mardi 14 juillet 2020

14 juillet 2020 : Fête Nationale - rappel d'un évènement majeur de la Révolution en 1790 : l'abolition du port des armoiries.

Un des écussons porte-drapeaux réglementaires
 que nous pouvons voir sur les façades de nos
 mairies ou sur de nombreux établissements publics.
Malgré les apparences, ce ne sont toutefois pas des
armoiries nationales au regard de la Constitution française.
 Le 14 juillet est notre fête nationale depuis 1880. Pour un grand nombre de nos compatriotes, elle commémore la prise de la Bastille de 1789, mais en réalité elle est basée sur un événement moins connu de notre histoire, moins violent et donc plus consensuel: la fête de la Fédération de 1790. Ce jour du 14 juillet 1790, un an tout juste après la Bastille, fut l'objet d'une grande communion et d'union nationale avec le peuple et ses représentants, sur le Champ de Mars (il n'y avait pas encore de Tour Eiffel à cet endroit) et le roi Louis XVI, en tant que chef d'état encore à cette date, y participa en prêtant serment à la Nation et à la Loi !

 Déjà, dès 1790, l’Assemblée nationale voulait que cette première commémoration du 14 juillet 1789 soit la fête de la réconciliation et de l’unité de tous les Français. Les célébrations anniversaires persisteront encore jusqu'au début du 1er Empire. Puis, pendant près d'un siècle, la commémoration du 14 juillet sera abandonnée. Elle ne réapparaît donc qu'en 1880, sous la IIIe République. Le régime, pour se consolider, cherchait à construire un nouvel imaginaire national, autour de symboles républicains. C'est ainsi que la Marseillaise devint hymne officiel et le 14 juillet fête nationale. Mais la proposition qui émanait du député de la Seine Benjamin Raspail ne fut pas accueillie unanimement par l'Assemblée. Certains députés mettaient en cause la violence du 14 juillet 1789. Et c'est finalement autour du 14 juillet 1790 que se fit le consensus.

Pour ce qui est de notre passion : l'héraldique, un mois auparavant, le 19 juin 1790, fut un très mauvais jour pour elle, avec de lourdes conséquences pour la survie du blason et des armoiries dans notre pays, lui qui en fut un des inventeurs, au milieu du XIIe siècle !  En effet dans les croyances du moment, les armoiries étaient considérées comme la marque de la Noblesse par excellence, des «signes de féodalité» et par un jugement sommaire, elles furent alors abolies. Or si les députés de la Constituante avaient bien regardé autour d'eux, ils auraient constaté qu'à la fin de l'Ancien Régime, toutes les corporations, toutes les institutions et certaines administrations, tous les échevins, un grand nombre de bourgeois qui formaient d'ailleurs le noyau de la Révolution, la plupart des marchands et de nombreux artisans portaient de manière légale des armoiries. Mais le virage était pris et, malgré leur restauration au début du XIXe siècle, les armoiries ne purent jamais retrouver en France la place qui était la leur jusqu'à la fin du XVIIIe siècle.


Aujourd'hui encore, dans les esprits et lors des débats "républicains" mais néanmoins pour certains : esprits étriqués, le blason est encore un signe diabolisé, auquel on préfère le logo. Et cependant, en France comme dans les pays voisins, les armoiries se rencontrent partout, sur tous les objets, monuments et documents que le passé nous a transmis, et ce malgré les innombrables destructions d'objets armoriés, d'effacements et de martelages d'armoiries sur les murs et les frontons des bâtiments, des châteaux, des églises, etc...
Autodafé des armoiries, signes extérieurs de la noblesse - estampe de 1790 - BNF Paris

Exemple d'armoiries "effacées", martelées pendant la Révolution - photo www.lemonde.fr

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lundi 6 juillet 2020

l'Armorial de La Planche - 1669 - Gouvernement de Champagne - Bailliage de Vitry-le-François

