mardi 26 août 2014

La Vuelta a España 2014 - le Tour d'Espagne en blasons - la 1ère semaine, suite.

Nous voici de retour sur les routes d'Espagne (voir le précédent chapitre : ICI), pour vivre une semaine de dépaysement total dans des paysages grandioses et ces villes ou villages accrochés aux pentes arides des sierras. Et si la chaleur et le soleil sont au rendez-vous, ce ne sera pas une promenade de repos pour les coureurs. Mais la course elle-même n'est pas le choix thématique de ce blog.
 Toutefois notre petit sujet sur l'héraldique espagnole, non moins dépaysant, qui va nous balader dans l'Histoire et la géographie de l'Espagne, devrait être aussi vraiment passionnant. La spécificité de cette héraldique est l'usage presque exclusif de partitions très simples : coupés, partis, écartelés, écussons, et l'usage immodéré de la bordure, chargée de meubles divers ou d'inscriptions qui apportent souvent un éclairage complémentaire sur l'Histoire de la ville ou de la province. 
Nous poursuivons le parcours avec quatre étapes à travers les vallées minérales de l'Andalousie et à la fin de la semaine nous "remonterons" progressivement par le centre vers le nord-est en passant par la région de Castille-la Manche et l'Aragón. Là nous atteindrons les premiers cols à plus de 2 000 mètres. Cela nous promet des émotions et des surprises !


Pour commencer, voici les emblèmes et armoiries des régions (communautés autonomes) et des provinces qui seront traversées. Ce type de présentation est valable pour chaque changement de région.

Andalousie
Andalucía
Province de Séville / Provincia de Sevilla


Province de Cordoue /
 Provincia de Córdoba
Province de Malaga
Provincia de Málaga
Province de Grenade
Provincia de Granada
Province de Jaen /  
Provincia de Jaén



4e étape - Mardi 26 Août 2014  :
Mairena del Alcor  -  Córdoba (Cordoue

Mairena del Alcor
(Andalousie - Province de Séville)


• Mairena del Alcor : 
 Écu français, parti, mi-coupé à senestre : au premier de gueules, à l'image de Saint Barthélemy de carnation avec des vêtements à l'antique, tenant un livre et un couteau, le tout au naturel ; au deuxième d'or à trois pals de gueules (d' Aragón), et d'or au lion de pourpre, lampassé de gueules (de León); à la bordure chargée de huit chaudrons d'or ouverts de sable.
 Supports : un plastron de parchemin. une branche de laurier fruitée et une branche de chêne englandée, le tout au naturel.
 Timbre : une couronne royale ancienne ouverte.


 L'apôtre Saint Barthélémy, martyr chrétien est le saint patron de la ville. 
Les pals , le lion et la bordure sont la marque de la maison de Arcos, grande famille noble de Castille. Les chaudrons célèbrent les huit hôtes du lieu qui ont fourni l'assistance et la subsistance à la troupe des Ponce de León (de la maison de Arcos) pour la défense de la frontière contre les Maures. La couronne royale ancienne, qui est sur l'écu est là pour honorer le roi et saint Fernando III de Castille, qui a reconquis la ville et une grande partie du sud de la péninsule au début du XIIIe siècle. 

Córdoba
(Andalousie - Province de Cordoue)

• Córdoba (Cordoue)
Écu d'argent au lion de gueules, lampassé du même, armé et couronné d'or; à la bordure componnée de 18 pièces en alternance de Castille et de León.
  Timbre : une couronne royale fermée.


 Le blason de la Province (voir plus haut) est différent dans le nombre de compons de la bordure : 8 au lieu de 18 et où les lions sont tous de gueules; enfin le lion du champ n'est pas couronné. 
 Mais en fait la ville n’utilise plus son blason historique, l'ayant délégué en quelque sorte à la province. Le Conseil municipal a adopté en 1983 un emblème spécifique, ci dessous, montrant une ancienne vue de la cité en 1241. Elle utilise aussi un logo, basé sur cet emblème, en-dessous.

emblème officiel : vue de Cordoue en 1241 en céramique





5e étape - Mercredi 27 Août 2014  : Priego de Córdoba  -  Ronda

Priego de Córdoba
(Andalousie - Province de Cordoue)


