lundi 14 août 2017

Histoire parallèle : 14 août 1917-2017 -
la Chine déclare la guerre à l’Allemagne et à l’Autriche-Hongrie.

Nous poursuivons la découverte de cette surprenante liste de nouveaux pays belligérants qui sont entrés en guerre en 1917, avec la Chine. Mais la Chine n'est pas à proprement parler une nouvelle venue dans le conflit mondial, car les puissances étrangères en guerre y possèdaient des concessions. Dès le 2 septembre 1914, les Japonais, alliés des Français et Anglais s'emparent partiellement des possessions allemandes du Shandong (Kiautschou-Tsingtau). Néanmoins la Chine avait proclamé sa neutralité le 6 août 1914.
   La Chine est une jeune république depuis 1912, instituée suite à la révolution de 1911, évènement considérable dans l'histoire du pays car elle provoqua la chute du régime impérial qui dirigeait le pays depuis 221 av. J.C, et mit fin à la dynastie Qing qui régnait sur l'Empire depuis 1644. Mais la nouvelle République sombra dans l'instabilité politique dès ses premières années, car diverses factions politiques et leurs chefs s'affrontent pour prendre le pouvoir et mettre la main sur les affaires du pays, et cela va durer ainsi jusqu'en... 1949 avec la création de la République populaire de Chine.

drapeaux de la République de Chine en 1917  :  • le premier drapeau (noté 733) est celui des révolutionnaires du
 soulèvement de Wuchang en 1911, qui a contribué à la chute du pouvoir impérial de la dynastie Qing;
ce drapeau est devenu par la suite le drapeau de l'armée chinoise jusqu'en 1928.
• Le second drapeau (noté 736),  était à l'époque celui adopté par la marine chinoise et deviendra plus tard, à partir
de 1928, celui de la République de Chine, puis de la Chine nationaliste jusqu'en 1949 (il est encore aujourd'hui
 le drapeau de l'état de Taïwan, qui est depuis 1949 en dissidence avec la République Populaire de Chine)
• Le troisième (noté 737) appelé "drapeau aux cinq couleurs", était entre 1912 et 1928 le drapeau d'état officiel
 de la République de Chine. Les cinq bandes de couleurs représentent "les cinq races dans l'union" (les cinq
 principales ethnies, il y en a des dizaines d'autres, en Chine) : Hans, Mandchous, Mongols, Huis et Tibétains.
- dessins extraits du livre américain  "Flags of the World" de Byron  McCandless et G.H. Grosvenor,
National Geographic Society - U.S.A - 1917
emblème de la République de Chine (1912-1949)
(et de nos jours celui de l'état de Taïwan)
Le soleil à douze rayons d'argent triangulaires
sur fond bleu  est aussi celui du parti politique
 du Kuomintang  qui a été créé après la révolution de 1911
.
drapeau de guerre allemand en 1917
drapeau de guerre austro-hongrois en 1917

• En Europe, dès 1915, la guerre s'annonce longue, ce qui a des conséquences sur les stratégies militaires mais aussi sur l'organisation de la main d'œuvre à l'arrière, puisque des milliers d'ouvriers et d'agriculteurs sont maintenus sous les armes. En France, le recrutement de travailleurs étrangers venant d'Espagne ou d'Afrique du Nord.est accéléré. Rapidement, des sources plus lointaines sont explorées. C'est ainsi que, cette même année, les autorités françaises entament des négociations avec le gouvernement chinois – pays où la France possède une enclave : le territoire de Kouang-Tcheou, ainsi que diverses concessions, bureaux, etc. – pour recruter des travailleurs.



photo d'un article de la presse - source: www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/la-chine-dans-la-premiere-guerre-mondiale

14 décembre 1915 : une mission, dirigée par le lieutenant-colonel Truptil, est envoyée à Beijing (Pékin)  pour négocier le recrutement et contrôler l'embarquement d' ouvriers chinois pour la France.