S   uite de la visite d'un des plus anciens manuscrits répertoriant des armoiries de villes et de villages de France, dessinées à la plume et peintes à l'aquarelle, antérieur de trois décennies à l'Armorial Général de France de Charles d'Hozier ! Voir la description initiale : →

   Nous poursuivons avec la découverte du "livre" (c'est l'appellation donnée à une section d'un manuscrit, qui est lui-même divisé en chapitres) consacré au Gouvernement de Champagne. Après les premiers chapitres consacrés successivement aux Bailliages de Troyes, de Reims, de Châlons, de Sens, de Meaux, de Provins, de Château-Thierry, de Chaumont et de Langres, nous remontons un peu plus au centre-est de la province de Champagne, en limite du Barrois de Bar-le-Duc, pour découvrir le bailliage de Vitry-le-François.

  Cette région administrative de l'Ancien Régime située dans la Champagne humide est composée des territoires du Perthois, autour de Vitry-le-François, dans l'actuel département de la Marne, des paroisses autour de Saint-Dizier et du Pays de Der dans le nord de l'actuelle Haute-Marne et d'un large territoire: le pays d'Argonne, dont la ville principale est Sainte-Menehould dans l'actuel département de la Marne, mais débordant au nord sur les Ardennes (Grandpré, Vouziers) et à l'est vers la Meuse (Montfaucon, Varennes, Clermont). Cette région naturelle de l'Argonne est historiquement partagée entre la Champagne et la Lorraine. Voici donc le dixième chapitre.

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Voici l'extrait d'une carte datant de la fin du XVIIIe s. , donc postérieure d'un siècle, mais sur laquelle j'ai reconstitué les limites administratives de notre région :
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  Les fragments de manuscrits proviennent cette fois du Volume I. Pour enrichir l'étude, j'ai mis en bonus l'extrait équivalent dans l'Armorial Général de France* (1696-1711), établi par Charles-René d'Hozier, et comme auparavant, j'ai placé le blason actuel en-dessous, pour comparer les différences ou au contraire la constance des figures dans le temps.

(*) Armorial Général de France  -  volume X  -  Généralité de Châlons  (BNF Paris)




Vitry - le François (Marne)

  C'est François Ier qui, en 1545 décida la reconstruction de Vitry-en-Perthois, détruite par Charles Quint en 1544, sur l'emplacement du village de Maucourt. L'ancien bourg de Vitry se nommera d'ailleurs pendant quelque temps " Vitry-le-Brulé " avant de reprendre son nom originel. La nouvelle ville de Vitry rajoutera à son nom, en hommage au roi celui de François et se verra concéder pour ses nouvelles  armes : une salamandre et son brasier, son emblème personnel, surmontée initialement de son monogramme (par deux fois) : un F majuscule couronné. Charles d'Hozier dans son Armorial Général de France lui préférera un chef d'azur à trois fleurs de lis d'or soutenu d'une trangle du même métal. C'est ce dernier blason qui est toujours en vigueur.

