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jeudi 24 décembre 2015

Spécial Noël : petit armorial de lieux et de villes en rapport avec la Nativité


 Cette année encore, la fête de Noël mérite un sujet original. Mais on manque parfois d'inspiration pour l'illustrer par le thème de l'héraldique, pour ne pas refaire encore une fois les armoiries imaginaires du Père Noël, ou son ancêtre Saint Nicolas alias Santa Claus pour les peuples anglo-saxons. Exit encore les sapins, déjà traités, et même le renne, conducteur professionnel de traîneau volant, que j'ai proposé l'an passé, en trois volets.
  Le 25 décembre est une tradition et une fête familiale, qui, pour une majorité des gens, n'a pas ou plus grand-chose à voir avec une pratique religieuse. Si ce jour de festivités est devenu universel dans notre époque de mondialisation, surtout celle des affaires et du commerce, on ne peut pas s'affranchir complètement du fait que Noël est avant tout, à l'origine, une fête religieuse chrétienne. Pour beaucoup de familles, elle a toujours une grande importance spirituelle.
  Le 25 décembre est la date admise par l'Église pour fêter la naissance de Jésus-Christ. Avec Pâques, c'est la fête la plus importante du calendrier chrétien. Les Évangiles ne faisant mention d'aucune date, et il n'existe pas de certitude quant au jour exact de la naissance du Christ ; celui-ci ne fut fixé officiellement que vers 336, les autorités religieuses choisissant d'incorporer, plutôt que de les ignorer, les anciens rites païens (en particulier les saturnales qui célébraient le solstice d'hiver, ou la fête romaine du Sol Invictus). C'est pourquoi la fête de Noël n'est pas véritablement le jour anniversaire de la naissance du Christ, qui est et demeurera parfaitement inconnue, mais la célébration de "la venue sur terre du Sauveur".
enluminure : Pèlerins à Bethléem devant la crèche après la Nativité - Liber peregrinationis. Le Livre des Merveilles (v. 1410-1412),
manuscrit Français 2810 - f° 272 -  auteur : Ricard de Montcroix, traducteur Jean le Long -  départements des manuscrits -
 Bibliothèque Nationale de France  - Paris

  Je rassure les non-croyants et les non-pratiquants, ne cherchez pas de volonté de prosélytisme chez moi dans ce sujet. Personnellement, je suis athée, mais les religions m'intéressent à divers titres, notamment celui de l'Histoire, et celui de l'iconographie et des symboles, largement présents dans l'héraldique.

  Voici donc quelques lieux illustres du christianisme et d'autres en provenance du monde entier, qui nous rappellent le thème de la Nativité, soit par leur nom, soit par leur représentation symbolique, évidente ou cachée, et cela qu'elle repose sur l'héraldique ou pas.  


les lieux saints originels

La date de naissance de Jésus de Nazareth est fêtée par les chrétiens le jour de Noël, qui tombe le 25 décembre. Pour l'Église russe et les anciennes Églises d'Orient qui utilisent toujours le calendrier julien, le 25 décembre julien correspond au 7 janvier du calendrier usuel (calendrier grégorien). Elle marque en principe le début de l'ère chrétienne. Ni le jour ni l'année ne sont en fait connus avec précision, et la date du 25 décembre précédant l'an 1 a été fixée au début du VIe siècle par le moine Denys le Petit. Les principales sources sont les récits de l'enfance de Jésus, que l'on trouve au début des évangiles de Matthieu et Luc, dont l'historicité globale est douteuse et qui donnent des indications chronologiques imprécises et contradictoires. Compte tenu de ces difficultés et incertitudes, les historiens estiment généralement que la naissance de Jésus a vraisemblablement eu lieu dans les dernières années du règne d'Hérode Ier le Grand, mort en 4 av. J.-C.
emblème de la ville actuelle de Bethléem / Bethlehem
en Cisjordanie - État de Palestine (ancienne Judée)
l'étoile est bien sûr celle symbolisant la Nativité de Jésus
emblème de la ville actuelle de Nazareth
dans le District nord d'Israël (ancienne Galilée)
le motif représente le Puits de Marie, la mère de Jésus,
 où elle puisait sûrement l'eau pour sa famille. 
emblème de la ville actuelle de Tibériade / Tiberias
dans le District nord d'Israël (ancienne Galilée)
les vagues symbolisent le célèbre Lac de Tibériade,
lieu cité de nombreuses fois dans les livres saints  

carte de la Palestine au temps de Jésus-Christ
armoiries de la ville de Jerusalem
Israël et Palestine (ancienne Judée)
(ce blason est l'emblème de la partie israélienne)
le lion est le symbole de la Tribu de Juda 
le mur est le "Mur des Lamentations
les branches d'oliviers figurent la paix
le nom de la ville en hébreu surmonte le tout



les lieux portant un nom lié à la Nativité

emblème de la ville de Belém (Brésil - Estado do Pará)
 le nom de la ville qu'elle a reçu à sa fondation en 1616 signifie "Bethléem"
en portugais.  Dans le quatrième quartier de l'écu : l'âne et le bœuf
 sont les références à la Nativité selon la légende de la Crèche.

