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mardi 31 mai 2022

l'Armorial de La Planche - 1669 - Parlement de Metz (dernières Additions) - le Duché de Lorraine

 S uite (et FIN !) de la visite d'un des plus anciens manuscrits répertoriant des armoiries de villes et de villages de France, dessinées à la plume et peintes à l'aquarelle, antérieur de trois décennies à l'Armorial Général de France de Charles d'Hozier ! Voir la description initiale : →

  Nous arrivons à la fin du "livre" (c'est l'appellation donnée à une section d'un manuscrit, qui est lui-même divisé en chapitres) consacré au Parlement de Metz, qui est de surcroît le dernier du manuscrit.   Dans les trois précédents articles de mon blog, nous avons parcouru l'ensemble des bailliages relatifs à l'acquisition récentes de territoires par la couronne de France :  Trois-Evêchés (Metz, Verdun, Toul), l'ex-Principauté de Sedan, les places fortes du val de Meuse (la pointe de Givet), et le duché de Carignan. Nous avons également commencé à évoquer les "Additions", dénommées ainsi de façon diplomatique par La Planche, qui sont en fait des villes et des terres étrangères conquises et occupées par l'administration militaire de Louis XIV, en attendant leur réel rattachement à la France, qui ne sera effectif qu'en 1766, concernant le Duché de Bar et le Duché de Lorraine.

  Du point de vue géographique, la carte est réduite prudemment par La Planche, comme il le précise dans sa courte introduction au chapitre (voir ci-dessous): au territoire du "Barrois non mouvant" (capitale: Saint-Mihiel) et les terres provenant exclusivement du Duché de Lorraine, situées autour des villes principales que sont Nancy, Saint-Nicolas-de-Port, Pont-à-Mousson, Lunéville et Mirecourt.
   Mais, le Duché de Lorraine historique est (était) à l'époque beaucoup plus vaste (il en sera d’ailleurs tenu compte pour le recensement fait par Charles d'Hozier dans son Armorial Général de France, quelques années plus tard). En effet: ses limites sont la Champagne à l'ouest, la Bourgogne et la Franche-Comté au sud, l'Alsace à l'est, et l'Empire des Habsbourg au nord. Par ailleurs, il faut retirer de cette carte les possessions des Trois-Evêchés (Metz, Verdun, Toul) enclavées dans le Barrois et la Lorraine, qui sont elles bien françaises, officiellement depuis 1648, et qui ont déjà été traitées dans ce blog, précédemment.
  Pour ce qui est de la cartographie actuelle : nous couvrons une petite partie résiduelle du département de la Meuse, la presque totalité des départements de la Meurthe-et-Moselle et des Vosges, les deux tiers est de la Moselle et même une petite région débordant sur le land de Sarre, donc en Allemagne.
  Voici donc le quatrième et dernier chapitre (de mon blog) consacré à cette région de Lorraine, occupée mais pas encore rattachée au royaume de France. Et ce sera également le dernier chapitre clôturant l'exploration de ce précieux manuscrit de La Planche.
      Revenir à l'épisode précédent →


   Voici l'extrait d'une carte datant de la fin du XVIIIe s. , donc postérieure d'un siècle, mais sur laquelle j'ai reconstitué les limites administratives de notre région :
 Vous pouvez cliquer sur toutes les images pour les agrandir  :

La zone colorée en bleu clair est actuellement un territoire allemand


 

 

 






Les fragments de manuscrits proviennent à nouveau du Volume II. Pour enrichir l'étude, j'ai mis en bonus l'extrait équivalent dans l'Armorial Général de France* (1696-1711), établi par Charles-René d'Hozier, et comme auparavant, j'ai placé le blason actuel en-dessous, pour comparer les différences ou au contraire la constance des figures dans le temps.

(*)  Armorial Général de France  -  volume XVIII  -  Lorraine  (BNF Paris)


  Cet élégant blason "de sable à la croix d'or cantonnée de quatre alérions du même",  a été inventé par Charles d'Hozier pour représenter la "Province" de Lorraine, une entité provisoire résultant des conquêtes et des ambitions expansionnistes de Louis XIV. Il est là donc pour se distinguer, politiquement parlant, du Duché de Lorraine historique, vassal du Saint Empire, qui étaient des ennemis de la France à l'époque. Il demeure anecdotique dans l'histoire de l'héraldique et dans l'Histoire tout court, car il n'a jamais vraiment fait, à ma connaissance, l'objet d'utilisations sur le terrain ou sur les actes officiels.

