mercredi 18 octobre 2017

Albums à vignettes Sanka #11 : Nord, Pas-de-Calais

Cet article constitue la suite de ma base d'archives de ma rubrique "Sanka" que vous pouvez consulter dans les onglets en haut de la page d'accueil . Je rajouterai au fil de l'eau de nouvelles séries, région par région , mais afin de ne pas générer un temps de chargement trop long sur votre ordinateur, je mettrai l'accès aux anciennes pages par un lien vers ces archives , voilà pour le procédé ...


Pour rappel , ces albums de vignettes héraldiques étaient une création des célèbres Cafés Sanka qui ont démarré vers 1933 et duré jusqu' à la Seconde Guerre mondiale. Cette marque était une filiale de la firme allemande Café Hag , fondée en 1906 . Seulement 6 albums intitulés "la France Héraldique" ont été édités pour la France, alors que 40 étaient prévus initialement, mais la guerre a malheureusement mis fin au projet .

  Pour continuer la série, je vous propose de découvrir l'ancienne région Nord-Pas-de-Calais qui a fusionné avec la Picardie, suite à la réforme territoriale de 2014, et la nouvelle entité a pris le nom de région des "Hauts-de-France".  Nous allons donc parcourir seulement deux départements : le Nord, créé pendant la Révolution avec les anciennes provinces de Flandre française, du Hainaut français et du Cambrésis,  et le Pas-de-Calais, composé par l'ancien Artois et par la partie maritime du nord de la Picardie : le Boulonnais et le Calaisis.

  Historiquement, les albums Sanka ont évolué au fil des années et ils y a eu plusieurs rééditions de l'Album N°I, d'où sont extraites ces pages. J'en en trouvé trois différentes et je vous les livre pour comparer les dessins légèrement remaniés d'une édition à l'autre. Chaque page rassemble les blasons de neuf villes les plus représentatives de chaque département. Je n'ai pas mis le texte des pages intermédiaires qui donne une description succincte de chaque ville, sans intérêt pour l'héraldique. 

 La carte provient aussi de l'album que j'ai délimitée et adaptée pour l'éclairage du  message. 




Trois styles graphiques légèrement différents, mais des blasons tous corrects





Quelques petites anomalies ou variantes à noter (cliquer sur le nom de la ville pour voir le blason correct):
  • Bapaume :  une des mains appaumées (paumes = armes parlantes) est une main senestre (gauche), en chef.
  • Berck-sur-Mer : le champ n'est pas d'azur uni,  mais : parti d'azur et de gueules, l'ancre d'argent broche sur la partition avec une corde entortillée d'or.
  • Étaples : les coquilles sont d'or , pas d'argent.
  • Lens : le château est plus massif, les tours crénelées ne sont pas couvertes ni girouettées, etc...





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Pour d'autres régions  revenir à la page d'origine : Sanka


      HD 


Lille Cambrai Douai Dunkerque Hazebrouck Maubeuge Roubaix Tourcoing Valenciennes 
Arras Bapaume Berck-sur-Mer Berck sur Mer Bethune Béthune Boulogne-sur-Mer
 Boulogne sur Mer Calais Etaples Lens Saint-Omer Saint Omer

vendredi 13 octobre 2017

Les blasons des métiers et corporations #13 : les Corporations de Paris, composition héraldique de Mireille Louis et Paul-François Morvan.

🛡  Parmi les grands noms de l'héraldique française, toutes époques confondues, et qui plus est, unis par des liens familiaux, ils figurent parmi les les plus grands: Robert Louis (1902-1965) et sa fille Mireille, qui a collaboré avec son père, puis lui a succédé avec un talent égal.
 Ensemble ils ont réalisé un œuvre considérable, pour le compte des services de l'État, en tant qu'héraldistes officiels, comme la Poste, le Ministère de l'Intérieur, les Affaires étrangères (les armoiries "officieuses" de la France, c'est Robert Louis qui les a dessinées), etc...  Ils ont aussi rénové ou créé les armoiries pour une multitude de communes françaises et dans les anciens territoires coloniaux.