emblèmes (seal et logo) de la ville de Bethlehem (Pennsylvanie - U.S.A)
 ce ne sont que quelques-unes des nombreuses localités des États-Unis qui portent le nom de Bethlehem :

 emblèmes (seals) de la ville de Bethlehem (Connecticut - U.S.A) et la commune de Bethlehem (New Jersey - U.S.A)
emblème (seal) de la ville de Bethlehem (état de New York - U.S.A)
la scène n'a rien de biblique et se rapporte à la découverte du site
 de la future ville de New-York par l'explorateur anglais Henry Hudson.

armoiries de la ville de Natal (Brésil - état du Rio Grande do Norte)
 le nom de la ville qu'elle a reçu à sa fondation en 1599 signifie "Noël, Nativité"
en portugais. L'étoile d'or, caudée d'argent est celle qui guida les Rois Mages .
armoiries de l'ancienne province de Natal à gauche (1907-1994), et l'actuelle province de KwaZulu-Natal (Afrique du Sud) à droite.
 le nom de cette partie de l'Afrique est d'origine portugaise, donné par le grand navigateur Vasco de Gama qui voguait au large des côtes sud-africaines durant la période de Noël 1497, en route vers les Indes. La seule référence héraldique pourrait être l'étoile à cinq branches d'argent des armoiries modernes, mais rien ne permet de l'attester avec certitude ( voir → ICI). En tout cas il n'y avait ni gnou, encore moins de lion dans l'étable de Bethléem !!

emblème de la ville de Navidad (Chili - région
 del Libertador General Bernardo O'Higgins)
 le nom de la ville signifie "Noël" en espagnol depuis
le XVIe siècle avec les implantations religieuses dans la région
Le toponyme est illustré par la silhouette des Rois Mages suivant
 l'étoile de Bethléem, révélant la naissance du Roi des Juifs.
armoiries de l'île de Christmas
  (territoire extérieur de l'Australie)

Cette île, très isolée dans l'océan Indien, fut découverte par
 les marins britanniques au XVIIe siècle, elle fut baptisée le
25 décembre 1643 par le capitaine anglais William Mynors,
le jour de Noël (en anglais : Christmas), évidement .
Les étoiles surmontant les vagues forment la constellation
australe de la Croix du Sud, l'opposé de notre Étoile Polaire.
.

les lieux en relation avec le thème des Rois Mages


armoiries de la ville de  Cologne / Köln
  (Allemagne - land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie)

La célèbre cathédrale de Cologne abrite la châsse des Rois Mages
sensée contenir les reliques des vénérables Melchior, Gaspard
 et Balthazar. Ils sont représentés par les trois couronnes d'or.

armoiries de la ville de Lima, capitale du Pérou
l'étoile et les trois couronnes pour les Rois Mages, rappellent que la fondation de la ville par Francesco Pizarro a commencé aux fêtes de l’Épiphanie de 1535.


armoiries de la localité de Garbeck 
(municipalité de Balve)
  (Allemagne - Rhénanie-du-Nord-Westphalie)

L'église paroissiale catholique de ce village est
 dédiée au culte des Rois Mages (les trois couronnes)
.
armoiries de la localité de Margrethausen
(municipalité de Albstadt)
  (Allemagne - land de Bade-Wurtemberg)

Les trois couronnes en chef rappellent les Rois Mages,
qui sont les saints patrons de l'ancien monastère
franciscain  Kloster Margrethausen.

 Les blasons précédents présentent une certitude sur la référence avérée au culte des Rois Mages. Mais attention, tous les blasons utilisant trois couronnes, et ils sont nombreux à travers le monde : celui du Royaume de Suède, l'ancienne province de Galicie (Europe de l'Est), la province de Munster (Irlande), l'Université d'Oxford, la ville de Kingston-upon-Hull (Royaume-Uni), les communes de Plogonnec (Bretagne), de Huningue (Alsace), l'île de Saint-Barthélémy (Antilles) etc...  n'ont pas nécessairement de rapport avec les vénérables visiteurs de Béthléem ! malgré quelques théories ou hypothèses hasardeuses. Et puis il y a une autre légende, celle du roi Arthur de Bretagne, personnage à qui on a attribué également un blason d'azur à trois (ou plus) couronnes d'or.

armoiries de la commune des Baux-de-Provence
  (France - département des Bouches-du-Rhône)
D'après une légende succédant à celle des Évangiles, en revenant de Palestine, le roi Balthazar se serait fixé aux Baux-de-Provence, dans le sud de la Gaule romaine. Les seigneurs des Baux le tenaient pour leur ancêtre, ils portaient à ce titre, dans leur blason "de gueules, une étoile (une comète à l'origine) d’argent à seize rais", et leur cri de guerre était : " Au hasard, Balthazar " (voir → ICI et surtout → ICI ).