Nancy (Meurthe -et- Moselle)

  Si Pierre de La Planche, en bon historien, publie le vrai blason du moment de la ville de Nancy, bien connu et toujours actuel, avec son chardon emblématique et les armes du Duché de Lorraine en chef , il n'en est pas de même pour Charles d'Hozier qui a inventé un blason "d'or à deux fûts de canon d'azur passés en sautoir", pour le même motif politique, que celui de la Province de Lorraine, vu plus haut.
   Le blason de la ville de Nancy s’est constitué au fil du temps et de son histoire princière. Il est composé d’un chardon surmonté des armes pleines de la famille de Lorraine. Lui-même tient son origine de la famille d’Alsace dont les ducs de Lorraine sont issus depuis la fondation de la ville par Gérard d’Alsace. Sur un écu d’or sont représentés trois alérions en vol (trois aiglons sans bec ni pattes). La légende raconte qu’au XIe siècle, Godefroy de Bouillon aurait réussi à embrocher les trois oiseaux d’une seule flèche à la prise de Jérusalem.
   Le blason va considérablement évoluer au XVe siècle sous l’influence de la famille d’Anjou. En 1420, Isabelle de Lorraine épouse René Ier d’Anjou, prince capétien, comte de Guise, duc de Bar, de Lorraine, d’Anjou, roi de Naples et roi titulaire de Sicile, Hongrie, Jérusalem et d’Aragon. Aux alérions, il associe les fleurs de lys angevines et les poissons du duché de Bar. Plus tard, il ajoute les fasces d'argent et de gueules hongroises, les fleurs de lys barrées d’un lambel de Sicile et la croix de Jérusalem. Enfin, en 1443, à la mort de sa mère, Yolande d’Aragon, René ajoute les pals d'or et de gueules d’Aragon.
Après la bataille de Nancy en 1477, l’emploi du chardon comme emblème du Duc René II se multiplie. Par la suite, les lorrains s'approprièrent cet emblème de leur souverain.
 Au cours du XVIe siècle, Antoine, fils de René II et de Philippe de Gueldres, ajoute au blason les lions noir et or, symboles respectifs de Gueldres et de Juliers, dont sa mère était héritière. En 1575, Le blason fut octroyé définitivement à la Ville de Nancy par lettres patentes du duc Charles III. À la fin du XVIe siècle, apparaît pour la première fois la devise « Nul ne s'y frotte » remplacée ensuite par la version latine « Non Inultus Premor » que l’on peut traduire par « Qui s’y frotte, s’y pique ».
source texte : www.nancy.fr/culturelle/patrimoine-1000-ans-d-histoire/ressources-2198.html

 


Saint - Nicolas -de- Port
(Meurthe -et- Moselle)

  Ce sont les armes octroyées le 4 juin 1546 à la ville de Saint Nicolas par Christine de Danemark, veuve du duc François 1er, et Nicolas de Lorraine-Vaudémont, son frère, co-régents du duché de Lorraine à sa mort. La duchesse douairière de Lorraine donna ces armes (à savoir : "un champ d'or, à un navire maillé, huné, voilé et cordé de sable, flottant sur des ondes d'azur et d'argent de cinq pièces, au chef de gueules à l'alérion d'argent"; voir → ICI ), pour remercier les habitants de la bonne réception qu'ils firent à la dépouille mortelle de son mari, le duc François. Les émaux du blason de Saint Nicolas de Port ont souvent varié. On rencontre ailleurs un champ d'argent à la nef voilée au naturel voguant sur une mer d'azur ou d'azur au navire d'or voilé d'argent, ou encore tout le navire d'argent, comme le montre ici le manuscrit de La Planche. Le navire est un attribut de Saint Nicolas, invoqué par les voyageurs en péril. L'alérion indique l'appartenance de la ville au duché de Lorraine. Incendiée et pillée par les Suédois en 1635, la cité ne se releva jamais complètement de ses ruines, mais garda néanmoins sa superbe basilique.
  A noter que d'Hozier n'a gardé que le navire, chargeant une fasce d'azur sur un champ d'argent, exit l'alérion ducal lorrain: encore une fois c'est un blason fictif de circonstance, attribué d'office par l'officier royal.
sources ducumentaires : Armorial des villes, bourgs et villages de la Lorraine, du Barrois et des Trois-Évêchés par Constant Lapaix (1877) - BNF Paris ;  et ancien site de l' U.G.C.L.


