lundi 23 janvier 2017

Philatélie et héraldique - nouveauté : 72 timbres avec armoiries de villes émis par la Finlande en 2016 : record à battre ! - 1ère partie

🏤Si vous suivez régulièrement sur ce blog les sorties de nouveaux timbres en rapport avec le thème de l'héraldique (voir "Philatélie" dans les onglets tout en haut de cette page) vous avez certainement remarqué que les agences postales de certains pays d'Europe de l'est : Russie, Lituanie, Lettonie, Estonie, Biélorussie, Ukraine, Roumanie, Moldavie, entre autres, sont très prolifiques dans la spécialité des armoiries de villes ou de provinces, et ce depuis plus d'une dizaine d'années.
  Mais voici qu'au printemps 2016, un nouveau "concurrent" sérieux apparait avec une première série de six villes: la Finlande, laissant augurer une longue suite... J'en avais déjà parlé dans un des chapitres précédents ( voir → ).  Ce pays, jusqu'à maintenant, ne nous avait pas habitués à une telle performance pour illustrer l'art de l'héraldique dans sa production philatélique, exception faite des nombreux timbres d'usage courant portant exclusivement les armoiries nationales.
exemple de feuille de 10 timbres avec le blason de la ville d'Oulu, 5e ville du pays en terme de population.
📌 La poste finlandaise (Posti) a entrepris un challenge très risqué : distribuer et mettre en vente dans ses bureaux à travers le pays, simultanément, et dans chaque province, des feuilles de timbres personnalisés représentant les armoiries des principales villes ou communes de la région. Le résultat est 72 (oui 72 c'est énorme !) timbres régionaux différents émis en feuilles de 10 avec une valeur de 1ère classe, soit 1,20 € chacun (voir ci-dessus). Mais voilà la feuille est vendue 15 €, et non pas 12 € et c'est là, avec cette marge de 25%, que la poste finlandaise a peut-être fait une erreur de jugement. Car imaginez que vous êtes un modeste collectionneur et que vous voulez vous procurer la série complète, il vous faudra donc débourser : 72 x 15,00 € = 1080,00 € !!!  😳😬😭 sans les frais de transport, si vous commandez en ligne! cela peut décourager beaucoup de jeunes à s'intéresser à ce loisir, définitivement.  Si néanmoins vous voulez sauter le pas, voici le site de la poste finlandaise : verkkokauppa .posti.fi/  (langue : FIN ) ou  verkkokauppa .posti.fi/ ( langue : ENG)

🔍 Et voici donc la première partie de cette liste de timbres, avec de magnifiques armoiries, d'une qualité graphique exceptionnelle. Je les classés par régions d'origine des villes représentées, avec une petite carte en dessous, et une grande, plus détaillée tout en bas de page, pour localiser précisément les villes citées :


LAPONIE 


Enontekiö
Inari

• ci-dessus, à gauche (Enontekiö) : l'oiseau est appelé en finnois: riekko, c'est le lagopède des saules (Lagopus lagopus)
• ci-dessus, à droite (Inari) :  ce curieux assemblage d'un saumon pourvu de cornes de rennes vient d'une légende des samis, j'en ai déjà parlé → ICI
.
Kemi
Kittilä
• ci-dessus, à gauche (Kemi) : un autre saumon dans le quartier inférieur. L'écu est timbré d'une couronne de comte.
• ci-dessus, à droite (Kittilä)  : ce n'est pas un ours, ni un loup, mais un animal tout aussi féroce, endémique des régions arctiques, appelé en finnois ahma, en sami :  geatki ; c'est un glouton (Gulo gulo).

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jeudi 19 janvier 2017

Ils sont allé sur la Lune : les insignes des missions Apollo (1966-1972)

le logo de la mission Apollo 17, la dernière en date, à ce jour
 à avoir déposé des astronautes sur la Lune, en décembre 1972
🌌  Il est mort lundi 16 janvier 2017, à l’âge de 82 ans. C'est la Nasa qui a annoncé son décès sur le réseau social Twitter. Il était le dernier homme à avoir posé le pied sur la Lune : son nom est Eugene ou "Gene" Cernan. C'était le 14 décembre 1972, avant qu'il ne remonte dans le module lunaire (le LEM) qui va le ramener vers le vaisseau Apollo 17 en orbite lunaire, puis vers la Terre avec ses deux coéquipiers : Harrison Schmitt et Ronald Evans.
 
  Après la mort d'Eugene Cernan, il reste six astronautes encore en vie à avoir foulé le sol lunaire. Parmi eux, se trouve Buzz Aldrin, le deuxième homme à avoir posé le pied sur la Lune, quelques minutes après Neil Armstrong, qui lui est décédé en 2012.

