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samedi 30 octobre 2021

Spécial Halloween 2021 🦇 💀 🕸 🧙

L' 🕷raignée: passion ou répulsion... et sur les blasons 

armes de la maison Webber of Coldmoat
 (Tyssier de Froide-Douve en français) à Westeros
blason imaginaire des personnages des romans
"Le Trône de Fer" de George R.R. Martin - ce sont
 des armes parlantes: web = la toile (d'araignée)
 A vec leurs huit pattes, leurs corps velus, et leurs yeux multiples, les araignées n'ont pas un physique qui plait à tout le monde. Elle sont même souvent détestées, voire craintes, et vont même jusqu'à créer chez certains des névroses appelées "arachnophobie".

 Pourtant, il s'agit d'un animal, ou plutôt une famille comptant pas moins de 44 000 espèces différentes à travers le monde, tout à fait fascinantes. Certaines ont un mode de vie tout à fait étrange, il y en a même qui vivent dans l'eau (voir un des timbres plus bas) ! Elles ont donc aussi leurs secrets et elles sont en tous cas indispensables dans la chaîne du vivant, en tant que prédateurs insatiables. Sans elles nos journées seraient absolument invivables avec des nuées d'insectes qui pulluleraient dans les airs et sur les murs de nos maisons. Pensez-y avant de faire l'erreur de les tuer pour calmer votre propre frayeur ! La grande majorité sont inoffensives, sinon peu nocives. Mais il y a tout de même quelques belles dangereuses, comme la fameuse "veuve noire" (dernier timbre tout en bas).

Mal aimée, elle l'est aussi en héraldique. Elle demeure en effet très peu utilisée comme meuble dans les blasons ou même dans les ornements extérieurs des armoiries : elle est tout simplement rarissime. Mais comme tout ce qui est rare est par nature précieux, alors j'ai pris ma tête chercheuse de perles, et je vous offre le résultat de ma chasse.
 La bestiole n'est pas facile à dénicher et elle sait se faire oublier pour mieux nous surprendre, comme la vraie dans la nature. D'ailleurs un bon nombre d'autres spécimens m'ont certainement échappé.

• Dans les armoriaux et les manuscrits il faut semble-t-il attendre le XVIIe siècle pour voir ses premières apparitions remarquées
 
Blason avec une araignée dans sa toile décrit dans le traité d'héraldique  "A Display of Heraldry" édité à Londres en 1610
et écrit par le maître d'armes anglais  John Guillim (~1565/1621) - fragment de la page 151 du livre (visible en lecture sur
 Google-Books →ICI). L'auteur attribue ce blason à "the Weavers Company" qui était une guilde de tisserands, à Londres certainement.

• La contribution de Charles-René d'Hozier (1640-1732) à cette thématique des petites bêtes, avec la confection de l'Armorial Général de France, établi à partir de l'édit royal de 1696, est incontestable. Il s'agit souvent d'armoiries attribuées d'office à des personnes ou des communautés qui n'en avaient pas. Dans ce cas les armes sont très fréquemment parlantes, basées sur le nom ou le métier de ces personnes, avec parfois des jeux de mots très approximatifs, voire désobligeants ou de mauvais goût.
 
armes parlantes attribuées à "la fille" Raignier - Armorial Général de France , registre n°28 - Généralité de Poitiers -
 volume II, page 922.
armes parlantes attribuées à l'épouse de Maximilien de Croix, seigneur de Malannoy :  Marie-Anne-Josèphe  Eraniet
 (et non pas Eramet) - Armorial Général de France , registre n°26 - Picardie - Généralité d'Amiens, page 511 (merci Jacques).
armes parlantes attribuées au sieur Arente - Armorial Général de France , registre n°29 - Généralité de Provence -
 volume I, page 953.