Saint - Mihiel (Meuse)

  Dans son "Armorial des villes, bourgs et villages de la Lorraine, du Barrois et des Trois-Évêchés" (1877), l'auteur, Constant Lapaix se demande où certains auteurs du XIXe siècle ont trouvé le blasonnement qu'ils indiquent: « De gueules, à un saint Michel d'argent, surmontant un dragon de sinople. » (voir → ICI). Le manuscrit de La Planche, s'il en avait eu connaissance, lui aurait fourni l'explication... Ce sont des armes parlantes et on peut regretter qu'elles aient été oubliées. En effet, la ville doit son origine et son toponyme, a un monastère fondé au VIIIe siècle et dédié à Saint Michel qui, par altération, est devenu : Saint Mihiel.
  Mais Lapaix lui préfère en effet les armes actuelles : « D'azur, à trois rochers d'argent, posés deux en chef et un en pointe » et la devise : « Donec moveantur » (jusqu’à ce qu’ils bougent) qui se réfèrent à une légende ancienne.
  Le lieu, un hameau, s'appelait encore vers le VIe siècle Godonécourt ou Godincourt du nom de son propriétaire : Godon. Selon la légende et sans que la raison de leur courroux soit connue, sept fées maléfiques avaient pris la décision de détruire le village de Godonécourt, l’actuelle Saint-Mihiel. Pour parvenir à leurs fins, elles prirent chacune un gros bloc de pierre qu’elles alignèrent de façon à bloquer la Meuse. Les eaux montantes menacèrent d’inonder le village qui ne dut son salut que grâce à l’intervention de l’archange Saint Michel (nommé parfois roi ou prince Michel). Les fées vaincues durent enlever les roches du fleuve et les placer sur la berge, où elles se trouvent encore aujourd’hui. Pour remercier Saint Michel, la ville adopta son nom. Le blason communal consiste en trois roches d’argent sur un fond d’azur. La devise « Donec moveantur » ( = jusqu’à ce qu’elles bougent), lie le sort de Saint-Mihiel à ces « Dames de Meuse » : tant qu’elles ne seront pas déplacées, la ville subsistera. Les Sept Roches sont des falaises pittoresques situées à la sortie nord de la ville. Elles sont constituées de sept blocs de roches calcaires, hauts de plus de 20 m.
   Dans l'Armorial Général de France, ne figure que le blason de la Prévôté, administration en général dédiée à la justice et à la police. Aucun n'a été enregistré pour représenter la ville et ses habitants.
source partielle du texte : saint-mihiel.fr/histoire-de-la-ville-de-saint-mihiel/


Pont -à- Mousson
(Meurthe -et- Moselle)

  Ce sont des armes parlantes, qui figuraient déjà sur un sceau de tabellionnage (notaires) au XVe siècle (voir → ICI) et qui représentait un pont à trois arches, flanqué de deux tours couvertes avec au milieu un personnage en armure, tenant en bouclier chargé des armes de Bar. Le manuscrit de La Planche reprend globalement  cette configuration mais avec quatre arches et une rivière plus importante, et l'homme en armure disparait, seul l'écusson aux armes de Bar reste en suspens, entre les tours du pont fortifié.
  Ce pont qui a donné son nom à la ville et qui est à l’origine de son développement, est un pont construit dès le XIe siècle sur la Moselle, au pied du château de Mousson, berceau des comtes de Bar. L’écusson est celui des comtes de Bar qui furent aussi seigneurs de Mousson, puis marquis de Pont-à-Mousson. La ville devint en 1355 la capitale d'un marquisat d'Empire et fut rattachée au duché de Lorraine en même temps que le duché de Bar. Le duché de Bar et duché de Lorraine sont donc gouvernés par le même souverain jusqu'à leur annexion par la France en 1766. En 1572, Charles III, duc de Lorraine, y fonda une Université célèbre qui fut transférée à Nancy en 1768.
   Ici encore, hélas, l'Armorial Général de France ne nous apporte pas d'aide significative, avec un blason totalement fabriqué par Charles d'Hozier, qui n'a jamais eu d'utilisation réelle.


