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lundi 18 septembre 2017

Canada : la ville de Montréal inaugure de nouvelles armoiries soulignant l'apport des Premières Nations autochtones

 V oici seulement quelques sept ou huit semaines, je vous présentais les blasons des 15 plus grandes villes du Canada (voir →  ICI), avec en particulier un petit commentaire sur l'origine des armoiries de la ville n°2 : Montréal, en fin de sujet. Eh bien, l'actualité vient de rendre désormais mon sujet partiellement un peu obsolète ! En effet, les responsables politiques de la grande cité québecoise, à commencer par le maire de Montréal, Denis Coderre, et le chef de l'Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, Ghislain Picard ont voulu réparer un oubli historique qui affectait son blason. Par ce geste fortement symbolique, cette modification est faite dans un processus de réconciliation avec les premières nations en cette année de célébrations du 375e anniversaire de fondation de Montréal.
🍁   Le 13 septembre 2017, lors de la journée de célébration du 10e anniversaire de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, la Ville de Montréal a donc présenté ses nouvelles armoiries et son nouveau drapeau qui intègrent un pin blanc à titre de symbole des Peuples autochtones et représentant la paix, l’harmonie et la concorde.
les nouvelles armoiries de Montréal officialisées le 13 septembre 2017
  •   Les armes de la ville de Montréal peuvent désormais se blasonner ainsi :
    « D'argent à une croix de gueules nouée au centre, chargée en cœur d'un pin blanc arraché d'or;  cantonnée au premier d'une fleur de lys d'azur; au deuxième d'une rose de gueules tigée, feuillée et pointée de sinople; au troisième d'un chardon du même, fleuri de pourpre; au quatrième d'un trèfle de sinople. »
  • Ornements extérieurs:
    « Timbré d'un bourrelet d'argent et de gueules surmonté d'un castor couché sur un écot au naturel. L'écu entouré d'un rinceau de feuilles d'érable de sinople, et d'un listel d'argent portant la devise en capitales de sable : "CONCORDIA SALUS"  »

 - à noter que le bourrelet posé sur l'écu est lui aussi nouveau. Rien n'est dit à son sujet dans la communication. Commun dans les armoiries d'inspiration britannique, il ne figurait pas dans celles de Montréal jusqu'à ce jour (voir ci-dessous).
armoiries de Montréal, version 1938


La figure héraldique du Pin blanc qui désormais  incarne
la présence autochtone ancestrale sur le territoire.
🌲le Pin blanc
Le comité mis en place il y a quelques mois par le maire pour choisir un symbole autochtone a décidé de miser sur le pin blanc. Cet arbre est en effet considéré comme un emblème de paix chez les Premières Nations. Il s’agit également d’une espèce indigène au Québec, contrairement aux quatre autres emblèmes floraux présents dans les armoiries. Afin de bien marquer son importance, le pin blanc a été inscrit en doré. Membre du comité de sélection, la chef mohawk Christine Zachary-Deom estime que l’ajout du pin blanc parlera à tous les Montréalais. « Montréal est un conglomérat de plusieurs nations venues trouver la paix, et c’est le symbole idéal pour ça. »
Le  pin blanc a été disposé au centre d’un cercle rouge pour symboliser le grand feu autour duquel les conseils autochtones se réunissaient autrefois, comme l’a décrit l’explorateur français Jacques Cartier. Le cercle rouge évoque également le mont Royal, qui était le lieu de rencontre des chefs à l’époque et représente toujours aujourd’hui le cœur de la métropole.

Le vrai Pin Blanc (Pinus strobus) dans la nature. On le trouve dans tout l'est de l'Amérique
du Nord, depuis la Géorgie aux États-Unis au sud, vers l'Ontario, le Québec  et jusqu'à
 l'île de Terre-Neuve au Canada, au nord.
 🌹 Le pin blanc se trouve ainsi au milieu des quatre autres symboles floraux illustrant les peuples fondateurs de Montréal, soit la fleur de lys (Français) la rose (Anglais), le chardon (Écossais) et le trèfle (Irlandais). Le reste des armoiries demeure également intact, soit la devise Concordia Salus (le salut par la concorde), les feuilles d’érable symbolisant la bonne entente et le castor qui évoque le « caractère industrieux » des Montréalais.
   Les membres du comité ayant choisi le pin blanc ne dévoileront pas les autres symboles qui ont été envisagés pour illustrer la présence autochtone. « Chaque proposition a été bien étudiée et nous nous sommes entendus sur celui-ci. Ça ne nous tente pas de refaire le débat. Mais je peux vous dire qu’on n’a pas envisagé de mettre une tête d’Indien, ça, je peux vous le confirmer », a dit la chef Zachary-Deom. Elle faisait ainsi référence à plusieurs controverses, notamment autour de logos d’équipes sportives jugés offensants par les nations autochtones.