• Priego de Córdoba : 
 Écu français, écartelé : au premier d'or à une aigle de sable couronnée, éployée, portant sur sa poitrine un écusson d'or à trois fasces de gueules (armes des Fernández de Córdoba, de la maison de Aguilar-Priego); au deuxième d'argent à l'épée d'azur, garnie d'or, tenue par deux bras d'anges de carnation, ailés d'argent, l'un mouvant du flanc dextre, vêtu d'azur et tenant la lame, l'autre mouvant du flanc senestre, vêtu de gueules tenant la poignée; au troisième d'argent au lion passant au naturel, surmonté de cinq feuilles de figuier de sinople posées en sautoir (armes parlantes de la famille de Figueroa); au quatrième d'argent à deux lions passant au naturel, posés en pal; sur le tout : un écusson d'or à l'arbre arraché de sinople et trois bandes du même brochant, à la bordure de gueules chargée de huit écussons chacun : d'or à la bande d'azur.
 Timbre : une couronne royale ouverte.

Ronda
(Andalousie - Province de Malaga)


• Ronda : 
Écu espagnol, anciennement de pourpre (de gueules depuis décembre 2013) à un faisceau de cinq flèches en fasce et en éventail, chargé d'un arc en pal, brochant, le tout d'argent, accosté de deux colonnes du même, surmonté d'un joug posé en fasce, du même et lui-même surmonté d'une couronne de marquis d'or; à la bordure d'argent chargée de la devise latine en lettres de sable : "ORANDA FIDELIS ET FORTIS" (Oronda [Ronda], fidèle et forte). 
Timbre : une couronne de marquis.

 Le joug et les flèches sont des symboles de Ferdinand d'Aragon et Isabelle de Castille, les "Rois Catholiques".















6e étape - Jeudi 28 Août 2014  :
Benalmádena  -  La Zubia


Benalmádena
(Andalousie - Province de Malaga)


• Benalmádena
Écu espagnol, à enquerre : d'argent, à une tour donjonnée d'or ouverte et ajourée d'azur, accostée de deux arbres arrachés de sinople, surmontés des lettres onciales de sable F et Y, le tout soutenu par quatre fasces ondées d'azur.
Timbre : une couronne royale fermée.


Le blason est parfois représenté avec un champ d'azur pour respecter la règle d'accord des couleurs. Les capitales F et Y sont les initiales se référant aux "Rois catholiques": Ferdinand d'Aragon et Isabelle de Castille.






La Zubia
(Andalousie - Province de Grenade)


• La Zubia 
Écu français, parti : d'or à cinq lauriers-arbres de sinople posés en fasce, fûtés au naturel, naissants du champ, le second penché et brochant sur les autres ; d'azur à la maison de ferme d'argent maçonnée, ajourée et ouverte de sable, soutenue par une fasce du même, posée en barre; un écusson ovale d'argent à la grenade d'or, ouverte de gueules, feuillée de sinople,  brochant sur le parti, en pointe; au chef de gueules à la couronne d'or de la reine Isabelle la Catholique.
Timbre : une couronne royale fermée.

La couronne rappelle la Reine Isabelle qui est une figure très attachée à l'histoire de la commune. Une légende prétend que lors d'une bataille contre les musulmans, elle a couru un grand danger et a dû se cacher avec ses enfants dans un buisson de lauriers, ce qui lui a donc sauvé la vie. 
 Le blason parti rappelle que la commune est coupée en deux par les gorges de Corvales. Et la ferme, avec le ruisseau symbolisé par cette ligne droite, rappelle l'origine rurale de la ville.
La grenade héraldique symbolise l'ancien Royaume maure de Grenade, dernier territoire musulman subsistant en Espagne et reconquis en 1492 par les "Rois catholiques": Ferdinand II d'Aragón et Isabelle de Castille puis rattaché au royaume de Castille.




7e étape - Vendredi 29 Août 2014  : Alhendín   -  Alcaudete


Alhendín
(Andalousie - Province de Grenade)
• Alhendín  :
Écu espagnol, écartelé : au premier d'azur à la tour d'or, maçonnée de sable, ajourée et ouverte du champ; au deuxième d'argent à un mont de deux coupeaux au naturel surmonté d'un monogramme marial d'or ; au troisième d'argent à dix tourteaux d'azur disposés 3,3,3 et 1 (armes de la maison Altamirano, marquis de Alhendín de la Vega de Granada) ; au quatrième d'or à la grenade de sinople, ouverte de gueules ; à la bordure de gueules chargée de huit flanchis d'or. 
 Timbre : une couronne royale fermée.

La tour représente l'ancien château arabe du lieu ; le second quartier rappelle l'Immaculée Conception, patronne de la ville, le troisième , ainsi que la bordure aux croisettes, se rapportent donc aux anciens seigneurs de la ville et le dernier quartier marque l'appartenance à la Province de Grenade.