Mirecourt (Vosges)

  Curieusement, le père de La Planche, pour illustrer cette ville, nous a dessiné un blason sans couleurs, alors qu'il donne en marge à gauche son blasonnement : "De sinople à une fasce d'or" !  Nous sommes à la toute dernière page qu'il a rédigé pour ce manuscrit. Alors, une interrogation se pose : n'aurait-il pas eu le temps de terminer son ouvrage ? Ou avait-il un doute sur la source d'information sur cette armoirie et donc sur les émaux ? Nous ne le saurons jamais. Notre héraldiste lorrain Constant Lapaix, déjà cité, ne nous aide pas davantage, en confirmant bien ce blasonnement, mais en formulant cette réserve : « Les historiens sont tous d'accord sur les anciennes armoiries de Mirecourt. Les armes de 1608 sont également représentées avec une fasce, mais les émaux ne sont pas indiqués ; il est, cependant, très probable qu'elles n'ont point varié, et qu'elles subsistèrent ainsi jusqu'à l'époque de la Révolution. » (voir → ICI). Au final, cela n'a pas beaucoup d’importance, car la municipalité n'a pas conservé ce blason après la Révolution, qui a entre temps supprimé l'usage des armoiries.
  C'est Napoléon 1er, qui, quelques années plus tard, au début de son règne, rétablira les titres de noblesse pour les personnes de haut rang, et progressivement l'usage des armoiries, mais avec une codification très spécifique à cette période de l'Empire. Le 17 mai 1809, il étend la permission aux villes qui le souhaitent et le demandent, de créer, non pas rétablir, mais créer de nouvelles armoiries (voir → ICI), en respectant une codification du dessin héraldique et une hiérarchie en trois classes, selon l’importance de la ville : 1/ les Bonnes villes d'Empire - 2/ les Villes de 2e classe - 3/ les villes de 3e classe.
  Et donc, notre ville de Mirecourt, le 2 Août 1811, à la demande expresse du conseil municipal dirigé par le Sieur Thirion, maire de la ville, se verra octroyer ses nouvelles armes, par lettres patentes, en tant que ville de 3e classe (voir copie aux Archives Nationales → ICI), caractérisée par le franc quartier à senestre, de gueules chargé d'un N surmonté d'une étoile d'argent. Les ornements extérieurs étaient eux aussi réglementés et la ville de Mirecourt a conservé ceux réservés aux villes de troisième ordre, à savoir: une corbeille d'argent remplie de gerbes d'or pour cimier, à laquelle sont attachés deux festons servant de lambrequins, l'un à dextre d'olivier, l'autre à senestre de chêne de sinople, noués de bandelettes de gueules.
  Mirecourt est une des rares villes de France à avoir conservé, encore aujourd'hui, son "blason impérial", au lieu de restaurer ses anciennes armes "de sinople à la fasce d'or". Elle aurait aussi pu demander à simplement charger cet ancien blason du franc quartier des villes de troisième ordre durant l'Empire, pour respecter les normes impériales, et le supprimer à la Restauration, comme l'a fait sa voisine vosgienne: Neufchâteau.


Lunéville
(Meurthe -et- Moselle)

  La ville de Lunéville est la dernière localité décrite dans ce manuscrit édité en deux volumes intitulé à l'origine : "La Description des Provinces et Villes de France" rédigé par Pierre de La Planche. Elle clôt à la page numérotée 606, le treizième et dernier livre et le sixième et dernier chapitre de ce livre. La fiche est d'ailleurs inachevée, son descriptif s'arrêtant d'un coup sans raison, et est donc très incomplète pour une ville de cette importance. Par ailleurs, contrairement à son habitude, l'auteur ne donne pas en titre, ni le nom en latin de la cité, ni l'intitulé du diocèse dont elle dépend.
  Ces armes font allusion au nom de la ville et peut-être au culte que l'on rendait à Diane (la lune) près de la fontaine du Léomont.  Il ne faut pas confondre le blason municipal à la bande d'azur avec celui des anciens comtes de Lunéville, d'ancienne chevalerie, qui eux, portaient le même blason mais avec une bande de gueules  (celui que La Planche nous propose, par erreur). Le blason des comtes prenait d'ailleurs modèle sur le blason ancien du duché de Lorraine (d'or, à la bande de gueules, chargée de trois alérions d'argent). La ville a donc adopté une forme de brisure des armes de ses anciens seigneurs, officialisées par l'usage, et non par un acte quelconque de concession, qui en tout cas n'a jamais été documenté dans les archives régionales.

