mercredi 29 juin 2016

Capitales du monde : Berlin *Vierte*,
et son emblème : l'ours, complètement timbré !

cinderella illustrant le partage de Berlin par le Mur en 1961
 n ouveau volet (*Vierte*= quatrième en allemand), consacré au symbole mondialement connu et... omniprésent, de la ville de Berlin
(voir le précédent volet → ICI).

Cette fois nous allons passer en revue la collection extrêmement nombreuse, mais néanmoins variée, y compris par l'origine géographique, géopolitique et thématique des timbres ou vignettes à caractère philatélique en rapport avec le blason de Berlin.  Je vous propose un classement mixte : chronologique et thématique en partant de la fin du XIXe siècle jusqu'à nos jours !
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Les timbres aux armes de Berlin capitale du Reich, avant 1945

En philatélie, un "cinderella" (de Cendrillon, en français) est un timbre ou une vignette non officielle qui ressemble à s'y méprendre à un timbre-poste, mais qui n'a pas été émis à des fins postales par l'administration de tutelle d'un état. Ce sont en général des vignettes commémoratives, publicitaires ou de bienfaisance émises par des organismes indépendants à l'occasion d'un évènement important, d'une exposition, ou pour les besoins d'une cause, etc... Elles peuvent porter une valeur faciale, comme un timbre-poste, ou pas du tout.
Celles que je vous propose montrent toutes l'emblème de Berlin dans un écu d'armes ou en liberté ! 

Foire d'Automne : 12/26 août 1896


Fondation Guillaume II pour une maison de repos de la Marine
le navire est le croiseur SMS Berlin de la Reichsmarine
lancé en 1903, il finit sabordé en 1947.
Foire aux meubles: 15/22 septembre 1927

Foire des Papiers : 16/18 août 1913




Expo philatélique en 1928


Exposition philatélique IPOSTA à Berlin en 1930 : timbres-vignettes et carte postale
cinderella d' époque incertaine
cliquer sur le lien ci-dessous pour lire la suite :

samedi 25 juin 2016

Top 10 des communes de France les moins peuplées mais qui possèdent un blason

Voici un nouveau volet à cette série consacrée à la découverte de l’héraldique civique, à travers divers pays du Monde. Le principe du "Top xx" très répandu dans les médias et sur Internet, pour recenser ce qui est le plus remarquable dans un domaine particulier est ici adapté à cette thématique. Il nous permettra de découvrir ou réviser la géographie d'un pays choisi de manière aléatoire et dans le même temps de s'intéresser à sa diversité en matière de blasons et emblèmes municipaux.

  Nous allons cette fois rester en France et inverser l'échelle des valeurs. Plutôt que de faire l'inventaire des 10 ou 15 plus grandes villes de notre pays dont tout un chacun connait très certainement le blason, j'ai pris le sujet à l'envers, en cherchant les communes qui sont au contraire les moins peuplées de France !







 Voici donc parmi les communes les moins peuplées de France (chiffres : 2013), 10 d'entre elles (en bleu sur la carte ci-dessus), qui possèdent tout de même un blason





1 - MAJASTRES

commune du département des Alpes-de-Haute-Provence, dans le canton de Riez et membre de la communauté de communes Asse Bléone Verdon -  2 habitants







○ il existe toutefois une commune de France avec 1 seul habitant recensé ! : Rochefourchat dans le département de la Drôme, mais elle ne possède actuellement pas de blason ...



2 - LEMÉNIL-MITRY

commune du département de la Meurthe-et-Moselle, dans le canton de Meine au Saintois et membre de la communauté de communes du Pays du Saintois -  3 habitants






3 - FONTANÈS-DE-SAULT

commune du département de l'Aude, dans le canton de la Haute-Vallée de l'Aude et membre de la communauté de communes des Pyrénées Audoises -  4 habitants





○ la commune de Caubous (Haute-Garonne) était aussi peuplée de 4 habitants en 2013, mais elle ne possède actuellement pas de blason ...


4 - ORNES

commune du département de la Meuse, dans le canton de Belleville-sur-Meuse et membre de la communauté d'agglomération du Grand Verdun (c'est un des villages classés « morts pour la France lors de la Guerre de 1914-1918 » ) -  6 habitants





○ les communes d' Épécamps (Somme), La Bâtie-des-Fonds (Drôme) étaient aussi peuplées de 5 habitants en 2013, celles de Méréaucourt (Somme), Trébons-de-Luchon (Haute-Garonne) comptabilisaient 6 habitants, mais aucune ne possède actuellement de blason ...



5 - CAUNETTE-SUR-LAUQUET

commune du département de l'Aude, dans le canton de Limoux et membre de la communauté de communes du Limouxin -  8 habitants








6 - MOLRING

commune du département de la Moselle, dans le canton du Saulnois et membre de la communauté de communes du Saulnois -  8 habitants








7 - OURDON

commune du département des Hautes-Pyrénées, dans le canton de Lourdes-2 et membre de la communauté de communes de Castelloubon -  8 habitants





○ les communes de Rouvroy-Ripont (Marne), Charmes-en-l'Angle (Haute-Marne), Urtière (Doubs), Douaumont (Meuse) étaient aussi peuplées de 8 habitants en 2013, mais aucune ne possède actuellement de blason ...


