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mardi 8 janvier 2019

Top 10 des plus grandes villes du Pérou avec leurs blasons

Voici un nouveau volet à cette série consacrée à la découverte de l’héraldique civique, à travers divers pays du Monde. Le principe du "Top xx" très répandu dans les médias et sur Internet, pour recenser ce qui est le plus remarquable dans un domaine particulier est ici adapté à cette thématique. Il nous permettra de découvrir ou réviser la géographie d'un pays choisi de manière aléatoire et dans le même temps de s'intéresser à sa diversité en matière de blasons et emblèmes municipaux.

  Nous repartons en Amérique du Sud, pour coller avec l'actualité sportive, avec le rallye automobile Dakar édition 2019 se déroulant en ce moment et pour la première fois de son histoire intégralement dans ce pays: le Pérou.




Voici donc les 10 plus grandes villes, indépendamment des aires urbaines, en terme de population (chiffres 2017/2018):



1 - LIMA

- ancien nom de fondation espagnole : la Ciudad de los Reyes, ancienne capitale du Vice-Royaume du Pérou pour l'Espagne
capitale de la République du Pérou, actuel chef-lieu du département de Lima -  7 737 000 habitants.

ancienneté des armoiries : 1537

Cette ville avait déjà été évoquée dans un article sur les lieux liés à la Nativité de Jésus → ICI
ainsi que dans un article sur une précédente édition du Rallye Dakar  → ICI



2 - AREQUIPA

chef-lieu du département d' Arequipa -  841 130 habitants.


ancienneté des armoiries : 1541

Cette ville avait déjà été évoquée dans un article sur une précédente édition du Rallye Dakar  → ICI




3 - CALLAO  /  El Callao

- ancien nom de fondation espagnole : villa / puerto del Callao
chef-lieu de la province constitutionnelle de Callao -  813 260 habitants.


ancienneté de l'emblème : 1826 (médaille militaire)
adoption officielle des armoiries : 1953




4 - TRUJILLO

- nom complet originel : Trujillo de Nueva Castilla
chef-lieu du département de La Libertad -  747 450 habitants.


ancienneté  des armoiries : 1537



5 - CHICLAYO

- nom complet originel : Santa María de los Valles de Chiclayo
chef-lieu du département de Lambayeque -  577 375 habitants.






6 - PIURA

- nom complet originel : San Miguel de Piura
chef-lieu du département de Piura -  473 025 habitants.


ancienneté  des armoiries : 1537



7 - HUANCAYO

- nom complet originel : Santísima Trinidad de Huancayo
chef-lieu du département de Junín -  456 250 habitants.


ancienneté des armoiries : 1564



8 - CUZCO / Cusco

- nom originel en langue quechua : Qusqu / Qosqo, ancienne capitale de l'Empire Inca.
chef-lieu du département de Cuzco -  428 450 habitants.


ancienneté de l'emblème du disque solaire : Empire inca
adopté en 1986 pour remplacer les armoiries coloniales (voir plus bas)



9 - CHIMBOTE

ville principale du département de Áncash -  381 510 habitants.


ancienneté de l'emblème : 1966




10 - IQUITOS

- ancien nom de fondation espagnole : San Pablo de Nuevo Napeanos
chef-lieu du département de Loreto -  377 610 habitants.