Bien évidemment ce petit divertissement,  élaboré en quelques coups de clics, n'est pas une "Bible" de l’héraldique thématique,  et de nombreux autres exemples auraient pu être rajoutés et développés. Par bonheur, il y a une fête de Noël chaque année, à laquelle on peut joindre celle de l'Épiphanie, qui est aussi la fête de la Nativité pour les chrétiens orthodoxes, donc encore beaucoup d'autres possibilité de sujets à venir pour compléter le thème ....


Herald Dick vous souhaite un ...



mercredi 24 juin 2015

Politiquement correct : le village espagnol qui voulait (enfin) changer de nom !

armoiries du municipio (commune)
nommé désormais : Castrillo Mota de Judios

(voir fiche Wikipedia)
Dans ce village est né le musicien organiste à la cour
de Philippe II d'Espagne : Antonio de Cabezón.
 Ceci explique la présence du clavier sur le blason.
 On peut voir dans le village l'humble maison en adobe où
 il est né. Une plaque commémorative lui est dédiée.
Un petit village du nord de l'Espagne, Castrillo Matajudíos, situé dans la communauté autonome de Castille-et-León, province de Burgos a voté dernièrement en faveur d'un changement de nom. 
 "Matajudios" se traduit en effet littéralement par : "Castrillo Tue-les-juifs" !
  On peut se demander même,comment après la tragédie de la Seconde Guerre mondiale et ce que le Monde entier sait sur la politique d’extermination des juifs par les nazis,cette affaire a pu perdurer jusqu'au XXIe siècle ! 

Les habitants du village ont dit oui dimanche 25 mai 2015 au changement du nom de leur commune, trop lourd à porter désormais, lors d'un vote organisé par le maire en parallèle du scrutin européen. "Avec ce nom, quand on voyage, on doit toujours fournir des explications parce que tout de suite, on te dit: 'à Castrillo on tue les Juifs!'", témoigne Lorenzo Rodriguez Perez, le maire du village, situé près de Burgos, dans le nord de l'Espagne.

"Et pourtant c'est tout le contraire parce que Castrillo descend d'une communauté juive et il y a une étoile de David sur notre blason", poursuit l'élu. Estimant que ce nom trahit l'héritage juif du petit village, son maire avait organisé ce vote, le jour même des élections au Parlement européen, et promis de démissionner si les habitants décidaient de garder le nom actuel.

Sur les 56 habitants en âge de voter, 52 ont participé au scrutin, "dont 29 ont décidé de changer le nom", a déclaré le maire. On est loin de l'unanimité ! Les habitants avaient le choix entre deux noms pour la commune, Mota Judios ou Mota de Judios, et ont opté pour le second par 26 voix contre trois. La mairie a entrepris d'examiner ces résultats à partir du 3 juin 2015 et entamer les démarches pour effectuer le changement le nom. Pour l'instant le site internet n'a pas bougé,voir → ICI.



au-delà de l'aspect moral et humaniste, on imagine l'impact financier que va provoquer cet évènement pour cette petite commune qui n'a pas beaucoup de moyens , en vue de changer tous les supports qui portent le nom désormais banni.

PETITE HISTOIRE
 

Selon certains historiens il y aurait une confusion à partir du toponyme castillan initial de "mota" qui signifie "colline", peu à peu transformé malencontreusement ou intentionnellement au cours des siècles en "mata" de matar : tuer. Car la persécution des juifs en Espagne à la fin du XVe, début XVIe siècles n'y est peut-être pas étrangère.

L'origine du village remonterait à 1035, lorsque des Juifs, dépossédés de leurs biens et expulsés de leurs maisons ailleurs en Espagne, s'étaient réfugiés là, sur une petite colline ou "mota", selon Lorenzo Rodriguez. Ils y étaient restés jusqu'en 1492, lorsque les Rois catholiques ordonnèrent l'expulsion d'Espagne de tous les Juifs qui refuseraient de se convertir au catholicisme. La première mention du nom Castrillo Matajudios apparaît en 1623, selon l'archéologue Angel Palomino, chargé d'une étude historique préliminaire commandée par la mairie. Les descendants de Juifs, convertis au catholicisme, auraient pu décider de changer le nom du village après 1492, afin de démontrer leur ferveur.
église San Esteban et ayuntamiento (mairie) à Castrillo Mota de Judios

 "Les documents montrent qu'il y a eu plusieurs massacres de Juifs (...) comme cela s'est produit dans de nombreux quartiers juifs en Espagne et ailleurs en Europe", expliquait l'archéologue, qui estime qu'entre 300 et 400 foyers, soit environ 1.500 personnes ont peuplé le quartier juif de Castrillo Matajudios avant l'expulsion des Juifs d'Espagne.