14 mai 1916 : les négociations aboutissent à la signature de l'accord connu sous le nom de "contrat Truptil-Huimin", du nom de la compagnie privée (ou plutôt syndicat) créée par les officiels chi­nois qui organisent les opérations d'embauches en échange d'une rémunération pour chaque recrue, ces travailleurs étant assimilés aux travailleurs coloniaux.
sources info : www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/la-chine-dans-la-premiere-guerre-mondiale

août 1916 : 1 700 travailleurs chinois vont, en France, renforcer les équipes d'ouvriers coloniaux (Annamites, Kabyles et autres Africains du Nord) qui sont employés depuis quelques mois déjà par les établissements de la guerre et par les industriels travaillant pour la défense nationale.
  Au total, 140.000 Chinois seront acheminés pour travailler en France dans les mines, les usines, les exploitations forestières. Ils sont très vite employés dans des labeurs pénibles: construction de voies ferrées, de baraquements et même creusement et entretien des tranchées. Ils participent également à l'exhumation des corps. Plus de 20.000 Chinois ont trouvé la mort et environ 3.000 ont souhaité rester sur le territoire français après les hostilités. Ils se sont regroupés autour de la gare de Lyon, à Paris, où il existait déjà une petite colonie chinoise.
 sources info: http://www.lefigaro.fr/histoire/archives/
Oudezeele, Nord, travailleurs chinois partant aux travaux de routes et de tranchées. Juin 1918 -  Source : Photographe : Lorée. ECPAD  -  www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/la-chine-dans-la-premiere-guerre-mondiale
 
14 mars 1917 : la Chine annonce la rupture de ses relations diplomatiques avec l'Allemagne. Sept vapeurs allemands et austro-hongrois qui se trouvent à Shanghai ont déjà été saisis.
 
14 août 1917 : La République de Chine déclare la guerre à l'Allemagne et à l'Autriche-Hongrie. En échange, les Alliés accordent des facilités économiques à la Chine, tout en maintenant leur emprise sur le pays.  Si l’entrée en guerre de la Chine n'a eu aucune conséquence militaire, elle a permis aux Français et aux Anglais d'accentuer le recrutement de travailleurs dans les zones de guerre européennes.


Plaque commémorative en souvenir des Chinois morts pour la France entre 1916 et 1918 inaugurée le 11 novembre 1988, rue Chrétien de Troyes, près de la gare de Lyon à Paris.
source :  www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/la-chine-dans-la-premiere-guerre-mondiale


Feng Guozhang (1859-1919), Président de la République de
 Chine du 6 août 1917 au 10 août 1918., un des multiples seigneurs
 de guerre qui vont se succéder et s'affronter de 1916 à 1928
 photo provenant de zh.wikipedia.org/wiki/


Le drapeau central est celui de la République de Chine. Le drapeau de gauche est celui des forces armées, adopté lors du soulèvement de Wuchang. Celui de droite, étendard du Kuomintang, deviendra le drapeau national en 1928, remplaçant le drapeau à cinq couleurs. En dessous des drapeaux est écrit "longue vie à l'union" (共和萬歲).
 Image chinoise de date incertaine, mais forcément antérieure à 1928. source image : English Wikipedia - Republic of China
Flags, créditant la page 1 du livre "Made in China" de Reed Darmon, Chronicle Books LLC (année 2004) - ISBN: 0-8118-4202-9.
chromo publicitaire (vers 1910) montrant les uniformes de soldats de divers
pays asiatiques : chinois, coréens et siamois.
drapeaux d'état de la jeune République de Chine, page extraite du livre en anglais
 "Drawings of the flags in use at the present time by various nations" (Londres-1916)
pavillons de la marine de la République de Chine, page extraite du livre en anglais
 "Drawings of the flags in use at the present time by various nations" (Londres-1916)

pavillons de la marine de la République de Chine, page extraite du livre en anglais
 "Drawings of the flags in use at the present time by various nations" (Londres-1916)



