Affichage des articles dont le libellé est Titanic. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Titanic. Afficher tous les articles

mercredi 18 avril 2012

Histoire parallèle : 18 avril 1912 - 2012 :
New-York

  epuis la matinée du 15 avril : voir ici ,  où le RMS Carpathia  a réussi l'exploit de secourir tous les canots éparpillés du Titanic ,  survivants et équipage du bateau sauveteur sont attendus comme des héros sur les quais du port de New-York . Parmi eux : Harold Cottam , l'opérateur radio qui a reçu le message de détresse et Arthur Rostron , le capitaine qui n'a pas hésité une seconde pour prendre sa décision et pris d'énormes risques
pour son propre bateau , en "fonçant" à toute allure dans la nuit sur plus de 100 km à travers les icebergs,  pour aller secourir les naufragés. Il a reçu d'ailleurs pour cet acte de courage,  des tas d'honneurs et les plus hautes distinctions existant aux États-Unis (médaille d'or du Congrès), et au Royaume-Uni (chevalier et commandeur de l'Ordre de l'Empire britannique).

Il arrive dans la soirée du 18 avril à New-York , débarque les canots du Titanic sur le quai de White Star et les 711 rescapés sur celui de la Cunard , sa compagnie.
On déplore 8 personnes qui sont décédées au cours du retour.
 Une foule immense est là , médusée par ce qui est arrivé. Les journalistes aussi et les journaux du monde entier qui vont pulvériser leur chiffres de vente, c'est le seul média à l'époque !     
  328 corps seront repêchés plus tard et certains enterrés à Halifax, au Canada.
Sceau (city seal) de New-York ( U.S.A.)
un condensé d'armoiries "à la britannique"
(au centre) et du système des "seals" américains.
écu : d'argent aux ailes de moulin à vent en sautoir
cantonnées de deux barils de farine et deux castors.
supports : un marin anglais du XVIIè siècle
tenant une sonde marine et
un indien Manhattan tenant un arc.
  À partir de ce jour , commencent les  bilans : la Commision d'enquête,  le rapport Mersey,
les nouvelles mesures de sécurité dans le domaine de la construction navale, la navigation en zone dangereuse, les rapports météo, les équipements et l'organisation des sauvetages,  etc... Cela prendra du temps, comme toujours : les compagnies maritimes rechignent aux dépenses supplémentaires.
  Puis naît cette légende unique en son genre autour de ce bateau , pourtant il y a eu des tas de naufrages dans l'histoire. Mais celui-ci a été le premier qui a bénéficié d'une médiatisation de niveau mondial. Il a entretenu un imaginaire fantastique dans l'esprit des hommes .

l'épave de la proue du Titanic

fiction TV néo-zélandaise

 La littérature : des milliers de livres sur le Titanic ou ayant un lien avec lui ont été publiés.  Au cinéma, plus d'une vingtaine de films reconstituent l'histoire ou y font référence, le premier, est sorti aux États-Unis un mois seulement après la catastrophe : le 14 mai 1912 sous le nom  de "Saved from the Titanic", réalisé par  Étienne Arnaud ,  jusqu'à l'extraordinaire "Titanic" de James Cameron en 1997, bénéficiant d'un budget sans pareil, et d'effets spéciaux high tech, qui a pulvérisé tous les scores d'affluence.  Les explorations sous-marines de l'épave ont permi de comprendre les évènements et de corroborer des témoignages que l'on croyait fantaisistes. La télévision aussi , nous a "inondé" de documentaires, de débats et de fictions, et surtout en ce moment. 
   Enfin les ventes aux enchères des objets, qui devraient être dans un musée,  et il faut bien le dire le marketting qui accompagne cet évènement laissent un petit arrière goût nauséabond, mais ainsi va le monde, semble-t-il ...
  Pour tous les détails, je vous recommande à nouveau ce fantastique site web :
  → TITANIC  : il y a absolument tout sur ce bateau mythique !!  

♫ Every night in my dreams
I see you, I feel you
That is how I know  : you go on ...