Armoiries de la vice-royauté du Pérou (1542/1824) qui sont aussi
les armes de la capitale : Lima depuis 1537,
Salle des Royaumes du palais du Buen Retiro à Madrid, où sont exposés les
blasons des vingt-quatre royaumes qui ont constitué la monarchie espagnole.
Détail des armoiries de la ville de Trujillo  attribuées 
le 7 décembre 1537 par décret royal signé par le roi
 d’Espagne Carlos I (et empereur Charles Quint)
• Si vous suivez ce blog, vous savez qu'en Amérique du Sud, la normalisation des emblèmes territoriaux et municipaux n'a jamais été à l'ordre du jour. En dépit d'une disparité assez fréquente de la forme des écus, qui n'est pas en soi une grave hérésie, c'est le respect des règles de base de l'héraldique qui est  rarement appliqué. En premier lieu la règle des accords de couleurs : émail sur émail, métal sur métal est souvent mise à mal, sans compter la présence de différentes nuances de la même couleur sur le même dessin, des couleurs flashy trop exotiques vis à vis des codes de l'héraldique, ou encore la profusion de scènes paysagères, de portraits, trop réalistes (voir les spécimens édifiants sur ce blog → ICI). Cette observation nous amène donc à la conclusion que la grande majorité sont des logos et non des blasons, et ce malgré l'utilisation du terme espagnol générique de "escudos" employé dans les textes descriptifs des symboles.
  Toutefois, dans ce Top 10, et en raison de l'ancienneté des dates de fondation des principales villes du pays, remontant à l'époque des conquêtes de Francisco Pizarro pour l'Espagne, il nous est permis d'apprécier de belles compositions héraldiques qui sont aussi de précieux témoignages historiques, parmi les villes qui les ont conservées en l'état ou peu modifiées (villes n°1, 2, 4, 6 et 7).
  La date de fondation de la capitale (ville n°1) a été décidée le jour de l’Épiphanie en 1535. C'est pourquoi son blason est chargé des trois couronnes symboliques des Rois mages et de l'étoile de Bethléem. Les initiales I et K font référence à la dynastie régnante du moment en Espagne: I pour Ioanna ( Jeanne de Castille alias "Jeanne la Folle") et le K pour Karolus (Charles Ier, alias Charles Quint), son fils, devenu par ailleurs empereur du Saint-Empire. L'aigle support est un symbole héraldique des rois catholiques de Castille, en tant qu'attribut de Saint Jean. Ici ils sont au nombre de deux : l'un est pour Jeanne l'autre pour Charles. 
  On retrouve encore l'initiale royale K (Karolus) mais seule, dans le blason de la ville n°4, encadrée par les colonnes d'Hercule posées sur la mer, une figure héraldique imposée par Charles Quint comme symbole de la puissance de l'Espagne. La lettre K est également surmontée par deux bâtons écotés posées en croix de Saint André, formant la croix de Bourgogne, héritage dynastique introduit en Espagne par les Habsbourg, ainsi qu'une couronne royale. Le griffon supportant l'écu, avec son corps de lion et sa tête et ses ailes d'aigle, représente la force et l'audace.
   Les armes de la ville n°2, créées à la même époque, montrent un volcan joliment stylisé, soutenu par deux lions "perchés" sur des arbres et une rivière de montagne. Ce paysage héraldique représente le majestueux volcan Misti et la rivière Río Chilli qui nait sur ses pentes.
 
Ancien blason colonial de la ville de Cuzco,
attribué à la ville en 1540, supprimé en 1986.
Les oiseaux chargeant la bordure sont des
(majestueux ?) condors des Andes !
dessin pris dans le livre " Noticias cronológicas de la
 gran ciudad del Cuzco " de Diego de Esquivel y Navia
 (~1700/1779), réédition de 1980 - Lima (Pérou)

🌞 La municipalité de Cuzco (ville n° 8) a choisi d'abandonner les armoiries historiques de sa conquête espagnole (à droite). Le choix s'est porté vers un symbole autochtone plus conforme a son statut d'ancienne capitale de l'Empire Inca : c'est la Plaque en or d'Echenique qui représente le dieu du Soleil des Incas : Inti . Nous retrouvons également le dieu-soleil Inti dans les ornements extérieurs des écus des villes n° 3 et 10.
   D'autres éléments traditionnels des cultures précolombiennes sont visibles. Dans le blason de la ville n°4 avec le tumi , qui est un couteau à lame semi-circulaire utilisé pour les sacrifices.
   Les armes de la ville n° 7 ont été redécouvertes en 1936 par un chercheur péruvien. Elles avaient été octroyées en 1564 par le roi Philippe II d'Espagne au peuple des Huancas (ou Wankas), alliés de circonstance des espagnols contre leurs ennemis communs, en particulier dans la lutte contre les chefs Incas de Cuzco, lors de la conquête des Andes, mais aussi contre les capitaines espagnols rebelles, anciens compagnons de Francisco Pizarro entrés en conflit avec lui. Les quatre quartiers sont donc des évocations de cette alliance et des faits d'armes de ces guerriers Huancas avec la bénédiction des conquérants espagnols.
 Enfin, avec l'emblème de la ville n°9 : poissons stylisés, croissant de lune et lignes représentant une vallée et la rivière au milieu, ce sont des figures empruntées à l’art Moche (ou Mochica), produits d'une civilisation précolombienne très ancienne, qui a précédé celle des Incas.





