vendredi 17 août 2012

La Vuelta a España 2012 - le Tour d'Espagne en blasons - le départ en Navarre


   Comme je l'ai annoncé, nous sommes de retour chez nos voisins au-delà des Pyrénées, pour suivre comme l'année dernière (voir → ICI ) le tour cycliste La Vuelta a España, mais de manière originale : par un voyage à travers l' héraldique municipale, provinciale et régionale ! Cette course n'est pas très suivie en France, sauf par les inconditionnels du vélo, car elle n'est pas retransmise par les médias classiques français, ce qui est très regrettable. C'est surtout l'occasion de découvrir ce grand pays à travers ses paysages, ses monuments, son histoire passionnante, au fil des départs et des arrivées d'étapes. Cette année, je suis devenu un peu paresseux et je ne ferai pas la traduction simultanée en langue espagnole ( amigos  : usted tiene a su disposición en el margen derecho un acceso a la traducción automática en línea ) .

Pour commencer nous allons visualiser l'ensemble du parcours sur cette carte officielle, composé de 21 étapes, qui partira le 18 août (demain !) de Pampelune, en Navarre pour arriver le 9 septembre à Madrid, la capitale, comme chaque année. Pour cela nous allons traverser 10 des 17 régions administratives de l'Espagne, appelées " Communidades Autónomas "(Communautés autonomes) : Navarre, Pays Basque, La Rioja, Aragón, Catalogne, Galice, Asturies, Cantabrie, Castille et León, Communauté de Madrid  ... et un petit État indépendant : Andorre. Certaines régions sont elles-mêmes divisées en Provinces ( Provincias dirigées par une Diputación provincial), subdivisées elles-mêmes en Comarcas , puis en Municipios (équivalent de nos cantons en terme de taille). Le Municipio est la plus petite entité administrative d'Espagne, il est composé souvent de plusieurs villages ou paroisses (parroquias) qui chez nous en France, seraient équivalents à des communes. Nous allons visualiser tout cela le long du parcours.
cliquer sur l'image pour agrandir ( puis clic droit/afficher l'image - zoomer)
Vous remarquerez que cette année les régions du sud ont été délaissées ! c'est donc un Tour du Nord de l'Espagne, avec au milieu, un transfert spectaculaire par avion de Barcelone sur la Mer Méditerranée vers la Galice sur l'Océan Atlantique ! Peut-être le climat du Nord, montagneux et océanique, donc plus frais en été, conviendra mieux à l'ensemble des coureurs. Mais pour l'avoir vécu personnellement, sur la fin, les routes de Castille et León  sont de vraies fournaises !  A la différence du Tour de France qui fait régulièrement des  détours chez les voisins, ce n'est pas le cas pour nos amis espagnols, mis à part en 1997 au Portugal et en 2009 où la Vuelta est partie des Pays-Bas !! Cette année nous avons une arrivée d'étape et un départ dans la Principauté d'Andorre.

Nous débutons le voyage au pied des Pyrénées basques, dans la belle région de Navarre :

Communauté forale de Navarre /
Comunidad Foral de Navarra

Communauté forale de Navarre : De gueules aux chaînes d'or posées en orle, en croix et en sautoir, chargées en cœur d'une émeraude au naturel. Timbre : couronne royale fermée.
C'est bien sûr le blason historique du très ancien Royaume de Navarre qui débordait au-delà des Pyrénées, sur le territoire actuel des Pyrénées-Atlantiques et au-delà, et d'ailleurs un petit pays basque côté France porte toujours actuellement le nom de Basse-Navarre.


 1ère étape - Samedi 18 Août 2012  : 
Pampelune - Pampelune 
 (contre la montre par équipes)



Pampelune / Pamplona (Navarre)







Pampelune : Sur un champ d'azur, un lion passant d'argent, armé et lampassé de gueules et surmonté d'une couronne royale d'or incrustée de pierres précieuses de sinople et de gueules ; à la bordure chargée des armes de Navarre : de gueules à la chaîne d'or placée en orle. Timbre : couronne royale ouverte.
 Pampelune est la capitale historique du Royaume de Navarre, d'où la couronne dans l'écu et les chaînes. Elle est aujourd'hui encore la capitale régionale.