           Herald Dick(aprio)

lundi 16 avril 2012

Histoire parallèle 1912-2012 : Naufrages en série
Fluctuat et adhuc mergitur

 La devise inscrite sur les armoiries de Paris est : "Fluctuat nec mergitur " : qui se traduit par "il est ballotté par les flots , mais il ne coule pas" ... 
 J'ai un peu modifié le titre pour terminer par "et il coule quand même" !!  et cela donne ceci :
armoiries imaginaires de Paris
version fin du monde 21-12-2012
  Pardon pour ce très mauvais gag ! Surtout eu égard à la commémoration des 100 ans du tragique désastre de 1912 ! C'est impardonnable ...
 En attendant le dernier épisode de mon "Histoire parallèle", je vous propose ce mini-thème : les représentations de naufrages en héraldiqueJ'avais en réserve ce petit dossier sans trop savoir quoi en faire . Eh bien cette semaine d'hyper-médiatistion du sujet Titanic tombe bien pour la sortir des profondeurs !  Voici donc une petite séléction d'armoiries représentant ou se rapportant à un naufrage :

EUROPE

armoiries du village de
Hoofdplaat (Pays-Bas)
coupé mi-parti en chef
en 1 : armes de la province de Zélande
en 2 : armes des Pays-Bas Unis (XVIIès.)
en pointe : vaisseau en perdition
sur cinq burelles ondées d'azur et dargent
image : Heraldry of the world (www.ngw.nl/)



















Pour l'explication de la figure ci-dessus , elle date de 1778 :  à l'époque ce lieu proche de Sluis (l'Écluse en français) et situé sur un bras de l'Escaut,  était envahi  sans cesse par les inondations du fleuve.  Pour le sauver il fallait donc créer des polders et endiguer les rives. L'image représente donc un naufrage symbolique et virtuel ... qui n'est pas arrivé puisque les terres ont été sauvées par les autorités des Pays-Bas et de la Zélande après beaucoup de querelles territoriales. Puis le village s'y est installé par la suite et developpé pour devenir une commune à part entière . En 1970 elle est rattachée à Sluis.

armoiries du village de Foktő ( Hongrie)
j'ai déjà détaillé ce blason
dans un message précédent → ICI

insigne du sous-marin nucléaire russe
le K-141 Koursk, lancé en 1994 et
coulé accidentellement le 12 août 2000
affaire très médiatisée à l'époque
 (118 morts : tout l'équipage en entier)
le blason est celui de la ville de
dont il portait le nom


armoiries de Koursk / Курск  (Russie)
"d'argent à la bande d'azur chargée
de trois colombes d'argent "


























AFRIQUE



armoiries de la ville de Woodstock (Afrique du Sud - agglomération du Cap)
cet écu coupé montre deux scènes marines : un vaisseau trois-mâts sombrant dans les vagues
et un cavalier sur son cheval également dans la mer . Supports : deux lions de gueules.
 Cimier : une ancre marine avec sa gumène et un dauphin au naturel , couronne navale à cinq nefs.
Devise , se traduit par : "Par la mer , par la terre"
 Cette scène mérite une explication , car l'histoire est tragique , mais vraie et très belle.
Nous sommes au Cap de Bonne Espérance également le bien nommé Cap des Tempêtes.
Nous remontons dans le temps,  en 1773,  le dimanche 30 mai, une tempête se leva dans la Table Bay , la baie du Cap . Le vent est si fort que les navires dans la baie ont de gros problèmes avec leurs ancres. Le navire hollandais De Jonge Thomas était ancré dans la baie avec 207 personnes à bord lorsque la tempête est arrivée. Le vent fit casser les cordes d'ancrage et provoque l'échouage du navire à la dérive sur un banc de sable à 300 mètres de la plage de  Woodstock. Le gouverneur de la province du Cap envoie 30 soldats sur la plage pour voir ce qu'ils peuvent faire pour secourir l'équipage . Christiaan Ludwig Woltemade était un de ces soldats. Alors qu'il était sur ​​la plage,  son père Wolraad Woltemade , un homme âgé entre 60 et 70 ans, paysan demeurant juste à côté,  lui apporta un peu de nourriture. Lorsque Wolraad arriva sur la plage et vit que rien n'avait été fait par les soldats pour sauver l'équipage qui était piégé sur les ponts du navire, il a décidé de faire quelque chose pour les aider. Il  repart à la ferme chercher  son cheval nommé Vonk et se précipite dans la mer,  nageant vers le navire. A ce moment , deux membres d'équipage sautent dans la mer et à s'accrochent à son cheval puis nagent ensemble vers la terre pour se mettre en sécurité. Wolraad a recommencé ce voyage sept fois et sauvé quatorze des marins naufragés .