Photo de Eugene Cernan sur le sol de la Lune,  à côté du "rover" , le véhicule lunaire avec lequel ils parcoururent de longues distances à chaque sortie extra-véhiculaire,  pour explorer la proximité du point d'alunissage.  Le rover va parcourir une distance cumulée de 35,9 km en 4 h 26 min, établissant un nouveau record dans ce domaine. Cernan et Schmitt s'éloignent jusqu'à 7,6 km du module lunaire.    Photo : Harrisson Schmitt-Nasa-AFP
le logo officiel du programme Apollo, avec la lettre A
majuscule pour Apollo, entre la Terre et la Lune sur
laquelle se dessine le profil du dieu gréco-romain Apollon
 qui a donné son nom au projet et en arrière plan :
 la constellation d'Orion
  🌓 Ces hommes "à l'étoffe des héros" qui ont fait l'admiration du monde entier, certains qui nous fait frémir d'inquiétude, et attristés également par leur sacrifice dans les rares mais tragiques accidents, portaient sur leurs équipements et combinaisons : des  patchs, des écussons, des insignes brodés identifiant chacune des missions. Dans le titre de ce sujet je proclame "qu'ils sont allés sur la Lune", en parlant des insignes qui accompagnaient les vols habités, mais ce n'est pas tout à fait vrai : pas vraiment tous ! Certaines missions ont échoué dans leurs tentatives, parfois tragiquement. D'autres ont constitué des reprises en main pour préparer le grand coup qu'a été Apollo XI avec le premier pas humain sur la Lune. Nous allons voir ces étapes dans le développement de cette page. Mais je ne vais pas vous relater toute l'histoire en détails, il existe tellement de récits passionnants qui ont  fait ce travail. Je vous propose une revue des symboles de cette grande aventure qui a passionné le monde entier durant deux décennies, en pleine Guerre froide, une longue période durant laquelle l'Union Soviétique et les États-Unis d'Amérique se sont livré à une lutte technologique sans pareil dans l'histoire de l'humanité, pour la conquête de l'espace. Une bagarre sans pitié qui a eu au moins le mérite d'occuper les esprits et les moyens à autre chose que de déclencher une guerre nucléaire sur le sol terrestre, cette fois !
  patch (écusson en tissu) reconstitué d'après l'original (période 1964-1966)
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dimanche 15 janvier 2017

Les blasons des métiers et corporations #09 - Wiener Gewerbewappen - les blasons des Guildes de marchands à Vienne en Autriche (III)

ancienne enseigne de boutique de boucher en Autriche
avec les armoiries impériales (fin XIXe - début XXe s.)
  R 󠀡etour sur le sujet que j'avais débuté il y a plusieurs mois, en poursuivant la découverte d'une héraldique très spécifique : celle des Guildes de métiers, artisans et marchands qui avaient une activité dans la capitale autrichienne Vienne aux alentours de l'année 1900.  Ces délicieuses images d'un autre temps, sont l’œuvre du peintre héraldiste autrichien Hugo Gerard Ströhl (1851 – 1919), sans doute l'un des plus grands parmi les artistes que l'on connaisse, tous pays confondus, dans cet art. Mais je vous ai déjà expliqué tout cela dans le premier volet (voir → ICI).

  En marge de l'héraldique, nous allons aussi apprendre davantage de l'onomastique, une branche de l'étymologie qui nous donne en particulier la provenance de nombreux noms de famille d'origine germanique, mais qui ont essaimé dans le monde entier.
  Voici donc 14 nouveaux métiers : ils sont toujours d'actualité, surtout ceux qui touchent à l'alimentation et à l'artisanat. D'autres ont évolué avec l'industrialisation, la mécanisation et les avancées technologiques, mais aucun n'a réellement disparu.



Fleishhauer   -  Bouchers


• le mot "Fleishhauer" qui veut dire littéralement "tailleur de viande", est spécifique à l’Autriche. Les allemands disent plutôt "Metzger", "Schlächter" ou "Fleischer". Et ce sont aussi des patronymes assez courants dans les familles d'origine germanique.



• L'écusson en chef surmontant le rencontre de bœuf est aux armes de la ville de Vienne : "de gueules à la croix d'argent"

Drechsler  -   Tourneurs sur bois

• Le tournage est une discipline du travail du bois permettant de fabriquer des objets en rotation sur l'axe d'un tour, avec des outils de coupe. Toutes les formes sont possibles en agissant sur la distance entre la surface travaillée et l'axe de rotation du tour.  
  Les tourneurs ont normalement un saint patron propre à leur métier : saint Érasme aussi appelé saint Elme. Mais sur notre blason, c'est saint Joseph qui est représenté, qui est lui le patron des menuisiers et des charpentiers.
Il est auréolé d'un triangle d'or symbolisant la Trinité et tient dans ses mains des symboles de pouvoir : un sceptre (en bois tourné) et un globe d'azur (lui aussi objet tourné) surmonté d'un compas de calibrage. Dans la pointe de l'écu sous la nuée d'argent sont disposés deux outils pour le travail du bois : une gouge et un bédane .