 2e étape - Dimanche 19 Août 2012  : Pampelune - Viana
 (Sprint intermédiaire à Tafalla)



Tafalla  (Navarre)









Tafalla :  Sur un champ d'azur, un château d'or donjonné de trois tours,celle du milieu plus élevée que les deux latérales,  maçonné, ajouré et ouvert de sable, avec un guerrier au naturel armé d'une lance, posté devant la porte; à la bordure de gueules. Timbre: couronne royale ouverte, écu encadré des chaînes d'or de Navarre.











Viana (Navarre)








Viana  : Sur un champ d'or, cinq pals de gueules, à la bordure chargée des armes de Navarre : de gueules à la chaîne d'or placée en orle. Timbre : couronne royale ouverte.
 Le blason mêle les armes d'Aragón et celles de Navarre,  il aurait été concédé par Jean II , Roi de Navarre et d'Aragón (1398-1479) qui portait ces armes, en remerciement pour la résistance de la ville face aux prétentions du royaume de Castille.









À lundi pour la suite du parcours ....→ ICI


Crédits :
carte :  www.lavuelta.com
blasons : es.wikipedia.org  ou commons.wikimedia.org
( vous pouvez visualiser les références des dessins et leurs auteurs en passant la souris sur les images)


              Herald Dick



jeudi 16 août 2012

Menaces sur la demi-aigle du Canton de
Genève !


Logo Genf


C'est dans la presse internet que j'ai trouvé ce titre surprenant:

Une erreur dans la constitution modifierait les armoiries genevoises ...



Un politicien genevois s'inquiète de voir les armoiries genevoises modifiées par une imprécision dans la nouvelle constitution cantonale. La demi-aigle pourrait ainsi devenir une aigle entière à deux têtes !!!

Une affaire d'état ? non, rien de grave (pour le moment), mais à tort ou à raison, on ne sait jamais ce que les technocrates peuvent nous réserver, des spécialistes en héraldique sont inquiets. En effet, le nouveau texte de la Constitution, dans lequel est inscrit la description du blason genevois, pour simplifier le contenu, on l'a retranscrit en langage simple. Sauf qu'une erreur a été commise, par ignorance du langage héraldique et de sa codification précise, en décrivant ainsi: une aigle noire couronnée sur fond jaune ! (donc ... complète avec les deux ailes, et peut-être deux têtes aussi ) et non pas une demi-aigle; et aussi une clé d'or (pas jaune, donc différente de la couleur du côté dextre chargé de l'aigle) sur fond rouge!
 Les suisses sont des gens pragmatiques, on imagine qu'une solution va être trouvée avant qu'un perturbateur décide de faire appliquer à la lettre la description du "nouveau" blasonnement !
A suivre , donc...




Vous pouvez lire l'article et écouter l'argumentation du politicien amateur d'héraldique qui a débusqué l'affaire, ici: ◙ RTS INFO






Les Villes décorées de la Légion d'Honneur : Châteaudun (1877)

 J  e reprends le fil de cette série : nous nous étions arrêtés en 1864 à Roanne ( voir → ICI) et après trois autres villes de Bourgogne qui ont gagné les toutes premières Légions d'Honneur en tant que communautés, et non pas comme personne physique. Voici donc la cinquième ville à avoir obtenu cette décoration dans l'Histoire : Châteaudun , en Eure-et-Loir.


armoiries actuelles de Châteaudun (Eure-et-loir)
avec la Légion d'Honneur dans le blason
Illustration de l'imprimerie "Pellerin" à Épinal -  fin XIXe siècle
Paris , musée des Civilisations de l'Europe et de la Méditerranée



Le 18 octobre 1870, 1200 francs-tireurs et des gardes nationaux engagent une bataille contre une division prussienne de 12 000 hommes. La ville sera entièrement ravagée, mais ce fait d'armes héroïque lui vaut d'être citée à l'Ordre National de la Légion d'Honneur, la décoration sera décernée par le Maréchal de MacMahon, Président de la République, le 3 octobre 1877, ainsi que le pouvoir de faire figurer la Croix de la Légion d'Honneur sur ses armoiries.
La devise de Châteaudun, parfaitement illustrée par cet épisode,  est " EXTINCTA REVIVISCO"  (Je renais de mes cendres).
Armoiries de Châteaudun en 1669 
"La Description des provinces et des villes de France" de Pierre de La Planche
(cliquer sur l'image pour agrandir)