Si vous désirez en savoir plus sur le pays : le Pérou et ses emblèmes, c'est → ICI

A bientôt, pour un nouveau pays .. → ICI


Et pour revoir le pays précédent ...  → ICI


🚗 🏁 Et accessoirement, pour ceux qui seraient intéressés par les images et les résumés du rallye Dakar 2019 au Pérou → france•tvsport



📖 source infos, textes et images blasons :
- es.wikipedia.org/
- www.dehuancayo.com/
- www.pinterest.fr/



          Herald Dick
 





lundi 15 janvier 2018

Top 10 des plus grandes villes d'Argentine avec leurs blasons

Voici un nouveau volet à cette série consacrée à la découverte de l’héraldique civique, à travers divers pays du Monde. Le principe du "Top xx" très répandu dans les médias et sur Internet, pour recenser ce qui est le plus remarquable dans un domaine particulier est ici adapté à cette thématique. Il nous permettra de découvrir ou réviser la géographie d'un pays choisi de manière aléatoire et dans le même temps de s'intéresser à sa diversité en matière de blasons et emblèmes municipaux.

  Nous profitons du passage du rallye Dakar se déroulant, malgré son nom, dans les pays d'Amérique du Sud, à la rencontre de celui qui est le plus souvent et le plus longuement traversé: l'Argentine.




Voici donc les 10 plus grandes villes, indépendamment de leurs agglomérations, en terme de population  (chiffres : 2010, dernier recensement ):


1 - BUENOS AIRES

- nom complet originel : Santísima Trinidad y Puerto de Nuestra Señora del Buen Ayre
capitale fédérale de la République d'Argentine et ville autonome (Ciudad Autónoma de Buenos Aires) -  2 890 150 habitants.

ancienneté de l'emblème d'origine : 1649
adoption sous cette forme logotypée : 2012

Cette ville avait été détaillée dans un précédent article sur les provinces d'Argentine  → ICI




2 - CÓRDOBA

capitale de la province de Cordoba (provincia de Córdoba) -  1 329 600 habitants.


ancienneté des armoiries : 1573

Cette ville avait été détaillée dans un précédent article sur les provinces d'Argentine  → ICI





3 - ROSARIO

- anciens noms : Villa del Rosario - Ciudad del Rosario - El Rosario de Santa Fe
ville de la province de Santa Fe (provincia de Santa Fe) -  948 310 habitants.


ancienneté de l'emblème d'origine : 1862

Cette ville avait été détaillée dans un précédent article relatif au Rallye Dakar  → ICI



4 - LA PLATA

capitale de la province de Buenos Aires (provincia de Buenos Aires) -  740 370 habitants.


ancienneté de l'emblème actuel  : 1882

Cette ville avait été détaillée dans un précédent article sur les provinces d'Argentine  → ICI



5 - MAR DEL PLATA

- nom de fondation originel : Puerto de la Laguna de los Padres
ville de la province de Buenos Aires (provincia de Buenos Aires) -  614 350 habitants.


ancienneté de l'emblème actuel  : ?




6 - TUCUMÁN / San Miguel de Tucumán

- nom complet originel : San Miguel de Tucumán y Nueva Tierra de Promisión
capitale de la province de Tucuman (provincia de Tucumán) -  527 610 habitants.


ancienneté des armoiries : 1898

Cette ville avait été détaillée dans un précédent article sur les provinces d'Argentine  → ICI



7 - SALTA

- nom complet originel : Ciudad de San Felipe y Santiago del Lerma en el valle de Salta
capitale de la province de Salta (provincia de Salta) -  535 300 habitants.


ancienneté de l'emblème d'origine  : 1788
adoption de l'emblème actuel : 1934

Cette ville avait été détaillée dans un précédent article sur les provinces d'Argentine  → ICI



8 - SANTA FE

capitale de la province de Santa Fe (provincia de Santa Fe) -  405 680 habitants.



ancienneté de l'emblème actuel  : 1894

Cette ville avait été détaillée dans un précédent article sur les provinces d'Argentine  → ICI



9 - CORRIENTES

- nom de fondation originel : Ciudad de Vera en el sitio que llaman de las Siete Corrientes provincia del Paraná y el Tape  
- autre ancien nom :  San Juan de Vera de las Siete Corrientes.
capitale de la province de Corrientes (provincia de Corrientes) -  346 330 habitants.


ancienneté de l'emblème actuel  : 1821

Cette ville avait été détaillée dans un précédent article sur les provinces d'Argentine  → ICI