  Le drapeau de la Ville de Montréal a été hissé pour la première fois au mois de mai 1939. Il reprend les principaux symboles héraldiques des armoiries : la croix héraldique de gueules sur fond blanc, les quatre fleurs emblématiques aux quartiers et maintenant le pin blanc au centre, dans un cercle rouge placé au centre de la croix. Les proportions du drapeau sont de :  2:1.

l'ancien drapeau de Montréal en vigueur avant le 13.09.2017

Le centre-ville de Montréal et le fleuve Saint-Laurent vus du parc Jean-Drapeau, dans l'Île Sainte-Hélène


Petite histoire et évolution des armoiries de Montréal :

Les premières armoiries de Montréal, datées de 1833, adoptées par Jacques Viger, le premier maire
 de Montréal (1833-1836). Complétant la rose anglaise, le chardon écossais et le trèfle irlandais
 le castor symbole des canadiens français qui fut finalement plus tard remplacé par la fleur de lys.
original conservé aux archives de la ville : www2.ville.montreal.qc.ca/ archives/
👑 Il ne faut jamais négliger le pouvoir des symboles. Les armoiries de Montréal sont révélatrices du projet de peuplement britannique qui, dès 1833, à l’époque du maire Jacques Viger, entendait minoriser les canadiens conquis. La devise "Concordia Salus" (le salut par la concorde), est un message adressé aux Canadiens français, qu’on appelait encore  alors seulement «les Canadiens»: ne vous révoltez pas et tout ira bien. Jamais on n’aurait mis une fleur de lys en 1833 parce que c’était un symbole monarchiste français et que la Couronne britannique voulait bien sûr éviter de rappeler cette origine française de la majorité. Mais il y avait quelque chose de bizarre et de non harmonieux à avoir trois fleurs emblématiques (pour les Anglais, Irlandais et Écossais) et un animal (pour les Canadiens). Le lys a donc fini par y avoir sa place, un siècle plus tard, en 1938, et même en première place : dans le canton supérieur gauche... un exemple que suivra Maurice Duplessis quelques décennies plus tard avec ce qui est devenu le drapeau du Québec.
Armoiries de Montréal - gravure sur bois de John Henry Walker (1831-1899)
1850-1885, XIXe siècle - © Musée McCord
Armoiries de Montréal - version avec supports :  valeurs du travail et de la famille -
gravure sur bois de John Henry Walker (1831-1899) vers 1867 - © Musée McCord
Armoiries de Montréal - version avec soldats et drapeaux en ornements extérieurs -
 gravure sur bois de John Henry Walker (1831-1899) - entre 1867 et 1872 - © Musée McCord
Armoiries de Montréal - version avec amérindiens comme tenants et corne d'abondance, qui seront utilisées par la Banque de Montréal
gravure sur bois de John Henry Walker (1831-1899)- entre 1850 et 1885 - © Musée McCord
Armoiries de Montréal avec un écu rond, timbrées de la couronne britannique, entourées de branches d’érable,
fond d'assiette peinte  par Wedgwood, 1912.  Collection Vachon, Musée canadien de l’histoire.
Jolie composition mais avec erreurs de couleurs , en particulier celle, du point de vue héraldique avec le sautoir d'argent (blanc)
sur un fond or (jaune), donc "métal sur métal":  non admis.

🛡 Le 21 mars 1938 est adoptée une nouvelle version des armoiries, modifiées par Conrad Archambault, archiviste en chef de la Ville de Montréal, afin de les rendre conformes aux règles de l'héraldique. La fleur de lys remplace le castor comme symbole des «Canadiens» (Français). Le choix des ornements, ainsi que la forme de l'écu dans la représentation adoptée à l'époque, ont été influencés par les courants artistiques français des années trente.
les désormais anciennes armoiries de Montréal qui étaient en vigueur depuis 1938 jusqu'au 13.09.2017

📢  Et donc... le 13 septembre 2017 : fait assez rare pour une ville de cette importance, les armoiries reçoivent une ultime et importante modification , en tant que symbole, par l'ajout d'une nouvelle figure au cœur du blason, pour la reconnaissance (tardive) des premiers habitants : les populations amérindiennes.



💶 Crédits :
• articles et pages web ayant servi de base documentaire pour rédiger le texte de ce sujet  :
- ville.montreal.qc.ca/portal/page?_dad=portal&_pageid=5798,40709569&_schema=PORTAL#visuels
- ici.radio-canada.ca/nouvelle/1055667/montreal-inaugure-nouvelles-armoiries-contribution-peuples-autochtones
- plus.lapresse.ca/screens/f02accf8-8508-4760-a598-00984a3bbd39%7C_0.html
- www.lapresse.ca/actualites/montreal/201709/13/01-5132815-montreal-ajoute-un-symbole-autochtone-a-ses-emblemes.php
- www.lapresse.ca/actualites/montreal/201702/14/01-5069298-drapeau-de-montreal-la-ville-veut-faire-une-place-aux-autochtones.php
- www.journaldemontreal.com/2017/01/28/honteuses-armoiries-1833
- collections.musee-mccord.qc.ca/scripts/search_results.php?Lang=2&keywords=Armoiries+de+Montr%C3%A9al
- histoire.bmo.com/les-armoiries-de-la-banque-de-montreal/
- heraldicscienceheraldique.com/les-anciennes-armoiries-de-montreacuteal.html


• images, armoiries, photos :
passez votre souris sur les images pour lire les références et la source documentaire dans l'info-bulle.