 

[_)-(_]


  Aucune autre ville ou lieu de la Lorraine, pourtant très vaste, n'a fait l'objet d'une étude plus poussée du père jésuite Pierre de La Planche, bibliothécaire à l'Oratoire de Paris. Décédé en 1684, il n'a peut-être pas eu le temps matériel d'achever son œuvre, et personne ne lui a succédé dans cette tâche. Par ailleurs, je le répète encore, la Lorraine n'était pas encore officiellement une province française, il faudra attendre presque un siècle de plus (1766).
  Ce décès prématuré de l'auteur expliquerait sans doute aussi pourquoi l'Alsace, en particulier la Haute-Alsace (globalement notre département du Haut-Rhin + Belfort), officiellement annexée par le Royaume de France en 1648, par les traités de Westphalie, et pour le reste (la Basse-Alsace) conquise et occupée en 1680, n'a pas été du tout traitée dans ce manuscrit par de La Planche.


 # Quelques années plus tard, Charles René d'Hozier, conseiller et grand héraut d'armes de Louis XIV, ne s'embarrassera pas avec cette équation géopolitique et rajoutera quelques autres villes lorraines dans son Armorial Général de France, dédié à cette Province. La plupart , malheureusement ont reçu un blason attribué d'office, comme le prouve la comparaison avec les blasons actuels :

Briey (Meurthe-et-Moselle)

Étain (Meuse)

Conflans -en- Jarnisy
(Meurthe-et-Moselle)

Trognon était en fait un château
et une ancienne seigneurie du Barrois,
qui ont disparu, situés sur le territoire
de la commune actuelle de
Heudicourt -sous- les - Côtes (Meuse)

Nomény
(Meurthe-et-Moselle)

Dieuze (Moselle)

Saint - Avold (Moselle)

Neufchâteau (Vosges)

Épinal (Vosges)

Rambervillers (Vosges)

Bruyères (Vosges)

Remiremont (Vosges)


  C'était donc le dernier volet de cette longue, très longue série (depuis 2012 !) dédiée au manuscrit en deux volumes : "La Description des Provinces et Villes de France" rédigé par Pierre de La Planche, daté de 1669 dans les notices bibliographiques, mais en réalité, il a sans doute été régulièrement enrichi par son auteur jusqu'à sa mort en 1684.

  Pour ma part je vous promets de prendre un moment prochainement pour étudier et confectionner un index général pour retrouver tous ces fragments de ce précieux manuscrit, que malheureusement la Bibliothèque du Musée Condé à Chantilly ne peut plus mettre à disposition du public, ayant été trop abimé par les nombreuses manipulations. Il a besoin d'une grande restauration et de mécènes pour la financer !
J'espère néanmoins que les responsables du  Musée remettront un accès aux documents qui avaient déjà été numérisés, très prochainement sur leur nouveau site officiel →

 

Crédits :

les blasons "modernes" sont empruntés  à : armorialdefrance.fr/

les extraits des manuscrits proviennent de :
- Bibliothèque et Archives du Musée du Château de Chantilly :
   . www.bibliotheque-conde.fr
- Bibliothèque nationale de France à Paris : 
   . gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k111469d/f1.item
 
   

             Herald Dick  

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vendredi 6 mai 2022

Il Giro d'Italia 2022 - le Tour d'Italie en blasons :
le Grand départ en Hongrie, arrivée à Vérone.

République de Hongrie

 🚲 Depuis l'ouverture de mon blog en juin 2011, j'ai pris l'habitude de vous faire découvrir l'héraldique civique du monde entier, de manière ludique, à travers certaines grandes épreuves sportives internationales en commençant par le cyclisme : le Tour de France, la Vuelta pour l'Espagne et le Giro pour l'Italie. Cette année les épreuves cyclistes reprennent leur cours à peu normalement, en dépit des aléas dus à la pandémie, avec la 105ᵉ édition du Giro d'Italia. La course se déroule du 6 au 29 mai 2022.

 Le Giro d'Italia, né en 1909, est tout aussi difficile et passionnant que le Tour de France ou la Vuelta, avec le caractéristique "Maglia Rosa" (Maillot Rose) décerné au vainqueur !  Encore plus fantasque que le Tour de France ou la Vuelta, le tracé sort quelquefois très très loin des frontières nationales, jusqu'en Grèce, en Belgique, au Danemark, en Irlande, aux Pays-Bas, et même en Israël (2018), ces dernières années ! Cette année 2022, l'organisation reprend un projet abandonné en 2020, pour cause de pandémie due au Covid : un Grand Départ en Hongrie, avec trois étapes à travers le pays débutant l'épreuve.

