mercredi 16 avril 2014

Capitales du monde : Bamako

 E   t nous sommes de retour pour la huitième fois en Afrique pour ce thème des capitales du Monde. Encore une fois nous allons exploiter un symbole prépondérant : ici, le crocodile, comme carte d'identité de la ville.

 


 

Le blason de Bamako est décrit ainsi : "de gueules aux trois caïmans d'or posés en pal ".

Le terme de "caïman", utilisé fréquemment pour le blason de Bamako, se rapporte aux crocodiliens d'Amérique centrale ou d'Amérique du Sud et est donc inapproprié en Afrique. Et dans le langage de l'héraldique on préfère le crocodile. Ce sont d'ailleurs bien des crocodiles du Nil (Crocodylus niloticus) qui peuplent les rivières du Mali.  
La date de création des armoiries est difficile à préciser, elles semblent apparaître dans les années '1950 pendant la période d'administration française. Puis elles se sont imposées par l'usage, et sont assez couramment utilisées par les services de la métropole africaine, voir plus bas.



20 - Bamako


Bamako est la capitale du Mali. Elle est traversée par le fleuve Niger, située dans le sud-ouest du pays, très excentrée.

Population  :  2 309 106 hab. (2012)

Pour certains, le nom de la ville vient de « bàma-kɔ̌ », ce qui en Bambara signifie : « la rivière des caïmans ». Or, si aujourd’hui les "caïmans" (crocodiles) ont disparus du fleuve au niveau de la ville, il y a fort à parier que le Niger était infesté par ces reptiles lorsque la ville fût fondée vers la fin du XVIe siècle. Aujourd’hui encore, trois "caïmans" (crocodiles) ornent le blason de Bamako. Une autre version désigne Bamba Saganoko (ou Sanoko), un chasseur venu de la localité de Kong dans l’actuelle Côte d’Ivoire, comme le père fondateur de la capitale malienne. Le nom Bamako serait donc une déformation de « Bamba Kong », autrement dit « Bamba venu de Kong ».
Ce qui semble aujourd’hui avéré, c’est que la ville de Bamako s’est constituée vers 1650 comme un point de rencontre entre les Maures et les populations subsahariennes pour commercer. Cependant, Bamako n’est qu’un village fortifié de 600 âmes lorsqu’ elle est conquise par les soldats français en 1883. La France va utiliser ce site privilégié pour y créer un centre administratif qui va progressivement gagner en importance. En 1904 est achevé le dernier tronçon du chemin de fer Dakar-Bamako, qui constitue dés lors un axe majeur se prolongeant jusqu’au confins du continent par la fleuve Niger. En 1920, Bamako accède au rang de capitale du Soudan français. Sous l’influence coloniale, Bamako va croître de manière exponentielle : 2500 habitants en 1884, 37 000 en 1945, près de 100 000 en 1960….
la ville, traversée par le Niger
Village de commerçants et d’agriculteurs à l’origine, puis avec la colonisation centre administratif et ville marchande, Bamako devient en 1960 la capitale du Mali indépendant. En 1998, la ville franchissait le million d’habitant, et certains experts avancent que l’agglomération approcherait désormais les trois millions d’habitants… Avec un taux de croissance annuelle de 4.6 %, Bamako représente la plus forte croissance urbaine en Afrique (la sixième au monde)..        source : http://bamako-cest-chaud.net/

Le blason de Bamako, sous toutes ses formes :

 insigne (pin's) avec armoiries de Bamako
Le crocodile du Nil (Crocodylus niloticus) est encore bien présent dans le fleuve Niger (aire maximale de distribution de l'espèce à droite). Autrefois vénérée, aujourd’hui mal aimée, cette espèce souffre d’une pêche intensive dans les rivières, de la pollution et de la destruction de ses zones de ponte.
insigne de la Base aérienne française BA 162
stationnée à Bamako
insigne du Groupement Aérien Mixte d'Outre-Mer :
GAMOM 80 à Bamako (1960-1961)

timbre du Mali (1961) montrant les armoiries
timbres du Mali (1967 et 1972) dont le sujet est extrapolé des armoiries
timbres du Mali (1980 et 1981) montrant les armoiries
timbres sur timbre du Mali (1982) réunissant les armoiries de Bamako et de Paris pour une Exposition philatélique
dernier timbre en date du Mali (1991)
montrant les armoiries
armoiries parues dans "le Grand Livre de
 l'Héraldique" d'Ottfried Neubecker (1977)
armes ornant le mobilier urbain