10 - POSADAS

- nom complet originel : Trinchera de San José por el de Posadas
capitale de la province de Misiones (provincia de Misiones) -  319 470 habitants.

ancienneté de l'emblème actuel  : 1971

Cette ville avait été détaillée dans un précédent article sur les provinces d'Argentine  → ICI


très ancienne représentation des armoiries de
 Córdoba datée de 1573  et dessinée sur un
 procès-verbal du cabildo (conseil municipal)
 à l'époque des conquêtes espagnoles.
 Il est attribué à l'écrivain Francisco Torres.
 •  Il y a de fortes chances, après un examen rapide de cette page, que vous vous (ou me) demandiez : mais où est l'art héraldique dans tous ces dessins ?  Et vous avez entièrement raison : excepté celui de la ville n°2, avec ce curieux écu en forme de cuirasse d'armure, tous ces "escudos", terme espagnol signifiant "écu" ou "bouclier",  ne sont que des ... emblèmes, formés de tableaux surchargés, souvent paysagers, ou des logos, et qu'ils soient peints à la main ou dessinés à l'aide d'outils d'infographie. C'est, j'en ai déjà parlé dans ce blog à plusieurs reprise, une particularité de la plupart des pays d'Amérique latine, où, en matière d'héraldique nationale, territoriale et municipale, se côtoient le bon (rarement) et le moins bon (souvent), et parfois, le très mauvais goût, même pour qualifier de simples logos !
  Pourtant il existe dans ces pays quelques experts en héraldique (voir → ICI) et même des "instituts en héraldique" (→ ICI). Mais ces spécialistes n'ont aucun pouvoir de contrôle ni autorité sur les productions, juste un rôle de conseil,  et s'attachent surtout aux études d'armoiries familiales, nobiliaires, ecclésiastiques, ou sinon au relevé des archives historiques héritées de l'empire espagnol et des premières décennies de l'indépendance.
 Mais concernant les emblèmes des territoires, et surtout les petites entités administratives : partidos (arrondissements), municipios (communes) ou barrios (paroisses, quartiers), force est de constater que règne la confusion totale, l'anarchie, dans la création des emblèmes représentatifs, pourtant soumis à des concours publics, puis sélectionnés par des jurys "d'experts" et enfin adoptés en délibération par des assemblées d'élus. Les articles des gazettes que publie l' Instituto Heráldico de Buenos Aires le déplorent régulièrement, comme vous pouvez le lire sur cette capture d'écran :
Blasons.....  Emblèmes ??
l'auteur parle de "la situation erratique de l'héraldique institutionnelle argentine", de "la confusion entre art héraldique et
 emblématique" et que malgré "cette douloureuse réalité, il est toujours temps de rectifier".
© Instituto Heráldico de Buenos Aires
lien dans le texte :  ww w.clarin.com/capital_federal/barrios-portenos-escudo-propio_0_SyLBJylpvXl.html

  Mais peut-être que, par réaction, ou inconsciemment, la mentalité sud-américaine a souhaité se démarquer et tourner le dos aux symboles apportés par les anciens colonisateurs qui venaient tous d'Europe, et en particulier ici l'Espagne, pays où l'héraldique fait partie du paysage quotidien des citoyens.


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sources textuelles et documentaires (rien en français) :  
heraldicaargentina.com.ar/2-Comienzo.htm
heraldicaargentina.blogspot.fr/
institutoheraldico.es.tl/Instituto-Her%E1ldico-de-Buenos-Aires.htm
es.wikipedia.org/wiki
 etc...



Si vous désirez encore en savoir plus sur le pays : l'Argentine et ses emblèmes, c'est → ICI

A bientôt , pour un nouveau pays ...→ ICI


Et pour revoir le pays précédent ...  → ICI



          Herald Dick

vendredi 12 janvier 2018

Top 10 des plus grandes villes de Bolivie avec leurs blasons

Voici un nouveau volet à cette série consacrée à la découverte de l’héraldique civique, à travers divers pays du Monde. Le principe du "Top xx" très répandu dans les médias et sur Internet, pour recenser ce qui est le plus remarquable dans un domaine particulier est ici adapté à cette thématique. Il nous permettra de découvrir ou réviser la géographie d'un pays choisi de manière aléatoire et dans le même temps de s'intéresser à sa diversité en matière de blasons et emblèmes municipaux.