La bataille de Châteaudun fut un fait marquant de la guerre franco-prussienne de 1870.
Châteaudun avait été prise une première fois, le 10 octobre 1870, par des unités de l'armée bavaroise  sous le commandement du général Ludwig von der Tann-Rathsamhausen.
Après la prise d'Orléans, la 22e Division d'infanterie prussienne et la 4e Division de cavalerie se retirent, étant appelées en renfort pour le siège de Paris.
Bataille de Châteaudun (peinture signée A. Hoffmann)
 
C'est alors que le colonel Ernest de Lipowski à la tête de francs-tireurs et de gardes nationaux reprend la ville au faible contingent restant, tue quelques bavarois et capture les autres. Informé de ce coup de main, le général Ludwig von Wittich, à la tête de la 22e Division de cavalerie et quelques autres unités, revient à Châteaudun le 18 octobre. 
De gueules à trois croissants
d'argent ; au chef cousu

 d'azur chargé de la croix 
de la Légion d'honneur.
 La première tentative de prise de la ville échoue, car la ville est fortement défendue. Wittich prépare alors minutieusement la deuxième attaque en attaquant au soleil couchant, qui aveugle les défenseurs. Les Prussiens atteignent la ville, et s'ensuit une longue et sanglante bataille de maisons en maisons contre les unités régulières et les corps francs. Le combat dure jusque tard dans la nuit, avant que les Français ne s'échappent.

Les troupes de Wittich , couvert par son commandement (le Generalfedmarschall von Moltke) exerceront des représailles effroyables à l'encontre des prisonniers et sur la population civile (viols, exécutions, tueries, incendies…).
carte postale publicitaire, début XXe siècle












A bientôt.... pour une nouvelle ville → ICI


Crédits  :  
je remercie  (texte  et illustrations):
Wikipédia 
http://www.ville-chateaudun.fr/
 http://www.bibliotheque-conde.fr/
 http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/joconde_fr
 http://www.loire1870.fr/
http://armorialdefrance.fr/




              Herald Dick




mercredi 15 août 2012

15 août : Fête de l'Assomption

A ujourd'hui est un jour férié en France, comme dans la plupart des pays dont la religion catholique est traditionnellement majoritaire (sauf en Irlande) ou sinon dans quelques régions autonomes pour les états fédéraux (Allemagne - Suisse - etc...). C'est une fête fixe. On la confond souvent avec l'Ascension , qui se fête en mai ou en juin et qui elle, est une date mobile. Et sa signification est parfois oubliée ou ignorée. En France, l'enseignement public est laïc, et donc on n'y donne pas dans le détail les explications qui s'y rapportent : c'est un jour de congé, point final ! 
armoiries de la Communauté des Boulangers de Dol
Armorial Général de France (1669) - Bretagne - 
volume n° 9 - page 1129 ( blason restauré par HD)
L' Assomption, dans l'Église catholique romaine et l'Église orthodoxe, est une doctrine fondée, voire extrapolée, des récits des Évangiles selon laquelle, après sa mort, le corps de Marie, la mère du Christ, fut emporté aux cieux par les anges et réuni à son âme. Le terme « assomption » provient du verbe latin assumere, qui signifie « prendre », « enlever ».
armoiries de ville de Minsk 
(Biélorussie / Belarus)

L'Assomption fut au VIe siècle commémorée le jour de la fête de la Dormition de Marie ( la Dormition est  le terme pour désigner le décès des saints, hommes ou femmes, mais non martyrs ). Définie comme un article de foi par le pape Pie XII en 1950, l'Assomption est aujourd'hui célébrée par l'Église catholique romaine le 15 août.
armoiries de ville de Gyula (Hongrie)



L'Assomption de Marie symbolise l'élection par Dieu de celle qui a porté le Christ, Dieu fait homme. Elle fut érigée en dogme en vertu de la lex orandi (lex credendi) qui donne crédit aux croyances et pratiques anciennes des fidèles. Elle constitue un élément important de la spiritualité catholique traditionnelle, notamment dans la pratique populaire du rosaire, et fut particulièrement mise en valeur au moment de la Contre-Réforme. Ce dogme a choqué par son caractère tardif, anti-œcuménique, et par l'image de la femme qu'il semblait consacrer. Il fait néanmoins toujours partie de la doctrine officielle de l'Église catholique.