Armoiries de pierre sur un monument public
Une poubelle armoriée : insolite

logo du club de foot :  "Stade Malien"



capitale précédente  →  Bakou
capitale suivante     →  Bandar Seri Begawan


 

dimanche 13 avril 2014

l'Armorial de La Planche - 1669 - Gouvernement de Bourgogne - Bailliages de Dole, d'Amont et de Besançon

 S   uite de la visite du plus ancien manuscrit répertoriant des armoiries de villes et de villages de France, dessinées à la plume et peintes à l'aquarelle, antérieur de trois décennies  à l'Armorial Général de France de Charles d'Hozier !   Voir la description initiale : →
                                                 Revenir à l'épisode précédent →

 À ce stade du manuscrit, nous arrivons à un cahier nommé "Addition au Gouvernement de Bourgogne" comme on peut le lire dans l'extrait ci-dessous, en tête de page. Il s'agit de la description de la Province de Franche-Comté. Anciennement nommée "Comté de Bourgogne",  on ne doit pas la confondre avec le "Duché de Bourgogne", dont la capitale était Dijon. Les deux entités étaient réunies jusqu'au XVe siècle dans les États de Bourgogne, avec les Pays-Bas, la Flandre, l'Artois, la Picardie, etc..
 Nous allons découvrir en deux parties cette province qui, à l'époque est en cours de conquête militaire par le roi de France Louis XIV face à l'Empire des Habsbourg d'Espagne.  En effet la Franche-Comté, depuis le démantèlement des États de Bourgogne, a été convoitée, puis souvent envahie, prise puis restituée à plusieurs reprises par les rois de France successifs.Elle ne sera rattachée définitivement (sauf la Principauté de Montbéliard ) à la couronne de France qu'en 1678 par le Traité de Nimègue. Pour Montbéliard, principauté des Ducs de Wurtemberg, il faudra attendre son annexion en 1793 pendant la Révolution française.

Au passage , on s'étonnera du blason attribué d'office par les scribes de Charles-R. d'Hozier ! on peut se demander si ces personnes avaient vraiment une quelconque culture historique en terme d'héraldique, pour méconnaître à ce point le blason de la Franche-Comté ?

Par ailleurs, revenons au manuscrit de La Planche,  il faut que je fasse part de constatations importantes, qui me troublent, tout en n'étant pas un expert en matière de manuscrits anciens. Les historiens attribuent à cette œuvre la date de 1669, voir la note du Musée de Chantilly qui détient un original : source : http://www.bibliotheque-conde.fr/:
• XVIIe siècle  :  Pierre de La Planche, La Description des provinces et des villes de France, 1669.  Manuscrit sur papier, rédigé en 1669, deux volumes.  Dédicacé au roi Louis XIV.  Reliure française, XVIIe siècle, basane brune, décor à la Du Seuil.   
  Pierre de La Planche (1610-1684), prêtre et bibliothécaire de l’Oratoire, à qui l’on doit plusieurs catalogues de cette bibliothèque, a composé deux armoriaux fondamentaux consacrés aux villes et aux provinces françaises. L’un est daté de 1646, l’autre de 1669. Le premier comprend 1100 blasons et le second, plus restreint mais plus exact, 560. Ces deux manuscrits peints ont l’intérêt de procurer non seulement les tracés des armoiries, mais aussi leurs couleurs. Tous deux conservés par la bibliothèque du château de Chantilly, ils demeurent inédits.    La Description des provinces et des villes de France de 1669, mentionnée et utilisée par les érudits du XIXe siècle, en particulier Girault de Saint-Fargeau et Malte-Brun, était tenue pour disparue depuis la fin du XIXe siècle. Le livre réapparaît cependant en 1950 : l’héraldiste Jacques Meurgey en fait l’acquisition puis en fait don à la bibliothèque du château de Chantilly.         .../...