  Nous repartons en Amérique du Sud et, pour coller avec l'actualité, notamment avec un des trois pays que le rallye Dakar traverse en 2018: la Bolivie.






Voici donc les 10 plus grandes villes, plus exactement les plus grands municipios (communes) en terme de population, pour certaines séparément de leurs agglomérations urbaines (chiffres 2012, dernier recensement).




1 - SANTA CRUZ DE LA SIERRA

capitale du département de Santa Cruz (Departamento de Santa Cruz)  - 1 441 410 habitants


ancienneté des armoiries : 1636




2 - EL ALTO

ville de l'agglomération de La Paz, dans le département de La Paz (Departamento de La Paz)   - 842 380 habitants


ancienneté des armoiries : 1988

 


3 - LA PAZ

- nom complet originel : Nuestra Señora de La Paz
siège du gouvernement de la Bolivie, assimilée de fait à une capitale administrative, capitale du département de La Paz (Departamento de La Paz)  - 757 180 habitants



ancienneté des armoiries : 1555
modifiées ou augmentées, en 1822, 1876, 1883, 1893 et 1975 

Cette ville avait été détaillée dans un  article relatif au Rallye Dakar  → ICI 



4 - COCHABAMBA

- ancien nom colonial : Villa Real de Oropesa (1571- 1825)
capitale du département de Cochabamba (Departamento de Cochabamba)  - 630 590 habitants


ancienneté des armoiries : 1788




5 - ORURO

- ancien nom colonial : Villa Real de San Felipe de Austria (1606 - 1781)
capitale du département d'Oruro (Departamento de Oruro)  -  264 680 habitants


ancienneté des armoiries : 1606


Cette ville avait été détaillée dans le même article relatif au Rallye Dakar  → ICI

 

6 - SUCRE

- anciens noms : Charcas (période préhispanique, avant 1538),  Ciudad de la Plata de la Nueva Toledo (1538-1776),  Chuquisaca (1776-1825)La Ilustre y Heroica Sucre (1825)
capitale constitutionnelle de la Bolivie et du département de Chuquisaca (Departamento de Chuquisaca)  - 237 480 habitants



ancienneté des symboles : étendard avec la croix dite "de Saint-André" : 1559




7 - TARIJA

- nom complet originel :  Villa de San Bernardo de la Frontera de Tarixa
capitale du département de Tarija (Departamento de Tarija)  -  179 530 habitants


ancienneté des armoiries : 1934 




8 - POTOSÍ

- nom complet originel :   Villa Imperial de Potosí
capitale du département de Potosi (Departamento de Potosí)  -  174 970 habitants


ancienneté des armoiries : 1547 (voir plus bas)
 modifiées en 1565 et enfin en 1575 (actuelles)




9 - SACABA

- nom complet originel :  Villa de San Pedro de Sacaba
ville de l'agglomération de Cochabamba dans le département de Cochabamba (Departamento de Cochabamba)  -  149 560  habitants





10 - QUILLACOLLO

ville de l'agglomération de Cochabamba, dans le département de Cochabamba (Departamento de Cochabamba)  -  117 860  habitants







•  La capitale que l'on apprenait à connaître et à réciter à l'école, La Paz, et qu'on présente généralement comme la capitale plus haute du monde, n'est pas la véritable capitale ! et elle n'est pas non plus la ville la plus importante, car une autre, pratiquement inconnue si on n'est pas sud-américain : Santa Cruz, est deux fois plus peuplée qu'elle ! Alors n'est elle pas déjà étonnante cette Bolivie ?

premières armes de la ville de Potosi en 1547,
 accordées par Charles Quint  (Carlos V)
on y voit le Cerro Rico, la montagne qui a fait
la fortune de la ville avec ses filons d'argent
• Sur le plan de l'héraldique, il faut bien admettre que nous ne sommes pas au sommet des Andes ! Loin s'en faut. Deux villes uniquement  (n°4 et 8) peuvent prétendre à une bonne note pour la qualité dans la tradition hispanique. Ce sont d'ailleurs des armes d'origine coloniale espagnole, avec l'échiqueté d'argent et d'azur des Ducs d'Albe pour honorer le Vice-Roi du Pérou Francisco Álvarez de Toledo , issu d'une branche de cette illustre maison d'Espagne et qui est à l'origine de la fondation de la ville n°4, en 1571. De la même façon,  les armoiries de l'Espagne impériale (mais avec une curieuse aigle sans têtes) ornent le très ancien blason de la ville n°8.