  Puis la course reprendra son cours "normal" depuis la Sicile en remontant progressivement de la Calabre vers le nord avec les traditionnelles étapes dans les Apennins et les Alpes et une arrivée triomphale à Vérone, en Vénétie. Une ville qui accueille de temps en temps le final du Giro en alternance avec Milan, le plus souvent, et quelques autre villes par moments. La dernière arrivée à Vérone en date était celle de l'édition 2019.

visuels officiels du Grand Départ (Nagy Rajt en hongrois) du Giro 2022 à Budapest

  En raison de mon grand retard dans l'évocation de cet évènement, que néanmoins, je ne voulais pas escamoter, je vous un livre un résumé express des étapes, à posteriori, illustrées par les armoiries des villes-étapes, d'un seul jet. Malheureusement, ce ne sera plus en temps réel (j'ai presque honte de vous dire quand je l'ai mis en ligne). Mais rien ne nous/vous empêche de le découvrir ou le revoir après coup, juste pour le plaisir d'apprécier l'exotisme de l'héraldique civique européenne, comme chaque année, et  cette fois avec la Hongrie en prime.

 Voici la carte générale du parcours (cliquer sur l'image pour pouvoir l'agrandir):


 🛡  Je vous propose maintenant une illustration héraldique succincte des 21 étapes. 🛡
  J'ai été contraint de réduire la présentation aux seules villes de départ et d'arrivée de chaque étape.

1ère étape - Vendredi 6 Mai 2022 :    Budapest  -  Visegrád
 
Budapest
capitale de la Hongrie
Visegrád
Hongrie - comitat (département) de Pest



2e étape - Samedi 7 Mai 2022 :   Budapest  -  Budapest
(étape contre la montre individuel)
 
Budapest, capitale de la Hongrie - grandes armoiries


3e étape - Dimanche 8 Mai 2022 :   Kaposvár  -  Balatonfüred
 
 Kaposvár
Hongrie - comitat de Somogy
Balatonfüred
Hongrie - comitat de Veszprém


Lundi 9 Mai 2022 :   transfert en Sicile, pas d'étape
 


4e étape - Mardi 10 Mai 2022 :   Avola  -  Etna Nicolosi
 
Avola
Sicile - province de Syracuse
commune de Nicolosi ( 🌋 Etna )
Sicile - province de Catane
 

5e étape - Mercredi 11 Mai 2022 :    Catania  - Messina
 
Catane
Sicile - province de Catane
Messine
Sicile - province de Messine


6e étape - Jeudi 12 Mai 2022 :    Palmi  -  Scalea
 
Palmi
Calabre - province de Reggio di Calabre
Scalea
Calabre - province de Cosenza
.

7e étape - Vendredi 13 Mai 2022 :   Diamante  -  Potenza
 
Diamante
Calabre - province de Cosenza
Potenza
Basilicate - province de Potenza
 

8e étape - Samedi 14 Mai 2022 :    Napoli  -  Napoli
 
Naples
Campanie - province ( = Ville
métropolitaine) de Naples


9e étape - Dimanche 15 Mai 2022 :   Isernia  -  Blockhaus
 
Isernia
Molise - province d'Isernia
Roccamorice ( ⤴🏔 Blockhaus )
Abruzzes  - province de Pescara


Lundi 16 Mai 2022 :   repos à Pescara, dans les Abruzzes, pas d'étape

10e étape - Mardi 17 Mai 2022 :   Pescara  -  Jesi
 
Pescara
Abruzzes  - province de Pescara
Jesi
Marches  - province d' Ancône


11e étape - Mercredi 18 Mai 2022 :   Santarcangelo di Romagna  -  Reggio Emilia
 
Santarcangelo di Romagna
Émilie-Romagne - province de Rimini
Reggio d'Émilie
Émilie-Romagne  - province de Reggio d'Émilie


12e étape - Jeudi 19 Mai 2022 :   Parma  -  Genova
 
Parme
Émilie-Romagne   - province de Parme
 
Gênes
Ligurie  - ville métropolitaine de Gênes



13e étape - Vendredi 20 Mai 2022 :   Sanremo  -  Cuneo
 
Sanremo
Ligurie  - province d'Imperia
Cuneo
Piémont   - province de Cuneo



14e étape - Samedi 21 Mai 2022 :   Santena  -  Torino
 
Santena
Piémont - ville métropolitaine de Turin
Turin
Piémont - ville métropolitaine de Turin