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mardi 10 janvier 2017

Top 10 des plus grandes villes de Bolivie avec leurs blasons

Voici un nouveau volet à cette série consacrée à la découverte de l’héraldique civique, à travers divers pays du Monde. Le principe du "Top xx" très répandu dans les médias et sur Internet, pour recenser ce qui est le plus remarquable dans un domaine particulier est ici adapté à cette thématique. Il nous permettra de découvrir ou réviser la géographie d'un pays choisi de manière aléatoire et dans le même temps de s'intéresser à sa diversité en matière de blasons et emblèmes municipaux.

  Nous repartons en Amérique du Sud et, pour coller avec l'actualité, notamment avec un des trois pays que le rallye Dakar aura traversé en 2017, un pays plein de surprises, vous allez comprendre plus tard: la Bolivie.






Voici donc les 10 plus grandes villes, plus exactement les plus grands municipios (communes) en terme de population, pour certaines séparément de leurs agglomérations urbaines (chiffres 2012 à 2016).




1 - SANTA CRUZ DE LA SIERRA

capitale du département de Santa Cruz  - 1 453 550 habitants


ancienneté des armoiries : 1636




2 - EL ALTO

ville de l'agglomération de La Paz, dans le département de La Paz   - 903 080 habitants


ancienneté des armoiries : 1988

 


3 - LA PAZ

- nom complet originel : Nuestra Señora de La Paz
siège du gouvernement de la Bolivie, assimilée de fait à une capitale administrative, capitale du département de La Paz  - 764 620 habitants



ancienneté des armoiries : 1555
modifiées ou augmentées, en 1822, 1876, 1883, 1893 et 1975 

Cette ville avait été détaillée dans un récent article relatif au Rallye Dakar  → ICI 


4 - COCHABAMBA

- ancien nom colonial : Villa Real de Oropesa (1571- 1825)
capitale du département de Cochabamba  - 630 587 habitants


ancienneté des armoiries : 1788




5 - ORURO

- ancien nom colonial : Villa Real de San Felipe de Austria (1606 - 1781)
capitale du département de Oruro  -  264 940 habitants


ancienneté des armoiries : 1606


Cette ville avait été détaillée dans le même article relatif au Rallye Dakar  → ICI
 

6 - SUCRE

- anciens noms : Charcas (période préhispanique, avant 1538),  Ciudad de la Plata de la Nueva Toledo (1538-1776),  Chuquisaca (1776-1825)La Ilustre y Heroica Sucre (1825)
capitale constitutionnelle de la Bolivie et du département de Chuquisaca  - 259.390 habitants



ancienneté des armoiries (étendard avec la croix dite "de Saint-André") : 1559




7 - TARIJA

- nom complet originel :  Villa de San Bernardo de la Frontera de Tarixa
capitale du département de Tarija  -  205 530 habitants


ancienneté des armoiries : 1934 




8 - POTOSÍ

- nom complet originel :   Villa Imperial de Potosí
capitale du département de Potosí  -  201 810 habitants


ancienneté des armoiries : 1547 (voir plus bas)
 modifiées en 1565 et enfin en 1575 (actuelles)




9 - SACABA

- nom complet originel :  Villa de San Pedro de Sacaba
ville de l'agglomération de Cochabamba dans le département de Cochabamba  -  172 466  habitants






10 - QUILLACOLLO

ville de l'agglomération de Cochabamba, dans le département de Cochabamba  -  137 030  habitants







•  La capitale que l'on apprenait à connaître et à réciter à l'école, La Paz, et qu'on présente généralement comme la capitale plus haute du monde, n'est pas la véritable capitale ! et elle n'est pas non plus la ville la plus importante, car une autre, pratiquement inconnue si on n'est pas sud-américain : Santa Cruz, est deux fois plus peuplée qu'elle ! Alors n'est elle pas déjà étonnante cette Bolivie ?

premières armes de la ville de Potosi en 1547,
 accordées par Charles Quint  (Carlos V)
on y voit le Cerro Rico, la montagne qui a fait
la fortune de la ville avec ses filons d'argent
• Sur le plan de l'héraldique, il faut bien admettre que nous ne sommes pas au sommet des Andes ! Loin s'en faut. Deux villes uniquement  (n°4 et 8) peuvent prétendre à une bonne note pour la qualité dans la tradition hispanique. Ce sont d'ailleurs des armes d'origine coloniale espagnole, avec l'échiqueté d'argent et d'azur des Ducs d'Albe pour honorer le Vice-Roi du Pérou Francisco Álvarez de Toledo , issu d'une branche de cette illustre maison d'Espagne et qui est à l'origine de la fondation de la ville n°4, en 1571. De la même façon,  les armoiries de l'Espagne impériale (mais avec une curieuse aigle sans têtes) ornent le très ancien blason de la ville n°8.

