samedi 10 décembre 2016

La Quête du Graal dans les manuscrits français - Chapitre #06 : les rois Urien, Pellinor, Pharamond et quelques autres encore, à la Table Ronde

miniature : "Le tournoi du Pin du Géant" - manuscrit "Guiron le Courtois"
d'Heli Boron (XVe s.) - Ms fr 338 - folio 89r - BNF Paris
uelques mois se sont écoulés depuis le dernier volet de cette "Quête du Graal" virtuelle et documentaire.
  Je rappelle qu'elle consiste à explorer quelques-uns des plus importants manuscrits et premiers livres imprimés français relatifs au cycle arthurien. Je vous invite à revoir le premier chapitre (voir ici → #01 ) qui résume toute la démarche initiale.
 Du moins nous privilégions ceux dont la légende est illustrée par de pures merveilles que sont les enluminures et plus spécialement les dessins ayant un intérêt du point de vue de l'héraldique.

 Voici donc le sixième volet de la série. Je rappelle que j'ai pris comme base référentielle deux armoriaux manuscrits : et plus particulièrement, cette fois, pour cet épisode consacré aux rois alliés de la maison d'Arthur, celui coté "Français 5233" de la Bibliothèque Nationale de France (Paris), daté du XVIe siècle. En raison de leur notoriété, ou de leur réelle participation à la Table ronde, certains personnages ainsi que leurs blasons, sont en effet présents dans tel manuscrit, mais absents dans un autre.

Vous pouvez aussi revenir au chapitre précédent : → #05


 • Les blasons :
  1.  Le Roy Urien / le roi Urien
  2.  Le Roy de Clares / le roi de Clares
  3.  Le Roy Pelinor / le roi Pellinor
  4.  Le Roy Ryon / le roi Rion *
  5.  Le Morhoult d Irlande / le Morhault d'Irlande
  6.  Le Roy Pharamond de gaules / le roi Pharamond de Gaule

(*) la légende du manuscrit au-dessus du blason nous oriente sur le roi Rion (voir ce personnage, déjà traité précédemment, en cliquant sur le lien), mais ces armes aux trois têtes de lion, sont par principe attribuées au roi Ydier (voir développement plus bas).

cliquer sur le lien ci-dessous pour lire la suite :

mardi 6 décembre 2016

l'Armorial de La Planche - 1669 - Gouvernement de Picardie (additions) - le bailliage du Tournaisis et la Flandre teutonne

 S   uite de la visite d'un des plus anciens manuscrits répertoriant des armoiries de villes et de villages de France, dessinées à la plume et peintes à l'aquarelle, antérieur de trois décennies à l'Armorial Général de France de Charles d'Hozier ! Voir la description initiale : →


  Nous poursuivons avec la découverte du "livre" (c'est l'appellation donnée à une section d'un manuscrit, qui est lui-même divisé en chapitres) consacré au Gouvernement de Picardie. Dans les trois précédents chapitres, nous avons déjà vu les territoires reconquis récemment par les armées de Louis XIII, puis celles de Louis XIV, et rattachés à la couronne de France,selon les termes des différents traités signés entre la France et l'Espagne. Nous avons traité le retour d'une petite partie de la Flandre maritime, le pays de Dunkerque (en 1658), puis de l'Artois (en 1659), une autre partie de la Flandre : la châtellenie de Lille (en 1668) et bien plus tard les places de Saint-Omer, Aire-sur-la-Lys et le Cambrésis (en 1678). Nous allons voir, au fur et à mesure de la publication de ces pages passionnantes du manuscrit, apparaître de nouveaux territoires conquis et annexés à la France par le traité d'Aix-la-Chapelle en 1668.
 Mais le conflit et les tractations entre les deux puissances ne sont pas terminés pour autant. Certains de ces territoires seront restitués à l'Espagne, en 1678 avec le traité de Nimègue.  Et d'ailleurs, La Planche le relève dans son préambule sur "la Flandre teutonne" (voir plus bas).
  Cette mention nous confirme par ailleurs aussi que la date de 1669 attribuée au manuscrit n'est qu'un date indicative de début, car l'écriture et la réactualisation des notes de la main de La Planche s'est poursuivie pendant plusieurs années encore, peut-être même jusqu'à son décès en 1684.
  Notre manuscrit apporte donc un témoignage en temps réel et insolite du rattachement éphémère à la France de quelques villes importantes de la future Belgique, qui se poursuivra d'ailleurs plus tard avec d'autres régions en Wallonie. Dans notre étude de manuscrit, ces territoires ont été de manière  provisoire rajoutés à l'administration du Gouvernement de Picardie.
  Nous continuons donc avec le chapitre 8 consacré à la réunion à la France du pays du Tournaisis, à cheval sur l'actuelle frontière franco-belge, ainsi qu'une nouvelle partie de l'ancien comté de Flandre, que La Planche nomme la "Flandre teutonne",  néerlandophone, en opposition à la "Flandre romane", qui est elle francophone. C'est dans ce volet que nous allons croiser l'Histoire, avec ces quelques villes qui seront françaises durant un certain nombre d'années limité: Tournai et Menin de 1668 à 1713, ou Courtrai, Audenarde et Deinze de 1668 à 1678. L'histoire se répètera néanmoins pendant quelques années encore durant les guerres de la France contre l'Autriche, puis celles de la Révolution française, au siècle suivant, et enfin sous le 1er Empire (voir →ICI) avec une nouvelle annexion de tous les Pays-Bas autrichiens cette fois.