• C'est à partir du XIXe siècle qu'on devient davantage certains de leur authenticité et ce grâce notamment au travail de documentation titanesque du généalogiste et héraldiste néerlandais Jean-Baptiste Rietstap (1828-1891) et son "Armorial Général", qui a recensé et décrit près de 100 000 blasons et armoiries familiales existant en Europe. Les illustrations en planches noir et blanc qui ont été réalisées à partir de cet "Armorial Général" et éditées plus tard, notamment par Victor et Henri Rolland, au début du XXe sont de facture très sommaire, réalisées en noir et blanc avec le code des hachures. Elles ont le mérite d'exister et sont très recherchées par les amateurs de généalogie. En voici trois extraits, qui ont été coloriés ultérieurement.
 
Lang (barons) - Autriche  : "d'argent à une chouette au
naturel posée sur une terrasse de sinople, le champ chapé-
ployé, à dextre de sable à l'aigle d'or, à senestre d'azur
à une araignée d'or chargée d'une croisette d'argent,
surmontée d'une étoile à six branches du même".

(d'après armorial J.B Rietstap, dessins de Victor et 
Henri  Rolland coloriés par Lionel Sandoz et HD)
Ragnina (de Raguse) : armes parlantes
"de gueules à la fasce diminuée d'argent,
accompagnée en chef de trois araignées de
sable et de trois bandes d'argent en pointe".
o---o
(d'après armorial J.B Rietstap, dessins de Victor et 
Henri  Rolland coloriés par Lionel Sandoz )
Rukoff : "tiercé en barre, au 1 de sinople à une araignée
dans sa toile au naturel; au 2 à un dragon à deux pattes de
 sable, ailé de gueules; au 3 losangé d'argent et d'azur à un
 dragon pareil au 2, brochant sur le losangé".
(d'après armorial J.B Rietstap, dessins de Victor et 
Henri  Rolland, coloriés par Lionel Sandoz et HD)
 
• Les nombreux auteurs de traités d'héraldique, en répertoriant scrupuleusement tout le bestiaire utilisé dans les figures des blasons n'ont pas manqué de nous signaler les diverses bestioles atypiques que l'on pouvait trouver ici ou là, dans les armoiries d'une modeste famille ou ailleurs. Le britannique Arthur-Charles Fox-Davies (1871-1928) en fait partie.
 
superbe ex-libris de Charles Wright Macara, 1st baronet of Ardmore (Royaume-Uni, Écosse) :
 "d'hermine au chêne arraché au naturel posé en bande, une épée d'azur, garnie d'or, posée en barre
et brochant, sommée à senestre en chef d'une couronne de gueules; au chef d'or à une araignée
de sable accostée de deux chardons au naturel".  Ces armes sont une brisure de celles du clan McGregor,
avec ce chef rajouté en augmentation pour la branche cadette de Macara ou McAra, car les Macara
 possédaient des filatures de coton en Écosse. On retrouve ainsi le symbole provenant de la mythologie
 grecque : la jeune femme Arachné qui excellait dans l'art du tissage et qui a donné son étymologie
à la famille des araignées : les Arachnides (Arachnida). 
( illustration tirée du livre " The Art of Heraldry, an encyclopædia of armory "(1904), page 159, par A-C. Fox-Davies).

Armoiries de Sir Aston Webb (1849-1930), grand architecte britannique (voir ses réalisations → ICI )
créées par The College of Arms à Londres ; ce sont des armes parlantes, web signifiant en anglais,
à l'origine : la toile d'araignée, comme tout le monde le sait, avant de représenter plus tard le réseau mondial d'Internet.
notez la devise "weave well" qui se traduit en français par : "bien tisser" !
à droite, la photo a été prise sur un bas-relief commémoratif, sur le porche d'accès de l'église St. Bartholomew the Great 
à Smithfield, un quartier du nord de Londres. L'architecte avait en effet contribué, avec son frère Alfred, à la restauration de l'édifice, d'origine médiévale

armoiries de Charley Tinker of Kilmartin , début XXe siècle
créées par The Court of the Lord Lyon , autorité pour l'héraldique
en Écosse, au Royaume-Uni, équivalente du College of Arms anglais