𝔊 Par l'entremise d'éditeurs de cartes postales ou d'autres imprimeurs, ils se sont fait connaître du public par la diffusion de superbes collections de plaquettes ou de cartes héraldiques, à usage postal ou pas, de tous formats et d'une qualité graphique très luxueuse. J'en ai déjà publié et détaillé quelques exemples (voir à la fin du sujet, pour les liens). Ces magnifiques objets de collection, très recherchés, ont été créés puis imprimés dans les meilleures maisons, dans les années '1950, '1960 et '1970, pour celles que je connais.

 📧 Récemment, un lecteur occasionnel de mon blog m'avait contacté pour me féliciter d'avoir publié un sujet sur le "Livre d'or des villes de France", c'était il y a maintenant 6 ans, sous le titre "La carte des Préfectures de Robert Louis". Il me confiait qu'il était d'autant plus heureux, que l'imprimeur de cette belle carte héraldique : Louis Imbert à Saint Étienne était un de ses parents. Je lui ai proposé une collaboration amicale pour faire connaître d'autres géniales réalisations signées Robert et/ou Mireille Louis, éditées par l'entreprise de son cousin. Et il m'a répondu favorablement, qu'il en soit remercié.

🗼 Voici donc une nouvelle planche héraldique, consacrée aux " CORPORATIONS DE PARIS",  imprimée avec le procédé "relief  typo-émail Imbert". C'est une belle composition avec couleurs multiples, créée par  Mireille Louis et mise en scène par l'illustrateur Paul-François Morvan (1901-1986). Elle n'est pas datée, alors que l'imprimeur nous présente ses vœux de bonne année, certainement dans les années '1970.

page 1 (couverture) de la plaquette héraldique "Corporations de Paris" - cliquer sur l'image pour l'agrandir et observer les détails

page 4 (dos) de la plaquette héraldique "Corporations de Paris" avec les blasonnements de chaque armoirie
 cliquer sur l'image pour l'agrandir et observer les détails

page 2 (intérieure) de la plaquette héraldique "Corporations de Paris" avec petit texte sur l'historique du sujet signé de Mireille Louis
   cliquer sur l'image pour l'agrandir
page 3 de la plaquette "Corporations de Paris"- vœux de l'imprimeur


détail de la plaquette montrant une reproduction d'un ancien sceau médiéval (vers 1412) de la ville de Paris avec le nom des artistes en-dessous


Je remercie vivement Monsieur Alain Souleyreau, le propriétaire du document original.

Quelques autres de mes sujets en relation avec les héraldistes Robert Louis et Mireille Louis :

Et pour compléter votre information sur les armoiries des corporations de Paris :

Enfin vous reconnaîtrez quelques similitudes avec l'inspiration de Mireille Louis dans ce dernier sujet :

















        
     bidouillage par © Herald Dick
         dans le style Robert Louis

lundi 9 octobre 2017

Visite des armoriaux des Ordres de Chevalerie du Danemark : l'Ordre de l'Éléphant #03

🐘 Voici donc le troisième* volet consacré à l'armorial des chevaliers de l’Ordre de l’Éléphant, parmi ceux des princes de sang royaux (danois et étrangers) et des chefs d’État étrangers qui sont le plus mondialement célèbres, lesquels ont reçu cette distinction entre les années 1950 et 1965 (nous remontons progressivement dans le temps). C'est encore un choix personnel qui s'attache à montrer les plus belles armoiries, ou les plus surprenantes, en particulier celles de chefs d'états qui ne sont pas des monarchies et qui n'ont pas de titres de noblesse. Toutefois, certaines rares pages de l'armorial demeurent blanches pour certains dignitaires, sans armoiries ou inconnues à l'époque. La présence de deux présidents de la république française, qui n'avaient pas d'armes personnelles, et qui n'ont pas voulu s'en faire créer pour l'occasion, contrairement à certains de leurs successeurs (voir les volets précédents) sont rajoutés là juste pour l'anecdote. Ces pages proviennent de l'armorial royal : Elefantordenens Våbenbog tome III, 1878-1996.
(*) à la fin de cette page, je vous donne les liens pour revoir les précédents épisodes.
Cliquez sur les images et utilisez les outils de votre navigateur pour les agrandir, afin de révéler les détails.