 Malheureusement, la huitième tentative sera celle de trop.  Alors que le navire se disloque sous l'impact des vagues, beaucoup de marins impatients d'être sauvés, sautent dans la mer et dans leur panique se cramponnent au pauvre cheval qui, déjà trop épuisé, est incapable de les ramener à la plage. Dans le chaos qui suit, les marins,  le cheval et Wolraad Woltemade disparaissent sous les vagues et tous perdent la vie. Wolraad Woltemade est devenu un héros et on se souvient encore  de lui pour sa bravoure.




AMÉRIQUE DU NORD


armoiries de l'archipel des Bermudes / Bermuda 
(Territoire britannique d'outremer)
le lion de gueules assis représente l'Empire britannique.
il tient l'écu sur lequel figure la représentation du naufrage
du Sea Venture en 1609 , évènement fondateur de la colonie.
devise : traduisible par  "le destin l'a amené" 
détail du navire naufragé
  George Somers, né en 1554 en Angleterre, s'illustre en 1595 dans un combat naval contre les Espagnols dont il capture un vaisseau chargé d'un trésor. Anobli en 1603 par le roi Jacques Ier d'Angleterre, il est fait amiral en 1609. Il appareille de Plymouth le 6 juin 1609, à destination de la Virginie, sur le vaisseau amiral Sea Venture à la tête de 7 navires regroupant 600 émigrants. Le 24 juillet, une énorme tempête, qui a inspiré la pièce "La Tempête" de Shakespeare, disperse les bateaux. Gravement endommagé, le Sea Venture est échoué sur les récifs dans un archipel qui deviendra les Bermudes, après s'être appelé Somers Islands, du nom de son découvreur. Somers y restera 10 mois, temps nécessaire à la construction du Patience et du Deliverance (avec l'aide de Sir Thomas Gates, futur gouverneur de la Virginie), à partir de l'épave du Sea Venture. Sur ces 2 navires, il rejoint en 1610 la Virginie où seulement 60 hommes de l'expédition ont pu survivre. Une expédition dirigée par Lord Delaware le secourra en juillet 1610.

OCÉAN INDIEN 


armoiries de la ville de Mandurah  (Australie occidentale)
écu :"d 'azur à l'ancre d'or accompagnée d'un crabe à dextre 
et d'un poisson à senestre, les deux d'argent ;
au chef d'argent chargé du pont du lieu, soutenu d'une divise ondée
d'argent, un cygne de sable brochant sur le chef et la divise."
supports : deux dauphins et fleurs locales Templetonia
couronne ,heaume , lambrequins , tortil
un pélican en cimier - terrasse pavée
devise  : Unae Mentis , traduction " des âmes unies"

l'ancre et la plaque commémorative du naufrage
le "James Service"
L'ancre des armoiries rappelle celle de l'épave d'un navire de type barque en fer, le "James Service" qui a sombré au nord de Murray Reef , à Mandurah lors d'une tempête en 1878. Il n'y avait pas eu de survivants (passagers et équipage) et bon nombre des victimes sont enterrées dans le cimetière qui leur est dédié et où l'ancre a été placée après sa récupération dans le récif en 1963.




OCÉAN PACIFIQUE



armoiries de l' île de Pitcairn
(Territoire britannique d'outremer)
de sinople chargé d'une ancre marine d'or surmonté
d'une bible d'argent , chapé d'azur , un chevronnel d'or
brochant sur le chapé.
cimier : heaume fermé et lambrequins
surmonté d'une brouette et une fleur locales.
brouette typique de l'île 
 L'histoire commence en octobre 1788, quand le navire anglais HMS Bounty fait escale pendant cinq mois à Tahiti. L'équipage, charmé par la beauté des paysages et par l'accueil des Tahitiens, n'accepte de quitter les lieux qu'à regret.
Une fois en mer, excédés par la brutalité du capitaine William Bligh, une partie des marins, menés par le second Fletcher Christian, se mutine le 28 avril 1789. Après avoir abandonné en mer le capitaine Bligh et 18 hommes qui lui étaient fidèles,  le Bounty, commandé par Fletcher Christian, retourne alors s'approvisionner à Tahiti. Quelques hommes sont débarqués et l'équipage, réduit à huit marins, est rejoint par 18 Polynésiens, dont 12 femmes et quelques enfants.
Les mutins, recherchés par la Royal Navy, mettent alors le cap sur l'île de Pitcairn où ils arrivent en janvier 1790. Le navire est alors démembré , brûlé et coulé dans la baie de Bounty Bay pour éviter toute tentative de retour. Encore aujourd'hui, les insulaires fêtent chaque année cet acte symbolique en incendiant une effigie du bateau. C'est l'ancre de ce célèbre navire qui figure donc dans les armoiries. Mais c'est cette fois un naufrage volontaire !

