mercredi 23 avril 2014

Hommage à William Shakespeare

Aujourd'hui le 23 avril 2014, on célèbre le 450e anniversaire de la naissance, et aussi le 398e anniversaire de la mort, du grand poète, dramaturge et écrivain de la culture anglaise et auteur d'une des plus grandes œuvres de la littérature universelle :
 

William Shakespeare


tableau de Louis Coblitz (milieu du XIXe siècle)
Musée national des châteaux de Versailles et du Trianon
"d'or à la bande de sable chargée d'une lance de tournoi du
 champ, ferrée d'argent"; timbré d'un heaume avec lambrequins
 surmonté d'un cimier avec un tortil portant un faucon tenant de
 sa serre dextre une lance de tournoi en pal ".

armes de la ville de Stratford-upon-Avon
(Warwickshire - Royaume-Uni)
"d'or au chevron d'azur accompagné de trois
 têtes de léopard de gueules allumées d'argent"

William Shakespeare 
• né à Stratford-upon-Avon le 23 avril 1564 
• mort à Stratford-upon-Avon le 23 avril 1616


On possède peu de renseignements précis sur la vie de William Shakespeare. Il serait né un 23 avril 1564, à Stratford upon Avon, dans le comté de Warwick. Il était le troisième enfant de John Shakespeare, un paysan récemment enrichi et devenu un notable local, et de Mary Arden, issue d'une famille catholique de riches propriétaires terriens. On suppose qu'il fut élève à l'école de Stratford mais, son père ayant eu des revers de fortune, il quitta sa ville natale avec, semble-t-il l'intention de s'établir à Londres. C'est grâce à son activité de dramaturge qu'il aurait, plus tard, rétabli la fortune familiale. En 1582, âgé seulement de dix-huit ans, il épousa la fille d'un fermier, Anne Hathaway, de huit ans son aînée, et dont il eut trois enfants.


Installé à Londres vers 1588, après des années de pérégrinations dont on ne sait presque rien, il jouissait dès 1592 d'une certaine renommée en tant qu'acteur et auteur dramatique. Peu de temps après, il s'assura la protection du Comte de Southampton, auquel il dédia ses premiers poèmes, Vénus et Adonis (1593) et le Viol de Lucrèce (1594), deux longs poèmes narratifs composés dans le goût de l'époque, qui privilégiaient la poésie amoureuse et élégiaque. On date également de cette période un recueil poétique, les célèbres Sonnets, dont le dédicataire masculin, jeune homme paré de toutes les beautés et de toutes les vertus, est resté inconnu, et qui ne seront publiés qu'en 1609. Ces quelque cent cinquante poèmes raffinés, écrits dans une langue précieuse, sont une des plus belles réussites d'une époque féconde en poésies amoureuses. Ils présentent des considérations sur le désir, la jalousie, la hantise de la vieillesse et de la mort ainsi qu'une analyse très fine du sentiment amoureux.

Shakespeare devint actionnaire de la compagnie théâtrale des « Lord Chamberlain's Men », qui, après la mort de la reine Élisabeth Ière, prit le nom de « King's Men ». Les représentations avaient lieu habituellement au Globe Theatre puis, à partir de 1608, au Blackfriars, mais Shakespeare eut l'occasion de représenter ses pièces à la cour d'Élisabeth plus souvent qu'aucun autre dramaturge. En 1612, après une vingtaine d'années passées au théâtre, William Shakespeare revint définitivement à Stratford, où il avait acheté des biens ; il y mourut le 23 avril 1616.  
le Globe Theatre (reconstruit) à Londres, Southwark.
monument funéraire de Shakespeare dans l'église :
 Holy Trinity-Church - Stratford-upon-Avon (Comté de Warwick)
armoiries du Warwickshire County council
(Comté de Warwick)
avec la devise empruntée à celle
de Shakespeare : "Non Sanz Droict"




 

Il n'aura échappé à personne que les armoiries de Shakespeare sont des armes parlantes : "shake spear " signifiant en anglais "agiter une lance". Elles seraient nées d'un croquis griffonné sur un bout de papier en 1596 (ci-dessus). Le nom de Shakespeare a été anobli (son père) par la reine Elizabeth Iere , lui-même étant moins intéressé par les honneurs du titre. Les armes ont été par la suite enregistrées et codifiées par le célèbre College of Arms de Londres. Sa devise " Non sanz droict " est du vieux français (normand) : "pas sans droit". Cette devise est devenu celle du Comté de Warwick où il vécut une grande partie de sa vie.