• Il y a maintenant ces belles créations, très récentes, que nous proposent les artistes héraldistes d'Europe de l'est, pour des municipalités, des organisations et aussi des particuliers comme les trois suivantes en provenance de Slovaquie. C'est parmi tant d'autres choses, une des belles conséquences de "la chute du rideau de fer" .
armoiries familiales de Jusufa Zulbearoviča (Slovaquie, 2003)
extraites de l'armorial en 8 volumes : "Heraldický register Slovenskej
 Republiky" vol. V - auteurs : Peter Kartous et Ladislav Vrteľ
armoiries familiales de Mariána Tkáča (Slovaquie, 1999)
dans  "Heraldický register Slovenskej Republiky", vol. II
 de Peter Kartous et Ladislav Vrteľ
armoiries familiales de Josefa Kriššáka (Slovaquie, 2000)
dans "Heraldický register Slovenskej Republiky", vol III
 de Peter Kartous et Ladislav Vrteľ


logo de la ville d'Arañuel (Espagne)
 
• Passons maintenant à l'héraldique civique ou associative. Autant dire tout de suite que le résultat de la chasse est très pauvre ! Mais elle n'en est pas moins attractive et... courageuse. En effet, telle municipalité, ou telle communauté, choisit comme symbole représentatif, un ou des éléments que le citoyen, le membre vont reconnaître comme pertinents et le visiteur accueillants. Alors comment justifier et mettre en valeur, parmi la faune locale, ces bêtes qui font fuir presque tout le monde ! En toute logique, le choix est fait par certains, en puisant dans le thème des armes parlantes. 
 



armoiries du municipio d' Arañuel / Aranyel
( Espagne - Communauté Valencienne)
 ce sont des armes parlantes : araña (espagnol)
 ou aranya (valencien) = l'araignée
armoiries de la localité d'Aasiaat 
 (Groenland) - ce sont aussi des armes parlantes :
aasiak = l'araignée en groenlandais
mais la bête est absente dans sa toile !
 peut-être pour ne pas effrayer les visiteurs ? 























emblème du club sportif de rameurs du quartier
 de La Araña à Malaga ( Espagne - Andalousie)
 araña  = l'araignée en espagnol
.

armoiries du municipio d' Els Plans de Sió
( Espagne - Catalogne - province de Lleida)
 ce sont encore des armes parlantes car l'un des
villages composant le municipio s'appelle : L'Aranyó
armoiries de la freguesia d' Alvito
( Portugal - sous-région du Bas-Alentejo)
ici notre bête provient d'une légende dans laquelle
une énorme araignée gardait l'entrée d'une
grotte et terrorisait les villageois.
( source documentaire : www. freguesias.pt )


armoiries de la commune de Taranta Peligna
( Italie - région des Abruzzes - province de Chieti )
armes parlantes : taranta / tarantola = la tarentule en italien


• On peut rendre aussi plus discrète notre arachnide, tapie dans un coin du tableau, comme elle sait bien le faire dans la nature :

armoiries de la province d' Agrigento
( Italie - région de Sicile)
le troisième quartier montre ce qui semble être
une araignée et est blasonné comme tel dans les
armoriaux, mais c'est en fait un crabe des rivières
(Potamon fluviatile) qui apparait plus clairement
 dans les armoiries de la commune de Bivona
qui occupent ce quartier des armes provinciales. 
armoiries de la commune de Paillart
( France - département de l'Oise)
le troisième quartier fait sans doute référence à une
légende locale qui mériterait des explications.
(source documentaire : armorialdefrance .fr )
C'est à ma connaissance le seul blason municipal
de France où apparait une araignée !
 et elle est plutôt amusante ici ... 