Or, quand on lit le texte de présentation (extrait ci-dessous) de la province de Franche-Comté, de la main de La Planche, il rappelle le contexte historique que j'ai présenté sommairement plus haut et cite des événements avec des dates postérieures à 1669 :  1674 et 1675. Très étrange, car la numérotation des pages suit son cours normal entre la Bourgogne et la Champagne, etc... donc il ne s'agit pas d'un rajout en fin de livre comme cela se faisait parfois dans les copies de manuscrits, en particulier sur certains armoriaux.  Une explication serait que, si la rédaction du manuscrit a commencé en 1669, elle a du se poursuivre pendant plusieurs années après, au moins jusqu'en 1675 ! Ou bien : l'auteur a rajouté ce paragraphe à postériori dans un blanc que la page comportait juste avant la description de la ville de Dole.



Voici l'extrait d'une carte datant de la fin du XVIIIe s. , donc postérieure d'un an, mais sur laquelle j'ai reconstitué les limites administratives de notre premier volet:
Vous pouvez cliquer sur les images
pour les agrandir




Les fragments de manuscrits proviennent du Volume II. Pour enrichir l'étude, j'ai mis en bonus l'extrait équivalent dans l'Armorial Général de France*  (1696-1711), établi par Charles-René d'Hozier,  et comme auparavant, j'ai placé le blason actuel en-dessous, pour comparer les différences ou au contraire la constance des figures dans le temps.

 (*) Armorial Général de France - volume VII - Bourgogne Comté - Généralité de Besançon ( BNF Paris)


Dole (Jura)





Gray (Haute-Saône)

Les trois flammes rappellent les trois incendies accidentels ou actes de guerre, qui ravagèrent la ville (en 1324, 1477 et 1479). La devise est "triplex victoria flammis" : trois fois victorieuse des flammes. Source texte: Nicolas Vernot





Vesoul (Haute-Saône)





Champlitte (Haute-Saône)

Des pioches, des pics ou des houes, d'argent ou d'or ... un champ de sable, d'azur ou parfois de gueules, telles sont variations selon les époques.





Besançon (Doubs)

Anciennement Vesontio, capitale des Sequanes, la ville fut soumise par César en 58 av.JC et connut alors une ère de prospérité avant d'être ravagée par les invasions barbares et de passer sous la domination des Burgondes. Évangélisée au début du IIIe siècle, Besançon devint le siège d'un évêché, puis d'un archevêché, reconnut, dès 1033, la suzeraineté de l'empereur et devint ville libre impériale en 1291. L'archevêché avait déjà une aigle dans son blason, et lorsque l'empereur Charles-Quint, en 1526, octroya à la ville le droit de battre monnaie, il lui donna en même temps pour armoiries l'aigle impériale (qui était bicéphale) entre deux colonnes, allusion aux colonnes d'Hercule qu'il avait adoptées pour lui-même comme emblème, ainsi que sa devise "plus ultra" ( plus outre = encore au-delà... ). Prise par Condé en 1668, restituée, puis reprise en 1674 après un long siège, Besançon fut rattachée à la France.  source texte : http://www.labanquedublason2.com/







D'autres lieux ou villes sont juste décrits par le texte, sans blason ni mention s'y rapportant :

Mont-Rolland (monastère), Pesmes, Baume-les-Nonnes (Baume-les-Dames ), Faucogney (-et-la-Mer), Gy, Montbozon, Luxeuil (-les-Bains).


# cependant, quelques années plus tard, certains lieux ou villes (en gras, ci-dessus) ont été enregistrés et blasonnées dans l'Armorial Général de France :
















A bientôt pour une nouvelle série... 