Sir Winston Leonard Spencer Churchill (1874-1965), alors Premier Ministre du Royaume-Uni,
 de 1951 à 1955, après un premier mandat exercé durant la Seconde Guerre mondiale de 1940 à 1945.
fait chevalier le 9 octobre 1950 - armoiries peintes par Franz Sedivy  -
Elefantordenens Våbenbog tome III, page 187

Vincent Auriol (1884-1966) , alors président de la République
 française, de 1947 à 1954 - fait chevalier le 28 novembre 1950
ne possédant pas d'armoiries ( fórer ikke våben en danois)
Elefantordenens Våbenbog tome III, page 189

Sigvard Bernadotte (1907-2002), alors comte de Wisborg (Suède) de 1951 à 2002, deuxième fils
 du roi Gustaf VI Adolf de Suède (1882-1973) -  connu comme grand designer d'objets divers
fait chevalier le 28 mars 1952 - armoiries peintes par Franz Sedivy
Elefantordenens Våbenbog tome III, page 190


Chumbhotbongs Paripatra (1904-1959), prince thaïlandais,  fils du prince Paripatra Sukhumbhand
 fait chevalier le 28 novembre 1952 - armoiries peintes par Franz Sedivy
Elefantordenens Våbenbog tome III, page 191

Akihito, alors prince héritier du Japon, fils de l'empereur Hirohito (1901-1989) et
actuel empereur du Japon depuis 1989 - fait chevalier le 8 août 1953
armoiries peintes par Franz Sedivy  - Elef. Våbenbog tome III, page 192

Ásgeir Ásgeirsson  (1894-1972), alors président de la République d'Islande, de 1952 à 1968
 fait chevalier le 5 avril 1954 -  armoiries  peintes par  Franz Sedivy
 Elef. Våbenbog tome III, page 193

Charlotte de Luxembourg (1896-1985), alors grande-duchesse de Luxembourg, de 1919 à 1964
grand-mère de l'actuel grand-duc Henri - faite chevalier le 21 mars 1955
  armoiries peintes par Franz Sedivy - Elef. Våbenbog tome III, page 196

René Coty (1882-1962) , alors président de la République
 française, de 1954 à 1959 - fait chevalier le 15 mai 1955
ne possédant pas d'armoiries
Elefantordenens Våbenbog tome III, page 197

 Harald, alors prince héritier de Norvège, fils du roi Olav V de Norvège (1903-1991)
 et lui-même futur Harald V, actuel roi de Norvège depuis 1991 - fait chevalier le 21 février 1958
  armoiries peintes par Aage Wulff - Elef. Våbenbog tome III, page 200

Margrethe, alors princesse héritière du Danemark, fille aînée du roi Frederik IX de Danemark (1899-1972)
 et future Margrethe II, actuelle reine du Danemark depuis 1972 - faite chevalier le 20 avril 1947
  armoiries peintes par Franz Sedivy - Elef. Våbenbog tome III, page 201
Benedikte et Anne-Marie, princesses du Danemark, filles cadettes du roi Frederik IX de Danemark (1899-1972)
 et sœurs de Margrethe II, actuelle reine du Danemark depuis 1972 - faites chevalier le 20 avril 1947
Anne-Marie deviendra reine des Hellènes (Grèce) de 1967 à 1973 en épousant le roi Constantin II de Grèce en 1964
  armoiries peintes par Aage Wulff - Elef. Våbenbog tome III, pages 202 et 203A
(copies des armoiries du prince Ingolf  situées page 208, c'est l'inscription en danois rajoutée par Heinrich Knuth,
secrétaire du Chapitre des Ordres royaux à la cour du Danemark: våbnet er ligesom det på pagina 208 indmalede våben)

Bhumibol Adulyadej ou Rama IX (1927-2016), alors roi de Thaïlande de 1946 à 2016
fait chevalier le 21 avril 1958 -  armoiries peintes par Franz Sedivy
 Elef. Våbenbog tome III, page 203B

Mohammad Reza Pahlavi (1919-1980), alors chah d'Iran de 1941 à 1979
fait chevalier le 14 mai 1959 -  armoiries peintes par Franz Sedivy
 Elef. Våbenbog tome III, page 204

Margaretha (1899-1977), princesse de Suède, devenue princesse du Danemark en épousant
le prince Axel de Danemark (1988-1964)  - faite chevalier le 4 septembre 1960
  armoiries peintes par Franz Sedivy - Elef. Våbenbog tome III, page 206