• et maintenant hors d'Europe, on peut trouver parfois quelques beaux spécimens, atypiques et exotiques :



armoiries de la ville de Puente Alto
( Chili - région métropolitaine de Santiago)
 ce sont à nouveau des armes parlantes :
au XIXe siècle ce n'était qu'un village nommé
 "el Pueblo de las Arañas" (le village des araignées),
car il était infesté par ces bestioles qui proliféraient
 dans les maisons des paysans construites en adobe.


armoiries du municipio de Tocatlán
( Mexique - état de Tlaxcala )
encore des armes parlantes, car tocatlán se traduit de
 la langue nahuatl par "le lieu des araignées".
on notera que ces armoiries sont issues de glyphes,
les signes provenant de l'écriture des anciennes
 langues autochtones: aztèques, mayas, etc...




• Pour terminer ce sujet, on pourra encore aborder l'héraldique militaire dans sa diversité : sous formes d'armoiries, de badges, d'insignes, de patchs, d'écussons, etc... à travers le monde.
  L'araignée, tapie dans un coin de sa toile, ou plus souvent en-dehors, reliée par une soie attachée à la patte et attendant les proies dans son piège symbolise parfaitement la vigilance, la patience, la barrière infranchissable, la chasse à l'affut, les réseaux de transmissions, le cyberespace, etc...  C'est certainement dans cette catégorie que notre mal-aimée est le mieux mise en valeur pour ses qualités:

armoiries de l'Unité des Transmissions du Commandement 
de l'Artillerie Antiaérienne ( voir site : UTMAAA)
( Espagne - Armée de Terre, bases à Madrid et à Séville )
badges d'unité des 58e et 127e escadrilles de la Royal Air Force (voir site : RAF  Museum)
( Royaume-Uni - Royal Air Force )

emblème des unités de Transmissions
(Armée de terre du Monténégro)
source : site Wikipédia russe → ICI


badge du 8th Space Warning Squadron
(États-Unis - U.S.Air Force, basé à Buckley, Colorado)
Emblème du 318th Cyberspace Operations Group
(États-Unis, U.S. Air Force, basé à San Antonio, Texas)


emblème du du No 26 Squadron "Black Spiders"
(Pakistan Air Force, basé à Peshawar)
armes du 2 Satellite Radar Station
(Afrique du Sud - South African Air Force,
 basée à Ellisras, province de Limpopo)



C'est l'Araignée de la fin, car elle file... Il n'est si bonne compagnie qui ne se quitte, comme dit le dicton.
Mais je vous le promets, je reviendrai certainement, bientôt, avec d'autres créatures du même genre et leurs alter ego héraldiques. Même pas peur !!

 

 
🕸 Cet article est une réédition d'un précédent sujet que j'avais publié en 2016, dans la série "Zoo héraldique. Mais je l'ai enrichi de quelques trouvailles glanées ici ou là, pour ne pas faire un simple copié-collé. Les habitués de mon blog l'auront peut-être remarqué !!   



                Spiderdick







lundi 11 octobre 2021

L' Armorial de La Planche - 1669 - Gouvernement de Dauphiné - Bailliages de Valentinois, de Diois, etc...

  S   uite de la visite d'un des plus anciens manuscrits répertoriant des armoiries de villes et de villages de France, dessinées à la plume et peintes à l'aquarelle, antérieur de trois décennies à l'Armorial Général de France de Charles d'Hozier ! Voir la description initiale : →


  Nous poursuivons avec la découverte du "livre" (c'est l'appellation donnée à une section d'un manuscrit, qui est lui-même divisé en chapitres) consacré au Gouvernement de Dauphiné. Après le premier chapitre consacré aux bailliages de Grésivaudan et de Viennois, nous allons cette fois aborder une région composée de plusieurs entités : bailliages et  sénéchaussées rassemblés sous la bannière de l'ex-comté/duché du Valentinois, lui-même reconstitué en bailliage éponyme. Cette zone géographique correspond à une grande partie du département actuel de la Drôme, délimité au nord par la rivière Isère et le massif du Vercors, augmenté à l'est du pays du Trièves (rattaché aujourd'hui au département de l'Isère), et diminué au sud des anciennes possessions du Comté de Provence (Grignan, Rémuzat, Séderon), et celles enclavées du Comtat venaissin (Valréas).  Voici donc le deuxième chapitre consacré à toutes ces entités réunies en un seul sujet.