vitrail ornant une fenêtre du Royal Shekespeare Theatre
à  Stratford-upon-Avon
armoiries surmontant le monument funéraire de Shakespeare -
église :  Holy Trinity-Church à Stratford-upon-Avon
Les principales pièces de Shakespeare  sont :
    Henry VI       1590
    Richard III     1592 – 1593
    La Comédie des erreurs   1592
    Titus Andronicus    1593
    La Mégère apprivoisée    1594
    Peines d’amour gagnées   1594
    Les Deux gentilshommes de Vérone 1595
    Peines d’amour perdues   1595
    Roméo et Juliette    1596
    Richard II     1596
    Le Songe d’une nuit d’été   1596
    Le Roi Jean     1597
    Le Marchand de Venise    1597
    Henry IV     1597
    Henri V     1598
    Jules César     1599
    Beaucoup de Bruit pour rien   1599
    Comme il vous plaira    1599
    Les Joyeuses Commères de Windsor   1600
    Hamlet      1601
    La Nuit des Rois     1602
    Troïlus et Cressida    1602
    Tout est bien qui finit bien    1603
    Mesure pour Mesure     1604
    Othello ou le Maure de Venise    1604  
    Le Roi Lear    1605      
    Macbeth     1605
    Antoine et Cléopâtre    1606
    Coriolan     1607
    Timon d'Athènes    1607
    Péricles, prince de Tyr    1608
    Cymbeline     1609
    Le Conte d'hiver    1610
    La Tempête    1611      
    Henri VIII (probablement écrit en collaboration avec John Fletcher)   1612
    Cardenio (écrit en collaboration avec John Fletcher)   1612 (pièce perdue)
    Les Deux Nobles Cousins (écrit en collaboration avec John Fletcher) 1612




Merci à...  Liebig !  pour les charmantes chromos du début du XXè siècle qui m'ont permis d'illustrer ce thème, avec même quelques armoiries : le Danemark pour Hamlet ou l'Angleterre pour le Roi Lear, ci-dessus !
 Crédits :
http://www.culture.gouv.fr/documentation/joconde/fr/pres.htm
http://en.wikipedia.org/
http://www.civicheraldry.co.uk/

              Herald Dick
 

dimanche 20 avril 2014

20 avril 1314 - 700e anniversaire de la 1ère manifestation de «la Malédiction des Templiers»

Le 18 mars 1314, Jacques de Molay, dernier Grand Maître du Temple entend le jugement de la commission pontificale devant Notre Dame de Paris qui le condamne, ainsi que ses compagnons à la prison à perpétuité. Furieux, épuisé, après sept ans d'interrogatoires incessants, d'emprisonnements et de sévices, alors qu'il attendait un verdict plus léger,voire une libération de la part du Pape, il conteste le jugement et remet en cause tout ce qu'il avait avoué, en arguant qu'on lui a extorqué par la force, par la ruse et dénonce les machinations à l'encontre de son Ordre. Grosse erreur: il devient ainsi relaps (coupable de retour à l'hérésie qu'il avait d'abord abjurée ) pour la justice séculaire : celle du roi Philippe IV, qui n'attendait que cela pour se débarrasser des Templiers et s'emparer de leur trésor, détenu au Temple de Paris !  Le soir même, il est emmené de force sur l'île aux Juifs, tout au bout de l'île de la Cité, est attaché sur le bûcher où il mourra en compagnie d'autres dignitaires Templiers.

C'est alors que, commençant à brûler vif, il se serait écrié : "Pape Clément, Roi Philippe, avant un an je vous cite à comparaître au tribunal de Dieu pour y recevoir votre juste châtiment ! Maudits ! Maudits ! Tous maudits jusqu'à la treizième génération de vos races".
Certains chroniqueurs précisent même : "Toi Clément à 40 jours, et toi Philippe dans l'année".
 Cette invocation a-t-elle été vraiment prononcée, personne ne peut plus en attester. Mais c'est en tout cas le point de départ d'une fantastique légende qui va passionner toutes les générations qui suivront et parmi eux: historiens, écrivains, peintres, cinéastes, pendant des siècles jusqu'à aujourd'hui encore à la télévision ou dans les jeux vidéo.

La première "victime" désignée par Molay dans les flammes est le Pape, il décède 33 jours seulement après la sentence de mort ! Troublant ...

Pape Clément V

Château de Villandraut ( France, Gironde), possession de la famille de Goth,  forteresse construite entre 1306 et 1312 à l'époque du pontificat du pape Clément V qui était né dans l'ancien château familial, en 1260.