Constantin, alors prince héritier (diadoque) de Grèce, fils du roi Paul Ier de Grèce (1901-1964)
futur roi des Hellènes Constantin II de 1964 à 1973 et toujours prétendant au trône depuis
l'avènement de la République en Grèce en 1973 - fait chevalier le 4 septembre 1960
  armoiries peintes par Franz Sedivy - Elef. Våbenbog tome III, page 210

Adolf Schärf (1890-1965), alors président de la République d'Autriche, de 1957 à 1965
 fait chevalier le 6 juin 1962 -  armoiries  peintes par  Franz Sedivy
 Elef. Våbenbog tome III, page 212

Habib Bourguiba (1903-2000), alors président de la République de Tunisie, de 1957 à 1987
 fait chevalier le 4 juin 1963 -  armoiries  peintes par  Ronny Andersen
 Elef. Våbenbog tome III, page 215

Julius Nyerere (1922-1999), alors président de la République du Tanganyika de 1962 à 1964,
 puis de la Tanzanie, de 1964 à 1985, à la suite à l'union du Tanganyika et de Zanzibar en 1964.
 fait chevalier le 9 septembre 1963 -  armoiries  peintes par  Ronny Andersen
 Elef. Våbenbog tome III, page 216

 Charles-Gustave, alors prince héritier de Suède, et duc de Jämtland de 1950 à 1973
petit-fils du roi Gustave VI Adolphe de Suède (1882-1973) et qui lui succèdera
en tant que Charles XVI Gustave, actuel roi de Suède depuis 1973
 fait chevalier le 12 janvier 1965 -  armoiries peintes par Aage Wulff
 Elef. Våbenbog tome III, page 221



🔖  vous pouvez revoir les précédents volets de cette série :
 •  #01 (années 1980 à 1996) avec descriptif de l'armorial → ICI
 •  #02 (années 1965 à 1979) → ICI


🐘 A bientôt pour la suite de la découverte de nouvelles belles armoiries ....




👑 Vous pouvez  feuilleter tous les armoriaux numérisés actuellement mis à disposition par la Cour royale du Danemark sur le site officiel → ICI

○ Je tiens à remercier chaleureusement M. Ronny Andersen, peintre et héraldiste de la Cour du Danemark qui m'a gentiment autorisé à publier des extraits de ces merveilleux armoriaux, et qui a répondu fort aimablement à mes questions au sujet des signatures apposées en bas des feuillets.
Vous pouvez admirer par ailleurs son travail sur son site personnel :
- www.arsheraldica.dk/  ( langues : DAN / DE / ENG)



                   Herald Dick

mercredi 4 octobre 2017

l'Armorial de La Planche - 1669 - Gouvernement de Languedoc - Sénéchaussée de Toulouse

S   uite de la visite d'un des plus anciens manuscrits répertoriant des armoiries de villes et de villages de France, dessinées à la plume et peintes à l'aquarelle, antérieur de trois décennies à l'Armorial Général de France de Charles d'Hozier ! Voir la description initiale : →

 Nous avons quitté dernièrement le Gouvernement de Bretagne (voir l'épisode précédent → ). Nous allons maintenant nous transporter dans le sud, appelé communément le "Midi de la France" tout en restant virtuellement à la fin du XVIIe siècle.  Nous abordons une nouvelle et grande région qui nous promet encore de belles surprises : le Gouvernement de Languedoc, même si la fréquence des illustrations héraldiques s’essouffle un peu. Cette ancienne province royale, nommée " États du Languedoc", constituée après la Guerre (ou croisade) contre les Albigeois au XIIIe siècle, a succédé à l'ancien et puissant Comté-pairie de Toulouse, annexé au royaume de France en 1271. Les Comtés de Carcassonne, vicomtés d'Albi, de Béziers, de Narbonne, de Nîmes, etc, vassaux de Toulouse ont de fait disparu eux aussi avec lui. Ce territoire étendu de Toulouse et la Garonne jusqu'à la vallée du Rhône, englobait au nord-est les pays de Gévaudan, le Velay et le Vivarais, autres anciens comtés et vicomtés radiés. L'ancien Comté de Foix, intégré plus tardivement au domaine royal, en 1607 et surtout le Roussillon, récemment rattaché à la couronne de France par le traité des Pyrénées signé le 7 novembre 1659 avec l'Espagne, complètent l'étude et figurent en "additions" à la fin du livre consacré au Gouvernement du Languedoc.

