia, Pavie, Mantoue et Crémone ;
vue très stylisée de la cité industrielle de Milan et au centre le monument également très stylisé est la cathédrale (Duomo).
province de Vénétie , capitale Venise
blasons de Venise, Vérone, Trévise, Udine, Vicence, Padoue, Rovigo et Belluno ;
vue : le Grand Canal, la place Saint-Marc (avec la base du Campanile, incomplet) et le Palais des Doges de Venise.
province d' Émilie et Romagne , capitale Bologne
blasons de Bologne, Plaisance, Parme, Reggio d'Émilie, Modène, Ferrare, Ravenne, Forli ;
 monuments : tours médiévales de Bologne.

Cette carte ancienne d'Italie peut être datée au mieux de 1930. Nous y voyons les provinces décrites dans le sujet , mais aussi
les acquisitions d'après la Première Guerre Mondiale au détriment de l' Empire austro-hongrois vaincu (avec la date de cession en rouge).
 la République de Saint-Marin 
blasons des châtellenies de  Borgo Maggiore, Saint-Marin, Serravalle, Montegiardino, Faetano et Fiorentino ;
drapeau de la République.



Pour l'Italie centrale en 1901 : 5 provinces

province de Toscane , capitale Florence
blasons de Florence, Arezzo, Sienne, Massa, Lucques, Pise, Livourne et Grosseto;
 silhouette de la ville de Florence avec le beffroi du Palazzo Vecchio et la cathédrale (Duomo).
province des Marches, capitale Ancône
blasons de Ancône, Macerata, Ascoli, Pesaro et Urbino; le port et la ville d'Ancône.
province de l' Ombrie, capitale Pérouse
blason de Pérouse; vue de la ville de Pérouse
province du Latium, capitale Rome
blason (ancien) de Rome , en médaillon : la déesse Roma ; monuments : basilique Saint-Pierre, pont et château Saint-Ange.
province des Abruzzes et Molise, capitale Aquila
blasons d'Aquila, Teramo, Chieti et Campobasso; silhouette de la ville d'Aquila.


Pour l'Italie du sud en 1901 : 4 provinces

province de la Campanie, capitale Naples
blasons de Naples, Caserte, Salerne, Avellino, Bénévent ; le Vésuve et les ruines de Pompéi.
province des Pouilles, capitale Bari
blasons de Foggia, Bari et Lecce; carte sommaire de la province et le port de Bari
province de Basilicate, capitale Potenza
blason de Potenza; vue de la ville de Potenza.
province de la Calabre, capitale Reggio de Calabre
blasons de Reggio de Calabre, Catanzaro et Cosenza; le port de Reggio.

Et enfin les deux grandes îles, qui sont des aussi des provinces :
province de Sardaigne, capitale Cagliari
blasons de Cagliari et Sassari ; vue de la ville de Cagliari.
province de Sicile, capitale Palerme
emblème de la Sicile, blasons de Messine, Catane, Caltanissetta, Syracuse, Agrigente, Trapani et Palerme;
vue du port de Palerme.






                Herald Dick

vendredi 17 octobre 2014

Histoire parallèle : octobre 1914-2014 -
L'Europe en guerre dans tous ses États... cartographiés

Une page extraite des planches héraldiques du dictionnaire encyclopédique allemand
Meyers Großes Konversations-Lexikon - Leipzig (Allemagne)- 1909
concernant les pays d'Europe (ici sans les Empires centraux, détaillés à part,
  ni la France.. qui n'a pas d'armoiries nationales)
(cliquer sur l'image pour agrandir)
 Ce site est consacré en premier lieu à l'évocation de l'art de l'héraldique, et un peu aussi à l'occasion, sa cousine, la vexillologie, car les deux vont souvent de pair.

  Se faire représenter par une simple image symbolique, figurée ou même abstraite, que l'on soit une personne ou une communauté, un pays, c'est s'exposer aux autres avec leurs propres sentiments : bienveillants, indifférents, hostiles. Et en particulier à ses adversaires, ou à ses ennemis selon le degré de l'opposition, qui ne veulent pas toujours du bien. Le symbole, qu'il soit héraldique ou pas, sera inévitablement détourné de son sens pour en faire quelques chose de ridicule, obscène, méchant, insultant, pour provoquer et affecter son propriétaire.
    Dans ces pages consacrées à la propagande de guerre, j'ai déjà relevé quelques pépites de la caricature basées sur les symboles nationaux. Mais le sujet héraldique n'est pas la seule discipline ou le seul art graphique, qui a pu servir de support aux critiques, aux railleries et aux satires pour s'exprimer par le détournement, la caricature.
traduction du titre en allemand : "Représentation humoristique des armoiries de nos ennemis - 1914"
voici les armoiries caricaturées des sept pays en guerre contre les Empires centraux et les vraies en-dessous
document conservé par l'Imperial War Museum à Londres (Royaume-Uni)
(cliquer sur l'image pour agrandir, mais malheureusement la définition est très faible, j'en suis désolé)

Nous sommes donc dans la caricature de propagande, largement encouragée par les pouvoirs politiques, quand ils ne sont pas eux-mêmes visés !  Par ailleurs, je vous ai déjà convaincu de mon attirance pour les cartes géographiques. Voici une -petite- sélection de cartes satiriques, très appréciées à l'époque. On aura peu de peine à identifier chaque pays, de façon favorable ou caricaturale en appuyant fort sur les préjugés, par les costumes, quelques animaux emblématiques et attitudes, selon de quel bord du front ils se trouvent ! La xénophobie est un des moteurs de la guerre et la propagande est son carburant.

