lundi 15 septembre 2014

l'Armorial de La Planche - 1669 - Gouvernement de Guyenne - Sénéchaussées du Bazadois et des Landes

 S   uite de la visite du plus ancien manuscrit répertoriant des armoiries de villes et de villages de France, dessinées à la plume et peintes à l'aquarelle, antérieur de trois décennies  à l'Armorial Général de France de Charles d'Hozier !
 Voir la description initiale : →

Nous poursuivons avec la découverte du Gouvernement Général de Guyenne. Nous l'avons abordé la dernière fois, il est composé de nombreux anciens duchés ou comtés rattachés les uns après les autres au royaume de France, le tout dernier étant le Béarn, acquis en 1620 par un Édit de Louis XIII.  Ces entités administratives du royaume sont découpées en généralités et en sénéchaussées (pour le sud du pays).  Nous allons parcourir cette fois deux de ces sénéchaussées :  le Bazadois et les Landes de Gascogne, nommées curieusement "Lannes" sur le manuscrit, cette dernière incorporant la partie maritime du Pays Basque : une partie du Labourd et Bayonne, et jusqu'à la frontière de l'Espagne.

  Revenir à l'épisode précédent →

 Voici l'extrait d'une carte datant de la fin du XVIIIe s. , donc postérieure d'un an, mais sur laquelle j'ai reconstitué les limites administratives de notre région :



Vous pouvez cliquer sur les images pour les agrandir
 Les fragments de manuscrits proviennent toujours du Volume II. Pour enrichir l'étude, j'ai mis en bonus l'extrait équivalent dans l'Armorial Général de France*  (1696-1711), établi par Charles-René d'Hozier, et comme auparavant, j'ai placé le blason actuel en-dessous, pour comparer les différences ou au contraire la constance des figures dans le temps.

(*) Armorial Général de France - volume XIII - Généralité de Guyenne


Bazas (Gironde)

Bazas, dont le nom vient du peuple des Vasates qui occupait la région avant la conquête romaine, était le siège d'un ancien évêché jusqu'à la Révolution. Sa magnifique cathédrale gothique, une des plus belles et pourtant peu connue, du Sud-Ouest est dédiée à Saint-Jean-Baptiste. C'est donc la scène de son martyre : la "décollation", c'est le terme exact dans l'hagiographie du saint, que nous voyons : discrète dans le premier blason du XVIIe siècle où la porte fortifiée est le sujet principal, plus démonstrative dans le dessin de l'A.G.F. et l'actuel blason, inchangé depuis son rétablissement en 1817 par lettre patente de Louis XVIII, avec le rajout du chef fleurdelisé.
Le geste du bourreau armant son sabre vers le cou tendu de sa victime, agenouillée et en prière est presque un instantané photographique. Une image réellement impressionnante, qui, au vu de l'actualité récente, au Moyen-Orient, peut mettre mal à l'aise. Pour une fois, je ne reprocherai pas à la municipalité de Bazas, de préférer un emblème plus accueillant et représentatif de cette jolie petite ville gasconne. Mais avec saint Jean-Baptiste, les images de son martyre dans l'iconographie sont en général, souvent très "gore". Toutefois, la plupart du temps, il est représenté en pasteur accompagné d'un agneau.




Langon (Gironde)

Comme la dernière fois avec Cadillac et mieux encore ici: nous reconnaissons les armes pleines des Comtes de Foix. Car, comme Cadillac, Langon était une des seigneuries de Jean II de Grailly, captal de Buch, vicomte de Bénauges et Castillon, seigneur de Puy-Paulin et de Castelnau (en Médoc) qui avait épousé en 1328,  Blanche de Foix, fille de Gaston Ier, comte de Foix et de Béarn (ancêtre de Gaston Fébus) et de Jeanne d’Artois.



Dax (Landes)

Acqs est une ancienne graphie du nom de la ville, qui vient bien sûr du latin "aqua" (eau). Dax est depuis longtemps une ville thermale réputée pour ses sources d'eaux chaudes. Sur le blason de la ville de Dax figurent une tour représentant la ville médiévale fortifiée, un lion (symbole de l'Aquitaine) et la rivière ondée, une représentation du fleuve l'Adour. Le nom médiéval de la ville « ACQS »  dérivé du bas-latin : « CIVITAS DE AQVIS» deviendra successivement "Acqs", "d'Acqs", puis enfin Dax. En gascon, le nom de la ville s'écrit "Dacs".