      Revenir à l'épisode précédent →

Voici l'extrait d'une carte datant de la fin du XVIIIe s. , donc postérieure d'un siècle, mais sur laquelle j'ai reconstitué les limites administratives de notre région :

 Vous pouvez cliquer sur toutes les images pour les agrandir
 




 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
  Les fragments de manuscrits proviennent à nouveau du Volume II. Pour enrichir l'étude, j'ai mis en bonus l'extrait équivalent dans l'Armorial Général de France* (1696-1711), établi par Charles-René d'Hozier, et comme auparavant, j'ai placé le blason actuel en-dessous, pour comparer les différences ou au contraire la constance des figures dans le temps.

(*)  Armorial Général de France  -  volume XI  -  Dauphiné - Généralité de Grenoble (BNF Paris)
 
 
 
Valence (Drôme)

 
   Les armes traditionnelles et toujours actuelles de Valence sont inspirées des armoiries des évêques de Valence, épurées de leur aspect religieux. L'évêque était seigneur temporel de sa ville épiscopale et de quelques bourgs avoisinants. Il s'intitulait en 1150 comte de Valence. La tour et la croix du blason rappellent cette souveraineté. source infos : www.valence.fr/fr/connaitre-la-mairie/la-vie-municipale/la-mairie-de-valence/la-vie-citoyenne.html?search-keywords=blason  et  quaranta1.chez-alice.fr/ecussons/rhone_alpes/valence.html.
   Étrangement, Charles d'Hozier, dans son Armorial Général de France, registre de la Généralité de Grenoble  a enregistré deux fois les armoiries de cette ville, comme nous le voyons encore ici. Nous les trouvons une première fois à la page 41, et une seconde fois à la page 262, tout comme la ville de Romans-sur-Isère, vue dans le précédent sujet. Nous ignorons la cause, et les conséquences de ces doublons, et nous n'imaginons pas que ces municipalités aient pu être taxées deux fois de la redevance fiscale dues aux finances du royaume, en application de l'édit de novembre 1696,  et dont le montant pouvait être très élevé. 
 

 

Die (Drôme)


 Nous ne savons pas grand chose ni sur l'origine ni sur la datation de ce blason. Nous constatons juste que les émaux de champ ont changé dans le temps, allant de l'azur à gueules, comme c'est assez courant dans l'héraldique municipale française. La tour donjonnée s'est transformée peu à peu en château et symbolise probablement les tours et murailles des exceptionnels et rares remparts d'origine gallo-romaine (IIIe siècle) subsistant encore autour de la ville.


Saint - Paul - Trois -
Châteaux
(Drôme)

  

    Belle constance dans le temps, exceptée la couleur d'émail de fond, pour ce blason aux armes parlantes: tour ou château donjonnés de trois pièces. Mais étrangement, il n'y a jamais eu trois châteaux dans ce lieu. En effet l'origine du toponyme est une altération linguistique du terme latin Tricastini. Les Tricastins (Tricastini) étaient un peuple celto-ligure de la Gaule narbonnaise, selon la description faite par Pline l’Ancien au Ier siècle, établis dans ce territoire proche du Rhône, et qui ont fourni le nom du pays et le gentilé de "Tricastin". La cité gallo-romaine elle-même se nommait Augusta Tricastinorum, puis civitas Tricastrinorum avant de devenir au cours du Moyen-âge le siège d'un évêché, celui de Sanctus Paulus Tricastinensis. Le premier élément du toponyme, Saint-Paul, viendrait du nom de l'un de ses premiers évêques, au IVe siècle. source infos : fr.wikipedia.org.