          Herald Dick

mardi 20 septembre 2016

Histoire parallèle : septembre 1916-2016 :
les villes décorées de la Légion d'Honneur : Verdun

blason de Verdun extrait de "Armoiries des villes
 de France - Blasons des préfectures et des sous-
préfectures" de Robert Louis -  préface de Jacques
Meurgey de Tupigny (1891-1973)
(éditions Girard, Barrère et Thomas , Paris - 1949)
 • Verdun est une ville du nord-est de la France, en Lorraine (plus exactement en région Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine), dans le département de la Meuse, traversée par la rivière "la Meuse". Sa population était en 2013 de 17 923 habitants.

  • La ville possède une cathédrale remontant au Xe siècle. La cité antique fut appelée, à l'époque romaine Verodunum ou Virdunum. En 843, les trois fils de Louis Ier, empereur du Saint Empire romain germanique, signèrent le traité de Verdun, par lequel ils se partageaient l'empire de Charlemagne. Gouvernée par ses évêques, ville libre impériale au XIIIe s., elle subit le sort des Trois-Évêchés et l'annexion à la France en 1552. La place sera fortifiée par Vauban.

• Ce sont la cathédrale et les fortifications médiévales qui composent le blason de la ville depuis 1898 :  "D'azur à la cathédrale avec quatre flèches, derrière laquelle s'élève un beffroi, entourée de murailles crénelées, le tout d'or, maçonné de sable".
ancien blason de Verdun, accordé pendant le règne de Louis XIV après que la ville et l’évêché de Verdun soient définitivement
rattachés au royaume de France en 1648 par les traités de Westphalie. Ce blason sera abandonné avec la Révolution et la suppression des armoiries en 1790
  Extrait de l'Armorial de La Planche - Volume 2 - Parlement de Metz - chapitre troisième (1669)
• Verdun devint un important poste de défense face à l'Allemagne. Elle fut prise par les Prussiens en 1792, puis à nouveau en 1870 pendant la guerre franco-allemande (1870-1871). En 1916, au cours de la Première Guerre mondiale, la longue et sanglante bataille de Verdun, entre les troupes françaises et allemandes, fit rage dans la ville et aux alentours. Verdun fut également fortement endommagée en 1944 par les bombardements allemands de la Seconde Guerre mondiale. 
les armoiries de Verdun avec la Croix de Guerre 1914/1918
et la croix de la Légion d'Honneur suspendues sous l'écu
composition moderne de Bruno Fracasso (www. araldicacivica.it/)
•  À l'ouest de la Meuse et au nord du canal des Augustins s'étend la Ville-Haute, dominée par la cathédrale. La Ville-Basse s'étend sur la rive droite de la Meuse. À l'ouest. de la Ville-Haute s'étend la citadelle, dont les immenses souterrains ont constitué de puissants abris pendant la Première Guerre mondiale. Verdun reçoit chaque année de nombreux visiteurs. La ville possède quelques industries (petite métallurgie, laiterie, textile, etc.). Elle est toujours siège d'un Évêché et un chef-lieu d'arrondissement du département de la Meuse.



la Bataille de Verdun

1  PRÉSENTATION

• Elle fut un engagement militaire majeur de la Première Guerre mondiale opposant Français et Allemands, à proximité de la ville de Verdun. Livrée entre février 1916 et février 1917, la bataille a marqué un tournant décisif de la guerre sur le front français et constitue aujourd’hui l’un de ses principaux symboles.

• À partir de 1915, la guerre de mouvement fait place à une guerre de tranchées sur un front stabilisé. Le secteur de Verdun reste un point d'appui du front français et constitue un saillant dans les lignes allemandes. En décembre 1915, le chef du grand état-major allemand, Erich von Falkenhayn, décide d'attaquer ce point stratégique pour infliger un maximum de pertes aux armées franco-anglaises et, misant sur l'effet psychologique, contraindre la France à capituler. Le stratège allemand place au cœur de son dispositif l’artillerie, qui doit préserver les pertes de ses troupes.

2  L’OFFENSIVE ALLEMANDE

• L'offensive débute le 21 février 1916, à 16 h 45, sous le commandement du Kronprinz, le fils de l'empereur Guillaume II. Une préparation d'artillerie d'une intensité sans précédent écrase les forts entourant Verdun. Par des attaques successives limitées et contenues, l'avancée des troupes allemandes sur la rive droite de la Meuse refoule les Français, qui opposent cependant une défense inattendue. Les Allemands se rendent maîtres des bois de Caures (21 février) puis, après avoir pénétré la deuxième ligne de défense française, du fort de Douaumont (25 février).
attaque d'un bataillon de l'infanterie française sortant des tranchées, front de Verdun 1916

