vendredi 27 mars 2020

Nec mergitur item

 📱 Dans cette période actuelle, surréaliste, de folie sanitaire et d'angoisse généralisée de par le monde, à propos de la pandémie du coronavirus Covid-19, un bon nombre d'évènements passent au second plan, voire totalement à la trappe, tant leur médiatisation est devenue quasi inexistante. Mais c'est bien normal, du moins logique, au vu de la crise mondiale qui se développe, amplifiée de jour en jour, dans des proportions effarantes, par l'entremise des chaines d'infos continues, des réseaux sociaux et sur internet.
  Toutefois, il nous a été tout de même rapporté, augmentant encore un peu notre tristesse, le décès de l'immense artiste Albert Uderzo, le 24 mars 2020, à l'âge de 92 ans, mais sans rapport avec l'épidémie. Il était le père, co-créateur avec son ami René Goscinny, décédé lui en 1977, d'un des personnages de bande dessinée le plus connu au monde: Astérix le Gaulois. Ce fils d'un couple d'immigrés italiens, né en 1937 à Fismes dans la Marne, résidait dans un hôtel particulier de Neuilly-sur-Seine. Il était riche, certes, grâce aux 370 millions d'albums vendus dans le monde (traduits en 111 langues ou dialectes), une quinzaine de films (animation et cinéma), un parc de loisirs (le Parc Astérix), des produits dérivés par centaines, mais c'était un homme resté toujours modeste et discret.
 Quel est le rapport avec l'héraldique, me direz-vous ? Eh bien oui, il y en a un petit, car ce passionné touche-à-tout qui avait acheté une maison à la campagne, à la fois près de Paris mais loin du tumulte de la vie parisienne, avait offert à son petit village d'adoption, un joli cadeau qui perpétuera son passage dans ces lieux: des armoiries municipales dessinées par lui.

armoiries de la commune de Le Tartre-Gaudran dans le département des
Yvelines, en région Ile-de-France : "De gueules au sabot d'argent voguant sur une
 mer fascée ondée d'azur et d'argent de six pièces; au chef d'azur chargé de trois
 fleurs de lis mal ordonnées d'or, le sabot mâté et voilé d'argent brochant sur le chef "
(document de la commune -  armorial de france.fr)
.
Armoiries de la ville de Paris dessinées par Robert Louis
   Le blason de cette petite commune des Yvelines (la moins peuplée du département avec seulement 35 habitants recensés en 2017):  Le Tartre-Gaudran fut dessiné en 1993 par Albert Uderzo. Il s'est inspiré de celui de la ville de Paris (ci-contre), mais la nef y est remplacée par un sabot flottant qui symbolise la tradition rurale du petit village. De plus, la commune a adopté comme devise "Nec mergitur item " (« Il ne coule pas non plus »), une autre référence à Paris, dont la devise est on le sait: "Fluctuat nec mergitur " (« Il tangue mais ne sombre pas »), s'agissant de la nef représentée sur les armes. C'est une manière pour la commune la moins peuplée d'Île-de-France de damer le pion à la capitale si proche, par ce clin d'œil basé sur le statut agricole de la commune.
La minuscule mairie de la commune de 35 habitants








 Et aussi c'est une allusion à l’esprit de résistance de village gaulois des gaudréaniens. En effet, Albert Uderzo, y possédait un pied-à-terre depuis plus de 40 ans. Le chemin qui mène à sa propriété s'appelle l'allée de la Serpe d'or, nom qui a été donné par la municipalité en référence à l'album d'Astérix qui porte ce titre (voir couverture plus bas).

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mercredi 18 mars 2020

Zoo héraldique #23 : année du rat, suite : des souris 🐁 et des hommes (dans leurs blasons) ...

🐁  Le 25 janvier dernier nous avons donc entamé la nouvelle année lunaire du Rat, selon le calendrier chinois (voir mon sujet spécial : "Nouvel an chinois").  Pour cette occasion, j'ai tenté de rétablir un peu de justice et de dignité à cet animal tellement haï par les humains, à travers sa figuration, malgré tout peu répandue, en héraldique.