💁  Je rappelle le principe de cette série "Histoire parallèle- Première Guerre mondiale" : utiliser un maximum d'illustrations d'époque et proscrire les dessins créés par ordinateur.




mardi 8 août 2017

l'Armorial de La Planche - 1669 - Gouvernement de Bretagne - les pays de Léon et de Tréguier

S   uite de la visite d'un des plus anciens manuscrits répertoriant des armoiries de villes et de villages de France, dessinées à la plume et peintes à l'aquarelle, antérieur de trois décennies à l'Armorial Général de France de Charles d'Hozier ! Voir la description initiale : →

  Nous poursuivons avec la découverte du "livre" (c'est l'appellation donnée à une section d'un manuscrit, qui est lui-même divisé en chapitres) consacré au Gouvernement de Bretagne. Après les premiers chapitres consacrés aux pays de Rennes et de Saint-Malo, puis à la sénéchaussée de Nantes, et encore les pays de Vannes et de Saint-Brieuc, nous progressons toujours vers l'ouest. Notre quatrième chapitre a été scindé en deux parties, au sud le pays de Cornouaille et au nord , les pays de Léon et de Trégor.
Ce deuxième et dernier volet qui clôturera l'exploration de notre Gouvernement de Bretagne à la fin du XVIIe siècle, concerne les pays de Léon* et de Tréguier, aussi appelé Trégor, ou plus rarement Trégorrois. Le premier est situé sur la partie extrême nord de l'actuel département du Finistère, et le second couvre un large territoire de l'ouest des Côtes-d'Armor entre les baies de Morlaix et de Saint-Brieuc.

     Revenir à l'épisode précédent →


(*) Le Léon (avec un accent sur le e) est ici un petit pays de France, un ancien diocèse et une ancienne Principauté de Bretagne, qui n'a évidemment rien à voir avec l'ancien royaume de León (avec un accent sur le o) qui lui est composante historique importante de l'état espagnol et aussi une province actuelle de la Communauté autonome de Castille-et-León.

Voici l'extrait d'une carte datant de la fin du XVIIIe s., donc postérieure d'un siècle, mais sur laquelle j'ai reconstitué les limites administratives de notre région :
 Vous pouvez cliquer sur toutes les images pour les agrandir 








Les fragments de manuscrits proviennent encore du Volume I. Pour enrichir l'étude, j'ai mis en bonus l'extrait équivalent dans l'Armorial Général de France*  (1696-1711), établi par Charles-René d'Hozier, et comme auparavant, j'ai placé le blason actuel en-dessous, pour comparer les différences ou au contraire la constance des figures dans le temps.

  (*)  Armorial Général de France -   volume VIII  -  Bretagne 1ère partie  
         Armorial Général de France -   volume   IX  -  Bretagne 2e partie  (BNF Paris) 

Saint-Pol-de-Léon (Finistère)