Selon les historiens, au moins 200.000 Juifs vivaient en Espagne avant les expulsions de 1492. Ceux qui refusèrent de fuir ou de se convertir furent exécutés et brûlés vifs. Déclarant vouloir réparer une "erreur historique", le gouvernement espagnol a approuvé en février un projet de loi visant à faciliter la naturalisation des descendants de Juifs séfarades (Sefarad signifiant "Juif d'Espagne" en hébreu).


source texte : http://www.rtl.fr/actu/international/castrillo-matajudios-le-village-espagnol-qui-veut-changer-de-nom-7772266114

programme de concert avec les œuvres du musicien natif du village ( document site http://castrillomatajudios.com/ )




mardi 10 mars 2015

Capitales du monde : Belgrade

 R etour à la série de monographies consacrées aux emblèmes des capitales d'états, commencée il y a maintenant plus de deux ans. Nous revenons en Europe pour étudier un blason qui va nous faire voyager à travers les siècles. Les capitales des pays balkaniques sont peu proposées dans les circuits touristiques européens, à la différence de leurs célèbres voisines telles que Vienne, Budapest ou Prague. Pourtant Belgrade figure parmi les plus anciennes cités d'Europe et mérite davantage d'intérêt. Alors, allons-y !...  


   En Serbie, depuis 1991, et l'éclatement de l'ex-Yougoslavie communiste, l'héraldique territoriale est encadrée par la Српско хералдичко друштво (Société d'Héraldique Serbe). Elle a une fonction purement consultative, pour aider et conseiller les demandeurs, mais n'a aucune autorité sur la création héraldique du pays. 
  En règle générale, les villes, villages ou districts de Serbie peuvent avoir jusqu'à quatre niveaux d'armoiries :  petites armoiries (écu simple) , moyennes armoiries, grandes armoiries et drapeau.
  Ces dispositions sont assez bien respectées dans les villes principales ou moyennes du pays et font de cet "arsenal" héraldique complet, un modèle du genre en Europe, qu'on aimerait voir développé ailleurs.
 

Je vous propose un historique plus détaillé du blason de Belgrade dans le bas de cette page.
 Le blason, sous sa forme actuelle, dite "écu en plastron ou polonais", a été commandé en 1931 par le biais d'un concours et un cahier des charges précis, par le maire de Belgrade du moment : Milan Nešić :
visuel graphique du site internet de la Ville
1. Le blason de Belgrade doit être en forme de bouclier, légèrement pointu en pointe.
2. Les éléments du blason seront : les couleurs nationales, une rivière - comme un symbole de puissance primordiale de Belgrade, une galère romaine (trirème) - comme un symbole de l'ancienneté de Belgrade, des murs blancs avec une tour et une porte ouverte - Les murs représentent la fondation, la tour représente la ville, et la porte ouverte représente la libre communication.

3. Le sol entre les rivières et les murs sera rouge, comme un symbole de sang, pour la souffrance éternelle de Belgrade; les rivières seront blanches selon les lois de l'héraldique; les murs et la tour seront blancs, comme un symbole de la «ville blanche» (Le nom de Belgrade - Beograd signifie littéralement «la ville blanche»); le ciel est bleu, comme un symbole de foi et d'espoir pour un avenir meilleur.
source textes : site de la ville / http://www.beograd.rs

 La proposition gagnante a été soumise par l'artiste peintre serbe Đorđe Andrejevic Kun, également auteur des emblèmes de la Yougoslavie après 1945.
Les armoiries sous cet aspect sont restées en utilisation continue jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Pendant la période de la Fédération yougoslave communiste, de 1945 à 1991, quelques modifications ont été apportées sans pour autant gravement dénaturer le blason de 1931 (voir plus bas). Mais rabaissé au statut d'emblème, et en l'absence de dispositions prises pour réglementer son utilisation, il tiendra davantage du logo pendant toutes les années précédant l'éclatement de la Yougoslavie en 1991.

L'utilisation des armoiries de Belgrade rétablies depuis dans leur aspect initial, a été modifiée et réglementée en 2003 :

• Petites armoiries :
Le blason reprend le dessin issu de la conception originale par Đorđe Andrejevic Kun. Il se compose d'un écu simple.



• Moyennes armoiries :
  Les moyennes armoiries sont identiques aux petites, mais avec l'ajout d'une couronne murale d'or placée en timbre. La couronne dispose de cinq merlons / quatre créneaux, et un diadème avec cinq gemmes. Selon les normes de la Société d'Héraldique serbe, cette couronne murale avec cinq éléments n'appartient qu'à la capitale, et le diadème avec les joyaux appartient aux capitales historiques.