HMS Bounty - peinture

L'installation sur l'île provoque des tensions, les marins ayant tendance à considérer les Polynésiens comme leurs serviteurs. En 1794, les Polynésiens se soulèvent et plusieurs Anglais, dont Fletcher Christian, sont assassinés. Les veuves des marins tués se révoltent alors et exécutent les survivants. Finalement, il ne restera plus qu'un seul Anglais, John Adams, qui régna sur une famille composée d'une dizaine de femmes et d'une vingtaine d'enfants.






Il est très certain  que d'autres exemples existent ailleurs, faîtes-moi part de vos suggestions , et je compléterai mon sujet ...

Herald Dick

samedi 14 avril 2012

Histoire parallèle : 14 et 15 avril 1912 - 2012 : Atlantique Nord 41° 46' N - 50° 14'O

     imanche 14 avril 1912 : 546 milles ont été parcourus depuis la veille. Le RMS Titanic (c'est son nom complet) a même accéléré sa progression. Audacieux, alors que l' océan charrie des glaces ! Mais le Directeur de la White Star Line : Joseph Bruce Ismay souhaite montrer que sa ligne est la plus performante : la concurrence est rude, notamment avec l'autre grande compagnie britannique : la Cunard.

pièces de monnaie commémoratives (Canada et Royaume-Uni)


Cape Race (timbre de 1943)
La date d'arrivée du paquebot est prévue dans la matinée du 17 avril à New York . Tous les préparatifs sont prêts pour l'accueillir y compris les formalités administratives contraignantes pour les immigrants. Pour le moment, il est à quelques 400 milles au sud-est du Cap Race dans la pointe sud de l'Île de Terre-Neuve. C'est le premier point terrestre et la station radio qui s'y trouve avec lesquels les transatlantiques communiquent en venant d'Europe.
Avec le Titanic , ce sera un message de détresse. 


armoiries de Terre-Neuve / Newfoundland (Canada)
Ecu "De gueules à la croix d'argent, cantonnée au 1er et au 4e quartier d'un léopard couronné d'or,
 au 2e et au 3e quartier d'une licorne passant d'argent, armée, crinée et onglée d'or, colletée d'une
 couronne et attachée d'une chaîne passant entre ses pattes de devant
et une autre sur le dos, tout d'or également.
 Cimier : sur une couronne d' or et de gueules, un élan (ou orignal) passant au naturel.
  Supports : de chaque côté un guerrier indien Beothuk, vêtu d'habits et armé pour la guerre.
Devise : QUARITE PRIME REGNUM DEI - Cherchez d'abord le royaume de Dieu
    Toute la journée du 14 , une dizaine de navires circulant dans la zone signalent par radio la présence de nombreuses glaces dérivantes et d'icebergs. Dans la soirée , l'un d'entre eux , le Californian, est même bloqué par la banquise et lance un message alarmant vers 23 h 00 . Mais l'opérateur radio  du Titanic : Jack Phillips, le renvoie ballader ! il essaie d'entrer en communication avec la station du Cap Race, ayant accumulé du retard avec les messages privés, à cause d'une panne de sa radio TSF.
La température extérieure de l'air est tombée en-dessous de 0°C. et celle de l'eau est aussi de 0°C. Le ciel est dégagé et la nuit est noire, sans lune.
À 23 h 40, par 41°46' N et 50°14' O, alors que le Titanic avance à 22,5 nœuds (41,7 km/h), dans le mât de vigie : le veilleur Frederick Fleet aperçoit la masse d'un iceberg droit devant et le signale à la passerelle.
Le 1er officier William Murdoch, alors officier de quart, essaie de faire virer le navire vers bâbord et fait stopper les machines (ou demande une marche arrière). Quelque 37 secondes plus tard, le navire vire mais heurte l'iceberg par tribord et le choc fait sauter les rivets, ouvrant ainsi une voie d'eau dans la coque sous la ligne de flottaison. Les portes étanches sont alors immédiatement fermées par Murdoch afin d'éviter une voie d'eau plus importante. Mais l'eau commence à envahir les cinq premiers compartiments du bateau. Or, le Titanic ne peut flotter qu'avec au maximum quatre de ses compartiments remplis d'eau. Les ingénieurs n'avaient pas imaginé ce cas si extrême !