• On retrouve encore (mais avec ses deux têtes au complet, cette fois) l'aigle bicéphale de l'Espagne impériale sur le blason de la ville n°6.
  Autres éléments rappelant la puissance de l'ancien colonisateur: un heaume de chevalier surmontant l'écu d'armes de la ville n°3 et une cuirasse d'armure sommée d'un morion, avec trois plumes d'autruche, qui est la marque d'un officier supérieur parmi les conquistadors espagnols, pour la ville n°6, ou encore les couronnes ducales espagnoles (villes n°1 et 4).  On peut rajouter encore le lion et la tour de la ville n°1, rappelant les armes de Castille et León; idem avec les lions affrontés supportant les châteaux de la ville n°6. Tout ceci porte à croire que le peuple bolivien n'a pas nourri de haine féroce, qui aurait pu être légitime, envers les anciens dirigeants européens, au point de garder leurs symboles de pouvoir parmi les figures héraldiques de leurs villes.

le motif  principal ornant la Puerta del Sol
 dans la cité archéologique de Tiahuanaco

• Pour ce qui est des éléments naturels, on le sait, la Bolivie est un pays de hauts plateaux (les altiplanos), de hautes chaînes de montagnes, dépassant souvent les 6 000 m. ainsi qu'une quarantaine de volcans, la plupart endormis.
 Les sommets des Andes sont donc très présents sur les armoiries, et quelques-unes de ces montagnes (cerros en espagnol) ont fait la fortune du pays, et de l'Espagne auparavant, avec les précieux minerais qui y ont été découverts dans leurs entrailles et exploités jusqu'à l'épuisement. Nous pouvons voir par exemple le Huayna Potosí (6 088 m.) en n°2, surmonté d'un soleil de Tiahuanaco, une figure artistique d'une civilisation antique qui a précédé les Incas; en n°3, le Nevado Illimani (6 462 m.) ; en n°5 , le volcan Nevado Sajama (6 542 m.) ; en n°6 , à dextre le Cerro Rico de Potosí (4 782 m.) avec 5 filons d'argent descendant les pentes, devant lui plus petit, à nouveau le Huayna Potosí surmonté de six fonderies d'argent, et à senestre le Cerro de Porco ; enfin le n°10 montre aussi une chaîne de montagnes, sans doute la cordillère de Tunari (alt. maxi : 5 035 m.).
 Les cours d'eau et lacs d'altitude sont aussi représentés en n° 3, 5 et 7.
anciennes armes de la ville de Chuquisaca,
aujourd'hui renommée : Sucre

• Enfin, sans tout détailler parmi ce qui est évident, il y a quelques curiosités à relever :
- sur le blason de la ville n°1 : dans la partie dextre, outre les grands palmiers, l'arbre au tronc bizarre, renflé et percé d'un trou est une espèce locale appelée "árbol Toborochi" ou arbre bouteille (Ceiba speciosa) au tronc hypertrophié, apparentés aux baobabs d'Afrique.
- blason de la ville n°6 : la bordure de gueules est chargée de dix têtes coupées : plutôt macabre comme ornement ! Elles commémorent en fait la soumission de dix chefs rebelles de la province appelés "los diez tiranos" (les dix tyrans) qui se sont ligués contre le Vice-Roi de La Plata en 1552 et qui ont été jugés et exécutés, la tête tranchée. On connait même le nom de huit d'entre eux : Don Sebastián de Castilla; Don García Tello de Vega Maqueda ; Sanzedo ; Albán Pérez ; Arévalo ; Sepúlveda ; Corro; et Agasanje.

Pour conclure, malgré les entorses systématiques et souvent très lourdes aux règles de la composition du dessin héraldique, il serait dommage de passer son chemin sans essayer de comprendre. Les nations latino-américaines sont coutumières de cet espèce de langage symbolique très figuratif mélangeant scènes réalistes, paysages ou tableaux presque photographiques et figures classiques de l'héraldique. Il n'empêche que ces emblèmes sont tout à fait authentiques, officiels, et pour certains, chargés d'histoire et d'anecdotes. Ils méritent donc qu'on s'y intéresse.


sources textuelles et documentaires (rien en français) :  
www.educa.com.bo/contenido/simbolos-patrios ,
 www.eabolivia.com
 www.portalchuquisaca.8m.com/escudo.htm 
www.historiadelarte.us/andes/la-puerta-del-sol
es.wikipedia.org/wiki
 etc...