Bayonne (Pyrénées-Atlantiques)

Officialisées en 1919, les armoiries actuelles de Bayonne sont donc connues depuis le XVIIe siècle.
Les éléments proviennent de symboles plus anciens: fortifications (tour), passage de la souveraineté anglaise au royaume de France en 1451 ( fleur de lys, léopards devenus des lion).
 Au cours des conflits sporadiques qui agitent les campagnes françaises du milieu du XVIIe siècle (les jacqueries), les paysans de Bayonne se trouvent à court de poudre et de projectiles. Ils fichent leurs longs couteaux de chasse dans les canons de leurs mousquets, confectionnant des lances improvisées que l'on appellera par la suite : "baïonnettes".
 C'est cette arme improvisée qui va faire par la suite, et encore récemment une longue carrière et beaucoup de dégâts dans les armées régulières, lors des charges d'homme à homme. Elle figure comme armes parlantes sur le blason répertorié dans l'Armorial Général de France. Le dessin ressemble plutôt à une dague, ou un poignard, et est à classer parmi toutes ces nombreuses et déconcertantes attributions "d'office" que les assistants de M. d'Hozier créaient quand la ville n'avaient répondu à l'obligation de fournir ses véritables armoiries pour leur enregistrement, selon les termes de l'Édit de 1696.



Aire - sur - l'Adour (Landes)

Aire était au XVIIIe s. et jusqu'à encore récemment, le siège d'un évêché et sa cathédrale est dédiée elle aussi à Saint-Jean-Baptiste, c'est pourquoi il figure sur le blason de cette époque, en pasteur tenant une croix en guise de crosse. Mais c'est en fait le blason du diocèse d'Aire.
Tombées dans l'oubli pendant de nombreuses années, après la Révolution, les vraies armes de la ville sont redécouvertes en 1863 sur un ancien sceau et sont rétablies comme nous les voyons ci-dessus.  Un autre blason avait vu le jour en 1812 sous le 1er Empire: "d'or au pin de sinople accosté d'un lion gueules". Car, pendant la Restauration, l'ancien blason à la fleur de lis en chef, n' a pas été rétabli, comme l'avaient pourtant fait tant d'autres villes et ainsi celui créé en 1812 avait poursuivi sa carrière.
 source textuelle : Société Historique de Gascogne, Revue de Gascogne vol. n°5 (1864)



D'autres lieux ou villes sont juste décrits par le texte,

 • sénéchaussée du Bazadois :

- avec un contour de blason vide, sans description  : La Réole.
- sans blason ni mention s'y rapportant : Villandraut, Monségur, Sainte-Bazeille (dépt du Lot-et-Garonne), Sauveterre (-de-Guyenne), Caudrot.

# cependant, quelques années plus tard, certains lieux (en gras, ci-dessus) ont été enregistrés et blasonnés dans l'Armorial Général de France :



 • sénéchaussée des Landes :

- avec un contour de blason vide, sans description  : Saint-Sever, Saint-Jean-de-Luz *
- sans blason ni mention s'y rapportant : Hastingues, Peyrehorade, Guiche, Bidache, Momuy, Pimbo, Arsagues, Mugron, Geaune, Hagetmau, Montaut.


# cependant, quelques années plus tard, certains lieux (en gras, ci-dessus) ont été enregistrés et blasonnés dans l'Armorial Général de France :

(*) on remarquera pour Saint-Jean-de-Luz , que c'est bien le blason que porte la ville, encore aujourd'hui. Mais dans l'A.G.F., il est attribué à une personne physique, en l’occurrence le "bayle" ou  "bailli" , qui était le représentant du pouvoir royal dans la cité : erreur ou ego démesuré du personnage ?  




A bientôt pour une nouvelle série ... →


Crédits :
parmi les blasons "modernes" certains sont empruntés et parfois modifiés à :
Blasons des communes de la Gironde, de Jean-Jacques Déogracias ( éd Les Dossiers d'Aquitaine - 2003)
http://armorialdefrance.fr/
http://labanquedublason2.com/ (dessins :  Jean-Paul Fernon)
http://armoiries.free.fr/
 Et je remercie particulièrement les personnes responsables de la Bibliothèque et des Archives du Musée du Château de Chantilly :  http://www.bibliotheque-conde.fr/


             Herald Dick
 

vendredi 12 septembre 2014

Hommage à Jean-Philippe Rameau

Aujourd'hui le 12 septembre 2014, on célèbre le 250e anniversaire de la mort du célèbre compositeur français, contemporain de Diderot, Rousseau et de Voltaire. Il figure parmi les plus grands musiciens du XVIIIe siècle et a été un théoricien majeur de la musique, il est connu pour avoir fourni des définitions pour l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert..