Après que les marins aient tenté de sauver en vain le bateau , la proue s'enfonce irrémédiablement dans l'eau et les compartiments se remplissent les uns après les autres, comme quand on penche le bac à glaçons d'un réfrigérateur : les cloisons étanches ne sont pas assez hautes ! Le navire est perdu. 
 00 h 10 : le premier message de détresse est envoyé par radio , puis le premier S.O.S. de l'histoire de la marine suit, à 00 h 45. Des fusées de détresse sont tirées. Le commandant Smith ordonne l'évacuation des passagers dans les canots de sauvetage. Mais il n'y en a pas assez pour tout le monde, tout juste pour la moitié des naufragés ! De plus l'équipage n'a aucun entraînement et tout est improvisé. La suite on la connaît : on fait monter les femmes et les enfants d'abord, mais quelques hommes parviendront quand même à prendre place, à la fin, dont le grand patron Mr. Ismay lui-même. Les 1eres classes auront plus de chance, sans être particulièrement favorisées ...  Les premiers canots sont très peu occupés et les derniers surchargés , on repêche quelques personnes qui ont osé sauter dans l'eau glacée. La  dernière embarcation est mise à l'eau à 2 h 05. Mais on n'a pas rempli les 1100 places possibles, 420 personnes auraient pû être encore sauvées. Puis les lumières du navire s'éteignent et il coule à  2 h 20 après s'être coupé en deux parties, avec la plupart de l'équipage, le commandant, en tout  : 1490 personnes mourront noyées.

badge d'une Société gardienne de
l'héritage mémoriel du Titanic
(Irlande du Nord)
  C'est un paquebot de la compagnie concurrente,  la Cunard : le RMS Carpathia , dont son capitaine qui a reçu le S.O.S., qui réagit immédiatement et se déroute. Malgré la distance de 58 milles, il arrive à toute allure à 4 h 00 sur les lieux, et tombe sur le premier des 16 canots et des 4 radeaux. Malheureusement personne d'autre n'a pu survivre dans l'eau glacée, deux heures après le naufrage. Par chance,  le Carpathia qui venait de New-York, était très peu chargé, un pont était même pratiquement vide.  Il recueillera les 719 naufragés des canots. Le dernier sera récupéré à 8 h 00 du matin.  Une équipe médicale et les passagers du Carpathia vont donner les premiers réconforts.


le Carpathia (peinture de Colin Campbell Cooper)




Le Californian, déjà cité, un cargo pourtant beaucoup plus proche du naufrage, mais cerné par les glaces, avait coupé sa radio après le dernier contact infructueux avec le Titanic et donc n'entendra pas le S.O.S.  Il verra bien après des feux de détresse mais il arrivera trop tard  :  plus personne à sauver. Tout a été englouti ou pris dans les glaces : aucun cadavre, aucun débris visible. D'autres bateaux étaient aussi très proches à l'ouest mais le champ de glaces leur faisait barrage , eux aussi arriveront trop tard.
 Le jour se lève,  avec pour l'époque , le plus grand désastre humain de l'histoire de la marine commerciale...   L'heure sera bientôt au bilan.  Il sera très lourd de conséquences. La nuit du 14 au  15 avril 1912 deviendra une date historique fixée à jamais dans la mémoire collective de l'humanité, un peu comme notre génération avec  le 11 septembre 2001.



 Prochain point le 18 avril pour le débarquement des survivants...