 • Du côté français, le général Philippe Pétain, commandant de la IIe armée, prend la direction des opérations (26 février). Il organise une relève des troupes grâce à la « Voie sacrée », petite route réservée aux camions transportant les soldats, reliant Bar-le-Duc à Verdun. Malgré de lourdes pertes, les Allemands attaquent sur la rive gauche de la Meuse, s'emparant du bois de Cumières (7 mars), du Mort-Homme (14 mars), de Vaux (31 mars) et de la côte 304 (24 mai). Mais les Français résistent avec détermination et dès le mois d'avril, l'armée de l'air contrôle le ciel de Verdun.
un épisode de la bataille relaté par Jacques Tardi - album de bande dessinée :  "Putain de Guerre" 2008 - éditions Castermann


3  LA CONTRE-OFFENSIVE FRANÇAISE

• Le 1er mai 1916, Pétain reçoit le commandement du groupe des armées du Centre et le général Nivelle, qui lui succède, passe à la contre-attaque. Celle-ci donne alors lieu à des opérations meurtrières et vaines, comme la première reprise de Douaumont par le général Charles Mangin (22-24 mai).

• Ayant repris l'offensive le 21 juin, les Allemands maîtrisent Thiaumont, Fleury-devant-Douaumont (24 juin) et les abords de Froideterre. Du reste, la bataille de la Somme prévue par les états-majors français et britannique en décembre 1915, (donc avant l'offensive allemande sur Verdun) ayant été maintenue, les Allemands sont dans l’obligation d’alléger leur dispositif offensif sur Verdun. Le cours de la bataille s’en trouve bouleversé.
le superbe timbre du centenaire émis par la Poste française en 2016

• Après la dernière offensive allemande sur le fort de Souville (11-12 juillet), les Français prennent l'initiative des engagements : malgré la supériorité de son artillerie lourde, l'armée allemande n'a donc pas atteint ses objectifs. Falkenhayn, père de la « stratégie d'usure » adoptée pendant la bataille, démissionne en août, remplacé par Paul von Hindenburg et Erich Ludendorff.

• Le 24 septembre 1916, les Français, commandés par Mangin, avancent sur un front de 6 km et reprennent successivement possession de Douaumont (24 octobre), Vaux (2 novembre), Bezonvaux et Vacherauville (15 décembre). Guillaumat achève la reconquête de positions, détenues par les Français en février 1917.

les principaux lieux de mémoire de la bataille, sur deux cartes postales du milieu du XXe siècle.

4  LA « BOUCHERIE » DE VERDUN

• Aussi meurtrière qu’inutile sur le plan militaire (le front ne bouge quasiment pas), les trois cents points de combat de Verdun, d’une rare violence, constituent un très fort symbole. C’est la raison pour laquelle beaucoup d’exagération a entouré le bilan de cette année terrible.
carte postale patriotique d'époque avec armoiries drapeaux et la ville ruinée en arrière-plan

• Il n’en reste pas moins que la « boucherie » de Verdun a coûté la vie à 163 000 Français et 143 000 Allemands et blessé plus de 400 000 hommes. Lourd tribut de guerre, les terres ont été dévastées par 31 millions d’obus, Verdun est devenu un des plus hauts lieux de mémoire de la Première Guerre mondiale avec son mémorial et ses immenses cimetières.

source texte : Encyclopédie Encarta ® 2004

cliquer sur la carte pour l'agrandir




5   VERDUN ET SES INNOMBRABLES DÉCORATIONS

 • Verdun est aujourd’hui la ville la plus décorée de France. Exposées comme des trophées dans l’Hôtel de Ville de Verdun, les 26 décorations témoignent du lourd passé historique de cette petite ville. En réalité, c'est plus que la ville : mais un symbole comprenant toute la région frontalière au nord qui est honorée par ces distinctions, et surtout les hommes de toutes origines, anciens amis et ennemis qui sont tombés dans ces lieux pour gagner quelques dizaines de mètres de terrain un jour et les reperdre le lendemain !
Cérémonie de remise de la Légion d'Honneur à la Ville de Verdun, par Raymond Poincaré, président de la République française, dans la Citadelle Basse, en pleine Bataille.
les huit décorations de 1916 épinglées sur le coussin de présentation, carte postale d'époque
carte postale souvenir avec les armoiries de Verdun illustrée par un artiste du nom de Juan Ruiz
 la carte montre les huit décorations françaises et étrangères remises le 13 septembre 1916,
et qui sont, de gauche à droite :
1/ Serbie : Médaille d’or de la bravoure militaire     -  5/ France : Croix de la Légion d'Honneur
2/ France - Croix de Guerre avec palme d'or          -   6/ Grande Bretagne : Military Cross
3/ Italie : Médaille d’or de la valeur militaire            -   7/ Belgique : Croix de Léopold 1er  
4/ Russie : Croix de Saint-Georges                         -   8/ Monténégro : Médaille d’or Obilitch

variation sur les armoiries (ornements extérieurs) vue par les graphistes des cartes publicitaires des Cigarettes Laurens, années '1920.
On peut voir les huit décorations attribuées en 1916 représentées de manière plus simpliste, mais aussi le sabre offert par le Japon
 (voir plus bas).
La salle d'honneur de la mairie de Verdun avec ses armoiries sur les lambris et sur les bannières - au centre :  la vitrine présentoir où sont rassemblées la totalité des décorations reçues par la ville : très impressionnant !