    Revenir à l'épisode précédent →




Voici l'extrait d'une carte datant de la fin du XVIIIe s. , donc postérieure d'un an, mais sur laquelle j'ai reconstitué les limites administratives de notre région :
 Vous pouvez cliquer sur toutes les images pour les agrandir 

la zone en rose est en territoire français, en bleu : c'est le territoire belge








  Les fragments de manuscrits proviennent toujours du Volume I. Pour enrichir l'étude, j'ai mis en bonus l'extrait équivalent (quand il existe) dans l'Armorial Général de France* (1696-1711), établi par Charles-René d'Hozier, et comme auparavant, j'ai placé le blason actuel en-dessous, pour comparer les différences ou au contraire la constance des figures dans le temps.

 (*)  Armorial Général de France -    volume XII   -  Flandres    (BNF Paris) 



Tournai (Belgique -
 province du Hainaut)

 Les liens historiques de cette ville frontalière de la Belgique avec la France sont évidents dans son blason, avec ce chef d'azur à trois fleurs de lis d'or typiquement français.
  Fondée durant l'époque romaine, il y a plus de 2000 ans, son nom était selon certains historiens: "Turris Nerviorum" qui signifie en latin : la tour des Nerviens  qui étaient un des peuples gaulois qui occupaient la région de la Gaule belgique. Voilà qui peut expliquer la tour présente dans le blason (armes parlantes), mais qui rappelle aussi les armoiries primitives de la cité présentes sur les sceaux échevinaux, avec murailles et  tours.
 "Turris Nerviorum", puis "Turnacum" , "Turnaco" , "Tornacus", "Tornai" et enfin : Tournai ou Tournay, voici quelques étapes de l'étymologie de la cité dans le temps.
 Après la chute de l'Empire romain au Ve siècle, Tournai, conquise par les Francs, devient une ville importante de leur royaume, où d'ailleurs parmi les premiers rois des Francs: Clodion, Chilpéric Ier, Clovis y siègent dans leur palais. L'ancienne cité de Francie et son pays seront disputés durant l'époque féodale au Moyen-âge entre les prétentions des comtes de Flandre, ceux du Hainaut voisin, l'empereur germanique, les rois de France, et aussi la Bourgogne et même l'Angleterre. Durant la Guerre de Cent ans, la ville choisit la fidélité au roi de France contre le bénéfice d'une certaine autonomie. Tournai est aussi devenue le siège d'un puissant évêché. C'est le roi de France Charles VII qui a octroyé en 1426 à la ville le droit de rajouter le chef d'azur aux fleurs de lis, en récompense de sa loyauté durant la Guerre de Cent ans.  Pendant le règne du roi de France, François Ier, elle subit une nouvelle occupation anglaise entre 1513 et 1519 suivie de sa perte face aux espagnols de Charles Quint en 1531. La ville et son bailliage sont alors rattachés aux Pays-Bas espagnols des Habsbourg, jusqu'à l'arrivée des troupes de Louis XIV en 1667, qui les reprend. Le traité d'Utrecht, en 1713 mettre fin (provisoirement) à la présence française, et la ville reviendra dans les Pays-Bas du Sud (l'actuelle Belgique), désormais sous souveraineté des Habsbourg d'Autriche. Mais elle sera de nouveau assiégée, reconquise, reperdue par les français, au moins deux fois encore avant l'accession à l'indépendance de la Belgique en 1830.