                      Herald Dick

jeudi 12 avril 2012

Histoire parallèle : 12 et 13 avril 1912 - 2012 : Atlantique Nord

armoiries de West-Dunbartonshire
 district (Royaume-Uni - Écosse) *

Timbre commémoratif 2012
L   a traversée se poursuit (voir le message d'hier). Comme dans toute villégiature, le temps est rythmé par l'heure des repas. Les distractions sont nombreuses : les passagers peuvent utiliser un système téléphonique à bord, une bibliothèque,  et un salon de haute coiffure. La section de première classe dispose d'une piscine, d'un gymnase, une salle de squash, un bain turc, et un café-véranda.  Les salons communs des premières classes  sont ornés de bois précieux : lambris, meubles luxueux et autres décorations type "manoir anglais", tandis que la salle de troisième classe générale avait lambris en pin et meubles rustiques en teck.  Le  Café Parisien est situé sous une véranda ensoleillée, équipé avec des décorations en treillis et offre la meilleure cuisine gastronomique française pour les passagers de première classe. Le commandant et les officiers se joignent très souvent aux passagers les plus notables au cours des repas. 
reconstitution numérisée du célèbre Grand Escalier du Titanic
Les passagers de 2e et 3e classes ne bénéficient pas d'autant de possibilités, mais ils sont tout de même mieux servis que dans la plupart des bateaux contemporains. Des ponts promenades sont mis à la disposition de tous, ils sont de toute façon le seul passage pour se déplacer dans le bateau. Il est même permis de visiter les infrastructures et les machines pour les passionnés de technologie maritime.
Je ne vais pas vous raconter toute l'épopée en détails : il y a de très bons sites pour tout savoir, je mettrai une adresse remarquable tout à la fin. Côté équipage, tout va bien , le grand patron de la White Star Line : Joseph Bruce Ismay est à bord , et si le commandant Edward Smith est le véritable capitaine du bateau , il semble qu'aucune décision importante ne soit prise sans le contrôle de Mr. Ismay.  Dès le 12 avril , le Titanic reçoit des messages d'autres navires signalant la présence de banquise et d'importants "champs de glaces flottantes" dans la zone est de Terre-Neuve, pile là où doit passer le Titanic. Personne ne s'inquiète, c'est normal à cette saison, il faut juste être vigilant,  les radars n'existent pas encore mais le bateau est pourvu d'appareils sensés detecter les objets flottants. Au pire il y a la vigie mais sans jumelles !  Et puis le navire est robuste et sûr : il  a été construit par les meilleurs ingénieurs de Harland & Wolff, avec  un système ingénieux de 15 cloisons étanches, permettant d'isoler très rapidement des volumes en cas de voie d'eau . Un double fond le garantit contre un échouage, les machines sont protégées dans un compartiment spécial et des pompes ultra-puissantes peuvent opérer en cas d'envahissement d'eau . Il est donc considéré comme insubmersible...  ce que n'ont jamais affirmé les constructeurs.

cette photo d'époque prise par le passager d'un autre navire dans le
secteur, montre un énorme iceberg de 20 mètres de haut
 (80 mètres en-dessous de la mer) peut-être celui qui a croisé le Titanic.

Pour illustrer le thème de la banquise et des icebergs, ces montagnes de glaces dérivantes, de toutes tailles, détachées des glaciers polaires et qui peuvent avoir une durée de vie s'étalant sur plusieurs années, voici quelques trouvailles issues de mes réserves.
Mon congélateur à blasons ...☺ 


armoiries de la région de Dikson raïon
Диксонского района (Russie)
la Grande Ourse et l'ours polaire
sur la banquise de la calotte glaciaire.

armoiries de la ville de Polyarnye Zori  
Полярные Зори (Russie)
sur les montagnes de glaces : une aurore
 boréale stylisée (armes parlantes)
le symbole atomique rappelle que nous
sommes dans la zone militaire
de Mourmansk



armoiries de la ville de Snezhnogorsk  
Снежного́рск (Russie)
émergeant de la banquise : un phoque gris
(Halichoerus grypus) et trois cristaux de glace


armoiries de la ville d' Illulissat
(Groënland)
"parti d'argent et d'azur à l'iceberg
brochant et cantonné de deux
cristaux de glace, de l'un en l'autre."


armoiries de la ville d' Qeqqata
(Groënland)
 "d'azur à l'iceberg au naturel posé en fasce
 brochant sur une montagne d'argent
acompagné de deux étoiles en chef et six
 autres plus petites, ordonnées 3, 2 et 1
 en pointe."




armoiries des Terres Australes et
Antarctiques Françaises
voir description complèteici
 cet iceberg vient de l'Antarctique !  