D'abord  nous débutons avec des cartes montrant des personnages en pied, puis des animaux en guise de représentation des différentes nationalités, mais constamment en train de se battre ! 
carte allemande : "Der Weltkrieg" = la Guerre Mondiale
Pour développer le sujet, cliquer sur le lien "plus d'infos" ci-dessous. Attention : un certain nombre d'images cumulent plusieurs mégaoctets d'informations : si votre accès internet est en bas débit, cela risque de prendre beaucoup de temps pour charger la page !

jeudi 16 octobre 2014

Capitales du monde : Bangui

 N ous voici transportés d'une précédente ville en crise (Bangkok) à une autre ville en état de guerre civile. L'actualité n'est pas la meilleure alliée pour vanter les charmes de cette capitale dont les rues étaient encore récemment jonchées de cadavres mutilés. En effet depuis plus de dix ans, la guerre civile oppose différents partis, coalitions, rebelles, milices, et aussi religions dans le pays, avec une violence extrême. On était même tout près du génocide fin 2013, début 2014.



  Il n'existe pas d'armoiries connues attribuées à cette capitale africaine. Il y a évidemment aujourd'hui bien d'autres préoccupations dans ce pays, plus urgentes que de chercher des graphismes pour identifier les collectivités.
 Voici donc, ci-dessus, le seul emblème actuellement observable qui représente la ville de Bangui. Et il est très compliqué de trouver une image avec une meilleure résolution, tellement nous sommes dans la rareté en terme de documentation. Un grand B majuscule rouge dans lequel se croisent deux objets blancs qui pourraient être des machettes, mais sans certitude ; en dessous le nom de la ville en lettres capitales d'azur et le tout est encadré par une couronne végétale verte (sans doute de laurier), liée par un ruban d'or. Un fait troublant est que le même B majuscule (d'or) ceint d'une couronne de lauriers était aussi l'emblème personnel de Jean-Bedel Bokassa, dictateur et ex-empereur autoproclamé de la Centrafrique, puis destitué en 1979. Y a t'il un lien entre ces symboles, ce n'est pas impossible.
 Cet emblème semble avoir encore, ou au pire avoir eu un caractère officiel, puisque nous pouvons le voir appliqué à plusieurs endroits sur les faces du monument (photo ci-dessous) dédié à Barthélémy Boganda , au milieu d'une place et d'une avenue portant son nom. Barthélémy Boganda fut un prêtre puis un homme politique centrafricain, artisan de l'indépendance du pays dans les années '1950, un territoire qui s'appelait l'Oubangui-Chari au sein de l'Afrique Équatoriale française.







23 - Bangui


Bangui est la capitale de la République Centrafricaine. Elle est située sur les rives de l'Oubangui, un affluent du Congo qui marque la frontière avec la République Démocratique du Congo.

Population  :  740 000   hab. (2011)

En 1889, le Français Michel Dolisie décide d’établir dans la région de Bangui, alors habitée par les Banda-Ndri et baignée par l’Oubangui, un petit poste militaire. Stratégiquement placée sur la route des expéditions françaises, la ville ne cesse de croître et devient la capitale administrative du territoire français de l'Oubangui-Chari puis, en 1960, celle de la République centrafricaine indépendante. La ville est le théâtre de troubles graves à la fin des années 1970, lorsque Jean-Bedel Bokassa, devenu Bokassa Ier, couronné dans le stade de la ville, gouverne l'éphémère Empire centrafricain. Malgré la signature, en 1997, des accords de Bangui (censés pacifier le pays), la ville continue à vivre dans l’insécurité. Les atrocités et la guerre civile ont repris depuis 2013 opposant organisations rebelles, partisans de l'ancien pouvoir, et milices d'auto-défense, semant la mort dans les rues de la ville. C'est la maire de Bangui, Catherine Samba-Panza, qui a été élue chef de l'État de transition en Janvier 2014. L'ONU est chargée de maintenir un semblant d'ordre avec les troupes françaises notamment.

Située à flanc de collines boisées et surplombant l’Oubangui, Bangui est le principal port et le centre administratif et économique du pays : commerce du coton, du café, du bois et des diamants ; production d’arachides, de textiles, de produits en bois, de cigarettes et d’articles de cuir. Le centre, cœur économique de la ville, abrite le grand marché où se vendent les produits de l’agriculture du pays. La ville accueille en outre l'université de Bangui, ouverte en 1970.
Vue aérienne de Bangui, son axe principal, l'avenue Barhélémy Boganda et la rivière de l'Oubangui sur la gauche qui 
marque la frontière. Sur l'autre rive c'est la République Démocratique du Congo.
anciennes armoiries de la République Centrafricaine
au début de l'Indépendance (1958-1963)
"palé de quatre pièces, d'azur chargé en chef d'une étoile d'or, 
d'argent, de sinople et d'or, à la fasce de gueules brochant sur le tout".

carte postale montrant la cathédrale Notre-Dame de l’Immaculée Conception (inaugurée en 1937) et un blason aux couleurs du drapeau centrafricain (voir plus bas), mais erroné par rapport aux armoiries précédentes.

emblème de l'Université de Bangui, de facture très simpliste, mais officiel !
voir fragment de la lettre à entête ci-dessous :









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capitale suivante     →     Banjul