cliquer sur le lien ci-dessous pour lire la suite :

vendredi 2 décembre 2016

Hommage à Georges Courteline

 Exceptionnellement, je sors des habituelles fiches inspirées par un anniversaire ou une commémoration quelconque. En effet cette fois, c'est à partir d'une idée suggérée par Jean-Paul Fernon, dessinateur héraldiste renommé et lecteur occasionnel de mon blog, appuyée par des documents et des dessins d'armoiries convaincants, que je vous propose ce sujet en collaboration amicale.  

 Voici donc un hommage à Georges Courteline, écrivain et auteur de théâtre français, qui s’est attaché, avec  le talent pour la satire, à dépeindre les travers de la petite bourgeoisie de son temps.

les armoiries de Georges Courteline
dessinées par :  © Jean-Paul Fernon
(détail du blason plus bas)
Georges Courteline honoré par un timbre
 français émis  en 1979

Georges Courteline

(• Tours 1858 - † Paris 1929) 



Georges Victor Marcel Moinaux , alias Georges Courteline
• né à Tours, le 25 juin 1858
• mort à Paris, le 15 juin 1929.


 Georges Courteline, de son vrai nom Georges Moinaux, est le fils de Jules Moinaux, humoriste et auteur dramatique, qui lui déconseille pourtant d’embrasser la carrière littéraire. Il aurait choisi ce pseudonyme de "Courteline" sans réelle explication, mais juste parce que ce nom sonnait bien !  Il devient, après avoir effectué son service militaire, fonctionnaire au ministère des Cultes ; il passe quatorze ans dans la fonction publique, ayant tout loisir d’observer ses collègues, avant que le succès de ses œuvres lui permette de se consacrer exclusivement à l’écriture. Ces premières expériences lui ont fourni ses principales sources d’inspiration littéraire.
cliquer sur le lien ci-dessous pour lire la suite :

dimanche 27 novembre 2016

Russie : ses divisions administratives, ses blasons et emblèmes - le District fédéral Central - 1ère partie : Moscou • Kostroma • Iaroslavl • Tver • Smolensk

emblèmes du train de luxe Transsibérien
 'Golden Eagle' inspiré par les armoiries de la
 Russie et au-dessus l'étoile rouge avec les
portraits de Lénine et Staline - photo prise
 sur l'avant de la locomotive
 © Denis Sinyakov/Reuters
... et le Centenaire de l'achèvement de la ligne du train Transsibérien Moscou - Vladivostok   🏙 🚂🚃🚃🚃🚃🚃  🐅🌄
 Я etour en arrière : voilà maintenant presque trois ans, à l'occasion des Jeux Olympiques d'hiver de Sotchi, en février 2014, j'avais débuté une découverte plus approfondie des emblèmes des diverses régions de la Russie en limitant celle-ci par la zone Sud et le Nord-Caucase  (en trois volets → ICI ), tout en sachant qu'une immense tâche m'attendait pour explorer la totalité du pays, gigantesque, qui est à la dimension d'un continent.
  • Cette année, la Russie, qui est dans l'actualité parfois pour des motifs géopolitiques plus sombres, a par ailleurs fêté très discrètement, un évènement qui fait pourtant partie des grandes aventures de l'humanité dans le domaine des transports: celle du train Transsibérien, avec ses joies et ses drames. Il y a cent ans exactement, le 5 octobre 1916, les ingénieurs de l’Empire russe achevaient en effet la construction de la Grande Route de Sibérie. A cette date, un nouveau pont au-dessus du fleuve Amour fut ouvert à la circulation et franchi par le premier train, marquant ainsi le début du transport ferroviaire direct de passagers de Moscou jusqu'à Vladivostok, sur la côte extrême-orientale, non loin de la frontière chinoise. Un voyage de rêve s'ouvrait alors pour les clients à travers l'Oural, l'Altaï et la Sibérie qui compte parmi les plus longs du monde: 9 298 km en plus de 15 jours !