armoiries de la ville de Igarka
 Игарка ( Russie)
ici ce sont les anciennes armoiries
soviétiques (1977), elles ne sont plus
en vigueur.

armoiries de la ville de Berezniki 
Березники́ (Russie)
"d'argent à la bande d'azur chargée de
trois cubes de glace d'argent , au canton à
senestre des armes de la ville de Perm."

le 12 avril : 386 milles ont été parcourus (depuis le départ de Queenstown)

le 13 avril : 519 milles ont été parcourus

(1 mille = 1,85 km) Prochain point :  le 14 avril  / 41° 43' 32" N  - 49° 56' 49" O


Si vous voulez tout savoir sur l'aventure du Titanic , voici le site d'un passionné extrêment complet où j'ai puisé quelques précieux renseignements : → TITANIC


(*) le paquebot montré dans le tout premier blason de ce message est le RMS Queen Mary , bien postérieur,  de vingt ans,  au Titanic (allez ,  je l'avoue : j'ai un peu triché pour faire une belle image d'entrée !!)


                       Herald Dick


mercredi 11 avril 2012

Histoire parallèle : 11 avril 1912 - 2012 : de Cherbourg à Queenstown

 Notre périple reprend son cours au large des côtes de la Manche, en Normandie, (voir le message d'hier) . Parti de la rade de Cherbourg , la veille en début de soirée , le RMS Titanic  se dirige sans s'attarder en direction de l'Irlande : ce sera la dernière escale.
armoiries de la province de Normandie , interprétées par Robert Louis
(carte postale héraldique - années 50')


Le Titanic arrive vers 11h30 au large des côtes du Comté de Cork. Rappelons qu'en 1912 , l'Irlande est toute entière un territoire de la couronne britannique. La partie sud (future République d' Eire) deviendra indépendante en 1921, après une guerre de libération très meurtrière. 
armoiries du Comté de Cork / Cork county (Irlande)
au centre  : le blason de la ville de Cork , entouré
de ceux des boroughs (communes) de Kinsale (échiqueté),
Youghal (nef) et Bandon (pont). Les petits sont ceux de
Castlemartyr (dextre), Midleton (senestre)
et Charleville (pointe) , le tout formant un trèfle.
source texte : Heraldry of the world (www.ngw.nl)

Le pays, très pauvre, a  connu des épisodes de graves famines au XIXè siècle.  La population se sentant abandonnée ou exclue a massivement opté pour l'émigration, et surtout vers les États-Unis.

Et à Queenstown , ce sont encore beaucoup d'émigrants qui vont monter dans les bateaux transbordeurs ce jour-là. Car comme à Cherbourg , le Titanic a jeté l'ancre au large du port car il ne doit rester que quelques heures immobilisé ...


120 nouveaux passagers prennent place dans les ponts de 3e classe pour la majorité et 7 personnes débarquent à terre.

armoiries "britanniques" de
Queenstown (Irlande)

À 13 h 30, le géant remet les machines en route et prend la direction de l'Atlantique Nord pour raccourcir le temps de traversée au maximum.  Il y a maintenant 1316 passagers et 886 membres d'équipage à bord. Beaucoup ne reverront plus la terre, ils ne le savent pas encore, au contraire , c'est une grande allégresse qui les anime sur ce bateau de rêve... Les joies de la croisière de grand luxe pour certains , et l'espoir d'une nouvelle vie plus heureuse pour d'autres.
Badge de la White Star Line


















au mouillage au large de Queenstown , à gauche le transbordeur amenant les passagers irlandais
au premier plan le pilote du port - (évocation sur carte postale)

Si vous cherchez sur une carte actuelle la ville et le port de Queenstown en Irlande , vous ne trouverez rien. Après l'indépendance de la République d'Irlande, le nom de la ville, trop britannique, comme de nombreuses villes du pays, a été remplacé par le toponyme en langue gaélique. La ville s'appelle maintenant Cobh . Les armoiries elles aussi ont changé.

armoiries de la ville de Cobh (Irlande)
le vaisseau trois-mâts a été remplacé par une
 galère (lymphad) antique, mais sans rames ,
juste les trous pour leur passage !
la devise se traduit par :
 "le meilleur port de la flotte" 

Prochain point :  demain


                       Herald Dick