Alcaudete
(Andalousie - Province de Jaen)




• Alcaudete 
 Écu français, d'or au château au naturel ouvert du champ sur une champagne de gueules chargée de trois fasces componnées d'argent et d'azur pour la première et la troisième , d'azur et d'argent pour la deuxième, surmontée par une croix de l'Ordre de Calatrava de gueules ; à la bordure d'argent portant l'inscription en orle , en espagnol et en capitales de sable : "TU EN ELLA Y YO POR ELLA" se traduisant par : "Vous en elle et moi pour elle".
 Timbre : une couronne royale ouverte
 (ou comtale sur le logo). 

 L’Ordre de Calatrava est un ordre militaire hispanique fondé au XIIe siècle, créé pendant  les guerres entre chrétiens et musulmans dans la péninsule ibérique. Basé sur les mêmes principes de fonctionnement que les Templiers, il est le premier ordre militaire espagnol.








 8e étape - Samedi 30 Août 2014  : Baeza  -  Albacete


Baeza
(Andalousie - Province de Jaen)


• Baeza 
Écu espagnol, de gueules à la porte de château avec deux tours, d'or, crénelée, maçonnée de sable, ouverte et ajourée d'azur, sur les vantaux de la porte , deux clés d'argent en pal, adossées; entre les deux tours, un flanchis d'or surmonté par une croix patriarcale d'argent.
 Timbre : une couronne royale fermée.

La croix patriarcale (à deux branches) symbolise le Saint Esprit par une vision miraculeuse. Selon la légende, la garnison envoyée par le roi de Castille Fernando III, en 1127, pour prendre la ville assiégée aurait vu par miracle une croix apparaître au-dessus du château. Le lendemain, la ville fut abandonnée discrètement.  Ce miracle se déroula le jour de Saint André (le 30 novembre), c'est pourquoi la croix en sautoir ou flanchis apparaît sur le blason. La prise de la ville aux musulmans est symbolisée par les clés.




Albacete
(Castille-la Manche - Province de Albacete)


• Albacete 
Écu espagnol : d'argent à trois tours au naturel (couleur de pierre), mal ordonnées, maçonnées de sable, ouvertes et ajourées d'azur, surmontées en chef d'une chauve-souris de sable, aux ailes déployées.
Timbre : une couronne de marquis.

Le blason d'Albacete, très ancien, s'est présenté sous de nombreuses versions et laisse quelques questions sans réponses sur son origine et la symbolique de ses éléments. 
 Tours ou châteaux ? il est fort possible qu'on ait voulu représenter les trois châteaux , possessions du Marquis de  Villena, le maître d'Albacete :  Alarcón, Chinchilla et la Atalaya de Villena ; La couronne de marquis en tout cas est bien là en l'honneur d'Alphonse d'Aragon, marquis de Villena qui a donné le titre de "ville" à Albacete. 
Enfin, le meuble le plus spectaculaire est cette chauve-souris (murciélago en espagnol). Tout aurait commencé par deux mains ailées affrontées, tenant une dague, puis par une figure d'aigle aux ailes éployées qui peu à peu s'est transformée en chauve-souris sans qu'on sache la raison de cette évolution. C'est un peu comme le dragon du cimier des armes de l'Aragon qui a progressivement glissé vers la chauve-souris au cours des siècles (voir mon dossier spécial →

Le blason a été fixé sous cette forme et avec ce blasonnement au cours du XXe siècle et enfin officialisé par le Conseil municipal (Ayuntamiento) en 1986 ( dessin de Wikipedia). Toutefois il apparait différent dans les couleurs sur les utilisations que la ville en fait ( voir logos officiels ci-contre et ci-dessous),  ce qui est  fort énervant pour les observateurs !
Voici une étude extrêmement complète, mais en espagnol, ici →



Communauté autonome de Castille-la Manche
 Communidad autónoma de Castilla-la Mancha
Province de Albacete
Provincia de Albacete
Province de Cuenca
Provincia de Cuenca
Province de Teruel - Communauté autonome d'Aragon / 
Provincia de Teruel - Communidad autónoma de Aragón



 9e étape - Dimanche 31 Août 2014  : 
Carboneras de Guadazaón  -  Aramón Valdelinares

Carboneras de Guadazaón
(Castille-la Manche - Province de Cuenca)



• Carboneras de Guadazaón 
Écu espagnol : parti mi-coupé à senestre, au premier de gueules au reliquaire d'argent contenant des reliques du champ, rayonnant d'or; au deuxième d'azur à trois monticules de sable fumant au naturel, sur une terrasse de sinople soutenue par des ondes d'argent et d'azur et de gueules à la tour d'or, maçonnée de sable , ouverte et ajourée du champ, avec une échelle de sable appuyée sur un créneau à dextre.
Timbre : une couronne royale fermée.