la vitrine contenant les 25 décorations reçues par la ville entre 1916 et 1929 dont 23 sont d''origine étrangères :
en plus des huit premières précédentes décernées en 1916 , ce sont dans l'ordre chronologique
(ne pas tenir compte de l'ordre de placement sur le présentoir ci-dessus)  :
9/ 20 Octobre 1917 :  Portugal : Ordre de la Tour et de l’épée - 10/ 29 Novembre 1917 :  Japon : Sabre d’Honneur
11/ 19 Septembre 1918 :  Chine : Sabre aux 9 lions - 12/ 14 Mai 1920 :  Estonie : Croix de la Liberté de 1ère classe
13/ 2 Juin 1920 :  Grèce : Croix de Guerre de 1ère classe - 14/ 6 Juillet 1920 :  Roumanie : Médaille de la Vertu Militaire
15/ 6 Février 1921 : Pologne : Croix de Guerre - 16/ 4 Juin 1922 : États-Unis : Médaille commémorative en or
17/ 24 Juillet 1922 :  Annam (Indochine française) : Ordre du Kim Khan - 18/ 11 Septembre 1924 : Tchécoslovaquie : Croix de Guerre.
19/ 10 Novembre 1924 : Luxembourg : Croix de la Couronne de Chêne et Médaille des Volontaires
20/ 6 Mars 1926 : Cambodge (Indochine française) : Médaille d’or de l’ordre royal
21/  18 Juillet 1926 : Maroc : Médaille du Mérite Militaire Chérifien - 22/ 31 août 1926 : Tunisie : Ordre du Nichan Iftikar.
23/ 11 Novembre 1927 : Lettonie : Croix du Lacplesis
24/ 13 Avril 1927 : Laos (Indochine française) : Ordre du Million d’éléphants et du Parasol Blanc
25/ 17 Juin 1929 : Monaco : Croix de Saint-Charles
auxquelles on doit rajouter la n° 26 / la Croix de Guerre française 1939-1945 avec étoile d'argent, décernée le 11 Novembre 1948.


• Parmi ces prestigieuses décorations, on note la présence de médailles plutôt rares, et parmi elles trois datant de l'époque du protectorat français sur l'Indochine avant 1945.

décoration de l'Ordre royal du Cambodge
décoration de l'Ordre du Million d’Éléphants et du Parasol
 blanc -  Royaume du Laos
décoration de l'Ordre du Kim Khan ( Gong d'or) de l'Empire d'Annam en ex-Indochine
 • Outre les décorations, de tradition militaire occidentale, certains pays, qui ont des codes d'honneur différents, offrirent aussi des objets de grande valeur symbolique.
 Le Mikado (l'empereur du Japon Yoshihito, absent sur la photo) fait remettre un sabre d'honneur (nihonto) au maire de Verdun (M. Robin). Sabre remis par l'ambassadeur du Japon M. Matsui le 29 novembre 1917, au Grand Palais à Paris
(on voit ce sabre représenté, sous l'écu des armoiries dessinées pour les Cigarettes Laurens, voir plus haut)
L'homme à la gauche du maire tient le coussin porte-médailles avec toutes les décorations remise à la ville à cette date
 photographie de presse (Agence Rol) - Bibliothèque nationale de France, département Estampes et photographie - Paris.



• Pour compléter votre info sur le centenaire de la bataille de Verdun , voici quelques bonnes adresses :
- verdun2016.centenaire.org/
- www.verdun-tourisme.com/centenaire-14-18.html
- www.verdun-douaumont.com/






vendredi 31 juillet 2015

Millénaire de la fondation de la Cathédrale de Strasbourg et 800 ans d'héraldique strasbourgeoise

La célèbre Cathédrale Notre-Dame de Strasbourg fête cette année les 1000 ans de sa fondation. Pour l'occasion,  des manifestations et des animations diverses sont célébrées toute l'année pour mettre à l'honneur le monument emblématique de la capitale alsacienne et aussi ville-siège de nombreuses institutions européennes (Conseil de l'Europe, Parlement européen, etc → ).
  Je mettrai à la fin du sujet les liens qui permettront de s'associer à cet évènement et d'en apprendre davantage sur l'aventure extraordinaire de la construction de cette somptueuse église qui est la plus visitée de France, après Notre-Dame de Paris.


blason de la ville de
Strasbourg : "d'argent
 diapré à la bande de
gueules "



Pour ce blog, c'est l'occasion et un prétexte pour une nouvelle exploration de type monographie, dans le style des "Capitales du monde" que je réalise par ailleurs, avec cette fois une ville importante dans l'histoire de la civilisation occidentale. Mais sans trop de texte, c'est promis, de l'image, toujours de l'image !