Jean-Philippe Rameau

 (• Dijon 1683 - † Paris 1764) 

armoiries parlantes de Jean-Philippe Rameau :
"d'azur à la colombe posée et tenant un rameau d'olivier
dans son bec, le tout au naturel".
Timbré d'un  heaume et orné de lambrequins.
timbre français de 1953 émis pour le
bicentenaire de sa mort


portrait de Jean-Philippe Rameau en médaillon, frontispice d'un ouvrage conservé à la BNF - Paris

Né à Dijon, où son père était organiste, Rameau voyagea en Italie à l'âge de dix-huit ans puis vécut à Paris où il composa son Premier Livre de pièces de clavecin (1706). Il fut employé comme organiste dans plusieurs villes françaises, notamment à Clermont-Ferrand, où il demeura jusqu'en 1722, et rédigea son Traité de l'harmonie réduite à ses principes naturels (1722). En 1723, établi de nouveau à Paris, il enseigna le clavecin et la théorie musicale, publiant en 1726 le Nouveau Système de musique théorique.

fragment d'une partition de Jean-Philippe Rameau conservée à la BNF - Paris , département musique.
Son premier opéra, Samson (1731), sur un livret proposé par Voltaire, fut censuré. Rameau se trouva ainsi involontairement mêlé à plusieurs controverses au long de sa carrière. Sa musique fut d'abord violemment critiquée par les admirateurs de Lully, qui considéraient le modernisme de Rameau comme une trahison de son prédécesseur, bien que la forme des opéras de Rameau soit en fait dans la continuité des œuvres de Lully. La « tragédie en musique » Dardanus fit éclater en 1739 la polémique entre lullistes et ramistes, dont Diderot donna une description savoureuse dans le Neveu de Rameau. Plus tard, dans les années 1750, Rameau fut de nouveau pris à parti lors de la querelle des Bouffons (1752) par Rousseau et d'autres partisans de la musique italienne nouvelle, représentée par Pergolèse. S'il délaissa parfois le théâtre pour revenir à la théorie, ces péripéties ne diminuèrent en rien la force créatrice de Rameau. Il mourut à quatre-vingts ans passés, pendant les répétitions de son dernier opéra, les Boréades (1764).

Portrait de Jean-Philippe Rameau par Joseph Aved vers 1728
blason de Jean-Philippe Rameau,
 version Wikipedia

 Wiener Klavier und Orgelbauer,
blason de la Guilde des facteurs d'orgues
(Vienne - Autriche) - fin XIXe siècle









Outre les tragédies lyriques comme Hippolyte et Aricie (1733), Castor et Pollux (1737), Zoroastre (1749), Rameau composa des opéras-ballets, dont les Indes galantes (1735), une de ses œuvres les plus célèbres, les Fêtes d'Hébé (1739) et la Princesse de Navarre (1745), des pastorales héroïques comme Naïs (1749), Daphnis et Églé (1753), ainsi qu'une comédie lyrique intitulée Platée (1745). Les orchestrations expressives de Rameau et ses harmonies audacieuses constituèrent une avancée fondamentale de l'opéra « à la française ». Il fut habité également par le génie de la danse. Outre ses opéras-ballets, il écrivit des partitions de ballet pur, et ses quelque trente ouvrages scéniques font une large place à la chorégraphie.



bloc-feuillet philatélique émis par le Mozambique en 2014
Dans les autres domaines musicaux abordés par le prolifique talent de Rameau figurent la musique sacrée, avec les motets In convertendo et Quam dilecta (1718-1720) ; des cantates profanes écrites dans les années 1720, comme les Amants trahis ou Aquilon et Orithie ; et les trois Livres de pièces pour clavecin (1706, 1724 et 1728). Ses Pièces de clavecin en concert (1741), pour flûte, violon et clavecin, comptent parmi les premières œuvres à avoir traité le clavier à la manière d'un orchestre et à avoir abandonné le rôle de basse continue qu'on lui réservait auparavant. Les traités de Rameau explorèrent le système tonal et en firent le fondateur de l'harmonie moderne.
gravure du XVIIIe s., éditée de 1720 à 1880 et conservée à la BNF - Paris
avec deux erreurs : son prénom est Jean-Philippe et l'année de sa naissaance
est 1683 et non pas 1689. Il existait un poète contemporain du nom de
Jean-Baptiste Rousseau , c'est peut-être l'origine de la confusion.