Le reliquaire est dédié à la vénération des taches de sang de Santa Hijuela , une obscure sainte locale. 
La toponymie  de "Carboneras" est illustrée par les trois monticules qui sont des "charbonnières", espèces de fours naturels pour confectionner le charbon de bois, indispensable aux hommes pour le chauffage et la cuisine, avant qu'on industrialise l'extraction de la houille du sous-sol; Il a retrouvé une seconde vie avec la mode des barbecues, aujourd'hui ! Et les ondes symbolisent la rivière de la commune qui se nomme "río Guadazaón".

Valdelinares
(Aragon - Province de Teruel)

Aramón Valdelinares est une station de sports d'hiver de la Sierra de Gúdar (alt. 2000 m.), une des chaînes de montagnes du Système Ibérique. Le nom de Aramón, qui est une société privée gérant les stations de ski en Espagne est associé à celui de Valdelinares, un petit village de montagne de 120 habitants, le plus haut d'Espagne et aussi de la péninsule ibérique, à 1962 m. d'altitude.

 •  Valdelinares Ce municipio (équivalent à une commune en Espagne) ne possède pas de blason. Son emblème (non héraldique) se compose de cinq pins verts qui se réfèrent à son nom d'origine latine «val de lignare» qui signifie «la vallée entre les pins».


Communauté autonome d'Aragon
 Communidad autónoma de Aragón

Lundi 1er Septembre 2014  :  descanso (repos)


la suite du parcours mardi prochain ...

Pour suivre la course, étape par étape par les cartes, les classements et les statistiques, etc...je vous invite à consulter l'excellent site de La Vuelta 2014 → ICI  (en trois langues : ES/FR/EN)

Et pour visionner les fins d'étapes gratuitement, en replay J+1, je vous conseille le site de la RTVE (en espagnol) → ICI


Crédits :
carte :  www.lavuelta.com
blasons ( vous pouvez visualiser les références des dessins et leurs auteurs en passant la souris sur les images) :
es.wikipedia.org  ou commons.wikimedia.org
les logos viennent des sites officiels de chaque commune et :
www.tixalia.com



            Herald Dick

lundi 25 août 2014

Histoire parallèle : 25 août 1914-2014 -
les forces britanniques basées au Nigeria
pénètrent dans le Kamerun allemand

La plus grande partie de l’Afrique avait été colonisée à la fin du XIXe siècle par les puissances appartenant à la Triple Entente : la Grande-Bretagne, la France, mais aussi la Belgique, et l'Italie et le Portugal qui entreront dans le conflit plus tard. Toutefois, l’Allemagne et l’Empire ottoman (la Turquie), son allié secret à cette date, sont également présentes en Afrique ou en mesure d’y intervenir. L’Allemagne possède des colonies dispersées, que les Alliés entreprennent de conquérir dès août 1914.  Ils y parviennent très vite au Togo, conquis dès ce mois d'août 1914 (voir →). Les autres territoires seront défendus avec beaucoup plus d'acharnement : le Sud-Ouest Africain, sera conquis par les Anglais et les Sud-Africains en juillet 1915; le Cameroun tombera en février 1916 et l'Afrique Orientale Allemande, quant à elle, restera invaincue jusqu’au 11 novembre 1918, date de l'armistice, grâce à la défense héroïque, il faut bien le reconnaître, de son chef militaire :  Paul Emil von Lettow-Vorbeck.


drapeau des Affaires Étrangères de l'Allemagne
 utilisé dans les colonies en 1914
pavillon de marine de l'Empire britannique en 1914
drapeau national de la France et des colonies en 1914
















carte des opérations  1914-1916
source :http://pedagogie.lyceesaviodouala.org/
histoire-geographie/app_grande-guerre/accueil.htm
• 5/6 août 1914 : Première attaque au Kamerun contre les Allemands par un contingent français venant d'Afrique Équatoriale française, du Tchad voisin, plus exactement.  Elle aboutit à l’occupation par les Français de la localité de Zinga que les Allemands leur avaient prise en 1911 (voir l'affaire d'Agadir ).

carte postale d'époque montrant le vrai (voir ici → )
premier drapeau militaire allemand capturé par les troupes françaises.
Trop loin de la métropole, il n'a pas pu être honoré comme son
 collègue alsacien sous le Dôme des Invalides à Paris !


