L'Église orthodoxe parle seulement de Dormition de la Vierge, fidèle en cela à la tradition ancienne, visible notamment dans l'iconographie grecque. Les églises protestantes et réformées n'admettent pas cette doctrine théologique qui, selon elles, tend à diviniser la mère de Jésus.
source : encyclopédie Encarta 

lundi 13 août 2012

Un trésor oublié : l'Armorial de La Planche - 1669 - Gouvernement d'Orléans - Bailliage du Perche

 S   uite de la visite d'un des plus anciens manuscrits répertoriant des armoiries de villes et de villages de France, dessinées à la plume et peintes à l'aquarelle, antérieur à l'Armorial Général de France de Charles-René d'Hozier de trois décennies !  Voir la description initiale : →
  Ce volet a pour but de terminer avec notre région de Normandie actuelle, qui n'avait pas les mêmes limites administratives à l'époque de ce manuscrit, et même un siècle plus tard , cela avait déjà changé ! Nous allons inaugurer une nouvelle entité de l'Ancien Régime : le Gouvernement d'Orléans. Elle était divisée en de nombreuses sénéchaussées et en bailliages couvrant toute une immense région  bordant la Loire et ses affluents, de l'Anjou à l'ouest  jusqu'au Nivernais à l'est ,  le Poitou et le Berry au sud.

 Nous sommes donc dans le  bailliage du Perche.
 Le Perche est un ancien comté qui est à cheval sur les actuels départements de l'Orne, de l'Eure-et-Loir, ainsi que la Sarthe et le Loir-et-Cher, si l'on inclus le Perche-Gouët au sud. À la Révolution, lors de la création des départements, cette entité pourtant homogène,  n'a pas été maintenue et le pays a été "éclaté" arbitrairement sur les quatre départements cités et maintenant trois régions : Basse-Normandie, Pays de Loire et Centre !
Revenir à l'épisode précédent →












vous pouvez agrandir les images
 en cliquant dessus

Ces fragments proviennent toujours du Volume I . Comme d'habitude , j'ai placé le ou les blasons actuels pour comparer les différences ou la constance des figures .
 Pour enrichir l'étude, j'ai rajouté en bonus, l'extrait équivalent quand il existe, dans l'Armorial Général de France*  (1696-1711), établi par Charles-René d'Hozier.

(*) Armorial Général de France - volume XIX - Normandie - Généralité d'Alençon   



Bellême (Orne)

Le champ de sable ou d'azur , la forme du château étant indifféremment utilisés, j'ai placé les deux variantes.


Mortagne-au-Perche 
 (Orne)



-o-


Pour une ville : Nogent-le-Rotrou, un contour avait été préparé , mais le blason n'a pas été finalisé , j'en ignore la raison :

Nogent-le-Rotrou
 (Eure-et-Loir)

 
D'autres lieux ou villes sont décrits dans le texte, mais sans blason : l'Abbaye de La Trappe  Soligny-La-Trappe ), La Perrière, l'Abbaye de Tiron ( à Thiron-Gardais).