8 - VÉRIGNON

commune du département du Var, dans le canton de Flayosc et membre de la communauté de communes des Lacs et Gorges du Verdon 10 habitants






○ les communes d'Izon-la-Bruisse (Drôme), Senconac (Ariège), Bourg-d'Oueil (Haute-Garonne) n'étaient peuplées que de 9 habitants en 2013, mais aucune ne possède actuellement de blason ...


9 - LA FAJOLLE

commune du département de l'Aude, dans le canton de Quillan et membre de la communauté de communes des Pyrénées Audoises -  10 habitants






○ les communes d'Aulan (Drôme), Baren (Haute-Garonne), Érone (Haute-Corse), La Haute-Beaume (Hautes-Alpes), Châtillon-sur-Lison (Doubs), Saraz (Doubs) étaient aussi peuplées de 10 habitants en 2013, mais aucune ne possède actuellement de blason ...




10 - THEY-SOUS-VAUDEMONT

commune du département de la Meurthe-et-Moselle, dans le canton de Meine au Saintois et membre de la communauté de communes du Pays du Saintois -  11 habitants






• Première remarque à ce classement, pour anticiper les contestations de quelques internautes pointilleux: j'ai pris comme base les données statistiques publiées par l'INSEE et portant le millésime 2013. Les recensements étant faits maintenant en France de façon étalée dans le temps, et non plus à une période fixe pour l'ensemble du territoire, il est très possible que la population réelle de nos 10 communes ait évolué, en plus ou en moins, en 2016.  Mais finalement on devrait retrouver les mêmes noms dans un ordre un peu différent.

•  Il existe aussi six communes dites « mortes pour la France », sans habitant, mais dont le maire est nommé par le préfet de département. Ce sont les communes qui ont servi de champ de bataille et ont été réduites à néant par les combats durant la Première Guerre mondiale, près de Verdun, dans le département de la Meuse :  Beaumont-en-Verdunois, Bezonvaux, Cumières-le-Mort-Homme, Fleury-devant-Douaumont, Haumont-près-Samogneux et Louvemont-Côte-du-Poivre. Aucune n'a jamais été pourvue d'armoiries.

•  Pour la plupart de ces communes, la date de création ou d'adoption de leurs armoiries est assez récente, au mieux le milieu du XXe siècle. Mais trois d'entre elles sont d'origine beaucoup plus ancienne, car on peut les retrouver figurant dans l'Armorial Général de France établi par Charles-René d'Hozier en vertu de l'édit royal de 1696  :
 Majastres dans l'Armorial Général de France -  Volume n° 30 - Provence tome II - page 1945
 Fontanès(-du-Sault) dans l'Armorial Général de France -  Volume n° 15 - Languedoc tome II - page 2340
Vérignon dans l'Armorial Général de France -  Volume n° 29 - Provence tome I - page 201

○ les blasons proviennent tous du site armorialdefrance .fr ( dessins de Daniel Juric)
sauf celui de la commune n°9 qui a été emprunté au site labanquedublason2 .com ( dessin Jean-Paul Fernon)
○ et les extraits de l'Armorial Général de France sont visibles sur le site gallica.bnf. fr (Bibliothèque Nationale de France, départements des manuscrits).



Si vous voulez revoir les 10 plus grandes villes de la France avec leurs blasons et leurs logos officiels, c'est → ICI


A bientôt, pour un nouveau pays ...
Et pour revoir le pays précédent ...  → ICI






          Herald Dick
 






mercredi 22 juin 2016

l'Armorial de La Planche - 1669 - Gouvernement de
Picardie - Sénéchaussée de Ponthieu

 S   uite de la visite d'un des plus anciens manuscrits répertoriant des armoiries de villes et de villages de France, dessinées à la plume et peintes à l'aquarelle, antérieur de trois décennies à l'Armorial Général de France de Charles d'Hozier ! Voir la description initiale : →

 Nous poursuivons avec la découverte du Gouvernement de Picardie. Nous avons vu les fois précédentes, que la province de Picardie au XVIIe siècle regroupait globalement : tout le département actuel de la Somme, une petite frange au nord du département de l'Oise, le nord du département de l'Aisne : les pays du Vermandois (Saint-Quentin) et de la Thiérache, ainsi que la partie occidentale et maritime du département du Pas-de-Calais: le Boulonnais et le Calaisis.
Nous poursuivons avec le chapitre 4 consacré à la sénéchaussée du Ponthieu :

    Revenir à l'épisode précédent →




Voici l'extrait d'une carte datant de la fin du XVIIIe s. , donc postérieure d'un an, mais sur laquelle j'ai reconstitué les limites administratives de notre région :
 Vous pouvez cliquer sur toutes les images pour les agrandir




Les fragments de manuscrits proviennent toujours du Volume I. Pour enrichir l'étude, j'ai mis en bonus l'extrait équivalent (quand il existe) dans l'Armorial Général de France* (1696-1711), établi par Charles-René d'Hozier, et comme auparavant, j'ai placé le blason actuel en-dessous, pour comparer les différences ou au contraire la constance des figures dans le temps.