 Première constatation, le blason primitif de la capitale du Léon est formé d'un champ d'hermine chargé d'un sanglier rampant, tenant dans ses pattes antérieures une tour de gueules, dans le canton dextre. La Planche délivre un curieux blasonnement : "d'argent semé de mouchetures d'hermine de sable..." !  mais il n'était pas réputé pour ses qualités d'expert en héraldique, comme l'a relaté l'historien Jacques Meurgey de Tupigny (1891-1973) dans ses notes à propos du manuscrit.
 Toujours dans le manuscrit de La Planche : le sanglier est peint "au naturel", il est onglé d'or, il semble aussi langué de gueules, même si cela ne figure pas dans le blasonnement, et il est couronné d'or (la couronne est bien posée sur sa tête). De plus, la tour est de type simple.
  Dans l'Armorial Général de France, pourtant postérieur de seulement une ou deux décennies, le dessin de d'Hozier montre un sanglier de sable, la couronne d'or est cette fois placée autour de son cour, et la tour est donjonnée de trois tourelles. Il n'est plus onglé ni langué d'un autre émail.
   Enfin, le blason actuel nous révèle qu'il a été brisé ou augmenté plus exactement par l'adjonction d'un second blason "d'or au lion morné de sable tenant une crosse épiscopale de gueules" qui pourrait provenir de celui de l'évêché de Léon.  À quelle date cette partition combinant ces deux blasons est-elle intervenue ? je l'ignore.
 Bizarrement, sur le dessin de d'Hozier concernant les armes de l'évêché de Léon, le lion tient une rose d'argent et non pas une crosse, et il n'est par morné : il possède bien une langue et des griffes. En effet, le blason du pays de Léon est "d'or au lion morné de sable" (je vous propose de lire les diverses hypothèses formulées pour expliquer les raisons de ce signe d’infamie: le morné, qui affecte un animal en héraldique, avec la fiche sur l'incontournable site Marikavel ).  
 À nouveau, selon le site Marikavel, le blason avec le lion tenant une crosse, est décrit comme "celui qui est peint sur le tombeau de Saint Yves, dans la cathédrale de Tréguier" et de fait il représente Saint-Pol-de-Léon, parmi d'autres villes bretonnes: Quimper, Rennes, Nantes, Brest, Tréguier, etc...





Brest (Finistère)
 "C'est dans un registre des délibérations du conseil municipal de Brest du 15 juillet 1683 que l'assemblée décide qu'il sera fait un cachet dans lequel sera gravé les armoiries, "my-parti de France et de Bretagne qui sont les armes de Brest". C'est le commentaire qui apparait dans de nombreux sites concernant l'origine du blason de la ville de Brest. Le blason de la ville a été enregistré à l'Armorial Général de France de 1696, mais il ne tient pas compte du "mi-parti de France", c'est-à-dire qu'on ne devrait voir qu'une fleur de lis à dextre et une demie en pointe, coupée par le trait vertical, comme le sont les mouchetures d'hermine à senestre. Après la Révolution et le Premier Empire, la ville demanda à reprendre ses anciennes armoiries, ce qui fut accordé par lettres patentes du 8 octobre 1826 (sous le règne de Charles X), avec comme blasonnement "parti au premier d'azur à trois fleurs de lys d'or et au second d'hermines" que nous connaissons.
  Et voici donc révélé, grâce à notre précieux manuscrit le précédent blason de Brest : "d'azur au navire d'or, aux voiles ferlées d'argent, un pavillon d'argent flottant sur la poupe, voguant sur une mer du même métal, au chef d'argent à trois mouchetures d'hermine de sable". Il était en effet peu probable que cette importante cité du duché de Bretagne ne se soit pourvue d'armoiries qu'à la fin du XVIIe siècle, comme le prétendent les diverses sources documentaires.




Landerneau (Finistère)

    L'auteur débute son article en précisant que Landerneau "est la principale ville de la Principauté de Léon". Est-ce pour cette raison qu'il lui a donné les armoiries du Léon "d'or au lion de sable", mais un lion pourvu de griffes, de dents et de langue ?
Dans l'Armorial Général de France, un nouveau blason apparait, avec ce navire de type frégate, d'or, contourné, sur un champ d'azur (sans rivière ni mer). Le bateau est muni de voiles d'argent et sommé de quatre pavillons, trois sur les mâts et un quatrième flottant sur le château arrière. Malgré la taille des dessins, ils sont néanmoins identifiables avec les armes de Bretagne (deux fois), de Léon (à la proue) et de la maison de Rohan (de gueules à neuf mâcles d'or), à l'arrière.
Dans les armoiries actuelles, tout le navire est du même émail, sauf les trois pavillons de mâts restant: Léon - Bretagne - Rohan. Le vaisseau étant maintenant orienté vers la dextre, légèrement de trois-quart.





Tréguier (Côtes-d'Armor)

Pas d'information sur l'origine de cette tour proposée dans le manuscrit . Comme de nombreuses cités des côtes ou des rivières bretonnes, les armoiries sont inspirées par l'activité maritime. Vers la fin du XIXe siècle, deux écussons aux armes de France et de Bretagne sont venus compléter le blason.