• Grandes armoiries :

 Les plus grandes armoiries se composent d'un aigle bicéphale d'argent, avec des serres et un bec d'or, serrant l'une une épée d'argent garnie d'or, l'autre un rameau d'olivier de sinople. L'aigle est un symbole de l’État serbe, et est compatible avec le blason national de la Serbie. Sur la poitrine de l'aigle sont les armoiries de Belgrade, qui conforte son statut de capitale, et au-dessus des têtes de l'aigle est placée la couronne murale des moyennes armoiries. L'aigle est soutenue par deux branches de chêne d'or, qui représentent les vertus civiques, et sur le point où elles se croisent sont fixées les premières armoiries connues de Belgrade, qui résument l'histoire héraldique de la ville. L'épée et la branche d'olivier illustrent la faculté d'être prêt au combat pour se défendre, et à coopérer dans la paix. Brochant sur les branches de chêne sont disposées des décorations données à Belgrade, dans leurs couleurs naturelles, et avec des rubans appropriés. Ils représentent le passé glorieux et les mérites des citoyens de Belgrade.



Ancien blason attribué à Belgrade
 devenu le blason du "vieux Belgrade"
(actuelle municipalité de Stari Grad)
vignette des albums Cafés Hag - 1939

Croix de la Légion d'Honneur
Ordre de l'étoile de
Karageorge,
Ordre du Héros national,
Croix de guerre tchécoslovaque



Les quatre médailles sont:    
  1.    la Légion d'honneur, fondée le 19 mai 1802, par Napoléon Bonaparte, qui est la plus haute décoration de la France. Elle a été attribuée à Belgrade en 1920, par Louis Franchet d'Esperey, maréchal français, et duc d'honneur de l'armée serbe. Seules quatre villes hors de France ont reçu cette médaille: Belgrade, Liège, Luxembourg et Stalingrad. Elle a été décernée à Belgrade en reconnaissance de la défense glorieuse de la ville au cours de la Première Guerre mondiale
  2.   Ordre de l'étoile de Karađorđe (Karageorge), décernée à Belgrade le 18 mai 1939. L'ordre a été fondé avec quatre grades par le roi Petar I (Pierre 1er) de Serbie le 1er Janvier 1904.
  3.   Ordre du Héros national, décernée à Belgrade le 20 Octobre 1974.
  4.   Croix de guerre tchécoslovaque, décerné à Belgrade le 8 Octobre 1925, instituée par le gouvernement tchécoslovaque. Elle a été donnée pour le courage, et la détermination dans la lutte contre l'ennemi pendant la Première Guerre mondiale.

• Drapeau :
C'est une bannière aux armes de Belgrade, de forme parfaitement carrée.

        






26 - Belgrade


Belgrade,  Београд (Beograd), qui signifie "la  ville blanche" en serbe, est la capitale de la Serbie.

Population  :  1 233 796  hab. (estimation 2011) ; agglomération : 1 659 440 hab. (2011)