 • Ce périple mythique m' a inspiré la carte du parcours du territoire de la Fédération de Russie en partant des régions occidentales, depuis l'ancienne cité fortifiée de Smolensk, puis en progressant plein est, vers le bout du monde sibérien et ses falaises glacées du cap Dejnev, sur le détroit de Béring. Fin du voyage.
Horloge à  l'entrée de la gare routière de Iaroslavl, une des escales du Transsibérien,
 où les chiffres des heures sont remplacés par les blasons de la région de Iaroslavl.
 Dans le sens horaire: Gavrilov-Yam, Rostov, Tutaev, Mychkine, Pereslavl,
Iaroslavl, Danilov, Ouglitch, Pochekhonie, Rybinsk , Lioubim, Oblast de Iaroslavl.


• Au niveau fédéral, la Russie est divisée en 8 districts fédéraux, eux-mêmes divisés en 85 "sujets fédéraux": les principaux étant les oblasts (les plus communs, qui sont des unités administratives avec un gouverneur fédéral désigné et un pouvoir législatif élu localement) et les républiques (très autonomes et possédant leurs propres constitutions, un président et un parlement). Il existe également d'autres types de régions nommées kraïs, des districts autonomes, trois villes fédérales: Moscou, Saint-Pétersbourg et Sébastopol (depuis l'annexion de la Crimée en 2014) et un oblast autonome juif. Enfin, aux niveaux inférieurs figurent encore les raïons, les municipalités et les districts urbains ou ruraux. Mais nous allons nous arrêter avant ces derniers-là ....


 Nous démarrons donc le voyage par le premier district fédéral, composé de 18 sujets fédéraux,  avec 17 oblasts (régions) + le territoire fédéral de la capitale : Moscou.

• le District fédéral du Centre  (en jaune, entouré d'un trait rouge, sur la carte ci-dessous) :

la façade de style historiciste néo-russe de la gare Yaroslavsky à Moscou : point de départ du train Transsibérien.
Sa construction remonte à 1862, mais les bâtiments actuels datent de 1902/1904 (architecte : Fyodor Shechtel) .
Elle a conservé en grande partie les décorations de l'époque soviétique : étoile, faucille et marteau...  

tête du train de prestige Transsibérien Express actuellement en service sur la ligne Moscou-Vladivostok 

• Notre zone d'exploration étant très dense, j'ai prévu de la couper en deux parties. Nous allons commencer par le nord avec les 8 premiers sujets fédéraux : la ville de Moscou, point de départ de notre train, et les 7 oblasts qui l'entourent

  Счастливого пути (Bon voyage....) !


Région n° 1 - Ville d'importance fédérale de Moscou  -  Город федерального значения Москвы



 • La capitale de la Fédération de Russie est à elle seule un "sujet fédéral" de Russie, tout comme Saint-Petersbourg, et plus récemment Sébastopol depuis l'annexion de la Crimée en 2014.
• Les armoiries de la ville de Moscou représentent Saint Georges, en chevalier en armure, chevauchant et terrassant un dragon (ou un basilic). À l'origine, Saint Georges était l'emblème et le saint protecteur chrétien de la Principauté de Moscou toute entière, à partir du règne d'Ivan le Terrible . Puis il est devenu celui de la Russie des tsars: les armes étaient (et sont toujours actuellement) supportées par une aigle à deux têtes. La ville de Moscou n'a gardé que l'écu avec le saint, sans l'aigle support. Les premières armoiries officielles de la capitale datent de 1781, mais on trouve des représentations antérieures sur certains armoriaux. 
 • Le dessin actuel date de 1993 pour les armoiries, et 1995 pour le drapeau, avec cette nuance de couleur carmin, presque pourpre. Mais, chut ! on ne parle pas de nuance de couleur en héraldique, c'est "de gueules" et rien d'autre ...  Précision importante : le cavalier est toujours montré contourné, donc dirigé vers la droite, comme il l'était à l'origine sur les premières armes représentées de la ville (voir plus bas).



Région n° 2 - Oblast de Moscou  -  Московская область




• Voici maintenant un autre sujet fédéral : l'oblast de Moscou, autrement dit la région administrative entourant la capitale.
• Nous retrouvons notre chevalier Saint-Georges et son dragon, mais cette fois dans le sens "normal" du point de vue héraldique, et armoiries comme drapeau avec un champ "de gueules" bien vif, bien rouge. Sur le drapeau officialisé en 1997, le cavalier est placé dans le canton supérieur gauche, près de la hampe.
  Le dessin s'inspire directement de celui des armes de la Goubernia (ou gouvernorat, gouvernement) impériale en 1856 (voir ci-dessous), mais qui avait été créée en 1708, durant le règne du tsar Pierre Ier.