                        Herald Dick

mercredi 10 septembre 2014

La Vuelta a España 2014 - le Tour d'Espagne en blasons - la 3e semaine et l'arrivée à Santiago

Nous revenons pour la dernière fois cette cette année sur les routes d'Espagne (voir le précédent chapitre : ICI), pour vivre le dénouement final de cette grande épreuve cycliste et surtout pour nous son illustration par l'héraldique civique.

logo du Chemin de Compostelle
Nous terminons dans la belle région de Galice, ressemblant un peu à notre région de Bretagne. Certains paysages côtiers, la présence des mégalithes, l'origine celtique de nombreuses populations, les traditions, les activités maritimes et même le climat sont très proches de ceux du Finistère ou du Morbihan.
Il est à noter que l'organisation de la Vuelta aime beaucoup cette région à en juger par le nombre considérable d'étapes qui s'y sont déroulées ces dernières années et même un Grand départ en 2013. Cette année donc, pour la première fois depuis 20 ans, l'arrivée sera jugée non pas dans la capitale politique de l'Espagne : Madrid, mais dans la capitale spirituelle : Saint-Jacques de Compostelle. Nous allons d'ailleurs encore cette dernière semaine faire étape dans des lieux dédiés à la dévotion et à la foi.
voir la carte générale d'Espagne, tout en bas de ce sujet pour situer la zone géographique concernée
 Pour commencer, voici les emblèmes et armoiries des régions (communautés autonomes) et des provinces qui seront traversées. Ce type de présentation est valable pour chaque changement de région.
Communauté autonome de Galice
 Comunidad  Autónoma de Galicia


Province de La Corogne /
Provincia de La Coruña
Province de Pontevedra /
Provincia de Pontevedra

Province de Ourense /
Provincia de Ourense
Province de Lugo /
Provincia de Lugo
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17e étape - Mercredi 10 Septembre 2014  :
Ortigueira    -    A Coruña (La Corogne 

Ortigueira
(Galice - Province de la Corogne)





• Ortiguera  : 
Écu espagnol, d'or à trois ilots rocheux (aguillóns en galicien) d'argent [plus souvent de sable], sommés chacun de trois orties (Urtica dioica) de sinople, soutenus par une mer fascée ondée d'argent et d'azur.
Timbre : couronne royale fermée.

Ce sont des armes parlantes avec les orties (ortiga en espagnol); Les rochers et les ondes font références aux aguillóns, ces îlots rocheux très nombreux émergeant tout près des côtes très découpées de la Galice.
A Coruña / La Coruña
(Galice - Province de la Corogne)


• A Coruña / La Coruña (La Corogne) : 
Écu espagnol d'azur à la Tour d'Hercule (phare) d'argent, allumée de gueules, maçonnée et rayonnante de sable sur un rocher au naturel chargé d'un crâne humain d'argent, ajouré de sable, couronné d'or, brochant sur deux tibias en sautoir, également d'argent; à sept coquilles d'or posées en orle, trois sur chaque flanc, une en pointe.
Timbre : couronne royale fermée.


Le sujet principal est un monument inscrit sur la liste du patrimoine mondial par l'UNESCO : la Tour d'Hercule. C'est un phare construit pendant l'époque romaine. Après avoir connu plusieurs modifications et aménagements au cours des siècles, il est toujours en service de nos jours. C'est donc le plus ancien phare du monde en état de fonctionnement ! Il a connu évidemment toutes les technologies de la signalisation maritime : du feu de bois à l'électricité en passant par le pétrole.