Crest (Drôme)

   Très souvent, on l'a déjà évoqué dans mes sujets précédents, l'auteur du manuscrit a préparé comme ici,  un emplacement pour y dessiner les armoiries des villes pour lesquelles il a rédigé un descriptif. Mais les écus sont restés désespérément vides. Nous en ignorons toujours la raison : manque d'information fiable, manque de temps, on ne le saura jamais.
    Concernant les armoiries actuelles, dont le design date de 1995 : le château rappelle le chateau-citadelle construit par la puissante famille Arnaud qui était venue s’installer dans la région au Xe siècle. Les remparts délimitaient une petite cité qui prit le nom de Crista Arnaldorum (la Crête des Arnaud) et plus tard Crest Arnaud, symbolisé par le "C". Les crêtes de coq sont des armes parlantes. Le seul exemplaire de blason encore existant à Crest porte la date de 1530. Autrefois, il était encastré dans l'angle de l'ancienne maison des écoles, rue des Écoles.  source texte : www.mairie-crest.fr



 Si l'existence des armoiries de Montélimar sont, comme le manuscrit de La Planche le révèle, bien antérieures à la représentation de Charles d'Hozier qui, au passage a dessiné le monde entièrement d'argent, nous ne savons que peu de choses sur leur origine, leur ancienneté, et sur leur symbolique.



Buis -les- Baronnies
 (Drôme)

   Les armes de Buis (Le Buys,  Buxium en latin) sont parlantes : le buis (Buxus sempervirens) est un arbuste très répandu dans la nature et aussi très apprécié par les jardiniers paysagistes pour construire des haies et décorations en art topiaire. Il est représenté comme un arbre par Charles d'Hozier.
   Le dauphin d'azur illustre les Baronnies, cette région historique et naturelle appartenant au Dauphiné, limitrophe avec la Provence et le Comtat venaissin. Comme le montre le dessin publié dans l'Armorial Général de France, le dauphin était représenté à l'origine, la tête en haut, enroulé autour du tronc de buis. De nos jours, à l'image du blason sculpté dans la salle du conseil municipal de la mairie de Buis, le dauphin est représenté tête en bas, brochant sur une branche de buis. source info : fr.wikipedia.org/wiki/Buis-les-Baronnies



[_)-(_]



D'autres lieux ou villes sont juste décrits par le texte :

- avec un contour de blason vide, et sans description, comme celui de Crest : Chabeuil, Nyons.

- sans blason ni mention s'y rapportant : Mens (dépt. de l'Isère), Pierrelatte, Suze, Mérindol (-les-Oliviers).

 # cependant, quelques années plus tard, quelques villes (en gras, ci-dessus) ont été enregistrées et blasonnées dans l'Armorial Général de France. Ces blasons sont parfois encore d'actualité, pour certains, à quelques détails près:

 

commune de Chabeuil
 (Drôme)


Pierrelatte (Drôme)

 

 

A bientôt pour une nouvelle série ... → ICI

 

Crédits :

les blasons "modernes" sont empruntés  à : armorialdefrance.fr/

les extraits des manuscrits proviennent de :
- Bibliothèque et Archives du Musée du Château de Chantilly :
   . www.bibliotheque-conde.fr/ressources-en-ligne/
- Bibliothèque nationale de France à Paris : 
   . gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k111465w/f1.item
  

 💶 Appel au mécénat ou aux généreux donateurs :
 Au cours d'échanges d'informations avec les responsables de la Bibliothèque du Musée Condé, au sujet du manuscrit, il m'a été rapporté que l'ouvrage de Pierre de La Planche n'est actuellement plus exposé ni mis à disposition des visiteurs. En effet, les deux volumes du manuscrit sont en mauvais état : "la couverture", ce que l'on nomme dans le métier: les plats de reliure, sont soit partiellement,soit totalement détachés du manuscrit, ce qui nuit à sa conservation. La reliure étant en effet là pour maintenir et protéger le manuscrit.
  Si des personnes ou des entreprises sont intéressées, en mode mécénat, pour participer à la prise en charge de la restauration de ces précieux ouvrages, qu'elles prennent contact pour les modalités, avec les bibliothécaires à cette adresse mail  : bibliotheque@domainedechantilly.com
ou sinon m'écrire à : heraldexpo@orange.fr et je transmettrai à ma correspondante privilégiée.

 

             Herald Dick  
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