______________________________
Histoire de l'oblast de Moscou
anciennes armoiries de Moscou en 1730
armoiries du Gouvernorat de Moscou, dans l'Empire de Russie - 1856



Région n° 3 - Oblast de Vladimir  -  Владимирская область

• Les armoiries de l'oblast, adoptées par l'assemblée régionale en 1999 sont une copie conforme de celles de l'ancienne province (Goubernia) de l'Empire russe au XIXe siècle (1862), couronne de tsar et ornements compris (voir plus bas).
• Le drapeau, officialisé durant la même année, est lui étrangement basé sur l'ancien drapeau communiste de la R.S.F.S.R. (République socialiste fédérative soviétique de Russie), proportions 1:2 comprises, avec sa bande verticale bleue à gauche, côté hampe, sur laquelle ont glissé le marteau et la faucille, mais sans l'étoile, qui étaient alors dans le canton haut et gauche de la partie rouge (voir plus bas). Les armoiries, toutes d'or et d'argent de l'oblast sont rajoutées au centre du drapeau.
armoiries de la capitale : Vladimir / Владимир
le nom de la ville et son symbole au lion d'or couronné
 d'une couronne de fer et tenant une croix d'argent
 ont pour origine son fondateur Vladimir II,
prince de la  Rus' de Kiev au XIIe siècle.
La toute première image connue des armoiries de la ville
est visible dans un manuscrit datant de 1672
consacré aux dirigeants de la Russie et de l'Europe, anciens
et contemporains du manuscrit :  Tsarskoïe Titulyarnike


______________________________
Histoire de l'oblast de Vladimir

armoiries du Gouvernorat de Vladimir, dans l'Empire de Russie - 1856
ancien drapeau de la R.S.F.S.R. (République socialiste
 fédérative soviétique de Russie) en service de 1954 à 1991




Région n° 4 - Oblast d' Ivanovo  -  Ива́новская о́бласть


Les armoiries ont été adoptées en 1997 et le drapeau en 1998. Elles découlent du blason soviétique attribué à la ville d'Ivanovo (voir plus bas). On retrouve la torche, symbole de la connaissance, du progrès, et la navette rappelant l'industrie textile. Les burelles ondées représentent la Volga. Des supports : lion et aigle ont été rajoutés ainsi qu'une couronne héraldique de fer comme celle de Vladimir. Sous l'ensemble, avec la banderole, sont mêlées des fleurs de lin et de coton, toujours en relation avec la production textile.

.

armoiries de la capitale : Ivanovo / Иваново
cette ville est née en 1871 de la fusion du petit village d'Ivanovo
avec un centre de production textile du nom de Voznessenski.
Les armoiries de la période impériale russe n'ont pas été conservées
et en 1996, le conseil municipal en a approuvé de nouvelles avec
cette jeune femme en costume traditionnel filant du coton à l'aide
de son rouet, reliant ainsi la tradition du filage à l'industrie textile.

armoiries soviétiques d'Ivanovo, approuvées en 1970
(la partie senestre devrait être de gueules, si on applique la
 correspondance de la codification des hachures verticales !)
______________________________
Histoire de l'oblast d' Ivanovo
L'oblast d'Ivanovo a été créé en 1936 durant la période soviétique
 à partir de territoires pris aux provinces de Vladimir et de Kostroma.


Région n° 5 - Oblast de Kostroma  -  Костромска́я о́бласть



drapeau régional adopté le 20 avril 2006
• Les armoiries de l'oblast, adoptées en 1995, sont un rétablissement des armes de la province impériale (Goubernia) définies en 1878 (voir plus bas) mais initialement sans ornements extérieurs. Elles représentent un navire à rames d'or, avec ses rameurs, et une figure de proue en forme de tête de griffon, lampassé de gueules. Sur le mât du bateau flotte un pavillon aux couleurs de la Russie sous le règne du tsar Alexandre II. La forme particulière du navire est d'origine scandinave, rappelant ainsi la conquête du pays par les peuples Varègues (nom oriental des Vikings) à partir du VIIIe s.. La rivière est la Volga, axe majeur pour les déplacements dans la Russie profonde.
décoration de l'Ordre de Lénine
décernée à la région en 1967
• En 2006, une nouvelle version des armoiries apparait. Elle introduit des supports: deux griffons d'or ; l'écu est timbré d'une couronne impériale d'or et soutenu d'un ruban de l'Ordre de Lénine.