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          Herald Dick
 


mercredi 26 juillet 2017

Top 15 des plus grandes villes du Canada avec leurs blasons

Voici un nouveau volet à cette série consacrée à la découverte de l’héraldique civique, à travers divers pays du Monde. Le principe du "Top xx" très répandu dans les médias et sur Internet, pour recenser ce qui est le plus remarquable dans un domaine particulier est ici adapté à cette thématique. Il nous permettra de découvrir ou réviser la géographie d'un pays choisi de manière aléatoire et dans le même temps de s'intéresser à sa diversité en matière de blasons et emblèmes municipaux.


Nous changeons de continent pour retourner en Amérique du Nord et une tradition héraldique très "british" qui ravira les amateurs, dont je fais partie, voici : le Canada.





Voici donc les 15 plus grandes villes, en terme de population (chiffres : 2016):



1 - TORONTO

capitale de la province d' Ontario -  2 731 570 habitants.



ancienneté des armoiries  : 1999  (après fusion de plusieurs municipalités)




2 - MONTRÉAL

ville de la province du Québec -  1 704 690 habitants

nouvelles armoiries inaugurées le 13 septembre 2017 - voir →
ancienneté des armoiries sous cette forme : 1938 
(créées à l'origine en 1833)





3 - CALGARY

ville de la province d' Alberta -  1 239 220 habitants



ancienneté des armoiries sous cette forme : 1984 ( créées en noir-et-blanc en 1902)





4 - OTTAWA

capitale fédérale du Canada, dans la province d' Ontario -  934 240 habitants


ancienneté des armoiries : 1954





5 - EDMONTON

capitale de la province d' Alberta -  932 550 habitants


ancienneté des armoiries : 1995





6 - MISSISSAUGA

ville de la province d' Ontario, dans l'Aire urbaine du Grand Toronto -  721 600 habitants










7 - WINNIPEG

capitale de la province de Manitoba -  705 220 habitants


ancienneté des armoiries : 1972





8 - VANCOUVER

ville de la province de Colombie britannique (British Columbia province) -  631 490 habitants


ancienneté des armoiries sous cette forme : 1969




9 - BRAMPTON

ville de la province d' Ontario, dans l'Aire urbaine du Grand Toronto -  593 640 habitants







10 - HAMILTON

ville de la province d' Ontario -  536 920 habitants


ancienneté des armoiries sous cette forme : 2001




11 - QUÉBEC / Quebec city

capitale de la province de Québec -  531 900 habitants



ancienneté des armoiries : 1988



12 - SURREY

ville de la province de Colombie britannique (British Columbia province), dans l'Aire urbaine de Vancouver -  517 890 habitants


ancienneté des armoiries sous cette forme : 1993 (créées à l'origine en 1987)





13 - LAVAL

ville de la province de Québec -  422 990 habitants







14 - HALIFAX

capitale de la province de Nouvelle-Écosse (Nova Scotia province) -  403 130 habitants


ancienneté des armoiries : 1992




15 - LONDON

ville de la province d' Ontario -  383 820 habitants







🍁 Le Canada est un très jeune pays dans la communauté des nations. Ses premiers pas pour l'unification se sont dessinés au cours du XIXe siècle et son indépendance de la tutelle britannique s'est concrétisée au milieu du XXe siècle. Le Canada est une monarchie constitutionnelle sous l'égide de la dynastie régnante au Royaume-Uni, mais en tant que souverain(e),  roi ou reine du Canada.
Premières armoiries de Montréal, datées de 1833, adoptées
par Jacques Viger, premier maire de Montréal (1833-1836).
Complétant la rose anglaise, le chardon écossais et le trèfle irlandais
 le castor symbole des autochtones fut finalement plus tard remplacé
 par la fleur de lys, symbole de l'héritage français, qui était bannie à
 l'époque, en raison des conflits inter-communautaires.
 Une caractéristique importante de la nation canadienne est son bilinguisme, hérité de son histoire : anglais et français. Au-delà du bilinguisme, c'est une aussi une "bi-culture", parfois sous tension, qui s'affirme entre les deux principales communautés et transpire jusque dans les symboles. Au demeurant, il y a plein d'autres communautés, plus anciennes : les Amérindiens, les vrais autochtones, ou plus récentes : les immigrants  asiatiques, européens hormis ceux des îles britanniques et de la France, antillais, nord-africains, etc... qui composent désormais la nation.