Pourquoi porte-t-il le nom d'Hercule ? Nous l'avions laissé à Cadix dans le premier volet de cette Vuelta 2014. Eh bien selon la légende associée à la fondation de La Corogne, Hercule serait venu à cet endroit et aurait vaincu et décapité son ennemi, le roi Géryon, Géant venant de Troie.  Il enterra son corps et fit construire dessus la première tour qui porte son nom. Puis il s'empara de son troupeau de bœufs (pour accomplir les dixièmes travaux d'Hercule). 
Les coquilles se réfèrent naturellement au pèlerinage de Compostelle, car La Corogne était le port d'où provenaient des pèlerins arrivant par la mer : des îles Britanniques, en particulier.





18e étape - Jeudi 11 Septembre 2014  :
A Estrada   -    Monte Castrove / Meis


A Estrada / La Estrada
(Galice - Province de Pontevedra)

• A Estrada / La Estrada :
Écu elliptique, au champ d'azur, un paysage composé de collines et de vallées de sinople et deux chemins d'argent serpentant dessus, l'un desservant une tour donjonnée d'or, maçonnée de sable, ouverte de gueules mouvant du flanc dextre, le second pointant à senestre sur l'extrémité d'un pont roman vouté d'or à six arches sur une rivière d'azur (le río Ulla), le tout est surmonté en chef d'une étoile à huit branches gironnée d'argent et de sable, rayonnant de plusieurs rayons d'argent en-dessous.
  Soutiens : une bordure de parchemin d'or avec rouleaux, chargé des mots "CONCELLO DA ESTRADA" de sable et d'une coquille Saint-Jacques au naturel, sur et sous l'écu, à dextre : une palme, et à senestre : une branche de chêne englandée, le tout au naturel.
Timbre : couronne royale fermée.
 
Ici encore , l'étoile rayonnante et la coquille rappelle le sanctuaire de Compostelle; La tour, elle se réfère aux quelques tours féodales du lieu, et innombrables dans le nord de l'Espagne en général.





el alto de Monte Castrove  est une arrivée en côte, à 490 m. d'altitude avec de forts pourcentages, située sur le territoire du municipio de Meis.




Meis
(Galice - Province de Pontevedra)



• Meis : 
Écu espagnol, tiercé en pal, au premier d'azur à une étoile à six branches d'argent; au deuxième, de pourpre à la mitre d'abbé chargée d'un croix latine, d'or; au troisième, de gueules, au monde d'or, croiseté du même, cerclé et cintré d'argent.
Timbre : couronne royale fermée.

Meis est un municipio composé de plusieurs paroisses (parroquias), en fait des villages ou des hameaux où se trouvent plusieurs établissements religieux, certains classés. L'étoile se réfère à San Salvador, nom que porte la parroquia principale de Meis. La mitre symbolise l'ancienne juridiction abbatiale du monastère cistercien de Armenteira. Enfin, le monde ou orbe représente la dépendance de la commune à l'archevêché de Saint-Jacques-de-Compostelle.
La particularité de la couleur "pourpre" est de pouvoir s'associer avec n'importe quel autre émail ou métal sans que la règle de contrariété des couleurs en héraldique soit invoquée. Il n'y a donc ici pas d'enquerre. 




19e étape - Vendredi 12 Septembre 2014  :
Salvaterra do Miño   -    Cangas do Morrazo


Salvaterra do Miño
(Galice - Province de Pontevedra)


• Salvaterra do Miño : 
Écu en forme de cœur, un paysage au naturel : sous un ciel d'azur, une plaine verte avec une rivière bleue coulant depuis des montagnes ocres vers la pointe; deux châteaux d'argent maçonnés, ouverts de sable, posés de chaque côté de la rivière, mouvants des flancs; en chef une couronne royale fermée.

Les deux châteaux représentent les forteresses de Salvaterra et de Monção (ou Monzon ), cette dernière étant de l'autre côté de la frontière avec le Portugal. Le río Miño (en portugais, Rio Minho) est un petit fleuve qui marque la frontière géographique entre l'Espagne et le nord du Portugal. Il est représenté dans le blason avec sa source dans la Sierra de Meira (à l'ouest de la Cordillière cantabrique).

Cangas do Morrazo
(Galice - Province de Pontevedra)




• Cangas do Morrazo  :
Écu espagnol, d'azur à un bourdon de pèlerin d'or en bande, une croix de Saint-Jacques de gueules en barre, les deux en sautoir, accompagnés en chef d'un soleil figuré en or, une coquille d'argent à chaque flanc et en pointe un tombeau sur une nuée d'argent et surmonté par une étoile* à huit branches d'or. 
 Ornements : lambrequins d'azur, d'or et d'argent.
 Timbre : couronne royale fermée.