armoiries de la capitale : Kostroma / Кострома
elles ont été accordées par l'Impératrice Catherine II
de Russie en 1767. Elles illustrent un voyage historique
qu'elle effectua avec une flotte de galères cette année-là
sur la Volga pour découvrir les cités de son royaume
ponctué par nombre de festivités, à chaque escale.
le voyage de la galère impériale "Tver" en 1767, tableau (1879)
 du  peintre russe Alexander Beggrov (1841-1914).
________________________________
Histoire de l'oblast de Kostroma

Les plus anciennes armoiries de la province
 de Kostroma datent de 1797, concédées
par le tsar Paul Ier , puis reconfirmées en 1834
par le tsar Nicolas Ier.
armoiries du Gouvernorat de  Kostroma, dans l'Empire de Russie - 1878

le monastère Ipatiev, fondé au XIVe siècle, au bord de la rivière Kostroma, à la confluence avec la Volga, dans la ville de Kostroma


Région n° 6 - Oblast de Iaroslavl  -  Ярославская область

armoiries de la capitale :
 Iaroslavl / Ярославль
La ville est mentionnée pour la première fois en 1010.
Elle a été fondée pour assurer la protection de la route
 entre la Volga et Rostov Veliki. Selon la légende,
le fondateur de la cité serait Iaroslav le Sage, qui lui a
donné son nom, et qui aurait fait construire la ville à
 l’endroit même où il a combattu et occis un puissant
 ours. C’est d’ailleurs en référence à cette légende
qu’un ours dressé sur les pattes postérieures et
brandissant une hallebarde est représenté sur les
 armoiries de la ville.  L'écu est timbré de la chapka
 des grands princes moscovites  (voir plus bas)
   • Dès 1997, le gouverneur de la région de Iaroslavl avait lancé un concours pour la création d'emblèmes régionaux. Mais ce n'est qu'en 2001 que le projet sélectionné sera adopté officiellement par l'assemblée régionale. De petites armoiries (sans ornements extérieurs) et le drapeau reprennent les armoiries historiques de la province (1730) : l'ours debout, armé d'une hallebarde, posée sur l'épaule senestre, mais sur un champ d'or, ce qui les différencie des armoiries de la ville, dont le champ est d'argent.

 
• En 2011 une nouvelle loi modifie les armoiries en rajoutant des supports : un cerf d'argent et un ours de sable couronné d'une couronne de tsar d'or, la tête vue de face, lampassé de gueules, ainsi qu'une couronne de prince (modèle 1730) au-dessus de l'écu.








.

______________________________
Histoire de l'oblast de Iaroslavl (ou Yaroslav)

premières armoiries de la province de  Yaroslav en 1730
armoiries du Gouvernorat de Yaroslav, dans l'Empire de Russie - 1856



Région n° 7 - Oblast de Tver  -  Тверская область



   Les symboles régionaux de l'oblast de Tver ont été adoptés en 1996. Le dessin des armoiries reprend assez fidèlement celui des armoiries créées sous l'Empire russe en 1856, avec le trône et la couronne de monomaque posée sur un coussin vert (sinople), voir ci-dessous, mais sans les ornements extérieurs (branches de chêne et couronne des tsars).

Couronne-chapka de monomaque : c'est l'un des symboles
de l'autocratie russe et l'une des plus anciennes couronnes
 qui est exposée au Palais des Armures de Moscou.
 Elle a été la couronne de tous les grands-princes moscovites
 et des tsars, de Dimitri Donskoï  (XIVe s.) à Pierre le Grand (XVIIIe s.)
Elle est très présente dans l'héraldique territoriale russe
armoiries de la capitale : Tver / Тверь
basées sur l'emblème de la principauté de Tver :
le trône et la couronne princière d'or posée sur le
 coussin de sinople  (origine blason : 1730)