Crédits :
parmi les blasons "modernes" certains sont empruntés et parfois modifiés à :
http://armorialdefrance.fr/
http://labanquedublason2.com/ (dessins :  Jean-Paul Fernon)
 Et je remercie particulièrement les personnes responsables de la Bibliothèque et des Archives du Musée du Château de Chantilly :  http://www.bibliotheque-conde.fr/


             Herald Dick

 

jeudi 10 avril 2014

Ukraine : ses divisions administratives, ses blasons et emblèmes - 1ère partie : oblasts du Sud-Est

drapeau présidentiel de l'Ukraine
  L  es évènements qui se déroulent depuis ces derniers mois en Ukraine ont provoqué la stupeur dans le monde entier, et une grande crise diplomatique. On a commencé à craindre le pire quand la Russie est intervenue activement en faveur de la Crimée et en mettant la pression militaire aux frontières du pays. Tout est parti du 21 novembre 2013 à la suite de la décision du Gouvernement ukrainien de ne pas signer un accord d'association avec l'Union européenne. Les manifestations populaires qui ont suivi ont été marquées par de fortes violences entre le 30 novembre au 8 décembre 2013 qui ne font qu'augmenter les mouvements de protestation, avec entre 400 000 et 800 000 manifestants à Kiev, sur la place Maïdan ( ou de l'indépendance). Du 18 au 21 février 2014, des affrontements éclatent à nouveau, faisant plus de quatre-vingts morts.Ce mouvement débouche le 22 février 2014 sur la fuite puis la destitution par le parlement ukrainien du président Viktor Ianoukovytch et la mise en place d'un nouveau Gouvernement dirigé par Arseni Yatseniouk. En réaction, les russophones de Crimée, ne reconnaissant pas ce gouvernement, proclament leur indépendance et votent pour leur rattachement à la Russie, soutenus par la Russie qui menace militairement l'Ukraine, engendrant une crise diplomatique internationale. 
 Nous en sommes là, alors que de nouvelles élections présidentielles devraient se tenir le 25 mai 2014 et que la situation est très délicate dans le sud-est du pays, qui pourrait suivre les pas de la Crimée. Mais si la Crimée était une République autonome au sein de l'État d'Ukraine avec des pouvoirs importants, il n'en est pas de même pour les autres régions qui ont un statut décisionnaire bien plus limité. 

 L’Ukraine, à la différence de la Russie, n'est pas un état fédéral. Elle est désormais, depuis la perte de la Crimée le 18 mars 2014, organisée en 24 régions dénommées oblasts et une municipalité à statut particulier : Kiev, la capitale. Ces régions sont elle-même divisées en plusieurs niveaux administratifs, d'abord les raïons, les grandes villes régionales, puis les districts urbains ou ruraux, et les conseils de villages. Mais nous allons nous limiter aux oblasts....

  Dans ce dossier nous examinerons les emblèmes : armoiries et drapeaux des oblasts, ainsi que  leurs capitales. A partir des symboles, nous essaierons de trouver quelques clés pour comprendre pourquoi cet état si complexe dans sa construction a du mal à s'affirmer comme une nation souveraine. Ses frontières découlent de celles concédées par la Russie en pleine révolution bolchevik, en mars 1918, lors du traité de Brest-Litovsk mettant fin à la participation de la Russie à la Première Guerre mondiale. Un traité au goût de défaite russe par cette amputation de son territoire, qui voit la naissance du premier état nommé "Ukraine", un transfert de souveraineté subi par la population et sans doute les prémices des causes des évènements actuels. 
 Alors que l'Ukraine (voir mon précédent sujet →) est de fait une mosaïque de communautés de cette Europe qui n'a eu de cesse de s'entretuer, et que les impératifs politiques ont forcé à s'unir. Mais il faut pour cela des décennies, voire des siècles pour qu'une nation multiethnique parvienne à maturité, comme justement l'a réalisé la Russie. La nouvelle Ukraine n'a que 23 ans d'existence et est pratiquement sur le point d'éclater !
Peut-être cet article sera-t-il obsolète dans un an ou deux !