   Cette province et ses additions font donc l'objet d'un livre (qui est une section d'un manuscrit) divisé en douze chapitres, consacrés chacun à une sénéchaussée, qui était la subdivision administrative en vigueur dans le sud du pays, dirigée par un sénéchal. Voici donc le premier de ces chapitres, consacré à la sénéchaussée de Toulouse, un territoire situé à cheval sur trois départements actuels : la Haute-Garonne, le Tarn et le Tarn-et-Garonne.



Voici l'extrait d'une carte datant de la fin du XVIIIe s., donc postérieure d'un siècle, mais sur laquelle j'ai reconstitué les limites administratives de notre région :
 Vous pouvez cliquer sur toutes les images pour les agrandir 











Les fragments de manuscrits proviennent cette fois du Volume II. Pour enrichir l'étude, j'ai mis en bonus l'extrait équivalent dans l'Armorial Général de France* (1696-1711), établi par Charles-René d'Hozier, et comme auparavant, j'ai placé le blason actuel en-dessous, pour comparer les différences ou au contraire la constance des figures dans le temps.

(*)  Armorial Général de France  -  volume XIV  -  Languedoc 1ère partie  
       Armorial Général de France  -  volume XV  -  Languedoc  2e partie  (BNF Paris)




Toulouse (Haute-Garonne)
   La plus ancienne représentation des armes de Toulouse est celle figurant dans le sceau attaché à une lettre des Capitouls au Roi Pierre II d'Aragon, en 1211, pendant la Croisade des Albigeois.
Au verso du sceau, on trouve l'agneau nimbé, portant la Croix de Toulouse en bannière. L'agneau symbolise la force, il serait le signe premier de la ville et remonterait à l'époque romaine. Selon Nicolas Berey (1663), la symbolique de l'animal s'expliquerait par le culte rendu à Jupiter, révéré sous la figure d'un bélier. Ce bélier païen aurait été par la suite représenté foulé par la Croix des Comtes de Toulouse. Le bélier finira christianisé, en agneau pascal, tête nimbée, portant la Croix en bannière, ou passant devant elle et l'adorant.
  Au recto du sceau, on trouve le Château Narbonnais (à gauche) et la Basilique Saint Sernin (à droite). Les deux monuments n'étaient à l'origine que deux châteaux ou tours anonymes, symbole de force encore, image probable des très célèbres murs d'enceinte romains chantés du poète Ausone, ou, plus spécialement du château Narbonnais.
 La croix du Languedoc, également nommée croix occitane ou encore croix de Toulouse, semble avoir des origines très anciennes. Cette croix aux douze points semble avoir été l'un des symboles d'un peuple gaulois implanté au IIIe siècle av. J.C.
La croix du Languedoc s'impose dans le domaine toulousain au début du XIIIe siècle. Elle apparaît sur le sceau de Raymond VI en 1211 et figurera, dès lors, les armes de la ville de Toulouse puis celle du Languedoc, du XIVe au XVIIIe siècle.
La croix du Languedoc a fait l'objet de nombreuses hypothèses quant à sa signification symbolique. Il faut d'emblée préciser qu'elle n'a rien à voir avec l'iconographie chrétienne. Le symbole de la croix semble être solaire ; les quatre branches représentent les quatre saisons, et chaque point figure un mois de l'année, mais également un des douze signes du zodiaque. Ces derniers ont peu à peu disparu afin de connoter la croix d'un symbolisme chrétien.
source texte : www.toulouse.fr/web/la-mairie/decouvrir-la- ville/




Rieux - Volvestre 
(Haute-Garonne)

  Nous retrouvons notre agneau pascal, symbole religieux décrit plus haut. La petite cité de Rieux a en effet été de 1317 jusqu'à la Révolution, le siège d'un évêché et possède une cathédrale. Son diocèse sera rattaché plus tard à l'archidiocèse de Toulouse.