______________________________
Histoire de l'oblast de Tver

sceau du Grand-Duché de Tver
période médiévale (1246-1485)
aigle bicéphale
anciennes armes de la principauté
de Tver (début XVIIIe s.) :
le trône, sans la couronne
armoiries du Gouvernorat de Tver, dans l'Empire de Russie - 1856



Région n° 8 - Oblast de Smolensk  -  Смоле́нская о́бласть


• Les armoiries et le drapeau de la région de Smolensk ont été approuvés en décembre 1998. Ce sont des compositions au design très moderne, mais qui reprennent fidèlement le blason historique de la ville de Smolensk tel qu'il est connu depuis qu'elle est redevenue russe (en 1667). L'auteur se nomme G.V. Razhnёv, il est historien et héraldiste, spécialiste de Smolensk. L'écu est découpé au sommet avec des créneaux dentés, rappelant les murs des fortifications de la ville, timbré d'une couronne de prince (rapport à l'ancien Grand-Duché médiéval de Smolensk, rétabli au début du retour à l'Empire de Russie), soutenu par des branches de chêne et de lin, ainsi que par un ruban de l'Ordre de Lénine dont elle est titulaire. La devise "НЕСГИБАЕМЫЙ ДУХ ВСЕ ПРЕВОЗМОЖЕТ"  se traduit à peu près par "L'esprit d'endurance prévaut sur tout ".
  • Le drapeau à fond rouge, frappé des petites armoiries, rappelle par les trois bandes horizontales les principales guerres dont a souffert la ville : la première (inférieure) : la guerre contre les envahisseurs polonais. La deuxième bande rouge : la guerre contre les Français de Napoléon, en 1812. Et la troisième, la plus grande : la Grande Guerre patriotique (c'est le nom que donnent les Russes à la Seconde Guerre mondiale), de 1941-1945. Les deux fines bandes d'or rappellent encore le ruban de l'Ordre de Lénine.
armoiries de la capitale : Smolensk / Смоленск
○ Le champ d'argent signifie que nous sommes dans la région de la "Russie blanche " ou
"Ruthénie blanche".  Le canon et son affût rappellent que la ville est une importante ville frontière
 fortifiée, une des plus fortement armées de la Russie, notamment par l'artillerie depuis le XVIIe siècle.
Sa position stratégique défend en effet l'accès à la capitale Moscou, à 400 km, depuis l'Europe occidentale.
○ L'oiseau est un signe de bonheur, de paix et de richesse, il est sensé tempérer la vocation militaire
 de la cité. Cet oiseau appelé de manière abusive "oiseau de paradis" est en fait inspiré d' un oiseau
de la mythologie slave appelé "Gamaïoun / Гамаюн".
○ Ce dessin date de 2001, et il s'inspire d'un précédent dessin officiel, publié en 1858, gardant les bannières
 rouges dont celle au monogramme du tsar Alexandre Ier (à droite),  mais aussi  la couronne à fourrure
 de monomaque et le ruban de l'ordre de Saint-Georges ( jaune aux liserés noirs).
○ Ont été rajoutés en 2001: sur la bannière de gauche, le monogramme avec la lettre cyrillique Ш  (Ch) ,
initiale du général russe Mikhail Shein, qui a assiégé la ville de Smolensk au XVIIe siècle pour la reprendre
aux polonais ; le ruban de l'Ordre de Lénine ( rouge aux liserés d'or), et un autre ruban rouge pour l'Ordre
de la 1ère Guerre mondiale ; derrière l'écu : l'étoile d'or des Villes héros de la Grande Guerre patriotique.
○ La devise : "ВОССЛАВЛЕН КРЕПОСТЬЮ" se traduit par "Forteresse glorieuse", honorant
encore une fois le passé héroïque de cette ville chaque fois détruite par les invasions. 
______________________________
Histoire de l'oblast de Smolensk

armoiries de la province de Smolensk (1584) durant
 sa souveraineté polonaise et lituanienne (de 1404 à 1667)
armoiries de la principauté de Smolensk en 1672
dans l'armorial royal "Titulyarnike /Титулярнике"
l'oiseau a une forme curieuse en fuseau ! 
nouvelles armoiries de la ville et du gouvernorat
 de Smolensk, dans l'Empire russe en 1780,
approuvées par le roi d'armes de Catherine II :
auteur : A. Volkov -  blason colorié a posteriori.


armoiries du Gouvernorat de Smolensk, dans l'Empire de Russie - 1856
bloc philatélique russe émis en 2013 pour commémorer 1150 ans de la ville de Smolensk, retraçant les grands moments
 de son histoire depuis sa fondation, telles que les campagnes napoléoniennes et la Seconde Guerre mondiale.