  Le précédent volet était donc presque exclusivement consacré au rat en tant qu'espèce, avec les diverses représentations dans l'héraldique classique et moderne. Maintenant je vous propose d'élargir l'étude aux espèces voisines de petits rongeurs appartenant aux familles des Muridés et des Gliridés, du moins celles que l'on peut raisonnablement identifier comme telles dans les dessins d'armoiries, les blasonnements, par l'entremise très fréquente des armes parlantes...
Chromo humoristique illustrée par Benjamin Rabier (le créateur de l'image de la Vache qui Rit) - début du XXe siècle

I - La souris ( Mus musculus, famille des Muridés, pour la taxonomie du règne animal )

🐭  Comme avec le rat, la souris, qu'il est du reste assez difficile de différencier de son grand frère sur les dessins d'armoiries, sauf si l'on connait le blasonnement par le texte, est une figure relativement rare dans l'héraldique. Théodore de Renesse, auteur d'un Dictionnaire des figures héraldiques, publié à la fin du XIXe siècle, y recense 26 familles européennes utilisant la figure de la souris dans leurs armoiries, seule ou en tant que proie (d'un chat ou d'un rapace). Il avait d'ailleurs recensé seulement 13 familles dont les armes comprenaient un rat ! Sans prétention de ma part, j'en ai dénombré beaucoup plus que lui ... mais avec l'aide de M. Charles d'Hozier, même si celui-ci en a inventé beaucoup, sans lendemains, pour les besoins des finances royales à la fin du XVIIe siècle !

  Voici donc, pour les amateurs de sujets de type monographie, un florilège non exhaustif  d’armoiries de toutes époques, de toutes origines géographiques et ayant appartenu ou appartenant aussi bien à des personnes qu'à des communautés civiles ou militaires. Le dénominateur commun est en majorité basé sur le système des armes parlantes, plus rarement il cache une symbolique particulière que j'essaierai das ce cas de vous détailler.

armoiries de la famille Souris (du Limousin) :
armes parlantes : trois souris
(d'après armorial J.B Rietstap, 1884/1887,
dessin de Victor et Henri Rolland,
 coloriés par Lionel Sandoz)
armoiries de la famille Sourij ou Soury de La Haye ou
de Rotterdam (Pays-Bas), famille originaire d'Auvergne
en France, sans doute des protestants exilés (voir →ICI)
blason avec armes parlantes : écartelé, aux 1 et 4 d'or
 à une souris de sable; au 2 d'azur à trois
 étoiles d'or; au 3 d'argent à un mont de sinople
(recensé dans l'armorial de J.B Rietstap, 1884/1887)
armes parlantes attribuées au sieur Souriteau, marchand et bourgeois de Châtellerault
 Armorial Général de France, registre n°28 - Généralité de Poitiers - volume II -  page 1213.
jeu de mots avec un souriceau, mais plutôt une souris + haut (car placée en chef)
armes parlantes attribuées au sieur Jean Soureille, bourgeois de Sos (village dans l'actuel dépt du Lot-et-Garonne)
 Armorial Général de France , registre n°15 - Généralité de Languedoc - volume II - page 1684.
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jeudi 5 mars 2020

Philatélie - mars 2020 (archives)

 📯 Nouvelle synthèse à propos des thèmes associés de l'héraldique et de la philatélie: voici un récapitulatif, que je ne prétend pas être exhaustif, des derniers timbres et autres produits philatéliques parus ou signalés pour la fin de l'année 2019, une année décidément très riche et  très prolifique, concernant divers thèmes et tous pays confondus.

Colombie : feuillet annuel consacré aux départements de Colombie : cette année, le Département de Caqueta
 détail emblème ci-dessus, feuillet complet et enveloppe premier jour ci-dessous :

Colombie : feuillet consacré au 100ème anniversaire du Club des Avocats - emblème héraldique
Colombie : feuillet consacré au 100ème anniversaire de l'université Libre
enveloppe premier jour,  détail emblème ci-dessous :
Université Libre de Colombie

République Dominicaine : 800e anniversaire de la fondation 
de l'Ordre de Notre-Dame-de-la-Merci - détail des armoiries à droite
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mardi 25 février 2020

Top 10 des plus grandes villes de Biélorussie avec leurs blasons

Voici un nouveau volet à cette série consacrée à la découverte de l’héraldique civique, à travers divers pays du Monde. Le principe du "Top xx" très répandu dans les médias et sur Internet, pour recenser ce qui est le plus remarquable dans un domaine particulier est ici adapté à cette thématique. Il nous permettra de découvrir ou réviser la géographie d'un pays choisi de manière aléatoire et dans le même temps de s'intéresser à sa diversité en matière de blasons et emblèmes municipaux.