Cette fois nous quittons la  Normandie, pour aller à la rencontre de nouvelles régions , et à travers les siècles. Avec quelques belles surprises , mais je ne vous en dis pas plus, à bientôt... → ICI

Crédits :
parmi les blasons "modernes" certains sont empruntés à et parfois modifiés à :
Wikipédia , 
http://fr.geneawiki.com/
http://labanquedublason2.com   (dessin de Jean-Paul Fernon)

 Et je remercie particulièrement les personnes responsables de la Bibliothèque et des Archives du Musée du Château de Chantilly :  http://www.bibliotheque-conde.fr/


                Herald Dick
 

mercredi 8 août 2012

Les blasons des métiers et corporations #01 -
à Paris

 L es corporations étaient, jusqu'à leur suppression sous la Révolution, des communautés de métiers de différents ordres qui avaient été instituées dans les villes françaises et ce depuis le Moyen Âge.
verrière de l'Hôtel de Ville de Paris (détail)
corporations des lapidaires et des orfèvres
Une communauté de métier était une association obligatoire et de droit public, dotée d'une personnalité juridique, avec des règles sociales et techniques propres et dotée d'un pouvoir disciplinaire. Comme les fédérations de branche professionnelle de nos jours, elle regroupait toutes les personnes exerçant publiquement certaines activités professionnelles sur un territoire administratif bien défini.
Les communautés recensaient les artisans et les marchands, mais aussi les fonctions de clercs, les prêtres, les officiers publics du royaume, les universités , les collèges, les hôpitaux, et tous les maîtres des professions associées, telles que libraires, maîtres d'école,  imprimeurs, médecins, chirurgiens, etc... 
Nous le savons, des groupes de personnes ou la personne morale qu'ils représentent, l'entité elle-même : bourgs, villes, évêchés, communautés et ordres religieux, etc... étaient aussi autorisés à porter des armoiries et les apposer sur les actes officiels. Et donc les corporations de métiers en tant que communauté reconnue n'ont pas dérogé à ce droit. L'édit de 1696 signé par le roi Louis XIV statuait que toutes les personnes et communautés du royaume devaient faire obligatoirement enregistrer leur blason tout en s'acquittant d'une taxe. Ainsi est né l'Armorial Général de France tenu par Charles-René d'Hozier, juge d'armes. C'est donc ce fantastique recueil en 35 volumes ornés de blasons, unique en son genre. Il n'est certes ni exhaustif, ni d'une exactitude irréprochable car beaucoup de blasons sont erronés ou ont été attribués d'office pour combler les non-réponses des "contribuables" ou l'absence d'armoiries, tout simplement.
Alors grâce à cet outil fantastique, qui est depuis plusieurs années en consultation libre sur Internet, voilà une occasion de découvrir les métiers du XVIIe siècle et leur représentation imagée. Ce sont d'ailleurs des armoiries bien souvent négligées ou méprisées, et à tort, car elles recèlent parfois des choses surprenantes. Certaines de ces activités sont encore d'actualité de nos jours : bouchers, boulangers, médecins, notaires ...  d'autres sont encore pratiqués par de rares artisans maintenant le savoir-faire ancestral, mais beaucoup ont complètement disparu et leurs appellations se sont mêmes évanouies dans nos dictionnaires ! Seule, la littérature de l'époque ou sur l'époque permet de les resituer dans leur contexte, d'en comprendre la nature ainsi que la fonction des outils et des objets représentés, ce qui est la chose la moins évidente. En voici quelques exemples avec des  métiers très spécialisés, tirés du registre n°23 pour la ville de Paris (volume I), cité rassemblant évidemment de par sa taille et son titre de capitale du royaume, le plus grand nombre et la plus grande diversité de corporations. Vous pouvez cliquer sur certains noms de métiers étranges pour en savoir plus :