Nous commençons par la zone du Sud-Est, composée de 8 oblasts où la population est en majorité russophone, comme le montre la carte ci-dessus, et aussi parce que des éléments séparatistes se font de plus en plus entendre, notamment à l'extrême est, qui font craindre de nouveaux désordres , l'actualité en apporte des indices chaque jour :  



Région n° 1 - Oblast d'Odessa  -
Одеська область (ukrainien) - Одесская область (russe)

armoiries de l'oblast d' Odessa
 (depuis février 2002)
drapeau de l'oblast d' Odessa (depuis février 2002)






armoiries de la capitale : Odessa / Одeса
"de gueules à l'ancre à quatre branches d'argent"
Ce blason a été créé en 1798 sous l'Empire russe
(accompagné à l'époque par l'aigle bicéphale),
Il marque le fait que Odessa est un port très important 
de la Mer Noire ( des scènes du célèbre film
"Le Cuirassé Potemkine" se déroulent à Odessa).
______________________________
Histoire de l'oblast d'Odessa

Le territoire de la région actuelle d'Odessa était au XIXe siècle à cheval sur plusieurs anciennes Provinces (Gouvernorats) de l'Empire Russe : celle de Kherson (voir plus bas), la Podolie au nord et la Bessarabie à l'ouest (devenue pour la plus grande partie la Moldavie indépendante, sauf un territoire bordant la Mer Moire appelé "Boudjak" qui a été rattaché à l'Ukraine soviétique depuis 1940). On y parle surtout le russe , mais quelques communautés y parlent le roumain ou le bulgare.

armoiries du Gouvernorat de Bessarabie , dans l'Empire de Russie - 1878
le blason provient de celui de la Principauté de Moldavie 
fragment de carte de la région en 1880 avec les Provinces de la Russie impériale





Région n° 2 - Oblast de Mykolaïv ou Nikolaïev(nom russe)
Миколаївська область (ukrainien) - Никола́евская  область (russe)

armoiries de l'oblast de Mykolaïv
drapeau de l'oblast de Mykolaïv
mitre épiscopale orthodoxe
armoiries de la capitale : Mykolaïv / Миколаїв
" d'azur, sur une mer d'argent ondée un navire d'or sans voiles,
 avec des rames de sable, surmonté d'une mitre archiépiscopale 
et deux bâtons pastoraux d'évêque en sautoir, le tout d'or,
avec ornements et doublure au naturel".

_________________________
Histoire de l'oblast de Mykolaïv / Nikolaïev

Le territoire de la région actuelle de Mykolaïv/ Nikolaïev était au XIXe siècle à cheval sur plusieurs anciennes Provinces (Gouvernorats) de l'Empire Russe : dont celle de Kherson et celle de Podolie.

armoiries du Gouvernorat de Kherson, dans l'Empire de Russie - 1878
nous retrouvons nos mitres accompagnant la croix à deux branches caractéristiques
de la religion chrétienne byzantine et orthodoxe.



Région n° 3 - Oblast de de Kherson -
Херсонська область (ukrainien) - Херсо́нская  область (russe)

armoiries de l'oblast de Kherson
 (depuis août 2001)
drapeau de l'oblast de Kherson  (depuis août 2001)
Les objets qui chargent l'écu sont une ancre pour le commerce et la marine, un compas pour la science et l'industrie et des épis de blé pour l'agriculture.
porte des fortifications de Kherson (1778) , construites sous le règne
 de l'impératrice Catherine II
deux versions des armoiries (2005 à gauche, 1995 à droite) de la capitale : Kherson / Херсон
"d'azur à la porte de ville d'or soutenue par deux ancres (versées) du même en sautoir"

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Histoire de l'oblast de Kherson

Le territoire de de la région actuelle de Kherson était au XIXe siècle à cheval sur plusieurs anciennes Provinces (Gouvernorats) de l'Empire Russe : dont au nord celle de Kherson et surtout la Tauride qui comprenait également le territoire de la Crimée.

armoiries du Gouvernorat de la Tauride, dans l'Empire de Russie - 1878
 ( La Tauride, ou Chersonèse Taurique fut le nom jadis donné par
 les Grecs antiques à la presqu'île de Crimée).