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dimanche 21 juin 2020

L'héraldique et l'image des marques #04 : du chocolat suisse

 𝔍  e vous propose d'ouvrir un nouveau volet à ce thème que j'avais débuté il y a trois ans et demi déjà et où je détaillais l'idée de départ (voir ici → ). Il concerne ces innombrables symboles graphiques qu'on appelle logotypes, en abrégé: "logos", que l'on observe partout autour de nous sur toute sorte d'objets de la vie courante, et sur tous supports physiques ou virtuels.
Ils permettent d'identifier visuellement, de façon immédiate une entreprise, une marque commerciale, une association, une institution, un produit, un service, un événement ou toute autre sorte d'organisations, dans le but de se faire connaître et reconnaître des publics et des marchés auquel il s'adresse et de se différencier des autres entités d'un même secteur, amis ou concurrents.
   • Quelques-uns de ces logos, que parfois on regarde sans les analyser vraiment, sont composés partiellement ou totalement à partir d'écus d'armes ou d'armoiries. Ils attestent ainsi d'une certaine façon la filiation que certains spécialistes, héraldistes ou graphistes, leur confèrent: le logo est ou serait le prolongement moderne du blason, dépouillé de ses règles ancestrales, rigides et compliquées et abandonnant son langage ésotérique.  Le plus souvent, pour ces logos issus de blasons, ceux-ci sont remodelés au goût des artistes graphistes et des designers qui en extraient l'ADN de héraldique pour le transposer dans le registre du branding et du marketing qui lui aussi a ses règles : la charte graphique de l'entreprise ou de l'organisme. Beaucoup d'entre eux ont néanmoins une réelle origine historique liée à l'héraldique, parfois oubliée. Je vais tenter de vous la révéler. En voici quelques nouveaux exemples, puisés dans notre environnement quotidien ou dans notre culture générale.


🐉 Ainsi, vous vous êtes peut-être demandés, un jour, en croquant un carré d'une tablette de chocolat, installés au fond de votre canapé devant une série addictive à la télévision, ce que pouvait bien représenter le petit symbole bizarre placé à côté des lettres en écriture cursive de la marque Lindt ? Eh bien, nous allons remonter deux siècles pour comprendre d'où il vient et qui il est !

Armoiries de la famille Lindt,
originaire de Nidau (canton de Berne),
membre de la société Mittellöwen à Berne (1820)
extrait du Wappenbuch Burgergemeinde (1932)
sceau et logo modernes de la société Lindt et Sprüngli montrant
 l'énigmatique symbole historique de la maison Lindt.
  Les Lindt sont une famille originaire de Windecken bei Hanau, dans la province de Hesse, en Allemagne, où une branche des ancêtres étaient propriétaires d'une boulangerie jusqu'au XIXe siècle. La famille Lindt a été naturalisée à Nidau ​​en Suisse en 1769, puis installée à Berne en 1820. De nombreux médecins, pharmaciens, ecclésiastiques réformés et entrepreneurs ont émergé de la famille Lindt aux XIXe et XXe siècles.

Lindwurm / Lindworm
du bestiaire héraldique allemand
  Pour l'adoption de leurs armoiries, c'est comme très souvent, avec le principe des armes parlantes approchantes que la famille a choisi un animal légendaire de la culture germanique : le Lindworm, un cousin de la Vouivre ou guivre des francophones ou de la Wyvern des britanniques. Les lindworm, appelés aussi lindorm (surtout en Norvège), lindwurm (en Allemagne), linnorm (exclusivement en Scandinavie), et dreki (« dragon ») ou ormr (« serpent ») à l'époque viking, sont des créatures imaginaires issues en majorité du folklore et de la mythologie montagnarde d'Europe centrale et de Scandinavie. Les légendes racontent que ces créatures sont à mi-chemin entre le dragon et le serpent. Il s'agit donc de pseudo-reptiles de taille variable, possédant deux pattes (parfois quatre, comme les dragons), une tête unique (contrairement à l'hydre). Les lindworm sont aussi très souvent représentés en héraldique dépourvus d'ailes, voir cette page en allemand → ICI.

le premier emblème de la marque (années 1900)
avec une calligraphie "art nouveau" d'époque
la bête est surmontée d'un heaume empanaché
pour rajouter une valeur de noblesse et de luxe.

Rodolphe Lindt, né à Berne le 16 juillet 1855 et mort le 20 février 1909 dans la même ville, à l'âge de 53 ans, est un artisan chocolatier suisse, inventeur du procédé du conchage. Fils de Johann Rudolf Lindt, il suit son apprentissage de chocolatier à Lausanne chez Charles-Amédée Kohler, un autre grand nom de l'industrie chocolatière, avec qui il projette de créer une fabrique à Berne. C'est finalement seul qu'il fondera son entreprise en 1879. Elle sera rachetée par l'entreprise zurichoise Sprüngli en 1899 pour devenir Lindt & Sprüngli.