Héraldique : Strasbourg la ville / Strasbourg le diocèse, et ses princes-évêques :
  800 ans d'histoire et de cohabitation chaotique

armoiries des premiers évêques de Strasbourg :
"de gueules à la bande d'argent"
armoiries des évêques de Strasbourg après 1359 et
le rachat des titres des Comtes de Werd

La  petite histoire des armoiries de Strasbourg : "D'argent champ diapré à la bande de gueules".
Le blason de Strasbourg est le négatif des anciennes armes de l’Évêché de Strasbourg. Suite à l'insurrection en 1262 contre la tutelle de l'évêque, les bourgeois strasbourgeois auraient inversé les couleurs de l’Évêché en signe d'indépendance et pris cette nouvelle composition pour emblème. L'argent devenant la couleur principale, il n'est pas impossible qu'il y ait eu une allusion au nom latin de la ville : Argentoratum. Le diapré est purement décoratif et facultatif, il est très utilisé dans l'héraldique germanique. Il n'est pas toujours appliqué sur les représentations du blason de Strasbourg et il n'a aucun sens symbolique.

• La première image symbolique de la ville a d'abord été l'image de la Vierge à l'Enfant, puisque la ville était déjà placée sous sa protection depuis le Haut-Moyen-âge (VIIe siècle) avec la première église construite par l'évêque Arbogast, dédiée à Notre-Dame.
ancienne bannière de la Ville de Strasbourg, créée en 1208. Cette bannière représentait une Vierge à l'Enfant avec les bras étendus. De part et d'autre de la représentation de la Vierge image de droite) on trouve deux petits écus de la ville de Strasbourg : d’argent à bande de gueule. La thématique de la Vierge à l'Enfant est liée historiquement à la ville de Strasbourg. Plus d'infos  →

Grand sceau des bourgeois de Strasbourg en 1201, avec l'image
de la Vierge à l'enfant , assise et en majesté, tenant un sceptre
 de la main droite, devant les tours d'une église.
•  Au XIIIe siècle, comme dans de nombreuses autres villes, les bourgeois, dont l'importance et le poids étaient grandissant, tentèrent progressivement de s'imposer dans le pouvoir de la ville de Strasbourg. En 1214, ils obtiennent le droit de créer un conseil ; mais l'étape décisive a lieu en 1262.
  Cette année-là, en effet, les bourgeois de Strasbourg se soulèvent massivement contre le pouvoir de l'évêque, Walter de Geroldseck, qui tenait alors la ville, et livrent contre son armée la bataille d'Hausbergen. Les bourgeois remportent cette bataille et peuvent désormais s'emparer du pouvoir de la ville de Strasbourg, qu'ils érigent en "ville libre". Les bourgeois de Strasbourg dotent leur ville d'armoiries nouvelles, qui sont toujours celles de la ville : "d'argent, à la bande de gueules". Ces armoiries sont issues des armoiries comtales et ecclésiastiques dont les émaux ont tout simplement été inversés. Supportées par des lions affrontés, elles apparaissent pour la première fois sur une charte municipale de la ville en 1399.
source partielle texte : http://svowebmaster.free.fr/drapeaux_Strasbourg.htm


une des premières représentations connues des armes de  l’Évêché de Strasbourg est figurée par une
 bannière : fragment du Rôle d'Armes de Zurich - folio 1v - parchemin · région du Lac de Constance -
 vers 1330-1345 - Zürich Schweizerisches Nationalmuseum (Suisse)
↑armes de la ville de Strasbourg , vers 1530 ↑,  extrait d'un feuillet consacré aux villes d'Alsace
ou frontalières (à droite) dans le manuscrit Sammelband mehrerer wappenbücher  - folio 169r -
BSB Cod. Icon 391 (Augsbourg - Bavière - vers 1530) - Bayerische Staatsbibliothek  Munich - Allemagne
drapeau aux couleurs de la ville de Strasbourg, brandi par un magnifique lansquenet
devant un paysage sur fond (inexact) de montagnes; mais la cathédrale, elle, est bien là !
page du manuscrit de Jacob Koebel : Wapen des Heyligen Römischen Reichs Teutscher
nation... (Frankfurt am Main - 1545) - (Bayerische Staatsbibliothek  Munich - Allemagne)
Carte-plan de la ville de Strasbourg ( Argentoratum en latin), avec armoiries de l'Empire à gauche et de la ville à droite , et au centre la Cathédrale Notre-Dame, non loin de la rivière : l'Ill.
 extrait de l'atlas  "Civitates Orbis Terrarum - Liber primus" de Braun & Hogenberg (1572) - Biblioteca Nacional de España - Madrid (cliquer sur l'image pour voir les détails)
"de gueules à la bande d'argent, accompagnée
de deux cotices fleuronnées du même"
c'est au début le blason des anciens Comtes de Werd
 (originaires de Werdt ou Wœrth) devenus
 landgraves de Basse-Alsace pour l'Empire en 1156.
Quand la famille s'éteint au début du XIVe siècle,
leurs possessions et titres sont rachetés par les Évêques
de Strasbourg en 1359.  Dès lors, leurs armes seront
combinées (écartelées) avec celles de l'Évêché. Elles
resteront ainsi après le rattachement de l'Alsace à la
France en 1697 et jusqu'à la Révolution française.
Ce blason seul a par la suite représenté la région de
Basse-Alsace, y compris pendant l'annexion
allemande de 1871/1918 ( Reichsland
Elsass/Lothringen) puis le département
du Bas-Rhin actuel, mais non officiellement.
armoiries des Evêques de Strasbourg selon le
"Großes Wappenbuch enthaltend die Wappen ..." - folio 32v
 BSB Cod.icon. 333 ( Allemagne du Sud- 1583-1700)
(la bande d'or et dentelée est fautive)
armoiries des Evêques de Strasbourg selon le
"Turnierbuchs" (livre de tournois) de Georg Rüxner (Jörg Rugen)" - additifs à une copie des éditions Sigmund Feyerabend - Francfort (1578/1579) - XVIIe siècle
(les quartiers 1 et 2 portent, semble-t-il, le blason
 de la Ville et non celui des Évêques, anomalie
assez courante sur les manuscrits allemands)
Écartelé : quartiers 2 et 3, voir explication ci-dessus 