🌹 L'héraldique canadienne est héritière des traditions héraldiques britanniques enrichies par l'héraldique française avec les symboles et les emblèmes des autochtones et des immigrés. Cette héraldique est présente au Canada depuis les XVIe et XVIIe siècles, arrivée avec les premiers colonisateurs, et son histoire ressort dans les armoiries d'état du Canada, des provinces et des territoires, des municipalités, des personnes, des sociétés et des organismes.
• Avant 1988, le College of Arms anglais et le Lord Lyon écossais étaient compétents pour attribuer des armoiries au Canada. Depuis, l'Autorité héraldique du Canada a été créée, faisant du Canada le premier pays du Commonwealth à exercer lui-même cette compétence. La plupart des armoiries de villes les plus récentes de ce Top 15 ont été créées ou révisées avec l'assentiment de cet organisme d'état. Et le résultat est tout bonnement admirable. Quel amateur d'héraldique pourrait trouver à redire sur ces dessins somptueux. Trop chargés ? mais.. c'est la tradition, l'identité britannique.
A ce propos, les blasons des villes des provinces francophones (villes n°2, 11 et 13) sont davantage dans le style et l'héritage de l'héraldique française, plus simples et avec beaucoup moins d'ornements !
armoiries de la municipalité de Whistler en Colombie britannique,
une des créations les plus récentes (15 janvier 2016) attribuée à une ville canadienne
par l'Autorité héraldique du Canada
🦌 Pour les symboles, voici quelques figures remarquables, y compris dans les ornements extérieurs :
- la faune locale, bien représentée, est ici celle des régions les plus méridionales : castors, ours bruns ou noirs, cerfs, chevaux, un aigle royal (ville n°1), un bœuf et un bison (ville n°4), un martin-pêcheur d'Amérique (Ceryle alcyon, ville n°14) et en bonus, un mésengeai du Canada (Perisoreus canadensis), un ours noir (Ursus americanus), une marmotte des Rocheuses (Marmota caligata) et un saumon pour la ville de Whistler. On a même aussi un animal exotique: un tigre ! (ville n°10), allusion au surnom de « Tiger Town » (la ville-tigre), longtemps attribué à la ville d'Hamilton.
- il en est de même pour la flore, avec, outre les symboles nationaux : roses, fleur de lis, chardons, trèfles et feuilles d'érable, quelques arbres conifères, de superbes anémones pulsatilles (Anemone patens) des grandes prairies, pour la ville n°7, deux fleurs de cornouiller (ville n°8), une pousse de fleur de mai (Epigaea repens) dans le cimier de la ville n°14. La quintefeuille (ville n°10) provient des armes du chef du clan Hamilton et symbolise du même coup la ville, par homonymie. Sans oublier les gerbes de blés évoquant les plaines agricoles.
- les hommes et femmes : des bûcherons, des pêcheurs, des militaires et un marin d'une autre époque,
un explorateur pionnier et la déesse Athéna (ville n°5), un officier anglais du XVIIIe siècle et un amérindien Mississauga (ville n°6). Indirectement c'est une lignée de la grande famille aristocratique d'origine française : les Montmorency-Laval qui a donné ses armes à la ville éponyme de Laval (n°13) par l'entremise de François de Laval (1623-1708), qui fut le premier évêque catholique de Québec.
- enfin quelques objets ou édifices particuliers : un astrolabe dans le chef de l'écu (ville n°4), une masse cérémonielle, sorte de sceptre géant symbole de pouvoir, spécifiquement britannique, supportant l'écu (ville n°5, qui est une capitale de province, d'où la référence); le symbole atomique dans le cimier pour évoquer la technologie et l'industrie lourde (ville n°6);  toujours en cimier : la  porte du Fort Garry  monument historique réel (ville n°7); un mât totémique amérindien dans l'écu (ville n°8) : des locomotives à vapeur (villes n°9 et 15) ; un monument pour la paix local dans l'écu et un canoë des amérindiens Salishe en cimier (ville n°12).
Pour la ville n°7 (Mississauga)  j'ai volontairement adjoint aux armoiries, à droite: un autre symbole vaguement héraldique, qui orne le centre du drapeau municipal. Les deux semblent cohabiter dans la signalétique de la ville, comme le précisent les quelques lignes en bas de cette page web du site officiel (voir → ICI).


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