La Communauté des Maîtres Laitiers et Crémiers
des fromages et un coffre à serrure
La Communauté des Fruitiers orangers
une fasce chargée de pommes, accompagnée d' oranges
La Communauté des Maîtres queux , Cuisiniers, Traiteurs - dessin reconstitué par HD*
un plat couvert accompagné de trois couronnes de laurier (ou de lierre)
La Communauté des Maîtresses Bouquetières
un bouquet de fleurs assorties
La Communauté des Grainiers et Grainetiers (marchands de grains et graines) - dessin reconstitué par HD*
trois gerbes  et un van (panier en osier pour vanner le grain)
La Communauté des Courtiers de Vins  - dessin reconstitué par HD*
une fasce accompagnée de flacons remplis de vin et des tonneaux
La Communauté des Jaugeurs de Vins et des Essayeurs d'Eau de vie
une fasce accompagnée de trois tonneaux
La Communauté des Jurés Mouleurs de Bois - dessin reconstitué par HD*
un gabarit pour mesurer le diamètre des bois
La Communauté des Aides à Mouleurs de Bois
un brasier de bois
La Communauté des Officiers emballeurs
trois paquets emballés
La Communauté des Maîtres Plumassiers
plumes d'autruche et autres volatiles
La Communauté des Faiseurs de bas ...au métier (à tisser)
un bas et des pelotes de laine
La Communauté des Maîtres Ceinturiers
une bande accompagnée de deux couteaux pour tailler le cuir
La Communauté des Ferreurs d'aiguillettes
un marteau et une bigorne (petite enclume)
La Communauté des Maîtres Gainiers
des étuis contenant des couteaux au centre,  des ciseaux à dextre,  des cure-dents à senestre.
La Communauté des Peigniers et Tabletiers
un peigne et un jeu d'échecs
La Communauté des Maîtres Éventaillistes
trois écussons et une fleur de lis  : symboles abstraits
La Communauté des Maîtres Gibeciers faiseurs de ... (Bourses ?)
une gibecière , une bourse et un cordon d'aiguillette
La Communauté des Maîtres Éperonniers
trois éperons pour les bottes des cavaliers 
La Communauté des Maîtres Brossiers Vergetiers et Raquetiers - dessin reconstitué par HD*
un chevron accompagné d'une brosse, d'une vergette (brosse à habits) et d'une raquette pour le jeu de paume
Le Corps des Marchands Bonnetiers - dessin reconstitué par HD*
une toison d'or, symbole du commerce de la laine et des navires de commerce
La Communauté des Maîtres Boutonniers
deux aiguilles et des boutons
La Communauté des Maîtres Aiguilliers Épingliers - dessin reconstitué par HD*
 semé de dés à coudre et d' aiguilles
La Communauté des Maîtres Patenôtriers en ...bois ?  Cornettiers et Faiseurs de Dés
un chapelet , des dés et des cornets en chef
La Communauté des Maîtres Patenôtriers en jais
un chapelet et une croix hospitalière
La Communauté des Lapidairesdessin reconstitué par HD, voir original tout en bas*
une rose sertie de diamants
La Communauté des Maîtres Batteurs d'or -
un maillet et une couronne
La Communauté des Maîtres Doreurs
un pinceau, un ciseau de doreur en sautoir et une agate (ou dent) sur le tout
La Communauté des Maîtres Balanciers
une balance à main et un marc (poids de cuivre)
Les Greffiers des Bâtiments - dessin reconstitué par HD*
La Communauté des Huissiers et Commissaires de la Ville de Paris
des verges en ébène, baguettes symboles de l'autorité des huissiers,
et le navire des armes de Paris
La Communauté des Huissiers au devant des Consuls
 des verges en ébène et le symbole royal
La Communauté des trente Jurés Crieurs de la Ville et Faubourgs de Paris -  dessin reconstitué par HD*
une clochette et des calices



(*) L'A.G.F. d'Hozier est une base de données fantastique, mais certains des 35 volumes présentent un inconvénient assez désagréable. Dans les plus épais des registres, sur les pages de droite, les dessins des blasons, placés trop près de la bordure à gauche, sont partiellement masqués dans la pliure du livre, même ouvert en grand à plat. Lors de la numérisation des volumes, la machine utilisée pour scanner les pages une par une,  n'a parfois pas pu enregistrer correctement la totalité de l'image, ou sinon avec une forte déformation, autrement on aurait risqué d'abimer irrémédiablement l'ouvrage.
  Pour remédier à ce défaut très frustrant, j'ai donc procédé à une reconstitution à l'aide d'un petit logiciel pour me rapprocher le plus possible du dessin initial. Bien sûr, c'est une extrapolation de la partie du dessin visible, en utilisant la symétrie et la distorsion géométrique. Toutefois, des petits détails peuvent demeurer imprécis ...

A bientôt pour une autre série de vieux métiers... → ICI

Crédits :
extraits de l'AGF d'Hozier sur http://gallica.bnf.fr/



                   Herald Dick