Région n° 4 - Oblast de Zaporijia ou Zaporojie (nom russe)
Запорізька область (ukrainien) - Запорожская область (russe)

armoiries de l'oblast de Zaporijia
 (depuis juillet 2001)
drapeau de l'oblast de Zaporijia (depuis 2001)


Les objets qui supportent l'écu sont des instruments de pouvoir hérités de la période cosaque. Les timbales font partie de la panoplie militaire.
armoiries de la capitale : Zaporijia / Запоріжжя
" coupé de sinople à deux fusils d'or en sautoir cousu de
gueules à un arc de sable posé en fasce brochant 
sur trois flèches d'or"
des armes toujours en rapport avec le peuple cosaque.
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Histoire de l'oblast de Zaporijia

Le nom de la ville de Zaporijia vient de la région des Cosaques Zaporogues qui  étaient installés dans la région du Dniepr au nord-est de l'Ukraine actuelle,  depuis le XVIe siècle. Ils ont même fondé  un état indépendant jusqu'à la fin  XVIIIè siècle, dirigé par un chef militaire : un Hetman , avant d'être absorbé dans l'Empire de Russie..
,
armoiries des Cosaques zaporogues (XVIIe s.)
drapeau du Hetmanat cosaque (1649-1764)



Région n° 5 - Oblast de Donetsk 
Донецька  область (ukrainien) - Донецкая область (russe)


armoiries de l'oblast de Donetsk
 (depuis aout 1999)
drapeau de l'oblast de Donetsk  (depuis aout 1999)







voici le sujet représenté sur le blason régional : il se nomme "Palma Mertsalova "
 un faux palmier, sculpture forgée à partir d'un seul rail, à la fin du XIXe siècle
par le forgeron Alexei Ivanovich Mertsalov qui a reçu pour cette oeuvre un
Grand Prix à l'Exposition Universelle de Paris en 1900.
drapeau de la "République de Donetsk" en russe : Донецкая Pеспублика,
 "état" autoproclamé le 7 avril 2014 par un mouvement séparatiste pro-russe,
 comme le montrent les couleurs et les armoiries, en vue d'organiser
un référendum pour le rattachement de la région à la Fédération de Russie (voir ICI ).
 On notera que l'écusson central se réfère à Saint Michel, patron de Kiev,
 la capitale ukrainienne, et non pas Saint Georges comme sur les armoiries
de la Russie ou de Moscou.

grandes armoiries de la capitale : Donetsk / Донецк
" coupé d'azur et de sable , au poing fermé tenant un marteau 
d'or mouvant de pointe, accompagné d'une étoile d'or en chef à senestre"
un style très "soviétique"   qui a son charme, contrastant avec les
 emblèmes de l'oblast plus conformes au design du XXIe siècle !


petites armoiries de Donetsk



Région n° 6 - Oblast de Louhansk ou Lougansk (nom russe)
Луганська область (ukrainien) - Луганская область (russe)
armoiries de l'oblast de Louhansk  (depuis mai 1998)



armoiries de l'oblast de Louhansk  (depuis 1998)
Dans le quartier n° 4 figure une marmotte dont je n'ai pas trouvé l'explication, puisque la région est exempte de montagnes. L'écusson central reprend le blason de la ville mais le haut-fourneau est remplacé par un morceau de charbon enflammé.

 armoiries de la capitale : Louhansk / Луганськ
" D'or au haut-fourneau de sable maçonné du champ, allumé 
de flammes de gueules, accosté de deux marteaux de forge
 de sable, au canton aux armes de l'ancienne province d'Ekaterinoslav".