Morlaix (Finistère)

 Au XIVe siècle, le sceau du duc de Bretagne pour la juridiction de Morlaix était marqué d’un lion, le lion des comtes et vicomtes de Léon. Il était représenté morné, c'est-à-dire sans dents et sans griffes. Plus tard, Jean de Montfort le remplaça par une chèvre. Lorsque la ville prit des armoiries, elle choisit un navire, sans doute pour rappeler que son commerce maritime avait été florissant.
  Le blason se lit ainsi : « De gueules au navire équipé d’or, aux voiles éployées d’hermines, flottant sur une mer d’azur ».
   Des ornements extérieurs furent ajoutés. Le timbre est une couronne murale, attribut qui caractérisait les déesses grecques protectrices des Cités, et que les villes ont adopté depuis l’empire. Les supports sont, à senestre, un lion rampant (vertical et panache de la queue tourné vers l’intérieur) et à dextre, un léopard rampant (vertical et panache de la queue tourné vers l’extérieur) bicéphale et qui symbolise l’Angleterre.
   La devise de la ville, inscrite sur un listel s’adresse au lion « s’ils te mordent, mords-les ».
  C’est le roi d’Angleterre Henri II Plantagenêt qui fit figurer trois léopards passants dans ses armoiries. Ce sont en fait des lions vus de face. Ce souverain s’empara de la ville de Morlaix en 1177 puis en 1187 pour la rattacher à la couronne ducale, spoliant ainsi le comte de Léon. Il ne faut donc pas s’étonner de l’agressivité de la devise, d’autant que les Anglais firent à plusieurs reprises des razzias dans la ville ; celle de 1532 reste tristement célèbre.
source texte :  www.ville.morlaix.fr/Ville-Morlaix.fr/Les-grands-dossiers2/Histoire-Patrimoine/Toponymie/Les-armoiries




Guingamp (Côtes-d'Armor)

 Fascé d'argent et d'azur de quatre pièces, ou fascé d'azur et d'argent ...?  Dans l'incertitude qui règne depuis de nombreuses années, je ne trancherai pas et je mets les deux versions en exposition !
  "Les armes de Guingamp sont celles de la Frérie Blanche. Elles sont incrustées depuis le XIVe siècle au fronton d’une fenêtre de la basilique Notre-Dame de Bon-Secours, au-dessus et à gauche de la Porte-au-Duc. Le même blason figure sur les véhicules municipaux ainsi que sur les plaques indiquant le nom des rues. Mais il existerait une variante hypothétique remontant à l’année 1447 décrivant le blason "d’argent à une fasce d’azur et un chef de même"."
source :  Bulletin de l’office de tourisme de Guingamp et de sa région [archive] - mention sur la fiche Wikipedia de la ville.
La Planche aurait pu mettre tout le monde d'accord avec ce blason "d'argent à trois fasces d'azur" !




Lannion (Côtes-d'Armor)

   Les armoiries de Lannion dateraient de 1625. Initialement, l'agneau pascal, couché ou non, portait une hampe en forme de croix haute avec un guidon (blanc) chargé de la Croix de Saint Georges (rouge), qui est la représentation la plus commune pour cette figure, qui est autant religieuse qu'héraldique. Mais pour Lannion, la bannière blanche à croix rouge a été remplacée ultérieurement par un guidon de gueules chargé de l'inscription latine en or "LAUS DEO" (Louange à Dieu).
 Pour l'anecdote, l'agneau est peut-être un jeu de mots avec le nom de la ville, ce sont possiblement des armes parlantes....



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[_)-(_]



D'autres lieux ou villes sont juste décrits par le texte, sans blason ni mention s'y rapportant :

- Dans le pays (ex-Principauté) de Léon : 
Saint-Mahé (ou Saint-Matthieu, abbaye, ruinée, à la Pointe Saint-Matthieu, commune de Plougonvelin ), Saint-Renan, Abrildur (Aber-Ildut), LesnevenRelec (ou Relecq, abbaye, commune de Plonéour-Ménez).