 (*) variante, ci-contre, en-dessous: le tombeau est surmonté d'une roue de Sainte-Catherine de sable.

Les éléments du blason proviennent d'un ancien sceau utilisé par la municipalité vers 1870. La Croix de Saint-Jacques, la bâton de pèlerin, les coquilles et le tombeau sont des symboles jacquaires, car le territoire était sous le patronage de la paroisse de Santiago de Cangas.
 Le soleil et la roue de Sainte-Catherine sont, selon Eduardo Panizo Gómez, héraldiste, vexillologue et historien asturien, une erreur d'interprétation de l'ancien sceau. Il s'agirait en fait de l'unique étoile le plus souvent, qui accompagne le tombeau du saint apôtre dans la plupart des représentations héraldiques. Ce tombeau ou sarcophage, dont la légende raconte qu'il a été trouvé miraculeusement en Galice, dans un lieu nommé "campo de las estelas" , ou "Campus Stellae" en latin, le champ des étoiles, en français,  est devenu avec l'usage : "Compostela" (Compostelle). Dans cet endroit sera bâti l'immense ensemble de la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle qui deviendra l'objet d'un des plus grands pèlerinages de la chrétienté, ce qu'il est encore de nos jours.



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20e étape - Samedi 13 Septembre 2014  :
Santo Estevo de Ribas de Sil   -  Puerto de Ancares 


portail monumental du monastère de Santo Estevo de Ribas de Sil et les trois blasons qui
 composent le décor : au pignon (ci-dessus) : les armes de Castille et León avec l'aigle impériale
entre les colonnes de gauche (ci-dessous, à gauche) : les armes de la Congrégation de Saint Benoit
entre les colonnes de droite (ci-dessous,à droite) : les armes propres de l'Abbaye


Santo Estevo de Ribas de Sil 
est un ancien monastère catholique dont l'origine pré- romane remonte au Xe siècle.
Après la réforme canonique des Rois Catholiques et du cardinal
de Cisneros  en 1499, il rejoint la congrégation de Saint Benoit de Valladolid.
 En 1588, il devient un Collège d'Arts, fonction qu'il conserve jusqu'à sa sécularisation, en  1875. 
À la fin du XIXe siècle, il devient une  propriété privée et en 2004 il est converti en  hôtel parador national.

Il est localisé sur le territoire du municipio de  Nogueira de Ramuín.




Nogueira de Ramuín
(Galice - Province de Ourense)





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• Nogueira de Ramuín : 
Écu espagnol, de sinople au chariot de rémouleur, sommé d'un parasol d'or, soutenu par une champagne fascée ondée d'argent et d'azur; à la bordure du dernier, chargée de neuf mitres d'abbé d'or rubanées de gueules et chargées d'une croix pattée du même.
Timbre : couronne royale fermée.


Voici un blason original, honorant un ancien et  précieux métier, très courant dans tous les pays d'Europe jusqu'à encore récemment : le rémouleur, un artisan itinérant qui se chargeait d'aiguiser tous les objets et outils coupants, tranchants jusque dans les campagnes les plus reculées: couteaux, ciseaux, faucilles, haches, etc...  Il se déplaçait avec une petite charrette à bras, sur laquelle était montée sa meule qu'il actionnait à la force d'un pédalier, telle qu'on la voit schématisée sur le blason.
En Espagne, un grand nombre de rémouleurs qui parcouraient le pays étaient originaires de Nogueira de Ramuín, où le métier se transmettait de génération en génération.
 Les neuf mitres de la bordure proviennent du blason de l'abbaye bénédictine de Santo Estevo, que nous voyons sculpté dans la pierre, plus haut.
Enfin les ondes représentent la rivière du lieu : le río Sil.


el Puerto de Ancares  est un col de  la  Sierra de Los Ancares  qui est une région montagneuse, classée "réserve de biosphère". Elle est située à l'extrémité occidentale de la Cordillère cantabrique , à cheval sur la Galice, dans la province de Lugo, les Asturies et la Province de León. On y trouve des ours, des loups, des aigles, etc... Ses sommets culminent à presque 2000 m. Le col du Puerto de Ancares se découvre après un montée de 12 km, très accentuée , jusqu’à 18%  dans certains passages, 9% en moyenne depuis le Rio Balouta.  Ce col, un des plus difficiles de la péninsule, se trouve à l'altitude de 1470 m, dans la Comarca del Bierzo , région appartenant à province de León. Cette région est composée de 37 municipios  dont celui de Candín où se trouve l'arrivée de la course, mais qui ne possède pas de blason propre.
comarca del  Bierzo
(Castille et León - Province de León)