(*) Armorial Général de France - volume XXVI -  Picardie - Généralité d'Amiens (BNF Paris)


Abbeville (Somme)

  C'est indiqué dans le texte: Abbeville est la capitale du pays de Ponthieu. Elle porte le blason de l'ancien comté de Ponthieu, mais avec les couleurs inversées. Si le Ponthieu porte "d'or à trois bandes d'azur à la bordure de gueules, Abbeville porte "d'azur à trois bandes d'or à la bordure de gueules", mais l'erreur est très fréquente. Faites une recherche sur votre moteur préféré, vous verrez par vous même. Et d'ailleurs notre auteur du manuscrit: Pierre de La Planche l'a faite! ou encore l'auteur du plus ancien "Armorial des Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem" (voir → ICI), alors que Monsieur d'Hozier a lui bien tenu compte de cette particularité ...
  Le chef de France et la devise "FIDELIS" (je suis fidèle) ont été ajoutés aux armes initiales en 1369, par lettres patentes du roi de France Charles V pour remercier les habitants d'Abbeville de leur fidélité à la couronne.

cliquer sur le lien ci-dessous pour lire la suite :

samedi 18 juin 2016

Recueil d'armoiries de villes de France peintes au XVIe siècle - chapitre #04 - Parlements de Normandie, de Bretagne et de Bourgogne

blason de la ville de Saint-Lô (Normandie)
avec une licorne réduite à sa seule tête : surprenant ! 
 fin du XVIe siècle - manuscrit Fr 17256
 N ous voici de retour pour remonter dans le temps des premiers blasons municipaux avec l'un des plus anciens manuscrits répertoriant des armoiries peintes en couleurs de villes de France. Il est en effet bien antérieur d'au moins trois quarts de siècle à celui réalisé par Pierre de La Planche dont je publie régulièrement des extraits depuis plusieurs années . Il est bien sûr aussi et encore plus ancien que l'illustre Armorial Général de France de Charles d'Hozier qui fait souvent référence pour l'ancien régime, avant la Révolution française et la suppression des armoiries en 1790. La date exacte est difficile à évaluer avec précision, mais nous sommes à coup sûr dans les dernières années du XVIe siècle, plutôt au début du XVIIe grâce à certains indices que nous avons notés dans les précédents volets.

 Voir la description initiale de notre armorial du XVIe siècle (BNF / Français 17256) dans le premier volet: → ICI, ainsi que le chapitre précédent :  #03

 Comme je le fais pour l’Armorial de La Planche, je propose à titre indicatif et comparatif, placées en dessous de chaque page, les armoiries actuelles de chaque ville mentionnée. Cela permet ainsi au lecteur de se rendre compte de l'évolution ou de la constance du blason dans le temps en un peu plus de quatre siècles.

 Nous poursuivons la découverte de ce précieux manuscrit avec une région entrevue la dernière fois avec le blason de la ville de Rouen : la Normandie. Ce seront les villes importantes du Parlement de Normandie, pour être plus précis. Puis nous passerons en revue celles du Parlement de Bretagne, pour finir avec le Parlement de Bourgogne. Je le rappelle encore : ces divisions administratives de l'Ancien régime, les parlements, représentaient l'autorité législative et judiciaire au nom du roi à travers tout le royaume. Il y en avait dix à cette époque, et elles étaient de tailles inégales (voir → ICI).

folio 112 r. (recto) :  Pont-de-l'Arche /  Honfleur /  Dieppe  /  Pont-Audemer /  Bayeux /  Falaise

Pont-de-l'Arche
Dieppe
Honfleur


Pont-Audemer
Falaise
Bayeux

• On s'étonnera en premier lieu de la graphie étrange "Pontheau de Mer" qui ressemble à une blague !
On remarquera également sur ces armes de Pont-Audemer la présence d'un lion passant sur le pont qui a disparu par la suite du blason "moderne".

• Ensuite on notera que tous les villes de cette page du manuscrit ont un blason composé d'un chef de France : "d'azur à trois fleurs de lis d'or". Seules trois de ces villes l'ont conservé aujourd'hui.  Au demeurant, le reste des figures et des émaux a peu varié sauf dans les détails : Pont de l'Arche avait une rivière d'azur, elle est désormais de sinople; Honfleur avait une mer en pointe, mais pas Dieppe, et le château de Falaise n'était pas encore posé sur son rocher.

• Voir l'évolution des blasons au siècle suivant, avec La Planche (après 1669) ou d'Hozier (après 1696):
Pont-de-l'Arche, Honfleur, Pont-Audemer  → ICI       Dieppe → ICI          Bayeux, Falaise → ICI                        
cliquer sur le lien ci-dessous pour lire la suite :