armoiries des Princes-Evêques de Strasbourg,
armorial de Johann Siebmacher (Nuremberg - 1605)
(même anomalie pour les quartiers 1 et 4)
armoiries de la Ville d'Empire de Strasbourg,
 armorial de Johann Siebmacher (Nuremberg - 1605)

armoiries des Princes-Evêques de Strasbourg
dans l'armorial de Valvasor
Opus Insignium Armorumque -
Janez Vajkard Valvasor - 1687/1688
Bibliothèque nationale et universitaire de
Zagreb, Cod. Mr 160.




armoiries de la vile de Strasbourg dans l'armorial de Valvasor
Opus Insignium Armorumque - Janez Vajkard Valvasor - 1687/1688



.

feuillet de l'armorial  "Wapen der Geistlichen Fürsten"
 de Johann Wolfgang Trier  (Leipzig - 1714)



armoiries des Évêques de Strasbourg  (1714)
extraites du feuillet ci-contre à gauche
(blason correct cette fois)


↑ blason ancien de l'Évêché de Strasbourg ↑  (de gueules à la bande d'argent) -  extrait d'une planche d'armorial (à droite) réalisée par le cartographe  Franz Johann Joseph von Reilly ( Vienne - Autriche - 1791)

• Les évêques eux-mêmes (vous pouvez trouver la liste complète ici →),  issus pour la plupart de grandes maisons et dynasties européennes, portaient leurs armoiries personnelles combinées à celles du diocèse alsacien. Un blason qui était attaché non pas seulement à la fonction mais aussi au titre de Prince du Saint Empire . Quand l'Alsace est devenue française, par le traité de Ryswick signé en 1697, le titre de Prince-Évêque a été maintenu :  ils (les Rohan) étaient très puissants et occupaient de hautes fonctions dans l'Église catholique mais aussi dans les affaires du Royaume de France, jusqu'à la Révolution.

en allemand : "armoiries des Évêques de Strasbourg"
(pour Armand Gaston Maximilien de Rohan, prince de Soubise,
évêque de Strasbourg de 1704 à 1749 )
et "armoiries de l'Abbaye de Murbach et Luders (Lure)"
oeuvre de Christoph Weigel : "Wappenbuch..."- feuillet XXVIII - Nuremberg, 1733.
• La ville de Saverne, proche d'une dizaine de lieues (~30 km), hébergeait les évêques catholiques de Strasbourg, à la suite des oppositions avec les princes du culte luthérien très actif à Strasbourg et en Alsace, qui les avaient amenés à un conflit : la Guerre des Évêques en 1592.
Voici quelques unes de ces superbes armoiries peintes sur les vitraux de l'église Notre-Dame-de-la-Nativité à Saverne, qui était avec son château, le siège des Rohan, dont la famille a donné quatre évêques successifs à Strasbourg au XVIIIe siècle : une dynastie épiscopale assez remarquable.

armoiries de Guillaume de Diest
 ou Wilhelm von Diest
évêque de 1393 à 1439
armoiries de Albrecht von Pfalz-
Mosbach  (ou von Bayern)
évêque de de 1478 à 1506
armoiries de
Guillaume de Hohnstein
évêque de de 1506 à 1541
armoiries de  Érasme de Limbourg
évêque de de 1541 à 1568
armoiries de Jean de Manderscheid
évêque de de 1568 à 1592
armoiries de François-Egon de Fürstenberg
évêque de de 1663 à 1682
armoiries de  Guillaume-Egon
de Fürstenberg
évêque de de 1682 à 1704
armoiries de Armand Gaston Maximilien de Rohan
évêque de de 1704 à 1749 et Armand de Rohan-Soubise
évêque de de 1749 à 1756
armoiries de Louis César Constantin de Rohan-Guéméné
évêque de de 1756 à 1779
armoiries de Louis René Édouard de Rohan-Guéméné
évêque de de 1779 à 1801


blasons des institutions de la Cathédrale et de  l'Évêché de Strasbourg , tels qu'ils ont été enregistrés dans l'Armorial Général de France (édit de 1696) - Volume 01 - Haute et Basse Alsace -  pages 317 et 182
armoiries des Princes-Évêques de Strasbourg, version moderne