Portrait de Rodolphe Lindt, peint par Rolf Gfeller (1900)
Affiche publicitaire vers 1900 (le lindwurm est présent !)
Enveloppe à entête de l'entreprise Lindt & Sprüngli, siège social à Kilchberg près de Zurich (une adresse qui est toujours
 d'actualité !) avec un cachet postal datant du 16 octobre 1911
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jeudi 11 juin 2020

l'Armorial de La Planche - 1669 - Gouvernement de Champagne - Bailliages de Chaumont et de Langres

S   uite de la visite d'un des plus anciens manuscrits répertoriant des armoiries de villes et de villages de France, dessinées à la plume et peintes à l'aquarelle, antérieur de trois décennies à l'Armorial Général de France de Charles d'Hozier ! Voir la description initiale : →

   Nous poursuivons avec la découverte du "livre" (c'est l'appellation donnée à une section d'un manuscrit, qui est lui-même divisé en chapitres) consacré au Gouvernement de Champagne. Après les premiers chapitres consacrés successivement aux Bailliages de Troyes, de Reims, de Châlons, de Sens, de Meaux et dernièrement, ceux de Provins et de Château-Thierry, nous nous déplaçons cette fois vers l'extrémité orientale de la province de Champagne, en limite de la Lorraine et de la Bourgogne, pour découvrir les bailliages de Chaumont et de Langres.

  Ces deux territoires contigus serviront à former en 1790, durant la Révolution, la plus grande partie du département actuel de la Haute-Marne. Néanmoins certains cantons rejoindront la constitution du département de l'Aube, et d'autres communes ou plutôt paroisses à l'époque, moins nombreuses, iront compléter les départements limitrophes.

  Voici donc les huitièmes et neuvièmes chapitres réunis en un seul sujet.

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Voici l'extrait d'une carte datant de la fin du XVIIIe s. , donc postérieure d'un siècle, mais sur laquelle j'ai reconstitué les limites administratives de notre région :
 Vous pouvez cliquer sur toutes les images pour les agrandir











  Les fragments de manuscrits proviennent cette fois du Volume I. Pour enrichir l'étude, j'ai mis en bonus l'extrait équivalent dans l'Armorial Général de France* (1696-1711), établi par Charles-René d'Hozier, et comme auparavant, j'ai placé le blason actuel en-dessous, pour comparer les différences ou au contraire la constance des figures dans le temps.

(*) Armorial Général de France  -  volume X  -  Généralité de Châlons  (BNF Paris)


   Le pays de Bassigny est un petit territoire naturel dont les limites sont difficiles à fixer, couvrant les environs de la ville de Chaumont mais aussi ceux de la cité épiscopale de Langres, plus au sud. Durant l'époque carolingienne, il était même le siège d'un comté. Il deviendra par la suite un bailliage plus vaste que ceux qui nous occupent avec ce sujet, situé à cheval sur les limites de la Champagne, du Barrois et de la Lorraine.

Chaumont (Haute - Marne)
   Ce sont à l'origine des armes parlantes (chaud + mont): figurées par un soleil transformé en une escarboucle (vue ici en mi-parti à dextre), le symbole primitif de la maison de Navarre. En effet et pour rappel, les derniers comtes de Champagne en titre étaient aussi rois de Navarre depuis l'avènement de Thibaut IV de Champagne , fils de Blanche de Navarre qui hérita du petit royaume pyrénéen au décès de son oncle Sanche VII de Navarre en 1234, avec la bénédiction des seigneurs navarrais, qui ne voulaient pas d'annexion par le puissant voisin: l'Aragon  Le chef est aux armes du royaume de France, en l'honneur du mariage de Jeanne de Navarre, comtesse de Champagne avec le roi Philippe V le Bel en 1284.