Région n° 9 - Oblast de Kalouga  -  Калу́жская о́бласть





• Les armoiries de l'oblast ont été approuvées en assemblée régionale en 1996 et sont une copie conforme de celles données à la Goubernia de l'Empire russe au XIXe siècle (1862), couronne de tsar et ornements compris (voir plus bas).
• Le drapeau est lui plus récent, il est né en 2004 : trois bandes horizontales dont deux grandes, égales : rouge et verte et une troisième au centre mesurant 1/6 de la hauteur, blanche; une couronne impériale d'or est posée au centre de la bande supérieure.

armoiries de la capitale : Kalouga / Калуга
Kalouga fut fondée au milieu du XIVe siècle sur la frontière
 sud-ouest de la Moscovie. Les armoiries ont été concédées en 1777
durant le règne de Catherine II.  Le champ d'azur est chargé d'une
fasce ondée d'argent qui représente la rivière Oka, affluent de la
Volga, qui traverse la ville. Elle est surmontée d'une couronne de tsar d'or
durant la période soviétique, la couronne des tsars, devenue indésirable,
avait été remplacée par l'image du premier satellite spatial Spoutnik
lancé en 1957. L'ingénieur Constantin Tsiolkovski (1857-1935)
pionnier du programme spatial russe, travaillait à Kalouga où est 
situé aujourd'hui le Musée d'astronautique Tsiolkovski , créé 
au début des années 1960 par Serguei Korolev, responsable du programme
 spatial soviétique, et Youri Gagarine, premier homme à aller dans l'espace.
En 2000 un blason commémoratif a remis à l'honneur la figure du satellite
sous l'écu avec l'inscription :  «КОЛЫБЕЛЬ КОСМОНАВТИКИ» :
"Berceau de l'astronautique"  
image de synthèse reconstituant le voyage de Spoutnik 1

______________________________
Histoire de l'oblast de Kalouga

armoiries du Gouvernorat de Kalouga, dans l'Empire de Russie - 1878


blason du district (raïon) de Puchezhsky
(oblast d'Ivanovo) qui nous instruit sur les
origines viking des peuples de Russie


 Ce premier (nouveau) volet de ce voyage très prometteur en  Russie, malgré sa longueur inhabituelle, n'est, je vous assure, qu'une petite partie de ce que je voulais réaliser pour vous faire découvrir cette héraldique passionnante venue de l'est. Le format du blog, qui implique un renouvellement permanent des sujets, ne permet pas d’approfondir davantage.
 Mais si la lecture de l'alphabet cyrillique et accessoirement la langue ne représentent pas une barrière infranchissable pour vous, vous pouvez vous lancer dans l'exploration par vous même de cette héraldique et de l'histoire de la Russie en général, en commençant par les sites que je nomme plus bas, qui m'ont servi de base documentaire .







 💶 Crédits :
 📘 textes originaux, images d'armoiries ⛨ et de drapeaux 🏴 :
www.heraldicum.ru
http://geraldika.ru/

http://gerb-flag.ru/
https://ru.wikipedia.org/wiki/Категория:Гербы_городов_России
https://ru.wikipedia.org/wiki/Категория:Гербы_по_субъектам_Российской_Федерации

commons.wikimedia.org/wiki/

🗺 cartes géographiques:
bidouillages de Herald Dick d'après des cartes prises sur : ru.wikipedia.org/wiki/

 📷 photos :
passer la 🖱 sur l'image pour 👁 l'adresse de la source 💽 documentaire.


🚇 Et à propos de la commémoration du Centenaire du train Transsibérien, voici quelques sites intéressants, et une petite animation sympa mise en ligne par Google le 5 octobre 2016 :
- www.lecourrierderussie.com/societe/2016/10/transsiberien-100-ans/
- fr.sputniknews.com/insolite/201610051028056243-100-ans-transsiberien/
- fr.wikipedia.org/wiki/Transsibérien






Donc à bientôt...   до свидания ! (do svidania : au revoir).




           хералд дихк