Clément V (v. 1260-1314), pape de 1305 à 1314, né Bertrand de Got, en France, il étudia le droit canon à Orléans et à Bologne. Après avoir été nommé évêque de Comminges (1295-1299), puis archevêque de Bordeaux (1299-1305), il fut élu pape grâce aux manœuvres politiques du roi de France Philippe IV le Bel. Il est connu pour avoir été le premier "pape d'Avignon".
"d'or à trois fasces de gueules"
blason de la famille de Got ou Goth

Carte Premier Jour en l'honneur de Clément V (armoiries épiscopales dans le cachet) pour son passage à l’évêché de Saint-Bertrand-de-Comminges .  En 1304,  il lance la construction de l'actuelle église gothique et en 1309 en tant que pape, il y transporte lui-même les reliques de saint Bertrand. Il favorise ainsi le culte du saint, faisant de son tombeau le centre d'un grand pèlerinage en Europe.
timbre de 2009 montrant le nouveau Palais des Papes d'Avignon, qui a été construit quelques décennies après la mort de Clément V. Mais c'est lui qui avait décidé d'installer la papauté à Avignon, dans un couvent, afin d'éviter Rome qu'il craignait à cause des intrigues et violences entre Guelfes et Gibelins. Avignon, avait l'avantage d'être rattachée en 1348 au Comtat Venaissin (Carpentras, Vaison-la-Romaine, Cavaillon, etc...)  qui appartenait déjà à l’Église,
Après avoir siégé un moment à Poitiers, en 1309, Clément prit la décision de s'installer en Avignon afin d'échapper aux troubles politiques qui agitaient Rome. Cette situation eut pour conséquence de placer Clément V sous la coupe de Philippe IV. Les nominations aux postes ecclésiastiques qui suivirent, surtout celles des cardinaux, furent ainsi particulièrement favorables aux Français. De plus, en 1312, Philippe IV, qui avait besoin d'argent pour mener la guerre en Flandres, força Clément V à dissoudre l'ordre des Templiers, dont il convoitait les biens, lors du concile de Vienne (1311-1312). En revanche, Clément s'opposa à la tentative de Philippe le Bel de déclarer Boniface VIII hérétique de manière posthume pour le seul motif qu'il lui avait résisté avec force.
Le Pape Clément et le Roi Philippe IV devant les Templiers -  
enluminure du Maître de Boucicault - XVe siècle - BNF Paris
armoiries pontificales de Clément V
Feuillet philatélique émis en 2012 par la Bulgarie pour commémorer le 700e anniversaire
de la bulle papale « Vox in excelso » actant la dissolution de l'Ordre du Temple.

Par ailleurs, Clément V fonda l'université de Pérouse en 1307 et institua des chaires de langues orientales à Paris et à Oxford. Il promulgua en 1311 les Constitutiones Clementinae, un ensemble de décrétales qui marquèrent le développement du droit canon.
le Demi-gros, monnaie du pape Clément V : 1305-1314
gravure sur la page de garde d'un livre ancien
 Malade depuis plusieurs années, il désire se rendre dans sa Guyenne natale. Ses médecins décident alors d'avoir recours à l'ultime remède capable de le sauver, connu, à l'époque, pour son efficacité : un plat d'émeraudes pilées, destiné à le guérir. Malheureusement, Clément V s'intoxique avec son "remède".

Le pape Clément V meurt le 20 avril 1314 à Roquemaure (Gard) , dans la demeure du chevalier Guillaume de Ricavi qui l’avait hébergé, soit un mois après l'exécution de Jacques de Molay, le grand maître de l'Ordre du Temple. Son tombeau se trouve dans l'église collégiale à Uzeste , près de Bordeaux (Gironde).



Nous reviendrons certainement sur d'autres personnages dans le courant de l'année. 


           Herald Dick
 

vendredi 18 avril 2014

L'héraldique abordée dans le Journal de 20h00 de TF1 !

C'est tellement rare ! un sujet sur l'héraldique à la télévision. Et sur une chaîne qui n'est pas réputée pour ses programmes culturels, qui plus est ! Donc saluons le mérite de TF1 d'avoir abordé ce sujet quelque peu ésotérique pour beaucoup de personnes .

Voici le replay de l'émission visible encore quelques jours , il faut vous caler à 22' 25" pour le début du sujet .  Il est possible que les internautes étrangers ne puissent pas visionner la vidéo pour des raisons techniques imposées par la chaîne de TV.  Et je suis désolé pour la pub, on ne peut pas y échapper !!





Voici l'extrait de 2' 50" qui intéresse les amateurs d'héraldique, et les autres aussi, mais toujours avec la pub, malheureusement.
J'espère néanmoins que cette vidéo sera visible par tous les internautes même hors de France ! sinon, je m'en excuse auprès d'eux :