 Située au confluent du Danube et de la Save, Belgrade jouit d’une position géographique stratégique. Gardienne de la péninsule Balkanique et porte de l’Europe centrale, elle est située à l’intersection des routes qui relient l’Europe de l’Est à l’Europe de l’Ouest et qui mènent, le long du couloir de la Morava, aux rives de la mer Égée. Belgrade est en outre sur la voie fluviale reliant la mer du Nord à la mer Noire.
  Au cœur d'une région minière recelant des gisements de charbon et de plomb, Belgrade est un centre industriel : constructions mécaniques, équipements électriques, industries chimiques, pharmaceutiques, alimentaires et textiles. Nœud routier et ferroviaire, la ville est également un centre commercial important, doté d’un port fluvial actif et d’un aéroport international.
  La ville de Belgrade est dominée par le promontoire de Kalemegdan, qui, juste au-dessus de la jonction du Danube et de la Save, est en grande partie occupé par une forteresse érigée dès l’époque romaine ; aucune fortification originale ne subsiste, les fortifications actuelles ayant été bâties par les Autrichiens au début du XVIIIe siècle. Maintes fois détruite au cours des siècles, jusqu’aux importantes destructions dues aux bombardements de l’OTAN de 1999, Belgrade possède peu de monuments anciens. La vieille ville, qui s’anime autour du quartier de Terazije et de la place de la République, abrite la cathédrale orthodoxe de style baroque (milieu du XIXe siècle) et le patriarcat (1934-1935) — Belgrade est en effet le siège du patriarcat orthodoxe serbe. Après la Seconde Guerre mondiale, la ville s’est étendue sur la rive gauche de la Save pour former le quartier de Novi Beograd (la « nouvelle Belgrade ») ; on y trouve des zones résidentielles modernes, des complexes industriels et des bâtiments universitaires et officiels.
la vieille ville de Belgrade (Stari Grad)  au bord du Danube
 Fondée par les Celtes au IIIe siècle av. J.-C., puis place forte romaine sous le nom de Singidunum, la ville subit les invasions barbares (Huns, Sarmates, Goths) et passe finalement sous domination byzantine. En raison de sa position stratégique sur la route reliant Constantinople à Vienne, elle est, pendant tout le Moyen Âge, l'enjeu de luttes d'autant plus vives que, située sur un promontoire, elle offre un point d'accès au Danube. Du XIIe au début du XVIe siècle, elle passe tour à tour entre les mains des Byzantins, des Bulgares, des Serbes et des Hongrois.
  Les Turcs font la conquête de la ville en 1521 et la baptisent Darol-i-Jehad (« la maison des guerres de la foi »). À partir de 1688, les Autrichiens et les Serbes ne cessent de se disputer la cité. Au début du XIXe siècle, les nationalistes serbes se révoltent contre l'occupant et obtiennent après plusieurs décennies de luttes, la réinstallation et l'autonomie d'une Principauté de Serbie, dont Belgrade devient la capitale à partir de 1838. En 1867, la dernière garnison turque finit par évacuer Belgrade, qui perd peu à peu son allure orientale. En 1882, la Serbie devient un Royaume indépendant. Pendant la Première Guerre mondiale, les troupes autrichiennes occupent la ville à deux reprises.
  En 1919, Belgrade devient la capitale du nouveau royaume des Serbes, des Croates et des Slovènes, rebaptisé royaume de Yougoslavie en 1929. Les troupes allemandes l'occupent pendant presque toute la Seconde Guerre mondiale. Libérée par les partisans de Tito en octobre 1944, Belgrade est choisie comme capitale de la nouvelle Yougoslavie communiste et fait l’objet, comme l'ensemble du pays, des profondes transformations induites par le régime. À l’issue de l’éclatement de la République socialiste fédérative de Yougoslavie, la ville devient la capitale de la République fédérale formée en 1992 par la Serbie et le Monténégro. Elle subit, en 1999, les bombardements menés par l’OTAN lors de la crise du Kosovo.  Elle n'est plus, à la suite de l'indépendance du Monténégro en 2006, que la capitale de la seule République de Serbie.



Le blason de Belgrade, une existence virtuelle pendant cinq siècles :
Timbre de Yougoslavie émis en 1952 reprenant une gravure ancienne et
montrant la ville médiévale fortifiée avant sa destruction par les Ottomans.
Les armoiries sont celles de 1945, surmontées de l'étoile rouge communiste.
le sceau du XVe siècle de la ville
 reconstitué (c'est le mot en serbe inscrit dessous)
 par un dessinateur nommé Milos Ćirić.
L'inscription en cyrillique est orthographiée :
 ГРАДЪ БЕЛИГРАД (GRAD BELIGRAD)
  Durant la période médiévale, la Serbie était une principauté, érigée en Royaume et même en Empire indépendant à une certaine époque (XIIIe/XIVe s.). Puis en 1371 le royaume sera éclaté en plusieurs principautés. L'une d'elle sera dirigée par le Prince "Despote" (c'est son titre) Stefan Lazarević de 1389 à 1427 qui fera de Belgrade sa capitale en 1403. C'est à ce moment que selon un chroniqueur et biographe du nom Constantin de Kostenetse , relaté dans son livre "La vie du despote Stefan Lazarevic",un premier sceau aurait été accordé à la ville de Belgrade, mais il n'a pas été déterminé avec certitude à quoi il ressemblait. On pense qu'il s'agissait d'une représentation des fortifications de la ville, une image classique à l'époque, pour un grand nombre de cités ayant obtenu le statut de "ville",  indépendantes du pouvoir du seigneur ou du monarque local.  
  La ville fortifiée de Belgrade, dernier rempart contre l'Empire ottoman en pleine expansion en direction du Nord : le Royaume de Hongrie et Vienne, finira par capituler après plusieurs sièges. Elle sera prise et rasée par les turcs en 1521. Elle va demeurer sous gouvernement turc pendant 150 ans. Reconstruite, elle va redevenir  florissante, et prendra un aspect oriental, et au XVIIe siècle elle sera même la seconde ville en importance de l'Empire ottoman, derrière Istanbul. Pendant toute cette période d'occupation, la ville n'aura plus officiellement de symbole particulier, les turcs n'en utilisant pas, hormis ceux du pouvoir central et du commandement militaire.
 Néanmoins, les armoriaux manuscrits élaborés dans les royaumes et principautés voisins, lui attribuent des armoiries qui sont parmi les plus anciennes connues, comme par exemple la Hongrie en 1555 (voir ci-dessous, à gauche).
 