• El Bierzo  : 
Écu espagnol de gueules, chargé de la Cruz de Peñalba, sous les branches latérales pendent à dextre la lettre grecque majuscule "alpha" et à senestre la lettre grecque minuscule "oméga" , le tout d'or ; à la bordure componnée de huit pièces : quatre d'argent chargées d'une feuille de vigne de sable (ou de sinople) alternées avec quatre d'azur chargées d'une masse et d'un marteau d'or, placés en sautoir.
Timbre : couronne royale fermée.

La croix de Peñalba, objet d'orfèvrerie,  a été offerte par le roi de León Ramiro II (~898-951) au monastère du même nom, en remerciement à Saint Jacques pour avoir gagné une bataille contre les musulmans. Les outils rappellent l'activité des mines d'or et la feuille de vigne la viticulture.

La comarque (comarca en espagnol) est une division administrative spécifique à l'Espagne, et à quelques autres pays (Portugal, Brésil). C'est une marche intermédiaire entre les municipios (communes) et la province. Elle peut avoir un rôle important comme les communautés de communes que nous connaissons en France. C'est le cas de la présente comarque du Bierzo qui est une des plus connues de la province de León)



Province de León /
Provincia de León
gouvt de Castille-et-León
Junta de Castilla y León



21e étape - Dimanche 14 Septembre 2014  :
Santiago de Compostela   -  Santiago de Compostela / El Final del Camino 
(Saint-Jacques de Compostelle / le bout du Chemin)
 Arrivée et Podium 


Santiago de Compostela
( Province de la Corogne - capitale de la C. autonome de la Galice )

• Santiago de Compostela (Saint-Jacques de Compostelle) : 
Écu espagnol, parti, à dextre : d'azur au calice d'or sommé d'une hostie d'argent, accompagné de sept croisettes d'or , trois de chaque côté et une en pointe; à senestre d'azur au tombeau de l'Apôtre Jacques posé sur une nuée, le tout d'argent, surmonté d'une étoile à huit branches d'or, rayonnant et étirant ses rayons du même vers le tombeau.
Timbre : couronne royale ouverte.
 Support : la Cruz de Santiago de gueules (Croix fleuronnée et fichée, dite de Saint-Jacques).

Inutile de présenter ce haut lieu de pèlerinage chrétien. L'écu, très ancien, ne montrait à l'origine que le tombeau et l'étoile, il a été augmenté récemment d'un parti avec le calice symbole de la Galice. La croix du support est l'emblème d'un ancien ordre militaire et religieux catholique présent essentiellement en Espagne et au Portugal : l' Ordre de Saint-Jacques-de-l'Épée (Orden de Santiago), dont la création remonte au XIIe siècle.

La cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle vue de la place de l'Obradoiro.




Pour suivre la course, étape par étape par les cartes, les classements et les statistiques, etc...je vous invite à consulter l'excellent site de La Vuelta 2014 → ICI  (en trois langues : ES/FR/EN)

C'est fini pour 2014. Félicitations aux vainqueurs.
Rendez-vous en 2015 pour de nouvelles aventures, sans doute avec un grand départ d'Andalousie, à nouveau, dans la ville de Malaga, selon certaines sources  ...



Crédits :
- carte :  www.lavuelta.com
- blasons ( vous pouvez visualiser les références des dessins ou des photos en passant la souris sur les images) :
 es.wikipedia.org  ou commons.wikimedia.org
 www.depontevedra.es
 www.tusitio.ccbierzo.net
 www.academiacentro.com/junta-de-castilla-y-leon
 Banderas y Escudos del Principado de Asturias - auteur Eduardo Panizo Gómez
- les logos viennent des sites officiels de chaque commune et aussi de:
  www.naturaltrekking.com
  myweb.tiscali.co.uk
- les photos proviennent de :
  dospedalesmilcaminos.blogspot.fr
  commons.wikimedia.org
  www.flickr.com/
  www.vialiberamc.it/



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