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dimanche 31 mai 2020

Top 10 des plus grandes villes de Nouvelle-Zélande avec leurs blasons

👉 Voici un nouveau volet à cette série consacrée à la découverte de l’héraldique civique, à travers divers pays du Monde. Le principe du "Top xx" très répandu dans les médias et sur Internet, pour recenser ce qui est le plus remarquable dans un domaine particulier est ici adapté à cette thématique. Il nous permettra de découvrir ou réviser la géographie d'un pays choisi de manière aléatoire et dans le même temps de s'intéresser à sa diversité en matière de blasons et emblèmes municipaux.

  Nous quittons provisoirement l'Europe, pour nous rendre aux antipodes de la planète, dans le fascinant pays du Pacifique sud : la Nouvelle-Zélande.





Voici donc les 10 plus grandes villes, en terme de population (chiffres : 2018):



1 - AUCKLAND

-  nom maori :  Tāmaki Makaurau
chef-lieu de la région d'Auckland, dans l'île du Nord - 1 467 800 habitants.

ancienneté des armoiries : 1911

Cette ville avait déjà été évoquée dans un article sur la Coupe du Monde de rugby 2011 →


2 - CHRISTCHURCH

- nom maori :  Ōtautahi
chef-lieu de la région de Canterbury, dans l'île du Sud - 377 200 habitants.

ancienneté des armoiries : 1949

Cette ville avait déjà été évoquée dans un article sur la Coupe du Monde de rugby 2011 →

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vendredi 22 mai 2020

Philatélie et héraldique : rétrospective Allemagne 1945 - Zone d'occupation française