• On retrouve encore (mais avec ses deux têtes au complet, cette fois) l'aigle bicéphale de l'Espagne impériale sur le blason de la ville n°6.
  Autres éléments rappelant la puissance de l'ancien colonisateur: un heaume de chevalier surmontant l'écu d'armes de la ville n°3 et une cuirasse d'armure sommée d'un morion, avec trois plumes d'autruche, qui est la marque d'un officier supérieur parmi les conquistadors espagnols, pour la ville n°6, ou encore les couronnes ducales espagnoles (villes n°1 et 4).  On peut rajouter encore le lion et la tour de la ville n°1, rappelant les armes de Castille et León; idem avec les lions affrontés supportant les châteaux de la ville n°6. Tout ceci porte à croire que le peuple bolivien n'a pas nourri de haine féroce, qui aurait pu être légitime, envers les anciens dirigeants européens, au point de garder leurs symboles de pouvoir parmi les figures héraldiques de leurs villes.

le motif  principal ornant la Puerta del Sol
 dans la cité archéologique de Tiahuanaco

• Pour ce qui est des éléments naturels, on le sait, la Bolivie est un pays de hauts plateaux (les altiplanos), de hautes chaînes de montagnes, dépassant souvent les 6 000 m. ainsi qu'une quarantaine de volcans, la plupart endormis.
 Les sommets des Andes sont donc très présents sur les armoiries, et quelques-unes de ces montagnes (cerros en espagnol) ont fait la fortune du pays, et de l'Espagne auparavant, avec les précieux minerais qui y ont été découverts dans leurs entrailles et exploités jusqu'à l'épuisement. Nous pouvons voir par exemple le Huayna Potosí (6 088 m.) en n°2, surmonté d'un soleil de Tiahuanaco, une figure artistique d'une civilisation antique qui a précédé les Incas; en n°3, le Nevado Illimani (6 462 m.) ; en n°5 , le volcan Nevado Sajama (6 542 m.) ; en n°6 , à dextre le Cerro Rico de Potosí (4 782 m.) avec 5 filons d'argent descendant les pentes, devant lui plus petit, à nouveau le Huayna Potosí surmonté de six fonderies d'argent, et à senestre le Cerro de Porco ; enfin le n°10 montre aussi une chaîne de montagnes, sans doute la cordillère de Tunari (alt. maxi : 5 035 m.).
 Les cours d'eau et lacs d'altitude sont aussi représentés en n° 3, 5 et 7.
anciennes armes de la ville de Chuquisaca,
aujourd'hui renommée : Sucre

• Enfin, sans tout détailler parmi ce qui est évident, il y a quelques curiosités à relever :
- sur le blason de la ville n°1 : dans la partie dextre, outre les grands palmiers, l'arbre au tronc bizarre, renflé et percé d'un trou est une espèce locale appelée "árbol Toborochi" ou arbre bouteille (Ceiba speciosa) au tronc hypertrophié, apparentés aux baobabs d'Afrique.
- blason de la ville n°6 : la bordure de gueules est chargée de dix têtes coupées : plutôt macabre comme ornement ! Elles commémorent en fait la soumission de dix chefs rebelles de la province appelés "los diez tiranos" (les dix tyrans) qui se sont ligués contre le Vice-Roi de La Plata en 1552 et qui ont été jugés et exécutés, la tête tranchée. On connait même le nom de huit d'entre eux : Don Sebastián de Castilla; Don García Tello de Vega Maqueda ; Sanzedo ; Albán Pérez ; Arévalo ; Sepúlveda ; Corro; et Agasanje.

Pour conclure, malgré les entorses systématiques et souvent très lourdes aux règles de la composition du dessin héraldique, il serait dommage de passer son chemin sans essayer de comprendre. Les nations latino-américaines sont coutumières de cet espèce de langage symbolique très figuratif mélangeant scènes réalistes, paysages ou tableaux presque photographiques et figures classiques de l'héraldique. Il n'empêche que ces emblèmes sont tout à fait authentiques, officiels, et pour certains, chargés d'histoire et d'anecdotes. Ils méritent donc qu'on s'y intéresse.


sources textuelles et documentaires (rien en français) :  
www.educa.com.bo/contenido/simbolos-patrios ,
 www.eabolivia.com
 www.portalchuquisaca.8m.com/escudo.htm 
www.historiadelarte.us/andes/la-puerta-del-sol
es.wikipedia.org/wiki
 etc...




Si vous désirez en savoir plus sur le pays : la Bolivie et ses emblèmes, c'est → ICI

A bientôt, pour un nouveau pays ...

Et pour revoir le pays précédent ...  → ICI





          Herald Dick