15e étape - Dimanche 22 Mai 2022 :   Rivarolo Canavese  -  Cogne
 
Rivarolo Canavese
Piémont - ville métropolitaine de Turin

Cogne
région autonome de la Vallée d'Aoste



Lundi 23 Mai 2022 :   repos à Salò, en Lombardie, pas d'étape

16e étape - Mardi 24 Mai 2022 :   Salò  -  Aprica
 
Salò
Lombardie  -  province de Brescia
Aprica
Lombardie  -  province de Sondrio


17e étape - Mercredi 25 Mai 2022 :   Ponte di Legno  -  Lavarone
 
Ponte di Legno
Lombardie  -  province de Brescia

Lavarone
Trentin-Haut-Adige - province de Trente

 

18e étape - Jeudi 26 Mai 2022 :   Borgo Valsugana  -  Treviso
 
 
Borgo Valsugana
Trentin-Haut-Adige - province de Trente
Trévise
Vénétie  -  province de Trévise


19e étape - Vendredi 27 Mai 2022 :   Marano Lagunare  -   Santuario di Castelmonte Prepotto
 
Marano Lagunare
Frioul-Vénétie Julienne - province d' Udine

Prepotto (⤴🏔 Santuario di Castelmonte)
Frioul-Vénétie Julienne - province d' Udine


20e étape - Samedi 28 Mai 2022 :   Belluno  -   Marmolada (Passo Fedaia)
 
Belluno
Vénétie  -  province de Belluno
Rocca Pietore ( ⤴🏔 Marmolada )
Vénétie  -  province de Belluno


21e étape - Dimanche 29 Mai 2022 :   Verona  -  Verona
(étape contre la montre individuel et arrivée finale)
 
Vérone  -  Vénétie  -  province de Vérone

Les Arènes de Vérone durant la représentation d'un opéra en nocturne. C'est à l'origine un amphithéâtre romain construit
 en 30 apr. J.-C.  pouvant accueillir environ 30 000 spectateurs. Très bien conservé, il est régulièrement utilisé pour de nombreux
spectacles musicaux et représentations d'opéras classiques ( Festival de Vérone).
 

Toutes les bonnes choses ont une fin, et ce nouveau voyage annuel héraldico-culturel chez nos voisins et amis italiens (et hongrois) vous aura, je l'espère, intéressé. 


 🚲   Pour ce qui est du sport, voici tout de même le podium final :
les maillots distinctifs du Giro
♦ Classement Général ( Maglia rosa / Maillot rose) :
• 1 - Jai Hindley, australien.
• 2 - Richard Carapaz, équatorien.
• 3 - Mikel Landa, basque espagnol.
 
 Classement par points ( Maglia ciclamino / Maillot cyclamen) :
• 1 - Arnaud Démare, français.
 Classement de la montagne ( Maglia azzurra / Maillot bleu) :
• 1 - Koen Bouwman, néerlandais.
 Classement du meilleur jeune ( Maglia blanca / Maillot blanc) :
• 1 - Juan Pedro López, espagnol.


   Rendez-vous l'année prochaine, si tout va bien... Avec un grand départ prévu en Italie, sur la Costa dei Trabocchi, dans les très réputées stations balnéaires de la côte adriatique et une arrivée exceptionnelle à Rome, la capitale italienne... 


  à suivre....

► Rendez-vous pour le Giro 2023... ICI


Pour suivre en temps réel la vraie course, si vous êtes un vrai fan de cyclisme, je vous invite à consulter le site officiel (langues : IT/ EN / ES) → ICI
Puis en replay pendant quelques mois : chaîne web Tiz-Cyclism (langue : EN) → ICI



les régions italiennes (en couleur) parcourues par le Giro 2022
Crédits :
cartes : 
- www.gazzetta.it

blasons :
www.comuni-italiani.it
it.wikipedia.org
www.araldicacivica.it (dessins de Massimo Ghirardi
ou Bruno Fracasso)
merci à eux.

autres images :
- passer votre souris sur les images pour lire les url des sites sur lesquels elles ont été empruntées



               Herald Dick
 
Visegrad Kaposvar Balatonfured Veszprem