bloc de 4 timbres du n°9 de la première série "Zone française"
 📜   Le 8 mai dernier, en dépit de conditions particulières liées à la pandémie actuelle du Covid-19, on a néanmoins célébré le 75ème anniversaire de la victoire des Alliés sur l'Allemagne nazie et la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe, marquée par l'acte de capitulation de l'Allemagne. Voici un petit rappel et résumé historique qui va nous amener à notre sujet philatélico-héraldique, si vous me permettez ce néologisme.
   Durant le second conflit mondial, plusieurs conférences interalliées se déroulèrent lors des années 1943 à 1945. Les trois puissances alliées : États-Unis, Royaume-Uni et Union soviétique jetèrent ainsi les bases de l'organisation du monde de l'après-guerre et plus particulièrement définirent le sort de l'Allemagne après la cessation des hostilités. Le protocole de Londres du 12 septembre 1944 prévoyait le partage et l'occupation du territoire allemand (et autrichien) en trois zones d'occupation y compris Berlin (et Vienne). Pour l'Allemagne, il fut décidé d’attribuer à l’URSS la zone nord-est, au Royaume-Uni la zone nord-ouest et aux États-Unis la zone sud de l'Allemagne + deux enclaves autour de Brême et l'embouchure de la Weser.
carte "d'époque" montrant les différentes frontières de l'Allemagne avant et après le conflit, les limites des zones d'occupations attribués aux quatre puissances alliés avec les couleurs et les drapeaux respectifs, mais également les cessions de territoires définitifs à l'est : la Poméranie orientale, Danzig et la Silésie reviennent à la Pologne, la Prusse orientale est
 partagée entre la Pologne et l'U.R.S.S, avec ce petit territoire qui deviendra l'enclave russe de Kaliningrad.
carte de la "Zone française" en bleu, avec le détail des différentes provinces
 historiques (noms en majuscules). Elle sera la base qui servira plus tard à former
le contour de trois des futurs Länder de l'Allemagne fédérale : Rhénanie-Palatinat,
Sarre et Bade-Wurtemberg (en partie seulement pour ce dernier)
   Avec le débarquement des alliés en Normandie et la libération de la France occupée en 1944 qui suivit, celle-ci rejoignit massivement les troupes de la contre-offensive sur le front en direction de la capitale du Reich : Berlin. Lors de la conférence de Yalta , en février 1945, les trois dirigeants des puissances combattantes alliées (Staline, Roosevelt et Churchill) s'accordèrent pour donner à la France une zone d'occupation, prise sur celles des États-Unis et du Royaume-Uni. Ces dispositions seront confirmées durant la conférence de Potsdam  en juillet 1945.
  Cette "Zone française" une fois définie, couvrira le sud-ouest de l'Allemagne avec les régions frontalières de l'Alsace et de la Lorraine, ainsi qu'un secteur de la ville de Berlin. Au passage : l'Autriche, annexée depuis 1938 par le régime nazi, elle aussi, subira une occupation de son territoire par les alliés, mais c'est une autre histoire
 (voir → ICI).
 🏤 Chacun des États occupants reçoit, dans le cadre de l'aide à la reconstruction du pays vaincu, la charge du service postal dans sa zone. Dans les zones américaines et britanniques, des timbres de type « Am Post Deutschland » sont déjà prêts. Dans la zone soviétique, c'est l'initiative locale qui est de mise.
  La France a refusé d'utiliser les timbres américains et en émet le 17 décembre 1945 avec la mention bilingue «ZONE FRANÇAISE - BRIEFPOST». Ce sont les services de dessinateurs, graveurs français et les techniques de l'imprimerie de la poste française qui sont utilisés pour la réalisation des timbres des premières séries. Trois séries de timbres sont mises en service avec des valeurs en pfennigs et en marks. Les deux premières, de petites valeurs (de 1 à 30 pfennigs) représentent les cinq blasons des régions historiques concernées par l'administration française: Bade, Palatinat, Rhénanie, Sarre (en fait la ville de Sarrebruck) et Wurtemberg. Émis le 17 décembre 1945, ils sont repris le 11 janvier 1946 avec de nouvelles valeurs faciales. La troisième comprend des timbres de grand format avec le portrait d'écrivains et poètes allemands : Johann Wolfgang von Goethe en décembre 1945, Friedrich von Schiller et Heinrich Heine le 1er avril 1946.
  Ils sont tous retirés de la vente le 21 juin 1948 puisqu'ils sont remplacés progressivement durant l'année 1947 par des timbres cette fois spécifiques à chaque région : Bade (Baden), Rhénanie-Palatinat (Rheinland-Pfalz) et Wurtemberg-Hohenzollern (Württemberg-Hohenzollern), voir les quelques spécimens, en fin de sujet. Par contre, la Sarre (Saarland) se constituera en un État indépendant et souverain sous protectorat français, le 15 décembre 1947. Il émettra ses propres timbres durant cette période d'autonomie avant de réintégrer la R.F.A à la suite du référendum du 23 octobre 1955, avec le statut de Land.

 Mais passons maintenant à notre sujet proprement dit :

Allemagne, Zone d'occupation française : années 1945 à 1949.

- série de 13 timbres : 10 armoiries + 3 portraits d'écrivains allemands.

année 1946 (11/01/1946)

N° 1 YT-AL/ZF (ordre et numérotation du catalogue Yvert & Tellier - chapitre Allemagne, Zone d'occupation française)
N° 1 MI-DE/FZ (ordre et numérotation du catalogue Michel, chapitre Deutschland, Französischen Zone)

Armoiries de la province de Rhénanie 
(Rheinland en allemand) - valeur : 1 pfennig

- timbre dessiné par Robert Louis et gravé par Jules Piel

Blason : "De sinople à la bande ondée d'argent"




année 1946 (11/01/1946)

N° 2 YT-AL/ZF
N° 2 MI-DE/FZ

Armoiries de la province de Palatinat
(Pfalz en allemand) - valeur : 3 pfennigs

- timbre dessiné par Robert Louis et gravé par Jules Piel

 Blason :  "De sable au lion d'or, couronné, armé et lampassé de gueules"






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