  Nous restons en Europe, pour la visite du pays le plus fermé du continent actuellement, mais qui s'ouvre un tout petit peu vers l'ouest, dans l'espoir de résister aux velléités de fusion non dissimulées par son géant de voisin et ami russe : c'est la Biélorussie ou Belarus.




  Administrativement, la Biélorussie est divisée en 6 voblasts (régions équivalentes aux oblasts en Russie), elles-mêmes (voblast est un mot féminin)  divisées en 118 raions, 102 villes et 108 localités urbaines. La capitale, Minsk est par ailleurs une entité à statut spécial.
 
Dans ce sujet, les noms des villes sont retranscrits de l’alphabet cyrillique vers l'alphabet latin (translittération). Ils sont affichés sous trois formes: en 1 (tout en majuscules), le nom francisé issu de la romanisation officielle de la langue biélorusse, en 2, si il est différent, le nom romanisé officiel défini dans le système recommandé par les Nations-Unies pour tous les pays utilisant l'alphabet latin, et enfin, en dernier: le nom d'origine dans la langue et l'alphabet biélorusses (qui sont différents du russe). 

 Voici donc les 10 plus grandes villes, en terme de population (chiffres : 2018 ou 2019):



1 - MINSK  / Мінск

capitale de la Biélorussie, ville à statut spécial et chef-lieu de la voblast de Minsk (Minskaïa voblast) - 1 992 685 habitants.

ancienneté des armoiries (sceau) : 1591
abrogées en 1918 (Révolution russe)
restauration des armoiries actuelles : 1995


2 - HOMIEL  / Homieĺ  / Гомель

- ancien nom : Gomel (Empire russe et Union soviétique jusqu'en 1991)
capitale de la voblast de Homiel  (Homielskaïa voblast) -  535 690 habitants.


ancienneté des armoiries avec cette figure : 1781
 (provenant de l'ancienne ville de Bielitsa rattachée à Gomel en 1854)
 restauration des armoiries actuelles : 1997


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vendredi 14 février 2020

l'Armorial de La Planche - 1669 - Gouvernement de Champagne - Bailliage de Sens

S   uite de la visite d'un des plus anciens manuscrits répertoriant des armoiries de villes et de villages de France, dessinées à la plume et peintes à l'aquarelle, antérieur de trois décennies à l'Armorial Général de France de Charles d'Hozier ! Voir la description initiale : →

 Nous poursuivons avec la découverte du "livre" (c'est l'appellation donnée à une section d'un manuscrit, qui est lui-même divisé en chapitres) consacré au Gouvernement de Champagne. Après les premiers chapitres consacrés au Bailliages de Troyes, de Reims et de Châlons, nous nous déplaçons plus au sud, avec le bailliage de Sens, considéré comme le plus ancien de France. Sens fut réuni à la couronne en 1015, le roi Philippe Auguste y fixa en 1184 le siège d'un bailliage royal. Sens était par ailleurs le siège d'un puissant archevêché depuis le haut Moyen-Âge, dont Paris dépendait  jusqu'en 1622. Il a aussi été le plus vaste des bailliages, comprenant au plus fort de son existence, toute la haute vallée de la Seine, de Melun jusqu'à Langres. Puis, au gré des réformes, son territoire a beaucoup diminué au cours des siècles et en cette fin du XVIIe siècle, il est réduit à quatre subdivisions isolées autour des villes de Sens et de Courtenay (en pays Gâtinais), de Tonnerre, de Mussy-sur-Seine (anciennement nommée Mussy-l'Évêque) et de Vézelay. Ces anciennes circonscriptions forment aujourd'hui, une bonne partie du département de l'Yonne (créé en 1790), en y joignant les anciens pays/bailliages d'Auxerre et de l'Auxois, qui dépendaient eux, du Gouvernement de Bourgogne, la Puisaye, qui dépendait du Gouvernement d'Orléans, et aussi, nous l'avons vu récemment: le sud du bailliage de Troyes, en Champagne, avec les villes de Joigny et de Saint-Florentin, précédemment parcouru. Voici donc le quatrième chapitre, à la structure quelque peu dispersée.