_________________________
Histoire des oblasts de Donetsk et de Louhansk

Cette partie du bassin du Donets, un affluent du Don, (nommée : le Donbass) est traditionnellement le pays de l'industrie lourde et son énorme bassin houiller, à cheval sur l'Ukraine et la Russie. La plupart des métropoles de cette région sont nées des exploitations industrielles développées à la fin du XIXe siècle. A cette époque la région était située dans la Province (Gouvernorat) d' Ekaterinoslav.

armoiries du Gouvernorat d'Ekaterinoslav, dans l'Empire de Russie - 1878
(Ekaterinoslav, nom donné en honneur de l'impératrice Catherine II, dont on voit le chiffre
 au centre du blason [ E II ], est l'ancien nom de Dniepropetrovsk jusqu'en 1926)
la date de 1787 est bien sûr l'année de formation de la province
les neuf étoiles représentent les neuf "Sich" de Cosaques, qui étaient pour simplifier
 des armées non régulières : des mercenaires au service des pays voisins : la Russie surtout.



Région n° 7 - Oblast de Kharkiv ou Kharkov (nom russe)
Харківська область (ukrainien) - Харьковская  область (russe)


armoiries de l'oblast de Kharkiv
 (depuis mai 1999)

variations du drapeau de l'oblast de Kharkiv ( 1999)
 armoiries de la capitale : Kharkiv / Харкiв
" de sinople à la corne d'abondance d'or remplie de fruits au naturel
 et au caducée d'or ailé d'argent,  entrelacé par deux serpents du même,
 les deux passés en sautoir, l'écu bordé d'une filière d'or". 
Ce motif héraldique est très ancien (1767)
 



les armoiries soviétiques de Kharkov
(1968) montraient une roue dentée,
un atome et un épi pour symboliser
l'industrie, la science et l'agriculture,
motifs que l'on retrouve dans les
armoiries régionales ci-dessus.

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Histoire de l'oblast de Kharkiv / Kharkov

armoiries du Gouvernorat de Kharkov, dans l'Empire de Russie - 1878
la tête de cheval arrachée, aux yeux rouges a pendant un très court moment remplacé
 les armes anciennes de Kharkov qui les a retrouvées en 1887 (ci-dessous)
changement d'armoiries du Gouvernorat de Kharkov - 1887
(reconstituées ci-dessous)



Région n° 8 - Oblast de Dnipropetrovsk 
Дніпропетровська область (ukrainien) - Днепропетровская область (russe)

grandes armoiries de l'oblast de Dnipropetrovsk  (depuis mars 2002)
petites armoiries de l'oblast de Dnipropetrovsk
drapeau de l'oblast de Dnipropetrovsk  ( 2002)
cosaque zaporogue du XVIIIe siècle


Nous retrouvons les neuf armées (Sich) Cosaques avec les étoiles d'or dans le quartier supérieur d'azur et séparant la partie inférieure du tranché : une bande de vagues d'azur représentant le Dniepr, et une bande de flammes d'or symbolisant le métal fondu de l'industrie métallurgique. 


 armoiries de la capitale : Dnipropetrovsk / Дніпропетровськ
" d'azur au sabre cosaque et une flèche passés en sautoir,
surmontés de trois étoiles à sept branches : 2 et 1, le tout d'argent".


Dans ce premier volet, on voit surtout revendiqué l'héritage de la nation Cosaque et son ascendance slavo-mongole, ainsi que quelques survivances de l'Empire des tsars ou de la période de l'Union soviétique. Les références héraldiques typiquement ukrainiennes sont les couleurs bleu et jaune du drapeau, et le "trident" national au sommet des armoiries de la région de Dnipropetrovsk, ci-dessus. Mais en réalité, ce trident, il est historiquement associé à la Rus de Kiev, principauté fondatrice de la future Russie. Finalement, beaucoup de symboles ramènent à la Russie.


A bientôt pour la deuxième partie de la visite héraldique de l'Ukraine  ...
до побачення ! (do pobachennya : au revoir).



 

Crédits :
www.heraldicum.ru
http://geraldika.ru
http://dic.academic.ru
http://ru.wikipedia.org/wiki



           хералд дихк