blason attribué à la Ville de Strasbourg , enregistré dans l'Armorial Général de France (édit de 1696)
Volume 01 - Haute et Basse Alsace -  page 215 ( dessin restauré par HD)
 • Avec l'Armorial établi par Charles-René d'Hozier (ci-dessus) on voit réapparaître pour la ville de Strasbourg ces armes figurant une Vierge assise sur un trône d'or, tenant de la main dextre un sceptre d'or et sur le bras senestre l'Enfant Jésus, soutenu par un écusson d'argent à la bande de gueules. Il rappelle très clairement le patronage de la Vierge sous lequel Strasbourg était placée dès le Moyen-âge. La ville a-t-elle utilisé ce blason au XVIIe siècle ?  Contrairement à ce qu'écrivent certains auteurs, on ne peut pas parler d' armoiries fantaisistes, car ce blason a certainement été validé et transmis par des représentants de la ville aux fonctionnaires de C.-R. d'Hozier pour répondre à l'Édit de 1696, qui en retour, ont renvoyé un certificat ou brevet d'armoiries.  A cette époque, l'Alsace vient juste d'être conquise par Louis XIV et Strasbourg est un foyer important de la Réforme protestante. Il est possible que ce blason soit délibérément un acte politique prônant une allégeance au culte catholique dans la cité alsacienne.
armoiries de Strasbourg , telles que proposées dans "l'Armorial National de France avec notices et descriptions historiques" de Henri Traversier et Léon Vaisse, édition de 1842. Le blason est clairement une reprise de celui de l'Armorial Général de France. Pourtant il est anachronique : la ville a entre temps choisi de reprendre son blason historique pendant la période de la Restauration, en 1828 très précisément (voir plus bas)  

Armoiries concédées par lettres patentes du 2 août 1811 : "D'azur diapré d'or à la bande d'argent; au chef des bonnes villes d'Empire". Supprimées par l'ordonnance royale de 1814.
Extrait des registres d'armoiries ( Volume 1) conservées aux Archives de France à Paris ( Hôtel de Soubise)
Dessin consécutif  à la demande de reprise des armoiries de l'Ancien régime accordées par lettres patentes du 27 décembre 1828 (ordonnances de 1814). Extrait des registres d'armoiries ( Volume 3) conservées aux Archives de France à Paris ( Hôtel de Soubise).
On notera l’apparition d'un chef fleurdelisé des "bonnes villes du royaume de France", et c'est bien ce dessin là  qui a été validé une première fois par les édiles de la ville de Strasbourg, puis finalement abandonné (la mention "au chef de France... a été biffée sur le document des lettres patentes, voir l'original ici → ) . Ce blason n'a semble- t- il jamais été utilisé.
armoiries illustrées de Strasbourg (Strassburg im Elsass en allemand) dans le Reichsland Elsass-Lothringen (province impériale d'Alsace-Lorraine) créé en 1871 et  rattaché à l'Empire allemand.  Carte postale vers 1900 / éditions  Fr. Gabelmann (Strasbourg)
 armoiries peintes à la main, sur une
longue série de cartes héraldiques
autrichiennes - début XXe siècle
• Avec les armoiries définitives, fixées par la ville de Strasbourg au XIXe siècle on notera que les lions supports peuvent être affrontés face à face, ou regardants (têtes en arrière). De même le timbre et le cimier surmontant l'écu portent parfois un heaume et une couronne comtale, parfois une couronne murale civile.  Il s'avère qu'aucune règle soit clairement explicitée. Mais c'est très souvent le cas pour les ornements extérieurs qui ne font pas partie du blason proprement dit.

carte publicitaire éducative, années '1920


timbre de la Poste française émis en 1945
(dessin de Robert Louis)
armoiries de Strasbourg réalisées par le célèbre créateur héraldiste Robert Louis
reproduites sur  carte postale : on notera la croix de la Légion d'Honneur pendant sous l'écu,
 attribuée à la ville par décret le 14 août 1919, non pas seulement en rapport avec la Première
 Guerre mondiale, comme on pourrait le croire,  mais pour un rappel de faits héroïques de la Guerre
 franco-prussienne de 1870 (ci-dessous). Et pour cause :  la ville était passée sous l'administration
allemande pendant 47 ans jusqu'en 1918 !

• Dernière évolution de l'image symbolique de la ville, avec l'avènement des logos. On ne peut y échapper, hélas,  mais on peut comparer leur attrait avec celle des armoiries juste au-dessus : 

trois dessins, celui du haut,  pour la Communauté Urbaine a vécu du début des
 années '1990  à 2010,  le second de 2010 à 2014
et l' actuel est en-dessous, modifié pour la nouvelle entité : "eurométropole",
depuis le 1-01- 2015 : uniquement typographique ! on est loin du blason de 1399
Bon millénaire à  la grande dame !!  -   photo Philippe de Rexel 
site web infos  Dernières Nouvelles d'Alsace -  www.dna.fr




Liens intéressants concernant la Cathédrale de Strasbourg, son histoire, et la célébration du Millénaire :

- www.1000cathedrale.strasbourg.eu/
- www.cathedrale-strasbourg-2015.fr/
- www.oeuvre-notre-dame.org
- www.cathedrale-strasbourg.fr/
- www.facebook.com/millenaire.cathedrale.strasbourg
- fr.wikipedia.org/wiki/





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