Au début de la guerre en Europe, début Août 1914, l'administration coloniale allemande du Kamerun avait tenté d'offrir la neutralité à la Grande-Bretagne et à la France, conformément aux articles 10 et 11 de la Conférence de Berlin en 1885. Cependant, cette requête fut rapidement rejetée par les alliés. Les Français étaient impatients de retrouver le territoire cédé à l'Allemagne par le Traité de Fès en 1912.
chromo française d'époque ~1910 montrant une partie du patrimoine colonial du IIe Reich allemand


• 25 août les forces britanniques basées au Nigeria pénètrent dans le Kamerun allemand à plusieurs points sur la frontière. Elles progressent dans la colonie vers Mara dans le Grand Nord, vers Garoua dans le centre, et vers Nsanakang dans le sud. Puis de  Garoua, l'ordre est de prendre le poste frontière allemand à Tepe près de Garoua. Le premier engagement entre les troupes britanniques et allemandes dans la campagne a eu lieu lors de la bataille de Tepe, qui provoquera un retrait des allemands.
vignette de propagande de l’Allemagne avec drapeau de guerre
de la marine et la silhouette du yacht "Hohenzollern"

 • L’attaque suivante, le 29 août, fut celle que lancèrent les troupes venues de Gambie, de Sierra Leone, du Gold Coast et du Nigeria, sous le commandement du général Cunliffe. La localité de Garoua fut prise, mais les troupes britanniques durent battre en retraite. Elles ne réussirent pas non plus à s’emparer de Mora au Nord du pays. Les forces britanniques dans le sud sont vaincues  et presque entièrement détruites par des contre-attaques allemandes à la bataille de Nsanakong.  La forteresse allemande de Garoua n'est pas prise et les britanniques sont repoussés à la première bataille de Garoua le 31 Août. Il leur fallait des troupes beaucoup plus nombreuses. Le Kamerun défend chèrement son territoire.

• En septembre 1914, le général de brigade Dobell, à la tête d’une armée franco-anglaise bien plus nombreuse et soutenue par une puissante marine de guerre, attaqua le port de Douala dont il réussit à s’emparer. Mais ce n'est pas fini pour autant, les opérations vont durer pendant de long mois avant la capitulation en 1916.
sources textuelles : http://en.wikipedia.org et http://georepere.e-monsite.com

couverture d'un livre sur les colonies allemandes d'Afrique écrit par un ancien explorateur
 et gouverneur de l'Afrique orientale allemande : Hermann von Wissmann (1853-1905)

Projet d'armoiries pour le Cameroun (1914) - carton original signé (fac-similé)
blason : une tête (rencontre) d'éléphant
Au printemps 1914, un projet, initié par un secrétaire d'état de l' administration
 coloniale impériale du nom de Wilhelm Solf proposait des armoiries et des drapeaux
 pour chaque colonie allemande. Ce projet se basait sur l'exemple des colonies britanniques.
Enthousiasmé, l'empereur Guillaume II fit rajouter en chef  le "Reichsadler"
(l'aigle impériale) avec son blason et en timbre la couronne impériale.
Le drapeau (ci-dessous), ne comportait , lui que le blason sans aigle ni couronne.
La guerre était arrivée entre temps, ces symboles n'ont jamais été officialisés.

belle vignette de propagande éditée en Allemagne, après guerre (1922) -
 le texte dit : "Vous nous avez volé cruellement ce temps,
mais un jour la justice viendra"
belle carte postale philatélique d'époque , les timbres montrent encore la silhouette du yacht de Guillaume II : le  "Hohenzollern"
carte du monde en guerre avec au centre : les opérations en août 1914 en Afrique
drapeau du Gouverneur général des Colonies françaises
 (carte de collection allemande)
la carte montre le partage et l'annexion d'une partie du Cameroun allemand défait, après l'accord du 3 mars 1916
drapeau colonial britannique du Nigeria
 ( carte de collection allemande)
la carte du Nigeria montre le partage et l'annexion d'une partie du Cameroun allemand, comme plus haut.

Je rappelle le challenge accompagnant cette série de sujets "Histoire parallèle" qui est de n'utiliser qu'un maximum de documents d'époque. Ici seuls, le projet de drapeau colonial allemand du Kamerun et la carte du monde en guerre sont de conception récente ! 



                   Herald Dick