blason de Belgrade, gravure, détail
 Fugersko Ogledalo Casti (Hongrie - 1555)

blason de Belgrade, enluminure, Armorial de Valvasor (1687/1688)
détail du folio 302, dans la partie consacrée aux villes de l'Empire

 Cet écu : "coupé crénelé de gueules et d'argent, avec une tour sommant le merlon central accompagnée de deux croix patriarcales du même émail sur les deux autres merlons, et deux fasces de gueules en pointe", ces dernières rappelant le blason ancien de la Hongrie, ont été réintroduites dans les emblèmes de la municipalité de Stari Grad (qui signifie : la Vieille Ville) de Belgrade, au XXe siècle, comme nous l'avons déjà évoqué plus haut. La ville de Belgrade a donc la particularité de voir se côtoyer aujourd'hui son blason ancien et son blason moderne dans les quartiers de l'ancienne cité.
grandes armoiries de la municipalité actuelle de Stari Grad, à Belgrade
le drapeau de gauche se réfère au chef-lieu de district : la Ville de Belgrade
qui est composée de 17 municipalités (comme les arrondissements à Paris) .

proposition d'armoiries pour
Belgrade en 1895 : effigie
 de Saint Sava, premier
archevêque de la Serbie
  Au cours du XIXe siècle, lorsque la domination turque se détricote lentement, sous l'influence et l'action du nationalisme serbe, la ville de Belgrade ne possède toujours pas d'emblème officiel spécifique. Pourtant elle est devenue la nouvelle capitale de la Principauté autonome de Serbie en 1838. Cette situation perdure encore quand la Serbie devient un Royaume indépendant en 1882 et ce jusque en 1918. Les services de la ville utilisent les armoiries nationales sur les actes municipaux. 

 A un moment donné, les grands dictionnaires encyclopédiques européens de la fin du XIXe /début XXe siècles ( Meyers, Brockaus, Britannica, Larousse, etc..) très en vogue dans les milieux intellectuels et aisés, ont cherché à combler l'absence d'armoiries de certaines grandes villes par des illustrations héraldiques purement apocryphes (voir Athènes).   
 La ville de Belgrade s'est dont vu attribué des blasons avec tours donjonnées ou des châteaux, sur un mont, illustrant l'origine militaire et topographique du site. C'est le cas par exemple pour les éditions allemandes du Brockhaus Conversations Lexikon.

blason attribué à Belgrade chez Brockhaus' Kleines Konversations-Lexikon (1911)
projet de 1914 dont il n'existe pas de dessin,
reconstitué par le dessinateur  Milos Ćirić.

la tour Nebojsa sur le site de la forteresse de Kalemegdan  
 Ce n'est qu'en 1914, qu'un projet d'armoiries municipales est soumis : 
(traduction de la description originale en serbe)
  "Le blason de la Municipalité de Belgrade se compose de deux parties: les 2/5 inférieurs et 3/5 supérieurs de l'ensemble des armoiries terminées par une pointe en arc brisé.  Dans la partie inférieure nous voyons les murs du château romain de Singidunum, et à ses pieds, sur la rivière, une nef romaine (trirème), avec des voiles latines.  Dans le champ supérieur : la tour Kula Nebojša située dans la ville basse, sous sa forme datant du Moyen Age, surmontée par une aigle blanche à deux têtes sans couronne, entourée de rayons lumineux sur tous les côtés."
  Mais le déclenchement de la Première Guerre Mondiale va renvoyer ce projet aux oubliettes.

source info et images : http://www.heraldikasrbija.rs/sr-4/

Le blason de Belgrade : date de naissance officielle, en 1931.

le modèle gagnant de 1931 avant retouches,
reconstitué par le dessinateur  Milos Ćirić.
le blason définitif (actuel)
 Et donc nous en arrivons au concours de 1931 lancé par le maire de Belgrade, Milan Nešić, avec les instructions énumérées au début de ce sujet. C'est  Đorđe Andrejevic Kun qui a remporté la compétition face à 56 autres propositions. Et après quelques petites retouches imposées par le jury d'évaluation, le blason a été adopté en délibération du Conseil municipal le 10 décembre 1931, confirmé par le Ministère de l'Intérieur du Royaume de Yougoslavie le 15 décembre 1931. 
 Enfin, une des dernières grandes capitales européennes de l'époque possède ses armoiries !
 le blason de Belgrade 
vignette des albums Cafés Hag - 1939
 le blason de Belgrade - dessin de Jiri Louda
"les Blasons des villes d'Europe (1972)
écusson plastifié, cadeau publicitaire de la
marque Danone (années '70)

 le blason de Belgrade
version communiste  - 1945
le dessin original est encore respecté;
seul rajout : l'étoile rouge (de Belgrade)*