- Dans le pays de Tréguier :  
Bégard (Abbaye de, commune de Bégard ), Pontrieux, la Roche-Derrien, Châtelaudren, Lanmeur.

 # cependant, quelques années plus tard, certains de ces lieux (en gras, ci-dessus) ont été enregistrés et blasonnés dans l'Armorial Général de France.





Lesneven, commune (Finistère)





 A bientôt pour une nouvelle série et ...
 une nouvelle région : le Languedoc ICI


Crédits :
les blasons "modernes" sont empruntés  à : armorialdefrance.fr/



  Et je remercie particulièrement les personnes responsables de la Bibliothèque et des Archives du Musée du Château de Chantilly : www.bibliotheque-conde.fr/


             Herald Dick  
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vendredi 4 août 2017

Histoire parallèle : 4 août 1917-2017
le Liberia déclare la guerre à l’Allemagne

Nous poursuivons la découverte de cette surprenante liste de nouveaux pays belligérants qui sont entrés en guerre en 1917, dans les pas et sous l'influence politique des États-Unis d'Amérique, eux-même engagés officiellement dans la guerre depuis le 6 avril 2017. Voici donc cette fois le Liberia, première nation d'Afrique à avoir obtenu son indépendance en 1847,  fondée par une société américaine de colonisation (The National Colonization Society of America), pour y installer des esclaves noirs libérés, et qui se lance dans cet effroyable conflit de géants !
  Le Liberia s'était proclamé neutre au début de la Première Guerre mondiale. Mais, le conflit présent dans les territoires coloniaux voisins, le blocus de l'Empire allemand par les Alliés et la guerre sous-marine livrée par les Allemands à ceux-ci réduisirent à néant le commerce extérieur de ce petit pays d'Afrique occidentale provoquant une grave crise financière et économique.

drapeaux du Liberia en 1917  : drapeau d'état et pavillon présidentiel  -  dessins extraits du livre américain  "Flags of the World"
 de Byron  McCandless et G.H. Grosvenor, National Geographic Society - U.S.A - 1917
armoiries du Liberia, version allemande,
dessinées par Hugo Gerard Ströhl
 (extraites d'une planche du dictionnaire
Meyers Großes Konversations-Lexikon 1909)
armoiries du Liberia, version américaine
vignette de charité 1914

drapeaux allemands : guerre, marchand et pavillon impérial -  dessins extraits du livre américain  "Flags of the World" de Byron  McCandless et G.H. Grosvenor, National Geographic Society - U.S.A - 1917


 • 5 mai 1917 : Espérant se faire bien voir des États-Unis dont il voulait obtenir un prêt, le Liberia rompt ses relations diplomatiques avec l'Allemagne.

 4 août 1917 : Le Liberia déclare la guerre à l'Allemagne, sans l'intention de la mener, le but étant de s'emparer des biens des ressortissants allemands relativement nombreux car l'Allemagne était le premier partenaire du Liberia avant 1914. En raison de son isolement, la nouvelle ne sera connue en Europe et à New York que le 7 août.

 • 10 avril 1918 : un sous-marin allemand pénétra dans le port de Monrovia, la capitale, coula l'unique navire de la marine libérienne (un voilier), bombarda la ville dans le but de détruire les stations de radio et du télégraphe, tuant plusieurs civils puis quitta la place quand un bateau à vapeur britannique alerté par radio s'approcha. Ce sera au final l'unique acte de guerre livré entre les deux pays.


 
portrait du président de l'époque : Daniel Edward Howard (1861-1935)
timbre commémoratif de la poste libérienne émis en 1966.





drapeau d'état du Liberia - fragment d'une page extraite du livre en anglais
 "Drawings of the flags in use at the present time by various nations" (Londres-1916)