Lavaur (Tarn)

 Voici donc de surprenantes armoiries illustrant la petite cité de Lavaur, dont l'origine est inconnue, Pierre de La Planche ne nous ayant pas laissé de notes sur ses sources !  Mais deux éléments du blason définitif sont déjà présents : le château et l'ancre. Quelques années plus tard, Charles d'Hozier enregistre un blason plus élaboré : sur un champ de gueules, un château (réduit) d'argent est surmonté d'une croix de Toulouse d'or et soutenu d'une croix latine dont le pied est accolé à l'initiale B majuscule couchée, le tout d'or également, et enfin un chef d'azur à trois fleurs de lis d'or. Est-ce que cette cette figure en pointe ne devrait pas être une ancre ?  Après la Révolution et le 1er Empire, la ville reprend ces mêmes armoiries, par lettres patentes, en 1824, avec cette fois la croix du bas accolée à la barre du B majuscule, et un château plus grand (voir → ICI).
 Plus tard, cette figure curieuse en pointe est redevenue une ancre d'or. Une rivière à été rajoutée au pied du château, d'abord d'émail argent uni puis enfin fascée-ondée d'argent et d'azur. Cette rivière symbolise l'Agoût, affluent du Tarn, qui traverse la ville.




Castelsarrasin 
 (Tarn-et-Garonne)

  Très souvent, l'auteur du manuscrit a préparé comme on le voit  ici,  un emplacement pour y dessiner les armoiries des villes pour lesquelles il a rédigé un descriptif. Mais voilà,  les écus sont restés désespérément vides.  Quelle en était la raison : manque d'information fiable, manque de temps, on ne le saura jamais. Et le constat est plus large encore pour les régions du sud de la France qu'elle ne l'est pour la partie nord, beaucoup mieux illustrée par des dessins plus nombreux.
   C'est donc Charles d'Hozier qui sauve l'honneur du XVIIe siècle,  avec des armoiries quasiment identiques à celles actuelles, mis à part l’émail du château. Toutefois, pendant une longue période et jusqu'à très récemment, le château était surmonté par une tête de maure , qui nous donnait donc des armes parlantes : castel+sarrasin. Le terme de "sarrasins" ou "sarrazins", péjoratif aujourd'hui, désignait communément au Moyen-Âge les populations arabes ou musulmanes du Moyen-Orient, alors que le terme de "Maures" se rapportait plus précisément aux berbères d'Afrique du Nord. Cette configuration héraldique a été abandonnée, sans doute pour ne pas offenser les communautés d'origine africaine, et dans le cadre du politiquement correct. Mais ici, on peut constater qu'on est en fait revenu au blason d'origine, tout simplement. Et par ailleurs, la toponymie du lieu, d'origine latine, comme souvent, n'a absolument rien à voir avec les musulmans ou les arabes, comme on peut le lire → ICI.




[_)-(_]


D'autres lieux ou villes sont juste décrits par le texte :

- avec un contour de blason vide, et sans description comme pour Castelsarrasin : Puylaurens, Montech, Villemur (-sur-Tarn), Caraman.

- sans blason ni mention s'y rapportant : Abbaye des Feuillants (à Toulouse, disparue), Auterive, Montesquieu (-Vovestre), Verfeil, Baziège, Cintegabelle, Toulsa (Cuq-Toulza), Montgiscard, Buzet (-sur-Tarn).
 
 # cependant, quelques années plus tard, certaines villes et lieux (en gras, ci-dessus) ont été enregistrés et blasonnés dans l'Armorial Général de France. Ces blasons sont pour la plupart toujours d'actualité aujourd'hui, à quelques détails près. Mais d'autres, utilisés actuellement s'inspirent plutôt de ceux publiés dans l'Armorial des États de Languedoc par Denis-François Gastelier de La Tour, édité en 1767 (voir → ICI et  ICI) :



Puylaurens (Tarn)

Montech (Tarn-et-Garonne)

Villemur-sur-Tarn
 (Haute-Garonne)

Caraman (Haute-Garonne)

Auterive (Haute-Garonne)

Montesquieu-Volvestre
(Haute-Garonne)

Verfeil (Haute-Garonne)

Baziège (Haute-Garonne)

Cuq-Toulza (Tarn)

Montgiscard (Haute-Garonne)

Buzet-sur-Tarn (Haute-Garonne)





A bientôt pour une nouvelle série ... → ICI


Crédits :
les blasons "modernes" sont empruntés  à : armorialdefrance.fr/

les extraits des manuscrits proviennent de :
- Bibliothèque et Archives du Musée du Château de Chantilly :
   . www.bibliotheque-conde.fr/ressources-en-ligne/
- Bibliothèque nationale de France à Paris : 
   . gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k111467n
   . gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1114681



             Herald Dick  
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