(*) les amateurs de foot auront reconnu l'allusion
illustration sur boîte d'allumettes de la marque
Šibice Dolac (Yougoslavie)
 Et puis la Seconde Guerre mondiale survient, la Yougoslavie est envahie en 1941 et occupée par l'Allemagne nazie. Elle sera libérée par elle-même, en 1944/1945, malgré les dissensions ethniques et nationalistes internes, déjà fortes, par les forces communistes intérieures dirigées par Josip Broz dit "Tito". Le pays restera uni dans le communisme avec cet homme, sous l'appellation de "République fédérative socialiste de Yougoslavie", tout en gardant une certaine distance avec Moscou, jusqu'en 1991. 
  Dès 1945, notre tout jeune blason de Belgrade, qui est toujours la capitale du nouveau régime, va subir quelques modifications et même disons-le : altérations, sans qu'aucune validation n'ait été transcrite sur des documents officiels. L'héraldique des états communistes ne bénéficiait pas vraiment de cadre réglementaire. Il s'en suit une succession d'emblèmes (on n'ose plus parler d'armoiries) passés à la moulinette de la mode graphique du moment ! Première altération : la forme de l'écu, qui passe au modèle arrondi de type espagnol, mais en plus allongé. 



 La philatélie et les objets de collection nous aident dans l'appréciation du phénomène.

la statue du "Vainqueur", allégorie  du sculpteur
Ivan Meštrović (1883-1962), posée
sur une colonne dominant la forteresse de Belgrade



armoiries parues dans "le Grand Livre de
 l'Héraldique" d'Ottfried Neubecker (1977)
la caution malheureuse du maître !
blason de Belgrade en 1960

Réunion de la Conférence pour la Sécurité et la Coopération Européenne à Belgrade en 1977 ( bloc-feuillet de Hongrie)
célébration du 40e anniversaire de la libération de Belgrade en 1984

le blason de Belgrade en 1990



Le blason de Belgrade restauré en 1991  

  La Yougoslavie vient d'éclater, la Slovénie, la Croatie ont déclaré leur indépendance et provoqué la guerre avec le bloc serbe, qui va s'intensifier avec le problème de la Bosnie-Herzégovine. Mais le nom de Yougoslavie demeure encore pour quelques années. L'Assemblée de la ville de Belgrade désigne un groupe de travail pour statuer sur le sort du blason de Belgrade, malmené pendant la période communiste 1945/1990. Finalement, après quelques propositions rejetées pour modifier à nouveau le dessin, le blason de 1931 est restauré dans son état initial. Il fera l'objet de déclinaisons en moyennes et grandes armoiries, ainsi qu'un drapeau municipal (voir au début du sujet), dont l'utilisation de toutes ses formes est codifiée dans le Journal Officiel en 2003. Une charte graphique est disponible sur le site internet de la ville pour ceux qui veulent utiliser les armes de la ville, quel que soit le support : physique ou électronique, et qui lisent le serbe ! ( voir ici → )


le blason et le nom de Belgrade en bordure d'une autoroute urbaine.



le drapeau de la Ville de Belgrade flotte au sommet du site de la Forteresse de  Kalemegdan
emblème de l'Université de Belgrade
Émission philatélique pour le 70e anniversaire de la Libération de Belgrade en 2014
Club de football : OFK Belgrade
dont le logo réutilise le blason de la ville




Exceptionnellement, il y aura un deuxième volet à ce dossier.. En effet, nous l'avons entraperçu avec les armoiries de Stari Grad (la Vieille Ville), la ville de Belgrade est composée de 17 entités administratives appelées "municipalités" et toutes sont pourvues de magnifiques armoiries qu'il serait dommage de ne pas vous montrer ...



Belgrade, ailleurs :
Le titre peut paraître étrange, mais cela s'explique. En effet le nom de la ville de Belgrade a été donné en hommage par les pionniers qui les ont fondées, à plusieurs villes ou localités en Amérique du Nord et plus particulièrement aux U.S.A. 
source info : https://serbiathroughamericaneyes.wordpress.com/2012/06/16/belgrade-usa-how-many-exist-2/

Belgrade, Montana
Belgrade, Minnesota



Belgrade, Maine
Belgrade, Nebraska
Belgrade Lakes, Maine
Belgrade et sa voisine...  Amsterdam, Missouri
Belgrade, Texas, village abandonné après la Guerre de Sécession

Et il y a encore une ville portant aussi le nom de Belgrade, en Caroline du Nord ...




capitale précédente  →   Basseterre
capitale suivante     →     Belgrade II (municipalités)


&

 



Bonus track :

Pour les curieux, voici quelques-unes des propositions non retenues par la Commission d'évaluation de la ville de Belgrade, en 1931. Et vous, vous auriez choisi lequel ?
 source info et images : http://www.heraldikasrbija.rs/sr-4/