      Revenir à l'épisode précédent →

Voici l'extrait d'une carte datant de la fin du XVIIIe s. , donc postérieure d'un siècle, mais sur laquelle j'ai reconstitué les limites administratives de notre région :
 Vous pouvez cliquer sur toutes les images pour les agrandir









  Les fragments de manuscrits proviennent cette fois du Volume I. Pour enrichir l'étude, j'ai mis en bonus l'extrait équivalent dans l'Armorial Général de France* (1696-1711), établi par Charles-René d'Hozier, et comme auparavant, j'ai placé le blason actuel en-dessous, pour comparer les différences ou au contraire la constance des figures dans le temps.

(*)  Armorial Général de France  -  volume XXV  -  Généralité de Paris - volume III  (BNP Paris)


Sens (Yonne)

  Les armoiries de Sens, toujours utilisées dans la communication de la municipalité et c'est exceptionnel pour une ville de cette importance, sont très anciennes et inchangées depuis sans doute le Moyen-Âge, quand la ville a été rattachée au domaine royal, comme le montre ce champ d'azur aux six fleurs de lis d'or.
 Bizarrement, dans l'Armorial Général de France (registre de Paris, tome III), Charles d'Hozier a oublié ce blason séculaire, ainsi que la ville elle-même. Mais parmi d'autres entités du moment, le corps du bailliage et celui de l'élection ont été blasonnés, avec les armes royales, logiques pour une administration du royaume (dans la France de l'Ancien Régime, l'élection était une juridiction de l'impôt; plusieurs élections formaient une généralité). 

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mercredi 5 février 2020

Les blasons des provinces de Belgique et du Luxembourg - la série 1311 des cartes postales des éditions Barré et Dayez

  V  oici maintenant un peu plus d'un an, que j'ai interrompu, mais provisoirement, cette série sur ces belles cartes postales d' "après-guerre" qui sont bien connues à la fois des passionnés d'héraldique et des cartophiles. C'était la dernière fois un petit voyage dans le temps avec les territoires français d'Afrique du Nord.  Je vous invite également à relire le préambule d'un précédent sujet → ICI qui vous donnera quelques informations sur la maison d'édition Barré et Dayez et sur l'historique de ces productions qui ont une certaine réputation chez les collectionneurs, dont je fais partie.

 📖 Je vous propose maintenant de découvrir une nouvelle et courte série répertoriée par le numéro  1311, au nombre limité de dix cartes, identifiées au verso par les lettres de A à I et Z pour la dernière.
    Succédant aux provinces historiques de la France métropolitaine avec les longues séries 1294 et 1295, puis donc les "territoires d'outre-mer" avec la série 1296, nous allons découvrir les provinces de nos voisins de la Belgique et du Luxembourg. Au passage, ce seront les seuls pays étrangers, outre les petites principautés d'Andorre et de Monaco, qui seront parcourus par cette entreprise.


❾🏴 De 1830, année de la déclaration d'indépendance (des Pays-Bas), jusqu'à 1995, le nombre de provinces de Belgique était de neuf. Les frontières de ces neuf provinces datent de la période néerlandaise entre 1815 et 1830.
   La Constitution belge fut amendée en 1993 pour adopter un système fédéral afin d'éviter la rupture entre néerlandophones et francophones. La Belgique comprend désormais trois régions : la Région flamande, la Région wallonne, et la région de Bruxelles-Capitale et trois communautés : la Communauté française, la Communauté flamande et la Communauté germanophone. Les provinces dépendent des Régions et non plus du pouvoir fédéral, ce qui a nécessité la scission de la province de Brabant, en dehors de Bruxelles, en deux nouvelles provinces : Brabant flamand et Brabant wallon. Depuis cette réforme, la capitale Bruxelles n'est plus soumise à la division en provinces.
 Nos cartes armoriées datent des années 1950, par conséquent nous sommes dans la configuration de l'époque, quand le royaume de Belgique était encore divisé en 9 provinces historiques.



1311 A - Province de Liège avec couronne de principauté de l'Empire

1311 A (Liège), verso indiquant une date d'édition en 1950

1311 B - Province de Luxembourg avec couronne de principauté de l'Empire
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